mercredi 24 mai 2017

Hypnosis (part 1), Hypnose (première partie).






Mental Sweets de Fabien Arcole et Eric Bertrand.


Since I have noticed that my blog has english-speaking followers, I’m going to publish a short series of articles in that language. It will be the translation of an extensive article that I wrote in January 2016 for “La Revue de la prestidigitation” (“The Conjuring Review”). The translation has been done by the mentalist Eric Bertrand, co-author of “Douceurs mentales” (“Mental Sweets”). (Comme j'ai constaté que mon blog était consulté par des lecteurs de langue anglaise, je leur propose une petite série d'articles sur l'hypnose !).

Hypnosis: History and Techniques

It is believed that Egyptian priests already used hypnosis in order to create hallucinations among their flock. But the first major hypnotist happened to be Father Faria (1756-1819), whose name is mentioned by Alexandre Dumas (himself a major supporter of magic and the occult) in Le Comte de Monte-Cristo. Father Faria could cause a profound trance by simply ordering “Sleep” to his subjects.
His followers were the British doctor James Braid (1795-1860), who hypnotised his subjects by having them focus on a bright object and the French psychiatrist Jean-Martin Charcot (1825-1893) who specialised in hypnotising hysterical subjects.

One of the first practitioners of hypnosis on a theater stage was the Belgian Donato (Afred-Edouard d’Hont: 1845-1900). After him, hypnosis evolved under the influence of an American psychiatrist, Milton H. Erikson (1901-1980), who came up with new concepts and definitive improvements. Stage hypnosis moved on in France and in the world with performers such as Dominique Webb or more recently the Canadian hypnotist Messmer.

Nowadays, attention has focused on street hypnosis, a specialised branch of hypnosis that developed in France with Jean-Emmanuel Combe, after the latter witnessed a stage show by British mentalist Derren Brown. In 2013, he wrote La Voix de l’Inconscient, in which he details the various aspects of this art. Street hypnosis is immensely challenging: unlike the stage hypnotist, who will deal only with the most responsive subjects, or the hypnotherapist who treats patients that expect solutions from hypnosis, the street hypnotist must deal with people that feel neutral or even worse reluctant towards hypnosis.

The hypnosis process, be it in the street or during a private party, comprises four crucial steps, known as the “Four As”:  Agreement, Announcement, Accomplishment and Awakening.
 
That's  all. I hope you  enjoy it.

lundi 22 mai 2017

Compte rendu de "L'art et la science de se souvenir de tout" de Joshua Foer (seizième partie).



 

 Le livre en anglais.

Récemment est paru en livre de poche L’art et la science de se souvenir de tout qui est en fait le même livre que l’ouvrage en grand format Aventures au cœur de la mémoire (tous les deux la traduction de Moonwalking with Einstein). 

Aventures au cœur de la mémoire est un livre référence dans le monde de la mémoire. Il y est question de l’histoire de la mémoire et de la mnémotechnie, de la naissance des Mémoriades, les Championnats du monde de mémoire, en 1991, mais surtout de la manière dont un journaliste indépendant, Joshua Foer, est devenu champion de mémoire des États-Unis en 2006 alors qu’il ne savait même pas ce qu’était une technique de mémorisation un an auparavant ! Cet article est la suite de celui-ci.

Joshua Foer décrit cette scène dans le chapitre 11 « Le championnat de mémorisation des Etats-Unis »: «  L'intitulé de l'épreuve, « Trois fautes et adieu la fête », était clair : les deux premiers concurrents qui auraient oublié trois informations seraient éliminés. Après nous avoir laissés tranquilles quelques minutes — pour que la courbe de l'oubli opère sa magie —, les cinq invités revinrent sur scène et se mirent à nous interroger. D'abord, nous dûmes citer le nom de la quatrième invitée, une jeune femme blonde qui portait une casquette de base-ball. Chester, premier de la rangée et premier à devoir répondre, le connaissait : Susan Lana Jones. Mais juste après, Maurice fut incapable de livrer sa date de naissance — et je me demandai s'il n'avait pas bluffé quand il avait affirmé avoir eu une bonne nuit de sommeil. Une faute pour Maurice. 

Moi, heureusement, je connaissais cette date de naissance que je récupérai dans le lavabo en marbre de mon palais moderniste : 10 décembre 1975. Ram connaissait son lieu de résidence : North Miami Beach, en Floride, code postal 33180. Mais Chester ne se souvenait pas de son numéro de téléphone. Une faute pour Chester. Et Maurice non plus. Deux fautes pour Maurice. Une caméra zooma sur mon visage. À mon tour d'énumérer les dix chiffres de ce numéro, plus le poste. Je regardai droit dans l'objectif pour dire : « Je n'ai même pas essayé de mémoriser son téléphone. » Ma stratégie avait consisté à me concentrer sur toutes les autres informations... en espérant que quelqu'un d'autre écoperait de ces chiffres. Josh : une faute.

Le jeu continua ainsi, jusqu'à ce que Maurice soit incapable d'évoquer un seul des trois passe-temps de la femme. À croire qu'il avait fait la sieste pendant que les invités nous lisaient leurs petits topos. Trois fautes pour Maurice. Il était éliminé.

Chester, Ram et moi restâmes à nos places et continuâmes de débiter pendant un moment les détails des biographies que nous avions mémorisées. Enfin, Chester dut réciter le téléphone professionnel de l'un des invités, avec le code régional et les trois chiffres de son poste. À ce moment-là, il avait déjà deux fautes à son ardoise.

Il grimaça et baissa les yeux. « Pourquoi c'est toujours moi qui tombe sur les numéros de téléphone ? marmonna-t-il. C'est dingue. »

Voilà. C’est tout pour aujourd’hui. Amitiés  à tous.

dimanche 21 mai 2017

Compte rendu de "L'art et la science de se souvenir de tout" de Joshua Foer (quinzième partie).




Mnémosyne, la déesse de la mémoire et ses neufs filles, les Muses.



Récemment est paru en livre de poche L’art et la science de se souvenir de tout qui est en fait le même livre que l’ouvrage en grand format Aventures au cœur de la mémoire (tous les deux la traduction de Moonwalking with Einstein). 

Aventures au cœur de la mémoire est un livre référence dans le monde de la mémoire. Il y est question de l’histoire de la mémoire et de la mnémotechnie, de la naissance des Mémoriades, les Championnats du monde de mémoire, en 1991, mais surtout de la manière dont un journaliste indépendant, Joshua Foer, est devenu champion de mémoire des États-Unis en 2006 alors qu’il ne savait même pas ce qu’était une technique de mémorisation un an auparavant ! Cet article est la suite de celui-ci.

Joshua Foer décrit cette scène dans le chapitre 11 « Le championnat de mémorisation des Etats-Unis »: « Après nos quinze minutes de mémorisation, donc, nous nous avançâmes tour à tour au centre de l’estrade pour clamer les mots de la liste dans leur ordre d’apparition : « sarcasme », « icône », « lasso » et ainsi de suite. Erin Luley, après avoir mémorisé le matin même davantage de vers de poésie qu’aucun athlète mental américain ne l’avait jamais fait, craqua au vingt-septième mot.

Je savais très bien, comme les quatre autres sans doute, que ce mot était « engourdi », mais elle ne le voyait pas. Elle se laissa retomber dans son fauteuil, secouant la tête. Neuf mots plus loin, Paul Mellor confondit « opération » et « opérateur » — une erreur classique. La plupart des participants à cette brillante performance, en particulier les producteurs d'HDNet qui en assuraient la retransmission télévisée, s'étaient préparés à une guerre d'usure dévastatrice — mais pas avant le centième mot au minimum ! 

Nous avions du mal à comprendre comment l'épreuve pouvait s'être conclue si vite. Même les mnémonistes débutants qui viennent tout juste de découvrir les principes du palais de mémoire sont en général capables de mémoriser au moins trente ou quarante mots dès la première tentative. Je songeai qu'Erin et Paul avaient mal jugé leurs adversaires et tenté d'en faire trop. Grâce à cette faute directe, en tout cas, Ram, Chester, Maurice et moi restions dans la course. Ce qui signifiait que je n'étais plus qu'à une « fête » de la finale du Championnat des États-Unis de mémorisation.

Une grande brune en robe d'été monta sur l'estrade et se présenta : « Salut, je m'appelle Diana Marie Anderson. Je suis née le 22 décembre 1967 à Ithaca, ville de l'État de New York dont le code postal est 14850. Mon téléphone professionnel — mais s'il vous plaît, ne m'appelez pas, hi-hi-hi —, c'est le 929-244-6735, poste 14. J'ai un animal domestique, une chienne labrador sable qui s'appelle Karma. J'ai aussi quelques passe-temps préférés : aller au cinéma, faire du vélo et tricoter. J'aimerais avoir une voiture de collection, la Ford T de 1927. Un repas idéal, pour moi, c'est une pizza, des Dragibus et de la glace à la menthe. »

Ram, Chester, Maurice et moi l'écoutâmes les yeux fermés, peignant à toute vitesse des images dans nos palais de mémoire. Pour la date de naissance de Diana, le 22/12/67, je vis une nonne (22) qui pêchait le thon (12) tout en buvant un milk-shake (67) et plaçai cette image dans une baignoire à pieds de lion de la salle de bains de mon palais victorien. Pour son lieu de naissance et son code postal, je me dirigeai vers la penderie et imaginai un stand de tir (14) quelque part dans les célèbres gorges d'Ithaca, tenu par deux très jolies filles (850). Et la scène continua sur cette lancée, quatre autres invités se succédant sur l’estrade pour nous lire leurs biographies.»

Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous !