lundi 16 mars 2015

Milton H.Erickson, jour 6 : "L'apprentissage par l'expérience" et " Prendre sa vie en charge"





Jour 6


Compte rendu de lecture
par Sidney Rosen
Chapitres 7 et 8, « L’apprentissage par l’expérience » et 
« Prendre sa vie en charge »




Le chapitre 7 de Ma voix t’accompagnera, Milton H. Erickson raconte est consacré à « L’apprentissage par l’expérience ». On n’apprend pas parce que l’on vous dit que quelque chose se passe de telle façon, il faut tester dans le réel pour véritablement apprendre. Et en plus, durant l’expérience, il n’est pas productif de s'observer, de comprendre ce qui nous arrive. Si l’on veut vraiment comprendre son expérience, il vaut mieux la différer, la remettre à plus tard, pour pouvoir faire, dans une seconde phase, l’observation, la critique et l’analyse de son expérience. Erickson aime employer souvent des exemples d’anecdotes arrivées aux membres de sa famille. Il nous dit dans l’historiette « Goûter à tout »  qu'un de ses fils aurait pu être un excellent psychiatre mais qu’il a choisi d’être fermier. Il a eu six garçons et une fille. Il s’est soucié de la question du tabac, de l’alcool, des drogues et de ce genre de choses à propos de ses enfants. Il les a donc confrontés très tôt à des produits sans danger. Il leur présentait une jolie bouteille : « Pourquoi ne sens-tu pas ? » C’était très désagréable, l’ammoniaque ! Chacun des gosses a ainsi appris à être prudent avec les choses. C’était une bonne façon de grandir. Erickson, par cet exemple, affirme sa conviction que le meilleur mode d’apprentissage, c’est de faire l’expérience. Et il y a trois personnes très importantes qui donnent en général cette occasion de faire l’expérience : c’est le parent, le professeur ou le thérapeute. Peut-être pourrait-il y rajouter dans certains cas des amis très proches et doués d’une forme de psychologie innée.

Le chapitre 8 « Prendre sa vie en charge » est peut-être un des chapitres les plus importants de l’ouvrage. Erickson y parle de sa propre mort, de celle de ses parents, de sa conception de la vie en général, de son engagement dans celle-ci, dans la vie du couple, de la famille, etc. 
Une anecdote sur ce sujet « Brouilles » est à la fois plaisante et sérieuse ; Erickson raconte que, peu de temps après leur mariage, sa femme a demandé à sa mère : « Quand vous vous disputez avec Papa, comment ça se passe ? 
─ Je dis ce que je pense, et puis je me tais. »
Alors elle est allée dans la cour pour interroger mon père :  « Comment faisiez-vous quand vous vous disputiez avec maman ?
─ Je disais ce que j’avais à dire et ensuite je me taisais.
─  Bon, et alors qu’est-ce qui arrivait ?
─ L’un ou l’autre faisait comme bon lui semblait. On s’en est toujours tiré comme ça. »
Sidney Rosen fait un court commentaire sur cette histoire : « Les parents d’Erickson ont été mariés pendant environ soixante-dix ans. De toute évidence, l’harmonie du couple était basée sur le respect mutuel, et ils avaient pour principe de ne jamais tenter d’imposer leur opinion. »
On peut faire des remarques supplémentaires. D’abord, il faut noter que, peut-être du fait du désir d’être heureux de manière simple avec sa femme, le père d’Erickson se donne des buts modestes. Il ne dit pas en triomphant : « On y est très bien arrivé » mais d’une manière euphémique « On s’en est toujours tiré comme ça. ». Ensuite la question de la femme d’Erickson, qui était elle aussi psychothérapeute, est une question typiquement psy : « Bon, et alors, qu’est-ce qui arrivait ? » Et alors ? Et alors, il n’arrivait rien de catastrophique, ils ne se séparaient pas, ne s’engueulaient pas, ne se battaient pas, la vie reprenait son cours. Poser la question de ce « Et alors ? » dans une thérapie peut être déterminant car elle montre la relativité de certains événements que nous pensons devoir nous traumatiser pour la vie, comme ici une brouille dans le ménage.

Le deuxième récit que j’ai choisi dans ce chapitre « Prendre sa vie en charge » peut paraître absolument impossible, totalement délirant, mais je pense qu’il est véridique. Il montre simplement les ressources, les possibilités de quelqu’un de très doué qui, dans chaque étape de son existence, prend sa vie en charge, en mobilisant l’intégralité de son potentiel psychique. Il est intitulé « La brique de Pearson ».
Robert Pearson, un psychiatre du Michigan, alors qu’il passe à côté de sa maison reçoit une brique sur la tête qui lui cause une fracture du crâne. Il commence d’abord à s’affaisser sur les genoux, puis se reprend en se disant : « Si seulement Erickson était là. Mais, bon dieu, il est en Arizona, je ferais mieux de me prendre en charge moi-même ». Il procède donc rapidement à une anesthésie locale, conduit pendant cent kilomètres jusqu’à l’hôpital et effectue les formalités d’admission. Il demande un neuro-chirurgien et lui dit : « Je n’ai pas besoin d’anesthésie. » Le chirurgien insiste courtoisement pour qu’il soit anesthésié. Pearson demande à l’anesthésiste : « Prenez note de tout ce qui sera dit pendant que je serai endormi. »
Robert Pearson reprend rapidement conscience après l’opération ; il déclare à l’anesthésiste : « Le chirurgien a dit ça, ça et ça. » Il se souvient de tout ce qui a été déclaré, et le chirurgien est horrifié de découvrir que Pearson l’avait écouté discuter de l’opportunité de poser une plaque métallique. La semaine d’après, il se retrouve, comme il l’avait prédit et contre l’avis du chirurgien, à faire une communication à une assemblée de psychiatres. Erickson lui dit : « Comment t’es-tu égratigné ? ». Il répond : « J’ai eu une fracture du crâne » et il lui raconte l’histoire.
Le commentaire de Rosen est le suivant : « Cette histoire montre le pouvoir de l’esprit sur le corps dans la récupération après des traumatismes graves. Pearson dit : « Je ferais mieux de me prendre en charge. » Cette idée peut s’appliquer à chacun de nous et la prise en charge peut survenir lors d’un danger extrême, lorsque contraint par une dure nécessité, on découvre des ressources intérieures qu’on ne soupçonnait pas.
L’histoire de Pearson fait aussi la démonstration que, généralement, nous en savons bien plus sur ce qui se passe en nous-même que nous ne nous y autorisons. Ce médecin est capable de se souvenir des choses qu’il a entendues même sous anesthésie. Il est intéressant de voir que, non seulement il en est capable, mais surtout qu’il est capable également d’anticiper, puisqu’il demande à l’avance à l’anesthésiste de prendre des notes écrites.
Une remarque subtile de Rosen : « Une dominante de cette histoire, c’est que les rôles habituels que nous assumons se trouvent inversés. Le patient se prend en charge alors que le chirurgien et l’anesthésiste l’assistent. »
En réalité, c’est le rôle des docteurs mais la plupart des patients régressent lorsqu’ils tombent malades et mettent le médecin dans la position d’un personnage ayant du pouvoir, d’un parent tout-puissant. En fait, la fonction actuelle du médecin est d’utiliser ses connaissances pour traiter et soigner selon les désirs et les besoins du patient.
En ce qui concerne la véracité et la probabilité d’une telle histoire, j’ai connu, peu de fois mais indubitablement, des cas prodigieux similaires. Lorsqu’encore jeune, je faisais les vendanges dans le Bordelais, la propriétaire du vignoble nous avait dit qu’un jour son mari, qui faisait au moins ses cent kilogrammes, était tombé dans une cuve de vin et qu’elle avait réussi à le sortir de celle-ci en le tirant par les bras avec sa seule force nerveuse. Seulement quand ce fut terminé, quand il fut sauvé, elle constata qu’elle avait les bras en sang.

C’est tout pour aujourd’hui. La suite au prochain numéro. Ce sera « Retrouver l’œil innocent » et « Observer : noter les différences »

Milton H.Erickson, jour 5, hypnose et recadrage




Jour 5 



Compte rendu du livre
par Sidney Rosen
Chapitre 6 : recadrage



Comme je ne peux malheureusement pas tout aborder, je ne tirerai qu’une anecdote du chapitre 6 « Recadrage ». Avant tout, il faut savoir que recadrer signifie changer l’ensemble ou le point de vue conceptuel et/ou émotionnel à travers lequel une situation donnée est vécue, et la replacer dans un autre cadre qui s’adapte tout aussi bien et même mieux aux « faits » concrets de la même situation, et qui change ainsi toute sa signification. Erickson, dans le recadrage, exploite une vieille, très vieille idée d’Epictète : « Ce ne sont pas les choses elles-mêmes qui nous dérangent, mais l’opinion que nous avons d’elles. »

L’anecdote « Visage de cannelle », outre son recadrage, est un bon exemple de l’humour et de la créativité d’Erickson. C’est l’histoire d’une petite fille qui hait tout le monde parce qu’elle a le visage rempli de taches de rousseur. Les enfants de son école l’appellent « Grain de son » et bien sûr, elle déteste les grains de son. Elle entre dans le bureau d’Erickson et reste debout à attendre, la mâchoire serrée. Celui-ci lui crie : « Tu es une voleuse ! Tu as volé ! »
Elle répond qu’elle n’est pas une voleuse et qu’elle n’a pas volé. Erickson continue : « Oh, mais si, tu es une voleuse. Tu as volé quelque chose. Et même je sais quoi. Je vais te prouver que tu as volé.
─ Vous n’avez aucune preuve, je n’ai jamais rien volé.
─ Je sais même où tu étais quand tu as volé ce que tu as volé.
La fillette est alors très fâchée contre le thérapeute. Il lui dit : « Je vais te dire où tu étais quand tu as volé ce que tu as volé. Tu étais dans la cuisine à la table de cuisine. Tu es montée sur la table pour atteindre le pot où il y avait des galettes à la cannelle, des petits pains à la cannelle ─ et tu as renversé de la cannelle sur ton visage ─ tu es un visage de cannelle. »
Erickson commente l’histoire ainsi : « Elle a eu une réaction émotionnelle très favorable envers ses taches de rousseur. Elle était dans un cadre où elle pouvait réagir favorablement parce que j’avais, de façon délibérée, augmenté son hostilité et sa colère et qu’est littéralement apparu dans son esprit un vide. Parce que je lui ai dit que je savais où elle était quand elle avait volé, et que je savais ce qu’elle avait volé. Et j’avais des preuves. Et ainsi elle s’est sentie soulagée de l’accusation d’être une voleuse. De plus, j’avais trouvé un nouveau nom pour ses taches de rousseur. Ce sont ses émotions, ses pensées et ses réactions qui ont été thérapeutiques. Mais elle n’avait pas besoin de le savoir. »

Voilà. C’est fini ! La suite au prochain numéro avec « L‘apprentissage par l’expérience » et « Prendre sa vie en charge ».

dimanche 15 mars 2015

Milton H. Erickson, jour 4, hypnose, humour et créativité




Une des techniques hypnotiques d'Erickson



Compte rendu du livre
par Sidney Rosen
Chapitres 3, 4 et 5


Le troisième chapitre du livre de Sidney Rosen, Ma voix t'accompagnera, Milton H. Erickson raconte, porte sur « Faire confiance à l’inconscient », dont j'ai déjà parlé. Je rajouterai une anecdote qui m’a toujours fasciné : « Professeur Rodriguez ». Un professeur de psychiatrie nommé Rodriguez désire faire une psychothérapie avec Erickson. Celui-ci sait qu’il est beaucoup plus instruit que lui et qu’il a l’esprit plus vif. Pour l’interroger, Erickson se met donc en transe hypnotique et, un jour, son patient s’en rend compte et dit : « Dr Erickson, vous êtes en transe ». Erickson lui explique alors la raison de sa démarche : il ne pouvait le traiter que comme cela, en ayant directement accès à son propre inconscient. Sidney Rosen commente l’histoire ainsi : « Même si l’on se sent « inférieur » à quelqu’un d’autre, même si l’on se sent insuffisant, on peut, si l’on veut bien puiser dans son inconscient, trouver les ressources nécessaires pour arriver à une situation ou d’égalité ou dans une position supérieure. » 

Le quatrième chapitre parle de la « Suggestion indirecte » en hypnose dont Erickson est un des inventeurs. L’anecdote « Contourner la résistance » en est un bon exemple. Erickson n’arrive pas à hypnotiser un médecin particulièrement coriace. Il met alors en transe l’une de ses étudiantes à qui il demande d’hypnotiser l’homme. Celui-ci ne peut résister à cette jeune femme imperturbable. Une des idées qui en découle pour Erickson est d’assimiler la résistance à une personne ou à un endroit particulier. Sidney Rosen donne cette explication : « Il faut contourner la résistance. Faire ressortir toute la résistance possible dans cette chaise-là, puis changer de chaise. La résistance restera là, elle n’arrivera plus ici. »

Le chapitre 5 « Dépasser nos limites actuelles » est très riche d’enseignements ; j’en ai tiré trois anecdotes mais il en faudrait dix, vingt, tant Erickson savait chaque jour dépasser ses limites (à noter qu’il a quand même eu un confrère qui a posé une plainte contre lui à l’Ordre des Médecins américains). Voici donc : « Pour aller d’ici à la pièce voisine », « Péché » et «Votre alcoolique doit être sincère ».
Une des caractéristiques d’Erickson est son humour. Dans « Pour aller d’ici à la pièce voisine », il s’amuse avec un étudiant en lui demandant d'imaginer le plus de façons possibles d’aller du lieu où il est à la pièce voisine. L’étudiant en trouve huit. Erickson en cite beaucoup d’autres complètement délirantes, jusqu'à plus de trente. Le commentaire d’Erickson est le suivant, ironique : « C’est terrible ce que nous nous limitons dans nos façons de penser ! »

« Péché » est lui aussi très significatif de la pensée d’Erickson. C’est un cas extrême certes mais qui montre que tous, oui tous sans exception, nous sommes enfermés dans des schémas de pensée que l’on nous a inculqués et qu’il faut apprendre à en prendre conscience. La jeune femme de « Péché » a été convaincue par son éducation et ses parents que Dieu l’étendrait raide morte si elle entrait dans un cinéma ou dans un drugstore, si elle buvait de l’alcool ou fumait une cigarette. Par une stratégie à la fois de raisonnements et d’expérimentations, Erickson parvient à lui faire dépasser ces tabous délirants. De manière générale, une des règles éricksoniennes est de faire briser leurs interdits à ses patients. Pour cela, il leur propose de se mettre dans des situations nouvelles. Dans ces situations, ils apprennent avec leur propre expérience et non avec les indications d’autrui où sont en réalité leurs limites.

« Votre alcoolique doit être sincère » est un récit inhabituel dans les histoires d’Erickson parce, que lui qui fait parfois des thérapies en dix minutes, échoue lamentablement. Un alcoolique lui raconte son histoire et comment il vit. Erickson lui demande de faire certaines modifications dans son existence, dans certaines de ses habitudes. L’homme lui dit tout de go : « Docteur, je crois que j’ai fait une erreur en voulant arrêter de boire. » Erickson commente ainsi ce cas : « Pourtant, cette manière-là aurait été idéale. Votre alcoolique doit être sincère. » Donc, contrairement aux critiques qui lui ont été faites par la suite, Erickson admettait très simplement le fait que des fois, à cause de raisons différentes (ici le patient voit plus de risques, d’inconfort, à guérir qu’à rester dans sa situation) il pouvait tout bêtement comme les autres, malgré son expérience et l’emploi subtil de l’hypnose, échouer totalement.

Voilà. C'est tout pour aujourd'hui. La suite au prochain numéro pour le chapitre "Recadrage".

Un hypnothérapeute "hors du commun", Milton H. Erickson, jour 3



Compte rendu du livre sur l'hypnose et la psychologie :
par Sidney Rosen
Jour 3, étude du chapitre 2 : histoires motivantes



Dans ce livre passionnant, Sidney Rosen analyse les anecdotes que l’hypnothérapeute Milton Erickson (qui était appelé par ses contemporains "The Wizard of the Desert") racontait à ses patients, souvent après les avoir mis en état d’hypnose. 

Aujourd’hui, je vais étudier le chapitre 2 de ce véritable manuel. Il s’appelle  tout simplement « Histoires motivantes », termes qui pourraient s’appliquer d’ailleurs à toute histoire d’Erickson. Mais ce sont ici plutôt des anecdotes sur le développement physique et psychique de l’être humain : quand nous avons appris à nous mettre debout, à marcher, à faire de la bicyclette, quand nous avons retenu les tables de multiplication, les déclinaisons latines, etc. Au début, cela nous paraissait très difficile, presque impossible. A présent, nous n’avons même plus conscience que nous avons vécu cet apprentissage. Mais Sidney Rosen interprète ces anecdotes aussi pour le futur : « Quand il me racontait des histoires où je me trouvais renvoyé directement à mes apprentissages premiers, j’avais la capacité – en état de transe – de revivre l’expérience de l’immense effort et de la fréquente frustration par lesquels il faut passer pour apprendre une nouvelle tâche ou un nouveau geste. J’avais en même temps parfaitement conscience d’avoir appris ces gestes les uns après les autres. En conséquence, je pouvais apprendre à relever d’autres défis dans ma vie présente. » Sidney Rosen aurait même pu noter que, si nous ne faisons plus d’apprentissages étant adulte, c’est parce que nous ne voulons plus de frustrations, frustrations que nous avons connu intensément étant enfant. « Ce n’est plus de mon âge », disons-nous, et nous n’apprenons plus rien. Nous perdons l’entraînement, la force et la santé de notre mémoire qui devient débile.

Il y a selon moi dans ce chapitre deux histoires particulièrement intéressantes : « Il ne passera pas la nuit » et «Scène de ménage». Dans la première, les médecins disent à la mère d’Erickson, qui est atteint de poliomyélite à l’âge de dix-sept ans, qu’il ne passera pas la nuit. Celui-ci demande à sa mère de déplacer un coffre pour voir le coucher du soleil. Sa mère s’exécute et Erickson survit. Sidney Rosen commente ainsi l’histoire : « Sa référence au coffre et au coucher du soleil résumait un des conseils qu’il ne cessait de donner pour profiter de la vie, voire la prolonger : « Toujours avoir un but réel dans le futur proche ». Dans le cas présent, son désir était de voir le coucher du soleil. 

L’histoire de « Scène de ménage » est encore plus hallucinante. Un couple marié depuis trente ans a passé son existence en querelles continuelles. Erickson leur dit seulement : « N’en avez-vous pas assez de vous disputer ? Pourquoi ne pas profiter de la vie ? ». Par la suite, ils ont une existence très heureuse. Cela paraît impossible, magique. Là où une psychanalyse met des années, Erickson prend dix minutes. Sidney Rosen lui a demandé des détails sur cette guérison. Avait-il employé l’hypnose ? Erickson lui répondit que oui, mais que là n’était pas l’essentiel. Sidney Rosen ajoute pour illustrer ce cas cette formulation de la pensée d’Erickson « Il y a trop de thérapeutes pour penser qu’ils sont là pour diriger le changement et aider le patient à changer. La thérapie, c’est comme une boule de neige qui se forme au sommet de la montagne. En roulant, elle croît et s’accroît jusqu’à devenir une avalanche modelée par le profil de la montagne. »

Voilà ! C’est fini pour aujourd’hui. La suite au prochain numéro.

jeudi 12 mars 2015

Un hypnothérapeuthe "hors du commun", Milton H.Erickson, jour 2







Compte rendu du livre 
  Ma voix t’accompagnera, Milton H. Erickson raconte 
par Sidney Rosen 
Aujourd'hui : mes anecdotes préférées


Jour 2

Bonjour,

Je voudrais d’abord vous présenter les trois anecdotes les plus importantes pour moi dans ce livre, qui me servent pendant ma journée, qui sont souvent présentes à mon esprit : ce sont « J’avais tant appris », « Neige légère », « Il parlera ». Toutes les trois bizarrement font partie du chapitre 3 « Faire confiance à l’inconscient ». Je me suis rendu compte beaucoup plus tard qu’avant de lire Erickson, je ne faisais confiance qu’à mon conscient, ce qui est très mauvais et très stressant pour ma personne, et ce qui est le comble pour un hypnotiseur qui normalement travaille essentiellement avec l’inconscient de la personne hypnotisée. Ces anecdotes ont donc été un pas décisif pour moi.

La première « J’avais tant appris » nous montre Erickson arrivant à l’Université d’Oswego à New York et Estabrooks, un professeur, lui disant qu’il est programmé pour faire une conférence le soir-même. Or, notre psychiatre n’a rien préparé. Voilà ce que nous dit Erickson : « Il devait y avoir une nombreuse assemblée et j’avais une foule de choses à faire, sans aucun rapport avec mon propos, avant de me rendre à la salle de conférence. Je me suis pourtant fait aucun souci, parce que je savais que je pourrai parler, penser, et que j’avais tant appris au fil des ans. » C’est donc autour d’une confiance totale dans la mémoire à long terme et dans les connaissances inconscientes mises en réserve qu’Erickson modèle son récit. Il avait l’habitude de comparer l’inconscient avec un réservoir énorme, très utile et très positif, un lieu de stockage des connaissances, pouvant être restituées après bien des années. Personnellement, je me sers de cette anecdote chaque fois que je suis pris de court, soit dans mon travail, soit dans ma vie quotidienne. Elle m’aide à lever mon blocage et à faire venir à la rescousse mes capacités inconscientes. Elle m’apprend surtout à rester zen !

La deuxième anecdote « Neige légère » est encore plus incroyable en ce qui concerne l’inconscient. Je vous la transcris in extenso car elle a une valeur spéciale, comme celle d’une formule magique (et d’ailleurs c’est de la magie !) : « Au village de Lowell (Wisconsin), la première neige de l’automne tomba le 12 novembre, peu avant quatre heures de l’après-midi. Et un gamin, assis sur la troisième chaise du troisième rang, à droite près de la fenêtre, se demandait combien de temps il en aurait le souvenir.
Je me demandais vraiment…
Je savais exactement… Je savais que c’était le 12 novembre de l’année 1912. C’était une neige très légère. »
Tout cela est incroyable de précision. On se demande si Erickson ne ment pas ou s’il ne s’illusionne pas lui-même. Ou alors on pense qu’il s’auto-hypnotise. En fait, j’ai constaté que, sous hypnose, beaucoup de sujets avaient une mémoire phénoménale et pouvaient se souvenir d’une plaque de voiture entr'aperçue il y a dix ans. Mais ceux qui sont bien connectés avec leur inconscient (et Erickson fait partie de ceux-là) peuvent faire des choses incroyables eux aussi. J’ai vu à la télévision l’auteur de romans policiers et ancien flic de grand renom, Roger Borniche, décrire des scènes d’arrestation ayant eu lieu il y a plus de vingt ans, avec un luxe de détails, des précisions horaires incroyables sans l’aide d’aucune note, comme s’il avait une mémoire absolument photographique et totale de ces instants racontés. Me rappeler cette histoire m’aide beaucoup par exemple quand je dois me remémorer quelque chose dans la vie quotidienne ou dans mon travail.

La troisième anecdote est totalement différente. Elle aborde la thématique du regard de l’autre, du regard bienveillant de celui-ci ou de celle-ci, qui nous donne ce que peut-être nous ne pourrions avoir tout seul, la confiance en nous. Elle est intitulée : « Il parlera ». Là encore, je vais la retranscrire intégralement parce que cette histoire signifie non seulement par son contenu, mais aussi par son style, sa narration, sa façon de persuader (rappelons qu’elle est la plupart du temps adressée à un patient en état d’hypnose, donc d’inconscient à inconscient) :
« Beaucoup de gens se tourmentaient parce qu’à l’âge de quatre ans, je ne parlais pas, alors que ma sœur plus jeune de deux ans parlait, et elle parlait, mais elle n’avait jamais rien dit. Et tout le monde se désolait parce que j’étais un garçon de quatre ans qui ne pouvait pas parler.
Ma mère disait tranquillement « Le moment venu, il parlera. » »
Remarquez les répétitions hypnotiques du verbe « parler », typiques de la technique d’Erickson.
Sidney Rosen interprète cette histoire en écrivant qu’Erickson a la conviction qu’on peut faire confiance à l’inconscient pour produire les réponses appropriées au moment voulu. Raconter cette histoire à un patient qui vient juste de commencer l’expérience de la transe hypnotique peut l’encourager à attendre patiemment le moment où l’impulsion à parler émergera…
J’explique cette anecdote d’une autre façon. Dans votre vie, il est déterminant que des gens croient en vous, à votre talent, à la puissance de votre inconscient. Si ce ne sont malheureusement pas vos parents, comme la mère d’Erickson (comme ce fut mon cas), ce peut être un professeur, un ami, votre femme et d’autres personnes encore (c’est ainsi que je l’ai vécu et que je le vis encore). Cette confiance inconditionnelle, malgré parfois de mauvais résultats, est déterminante pour dépasser les obstacles de la vie et quelquefois aller plus loin que nous-mêmes. Ces gens-là nous créent et nous transforment en mieux que nous sommes par leur regard intelligent et leur attention toujours bienveillante. Curieusement, Erickson abordait dans cette histoire, un peu de manière prémonitoire, un concept très en vogue aujourd’hui, celui de la résilience développé par le psychiatre Boris Cyrulnik. Même si vous avez eu une enfance gâchée, une enfance martyre, vous pouvez rencontrer un professeur, un adulte ayant à la fois un regard intelligent et indulgent sur votre personne, qui vous sauve parce qu’il croit en vous, s’occupe de vous et transforme votre vision du monde et de vous-même : c’est la résilience. Cyrulnik montre dans son livre Les vilains petits canards que, même certains des enfants enfermés dans les orphelinats de Ceausescu en Roumanie, dans des conditions extrêmement dégradantes, ont pu avoir accès à la résilience. Les statistiques ont mis en évidence que ceux-ci ont eu une vie normale, comme des enfants qui auraient été encouragés par la confiance de leurs parents.
Je me sers beaucoup de cette histoire quand je suis au travail ou que j’écris, et que j’ai un moment de blocage. Je pense à ceux qui croient en moi et qui m’aiment, qui croient et qui ont cru que « le moment venu, je parlerai » (à remarquer aussi que ce moment n’est pas déterminé à l’avance par la société ou par d’autres individus mais qu’il dépend de la maturation de la personne, donc de quelque chose à la fois strictement intime et progressif qui peut être d’une durée très variable).

C’est tout pour aujourd’hui. La suite au prochain numéro ! Ce sera le chapitre 2, « histoires motivantes » (le chapitre 1, « changer l’inconscient », trop difficile et trop technique,  étant conservé pour une étude ultérieure).


mardi 10 mars 2015

Un hypnothérapeute "hors du commun", Milton H. Erickson







Un livre-clé sur l’hypnose et la psychologie



Bonjour,


Des amis lecteurs (et ma sœur, Brigitte Aufort) m’ont dit que les articles que je proposais dans ce blog étaient de trop longue taille. Je les remercie de cette judicieuse remarque dont je vais tenir compte. En réalité, je ne suis pas habitué à publier des textes sur Internet. J’ai donc décidé, pour améliorer le confort de lecture de ce nouvel écrit, de le découper en neuf billets, et de proposer à chaque fois, comme dans les romans-feuilletons d’autrefois, la suite au prochain numéro.


Jour 1

J’avais beaucoup d’idées en tête pour rédiger ce nouvel article : je voulais faire un compte rendu des deux conférences du mathématicien, médaille Fields 2010, Cédric Villani, auxquelles nous avions assisté avec ma femme et des amis à la maison des métallos ; je désirais parler longuement du film Imitation Game sur la vie du mathématicien Alan Turing, pour moi meilleur film de l’année ; j’étais aussi enthousiasmé par la cérémonie du parinirvana, mort physique du bouddha, qui avait eu lieu au centre bouddhiste Triratna, où ma femme et moi nous prenons des cours depuis trois ans et je voulais en rendre compte.

Mais voilà, comme souvent dans la vie, rien ne s’est passé comme prévu. J’ai discuté psychologie avec mon meilleur ami et je lui ai prêté un livre dont je lis des passages presque tous les jours depuis 1986, (soit depuis 29 ans) et qui est devenu pour moi plus qu’un livre de chevet, une sorte de bible, je veux parler de Ma voix t’accompagnera, Milton H. Erickson raconte par Sidney Rosen. 

Il s’agit là d’un recueil d’histoires motivantes que le grand psychiatre et hypnothérapeute américain racontait à ses patients. Ma découverte de ce livre s’est faite de manière bizarre. J’étais alors stagiaire à l’Ecole du Cadastre, je m’intéressais à la psychologie et je pratiquais depuis trois ans l’hypnose (j’avais commencé à l’armée et j’avais dû depuis ce temps hypnotiser une centaine de personnes, ce qui m’avait convaincu des incroyables vertus médicales, paramédicales, psychologiques et parapsychologiques de cette discipline). J’allais par hasard ce soir-là, attiré par tout ce qui est enseignement parallèle à notre société, assister à une conférence sur l’instinctothérapie, autrement dit le fait de manger crus tous les aliments. La dame qui nous parlait était fort intéressante et gentille, mais à un moment elle fit une digression énorme, une parenthèse incroyable sur Milton Erickson qui racontait des histoires à ses patients pour les guérir. La démarche me parut étonnante, un peu semblable à celle de Jésus-Christ narrant des paraboles à ses disciples !
Et cette dame nous parla d’un des cas les plus célèbres d’Erickson, celui du vieux Joe, où notre hypnothérapeute parla uniquement de tomates à un cancéreux en phase terminale !
Je vous donne le lien d’une thèse de médecine, celle de Claude Virot, qui a été soutenue sur les pratiques thérapeutiques d’Erickson, pour que vous puissiez lire in extenso la description de la cure du vieux Joe et de son plant de tomate, pour que vous ayez le même frisson que moi quand je compris la portée de ce que nous disait la conférencière (cherchez dans la thèse cette partie, II) De l’hypnose à la stratégie, 3) La souplesse A) Indirection, à l'adresse suivante: http://www.hypnoses.com/content/uploads/2014/07/THESE-CLAUDE-VIROT.pdf)
La conférencière nous expliqua que ce n’était qu’un cas parmi beaucoup d’autres, qu’une des consultations où Erickson employait l’anecdote, mais qu’il y en avait des dizaines réunies dans un livre appelé Ma voix t’accompagnera, Milton H. Erickson raconte par son disciple Sidney Rosen. Intrigué, fasciné par cet usage de l’hypnose et de l’imagination humaine, j’allais le lendemain-même acheter le livre. Il ne m’a plus quitté sans jamais me décevoir. Je l’ai prêté à des amis, à ma femme, à des gens qui souffraient psychologiquement et la plupart du temps, il a été très apprécié.


Sommaire de l’ouvrage
Les anecdotes-histoires sont classées par thèmes selon  ce plan :

1) Changer l’inconscient
2) Histoires motivantes
3) Faire confiance à l’inconscient
4) Suggestion indirecte
5) Dépasser nos limites actuelles
6) Recadrage
7) L’apprentissage par l’expérience
8) Prendre sa vie en charge
9) Retrouver l’œil innocent
10) Observer : noter les différences
11) Traitement des patients psychotiques
12) Manipuler et regarder toujours l’avenir
13) Enseignement des valeurs et de l’auto-discipline


Mon but est simplement de piocher dans les différents thèmes, de présenter à chaque fois quelques histoires ou une histoire, pour vous faire goûter un peu à tout, vous faire choisir ce que vous aimez et rejeter ce que vous détestez, et peut-être vous donner envie de lire ce livre. 

C’est fini pour aujourd’hui. La suite au prochain numéro ! 

vendredi 20 février 2015

Encore quatre livres, développement personnel et ésotérisme


Bonjour,
 Je voudrais vous parler aujourd’hui de livres sur le développement personnel et l’ésotérisme que j’ai lus ou relus ces mois-ci, qui, d’une part, me paraissent particulièrement importants dans l’évolution de ces disciplines et d’autre part m’ont beaucoup aidé dans ma prise de conscience de la complexité du monde, des lois générales de la vie, du regard que je peux avoir sur les autres et sur moi. Il s’agit de La Prophétie des Andes de James Redfield, de Réfléchissez et devenez riche de Napoleon Hill, d’Etre au cœur de la PNL d’Isabelle David, du Dictionnaire de l’impossible de Didier van Cauwelaert. Pour moi, ces quatre ouvrages sont excellents quoique très différents et ils apportent tous une petite pierre à l’édifice immense du développement personnel.

Commençons par La Prophétie des Andes de James Redfield parue en 1993. Elle peut être intégrée au mouvement New Age qui à l’époque faisait fureur et qui n’était en fait qu’une reprise modernisée de vieux principes de l’ésotérisme. Ce livre est très facile à lire car il est présenté sous la forme d’un roman initiatique, ce qui lui a valu d’être un best-seller du développement personnel dans le monde entier. Le héros de l’histoire s’envole pour le Pérou à la recherche d’un manuscrit mystérieux qui date de six cents ans avant Jésus-Christ. Dans ce manuscrit seraient consignées neuf prophéties. Chacune de ces prophéties annoncerait une élévation spirituelle et philosophique de l'humanité dans les années à venir. Au fil du récit,  le lecteur apprend quelle est la teneur des neuf révélations. Nous allons les lister :

1)      S'éveiller aux coïncidences qui se présentent dans nos vies.
Les coïncidences sont ce que le psychiatre et psychanalyste suisse Carl Gustav Jung, dissident de Freud, appelaient les synchronicités. Un jour, par hasard, vous rencontrez une personne ou une chose qui vous fournit la réponse à une question que vous vous posiez depuis longtemps. L’anecdote la plus célèbre sur le sujet est celle du scarabée de Jung. Alors qu’il se trouvait un jour en consultation avec une patiente, celle-ci lui racontait un rêve où on lui offrait un bijou en forme de scarabée. A ce moment-là, une cétoine dorée s’est mise à taper contre la vitre du bureau, voulant s’introduire dans la pièce. Jung ouvrit la fenêtre, saisit l’insecte et s’adressant à la patiente, médusée, dit : « Le voilà, votre scarabée ! ». La patiente, très rationnelle, reçut un choc qui lui permit d’avancer dans son travail d’analyse.
J’ai personnellement vécu de nombreuses fois des coïncidences dans ma vie, la plus énorme ayant été de retrouver en 2005 mon professeur de philosophie de mon année de baccalauréat 1978 à Angoulême comme proviseur du lycée où j’étais nommé à Paris. Cependant, mon expérience est qu’il faut savoir les reconnaître ; on peut toute sa vie passer à côté de coïncidences formidables et positives si l’on ne veut pas les voir. « Cherchez et vous trouverez » dit la sagesse des Evangiles. Si vous n’êtes pas aux aguets et ouvert, vous n’aurez rien.

2) Connaître l'histoire profonde du monde et de l'évolution de l'être humain.

 3) Devenir conscient que toutes les choses vivantes ont des champs                       d'énergie.

4) Devenir conscient que les gens essaient de voler l'énergie  d'autrui et créent ainsi des conflits.

5)  Réaliser que contrôler autrui n'aide personne.

 6) Être conscient que l’on a un rêve et une destinée à accomplir.

C’est la même idée que celle de  « la légende personnelle » de Paulo Coelho dans L’Alchimiste. En fait, nous vivons une triste vie parce que dans notre métier essentiellement, nous ne faisons pas ce que nous désirons faire. Il faut que chacun choisisse sa vie, l’activité qui lui plaît, pour laquelle il a une vocation véritable. Tant que nous ne prendrons pas cette décision : changer de travail, changer de vie, faire ce pour quoi nous sommes faits, nous mènerons une existence malheureuse.

7) Etre  conscient que la plupart des pensées et actions sont guidées

8) Réaliser que quelquefois, la réponse que tu cherches est fournie par les personnes que tu rencontres.
C’est vrai. Il m’est arrivé parfois de chercher très loin une réponse, dans un stage, dans une lecture, dans la psychanalyse. Et simplement, en discutant avec ma femme ou avec un collègue, avec des amis, en cherchant sur Internet ou en regardant la télévision, la réponse m’est apparue radieuse.

9) Comprendre que l'humanité est en train d'effectuer un voyage vers une vie en parfaite harmonie avec autrui, la nature, ce qui fera évoluer notre monde vers un paradis terrestre dans le millénaire à venir.


Le deuxième livre est Réfléchissez et devenez riche de Napoléon Hill. La phrase principale de cet essai est sans doute : «  L'homme peut accomplir tout ce que son esprit peut concevoir et croire » . Publié en 1937, il est devenu un classique du développement personnel et il reste toujours étonnamment d’actualité. La raison cachée en est que Napoléon Hill a écrit un livre avec Clément Stone qui a été le maître à penser de Jack Canfield. Lui-même, Jack Canfield, a publié la série de best-sellers de développement personnel Bouillon de poulet pour l'âme. Récemment, il a été un des piliers, une des influences fondamentales du livre Le Secret de Rhonda Byrne sorti en 2008. On voit donc le long cheminement des idées.

Napoléon Hill a appris les secrets du succès grâce à Andrew Carnegie, un milliardaire américain qui a été son mentor. Quand il a découvert celui-ci, il a décidé de consacrer sa vie à les développer et à les partager avec les autres. Il a donc passé 20 ans à analyser et interviewer les hommes les plus riches et ayant le plus de succès de la planète pour y trouver une philosophie commune.Le fait que Napoleon Hill ait dévoué sa vie à obtenir ces informations est ce qui rend ce livre si puissant et si spécial. A mon avis si un seul livre sur les principes du succès devait être lu, ce serait celui-là.
En voilà les treize principaux thèmes :

1) Le désir intense
Le thème du livre est la focalisation sur vos désirs. Napoleon Hill suggère que l’énergie concentrée de vos désirs et émotions, quand elle est appliquée à un désir spécifique, transforme votre désir en réalité. Il s’agit du principe-même de la loi d’attraction, se focaliser sur ce qu’on veut, en concentrant nos émotions comme si nous avions déjà ce que nous voulons.Un concept qui m’est apparu beaucoup plus clair à la seconde lecture, c’est l’obsession pour notre désir.Napoleon Hill suggère d’écrire le montant spécifique que vous voulez gagner et quand précisément vous voulez l’obtenir. J’aime l’idée de focaliser toute son énergie et son mental dans un seul but bien précis.

2) L’auto-suggestion
Napoléon Hill suggère de commencer par convaincre son subconscient, pour arriver au point où vous n’avez plus aucun doute que vous allez obtenir ce que vous voulez. Selon lui, la meilleure méthode pour y arriver est de répéter votre but deux fois par jour jusqu’à ce que votre esprit l’accepte comme une réalité. Et si Napoléon Hill et les auteurs du Secret avaient raison, si le secret du succès était aussi simple que répéter encore et encore quelques mots jusqu’à ce que vous soyez capable de croire que c’est vrai ? Cela ne vaudrait-il  pas le coup d’essayer ?
Pensez simplement aux nombres de personnes qui n’ont pas eu la discipline de continuer cet exercice simple 10 minutes par jour et qui ont loupé  leurs chances de succès.

3) La persévérance
La partie du livre que j’ai préféré est le chapitre sur la persévérance. J’ai toujours cru que la persévérance est plus importante que le talent naturel et ce livre me l’a confirmé une fois de plus. L’échec temporaire est nécessaire pour atteindre le succès. Ceux qui ne peuvent pas gérer l’échec abandonnent toujours. Et ceux qui abandonnent ne réussiront jamais car elles échouent par elles-mêmes. Si vous suivez les principes de ce livre, vous ne vous arrêterez jamais avant d’avoir atteint votre but.

4) Le mastermind
Napoléon Hill met aussi en avant que le succès s’atteint plus vite en joignant vos forces aux autres. Il dit que le pouvoir de chacun est multiplié quand il est combiné avec d’autres personnes pour avancer vers un but commun.

5) L’imagination : l’atelier de l’esprit
L’imagination est littéralement l’atelier où tous les plans créés par l’homme sont façonnés. Le désir prend vie et se forme grâce à l’imagination. Il existe deux formes d’imaginations :
L’imagination synthétique, à travers laquelle il est possible de réarranger de nouveaux concepts ou idées en nouvelles combinaisons.
L’imagination créative, à travers laquelle les nouvelles idées prennent forme.
A travers l’imagination créative, il possible d’atteindre la communication directe avec l’intelligence infinie. Cette imagination peut également être stimulée par un désir très fort. Plus elle est sollicitée, plus elle grandit. Un peu à la façon d’un muscle.
L’imagination synthétique est celle que vous utiliserez pour convertir vos désirs immatériels en argent tangible.

6) Le planning organisé : la cristallisation du désir en action
Personne n’est en mesure de devenir riche sans un plan organisé, pratique et fonctionnel.
Pour être sûr d’atteindre votre objectif, vos plans doivent être les plus parfaits possibles, et vous devez avoir accès à l’expérience, la capacité, l’éducation et l’imagination d’autres esprits.
Pour cela, vous pourriez trouver utile de :
  • Vous allier avec un groupe d’autant de personnes qu’il vous est nécessaire pour créer et suivre votre plan.
  • Décider de ce que vous allez offrir en retour à ce groupe de personnes en échange de leur collaboration.
  • Vous arranger pour rencontrer ce groupe de personnes autant de fois que possible jusqu’à ce que vous ayez perfectionné votre plan.
  • Maintenir une harmonie parfaite entre vous et chaque membre du groupe.
Si votre plan échoue, gardez à l’esprit qu’il s’agit d’une défaite temporaire et non d’une défaite ultime. L’échec signifie simplement que votre plan avait quelques points faibles. Vous devez établir de nouveaux plans et poursuivre en gardant à l’esprit que vous devez trouver un plan fonctionnel et solide.

7) La décision : la maitrise de la procrastination
Une étude menée sur plus de 25000 personnes qui ont été en situation d’échec a montré que le manque de décision en est l’une des principales causes. La procrastination est l’ennemi que chacun doit combattre pour éviter cela. Une autre étude menée en parallèle a quant à elle démontré que la capacité de prendre des décisions rapidement et de ne pas modifier ces décisions a permis aux gens qui ont accumulé des fortunes d’atteindre le succès. Ne vous laissez pas influencer par les opinions d’autrui. Si vous êtes trop influençable, vous ne parviendrez pas à maintenir votre désir du succès à un niveau suffisant. Soyez sélectif dans les gens qui vous entourent.Les personnes qui savent prendre des décisions rapides et s’y tenir sont des leaders qui savent exactement ce qu’ils veulent dans la vie. Et ils l’obtiendront.

8) La ténacité : l’effort de long terme pour entretenir la foi
La ténacité est un ingrédient nécessaire à la transformation du désir dans son équivalent monétaire. La base de la ténacité est la puissance de la volonté. La plupart des gens abandonnent dès lors qu’ils rencontrent de l’opposition ou un manque de réussite. Le manque de ténacité est une faiblesse commune à la majorité des gens mais elle peut être corrigée par l’effort.
Le développement de la ténacité requiert :
  1. Un objectif défini et entretenu par un désir ardent
  2. Un plan défini qui se traduit par de l’action permanente
  3. Un esprit fermé aux idées négatives et aux mauvaises influences
  4. Une alliance avec des gens ouverts et prêts à aider si besoin
Ne perdez jamais de vue qu’au bout du chemin de la ténacité, le succès sera invariablement au rendez-vous. Ne vous arrêtez pas en route !

9) La puissance du contrôle de l’esprit : la force directrice
Dans ce cas, la puissance est organisée et dirige la connaissance intelligemment. Elle est requise à la fois pour l’accumulation d’argent et le fait d’être en mesure de conserver cette accumulation. Le contrôle de l’esprit peut se définir comme une coordination de connaissance et d’effort, dans un esprit d’harmonie, entre deux personnes ou plus, pour atteindre un objectif défini. L’union fait la force. Sur le long terme, vous êtes plus fort si vous vous associez.

10) Le mystère de la transmutation du sexe
La transmutation est un nom savant pour signifier le transfert d’un élément, d’une forme ou d’une énergie en une autre. Le désir sexuel est le désir le plus puissant de l’être humain. Lorsqu’ils sont dirigés par ce désir, les hommes sont capables de se sublimer et de réaliser des choses extraordinaires. C’est en cela que réside le secret de la créativité.
Il va sans dire que cette énergie est directement liée à l’exercice de la volonté. Le désir d’expression sexuelle est un désir naturel qui ne doit être ni submergé ni réprimé. Ce désir doit trouver sa place pour s’exprimer librement pour enrichir le corps et l’esprit. La sublimation est à ce prix. La recherche scientifique a démontré que les hommes qui ont le mieux réussi étaient des hommes qui avaient appris cet art et étaient influencés par une femme. Tous sans exception avaient appris à transformer leur énergie sexuelle en objectifs créatifs.

11) Le subconscient et le lien de connexion
Le subconscient enregistre toute sorte d’impressions sensorielles et de pensées, indépendamment de leur nature.Vous avez la possibilité de suggérer volontairement les idées que vous souhaitez à votre subconscient. L’autosuggestion est le lien qui vous permet d’entretenir votre subconscient avec des pensées positives. La combinaison de vos pensées positives avec les émotions qui les accompagnent est votre meilleure alliée pour vous sentir inspiré et atteindre le succès.

12)  Le cerveau : une radio de pensées à diffuser et à recevoir
N’importe quel cerveau humain est capable de ressentir les vibrations d’une pensée émise par un autre cerveau. Lorsqu’il est stimulé à un haut niveau de vibration, l’esprit devient plus réceptif aux pensées qui le traversent. Ce processus s’effectue aussi bien avec des émotions négatives que des émotions positives. L’émotion liée au sexe est la plus intense et la plus influente des émotions. Pour rendre votre esprit le plus créatif possible, vous ne devez pas perdre de vue que les interactions entre le subconscient, l’imagination créative et l’autosuggestion sont primordiales.

13) Le sixième sens : la porte du temple de la sagesse
Le sixième sens est cette partie du subconscient que nous avons appelé précédemment l’imagination créative. Il s’agit de la partie de l’esprit qui planifie, fait naître les idées, et les flashs de pensées dans l’esprit tout entier. La maîtrise de cette partie de l’esprit requiert patience et méditation. Le sixième sens est sans doute le lien qui relie l’homme avec l’intelligence suprême. Pour cette raison, il est à la fois de nature spirituelle et mentale. Il représente le point de contact entre l’homme et l’Esprit Universel. C’est en quelque sorte la porte qui mène au temple de la sagesse

Il est étonnant de voir que plusieurs écrivains ont suivi la méthode de Napoléon Hill, observer les génies ou les gens qui ont réussi, noter leurs qualités et leurs défauts, les modéliser et en tirer des principes de vie. Cela a été la démarche des fondateurs de la programmation neuro-linguistique, John Grinder et Richard Bandler en 1976. Leur idée de départ a été d’observer, de filmer les psychothérapies et les comportements de trois psychiatres de génie, Milton Erickson, grand spécialiste d’hypnose, Fritz Perls, créateur de la gestalt-thérapie, Virginia Satir, une spécialiste de la thérapie familiale. En s’inspirant de ces exemples, ils ont créé leur modèle influencé encore par d’autres spécialistes comme Alfred Korzybski en sémantique générale ou Noam Chomsky en grammaire générative et transformationnelle.
Pour avoir une bonne idée de l’ensemble de la théorie de la programmation neuro-linguistique, il est possible de lire l’article de Wikipédia qui est particulièrement  complet à l’adresse suivante : http://fr.wikipedia.org/wiki/Programmation_neuro-linguistique#D.C3.A9finition.
Un écrivain de science-fiction particulièrement remarquable Roger Zelazny a lui aussi suivi une méthode un peu semblable inspirée des principes d’apprentissage de Jacques Barzun, un pédagogue et historien américain. Pour n’être jamais dépassé comme auteur, il s’est imposé un programme de lecture mensuel et annuel qui l’obligeait à lire régulièrement dix livres d’histoire, dix livres sur l’astronomie, dix livres sur la physique, etc., mais surtout dix biographie de génies pour s’inspirer de leur comportement dans la vie. Son livre Un pont de cendres est une métaphore de ce programme : un enfant autiste n’a aucune communication avec l’extérieur, ne parle, pas car il est en train de revivre mentalement les vies de génies de l’histoire de l’humanité : Léonard de Vinci, Voltaire, etc. Lui-même après avoir fait ce travail de souvenir et d’assimilation deviendra un génie qui sauvera la terre.


Puisque nous avons parlé de programmation-neurolinguistique, je vous suggère un livre que je trouve absolument remarquable sur le sujet Etre au cœur de la PNL d’Isabelle David : 60 pages sont consacrées à l’histoire passionnante de la création  de la PNL, que nous avons vue en bref au sujet de notre troisième livre. Au moins soixante auteurs y sont cités comme des influences directes ou indirectes. C’est la première fois qu’un écrivain de langue française traite ce sujet de façon aussi détaillée.

Cependant, curieusement, elle ne donne pas les onze présupposés de base de la PNL sur la vie de l’esprit qui sont déterminants. Les voici :




1) La carte n’est pas le territoire.
Cette notion, due à Korzybski, correspond au fait que nous percevons le monde (le territoire) à travers nos sens (vue, toucher, ouïe, odorat, goût). Nous nous en faisons une représentation interne (la carte), mais cette représentation n’est pas exactement la réalité.
En fait, il existe autant de cartes que d’êtres humains. Chacun d’entre nous voit donc les choses différemment.
2) Tout comportement est issu d’une intention positive.
Les praticiens en PNL pensent que tout comportement est généré par une intention positive. Prenons un exemple pour être plus clair : si une mère se comporte de façon stricte avec ses gamins, ce n’est pas forcément par méchanceté, mais pour leur donner la force de résister à la dureté de la vie (dureté de la vie qui est une croyance de la mère). Dans son esprit, elle le fait pour le bien de ses enfants.
Autre exemple extrême, celui d’un serial killer qui tuerait des femmes de petite vertu. Un spécialiste de la PNL pourrait découvrir que l’intention cachée derrière ces meurtres en série est de débarrasser le monde de ces femmes pécheresses.
Vous pouvez trouver cela dur et inutile. Un assassin doit être puni. Cependant, en PNL, on va se servir de cette intention cachée pour provoquer un changement chez l’individu. On va trouver avec lui un moyen plus éthique d’atteindre l’objectif lié à l’intention.
3) On ne peut pas ne pas communiquer
Même si l’on ne parle pas, on communique, que ce soit par son attitude, ses gestes ou même sa physiologie (rougissement, couleur de la peau, respiration, …).
Les praticiens en PNL sont passés maîtres dans l’art de détecter les infimes variations de physiologie. Leurs sens sont en éveil car ces changements représentent une grande partie de la communication (le verbe ne représentant que 7%).
4) Nous ne sommes pas nos comportements
Une mère fait une erreur en disant à son enfant « tu es méchant » ou « tu es capricieux » car il n’est pas méchanceté ou caprice. Les individus, en PNL, ne sont pas leurs comportements. Leurs comportements sont leurs réponses à des stimuli en fonction des ressources internes dont ils disposent à ce moment-là.
Les comportements sont à distinguer de la nature même de la personne, son identité.
Il est possible de changer les comportements.
5) Corps et esprit agissent l’un sur l’autre
Comme le dit si bien Depak Chopra dans Santé parfaite, corps et esprit sont liés. Les émotions, les sentiments, sont stockés dans le corps (on dit du ventre qu’il est le deuxième cerveau).Si ces émotions ne sont pas correctement traitées, elles restent stockées et se transforment en maladies, notamment des cancers.
6) Il est possible de reproduire les performances des autres
Grinder et Bandler,  les créateurs de la PNL, ont à l’origine étudié des thérapeutes d’excellence pour découvrir leurs techniques. Ils en ont déduit des techniques pour reproduire leurs performances et les ont généralisées. En programmation neuro-linguistique, on estime donc qu’il est possible de reproduire les comportements efficaces des individus.
7) Le sens de ce que nous communiquons est dans la réponse que nous obtenons
La communication est à deux sens. Il y a un émetteur et un récepteur. La Programmation neuro-linguistique dit que seules les réponses que nous recevons quand nous communiquons ont un sens. C’est peut-être à cause des différentes cartes du monde de chacun, les messages émis sont déformés par des filtres à l’émission et dans le sens inverse.
Vous est-il déjà arrivé de marcher dans la rue et de croiser le regard de quelqu’un sans lui vouloir du mal, pourtant cette personne va vous rendre un regard aussi noir ou même vous invectiver ? C’est que vos signaux physiologiques (votre communication non verbale) auront exprimé quelque chose qui vous échappe (de la haine, du dégoût ou autre chose).
Même si vous n’avez pas conscience de ce que vous communiquez, c’est ce que vous obtenez en réponse qui compte.
8) Plus on a de choix, mieux c’est.
Souvent les gens sont enfermés dans des cercles vicieux, dans des comportements qu’ils ne désirent pas garder, et n’arrivent pas à changer. Ils n’ont pas d’options, pas d’autres choix que d’avoir ces comportements.Un des objectifs de la PNL est de donner aux individus plus d’options, plus de choix et les rendre plus flexibles.Par exemple, si vous êtes stressé lorsque vous traversez un pont, c’est que quelque chose en vous est câblé pour être stressé dans ces circonstances-là. La programmation neuro-linguistique va vous programmer pour avoir une autre réponse dans le même contexte. Désormais, lorsque vous traverserez un pont, vous aurez le choix entre être stressé ou excité (par exemple).
9) Chaque personne a en elle toutes les ressources pour obtenir ce qu’elle veut.
Pour la PNL, chaque individu possède en lui les ressources pour obtenir ce qu’il désire. Il faut simplement lui apprendre à les utiliser ou à les découvrir.
10) L’échec n’existe pas, il n’y a que du feedback.
Tel le barreur ou Christophe Colomb suivant son compas, nos erreurs ne sont pas une fin en soi, mais juste une indication que ce que l’on fait ne marche pas. Thomas Edison a, paraît-il, réalisé un millier de tentatives pour inventer l’ampoule électrique. Il ne considérait pas cela comme 1000 échecs, mais comme 1000 façons de ne pas fabriquer une ampoule.
11) Si quelque chose ne marche pas pour vous, changez votre façon de le faire.
Quand vous essayez d’atteindre un objectif et que cela ne fonctionne pas, essayez autre chose. Une des bases de la PNL est la flexibilité, la flexibilité de changer son mode d’attaque pour arriver à ses fins. Le manque de flexibilité a détruit Napoléon Bonaparte. Il s’est entêté à vouloir continuer sa campagne de Russie contre un ennemi insaisissable pratiquant la stratégie de la terre brûlée. Cela a conduit son armée à connaître une vraie Bérézina.


Le quatrième livre que nous voudrions aborder est Le dictionnaire de l’impossible de Didier van Cauwelaert. Nous aimons beaucoup Didier van Cauwelaert comme romancier, La Maison des lumières, Les amis de la mariée, L’Evangile de Jimmy, etc. Mais là il nous livre un formidable essai, une formidable anthologie d’articles sur les sciences secrètes, l’occultisme, la parapsychologie, les miracles, etc. Un ami auquel nous avons prêté le livre nous a dit : « Ce qui est très fort, c’est qu’il ne prend pas parti, il est objectif. » Il y a dans le livre une cinquantaine d’articles classés par ordre alphabétique sur beaucoup de sujets que nous pourrons pas bien sûr citer in extenso mais qui ont tous trait en fait aux mystères, aux choses inexpliquées de notre vie. Nous voudrions vous parler seulement de deux ou trois articles qui nous ont particulièrement interpellés. Il s’agit d’abord de « Direct sur France 2 (lévitation en) ». Didier van Cauwelaert prétend que le 7 novembre 1999, durant la messe transmise sur France 2 dans le cadre de l’émission « Le Jour du Seigneur », une des hosties consacrées s’est soulevée en oscillant puis est demeurée en lévitation durant cinq minutes. De nombreuses possibilités d’explication sont proposées par l’auteur. Que croire, qui croire ? Etre complètement sceptique ou accepter un peu d’impossible, d’irrationnel dans la vie. Je me souviens de ce passage des Essais de Montaigne où il écrit que, lorsqu’il était jeune, il était très sceptique, surtout face à ce que nous appelons les superstitions, l’inexpliqué. Arrivé à l’âge adulte qui correspond au livre III de ses Essais, il avoue qu’avec l’expérience, il est beaucoup plus ouvert à des choses qui paraissent mystérieuses et qui lui paraissaient autrefois aberrantes par rapport à la réalité. C’est aussi la phrase de Shakespeare, auteur du même siècle que Montaigne, dans sa pièce Hamlet : « Il y a plus de choses sur la terre et dans le ciel, Horatio, qu’il n’en est rêvé dans votre philosophie. » En fait, j’ai eu la même évolution que Montaigne (toute proportion gardée) : quand j’étais jeune, j’étais très sceptique, je ne croyais à aucune religion, à aucune superstition. Mais à l’âge de 23 ans, je me suis mis à hypnotiser des gens et j’ai découvert que ces gens-là pouvaient avoir d’incroyables pouvoirs sous hypnose : découvrir le nom du petit ami d’une copine, découvrir les maladies de différents personnes dans l’assistance, révéler le futur (et en plus mon futur). Ces personnes n’avaient également aucune douleur sous hypnose. Ils oubliaient leur nom ou un chiffre ou alors ne voyaient pas une personne dans la pièce en se réveillant après la séance, si je leur faisais sur cela une induction hypnotique. Un de mes meilleurs sujets s’est même installé comme voyant après ses étranges expériences. Rappelons-nous aussi que le grand médium américain Edgar Cayce ne faisait ses diagnostics psychiques et ses prévisions que sous hypnose. Il est donc évident que le deuxième article qui nous a beaucoup intéressé est celui qui s’intitule « Hypnose (les contrevérités de l’). Didier van Cauwelaert y raconte une anecdote extraordinaire à laquelle j’aurais tendance à croire. Mais laissons le parler : « Michel Talbot a vécu une expérience assez marquante, lors d’une fête de famille. Son père, pour égayer la soirée, avait engagé un hypnotiseur professionnel trouvé dans l’annuaire. Celui-ci choisit au hasard un nommé Tom, ami de M. Talbot père. Il le plongea en transe, puis lui déclara que sa fille Laura, ici présente, lui serait désormais totalement invisible.
Après l’avoir réveillé, il lui demanda où était Laura. Tom chercha des yeux sa fille qui se trouvait devant lui et répondit qu’elle était sans doute rentrée chez elle. L’hypnotiseur se plaça alors derrière Laura qui pouffait de rire (Tom ne l’entendait pas non plus), et il sortit de sa poche un objet qu’il plaça contre les reins de la jeune femme, de sorte que Tom ne pouvait absolument pas l’identifier. Il lui demanda ce qu’il voyait. Tom se pencha comme s’il examinait le nombril de sa fille, et dit qu’il s’agissait d’une montre. Quand on lui demanda s’il pouvait lire les caractères gravés dans le métal, il plissa les yeux et « déchiffra », à travers le corps de Laura, le nom du propriétaire (que personne ne connaissait dans la pièce) et l’inscription en dessous.
Après coup, Tom confirma à l’auteur la totale invisibilité de sa fille à ses yeux, avant que l’hypnotiseur ne la lui reprogramme dans son champ de conscience. « N’étaient les explications par celui-ci à la fin de la séance, conclut Talbot, Tom continuerait d’ignorer qu’il avait perçu une réalité différente de celle qui faisait consensus » (Michael Talbot, L’Univers est un hologramme).
Cette expérience époustouflante n’a que le défaut d’avoir été effectuée hors laboratoire, et ne repose que sur le crédit qu’on accorde à la trentaine de témoins, dont l’auteur. Les esprits chagrins pourront toujours dire que Tom était de mèche avec l’hypnotiseur, feignant de ne pas le connaître, et qu’ils avaient tous deux manigancé ce petit numéro de salon. »
J’ai voulu que soit exposée cette expérience in extenso parce qu’elle me paraît véritablement exemplaire. Je pense que sous hypnose les gens trouvent des ressources hors normes et montrent des capacités que l’on peut appeler « parapsychologiques » J’avais déjà fait après hypnose l’expérience de l’invisibilité qui marche à merveille (je l’ai même expérimenté à l’armée alors que nous étions enfermés dans un poste de garde. Vous pouvez imaginer la tête de l’hypnotisé qui ne trouvait plus personne dans la pièce.). Ma prochaine étape dans une future séance d’hypnose sera de tester cette procédure pour, comme Saint-Thomas, toucher la réalité de quelque chose d’hors normes.
Le troisième article dont nous voudrions vous parler nous a beaucoup fait rire. Il s’agit de « Zola (double miracle pour Emile) ». Didier van Cauwelaert y raconte que Zola s’est rendu à Lourdes en vue de faire un roman, un brûlot anticlérical pour dénoncer l’exploitation de la douleur humaine et des superstitions par les calotins.
Mais les deux malades qu’il rencontre à Lourdes, Marie Lebranchu, tuberculeuse et incapable d’ingurgiter la moindre nourriture, et Marie Lemarchand, elle aussi tuberculeuse en fin de vie, affligée d’un lupus qui lui envahit le visage, guérissent toutes les deux par une sorte de miracle. Zola ne l’admettra jamais. Dans son roman Lourdes, il fera mourir Marie Lebranchu d’une rechute et prétendra que les médecins lourdais avaient appliqué des lotions sur le lupus de Marie Lemarchand. Cet article est très divertissant quoiqu’on se demande d’où Didier van Cauwelaert tient ses informations au sujet de cet épisode de la vie de Zola.
Je dois le dire, ce livre m’a fait une très grande impression par sa tenue et son sérieux sur des phénomènes qui sont parfois mal traités, que ce soit en bien ou en mal. Il m’a rappelé le choc culturel que j’avais eu en lisant Le Matin des magiciens de Louis Pauwels et Jacques Bergier (qui avait été publié en 1960). Pour ceux qui ont aimé l’un, je vous invite à lire l’autre (et réciproquement !)
Voilà. J’ai encore été très long dans cet article et je m’en excuse. Ce sera plus court la prochaine fois, je vous promets. A bientôt !