jeudi 29 septembre 2016

Comptes rendus croisés de « Derrière la Magie, la Programmation Neuro Linguistique » d’Alain Cayrol et Josiane de Saint Paul et de «Le chemin le moins fréquenté» de Scott Peck. La dernière modélisation: la distorsion







Les principes de base de la Programmation Neuro Linguistique 

 Derrière la Magie, la Programmation Neuro Linguistique d’Alain Cayrol et Josiane de Saint Paul et Le chemin le moins fréquenté  de  Scott Peck.



Pourquoi faire un compte rendu croisé de ces deux livres ? Parce qu’ils parlent tous les deux d’un concept fondamental de A. Korzybski en science des systèmes : « La carte ne fait pas le territoire ». Richard Bandler, un des fondateurs de la Programmation Neuro Linguistique, disait que, s’il ne fallait garder qu’un seul principe de sa méthode, ce serait celui-là. Mais qu’est-ce qu’il signifie ? Cela veut dire que nous ne sommes pas en contact direct avec le monde. Bien que le monde soit réel, nous n’opérons pas directement sur cette réalité. De celle-ci, chacun a son idée propre et comme l’enseigne le proverbe « chacun voit midi à sa porte ».

La troisième faculté humaine de modélisation (fabrication de modèles) est la distorsion. C’est le processus qui nous permet d’introduire des changements dans notre expérience sensorielle. En imagination, nous pouvons par exemple nous évader du lieu où nous sommes pour repenser à ce que nous avons fait hier ou pour envisager une conférence que nous allons tenir la semaine prochaine.

Cette faculté de distorsion de la réalité présente est manifeste dans tout acte créatif. C’est elle qui permettait à Gauguin de peindre des chevaux violets. C’est elle qui nous donne la possibilité, si nous le désirons,  quand nous voyons une vache marron ou quand on nous parle d’une vache marron, de la transformer en esprit en une vache rouge.

Cependant, cette modélisation, comme les deux autres modélisations (généralisation et sélection), peut aussi construire une expérience négative pour la personne qui la pratique inconsciemment.

Un exemple : Claire est professeure. Lorsque son employeur lui reproche d’arriver en retard, elle en déduit que celui-ci ne l’aime pas. C’est une distorsion très courante : un grand nombre de personnes ont tendance à prendre une critique sur leur comportement (qui ne concerne qu’une ou deux actions de leur part et qui est relative à l’extérieur de la personne) pour un rejet de leur personnalité (qui ne peut se voir que sur une longue durée et qui est intérieure à leur personne).

Pour Grinder et Bandler, l’un des paradoxes de la condition humaine est que les capacités qui nous permettent de survivre, d’évoluer et de mener une vie heureuse – à savoir notre aptitude à créer des modèles/des représentations – sont aussi celles que nous pouvons employer à notre détriment pour nous maintenir dans une vision appauvrie du monde.

Si nous construisons notre modèle expérientiel de la réalité à partir des trois modélisations, celles-ci nous servent également à le perpétuer et à en maintenir la stabilité. Elles sont ce qu’on appelle dans le langage scientifique des mécanismes psychohoméostatiques : elles donnent sa cohérence à notre environnement psychique interne et surtout rendent le monde prévisible.
Tel l’étranger qui se sent mal à l’aise en territoire inconnu, il nous arrive d’être désorientés face à des situations qui ne cadrent pas avec notre image de la réalité. En utilisant la généralisation, la sélection et la distorsion, nous pouvons redéfinir le contexte en l’alignant sur notre modèle et ainsi éviter ou supprimer le malaise. La situation inquiétante est alors écartée et nous sommes à nouveau en terrain connu. Mais le problème est que le recours systématique à ces mécanismes, à ces modélisations, provoque le fait que la plupart des gens connaissent peu d’expériences nouvelles.

Si un individu a conclu à la suite d’expériences malheureuses qu’il était un raté et qu’il n’était pas digne d’être aimé (généralisation), il risque fort de ne pas remarquer dans sa réalité actuelle les marques d’attention positives qu’on lui adresse (sélection) ou bien va les interpréter comme pas sincères (distorsion). En bloquant ou déformant les informations qui contrediraient ses croyances, il s’enferme alors dans un système presque clos. Puisqu’il ne vit plus d’expériences allant à l’encontre de ses généralisations, il perpétue les comportements négatifs associés à celles-ci et s’attire les même réactions de la part de son environnement, ce qui, en retour, prouve et justifie ses généralisations : « Décidément, je savais bien que… »
Dès lors, la boucle est bouclée et le cycle se répète selon le mécanisme décrit diversement sous les noms de « scénario de vie » ou « prophétie qui s’auto-accomplit ». Et c’est ainsi que toute personne humaine peut se maintenir dans une vision du monde très appauvrie et malheureuse.

Voilà. C’est tout pour aujourd’hui. Je parlerai de la manière de changer ce modèle du monde dans un prochain article. Amitiés à tous.

mercredi 28 septembre 2016

Comptes rendus croisés de « Derrière la Magie, la Programmation Neuro Linguistique » d’Alain Cayrol et Josiane de Saint Paul et de « Le chemin le moins fréquenté » de Scott Peck. Les modélisations : la généralisation et la sélection




Sans commentaire


Derrière la Magie, la Programmation Neuro Linguistique d’Alain Cayrol et Josiane de Saint Paul et Le chemin le moins fréquenté  de  Scott Peck.

Pourquoi faire un compte rendu croisé de ces deux livres ? Parce qu’ils parlent tous les deux d’un concept fondamental de A. Korzybski en science des systèmes : « La carte ne fait pas le territoire ». Richard Bandler, un des fondateurs de la Programmation Neuro Linguistique, disait que, s’il ne fallait garder qu’un seul principe de sa méthode, ce serait celui-là. Mais qu’est-ce qu’il signifie ? Cela veut dire que nous ne sommes pas en contact direct avec le monde. Bien que le monde soit réel, nous n’opérons pas directement sur cette réalité. De celle-ci, chacun a son idée propre et comme l’enseigne le proverbe « chacun voit midi à sa porte ».

Pour constituer cette carte, nous disposons de trois facultés humaines de modélisation (fabrication de modèles) : la généralisation, la sélection et la distorsion (que je traiterai dans un prochain article). 

1) La généralisation.

La généralisation est le processus par lequel des éléments des parties du modèle du monde d’une personne sont détachés de l’expérience d’origine et en viennent à représenter la catégorie entière dont l’expérience en question n’était qu’un exemple.

C’est cette capacité qui rend possibles nos expériences d’apprentissage. L’enfant qui réussit à ouvrir une fois une porte en tournant la poignée pourra appliquer cette découverte aux autres portes qu’il rencontrera plus tard. Sans cette faculté, nous serions obligés de réapprendre comment ouvrir une porte chaque fois que nous sommes en présence d’une nouvelle porte. Cette aptitude peut même être vitale : si on a reçu de l’électricité en mettant petit les mains dans une prise de courant, on ne le refait plus et ainsi on évite un danger mortel.

Toutefois cette faculté est à double tranchant. Tout comme un comportement utile peut être généralisé à de nouvelles situations, des comportements et des sentiments pénibles et inappropriés mis en place dans notre passé peuvent persister dans notre vie actuelle. Un individu auquel sa mère a dit pendant toute son existence que les voyages étaient dangereux (serpents venimeux, pickpockets, vols de valise, de portefeuille, etc.)  et qui par hasard perd son porte-monnaie dans un aéroport peut en déduire que tout voyage est concrètement  dangereux  et ne plus pouvoir aller dans des lieux touristiques tellement cette idée est ancrée dans son esprit comme une réalité et tellement il a peur.
Ces généralisations peuvent être faites à tout âge. Le point important est que la même généralisation peut être profitable ou non en fonction du contexte. Une grande partie de la psychopathologie et des préjugés reposent sur ce mécanisme.

2) La sélection.

C’est le processus par lequel nous ne prêtons attention qu’à certains aspects notre expérience et en excluons d’autres. Grâce à cette faculté, nous pouvons nous orienter dans le monde et résoudre les problèmes en sélectionnant les informations qui nous sont utiles. Nous évitons ainsi d’être submergés par la masse des stimuli externes non pertinents qui sont captés en permanence par nos sens.

Cependant, ce processus externe peut présenter une très grave limite quand nous sélectionnons seulement les évènements négatifs qui peuvent, bien sûr, arriver à chacun de nous chaque jour.

Par exemple, nous repensons à un incident grave survenu au travail avec une personne et nous pensons que le travail est une chose impossible à vivre. Nous ne nous souvenons plus du grand merci que nous a donné une autre personne dans ce même travail  pour un service que nous lui avons rendu. En sélectionnant ainsi dans notre réalité un certain type d’évènements malheureux, nous ne nous sortons pas du cercle vicieux de la pensée de la difficulté de notre travail et, de plus, nous sommes incapables de résoudre notre problème.

Voilà. C’est tout pour aujourd’hui. Je parlerai de la troisième modélisation, la distorsion, dans un prochain article.

mardi 27 septembre 2016

Comptes rendus croisés de « Derrière la Magie, la Programmation Neuro Linguistique » d’Alain Cayrol et Josiane de Saint Paul et de « Le chemin le moins fréquenté » de Scott Peck : « La carte ne fait pas le territoire. »




Mircea Eliade a été un des plus grands historiens et comparatistes des religions



Pourquoi faire un compte rendu croisé de ces deux livres ? Parce qu’ils parlent tous les deux d’un concept fondamental de A. Korzybski en science des systèmes : « La carte ne fait pas le territoire ». Richard Bandler, un des fondateurs de la Programmation Neuro Linguistique, disait que, s’il ne fallait garder qu’un seul principe de sa méthode, ce serait celui-là. Mais qu’est-ce qu’il signifie ? Il veut dire que nous ne sommes pas en contact direct avec le monde. Bien que le monde soit réel, nous n’opérons pas directement sur cette réalité. De celle-ci, chacun a son idée propre et comme l’enseigne le proverbe « chacun voit midi à sa porte ».

Cette construction du réel met en jeu 1) des processus neurologiques, 2) des limitations socio-génétiques, 3) Des limitations personnelles. Elle nous fournit une représentation, un modèle du monde qui va constituer le centre de notre univers vécu et nous permettre de nous orienter dans la vie. C’est ce modèle qui favorisera notre accomplissement et dictera nos limites. Car tout comme la carte n’est pas le territoire, l’idée que nous faisons du monde n’est pas le monde.

1) Les processus neurologiques.

Notre système nerveux ne perçoit qu’une partie de la réalité physique (limitation de notre vision, de notre audition). Il nous donne de fausses impressions par exemple en nous faisant croire que les rails des chemins de fer se rejoignent à l’horizon, bien que nous sachions en esprit qu’il n’en est rien.
La réalité du monde que nous percevons est déjà une création humaine : notre monde n’est pas celui de la mouche, du canari ou du chien.

2) Les limitations socio-génétiques.

Ce sont les catégories de pensée auxquelles nous sommes soumis en tant que membres d’une communauté culturelle donnée. Celle des esquimaux par exemple est différente de notre communauté européenne. Le vaste groupe auquel nous appartenons exerce sur nous des influences modélantes évidentes sur nos attitudes, nos conceptions de la vie et du monde et même sur nos certitudes existentielles profondes.
Mais ces présupposés sont la plupart du temps hors de notre conscience et la réalité, telle qu’elle nous apparaît, semble aller de soi.
C’est pour cela qu’il est bon de voyager physiquement et en esprit (par exemple comparer nos religions à celles du continent asiatique dans le Dictionnaire des religions par Mircea Eliade et Peter Couliano) et d’apprendre d’autres langues. Le langage est sans doute la plus grande de nos influences structurantes. Les esquimaux possèdent une trentaine de termes pour nommer les variétés de neige, là où nous n’en avons que très peu, et ils sont capables de percevoir ces trente variétés, pas nous. Cela signifie donc qu’ils voient le monde d’une façon différente de la nôtre, ils en ont une carte différente.

3) Les limitations personnelles

La troisième série de limitations en fonction desquelles notre expérience du monde diffère du monde lui-même est d’ordre personnel.
L’histoire de la vie d’un individu est unique. Le milieu dans lequel il a vécu, l’influence qu’ont exercée sur lui ses parents et les figures d’autorité qui étaient ou sont encore importantes à ses yeux (professeurs dans la jeunesse ou prêtres, directeurs quand il est adulte), les traumatismes aussi bien que les routines quotidiennes, les mille et une péripéties de la vie ont façonné sa vision de la réalité de façon caractéristique.
Cette troisième série de limitations est particulière à chaque individu. C’est d’elles que proviennent les différences les plus notables entre les êtres humains.

En fonction de ces trois limitations, chacun de nous construit une carte différente de la réalité mais cette carte n’est pas la réalité.

Pour constituer cette carte, nous disposons de trois facultés humaines de modélisation (fabrication de modèles) : la généralisation, la sélection et la distorsion. Celles-ci nous servent de guides dans la vie lorsque nous les utilisons pour fabriquer des cartes exactes. Bien que les cartes ne soient pas les territoires qu’elles représentent, si celles-ci sont correctes, elles possèdent une structure similaire à celle du territoire qui les rendent bien utiles.  Mais ces cartes peuvent aussi agir comme autant de limites dès lors que nous les employons pour appauvrir notre expérience du monde.

Voilà. C’est tout pour aujourd’hui. Je parlerai des trois modélisations, la généralisation, la sélection et la distorsion dans un prochain article.