dimanche 24 février 2019

Borges et le bouddhisme : étude de l’ouvrage " Qu’est-ce que le bouddhisme ? " par Jorge Luis Borges et Alicia Jurado (1976) (septième partie : le bouddhisme zen, troisième sous-partie).




Ikebana.



Cet article est la suite de celui-ci
  
Le Zen a influé et continue d'influer sur la vie quotidienne des communautés qui le professent. Les divers arts — l'architecture, la poésie, le dessin, la peinture, la calligraphie — témoignent de cette influence. Omettre délibérément et s'en tenir à suggérer en sont les caractéristiques essentielles ; rappelons-nous les dessins laconiques et les brèves strophes des tanka et des haïkus. Voici quelques exemples de ces derniers :

Plus fugace que l'éclat d'une feuille emportée par le vent, cette chose, la vie.

L'épouse sans enfants, avec quelle tendresse ne touche-t-elle pas les poupées du magasin?

Prunier sur la berge : l'eau emporte-t-elle vraiment tes fleurs reflétées ?

Sur les marches du temple, je tends vers la lune d'automne mon vrai visage.

De même, le difficile apprentissage dans l'art du maniement de l'épée et de l'arc n'est pas non plus une fin en soi, mais un exercice spirituel : le maître décoche la flèche dans l'obscurité et atteint le cœur de la cible, mais cela est moins important que la discipline mentale qui a précédé l'exploit.

L'ikebana, dont le sens littéral est l'immersion de plantes vivantes dans l'eau, coïncide avec l'introduction du bouddhisme ; cette pratique fut, à l'origine, rituelle et monastique, et elle se généralisa par la suite. Il n'y a pas de maison japonaise où l'on ne dispose des fleurs ou des branches dans le tokonoma, niche murale qui tient lieu de sanctuaire et qu'on montre toujours aux hôtes de passage. La pratique de l'ikebana exige une grande concentration d'esprit, non seulement au moment du choix des fleurs, mais encore dans la disposition des éléments qui le composent, et qui doit suivre le schéma, toujours asymétrique, formé par les trois lignes qui symbolisent le ciel, la terre et l'homme. La réussite esthétique vient par surcroît ; ce qui est fondamental, c'est le sentiment religieux de celui qui a créé et de celui qui contemple l'œuvre. Il est fréquent qu'on s'incline devant la composition, avant et après l'avoir admirée.

Les jardins du Japon sont célèbres ; beaucoup sont conçus comme des tableaux, ils ne sont habituellement pas très grands et l'on cherche dans leur composition à imiter la nature, en évitant la symétrie et les couleurs vives. L'eau, si elle fait défaut, est simulée par du sable; les rochers et les arbustes aux formes harmonieuses y abondent. Le plus célèbre des jardins de ce type est celui de Ryoan-Ji, à Kyoto; il mesure trente mètres de long sur dix de large et comporte quinze rochers, des grands et des petits, disposés en cinq groupes diversement ordonnés et asymétriquement distribués. Il date du début du XVI ème siècle et on le considère comme la quintessence de l'art zen.

Caractéristique du Zen est aussi la cérémonie du thé, qui se déroule dans des pavillons destinés à cette fin ou dans des demeures familiales. Le caractère religieux de ce rite se reconnaît à la digne lenteur de l'officiant, à la parcimonie des propos échangés, à l'attitude respectueuse des commensaux, à la beauté et à la propreté des objets utilisés. Dans le Zen, l'exécution des actes les plus ordinaires peut être accompagnée d'un sentiment religieux et doit rendre notre vie plus belle.

  
La suite donc sur le bouddhisme zen une prochaine fois comme dans les romans-feuilletons du dix-neuvième siècle ou dans les séries télévisées américaines actuelles. Amicales salutations.


Compte rendu du livre « Le Moi, la Faim et l’Agressivité » de Fritz Perls (première partie).





Le livre en question.


Je viens de lire un livre que j’ai trouvé à la fois précis et très bien conçu sur les thèmes de base de la Gestalt-thérapie. Il s’agit de  « Le Moi, la Faim et l’Agressivité »  de Fritz Perls (il y décrit pour la première fois les fondements de sa théorie gestaltiste).

Cet article est la suite de celui-ci.  


Introduction

Pour le lecteur d'aujourd'hui, Le Moi, la Faim et l'Agressivité constitue en quelque sorte la transition entre 1a psychanalyse orthodoxe et la « Gestalt ». Mais quantité d'idées exprimées dans cet ouvrage sont encore — plus de vingt ans après sa première édition — ignorées de la psychiatrie moderne.

Si l'on accepte désormais les concepts de la réalité hic et nunc de l'organisme considéré comme un tout et de la prédominance absolue du besoin le plus urgent, en revanche l'on comprend encore assez difficilement ce que signifie l'agressivité en tant que force biologique, la relation entre agressivité et assimilation, la nature symbolique du Moi, l'attitude phobique dans la névrose et l'unité organisme-environnement.

La dernière décennie a vu reconnaître la théorie de la conscience, mise en pratique par les trainings sensitifs et les groupes de training. On a également accepté la validité de l'expression spontanée non verbale (mouvements des mains et des yeux, postures, voix, etc.). Dans le contexte thérapeutique, on passe peu à peu de la pratique du divan, phobique (encore que prétendue objective), à la rencontre entre un thérapeute humain et un autre humain, qui n'est plus un « cas ».

C'est là un début prometteur, mais il reste encore beaucoup à faire. La majorité des thérapeutes et de leurs patients ne s'est pas encore rendu compte qu'il faut probablement renoncer aux thérapies individuelles et aux thérapies de longue durée, Bien sûr, on voit se développer les groupes et les ateliers, mais souvent davantage pour des raisons de facilité économique que d'efficacité. Il faudrait cependant que la séance individuelle constitue plutôt l'exception que la règle. Sans doute ces quelques phrases paraissent-elles aussi hérétiques que la proposition que j'ai émise voici quelque temps : s'occuper du comportement dans l'abstrait et en dehors des référents de temps et d'espace actuels constitue une perte de temps pure et simple. Depuis les gigantesques découvertes de Freud, la psychanalyse a fait des progrès considérables. Citons notamment : l'accent mis par Sullivan sur le respect de soi (ou l'amour-propre) ; le concept des jeux de Berne; celui de Roger sur le feed-back et plus particulièrement la mise à jour par Reich de la psychologie des résistances. Le passage de la symptomatique à la caractérologie, puis à la thérapie existen­tielle, et enfin à la psychologie humaniste, est des plus prometteurs.

Depuis l'époque où je rédigeais le manuscrit de la Gestalt-thérapie, j'ai formulé de nouvelles idées. J'ai surtout réussi à briser le sentiment d'impasse et de statu quo auquel se heurte en général la thérapie. Sans projet approprié, le thérapeute est perdu d'avance. Rien n'empêchera le patient de contrebalancer les efforts du praticien, ni l'emploi des meilleures techniques, pas plus que le recours aux concepts les plus ingénieux, Dès lors, la thérapie se fige et rien ne peut vraiment aller à son terme.
Le Moi, la Faim et l'Agressivité faciliteront les choses dans la perspective que j'ai évoquée. Et, ne l'oublions pas, toute perspective se fonde sur des polarités et l'attraction d'un centre, d'où l'importance du premier chapitre malgré sa difficulté de lecture. Ici, comme dans le reste du livre, une part importante du matériel historique est aujourd'hui démodée, mais la signification de l'agression mal placée demeure aussi valable qu'autrefois. Le transfert de l'agression, de la destruction des villes et des êtres à l'assimilation et à la croissance... puisse-t-il se réaliser... Mais c'est bien improbable.


Voilà. C’est tout pour le moment comme dans les séries télé américaines ou les romans-feuilletons du dix-neuvième siècle. Amitiés à tous.


samedi 23 février 2019

Pause dans le blog avec Osho (vingt troisième partie) (Le livre des secrets, « Le monde des Tantras », deuxième partie).



   
Osho

  
Osho au départ ne s’appelait pas Osho. Il est né sous le nom de Rajneesh Chandra Mohan Jain. Puis il s’est fait connaître dans les années 70 et 80 en se présentant comme Bhagwan Shree Rajneesh. Il publie en 1974 The book of secrets (Le livre des secrets), un livre au titre mystérieux mais au contenu passionnant. Osho est pour moi un des écrivains qui a le mieux parlé de la spiritualité et de la méditation. Il était mystique mais ne croyait à aucun dieu. Il a fait scandale avec la révélation de sa grande fortune personnelle (il possédait plusieurs voitures de luxe). Il y a plusieurs ouvrages de lui que j’ai beaucoup aimés (par exemple Être en pleine conscience, une présence à la vie et Autobiographie d’un mystique spirituellement incorrect).


Cet article est la suite de celui-ci.

Le monde des Tantras (deuxième partie)

Le second point que je veux souligner, c'est qu'il est question d'un autre type de langage. Il faut savoir certaines choses avant d'y pénétrer. Tous les traités tantriques se composent de dialogues entre Shiva et Devi. Devi questionne et Shiva répond. Tous les traités commencent comme ça. Pourquoi ? Pourquoi cette méthode ? Elle est très significative. 

Ce n'est pas un dialogue entre un maître et son disciple c'est un dialogue entre deux amants. Le tantrisme prend alors un sens particulier : les enseignements les plus profonds ne peuvent se donner, s'il n'y a pas d'amour entre celui qui enseigne et et celui qui  apprend, entre le disciple et le maître. Il faut que le disciple et le maître deviennent profondément amoureux. Il faut qu'un amour profond les lie. Ce n'est que dans ces conditions que le plus noble, l'au-delà, peut être exprimé.


C'est donc un langage d'amour : le disciple doit être dans une attitude d'amour. Ce n'est pas non plus suffisant, parce que des amis peuvent être amants. Les tantras disent que le  disciple doit être en état de réceptivité. En état de réceptivité féminine. Ce n'est que dans ce cas que quelque chose est possible. Il ne faut pas nécessairement être une femme pour être un disciple, mais il faut être en état de réceptivité féminine. Devi demande, la femme demande. Pourquoi cette emphase sur l'attitude féminine ?

L'homme et la femme ne sont pas seulement différents physiquement : ils le sont aussi psychologiquement. Le sexe n'est pas uniquement une différence corporelle. Il implique également une différence psychologique. L'esprit féminin est réceptivité — réceptivité totale, reddition, amour. Il faut que le disciple se mette dans un état de psychologie féminine. Autrement, il ne pourra pas apprendre. Vous pouvez poser des questions : si vous n'êtes pas ouvert, vous n'obtiendrez pas de réponse. Vous pouvez poser une question et rester pourtant fermé. La réponse ne peut, dans ce cas, vous pénétrer. Vos portes sont fermées ; vous êtes mort. Vous n'êtes pas ouvert.

La psychologie moderne, la psychologie des profondeurs, affirme à présent que l'être humain est à la fois homme et femme. Personne n'est uniquement mâle ou femelle. Tout le monde est bisexué. Les deux sexes coexistent en chacun de nous. C'est une nouvelle découverte pour l'Occident mais c'est un des concepts tes plus fondamentaux des tantras depuis des milliers d'années. Vous avez dû voir des représentations de Shiva en ardhanarishwar — mi-homme, mi-femme. C'est un concept unique dans l'histoire de l'homme. Shiva est à la fois homme et femme.

Ainsi Devi n'est pas seulement sa conjointe. Elle est l'autre moitié de Shiva. Et si le disciple ne devient pas l'autre moitié de son maître, il est impossible de lui communiquer les enseignements les plus élevés, les méthodes ésotériques. Quand vous ne faites plus qu'un avec le maître, totalement, profondément, alors, le doute n'existe plus. La discussion, la logique, la raison, n'existent plus. Vous absorbez, tout simplement. C'est alors que l'enseignement commence à croître en vous, à vous transformer.

C'est la raison pour laquelle, les tantras sont écrits dans le langage de l'amour. Il me faut donner là quelques précisions. Il existe deux types de langage : le langage logique et le langage de l'amour ; et il y a entre les deux des différences fondamentales.

Le langage logique est agressif, il prête à discussion, il est violent. Quand j'utilise le langage logique, j'agresse votre pensée. J'essaie de vous convaincre, de vous convertir, de faire de vous une marionnette. Mon argument est « juste » et vous, « vous avez tort ». Le langage logique est égocentrique : « j'ai raison et vous avez tort, je dois donc prouver que j'ai raison et que vous avez tort. » Je ne me préoccupe pas de vous, je me préoccupe de mon moi. Mon moi a « toujours raison ».

Le langage d'amour est entièrement différent. Je ne me soucie pas de mon moi, je me soucie de vous. Je ne cherche pas à prouver, à renforcer mon moi. Je veux vous aider. J'ai envie de vous aider à croître, à vous transformer, à re-naitre. 

Deuxièmement, la logique est toujours intellectuelle. Les concepts et les principes sont signifiants. Les arguments sont signifiants. Dans le langage d'amour, ce qui est dit n'est pas aussi important. C'est plutôt la façon dont on le dit qui compte. Le contenant, le mot, n'est pas important. Le contenu, le message, est plus important. C'est une discussion cœur à cœur — et non un échange d'esprit à esprit. Ce n'est pas un débat. C'est une communion.




Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.

Borges et le bouddhisme : étude de l’ouvrage " Qu’est-ce que le bouddhisme ? " par Jorge Luis Borges et Alicia Jurado (1976) (sixième partie : le bouddhisme zen, deuxième sous-partie).




Un moine zen.


Cet article est la suite de celui-ci


Pour provoquer le satori certains maîtres remplacent le koan par des moyens plus violents. A une demande de son disciple au sujet du voyage de Bodhidharma, Ma-Tsu l'envoie au sol d'un coup de pied. Le néophyte se met à rire et s'écrie : « Innombrables sont les vérités enseignées par les Bouddhas. Il n'y en a plus une seule maintenant que je ne comprenne avec toutes les autres. » D'autres maîtres avaient recours au cri, à la gifle ou à diverses autres formes de violence physique. Il y a des exemples moins excessifs. Te-Shan, avant sa révélation, avait choisi pour maître Ch'ung-Hsin. Il alla loger dans son monastère ; un soir qu'il méditait assis, Ch'ung-Hsin lui demanda : « Pourquoi n'entres-tu pas? » Te-Shan répondit : « Il fait sombre. » Le maître revint avec une bougie allumée et quand le disciple voulut la prendre, il la souffla ; Te-Shan comprit immédiatement la Vérité.

Si on compare la mystique chrétienne ou islamique à celle du bouddhisme, on notera entre elles les affinités suivantes : a) le mépris des schémas rationnels lorsqu'ils ne sont que des moyens ; personne ne pense que les nombreux volumes de la Somme Théologique puissent être l'équivalent de l'expérience de la Vérité; b) la perception intuitive, différente de celle que peuvent fournir les sens ; c) la connaissance absolue, qui nous donne une certitude complète, que l'exercice de la logique ne peut réfuter ; celui qui la possède peut se passer de prémisses et de conclusions. Une fois maître de la vérité, le mystique s'aperçoit que l'opposition des contraires se fond d'une certaine façon dans une réalité supérieure; il est donc aussi au-delà des valeurs de la morale courante. Quand saint Augustin écrivit : « Aime et fais ce qu'il te plaît », peut-être voulut-il dire que l'homme qui est parvenu à l'amour divin est incapable de mal agir ; d) l'annihilation du Moi. Notre vie passée est absorbée dans le grand Tout; la paix et le soulagement en sont la récompense immédiate ; e) la vision du multiple univers transformé en une unité ; f) une sensation de félicité complète.

Si nous considérons maintenant les traits qui les différencient, nous voyons que le bouddhisme se passe de toute relation personnelle avec un dieu, car c'est une doctrine essentiellement athée où il n'y a ni croyant ni déité. A l'inverse de ce qui marque le judaïsme et ses dérivations, le christianisme et l'islamisme, on note également l'absence de ces concepts pathétiques de faute, de repentir et de pardon. On n'atteint pas le satori par l'adoration, la crainte, la foi, l'amour de Dieu ou la pénitence ; il s'agit ici d'une discipline qui ne vise que la paix et élimine les émotions. Le maître Te-Shan ne pria jamais, ne demanda jamais le pardon de ses fautes, ne vénéra jamais l'image du Bouddha, ne lut jamais les écritures et ne brûla jamais d'encens. De tels actes étaient, à son avis, d'inutiles formalités; seule l'intéressait l'incessante et l'intense quête mystique.

Tai-Hui compare le satori à un incendie sur le point de nous consumer, ou bien à une épée nue qui peut nous tuer. L'univers entier est un koan vivant et menaçant que nous devons résoudre et dont la solution implique celle de tous les autres. Inversement, chacune des parties contient le tout (c'est ce qui se passe avec les nombres transcendants étudiés par Cantor, dont chaque série a le même nombre que le total) ; il suffit d'en comprendre une pour comprendre l'univers.

La compréhension intellectuelle de la doctrine du Bouddha n'est pas importante ; l'essentiel est une illumination intime, qui semble correspondre à l'extase. Souvenons-nous de la parabole hindoue du voyageur qui parcourt en été un désert et qui, croisant un autre voyageur, lui dit qu'il est mort de fatigue et de soif, et qu'il est à la recherche d'une source. L'autre lui indique le chemin. Cette indication n'apaisera pas sa soif et ne soulagera pas sa fatigue ; il faut pour cela que le voyageur parvienne lui-même à la source. Le désert est la naissance et la mort; le premier voyageur est tout être vivant; le second est le Bouddha; la source est le Nirvana. Comme tous les mystiques, le bouddhiste met en doute la valeur du langage et des raisonnements. Rappelons la parabole de la flèche, exposée par Gautama lui-même ; le Zen a repris cette tradition et fait passer le satori avant les rites, l'érudition et la discussion philosophique. Le satori est donc le principe et la fin du Zen; on l'a comparé à une fleur qui s'ouvre et s'épanouit d'un seul coup.



La suite donc sur le bouddhisme zen une prochaine fois comme dans les romans-feuilletons du dix-neuvième siècle ou dans les séries télévisées américaines actuelles. Amicales salutations.


jeudi 21 février 2019

Annonce du 2 ème VM Day (Journée de Virtual Magie) qui aura lieu le samedi 23 février 2019.






La photographie annonçant l2 ème VM Day (Journée de Virtual Magie)
  

Je vais vous présenter l’événement de la semaine en prestidigitation, le deuxième VM Day. 

Le premier a été exceptionnel, pourquoi le second ne le serait-il pas ?

D'abord les références :

2 ème VM Day | Samedi 23 février @Paris
WIP, La Villette
30 Avenue Corentin Cariou
75019 Paris
COÛT : à partir de 99€

Après le succès de la 1ère édition du VM Day, le prestidigitateur Thomas Thiébaut , magicien du net, créateur du site français de référence sur la prestidigitation, Virtual Magie, organise une 2 ème fête de la magie.
Venez la célébrer avec les prestidigitateurs Kieron JOHNSON, Laura LONDON, Yves CARBONNIER, Benoît ROSEMONT, Maxence VIRE.
 Il y aura plus de 8 événements en une seule journée !
Les 10 premières places sont au tarif exceptionnel de 99€ !
Dans le cadre du Magic WIP, vous assisterez à ce programme exceptionnel !
1) 3 conférences
·         Benoît ROSEMONT : “Comment trouver un personnage et écrire un scénario magique
Cette conférence sera illustrée par la mise en pratique des outils proposés par Benoît, avec l’un des participants, et aura pour toile de fond l’écriture d’un spectacle de magie pour enfants.
Benoît partagera avec les magiciens présents ses méthodes pour trouver un personnage, écrire un scénario, choisir les effets et les organiser afin d’écrire un spectacle magique.


  • Laura LONDON : "Cartes et Triche"

  • Maxence VIRE :  “Un bout de moi”
Une conférence sur des tours tous testés en conditions professionnelles puisque ils font partie pour la plupart de l'arsenal de Maxence au quotidien dans ces close-up ou sur scène.

Effets
  • Imagination : magie des pièces qui rassemble apparitions, disparitions, 3fly, coins accross... une vraie routine de 5 minutes construite pour le table à table
  • Misdirection : certainement la marque de fabrique de Maxence, une pure leçon de détournement d'attention
  • Sharpierce : un secret encore jamais révélé en boutique
  • L'huile et l'eau : la version revisitée de Maxence à 6 cartes
  • Invraisemblable : une routine de cartes qui fait perdre la tête avec un final fort
  • Et pleins d'idées encore à partager

2) 4 spectacles avec uniquement des grands artistes de notre art :
·         le magicien anglais déjanté Kieron JOHNSON
·         la cartomane londonienne qui monte Laura LONDON
·         l’expert en cartomagie Yves CARBONNIER
·         le multi-talentueux Benoît ROSEMONT
Close-up autour d’un bar magique avec Marc RIGAUD
Et bien sûr, beaucoup de rencontres et d'échanges magiques entre participants.
  
Créé il y a 20 ans par Thomas Thiébaut, Virtual Magie  est le premier site en France dédié à l’art de la magie. Chaque jour, il réunit plusieurs milliers de magiciens autour de ses rubriques telles que le forum, les petites annonces, les tests, les tours de magie, l’agenda, la boutique, les bons plans…

Voilà. C'est tout pour le moment. Amitiés à tous.


vendredi 15 février 2019

Compte rendu du spectacle de mentalisme de Franck Lamy « Ne pensez pas… » du vendredi 15 février 2019 au théâtre Pixel, meilleur spectacle de mentalisme de l’année 2019 ?




L’affiche du spectacle de Franck Lamy.


Je suis allé aujourd’hui voir le spectacle de mentalisme de Franck Lamy  « Ne pensez pas… » au théâtre Pixel et je l’ai trouvé remarquable.

Pris dans mon enthousiasme, j’allais tomber dans l’erreur de lui décerner le prix du meilleur spectacle de mentalisme de l’année 2019, prix que j’attribue depuis plusieurs années (une fois, j’avais choisi Giorgio pour « Mental expert 2 », une autre fois, ce fut Gilles Rollini pour son show « Hasard ou coïncidence ? » ).

Mais en revenant chez moi et en regardant mon calendrier, je me suis aperçu que l’on était au mois de février et qu'il reste encore 10 mois pour pouvoir déclarer haut et fort et de manière objective qu’un spectacle de mentalisme est le meilleur de l’année.

Cependant, revenons au commencement de l’article. Je n’ai pas trouvé ce spectacle de mentalisme remarquable, un des meilleurs auxquels j’ai assisté, sans raison. Je décrirai 5 points que je trouve objectifs pour expliquer les motifs de mon enthousiasme. Je tiens à préciser que je n’étais pas venu seul au spectacle et que j’étais accompagné d’un ami mentaliste et qu’il a eu à peu près le même ressenti que moi sur l’ensemble du show de Franck Lamy.

1) Le spectacle est très intelligent.

Franck Lamy arrive tout en décontraction, sympathique, presque les mains dans les poches, sans avoir l’air de toucher à rien et, tout à coup, successivement, il se passe les phénomènes les plus étranges : télépathies, prémonitions, coïncidences inexpliquées, etc., qui laissent les spectateurs complètement décontenancés et perplexes. C’est ce que personnellement j’appelle « l’attitude Derren Brown » : celui qui est sans doute le plus grand mentaliste mondial arrive sur scène en déclarant avec une lueur bien étudiée dans le regard : « Bonjour et bienvenue. Si vous ne me connaissez pas, mon nom est Derren Brown, et je suis... une sorte de magicien. Puis-je me joindre à vous pour quelques minutes ? ».

2) Le spectacle est très drôle.

C’est vrai, j’ai un peu de partialité, mes maîtres à penser en magie ont toujours été Juan Tamariz, le prince espagnol de la magie comique, et Garcimore, un des prestidigitateurs français les plus drôles. Pour moi, l’humour dans un spectacle (et dans la vie) est quelque chose de déterminant et d’essentiel. Ce n’est pas par hasard si j’ai attribué les deux précédents prix du meilleur spectacle de mentalisme de l’année à Giorgio et à Gilles Rollini qui sont des mentalistes maniant l’humour à la perfection. Il paraît (je ne sais pas si c’est vrai mais c’est quand même très beau) qu’Albert Einstein avait l’habitude de dire que son intelligence était due à son humour d’enfant.

3) Le spectacle est très original.

Vu le nombre de mentalistes qui tournent actuellement en France, il est difficile de créer de l’originalité dans un spectacle de ce genre. Franck Lamy y réussit. Il revisite des tours qui sont des classiques : le test des chaises, le test des livres, etc., et y apporte chaque fois une astuce de son cru, une présentation différente inventée par lui qui produisent un effet d’originalité auprès des spectateurs (et même des mentalistes !).

4) Le public participe activement et est conquis par le spectacle.

Pour la plupart de ses tours, Franck Lamy demande à des spectateurs de monter sur la scène. Ils peuvent toucher aux objets magiques (comme Saint-Thomas en son temps) et ils en sont d’autant plus étonnés. Je suis de ceux qui pensent que, sans un accueil chaleureux du public, un magicien n’est rien. Un prestidigitateur peut être excellent techniquement, si le public n’est pas conquis, pour moi son spectacle ne tiendra pas dans la durée.

5) Même si l’on se place du point de vue du technicien en prestidigitation, Franck Lamy a une diction et une rythmique presque parfaites.

Cela signifie tout simplement qu’il est très professionnel, que son spectacle est très travaillé magiquement parlant, et que  cela s’’entend et se voit.

In fine, je sens que peut-être certains esprits chagrins vont dire que je ne suis pas objectif, que je suis peut-être même dans le dithyrambe. Je déclare deux choses pour me défendre !!!

1) Je ne connaissais pas Franck Lamy avant de venir à son spectacle et, depuis 49 ans que j’assiste à des spectacles de magie, j’en ai vu bien d’autres.

2) Je vous rappelle ce qu’a déclaré Sacha Guitry à un jeune auteur venu le voir, enthousiaste, en criant : « Maître, maître, j’ai enfin réussi, j’ai écrit un livre totalement objectif. ». Le maître a simplement répondu : « Si votre livre est totalement objectif, dans ce cas-là, ne le signez pas ». Je signe donc mon article sans aucune hésitation…

Le seul résultat que j’espère avoir pu modestement atteindre en ayant rédigé ce texte, c’est que vous accouriez pour assister au spectacle de mentalisme de Franck Lamy « Ne pensez pas… » (vendredi 1er, 15, 29 mars et vendredi 12 avril à 19 h 30), cela si vous aimez à la fois l’humour et le mystère et que vous êtes fasciné par les prodiges de l’esprit humain.


Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.







Un spectateur sur la scène de Franck Lamy.





mardi 12 février 2019

Compte rendu de « La part d'ombre du chercheur de lumière » de Debbie Ford (septième partie, « Une vie digne d’être vécue, suite »).




Debbie Ford.


Beaucoup de chercheurs ont travaillé sur la partie de notre esprit qu’on peut appeler part d’ombre. Jean-Louis Bernard dans Les archives de l’insolite décrit l’ombre comme un moi caricatural, anarchique et brouillon, un mime, un domestique peu fidèle. Chez la majorité, l’ombre est inconsistante, mal centrée, un peu folle. C’est Debbie Ford qui a pour moi (bien que son livre La part d’ombre du chercheur de lumière soit difficile d’abord) le mieux abordé ce sujet important.


Cet article est la suite de celui-ci.

Une vie digne d’être vécue (suite)

Nous dépensons des milliards par année pour modifier notre corps, améliorer notre santé et nos relations personnelles, et pourtant la majorité d'entre nous demeurent insatisfaits à un niveau ou un autre de leur existence. Nous sommes constamment en état de manque à l'égard de quelque chose qui semble hors d'atteinte. À la source de cet état de manque, de ce sentiment de rêves inaccomplis, il y a la prétention   que nous sommes en route vers quelque chose, alors qu'en fait nous sommes bloqués dans le trafic. Comment pouvez-vous prétendre avoir un vrai désir, un but authentique, sans un plan pour le réaliser ? Sans l'engagement personnel d'accomplir tout ce qui est nécessaire pour l'atteindre, jamais votre objectif ne se concrétisera. Les psychologues appellent cela de la pensée magique. Nous nous mentons à nous-mêmes en pensant qu'un jour nous réaliserons nos rêves sans jamais prendre de mesures effectives. Certains passent leur temps à méditer sur leurs désirs. D'autres en parlent à leurs amis, ou s'adressent à des gurus ou se mettent à fréquenter les églises. Certaines personnes gaspillent leur argent en consultant des voyants ou des diseuses de bonne aventure. Et plusieurs vivent par procuration dans les films ou la télévision, pendant que leurs rêves restent en dormance.

Tout cela, ce ne sont que des manières d'éviter de faire face à la vérité. La prière sans action, ce n'est pas de la prière, c'est de la rêverie. Comment Dieu peut-il nous aider si nous ne nous aidons pas nous-mêmes ? J'ai déjà entendu une histoire à propos d'un homme extrêmement croyant. Il confiait souvent à ses amis que sa vie instable se replacerait d'elle-même, parce que Dieu prendrait soin de lui. Un jour, une énorme tempête entraîna une grosse inondation dans la ville où il habitait. Alors que les gens rassemblaient leurs effets pour s'enfuir, lui restait à la maison, sans bouger, persuadé que Dieu viendrait l'aider. L'eau commençait à s'infiltrer par les portes et les soupiraux. Un camion de pompiers passa par là, et des sauveteurs lui crièrent : « Venez, vous ne pouvez pas rester ici ! » « Non, leur répondit-il, Dieu viendra prendre soin de moi ! »

L'eau monta bientôt à hauteur de taille et les rues se transformèrent en rivières. Une embarcation de la garde côtière s'approcha de la maison de l'homme en question. L'équipage lui cria : « Venez vite nous rejoindre à la nage ! » « Non, répliqua-t-il, Dieu viendra prendre soin de moi. » La pluie continua à se déverser jusqu'à ce que toute sa maison soit inondée. Un hélicoptère survola l'endroit, et le pilote aperçut l'homme sur le toit, en train de prier. Abaissant l'échelle, le pilote lui dit, par haut-parleur : « Vous, en bas, attrapez l'échelle, on va vous conduire à l'abri ! » Encore une fois, il proclama avec conviction : « Dieu prendra soin de moi ! » Finalement, l'homme se noya. Arrivé aux portes du paradis, il ne s'était jamais senti aussi trahi : « Mon Dieu, dit-il, j'ai mis ma foi en Toi, et je T'ai prié pour que Tu me sauves. Tu m'avais dit que Tu prendrais toujours soin de moi et, là, quand j'ai vraiment eu besoin de Toi, Tu n'étais pas là. » « Qu'est-ce que tu veux dire, lui répliqua Dieu, je t'ai envoyé un camion de pompiers, un bateau et un hélicoptère. Qu'est-ce que tu veux de plus ? »

Il n'y a rien de mauvais dans la foi, ni dans la prière. Mais, à un certain moment, c'est à vous qu'il revient de passer à l'action. Prenez l'engagement personnel d'obtenir ce que vous voulez dans la vie et, ensuite, dressez un plan pour y arriver. Tout est là, qui vous attend, mais il ne faut pas croire que cela va vous tomber tout seul dans les bras. Si vous voulez savoir jusqu'à quel point vous êtes sérieux dans votre intention de changer votre vie, demandez-vous si vous avez un plan d'action. Si la réponse est négative, retournez voir si l'engagement que vous avez pris pour atteindre votre but est authentique. Un plan d'action doit être consigné par écrit. S'il est seulement dans votre esprit, il tiendra plus du rêve que du plan. Les plans échafaudés dans la tête finissent par se perdre ou s'oublier, ou être supplantés par la vie quotidienne. Dites-vous que vous avez plus de chance de réaliser vos objectifs si vous les avez transcrits sur papier et que vous les gardez à portée de main.

Sans un plan, nos désirs viennent nous tourmenter et nous laissent un sentiment de vide. Gandhi a déclaré un jour : « Je n'ai pas l'ombre d'un doute que n'importe quel être humain peut réaliser ce que j'ai fait, à condition qu'il investisse le même effort et cultive la même espérance et la même foi. Qu'est-ce que vaut la foi si elle ne se traduit pas en action ? » La plupart des souffrances que j'observe chez les gens proviennent du fait qu'ils n'ont pas réalisé leurs rêves. Ils passent leurs journées à penser qu'ils ne sont pas avec la bonne personne, ou qu'ils n'ont pas le travail qui leur convient ; et, quand je leur demande comment ils vont planifier leur action pour changer ces aspects de leur vie, ils me regardent comme si je voulais les faire marcher. Ils croient que, lorsqu'ils se seront finalement « repris en main », ils vont aisément concrétiser leurs désirs. Remettez en question ce genre de croyances.

Il est relativement facile de dresser un plan d'action. La partie la plus difficile de la démarche consiste à savoir prendre le temps nécessaire pour l'exécuter. Je vous suggère de prendre un objectif sur lequel vous travaillez — celui qui vous semble le plus à votre portée. Divisez-le ensuite en quatre volets. Un plan quotidien, un plan hebdomadaire, un plan mensuel et un plan annuel. Posez-vous alors les questions suivantes : « Qu'est-ce que je peux faire sur une base quotidienne pour réaliser mon but ? Qu'est-ce que je peux faire sur une base hebdomadaire pour réaliser mon but ? Qu'est-ce que je peux faire sur une base mensuelle pour réaliser mon but ? Qu'est-ce que je peux faire sur une base annuelle pour réaliser mon but ? » Faites un calendrier de différents projets qui vont vous rapprocher du résultat souhaité. Lorsque vous avez achevé votre plan, vous êtes alors en route pour réaliser vraiment vos rêves.


La suite au prochain numéro comme dans les romans-feuilletons. Amitiés à tous.