mardi 22 mars 2016

Raison et émotion dans la vie spirituelle : émotion parfaite, compte rendu de l’ouvrage « Vision et transformation » de Sangharakshita





L'Émotion peut venir du Don.

Nous abordons maintenant l’Émotion parfaite, la deuxième partie du noble chemin octuple du bouddhisme, telle qu'étudiée par Sangharakshita dans son livre Vision et transformation. Avec cette deuxième partie, nous examinons une des questions, pour ne pas dire un des problèmes, les plus importantes de la vie spirituelle. C’est la question de la raison et de l’émotion. Nous savons tous, par notre propre expérience, qu’il est relativement facile de comprendre intellectuellement ou théoriquement un enseignement religieux ou philosophique. Mais lorsqu’il s’agit de mettre cet enseignement en pratique, nous trouvons que cela est beaucoup plus difficile. 

Sangharakshita cite même les écrits de Saint-Paul : « Je ne fais pas le bien que je veux et je fais le mal que je ne veux pas. » (Romains VII, 19).
Toutes les personnes religieuses se trouvent, à un moment ou à un autre, parfois des années durant, dans cette situation difficile, terrible et tragique. D’un point de vue rationnel, elles connaissent la vérité, elles peuvent en parler, écrire ou donner des conférences à ce sujet mais elles sont incapables de la mettre en pratique. Pour celles qui sont sincères, ce peut être source d’une grande souffrance. Elles peuvent ressentir : « Je sais cela très bien, je le vois avec une grande clarté, mais je suis incapable de le mettre en pratique, de l’exécuter. » A peine se sont-elles élevées de quelques centimètres qu’elles retombent de ce qui parfois leur semble être un kilomètre.

La réponse à cette question doit être cherchée dans les profondeurs mêmes de la nature humaine. Même si nous savons quelque chose avec notre esprit conscient, il y a une partie irrationnelle dans nous-même, qui est faite d’instinct, d’émotion, de volition, et est plus inconsciente que consciente. Et cette partie plus large, plus profonde mais non moins importante de nous-même, n’est pas du tout touchée par notre savoir rationnel ou intellectuel.

Nous voyons donc que nous ne pouvons aller à l’encontre de nos émotions. Les émotions sont plus fortes que la raison. Si nous voulons mettre en pratique ce que nous savons être juste, ce que nous savons être vrai, nous devons d’une manière ou d’une autre, nous assurer du concours de nos émotions. Nous devons arriver à capter en nous ces sources profondes et à les diriger vers notre vie spirituelle pour pouvoir appliquer ce que nous savons être juste et vrai. Pour la plupart d’entre nous, le problème central de la vie spirituelle est de trouver des équivalents émotionnels à notre compréhension intellectuelle. Tant que nous n’avons pas fait cela, nous ne pouvons pas progresser spirituellement.

L’Emotion parfaite représente la descente de la Vision parfaite dans notre nature émotionnelle d’une façon qui la transforme complètement. Elle a un chemin négatif qui peut être vu en trois parties : le non-désir, la non-haine, la non-cruauté et un chemin positif lui aussi constitué de différentes parties : le don, l’amour, la compassion, la joie, la tranquillité, la foi.
 
Voilà. C’est tout pour aujourd’hui.
Vous pouvez acheter le livre de Sangharakshita, Vision et Transformation, au Centre bouddhiste Triratna de Paris.
La suite au prochain numéro comme dans les romans-feuilletons du dix-neuvième siècle ou dans les séries télévisées américaines actuelles.
Amitiés à tous.

jeudi 17 mars 2016

Présentation de sept livres remarquables sur le mentalisme écrits récemment par des auteurs de langue français (troisième partie)





Julien Losa, un des mentalistes français les plus créatifs


Voici le sixième ouvrage de ma liste de sept livres d’auteurs français sur le mentalisme forcément partielle et partiale dans un monde de l’édition qui produit constamment des nouveautés sur le sujet.


6) LOSA Julien, Conspiration[s] 3, routines, idées et autres réflexions mystifiantes (vendu chez « Marchands de trucs » ou sur le site de l’auteur qu’il faut que vous trouviez !)

Il s’agit déjà du troisième booklet de la série de Julien Losa Conspiration[s], et il est aussi passionnant que les deux autres (qui sont à présent épuisés). A noter qu’entre-temps l’auteur a fait l’objet d’un numéro de la Revue de la prestidigitation (mai-juin 2015, n°607) où il dévoile certains tours contenus dans ces livrets (« Le collectionneur » qui vient de Conspiration[s]1, « Le bon choix [est souvent le mien] » qui vient de Conspiration[s]2 (avec forçage PATEO)).

Le tour « Chut » avec les sorties multiples est celui que je préfère. Mais le « Blank Book-test » est excellent lui aussi (sur une idée de Sylvain Vip de book-test Svengali).

L'effet de « Prédiction ciblée » est très ingénieux ; cependant, il nécessitera que vous achetiez le gimmick Decisions de Mozique. En voici le résumé : « Le mentaliste propose aux spectateurs de tester leurs capacités psychiques et leur demande de se lever. Il sort de sa poche deux cartons, un avec un gros point rouge, l’autre avec un gros point vert. Il les mélange et en met un dans sa poche et garde l’autre en main, sans montrer s’il s’agit de celui avec le point rouge ou de celui avec le point vert. Il demande au public qui, parmi eux, pense qu’il a la carte rouge en main. La moitié du public lève la main. Il retourne la carte et c’est bien la rouge. Les spectateurs n’ayant pas deviné sont priés de s’asseoir. Il réitère cette opération jusqu’à ce qu’il n’y ait plus qu’une seule personne debout. Le mentaliste invite cette personne sur scène et fait remarquer sur la table une enveloppe qui était en vue depuis le début. Le spectateur est invité à en lire le contenu à voix haute : il s’agit d’une description très précise du spectateur à présent sur scène (et qui est en train de lire la prédiction !) : vêtements, approximation d’âge, couleur de cheveux, etc.

Il y a bien d’autres effets très intéressants dans ce livret (dont un, ce n’est pas commun, qui est réalisé avec un pendule), des parties théoriques aussi comme dans les deux premiers livrets Conspiration[s]. A vous à présent de l’acheter pour tester ces différents effets et enrichir votre répertoire en mentalisme !


Voilà c’est tout pour aujourd’hui. La suite au prochain numéro comme dans les romans-feuilletons du dix-neuvième siècle ou les séries-télévision américaines contemporaines.
Amitiés à tous.

lundi 14 mars 2016

Vision parfaite (dans "Vision et transformation" de Sangharakshita) (deuxième partie)






L'image du pic enneigé au lointain comme étant celle de la vision parfaite est pour moi la plus parlante.



Je continue ma série d’articles sur le livre Vision et transformation de Sangharakshita qui est fondamental car il décrit en détail la pratique quotidienne du noble chemin octuple proposé par le Bouddha. Dans le premier chapitre « La nature de l’existence,vision parfaite », il nous montre que la « vision » dans sa perfection est indispensable pour suivre le reste du chemin. En bref, le chemin a deux parties, le chemin de la vision qui est la première étape et le chemin de la transformation qui correspond aux sept étapes restantes. La vision parfaite est la phase de vue pénétrante et d’expérience spirituelle initiale alors que le reste du chemin octuple représente la transformation de la totalité de notre être dans tous ses aspects en accord avec cette vue pénétrante et cette expérience initiale.

Je relaterai dans les prochains articles plus de détails sur ce chapitre dans lequel j’ai vu six développements :

1) Les deux parties du chemin
2) Les différentes manières de connaître cette vision parfaite
3) Ce que la vision parfaite n’est pas
4) 3 images qui expriment la vision parfaite
5) 4 concepts aboutissant à la vision parfaite
6) La métaphore du pic enneigé

Mais ce qui m’a le plus aidé à la fois à comprendre et à ressentir ce qu’est la vision parfaite, c’est cette métaphore du pic enneigé (qui je le pense, mais n’en suis pas à cent pour cent certain, est propre à Sangharakshita). Je vous la donne ici intégralement mais vous pourrez la trouver sur le site du Centre bouddhiste Triratna de Paris.

Voici ce que dit Sangharakshita :

 « Imaginez que nous voulions faire un voyage pour escalader une montagne imposante. Que faisons-nous ? Tout d'abord nous étudions une carte du terrain, des contreforts de la montagne et de la montagne elle-même. Cette étude de la carte correspond à l'étude théorique de la doctrine bouddhique, pour tout savoir des Madhyamikas, des Yogacarins, des Sarvastivadins, etc.

 Mais nous devons vraiment commencer notre voyage, nous devons nous mettre en marche, nous devons au moins arriver au camp de base. Ceci correspond à notre pratique initiale de l'enseignement du Bouddha. Enfin, après plusieurs jours, semaines ou mois de voyage, nous entrevoyons le pic encore distant qui est l'objet de notre voyage. Nous n'avons fait qu'une petite partie du chemin, et sommes toujours loin du pied de la montagne, mais là, au loin, nous voyons briller le pic enneigé. Nous en avons une perception directe - une vision - quoiqu'il soit encore très éloigné.

Cette vision du pic correspond à la Vision parfaite, et elle nous inspire et nous encourage à continuer notre voyage. Nous pouvons continuer, à partir de là, gardant les yeux fixés sur le pic, sans jamais le perdre de vue, du moins pas plus de quelques minutes à la fois. Nous pouvons ne pas nous soucier de la longueur du voyage, du nombre de nuits que nous passons en chemin, de la difficulté du terrain, de la chaleur ou du froid. Nous pouvons même ne pas nous soucier d'être affamé, tant que nous gardons les yeux fermement fixés sur le pic. Nous sommes contents de savoir que chaque jour nous nous en rapprochons, et qu'un jour nous nous trouverons à son pied.

 Le fait de voyager avec le pic toujours en vue correspond à la traversée des autres étapes du Noble chemin octuple. Finalement, nous pouvons nous trouver sur le bas des pentes de la montagne. Nous pouvons même nous trouver sur les neiges vierges du pic… et trouver que nous avons atteint l'Éveil, la Bouddhéité. »

Voilà. C’est tout pour aujourd’hui.
La suite au prochain numéro comme dans les romans-feuilletons du dix-neuvième siècle ou dans les séries télévisées américaines actuelles.
Amitiés à tous.