mercredi 21 octobre 2020

Aperçus sur l'écrivain de science-fiction américain Roger Zelazny (septième partie).

 



Un roman difficile basé sur l'oeuvre d'Edgar Poe.

 

 

En ces temps troublés, pour échapper à la morosité ambiante, j'ai décidé de publier des textes que j'avais rédigés sur celui qui est pour moi le plus grand des auteurs de science-fiction (à égalité avec Philip K. Dick), Roger Zelazny.

 

 La fin de l’histoire

 

Entre 1983 et 1990 le rythme d'écriture de Roger Zelazny se ralentit tandis qu'il concentre ses énergies sur le programme de lecture qu'il avait quelques années avant. En 1984 il ne publie que trois œuvres courtes tous pour des anthologies. En 1985 il remet en marche la série Ambre, qui avait été dormante depuis la publication des Cours du chaos en 1978, choquant certains des fans de la série en remplaçant le narrateur Corwin par son fils Merlin.

En 1987, il est devenu l'un des auteurs fondateurs de la série des mondes partagés Wild Cards de George R. Martin, apportant sa contribution aux deux premières collections, Wild Cards et Aces High et au « roman mosaïque » Down and Dirty.

Cependant, il ne faut pas écarter les œuvres de Zelazny des années 80 en les considérant comme plus légères que les précédentes ; dans le même temps, il publie aussi 24 Views of Mount Fuji by  Hokusai et Permafrost qui gagnèrent toutes deux un Hugo.

Un autre changement dans les habitudes d’écriture de Zelazny à cette époque fut l'importance croissante donnée à la collaboration avec d'autres auteurs. Il avait précédemment collaboré avec Philip K. Dick pour Deus Irae et avec Fred Saberhagen pour Coils, mais à la fin des années 1980 il s’engagea dans de nombreuses collaborations. Deux de ces collaborations ont été éditées en 1990, Le Trône noir, encore avec Fred Saberhagen, et Le Masque de Loki, avec Thomas T. Thomas. Apportez-moi la tête du prince Charmant avec Robert Sheckley, a été édité en 1991. Une autre collaboration avec Thomas, Flare, a été publiée en 1992. Il y eut d'autres collaborations avec Sheckley A Faust, Faust et demi en 1993 et  Le démon de la farce paru en 1995.

Du côté de la vie privée, vers la fin des années 80, Roger Zelazny commença une relation épistolaire avec une jeune étudiante, Jane Lindskold, à qui il prodigua, par courrier, conseils et encouragements, celle-ci souhaitant devenir écrivain. En 1989, il la rencontra pour la première fois, puis il noua une relation de plus en plus étroite avec elle jusqu’à lui proposer à la fin de 1993 de venir vivre avec lui à Santa Fé.

Mais début 1994, malgré une certaine réticence pour les visites médicales, il se soumit à un check-up qui mit en évidence la présence d’une tumeur maligne au niveau du colon. Par malheur, le développement de la lésion la rendait inopérable et ne laissait comme possibilité que la chimiothérapie. Roger Zelazny s’y engagea donc au moment où Jane le rejoignait. Il travaillèrent côte à côte et publièrent deux livres ensemble.

Jane Lindskold écrivit par la suite qu’en dépit de sa maladie, cette période fut l’une des plus belles de sa vie. Il ne baissa jamais les bras devant l’épreuve, voyageant, découvrant les jeux de rôles, éditant de nombreuses anthologies.

Malgré tous ses efforts, Roger Zelazny dut finalement s’avouer vaincu devant le cancer qui l’emporta, à 58 ans, le 14 juin à l’hôpital St Vincent de Santa Fé en présence de sa famille.

Zelazny avait exprimé le souhait que sa mort soit l’occasion d’une réunion d’amis plutôt que d’un service religieux ; ses cendres furent dispersées dans les montagnes autour de Santa Fé.

 


Voilà. C'est tout pour le moment. Amitiés à tous.

 

lundi 19 octobre 2020

Aperçus sur l'écrivain de science-fiction américain Roger Zelazny (sixième partie).

 



"Aujourd'hui nous changeons de visage", je dois le dire, j'ai été incapable de véritablement
 comprendre ce roman de Zelazny, tellement il est compliqué.


 

 

 

En ces temps troublés, pour échapper à la morosité ambiante, j'ai décidé de publier des textes que j'avais rédigés sur celui qui est pour moi le plus grand des auteurs de science-fiction (à égalité avec Philip K. Dick), Roger Zelazny.

 

2) Un auteur comblé (suite)

Les Neuf princes d’Ambre sont édités en 1970 bien qu’écrits autour de l’année 1967 : sa suite, Les Fusils d’Avalon, qui a été éditée en 1972, avait été abandonnée non finie en 1969. Certains livres sont ensuite écrits sous la pression d’exigences alimentaires et en pâtissent fortement. Il en est ainsi du Sérum de la déesse bleue, édité en 1973, que Zelazny lui-même considérait comme son livre le plus faible :

« Je l'ai écrit le mois après que j'aie stoppé le travail pour le gouvernement pour écrire à plein temps. J'ai senti la pression de produire pendant cette première année et j’ai écrit ce livre extrêmement rapidement, pour l'argent. Cela m'a pris environ une année pour trouver un équilibre dans mes sujets (si tant est que je le possède aujourd’hui). » (Lettre à Jane Lindskold, 17 août 1989) .

En dépit de cette appréhension, Zelazny continue à expérimenter avec la forme, la structure et la langue, appliquant certaines des techniques qu'il avait employées pour des fictions plus courtes à de plus longs travaux. Les deux romans Aujourd'hui nous choisissons de visage et La Pierre des étoiles montrent son désir continu de développer ses capacités en tant qu'auteur. Aujourd'hui nous changeons de visage a été édité sous une forme remaniée qui ne reflète pas sa structure originale beaucoup plus novatrice :

« Ce livre n'a pas été édité de la manière que je l'ai écrite. Ce qui est la deuxième partie dans le livre était vraiment mon introduction. Ce qui est partie I était vraiment la partie II, le retour en arrière qui devient indiqué quand cette goupille particulière est tirée. Mon éditeur m'a dit que je demandais trop au lecteur avec ma structure originale. J'étais plus jeune et j’avais besoin d’argent et je ne pouvais pas se permettre de discuter. Je préfère la manière dont je l’avais écrite. (Lettre à Jane Lindskold, 11 février 1989)

La Pierre des étoiles a également évolué autour d'une expérience sur la structure narrative. Zelazny remarque:

« Une fois que j’eus trouvé mon histoire, je me suis précipité, en utilisant le procédé du suspense — retour en arrière tellement fréquemment et de manière tellement prévisible que la pratique a intentionnellement parodié le dispositif lui-même. »

Une autre manière dont La Pierre des étoiles est expérimentale est que c'était la première tentative de Zelazny d’œuvre humoristique longue. Son sens de l'humour actif s'était toujours rendu évident par les calembours et les jeux de mots même dans ses travaux plus sérieux, mais il n'avait jamais essayé un roman entièrement humoristique. Peut-être le fait qu'il ait atteint ce but est la raison pour laquelle le roman est souvent classifié en tant que fiction  pour adolescents alors que Zelazny l'a écrit pour des adultes.

En 1975, Zelazny s'est senti véritablement la capacité de subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille et a décidé de quitter Baltimore. Après une visite à des amis dans le secteur, Zelazny déménage à Santa Fé, Nouveau-Mexique. Santa Fé disposait du mélange de qualités rurales et urbaines que Zelazny cherchait. Zelazny explique :

« La ville a satisfait presque tous nos besoins. Nous étions fatigués de grands centres urbains, mais nous en voulions les agréments tels que de bons restaurants, librairies, théâtre. Le climat, la qualité pittoresque et la proximité du désert et du ski ont aidé. Le mélange triculturel rendait l'endroit très intéressant. L'absence de l'industrie lourde était agréable. C’était un bon endroit pour écrire et élever des enfants »

Le milieu des années 70 est une période occupée pour Zelazny professionnellement aussi bien que personnellement. Entre 1975 et 1982 rarement une année a passé sans qu’au moins un de ses romans soit édité. Plusieurs œuvres moins importantes ont été aussi éditées. Rien qu’en 1976 il publie cinq romans, y compris Deus Irae, écrit en collaboration avec Philip K. Dick, et L’Homme qui n’existait pas, un recueil de trois histoires comportant le même protagoniste. Le recueil inclut la novella gagnante du Hugo et du Nebula Le retour du bourreau.

 

 Voilà. C'est tout pour le moment. Amitiés à tous.

 

Aperçus sur l'écrivain de science-fiction américain Roger Zelazny (cinquième partie).

 



Le roman de Zelazny que je préfère, "Seigneur de lumière". 

 

  

En ces temps troublés, pour échapper à la morosité ambiante, j'ai décidé de publier des textes que j'avais rédigés sur celui qui est pour moi le plus grand des auteurs de science-fiction (à égalité avec Philip K. Dick), Roger Zelazny.

 

2) Un auteur comblé

Après 1969, Roger Zelazny s'installe dans sa nouvelle vie, plus stable et tranquille. Il lui naît deux fils et une fille : Devin, en 1971, Jonathan Trent en 1976, puis Shannon en 1979. En 1975, la famille déménage à Santa-Fe au Nouveau Mexique. Les lectures de notre auteur s'infléchissent quelque peu vers la physique et les mathématiques, dans le temps où il introduit de plus en plus d'éléments directement scientifiques dans ses textes. II s'intéresse aussi à la médecine à l'occasion de problèmes de santé qui l'amènent à réfléchir à son corps. En 1977, il vient en France avec sa famille, invité par Philippe Hupp au festival de science-fiction de Metz, mais sa présence est tout à fait éclipsée par celle de Philip K. Dick qui s'est enfin décidé au même moment à sortir des U.S.A. Un événement que le public de Metz ne manque pas, qui n'a d'yeux que pour Dick. Nous n'avons ainsi pas su vraiment profiter de la présence de Zelazny qui se retirait facilement au sein de son groupe familial et ne faisait rien pour être remarqué, à l'inverse d'Harlan Ellison, présent lui aussi.

De la carrière de Zelazny après 1969, nous retiendrons quelques œuvres marquantes : Le Maître des ombres, Aujourd'hui, nous changeons de visage, Repères sur la route et surtout le cycle des Princes d’Ambre. En dehors de ces œuvres, deux points sont à noter : l'accès de l'auteur aux marchés de prestige, avec la parution de quelques textes dans le Saturday Evening Post ; le retour d'un de ses romans à la faveur de la critique avec L'Œil du chat. Le Maître des ombres est un texte inspiré de Jack Vance — le héros se nomme Jack des ombres — et qui rappelle Cugel l'astucieux en plus glauque. II raconte l'histoire d'une planète immobile, coupée en deux entre la terre du soleil toujours au zénith, où la science règne en maître, et la face nocturne du monde livrée à la sorcellerie. De l'une à l'autre erre Jack des ombres, qui tire sa force de la rencontre entre 1a lumière et l'obscurité des objets. Ce sera lui qui permettra au globe de se remettre en mouvement pour rétablir l'harmonie des éléments en opposition. Roger Zelazny se souvient de ce roman comme un de ses plus agréables à écrire, car — contrairement à ses habitudes — il avait soigneusement préparé le plan de l'action et les personnages prenaient de l'autonomie au fil des pages : mouvement et structure associés. « Quand on arrive à un certain point de la ligne narrative, si on continue de suivre complètement cette ligne, l'histoire perd toute vie et devient quelque chose de mort. Il faut donc s'en éloigner ; et la raison qui y pousse, c'est qu'à ce moment tes personnages semblent prendre une vie propre, et qu'ils deviennent alors un peu plus grands que nature... » (In Patrice Duvic, 1971). Les vingt dernières pages du livre sont même écrites d'un trait. Le seul reproche esthétique que l'on puisse faire au Maître des ombres une fois acceptées ses prémisses d'heroic fantasy — réside dans la dernière partie hâtive d'un livre relativement court. Roger Zelazny le sait, qui écrit : « Je  pense aujourd'hui que j'aurais dû télescoper un peu l'action du premier tiers pour étoffer la fin. Cela aurait produit une impression générale plus forte » (in: R. Geis, 1973).

Aujourd'hui, nous changeons de visage échappe aux difficultés de construction qui atteignent les livres précités. Extrêmement bien charpenté, dédié à Philip K. Dick, au thème van vogtien, il conte l'aventure d'un des nombreux immortels de Roger Zelazny. Cette fois, il s'agit d'un homme transformé en circuit homéostatique autorégulateur. A chaque nœud important du temps existe quelqu’un dont les actes sont intimement prévus à l'avance : il prendra des décisions, mettra en jeu des forces qui amèneront une inflexion dans l'histoire de l'humanité. A côté de lui rôde un double obscur de lui-même, un clone négatif, chargé de contrebalancer les effets de sa monomanie. Ensemble, ils forment sans le savoir un système conflictuel et oscillant, mais en équilibre actif, qui guide l'Homme. Zelazny est ici très à l'aise dans une intrigue extrêmement complexe qui développe un de ses thèmes favoris : la toute-puissance d'un personnage contrecarrée par un adversaire qui se révèle être un double maléfique. Le procédé a été employé par G.K. Chesterton dans Un nommé Jeudi (1908), en science-fiction par A. E. Van Vogt dans A la poursuite des Slans (1940). Toute la subtilité de Zelazny réside en ce que le maléfique n'est que l'expression d'un point de vue opposé sur le monde et qu'il soit quelquefois nécessaire que le « mal » triomphe pour que le corps social survive.

  

Voilà. C'est tout pour le moment. Amitiés à tous.

 


dimanche 18 octobre 2020

Aperçus sur l'écrivain de science-fiction américain Roger Zelazny (quatrième partie).

 


Le deuxième texte que j'ai lu de Roger Zelazny, en fait le troisième tome du cycle des "Neuf princes d'ambre". Ne faites pas comme moi, c'est incompréhensible si vous n'avez pas lu les deux premiers volumes.

 

 

En ces temps troublés, pour échapper à la morosité ambiante, j'ai décidé de publier des textes que j'avais rédigés sur celui qui est pour moi le plus grand des auteurs de science-fiction (à égalité avec Philip K. Dick), Roger Zelazny.

 

Biographie : de la Sécurité sociale à la science-fiction lyrique (suite)

 

Les années 1960 sont un moment de haute productivité pour Zelazny. Leurs nominations à des prix étaient si fréquentes que ses propres œuvres se concurrencèrent pour le Hugo dans la catégorie novelette en 1966 (En cet instant de la tempête et Le temps d’un souffle, je m’attarde) et 1967 (Cette montagne mortelle et Clés pour décembre). En 1968, son roman Seigneur de lumière gagne le Hugo.

Cette notoriété dans les années 60 fait que Zelazny est regroupé avec Harlan Ellison, Samuel R. Delany, Thomas Disch, et Norman Spinrad, entre autres, en tant qu'auteur américain de « nouvelle vague ». Le terme est inventé par l’éditeur Judith Merril et rapidement adopté par d'autres :

« Nous étions mis dans le même groupe, en dépit de nos différences, parce que, d’une manière similaire, nous représentions une réaction à la SF [la science-fiction] des années 40 et 50 qui, tout en comportant quelques idées subtiles et des histoires colorées, ne s’était pas particulièrement fait remarquer par la qualité de son écriture.... Plusieurs d’entre nous ont commencé à apporter un matériau qui était déjà ancien dans la littérature générale mais qui était nouveau en SF à peu près au même moment — le flux de conscience, l’impressionnisme, les audaces stylistiques, une plus grande insistance sur la caractérisation... La plupart d'entre nous ont refusé l’idée qu’il y ait eu un mouvement qu’on aurait pu appeler « nouvelle vague », parce qu'il n'y avait aucun plan préétabli ou de manifeste global, bon nombre d'entre nous ne nous connaissions même pas à cette période et nous sommes tous suffisamment individualistes pour détester être classés. » (Lettre à Jane Lindskold, 4 février 1990)

L'auteur de « nouvelle vague » que Zelazny a le mieux connu est Harlan Ellison mais leur rencontre initiale fut plus due à ce que tous les deux avaient grandi en Ohio qu’à leur mode d’écriture. Leur première rencontre a lieu en 1955 à la convention de science-fiction mondiale à Cleveland en Ohio. Présentés par Gail Gianasi, une connaissance mutuelle, en tant que « deux personnes qui vont être des auteurs célèbres de sf un jour » (Lettre à Jane Lindskold, 4 février 1990), ils ne se revoient que 11 ans plus tard, quand tous deux ont reçu un Hugo à la convention mondiale en 1966, de nouveau à Cleveland. Leur amitié se poursuit au fil des années, prolongée professionnellement par une nouvelle en collaboration, Viens à moi, non dans la blancheur de l’hiver et une contribution de Zelazny à un des recueils Dangereuses visions d'Ellison.

Un autre des auteurs de nouvelle vague avec qui Zelazny se lie d’amitié est Samuel R. Delany. Dans son article « Faust et Archimède, » Delany rappelle sa découverte d’une des nouvelles de Zelazny :

«  Quelques mois avant que je sois allé pour la première fois en Europe, un jeune étudiante en musique vint frapper à ma porte, en agitant un exemplaire de The Magazine of Fantasy and Science Fiction avec une expression absolument hantée : « Avez-vous lu ceci, Chip? Avez-vous lu ceci ? Qui est-il ? Savez-vous quelque chose au sujet de lui ? Qu’est-ce qu’il a écrit avant ? »

Les portes de son visage. Les lampes de sa bouche était précédé par un des textes de présentation les moins instructifs de F& SF. Je l'ai lu ; j’ai apporté cet exemplaire en Europe. Je l'ai donnée à une demi-douzaine de personnes à lire. »

Zelazny et Delany se sont ensuite rencontrés et sont devenus des amis. Zelazny dit avoir trouvé grâce à Delany un éditeur sympathique pour publier son roman expérimental Royaumes d’ombre et de lumière ; la dédicace du roman, « A Chip Delany, juste parce que » atteste de cette reconnaissance. Le roman de Delany We in Some Strange Power's Employ, Move on a Rigorous Line contient un personnage qui se présente lui-même comme suit : « « Je m’appelle Roger… » suivi de quelque chose de polonais et d’imprononçable qui commence par un Z et finit par un Y ». Sachant qu'un rapport pourrait être établi entre ce personnage (une personne plutôt désagréable) et Zelazny, Delany a téléphoné à Zelazny. Zelazny se rappelle que Delany lui lut des passages de l’œuvre juste terminée « pour voir si je n’étais pas de quelque façon offensé. Je l'ai assuré que c’était juste le contraire. » (Lettre à Jane Lindskold, 7 avril 1990).

En 1969, après avoir démissionné de l'administration de sécurité sociale pour écrire à plein temps, il passe de l’écriture de nouvelles à celle de romans. Il en publie trois dans la même année : Royaumes d’ombre et de lumière, Les culbuteurs de l’enfer et L’Ile des morts. Dans l'introduction de son recueil Le dernier défenseur de Camelot, Zelazny explique la raison de ce changement :

« J'avais commencé en écrivant des nouvelles, et j'ai toujours plaisir à écrire des histoires courtes bien que je ne le fasse plus comme il y a quelques années. La raison est principalement économique. J’ai commencé à écrire à plein temps vers la fin des années 60, et c'est un fait que les romans rapportent plus aux créateurs qui doivent subvenir aux nécessités de l'existence. Cela peut paraître froid et cynique, à part que j’aime aussi écrire des romans ».

La préférence artistique de Zelazny, cependant, demeure pour des travaux plus courts :

«  Préférence ? Histoires courtes (j’y inclus les novelettes et les novellas). Vous dites que tout que vous voulez dire et puis vous vous arrêtez, [avec] aucun souci à cause de la longueur. Aucun mouvement gaspillé.... C'est une forme très pure comparée au roman, et je l'aime ; mais personne ne peut vivre en écrivant seulement des nouvelles. » (Lettre à Jane Lindskold, 27 mars 1990)

De manière intéressante, même après qu’une part de son énergie se soit dépensée dans des romans, la majorité de ses dernières récompenses ont continué à se trouver dans les catégories plus courtes de fiction. Unicorn variation et Permafrost ont gagné des Hugo en 1982 et 1987 dans la catégorie novelette ; 24 Views of Mount Fuji by Hokusai a gagné un Hugo dans la catégorie novella en 1986. Cette transition dans l'écriture à plein temps n’a pas été pour Zelazny facile ou indolore. Sa chronologie de publication suggère qu'il a alors simplement commencé à produire un roman ou plus dans une année sans effort. Les faits sont quelque peu différents.

  

Voilà. C'est tout pour le moment. Amitiés à tous.

 

samedi 17 octobre 2020

Aperçus sur l'écrivain de science-fiction américain Roger Zelazny (troisième partie).

 


Le premier recueil de nouvelles que j'ai lu de Roger Zelazny

 

  

En ces temps troublés, pour échapper à la morosité ambiante, j'ai décidé de publier des textes que j'avais rédigés sur celui qui est pour moi le plus grand des auteurs de science-fiction (à égalité avec Philip K. Dick), Roger Zelazny.

 

Biographie : de la Sécurité sociale à la science-fiction lyrique (suite)

 

 

 D’abord, il reçoit de nombreuses lettres de rejet pour ses nouvelles, jusqu'à ce qu'en mars 1962 arrive un mot de Cele Goldsmith annonçant qu'elle prenait Le mystère de la Passion.

Roger Zelazny vient de rencontrer celle qui va l'imposer au public par une politique intensive de publication. Cele Goldsmith dirige à cette époque la plus ancienne revue de science-fiction au monde, Amazing, l'ancêtre créé en 1926 par Hugo Gernsback qui a sombré au fil des ans dans le populaire racoleur de très bas étage. II est heureux pour Zelazny qu'Amazing, après une longue période de publication de pseudo science-fiction, soit entrée dans une période de rénovation avec l'arrivée de Cele Goldsmith au poste de rédacteur en chef. Elle réussit à s'imposer en décidant de vieux auteurs endormis à écrire pour elle (Fritz Leiber reprend son cycle de Lankhmar, Robert F. Young, Edmond Hamilton, Daniel Galouye reviennent aux récits courts) et surtout impose de nouvelles vedettes : Harlan Ellison, Thomas Disch, Keith Laumer. Elle voit sans doute en Roger Zelazny son meilleur poulain et lui fait occuper quelques temps (1962‑1965) dans la revue la meilleure position : celle de l'auteur maison dont on présente chaque mois un texte dans l'une ou l'autre des revues du groupe d'édition — Amazing ou Fantastic. Et la force de travail de notre auteur se révèle telle que même deux débouchés mensuels ne lui suffisent pas. Goldsmith trouve donc un pseudonyme à Zelazny, Harrison Denmark, et publie les récits deux par deux.

Le travail de Zelazny à la sécurité sociale dure jusqu'en 1969, quand il démissionne pour écrire à plein temps. Il trouve quand même le moyen d'employer cette expérience pour emmagasiner des ressources pour son écriture : « J'ai regardé les mains et les gestes des personnes, comment ils se comportaient. J'ai étudié leurs visages, me suis interrogé sur leur habillement, leurs bijoux, leurs cicatrices. J'ai écouté leurs mensonges et leur ai demandé ce qu'ils pensaient être la vérité. » Il devint également expert permanent en matière de coutumes chinoises de mariage.

Par ailleurs, le protagoniste sans nom des histoires rassemblées dans L’homme qui n’existait pas doit beaucoup à une conversation sur les enregistrements centralisés d’identité que Zelazny eut avec Bill Spangler, avec qui il travailla au bureau de sécurité sociale de Baltimore. Dans Lewis Briggs, le fonctionnaire de L’île des morts, Zelazny parodie les règles compliquées et les règlements de la bureaucratie du gouvernement. En 1963, Zelazny eut également un travail à temps partiel comme professeur à l'université de Fenn, maintenant Cleveland State, en tant qu'instructeur d’anglais pour les étudiants de première année. Mais il trouva rapidement que l'enseignement lui prenait trop de temps et d’énergie pour son écriture en plus de son travail à temps plein et arrêta après un semestre, refilant le poste à son ami, Ron Dobler, qui à l’époque était professeur de lycée ; maintenant, comme Carl Joke, il est devenu professeur d’anglais à l’université.

L'année 1964 est particulièrement difficile pour Zelazny. En automne, lui et sa fiancée, Sharon Steberl, ont un accident d'automobile à côté de Mansfield dans l’Ohio. Zelazny n'est pas été trop sévèrement touché mais Sharon est blessée assez sérieusement pour retarder leur mariage jusqu’à la fin de l’année. Le 25 novembre, le père de Zelazny meurt brutalement. Bien qu’ayant du mal à supporter ce choc, Zelazny se marie le 5 décembre. Le mariage ne fonctionne pas et il se sépare de son épouse à la fin de l'été 1965 ;  ils divorceront en 1966.

Après sa séparation de Sharon Steberl, Zelazny accepte une promotion comme spécialiste de contentieux social et revient à Baltimore. Une fois installé, il continue à écrire chaque soir. Ses histoires sont à présent régulièrement nominées pour différentes récompenses. En 1966, il gagne son premier Hugo pour Le Voyage infernal et ses premiers Nebulas pour Le Façonneur dans la catégorie nouvelle et pour Les portes de son visage, les lampes de sa bouche dans la catégorie novelette. Plus tard, dans la même année, il publie ses deux premiers romans, Toi l’immortel et Le Maître des rêves. Tous les deux sont des versions augmentées d’œuvres plus courtes qui ont reçu des prix ; Toi l’immortel avait été raccourci pour la publication en magazine et Zelazny allonge Le Façonneur sur une suggestion de l'auteur et éditeur Damon Knight. L'année 1966 est également marquée par un événement positif indépendant de son écriture : le 20 août, il épouse Judith Alene Callahan, avec qui il travaille à l'administration de sécurité sociale.

 

Voilà. C'est tout pour le moment. Amitiés à tous.

 

vendredi 16 octobre 2020

Aperçus sur l'écrivain de science-fiction américain Roger Zelazny (deuxième partie).

 


 Un des romans de Roger Zelazny.

 

En ces temps troublés, pour échapper à la morosité ambiante, j'ai décidé de publier des textes que j'avais rédigés sur celui qui est pour moi le plus grand des auteurs de science-fiction (à égalité avec Philip K. Dick), Roger Zelazny.

 

Biographie : de la Sécurité sociale à la science-fiction lyrique (suite)

 

En 1949, Roger Zelazny entre au lycée Shore Junior d’Euclid où il commence une œuvre qu’il poursuivra pendant plusieurs années et lui servira d’aire de lancement pour ses récits futurs : une épopée interminable intitulée The Record dont les héros sont deux monstres, le Zlaz et le Yok, qui vivent dans les catacombes sous Paris, passent leur temps à dormir et à boire du Zyphoam, l’alcool plus terrible que l’alcool. Ces créatures croient travailler mais leur patron essaie surtout de les tenir éloignés de toute activité terrestre, de peur qu’ils ne provoquent une catastrophe. La série des récits qui forment l’épopée raconte quelques-unes de leurs erreurs et les effets miraculeux qui en découlent : comment, par exemple, la dépouille pétrifiée d’un dinosaure gigantesque se recouvre d’alluvions pour devenir un jour les Montagnes Rocheuses. Comme pour un roman feuilleton, Zelazny lit au fur et à mesure les épisodes à ses amis, Carl Yoke et Richard Covert.

Puis il rencontre chez deux de ses professeurs, Mme Ruby Olson (responsable du cours « Écriture et Créativité ») et M. Myron Gordon (journalisme) une appréciation critique de son travail et un encouragement à écrire. A cette époque, il publie deux récits et un poème dans Eucuyo, la revue littéraire de l'institution, réalise sa première vente lorsque Mister Fuller's revolt paraît dans Literary Cavalcade en 1954. Roger Zelazny a dix-sept ans. Un temps, il a déjà tenté de vendre des récits de science-fiction aux magazines professionnels, sans succès, et s'est découragé. « J'ai écrit peut-être deux cents histoires à ce moment, et l'une après l'autre, elles furent toutes rejetées. Enfin, de temps en temps je recevais un petit mot gentil d'un rédacteur » (If, 1969).

Après le lycée, en 1955, Zelazny entre à la Western Reserve University (aujourd'hui une division de la Case Western Reserve) à Cleveland. Il commence par une licence de psychologie, mais change pour l'anglais quand il commence à penser à la façon dont il allait gagner sa vie après l’université :

« J'ai commencé à me demander ce que je ferais après l’université afin de survivre pendant mes tentatives d'écriture. Obtenir un diplôme et enseigner, ai-je supposé. Puis, après avoir regardé les labyrinthes et respiré l’ambiance du laboratoire, je me suis demandé « Est-ce vraiment la psychologie que tu veux enseigner ? » » (Aikido black).

Zelazny prend l’habitude à l'université d'assister à n'importe quel cours qui lui semble intéressant sans y être inscrit. Ce désir de balayer l’ensemble des connaissances annonce déjà le programme de lecture qu'il développera des années plus tard. Pendant quelques temps, il lit abondamment Sigmund Freud, Carl Jung et Havelock Eilis, qu'il apprécie plus en littéraire qu’en scientifique. Il reçoit deux fois, en 1957 et en 1959, le Finley Foster's Prize de poésie, mais aussi le Holden Essay Award pour une longue dissertation sur Geoffrey Chaucer. II prépare sa licence en lisant Thomas Mann, Rilke, Whitman, Shakespeare et les poètes symbolistes français. Ses loisirs sont consacrés à la course de haies et au judo. Il termine un recueil de poèmes — Chisel in the Sky — qui restera partiellement inédit.

Après son diplôme à la Reserve University, Zelazny quitte l'Ohio en 1959 pour l'université de Colombia à New York, afin d’y continuer ses études d’anglais. En maîtrise, il se spécialise dans les dramaturges élisabéthains et jacobites et continue à assister aux cours en dehors de son domaine. Il poursuit également son écriture poétique. Il achève sa thèse, mais son conseiller ne lui fait pas soutenir à temps pour être diplômé au printemps. Ce  séjour à New York sera l'occasion pour lui de se livrer à une année d'orgie culturelle où il hantera les théâtres et les musées de la ville, circulera autour de Greenwich Village en quête de Folk Music, une des musiques qu’il préfère. Puis il traverse une période de remise en question où il quitte la vie frénétique de New-York pour s'engager dans la Garde Nationale de l'Ohio. Il passe six mois de service actif à Fort Bliss (Texas) à la sortie duquel il s'engage au 137° bataillon d'Artillerie des États-Unis, puis au 112° bataillon du Génie. II servira dans un corps armé de missiles nucléaires à tête chercheuse, une activité profitable à la réflexion qu'il emploiera à travailler l'épée.

Quand sa première période de trois ans se termine en 1963, Zelazny se rengage mais change de service :

« Je pus continuer dans l'armée de réserve parce qu'un type que j'avais connu dans une unité de fantaisie avait proposé de m'y faire entrer (le 2370 ème Groupe des Affaires Civiles - Arts, Monuments et Archives - cf. son roman Toi l’immortel - le groupe étant spécialisé dans le fait de se déplacer dans les pays conquis pour préserver les trésors nationaux). Plus tard, il a été dissout, je pouvais obtenir d’être transféré dans le 2350 ème Groupe Public d’Information - des gens chargés de la presse - et je terminai dans une unité de guerre psychologique avant d'obtenir finalement d’être honorablement désenrôlé. (Lettre à Jane Lindskold, du 28 octobre 1989)

Bien que ses six ans dans l’armée aient été à temps partiel, l'atmosphère et l’étrange bagage de connaissances qu’il y collecte interviendront continuellement dans sa fiction. En 1961, après avoir fini son service actif, Zelazny pointe au chômage et recommence à écrire en cherchant du travail (sans trop d’empressement). Une Rose pour l’Ecclésiaste, pour laquelle il recevra sa première nomination à un Hugo en 1963, est écrite à cette époque. Il remanie également sa thèse et la repasse et cette fois elle n’est pas seulement acceptée mais reçoit des honneurs. En février 1962, il trouve un travail dans l'administration de la sécurité sociale au service des contentieux. 

« Je suis allé à Dayton et j’ai commencé ma formation pour travailler au service des réclamations de l'administration de la sécurité sociale, et j’ai commencé à écrire des nouvelles pendant mes soirées la semaine même où je suis arrivé. J'ai vendu ma première nouvelle le 28 mars, puis seize autres cette année-là. J'ai passé mes examens en mai et j’ai eu mon diplôme. J'ai posé ma candidature pour des boulots d’enseignants dans l’Ohio, mais la situation n’était pas facile et je n’ai pas eu de propositions, c’est ainsi je suis resté avec le gouvernement et ai continué à écrire pendant mes soirées. » (Lettre à Jane Lindskold, 28 octobre 1989)

  

Voilà. C'est tout pour le moment. Amitiés à tous.

 

jeudi 15 octobre 2020

Aperçus sur l'écrivain de science-fiction américain Roger Zelazny (première partie).


Roger Zelazny


En ces temps troublés, pour échapper à la morosité ambiante, j'ai décidé de publier des textes que j'avais rédigés sur celui qui est pour moi le plus grand des auteurs de science-fiction (à égalité avec Philip K. Dick), Roger Zelazny.


Biographie : de la Sécurité sociale à la science-fiction lyrique

 

 

1)      Une vocation d’écrivain

 

Roger Zelazny naît le 13 mai 1937 à Euclid, une petite ville de l’Ohio, dans la banlieue de Cleveland. La maison de ses parents, Joseph et Josephine Sweet Zelazny, au 250 East Street, est située sur un arpent de terre bordé par une route boueuse et entourée par des champs et des bois. Le lac Erié se trouve à quelques kilomètres de distance, ce qui permet au jeune enfant faire des promenades sur ses plages.

Sa famille a des origines polonaises et irlandaises comme il l’expliquera plus tard dans une lettre à Jane Linskold, sa dernière compagne :

« Mon père est né à Ripon en Pologne — mais à cette époque la Pologne n’existait pas. Elle n'a été reconstruite au vingtième siècle qu'après la fin de la première guerre mondiale. La dernière partition l'avait divisée entre l'Autriche, la Prusse et la Russie tsariste. La partie de mon père avait appartenu au Tsar. Son nom vient de « zelazno », un mot qui signifie « fer » et qui veut dire que ma famille a compté beaucoup de forgerons au cours des siècles. […] Ma mère représente le côté irlandais de la famille, [avec] quelques autres mélanges du côtés de mes grands-parents paternels. »

Lettre du 3 août 1989 (citée dans son ouvrage biographique Roger Zelazny)

Bien que ses parents aient fait partie de familles nombreuses, chacune de sept enfants, Roger Zelazny est fils unique. Il se retrouve ainsi solitaire par circonstance et par nature. Son seul ami est alors Carl Yoke. Zelazny a décrit ainsi cette amitié :

«  J'ai eu un ami proche, Carl Yoke, de l'école primaire Noble jusqu’au collège et au lycée d’Euclid, et heureusement il reste mon ami à ce jour. […] Il avait deux frères plus jeunes que lui, et il était brillant et sportif. Je pense vraiment que nous avons fait connaissance à cause de l’ordre alphabétique des places dans la salle de classe. Des étés entiers, nous avons fait du vélo ensemble pendant le jour, nous nous sommes baladés pendant la nuit, discutant de choses existentielles et de futilités d'adolescent, de filles, de livres, de la vie. Je n'avais jamais su que j’avais besoin d’un ami avant de le rencontrer. »

Roger Zelazny, Aikido black (essai non publié cité par Jane Linskold in Roger Zelazny)

Aujourd'hui, Yoke est professeur d'université et a à son actif de nombreux articles et la première étude sur la vie de Zelazny et son oeuvre. Il y eut plus tard Ron Dobler, avec qui Zelazny a été au lycée et à l'université et qui resta toujours son ami. A l'université, quand Zelazny était capitaine de l’équipe d'épée, Dobler était capitaine de l’équipe de sabre. Dobler a également encouragé Zelazny à écrire de la poésie. Luc, le meilleur ami de Merlin, héros des cinq derniers romans de la série Ambre, doit sa taille, ses cheveux roux et sa belle mine, autant à Ron Dobler qu’à son père biologique, Brand.

Zelazny prend conscience très jeune qu'il désire devenir écrivain et il commence à étudier sérieusement comment on construit les histoires dès l’âge de onze ans. Il le raconte lui-même dans une interview réalisée par Patrick Duvic : « J’ai commencé à écrire à 11 ans. A 16 ans, j’ai gagné un concours des nouvelles à la high school et j’ai essayé d’écrire jusqu’à l’âge de 18 ans, où j’ai quitté le collège. A ce moment-là, j’ai arrêté d’écrire de la fiction et j’ai décidé que je serais poète. Je n’ai écrit que de la poésie pendant 5 ans. » Carl B. Yoke a insisté, quant à lui, sur l’intense curiosité qui a toujours poussé son ami d’enfance : « Son appétit de savoir guide ses lectures (…). Il est attiré par toutes les nouveautés : les idées, les gens, les circonstances inhabituelles. Sa capacité d’absorber des données est à peu près inégalée (…) et presque tout ce qu’il lit réapparaît un jour dans sa fiction ». Il fréquente d’abord l’école primaire Noble d’Euclid où il se révèle un écolier brillant mais indiscipliné.

Sa première machine à écrire est un cadeau de son père qu’il reçoit à l’âge de 11 ans :

« Mon père a travaillé pour Adressograph-Multigraph Company, et quand ils sont passés des machines manuelles aux machines électriques, ils ont permis aux employés d'acheter les vieilles machines. Il savait que je voulais être un auteur et m'a demandé si j'en voulais une. J'ai dit, «  oui » naturellement. Je l'ai toujours, bien que je l'emploie rarement à présent. C’est une vieille Royal & weighs. Elle fonctionne toujours très bien. (Lettre à Jane Lindskold, 9 octobre 1989, citée dans son ouvrage biographique Roger Zelazny)

Zelazny apprend lui-même à taper à la machine et continue à écrire : « J'ai appris comment préparer les manuscrits pour les envoyer à des éditeurs professionnels. J'ai envoyé ma première histoire, une imitation des Chroniques martiennes de Bradbury, à John W. Campbell. qui n'avait jamais acheté une des histoires de Bradbury. Innocence » (Aikido Noir)

Voilà. C'est tout pour le moment. Amitiés à tous.