Alexis Desouches.
Ancien avocat, médiateur et consultant, Alexis Desouches
pratique zazen depuis l'an 2000. Il a reçu cette année l'ordination de
bodhisattva. Formé auprès du Centre pour la mindfulness de la Faculté de
Médecine de l'Université du Massachussetts, il est notamment instructeur du
programme MBSR (Mindfulness-Based Stress Restriction) de réduction du stress
fondé sur la pleine conscience conçu par le Docteur Jon Kabat-Zinn.
Alexis Desouches est fondateur de la société de conseil
Kamilex.
Passionné par les méthodes d’amélioration continue et de performance propres à
l’esprit startup, il accompagne des entrepreneurs francophones dans la création
et le développement de leurs organisations.
Il est membre actif de l'Association pour le Développement de la Mindfulness (ADM), membre co-fondateur de l'association « Mindfulness Solidaire » qui partage la pratique de la mindfulness avec les personnes en grande précarité et les détenus ainsi que du think tank (groupe de réflexion) citoyen « Initiative Mindfulness France » qui vise à informer et à sensibiliser le monde politique et les décideurs publics sur les bienfaits que peut apporter la mindfulness dans la société, et plus particulièrement dans le domaine de la santé, de l'éducation, du travail et de la justice.
Il est membre actif de l'Association pour le Développement de la Mindfulness (ADM), membre co-fondateur de l'association « Mindfulness Solidaire » qui partage la pratique de la mindfulness avec les personnes en grande précarité et les détenus ainsi que du think tank (groupe de réflexion) citoyen « Initiative Mindfulness France » qui vise à informer et à sensibiliser le monde politique et les décideurs publics sur les bienfaits que peut apporter la mindfulness dans la société, et plus particulièrement dans le domaine de la santé, de l'éducation, du travail et de la justice.
Alexis Desouches a aussi conçu le programme
d’approfondissement de la pleine conscience de l’application de méditation pour
smartphones « Petit Bambou ».
Il dédie cette conférence au maître zen Bernie Glassman,
militant de la paix dans le monde, qui vient de nous quitter le 4 novembre de
cette année.
Le conférencier nous confie qu’il voulait appeler sa conférence
« Zen et pleine conscience » et qu’on lui a suggéré « Zazen et
pleine conscience ». Loin de s'opposer, zazen et mindfulness s'éclairent
mutuellement.
Alexis Desouches demande aux participants ce que signifie le
mot « zazen » pour eux.
Zazen, c’est s’asseoir sans but, sans esprit de profit.
C’est prendre conscience des limites de notre vie, des
filtres de notre esprit (jugements, croyances).
Comme disait le maître zen Dôgen : « Se connaître
soi-même, c’est s’oublier. S’oublier soi-même, c’est s’ouvrir à toutes choses. »
Comme l’écrivait Shunryu Suzuki dans « Esprit zen,esprit neuf », « La pratique du zazen est l’expression directe de
notre vraie nature. Au sens strict pour un être humain, il n’y a pas d’autre
pratique que cette pratique ; il n’y a pas d’autre manière de vivre que
cette manière de vivre. »
Alexis Desouches explique ensuite les origines bouddhistes de
la méditation de pleine conscience (mindfulness). Mindfulness est la traduction
donnée dès 1881 par T. W. Rhys Davids, célèbre spécialiste anglais de la langue
Pali, du terme sati (smirti en Sanscrit), étymologiquement relié à la notion de
mémoire, de souvenir. Souvent associé au terme sampajanna (en Pali), entendu
comme une expérience directe, claire, profonde et constante de l'impermanence
des phénomènes, sati est une exhortation à nous souvenir, à prêter attention,
avec discernement, à ce que nous vivons.
Dans son « Grand discours sur
l'établissement de l'attention» (Maha Sati-patthana Sutta), le Bouddha a donné
une importance particulière à cette posture attentionnelle, à cette attention
juste (sama sati), faisant de celle-ci la pierre angulaire des sept autres
pratiques composant l'Octuple Noble Sentier, la dernière des Quatre Nobles
Vérités dans lesquelles il a condensé son enseignement : l'existence
universelle de la souffrance (dukkha), les origines de cette souffrance, sa
cessation possible, et le chemin menant à cette extinction.
La mindfulness (pleine conscience), telle que la pratique et
l’enseigne Alexis Desouches, est le programme MBSR (Mindfulness-Based Stress
Reduction), qu'a créé un scientifique reconnu Jon Kabat-Zinn (il existe une autre méthode la MBCT, Mindfulness based cognitive therapy : voir à ce sujet le livre de Christine Mirabel-Sarron "Mener une démarche de pleine conscience, Approche MBCT").
En 1979, celui-ci, professeur en biologie moléculaire au
Massachusetts Institute of Technology (MIT), pratiquant à la fois le zen, le
yoga, l'aïkido, et la méditation Vipassana, eut l'intuition, conçut et
développa au sein de la Faculté de Médecine de l'Université du Massachusetts, le
programme MBSR (Mindfulness-Based Stress Reduction) de réduction du stress
fondé sur la pleine conscience. Il résume la pleine conscience dans cette
phrase : « Prêter de manière intentionnelle attention au moment
présent, sans jugement ».
Quel est le contenu de ce programme ?
Ancré dans le courant de la médecine
intégrative, qui envisage le corps et l'esprit comme formant un tout, fondé sur
un entraînement systématique et intensif à la Mindfulness, le programme MBSR
est enseigné de manière collective (jusqu'à 20 personnes), sur une période de 8
semaines à raison d'une session d'information, de 8 sessions hebdomadaires de
2H30, et d'une journée d'intégration en silence, soit 31 heures d'enseignement.
Le programme est structuré sous la forme d'un parcours destiné à soutenir la
santé des participants, soulager la détresse et la souffrance liées à la grande
variété des défis, des pathologies médicales ou psychologiques auxquelles ils
doivent faire face dans leurs vies. La pratique intensive de la Mindfulness et
des sept attitudes qui en constituent les piliers majeurs (le non-jugement, la
patience, l'esprit du débutant, la confiance, l’effort sans effort,
l'acceptation et le lâcher-prise), donne aux participants la possibilité
d'entrer différemment en relation avec une douleur, un stimulus ou une
expérience quelconque, afin d'être en mesure d'apporter à chaque situation une
réponse adaptée au lieu d'y réagir de façon automatique.
Les sessions du
programme proposent un ensemble d'outils et de techniques fondés sur la Mindfulness,
simples à mettre en œuvre (scan corporel, méditation assise, couchée, debout et
en mouvement), des exercices d'étirement issus du Hatha Yoga, des pratiques
informelles de Mindfulness issues de la vie quotidienne, comme manger en pleine
conscience, mais aussi des partages d'expérience en groupe, des dialogues
exploratoires ainsi que des apports théoriques et pédagogiques (physiologie,
psychologie du stress, communication, neurosciences ...). Enfin, des cahiers
d'exercice et des méditations guidées sont mis à disposition des participants
sous format numérique, pour qu'ils puissent pratiquer, tous les jours, en
autonomie, entre deux sessions.
Le conférencier développe ensuite les sept attitudes pratiquées dans les
stages de MBSR : le non-jugement, la patience, l'esprit du débutant, la
confiance, l’effort sans effort, l'acceptation et le lâcher-prise
1) Le non-jugement
Il ne faut pas juger les situations surtout
en terme de dualité : l’agréable et le désagréable, ce qu’on aime, ce
qu’on n’aime pas pour ensuite rejeter le désagréable et ce qu’on n’aime pas.
2) La patience
Le stage de MBSR dure huit semaines.
3) L'esprit du débutant
Les stagiaires pratiquent la posture
du témoin. Ils essaient de découvrir les choses comme s’ils les voyaient pour
la première fois. Alexis Desouches donne la référence pour ce qui est du zen au
livre du maître Shunryu Susuki « Esprit zen, esprit neuf ».
4) La confiance
5) L’effort sans effort,
Dans le zazen, il y à la fois but et
absence de but. On laisse de côté les objectifs. On a une attitude ouverte,
sans choix, et l’on repère nos automatismes émotionnels. Cela constitue une
présence ouverte, douce. On s’aperçoit que les pensées nous arrivent sans qu’on
les choisisse.
6) L'acceptation
Dans le zazen, on accepte les choses
telles qu’elles sont.
7) Le lâcher-prise
Conclusion :
Le fait de laisser les participants
s'approprier, à leur rythme, les outils de la pleine conscience, ici envisagée
comme une pratique universelle n'ayant nullement besoin de se référer
explicitement à ses anciennes racines éthiques, en explorant le fonctionnement
de leur esprit et les liens existant entre la qualité de l'attention,
l'expérience de la souffrance et l'amélioration de leur santé, constitue une
expérience profondément transformatrice, qui se déploie bien au-delà de 8
semaines. Il s'agit là d'une occasion unique pour les participants de guérir de
bien des maux, de prendre soin d'eux, des autres et du monde.
En cela, le programme MBSR entre pleinement en résonnance avec l'étymologie latine du mot méditation (meditari, dérivé de mederi) qui signifie, lui aussi, pendre soin.
En cela, le programme MBSR entre pleinement en résonnance avec l'étymologie latine du mot méditation (meditari, dérivé de mederi) qui signifie, lui aussi, pendre soin.
Voilà. C’est tout pour aujourd’hui. Amitiés à tous
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire