samedi 19 novembre 2016

Si je n’avais pas déjà donné à « Mental Expert 2 » de Giorgio le titre de « Meilleur spectacle de mentalisme de l’année 2016 », je l’aurais décerné sans l’ombre d’un doute à Gilles Rollini pour son show « Hasard ou coïncidence ? ».




L'affiche du spectacle


Cela ne m’arrive pas souvent d’être bluffé (j’ai vu tant de spectacles) mais là je l’ai été. La caractéristique du spectacle de Gilles Rollini est vraiment d’aborder un nombre très important de grands effets mentalistes avec aisance et fluidité ; j’adore les carrés magiques, il y en a un (c’est celui que j’ai vu le mieux exécuté de ma vie) en plus avec une astuce que seul Gilles Rollini emploie (à ma connaissance), j’aime les tests de chaises (notre mentaliste le réussit très bien) mais ce qui scotche le plus le spectateur, c’est le tour du billet emprunté dont il devine le numéro de série (mais pas seulement) ; je n’en dirai pas plus, c’est à vous d’accourir pour assister à toutes ces expériences extraordinaires.

Vous avez peut-être pu le constater plusieurs fois dans mon blog, je suis un passionné de littérature et je fais souvent des comparaisons littéraires. Pour moi, Giorgio est notre Maupassant en mentalisme et Gilles Rollini notre Balzac. Personnellement, je lis les deux et l’un pour moi n’exclut pas l’autre.

J’oubliais, peut-être une des choses les plus importantes, ce qui me frappe chez Gilles Rollini, c’est son amour du public. Il est heureux d’être là, de présenter les effets de mentalisme qu’il présente et de provoquer une pause spectaculaire dans notre vie parfois pleine de grisaille. Le magicien que j’ai entendu auparavant exposer cette théorie, c’est Juan Tamariz. Pas mal comme référence…

Alors, sortez le soir même s’il fait parfois froid et de toute urgence, venez voir « Hasard ou coïncidence ? »  si vous désirez ce rêve et cet amusement.

Deux mots pour résumer le spectacle : « Bravo » et « Merci » !


Voilà. C’est tout pour le moment. La suite au prochain numéro. Amitiés à tous.

vendredi 18 novembre 2016

Présentation de l’étude « Atteindre l’excellence » de Robert Greene, Introduction (huitième partie).



Un autre livre de Robert Greene


J’ai extrait ma biographie de Marcel Proust d’un livre de l’écrivain américain Robert Greene Atteindre l’excellence que je trouve très bien pensé (et réaliste). Je vais vous détailler certains passages de cet ouvrage. « Atteindre l’excellence » ne signifie pas, de manière compulsive, être premier de la classe ou être le plus remarqué à son boulot mais seulement développer le meilleur de ce qu’il y a en vous.

Robert Greene nous parle d’un processus très important, la maîtrise, et de ses secrets. 

Dans le passé, seules quelques personnalités d’élite ou dotées d’une énergie presque surhumaine pouvaient choisir la carrière de leur choix et parvenir à la maîtrise. Il fallait naître dans une famille de militaires ou de responsables politiques, c’est-à-dire faire partie de la classe dirigeante.  Des millions de gens qui ne faisaient pas partie de la bonne classe sociale, du bon sexe et du bon groupe ethnique étaient rigoureusement empêchés de répondre à l’appel de leur vocation. C’est pourquoi il y avait si peu de grands maîtres dans le passé et qu’ils se distinguaient de façon si éclatante.

Toutefois, ces barrières politiques et sociales ont pour la plupart disparu. On a aujourd’hui accès à une qualité d’information et de connaissance dont les maîtres du passé ne pouvaient que rêver. Plus que jamais, on la capacité et la liberté de suivre son inclination en fonction de son unique génome. Il est temps de démystifier et de banaliser ce concept de génie. Nous sommes tous plus proches que nous le croyons de ce type d’intelligence. (Le mot « génie » vient du latin « genius », ce dieu particulier à chaque homme qui veillait sur lui dès sa naissance, qui partageait sa destinée et disparaissait avec lui.)

Notre époque est riche en possibilités pour quiconque ambitionne la maîtrise ; de plus en plus de gens peuvent suivre leurs inclinations, mais un dernier obstacle culturel particulièrement insidieux s’y oppose : le concept même de maîtrise fait l’objet de dénigrement et est assimilé à quelque chose de ringard, voire déplaisant. Ce n’est pas admis comme une ambition légitime. Ce glissement de valeur est assez récent et découle de particularités culturelles de notre époque.

Nous vivons dans un monde qui nous échappe de plus en plus. Nos moyens d’existence sont le jouet de forces mondialisées. Les problèmes auxquels nous nous heurtons sur le plan de l’économie, de l’environnement, etc., dépassent nos capacités d’action individuelles. Les hommes politiques sont lointains et indifférents à nos vœux. Quand on se sent dépassé, il est naturel de se replier sur une sorte de passivité. En perdant le goût du risque et en limitant son champ d’action, on peut se donner l’illusion d’être maître de son destin. Qui risque rien n’a rien mais ne risque pas d’échouer (c’est le raisonnement d’énormément de personnes !). Si nous ne sommes pas responsables de notre destin, notre manifeste impuissance devient acceptable. Nous sommes donc tentés par toutes sortes de théories stupides comme celles-ci :

1) Ce sont nos gènes qui déterminent nos actes.
2) Nous sommes le produit d’une époque.
3) Nous sommes totalement déterminés par notre enfance et notre environnement familial.
4) L’individu n’est qu’un mythe.
5) Le comportement de tout être humain peut se réduire à des tendances statistiques et scientifiques coulées dans du béton.


Bien des gens vont plus loin dans ce dérapage et maquillent leur passivité sous un vernis positif. Ils trouvent romantique l’attitude suicidaire de l’artiste qui perd tout contrôle de lui-même. Toute notion de discipline ou d’effort apparaît comme ringarde et assommante : ce qui compte, c’est l’inspiration derrière l’œuvre d’art, au diable la maîtrise technique et l’apprentissage du métier. On en vient à se contenter d’objets vite faits mal faits. Cette passivité s’érige même en règle morale, « la maîtrise et la puissance sont mauvaises ; elles sont réservées aux élites patriarcales qui nous oppriment ; le pouvoir est mauvais en soi ». Cette attitude rappelle furieusement la description de la société du roman Le meilleur des mondes d’ Aldous Huxley avec ses alphas plus et ses epsilons moins !

Voilà. C’est tout pour le moment. La suite au prochain numéro. Amitiés à tous.

jeudi 17 novembre 2016

Présentation de l’étude « Atteindre l’excellence » de Robert Greene, Introduction (septième partie).



Un autre livre de Robert Greene


J’ai extrait ma biographie de Marcel Proust d’un livre de l’écrivain américain Robert Greene Atteindre l’excellence que je trouve très bien pensé (et réaliste). Je vais vous détailler certains passages de cet ouvrage. « Atteindre l’excellence » ne signifie pas, de manière compulsive, être premier de la classe ou être le plus remarqué à son boulot mais seulement développer le meilleur de ce qu’il y a en vous.

Robert Greene nous parle d’un processus très important, la maîtrise, et de ses secrets. 

Les principaux éléments de cette histoire se retrouvent dans la vie de tous les grands maîtres de l’histoire : une passion de jeunesse, une rencontre fortuite qui leur permet de découvrir la façon de l’exploiter, un apprentissage pour appliquer toute leur énergie en se concentrant sur leur raison de vivre. Grâce à un travail acharné, ils suivent ce processus avec rapidité, grâce à leur intense désir d’apprendre et à leur attachement à ce domaine. Au cœur de cette capacité de travail se cache une qualité génétiquement innée : non pas un talent ou un QI exceptionnels, qu’il faut développer, mais plutôt une profonde et puissante inclination vers un sujet donné.

Cette inclination reflète le fait que chaque personne est unique. Et ceci n’est pas une observation purement poétique ou philosophique : il est scientifiquement prouvé que sur le plan génétique, chaque homme est unique. Notre génome n’a jamais existé avant nous et n’existera jamais après. Cette spécificité se manifeste en nous par les préférences innées que nous ressentons vis-à-vis d’activités ou de sujets d’études particuliers. Il peut s’agir de la musique, des mathématiques, de tel ou tel sport ou jeu, des rébus et énigmes, du bricolage, de la construction ou des mots.

Chez ceux qui se distinguent par la maîtrise, l’inclination directrice se manifeste de façon plus claire et profonde que chez les autres. Ils la ressentent comme un appel intérieur. Elle domine leurs pensées et leurs rêves. Par hasard ou à force d’efforts, ils trouvent le chemin de carrière qui leur permet d’épanouir cette inclination. L’intensité de leur intérêt et de leur désir les aide à supporter la douleur du processus : doute de soi, pratique et étude fastidieuses, inévitables revers et critiques des jaloux. Ils acquièrent une résistance et une confiance en eux-mêmes qui manquent aux autres.

Dans notre culture, on tend à confondre la pensée et la puissance intellectuelle avec le succès et la réussite matérielle. Toutefois, c’est à bien des égards la qualité affective qui sépare ceux qui ont la maîtrise d’un domaine de ceux qui se contentent d’avoir un « boulot ». Le désir, la patience, la persévérance et la confiance en soi jouent dans le succès un rôle bien plus important que la simple capacité de raisonnement. Motivé par l’enthousiasme, on peut surmonter n’importe quoi ou presque. Quand on s’ennuie ou que l’on ne peut pas supporter son travail, le cerveau se referme et l’on devient de plus en plus passif.

Dans le passé, seules quelques personnalités d’élite ou dotées d’une énergie presque surhumaine pouvaient choisir la carrière de leur choix et parvenir à la maîtrise. Il fallait naître dans une famille de militaires ou de responsables politiques, c’est-à-dire faire partie de la classe dirigeante. Quiconque faisait preuve de talent et de motivation pour ce type d’activité le faisait en général par hasard. Des millions de gens qui ne faisaient pas partie de la bonne classe sociale, du bon sexe et du bon groupe ethnique étaient rigoureusement empêchés de répondre à l’appel de leur vocation. Même ceux qui voulaient, conformément à leur inclination, acquérir les informations et connaissances relatives à un domaine donné, étaient à la merci des élites. C’est pourquoi il y avait si peu de grands maîtres dans le passé et qu’ils se distinguaient de façon si éclatante.

Voilà. C’est tout pour le moment. La suite au prochain numéro. Amitiés à tous.

mercredi 16 novembre 2016

Compte rendu des Mardis de la magie du 15 novembre 2016




Une photographie qui présente une partie des artistes habitués des Mardis de la magie


Les mardis de la magie ont lieu depuis des années tous les quinze jours le mardi à 20 heures au Théâtre du Gymnase Marie Bell dans le dixième arrondissement de Paris. A chaque fois, des magiciens de renom ou des pratiquants chevronnés d’arts annexes (mentalisme, ventriloquie, duos de télépathes, etc.) présentés par Stéphane Lydo vous proposent soit une partie de leur spectacle, soit un nouveau numéro.  Le paiement se fait au chapeau (vous donnez ce que vous désirez).

Aujourd’hui mardi 15 novembre, la soirée a commencé avec du close-up (magie rapprochée) effectué par Didier Poupry.

Nicolas (alias Nicodroub)  nous a ensuite montré un remarquable numéro de téléportation de pièces dans les mains d’une spectatrice suivi d’un bel effet de cartomagie.

Jean-Michel Lupin a présenté après lui un des tours de son passionnant spectacle de mentalisme où il devine de manière mystérieuse qui a choisi le jeton rouge mélangé avec quatre jetons bleus.

Arni Ka, le magicien-clown du jardin d’acclimatation, a affolé le public avec deux tours, l’un avec une guillotine, l’autre avec une tronçonneuse.

Patia magicieuse  a ému la salle dans son numéro de magicienne déjantée et quelque peu alcoolique. Attention, c’est très fort, elle retrouve la carte choisie par un spectateur dans un citron qui a été coupé en petits morceaux !

Pour finir, Grégory Korchia a tenu le pari fou de pratiquer trois disciplines à la fois : jonglerie, mentalisme et prestidigitation.

Si vous aimez la magie, la dérision, le talent poussé à l’extrême, venez  tous pour le prochain spectacle le mardi 29 novembre ! (et si vous voulez découvrir une des précédentes programmations pour avoir plus envie encore, allez sur cet article de mon blog).
 
Voilà. C’est tout pour le moment. J’aborderai un tout autre sujet dans un prochain article. Amitiés à tous.


mardi 15 novembre 2016

Présentation de l’étude « Atteindre l’excellence » de Robert Greene, Introduction (sixième partie).



Charles Darwin


J’ai extrait ma biographie de Marcel Proust d’un livre de l’écrivain américain Robert Greene Atteindre l’excellence que je trouve très bien pensé (et réaliste). Je vais vous détailler certains passages de cet ouvrage. « Atteindre l’excellence » ne signifie pas, de manière compulsive, être premier de la classe ou être le plus remarqué à son boulot mais seulement développer le meilleur de ce qu’il y a en vous.

Robert Greene nous parle d’un processus très important, la maîtrise, et de ses secrets. 
Il cite Ralph Waldo Emerson :
« Un homme devrait apprendre à repérer et à surveiller en lui-même ce rayon de lumière qui, venu de l’intérieur, illumine par éclairs son esprit, plutôt que l’éclat du firmament des bardes et des sages. Pourtant, sans y prendre garde, il rejette sa pensée parce que c’est la sienne. Dans chaque œuvre de génie, nous reconnaissons nos propres pensées, que nous avons rejetées : elles nous reviennent avec une certaine majesté née de l’aliénation. »

 Si nous avons tous à peu près le même cerveau, avec une configuration pratiquement identique et le même potentiel de maîtrise, comment se fait-il que l’on ne trouve dans l’histoire qu’un nombre limité de personnes ayant véritablement atteint l’excellence et réalisé leur potentiel ? De façon tout à fait terre à terre, cette question est certainement la plus importante à laquelle il nous faille répondre.

Les explications les plus courantes concernant un Mozart ou un Léonard de Vinci tournent autour de leur talent naturel. Comment expliquer leurs travaux prodigieux autrement que par quelque chose d’inné chez eux ? Des milliers et des milliers d’enfants font preuve de compétences et de talents exceptionnels dans tel ou tel domaine, mais rares sont ceux qui parviennent à quelque chose, alors que des gens moins brillants dans leur jeunesse réussissent bien davantage. Le talent naturel ou le coefficient intellectuel n’expliquent pas les réalisations ultérieures.

Pour reprendre un exemple classique, comparons la vie de sir Francis Galton et celle de son cousin Charles Darwin. Galton était à tous égards un immense génie au QI prodigieux, bien supérieur à celui de Darwin (on connaît ces chiffres grâce à des travaux d’experts réalisés après l’invention de cet instrument de mesure). Galton était un enfant prodige qui eut une carrière scientifique illustre, mais qui n’atteignit jamais la maîtrise dans les domaines auxquels il s’est attaqué. Il était d’une instabilité notoire, comme beaucoup d’enfants prodiges.

Darwin, en revanche, est à juste titre respecté comme un grand scientifique, un des rares qui a changé pour toujours notre vision de la vie. Comme Darwin le reconnaissait lui-même, il était « un garçon très ordinaire, plutôt en dessous de la moyenne sur le plan intellectuel… Je n’étais pas très rapide à comprendre… Ma capacité à suivre un long raisonnement purement abstrait était limitée. »  Darwin néanmoins possédait quelque chose qui faisait défaut à Galton.

 A bien des égards, l’étude de la jeunesse de Darwin offre la solution de cette énigme. Quand il était enfant, Darwin était avant tout un collectionneur passionné de spécimens biologiques. Son médecin de père voulait qu’il embrasse la carrière médicale et l’inscrivit à l’université d’Edimbourg. Darwin ne s’intéressa guère à ses études et fut un étudiant médiocre. Son père, désespérant de le voir arriver un jour à quelque chose, l’orienta en désespoir de cause vers une entrée dans les ordres. Pendant que Darwin se préparait à cela, un de ses anciens professeurs l’avertit que le HMS Beagle allait partir faire le tour du monde et avait besoin d’un biologiste pour ramasser des spécimens à renvoyer en Angleterre. Malgré l’opposition de son père, Darwin obtint ce poste. Quelque chose dans ce voyage l’attirait.

Du jour au lendemain, sa passion de collectionneur trouva à s’exprimer de façon parfaite. En Amérique du Sud, il ramassa une collection ahurissante de spécimens, de fossiles et d’os. En constatant l’immense variété de la vie sur la planète, il en vint à se poser la question fondamentale de l’origine des espèces. Il consacra toute son énergie à cette entreprise et accumula tant de spécimens qu’une théorie commença à se dessiner dans son esprit. Après cinq ans de mer, il rentra en Angleterre et consacra le reste de sa vie à élaborer sa propre théorie de l’évolution. Pour ce faire, il dut fournir un énorme travail : par exemple, huit ans d’étude exclusive des bernaches pour devenir un biologiste crédible. Il lui fallut acquérir un sens politique et des capacités de relations très évoluées pour lutter contre les préjugés suscités par sa théorie dans l’Angleterre victorienne. Il persévéra grâce à sa passion pour le sujet.

Les principaux éléments de cette histoire se retrouvent dans la vie de tous les grands maîtres de l’histoire : une passion de jeunesse, une rencontre fortuite qui leur permet de découvrir la façon de l’exploiter, un apprentissage pour appliquer toute leur énergie en se concentrant sur leur raison de vivre. Grâce à un travail acharné, ils suivent ce processus avec rapidité, grâce à leur intense désir d’apprendre et à leur attachement à ce domaine. Au cœur de cette capacité de travail se cache une qualité génétiquement innée : non pas un talent ou un QI exceptionnels, qu’il faut développer, mais plutôt une profonde et puissante inclination vers un sujet donné.

Voilà. C’est tout pour le moment. La suite au prochain numéro. Amitiés à tous.