vendredi 1 décembre 2017

Origine de la Kabbale.



Abraham Abulafia.


Cet article est la suite de celui-ci : http://jeanfrancoisgerault.blogspot.fr/2017/11/synthese-sur-la-kabbale.html

C'est un initié du 18 ème siècle, Fabre d'Olivet, auteur de La langue hébraïque restituée , qui nous donne la meilleure définition de la Kabbale. Cette définition est, aujourd'hui, admise par tous les ésotéristes.

« Il paraît, au dire des plus fameux rabbins, écrivit Fabre d'Olivet, que Moïse lui-même, prévoyant le sort que son livre devait subir et les fausses interprétations qu'on devait lui donner par la suite des temps, eut recours à une loi orale, qu'il donna de vive voix à des hommes sûrs dont il avait éprouvé la fidélité, et qu'il chargea de transmettre dans le secret du sanctuaire à d'autres hommes qui, la transmettant à leur tour, d'âge en âge, la firent ainsi parvenir à la postérité la plus reculée. Cette loi orale que les Juifs modernes se flattent encore de posséder se nomme Kabbale, d'un mot hébreu qui signifie ce qui est reçu, ce qui vient d'ailleurs, ce qui se passe de main en main. » Kabbale = ce qui est reçu, cela identifie la Kabbale, la tradition, au Graal celtique. Le Graal est, lui aussi, la coupe qui reçoit. Mais qu'est-ce qui est reçu? La rosée céleste, disent les alchimistes dans leur langage très imagé. La rosée céleste, ou le Verbe de Dieu, ou encore le secret de l'Univers. »

L'homme qui se prit pour le Messie

Abraham Abulafia, l'un des plus célèbres kabbalistes connus, qui vivait en Espagne du temps où l'Ordre cathare prospérait dans le Midi de la France, donna à ce propos des explications très intéressantes. Dieu, disait-il, a créé le monde avec les lettres de l'alphabet hébraïque. Cet alphabet, comme l'alphabet sanskrit, est sacré, chacune de ses lettres recèle un mystère. Ce n'est pas un son vide ! Et plus précisément, Dieu a créé le monde en l'écrivant. L'Architecte est un artiste, un sage et un poète. Abulafia disait que la matérialité des lettres, leur inscription physique, constitue la substance de l'univers tandis que l'inspiration qui habite les mots divins traverse les hommes pendant qu'ils font des rêves. Savoir déchiffrer ses songes, c'est donc se rendre maître d'une puissance extraordinaire. Le messie est le maître de la puissance des rêves de l'humanité. Il viendra à la fin des temps, mais les hommes doivent lui préparer le chemin en répandant les lumières qu'ils ont reçues en étudiant la Kabbale.

Abraham Abulafia qui donna à la Kabbale son visage prophétique, pensait — et il prouva — que chaque lettre de l'alphabet hébraïque, langue sacrée par excellence, constituait une puissance, était la demeure d'un ange particulier (nous dirions aujourd'hui d'une force, ou d'une énergie). Mais attention, précisa-t-il, l'inspiration divine traverse toute chose y imprimant sa marque.

Cela veut dire deux choses.

1) L'individu qui déchiffre ses rêves, celui qui sait lire les textes sacrés, celui qui comprend les messages divins, celui-là est doué du don de prophétie. Il devient son propre messie, ou plutôt un adepte du Messie qui, à la fin des temps, doit venir réconcilier tous les hommes, établir la paix sur la terre et révéler les secrets les plus cachés. Bref, celui qui apparaîtra quand l'humanité atteindra son âge adulte. Pour la tradition, en effet, les hommes et les femmes n'ont pas encore accédé à la maturité. Et il suffit d'ouvrir les yeux, de constater les guerres et la misère qui nous assaillent pour lui donner raison.

2) Lorsque l'inspiration traverse les choses et les êtres pour les amener à la vie et qu'elle les déserte dans un deuxième temps pour remonter auprès du Père, elle laisse malgré tout une trace, ou plutôt des traces. Ces traces sont véritablement des « signatures » permettant de connaître l'intimité de l'être ou de la chose. Et la connaissance de ces signatures se trouve à l'origine de sciences très intéressantes comme la physiognomonie (l'art de lire le caractère sur les traits du visage), ou la chiromancie (l'art de lire la destinée d'une personne dans ses lignes de la main) et bien d'autres disciplines ésotériques.

Abraham Abulafia fut donc un kabbaliste très important. Il fut très doué ; malheureusement il n'échappa pas au défaut qui fit chuter l'ange de lumière (Lucifer) : la présomption. Il était convaincu — ce qui était tout à son honneur —de l'unité occulte de toutes les religions et de la vanité des rivalités : il pensa qu'il était missionné pour dévoiler cette vérité au monde. Il fit donc le voyage à Rome dans l'intention d'y rencontrer le pape et de l'inciter à répandre cette bonne nouvelle. Que se passa-t-il alors? Le pape était-il lui-même ignorant de ces vérités ésotériques dont le christianisme, comme toute autre religion, est secrètement imprégné ? Fut-il simplement antisémite? Ou bien pensait-il que le moment n'était pas encore venu de dire de telles choses? Quoi qu'il en soit, il jeta Abulafia en prison et celui-ci, qui devait être condamné à mort, n'eut la vie sauve qu'à la mort du pape.

A noter que l'auteur de science-fiction mystique, Philip K. Dick a prétendu que pour écrire son roman visionnaire Siva,il avait été possédé par moment par l'esprit d'Abraham Abulafia. (voir le site Philip K. Dick and Religion).

Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.


"Le mentalisme et la magie mentale", un article de Cyrille Arnaud, un des hypnotiseurs les plus brillants de sa génération.



Une des affiches du spectacle.


L’hypnotiseur Cyrille Arnaud a bien voulu me permettre de publier dans ce blog un article qu’il avait rédigé en 2012 pour Facebook. Je trouve cet article à la fois très parlant, hyper-précis et essentiel à lire, car il met au clair une différence qui n’est pas nette dans l’esprit de la plupart des gens, voire des magiciens, celle entre le mentalisme et la magie mentale.

Avant la publication de l’article lui-même, je vous remémore un passage de ce que j’avais écrit dans ce blog sur la formidable performance d’hypnose de Cyrille Arnaud.

« J’ai vu hier soir le spectacle d’hypnose « Hypnofolies » de Cyrille Arnaud. Cyrille Arnaud est parfait quant à sa maîtrise des techniques de l’hypnose et aussi par rapport à sa gestion des hypnotisés sur la scène. Même, à certains moments, le spectacle devient tellement fort que le public a peine à y croire et se demande si l’hypnotiseur n’est pas de mèche avec les spectateurs hypnotisés. Donnons des exemples : une dame sur scène, pendant toute une partie de la soirée, téléphone… avec sa chaussure… à Céline Dion ; un monsieur se prend pour un homme invisible et vole des chaussures dans la salle ; un autre oublie son prénom et est persuadé qu’il s’appelle Maxime, etc. (je ne vous dévoilerai pas tout ; il faut absolument que vous veniez voir ce spectacle et votre vision sur l’hypnose, même si vous êtes très sceptique, si vous ne croyez pas à la réalité de l’hypnose, votre opinion pourrait totalement changer).»

Voici l’article de Cyrille Arnaud :

Le Mentalisme et la Magie Mentale

29 Janvier 2012, 16:20

« On entend de plus en plus les termes « mentaliste » ou « magicien mentaliste », et bien souvent le public créé un amalgame entre ces deux personnes alors que les connaissances et méthodes employées sont totalement différentes.

Le Mentalisme est une discipline, visant comme son nom l'indique, à optimiser l'intérêt du mental.
Par des aptitudes sensorielles et extra-sensorielles, la maîtrise de la PNL, de l'Hypnose, du Cumberlandisme et d'une parfaite connaissance de la psychologie cognitive, le mentalisme permet de favoriser le développement personnel, le coaching, optimiser la communication, etc.

Et grâce à ces connaissances et aptitudes, il est également possible d'effectuer des démonstrations spectaculaires visant à reproduire des faits paranormaux tels que la divination, la prédiction ou la télépathie.

Par des intonations, des mots, des gestes, le mentaliste orientera la personne vers une pensée, un choix ou un acte.

Il y a une dizaine de mentalistes en France, donc prenez garde lorsqu’une personne se prétend mentaliste elle est bien souvent magicien mentaliste (le véritable terme étant magicien mental).

La Magie Mentale reproduit ces mêmes effets spectaculaires en employant des astuces et des techniques liées à la magie et à la présentation.

Cela n'enlève rien à la qualité du spectacle, simplement les connaissances et moyens utilisés sont liés à des accessoires, mêmes simples, permettant de créer l'illusion. »


Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.

jeudi 30 novembre 2017

Synthèse sur la Kabbale.


Un livre sur la kabbale par un de ses plus grands spécialistes.



Cet article est inspiré par le livre de Mircea Eliade et Ioan Peter Couliano, Dictionnaire des religions.


J’ai conscience que certains lecteurs, après plusieurs articles très détaillés sur la kabbale peuvent avoir besoin d’une synthèse, d’une vue d’ensemble sur ce phénomène mystique. La voici.

La kabbale est une forme du mysticisme juif dont les racines plongent, d'une part, dans ces anciennes spéculations grammatologiques et numérologiques dont le produit fut le Sefer Yetsirah ou Livre de la Création (4 ème siècle), et de l'autre dans la littérature des hekhalot (mystiques juifs). Moshe Idel distingue dans la kabbale une formule « théosophico-théurgique » d'une formule « extatique ».

Le Sefer Yetsirah élabore déjà ce schéma cosmologique qui sera caractéristique de la kabbale : les 10 sephirot, correspondant probablement aux dix commandements, et les 22 voies qui les réunissent, correspondant aux 22 lettres de l'alphabet hébreu. C'est ainsi que la création a lieu à partir de ces 32 éléments primordiaux. Le Sefer Yetsirah et la littérature hekhalotique (mystique juive) sont au centre de la pensée du « piétisme des Juifs allemands » (Hasidei Ashkenaz).

Toutefois, la kabbale ne surgit pas parmi les ashkénazes, mais parmi les séfarades de Provence, auteurs du Sefer ha-Bahir (Livre de la Clarté, 12 ème siècle), dans lequel les sefirot assument pour la première fois l'aspect d'attributs divins. Le premier mystique juif provençal à avoir développé la notion de Bahir fût Isaac l'Aveugle (1160-1235), fils du rabbin Abraham ben David de Posquières (1120-1198). De Provence, la kabbale se propagea en Catalogne, où elle fleurit dans le cercle de Gérone, dont les représentants furent les rabbins Ezra ben Solomon, Azriel et — le plus fameux — Moïse ben Nahman (ou Nahmanides, 1195-1270). En Castille, les précurseurs immédiats de l'auteur du Zohar furent les frères Jacob et Isaac Cohen. Les kabbalistes de cette période mettent au point les techniques de permutation et combinaison des lettres de l'alphabet et de numérologie mystique (temurah, gematria et notarikon), dont les prototypes semblent hellénistiques.

Abraham ben Samuel Abulafia, le grand mystique séfarade du 13 ème siècle, est le représentant le plus marquant de la kabbale extatique, dont le but est le dveqouth, l'union mystique avec Dieu. Sa génération compte deux autres figures majeures de la kabbale classique : Joseph ben Abraham Gikatilla (I 248-1305) et Moïse de Léon (1250-1305), l'auteur du Sefer ha-Zohar (Livre de la Splendeur), attribué au maitre Siméon bar Yochai (II siècle).

La kabbale classique intègre la cosmologie mystique dans l'un des quatre univers spirituels qui se prolongent l'un l'autre du haut en bas : atsilut, beriyah, yetzirah et asiyah. L'univers atsilut (émanation) comprend les dix sefirot (Keter, Hokhmah, Binah, Gedullah, Hesed, Geburah, Tiferet, Netsah, Hod, Yesod, Malkhut) qui forment Adam Kadmon, l'homme primordial. L'univers beriyah (création) comprend les sept hekhalot (palais célestes) et la merkabah (char céleste). L'univers yetzirah (formation) comprend les armées angéliques. L'univers asiyah (fabrication) est l'archétype du monde visible. Dans celui-ci, la présence des dix sefirot se manifeste dans l'arc-en-ciel, les vagues de la mer, l'aurore, l'herbe et les arbres. Mais le kabbaliste développe de nombreux autres procédés mystiques (par exemple, la visualisation de couleurs, etc.) pour parvenir au monde atsilut. 

L'accès est difficile à cause de la présence du mal — dit « sitra ahara », « l'autre côté » — dans asiyah. Il est cependant très important de comprendre que la kabbale ne partage pas systématiquement le dualisme platonicien âme/corps et le mépris du monde physique. Toutes les actions du kabbaliste relèvent d'un de ces trois buts : tiqoun ou restauration d'une harmonie et d’une unité primordiales dans la personne du pratiquant et dans le monde ; kavanah ou méditation contemplative ; enfin, dveqouth ou union mystique avec Dieu.

Des savants comme Moshe Idel croient au caractère constant, inamovible, des doctrines centrales de la kabbale. Cependant, la synthèse d'Isaac Luria, Ari ha-Kadosh, le Saint Lion de Safed (Ari, Lion, est l'acronyme de « Ashkenazi Rabbi Ishaq ») et de ses disciples, parmi lesquels le plus important fut Hayyim Vital (1543-1620), est révolutionnaire en ce qu'elle envisage la création par un processus de contraction (tsimtsum) de Dieu en lui-même et le mal comme une présence active de résidus (« coquilles » ou qelippot) spirituels déchus à cause de la « rupture des vases » (ckhevirat hakelim) censés les contenir. Ce drame cosmique ressemble à l'événement connu comme la « chute de Sophia » dans le gnosticisme des premiers siècles chrétiens, preuve que Luria avait parcouru le même itinéraire intellectuel que les gnostiques. Comme certains groupes gnostiques, il donna une valorisation positive de la métensomatose (réincarnation de l'âme).

Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.





Spectacle "Hypnofolies", Cyrille Arnaud, un des hypnotiseurs les plus brillants de sa génération.






L'affiche du spectacle.


J’ai vu hier soir le spectacle d’hypnose « Hypnofolies » de Cyrille Arnaud. Cyrille Arnaud est parfait quant à sa maîtrise des techniques de l’hypnose et aussi par rapport à sa gestion des hypnotisés sur la scène. Même, à certains moments, le spectacle devient tellement fort que le public a peine à y croire et se demande si l’hypnotiseur n’est pas de mèche avec les spectateurs hypnotisés. Donnons des exemples : une dame sur scène, pendant toute une partie de la soirée, téléphone… avec sa chaussure… à Céline Dion ; un monsieur se prend pour un homme invisible et vole des chaussures dans la salle ; un autre oublie son prénom et est persuadé qu’il s’appelle Maxime, etc. (je ne vous dévoilerai pas tout ; il faut absolument que vous veniez voir ce spectacle et votre vision sur l’hypnose, même si vous êtes très sceptique, si vous ne croyez pas à la réalité de l’hypnose, votre opinion pourrait totalement changer).

Cyrille Arnaud n’a pas seulement une grande maîtrise de son art mais il a aussi beaucoup d’humour et de sens de la répartie. C’est, à mon avis, indispensable pour un spectacle d’hypnose car, s’il n’est pas pimenté par des pointes de petit délire amusant, des blagues légères, il peut devenir ennuyeux, même s’il est très bon techniquement.

Il faut absolument le mentionner aussi : contrairement à certains hypnotiseurs, Cyrille Arnaud n’a pas de complice dans la salle. Et sa prestation en est d’autant plus exceptionnelle et bluffante.

L’avis que je vous donne n’est pas celui d'un novice. Je pratique moi-même l’hypnose depuis 1983 et je suis allé voir beaucoup des grands hypnotiseurs de notre temps afin de me perfectionner : Dominique Webb, André Revol, Jean Gontier, Danny Dan, Messmer, Hervé Barbereau, etc. J’ai eu aussi comme professeurs, dans des stages que j’ai effectués, deux hypnotiseurs de renom, Olivier Lockert et Bertrand Millet.

Le seul modèle auquel puisse être comparé Cyrille Arnaud  est celui du plus grand maître de l’hypnose du dix-neuvième siècle, le belge Donato, qui a hypnotisé à l’époque des milliers de personnes sur scène.

Je rappelle pour finir que Cyrille Arnaud est un hypnotiseur de spectacle, un très grand, mais que l’hypnose est un phénomène incroyablement puissant et utile dans la pratique médicale. Des centaines d’hypnothérapeutes en France guérissent des milliers de gens de leurs phobies, de leurs addictions, de leurs douleurs, etc. Elle est employée aussi par des dentistes pour les patients qui ne supportent pas l’anesthésie.

Si vous voulez en savoir voir plus sur le sujet, je vous conseille bien sûr mon livre Initiation au mentalisme, à l’hypnose et à la mnémotechnie mais aussi l’ouvrage d’Anthony Jacquin, L’art de l’hypnose impromptue  qui pour moi est la meilleure synthèse actuelle en français sur le sujet.


Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.

mardi 28 novembre 2017

L’Echelle du Roi dans la qabale.



Les couleurs des sephiroth.



Il est la suite de celui-ci.

L'échelle du Roi représente la racine de la couleur dans le monde d'Atziluth. Cette échelle doit être aussi transparente que possible.

(1) Kether, Couronne    Pour la Torah, Dieu n'est nullement lumière ; celle-ci est au contraire sa première création. Dans le commentaire d'Azriel de Gérone sur les dix sephiroth (Le portique du questionneur13 ème siècle), la première sephirah est désignée comme « la lumière occulte », c'est-à-dire comme une lumière incolore. Moïse Cordovéro (au 16 ème siècle) envisage, dans son ouvrage le Pardes Rimonin, la sephirah suprême sous trois aspects. Par rapport à sa source au sein même de la divinité, on peut la qualifier de noire ; par rapport à elle-même, c'est-à-dire en soi, elle est incolore (échelle du roi) ; mais du point de vue de sa manifestation dans les sephiroth inférieures, elle représente le plus haut degré de la blancheur que l'on puisse imaginer (échelles de la reine et de l'empereur). Un peintre comme W. Kandinsky s'est exprimé sur la valeur du blanc, comme antériorité à toute manifestation :

« Le blanc, que l'on considère souvent comme une non-couleur... est comme le symbole d'un monde où toutes les couleurs, en tant que propriétés de substances matérielles, se sont évanouies... Le blanc, sur notre âme, agit comme le silence absolu... Ce silence n'est pas mort, Il regorge de possibilités vivantes... C'est un rien plein de joie juvénile ou, pour mieux dire, un rien avant toute naissance, avant tout commencements. Ainsi peut-être a résonné la terre, blanche et froide, aux jours de l'époque glaciaire.»

(2) Chokmah, Sagesse  Le bleu clair est celui du ciel brillant. Le bleu est la plus immatérielle des couleurs : la nature ne le présente généralement que fait de transparence, c'est-à-dire de vide accumulé, vide de l'air, vide de l'eau, vide du cristal ou du diamant. Le bleu est la plus froide des couleurs, et dans sa valeur absolue la plus pure, hors le vide total du blanc neutre.

(3) Binah, Intelligence   Pourpre représente le sang.

(4) Chesed, Miséricorde              Le violet est épiscopal et combine l'existence céleste avec le principe du sang ou de la vie animale.

(5) Geburah, Force         La sphère de la rigueur du jugement peut être considérée sous diverses variantes de la couleur rouge. Le rouge foncé qui vire presque au bleuâtre et au noirâtre (échelle de l'impératrice) fait allusion à l'intensité de la puissance du jugement, voire de la vengeance ; toutefois, lorsque ses conséquences sont atténuées, elle est représentée par un rouge jaune (échelle du roi) ou un rouge clair.

(6) Tiphereth, Beauté   Le rose est celui de l'aube, du Soleil levant.

(7) Netzach, Victoire      Ambre suggère la volupté électrique d'Aphrodite, et la peau des femmes dédiées à Vénus.

(8) Hod, Gloire                 Violet-pourpre. Aleister Crowley suggère que « lavande » serait plus précis.

(9) Yesod, Fondation     L'indigo est celui de l'Éther (quintessence), le bleu du ciel nocturne.

(10) Malkuth, Royaume                               Le jaune indique comment, de Malkuth, nous percevons la couleur du rayonnement solaire.

Dans cette échelle, les Éléments ont pour couleur :

- orange flamboyant pour l'activité du Feu (31)

- bleu foncé pour la passivité de l'Eau (23)

- jaune pâle brillant est l'équilibre entre eux (11) pour l'Air.

Notons que la combinaison deux à deux des couleurs complémentaires de chaque Élément actif génère celle du troisième Élément. Ainsi, rouge et bleu forment le violet. La couleur complémentaire du violet est le jaune. Vert est au milieu du spectre des couleurs et symbolise le réceptacle équilibré de toutes les vibrations.

Les attributions des planètes suivent les couleurs du spectre :

- le jaune de Mercure (12) suggère le mouvement équilibré du mental.

- le bleu de la Lune (13) représente la pureté, l'aspiration et l'amour platonique.

-le vert-émeraude de Vénus (14) illustre la vibration de la croissance végétale, intermédiaire entre les types de vibrations spirituel, émotif et intellectuel. Le vert est la couleur centrale absorbant tout et combinant toutes les sephiroth en un symbole, l'Ether.

- le violet de Jupiter (21) est religieux et créatif.

- le rouge (27) écarlate de Mars est physique, violent et grossier.

- l'orange du Soleil (30) est la vibration physique grossière mais intense de la vie animale.

- l'indigo de Saturne (32), l'aîné des dieux, représente la sobriété, le calme océanique de la méditation.

Les couleurs du zodiaque forment un spectre détaillé allant du rouge écarlate (Bélier, domicile de Mars, planète de Feu) pour s'achever sur le violet du Verseau (domicile diurne de Saturne) et le roux des Poissons (domicile nocturne de Jupiter).

Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.


dimanche 26 novembre 2017

Les échelles de couleurs dans la qabale.





Sans commentaire.



« La condition de toute couleur est la lumière ; la négation de cette dernière, c'est-à-dire l'obscurité, est aussi la négation et la mort de toute couleur ; celle-ci est, par essence, la lumière qui apparaît et se manifeste... Les différentes couleurs ne sont par conséquent que des modifications diverses de la lumière, et sont à cette dernière ce que les bruits sont au son pur. A l'origine de toute symbolique des couleurs se trouve le concept de la lumière. Vu que... toutes les religions s'accordent pour transférer le concept de la lumière à l'essence divine, la couleur, considérée à l'origine comme la manifestation de la lumière, ne peut dès lors avoir d'autre but que celui de désigner la divinité lors de sa manifestation ou de son apparition. Les différentes couleurs symbolisent donc nécessairement les divers modes de manifestation de l'être divin et le représentent sous différents aspects ainsi que dans ses rapports avec ce qui lui est extérieur. La symbolique des couleurs varie donc en fonction du concept de l'essence divine et de son rapport au monde».

Karl Christian Bähr, Symbolic des Mosaïschen Cultus, Heidelberg, 1837.

Précisons de suite qu'aucun accord n'existe entre les textes anciens de Qabale juive sur les attributions des couleurs aux sephiroth. En outre, ces textes présentent de fréquentes difficultés de traduction, les interprétations possibles étant multiples. Là encore, nous nous référerons  aux enseignements de la Golden Dawn.

De même qu'Il existe quatre Mondes ou émanations successives, il existe quatre échelles de couleurs attribuées aux sephiroth.

Par exemple, les couleurs du sephiroth Tiphereth (la Beauté) sont les suivantes :

1) Atziluth                                Echelle du Roi   Rose clair
2) Briah     Échelle de la Reine         Jaune d'or
3) Yetzirah               Echelle de l'Empereur   Rose saumon
4) Assiah                   Echelle de l'Impératrice               Ambre jaune

La liste qui va suivre indique les couleurs des sephiroth dans les quatre mondes. Il est ainsi possible de peindre quatre arbres dont les couleurs exprimeront les différents états de la manifestation.

Les commentaires n'ont pas l'ambition de donner la raison de ces attributions. Ce sont des associations d'idées issues des textes de la Golden Dawn, très largement complétés par les méditations d'Aleister Crowley (Liber 777). Quelques commentaires personnels et des extraits de textes juifs anciens sont parfois insérés. Puisqu'ils ont été choisis en raison de leur concordance avec les attributions de la Golden Dawn, ils doivent are considérés comme de simples pistes de recherche et non comme des « preuves » de l'antiquité de ces attributions. En effet, ces emprunts ne signifient pas que d'autres parties de ces textes s'accordent avec les enseignements présents.

Echelles des couleurs des 10 sephiroth

Atziltuth              Briah     Yetzirah               Asslah

(Roi)      (Reine)                 (Empereur)        (Impératrice)

1) Kether  Brillance              Blanc brillant      Blanc brillant      Blanc pailleté d'or

2) Chokmah Bleu clair         Gris        Gris irisé              Blanc pailleté de rouge, bleu et jaune

3) Binah    Pourpre               Noir       Marron foncé Gris pailleté de rose

4) Chesed                                Violet    Bleu       Pourpre               Bleu azur pailleté de jaune

5) Geburah             Orange                 Rouge écarlate Rouge écarlate Rouge pailleté de noir

6) Tiphereth           Rose clair Jaune d'or      Rose saumon Ambre jaune

7) Netzach               Ambre                  Vert émeraude Vert jaune         Olive pailleté d'or

8) Hod       Violet    Orange Rouge brique    Marron jaunâtre pailleté de blanc

9) Yesod   Indigo   Violet    Pourpre foncé Jaune citron pailleté de bleu azur

10) Malkuth              Jaune   Jaune citron.     Jaune citron, olive, brun et noir olive, brun et noir légèrement pailleté d'or                Noir rayé de jaune


Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.

L’exil de l’âme selon la kabbale.





Sans commentaire.


Cet article est la suite de celui-ci

Il n'est pas vain de rappeler que parmi toutes les questions que se pose la pensée humaine, celle de notre propre essence, de l'immortalité et de la spiritualité de notre Moi n'a cessé de préoccuper l'humanité, et parfois jusqu'à l'angoisse. Partout les doctrines se sont succédées à ce sujet ; mais une des plus anciennes est, incontestablement, la Kabbale. Et sur ces questions que tout le monde comprend, bien rares sont ceux qui peuvent les résoudre, il apparaît avec éclat que la Kabbale est l'un des rameaux de cet esprit pénétrant que l'homme possédait dans son état originel. La Kabbale considère l'homme comme un tout complexe différencié en trois parties: le corps, l'âme et l'esprit.

Le corps, siège du principe vital, porte le nom de Nefesh ; l'âme, siège de la volonté, s'appelle Ruah et l'esprit Neshamah. Ces trois parties ne sont pas complètement séparées; il faut se les représenter comme les couleurs du spectre qui, bien que différenciées les unes des autres, se fondent l'une dans l'autre. Le corps est sensible aux influences extérieures, celles du monde, et dans l'âme la passivité et l'activité se trouvent à proportions égales. L'âme est le lien entre le spirituel et le matériel; c'est à la fois le support et le siège de la personnalité humaine. L'âme se trouve en double rapport avec ce qui est au-dessus d'elle (l'esprit) et ce qui est au-dessous d'elle (le corps).

Dans l'esprit, on ne retrouve pas, en revanche, une once de passivité; c'est l'activité qui domine. L'élément le plus élevé dans l'être humain, le Yehidad, l'unité en elle-même, se trouve dans l'esprit en son recoin le plus riche.

C'est l'esprit qui est en relation avec la divinité, et c'est en lui que l'être humain va pouvoir puiser sa puissance spirituelle.

Un individu qui ne ferait que le mal, dit la Kabbale, un individu qui serait capable de refuser les influences spirituelles et qui croirait ainsi vivre par ses propres forces, cet individu serait tout simplement un Démon, celui que les chrétiens nomment l'Antéchrist.

Quoi qu'il en soit et cela concerne la majorité des humains, l'immense majorité, l'homme, dit la Kabbale, au lieu de vivre dans la divinité comme cela se passait au Paradis, s'est enfoncé de plus en plus dans l'amour de lui-même. Il s'est enfoncé dans le péché; il a quitté son centre spirituel pour s'excentrer. L'âme s'est exilée comme le peuple juif était en exil en Egypte et elle attend son Moïse. Cependant, l'étude de la Kabbale peut hâter la venue de ce nouveau Moïse.

La chute et l'éloignement toujours plus grand de la divinité qui en est résulté ont eu pour conséquence immédiate une déchéance des pouvoirs mystiques et magiques de la nature humaine. L'étincelle divine s'est de plus en plus retirée de la créature qui a perdu son union intime avec son créateur.


Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.