dimanche 17 juin 2018

Compte rendu du livre « 50 exercices de Gestalt » de Catherine Clouzart (première partie).



 Catherine Clouzart.

Je viens de lire un livre que j’ai trouvé à la fois formidablement bien écrit, original et passionnant. Je voudrais vous en faire part à travers quelques articles de ce blog. Il s’agit de « 50 exercices de Gestalt » de Catherine Clouzard.


Cet article est la suite de celui-ci. 

Voici le résumé de l’ouvrage.

J'apprivoise ma colère.

Il peut arriver que l'on soit en colère au point de ne pas savoir la gérer. On peut se mettre « hors de soi », tout comme on peut enfouir cette colère au plus profond jusqu'à ce qu'elle se retourne contre soi. Il est préférable d'apprivoiser sa colère et de la canaliser.

Il est nécessaire pour apprivoiser sa colère de suivre ces instructions :

1) Je me centre sur ma colère, qu'elle soit en train de monter ou déjà bien installée.

2) Je prends le temps de préciser les sensations et les images qu'elle provoque :

          Quel est mon agacement ? Léger, petit, moyen, grand ?
          Est-ce une petite, une moyenne, une grosse ou une énorme colère ?
          Est-ce que je ressens de la rage, de la violence ?
          De quelle « couleur » est ma colère ?
          Où se situe-t-elle dans mon corps ?

Par exemple : je suis dans une colère noire ! Je bouillonne en repensant au moment où mon patron m'a dit qu'il me licenciait. Si je ne me contrôlais pas, je casserais quelque chose ! J'ai une boule au ventre.

3) Je remets ma colère dans son contexte.

·           Comment est apparue cette colère ? Par exemple : quand mon patron, le même qui m'a fait déménager pour ce poste il y a deux mois, m'a dit qu'on allait devoir supprimer mon emploi.
·           Depuis quand ai-je conscience d'être en colère ? Par exemple : je n'ai pas très bien compris ce qui se passait sur l'instant. Elle est montée petit à petit.
·           Comment évolue-t-elle dans la durée ? Par exemple : ça ne fait qu'empirer.
·           Est-ce une colère qui s'est déplacée ? Par exemple : oui, je suis particulièrement sensible à toutes les critiques, mêmes les plus anodines en ce moment.
·           Est-ce une colère qui me semble légitime ? Par exemple : oui, car c'est une façon de procéder très grossière !

4) Je fais le point sur ce que me dit ma colère et j'identifie la manière dont je peux l'exprimer de manière constructive.

·           Que me dit cette colère au sujet d'un territoire, qu'il soit personnel, physique, matériel, psychique ou symbolique, qui serait envahi ? Par exemple : j'ai le sentiment de m'être fait avoir et de me faire « jeter » de mon travail !
·           Qu'est-ce qui m'empêche d'exprimer ma colère ou qu'est-ce qui fait que je l'exprime de façon inadaptée ? Par exemple : ça reste mon supérieur hiérarchique et de plus je suis surpris !
·           Comment exprimer, ou transformer, cette colère-là de façon acceptable ? Par exemple : demander un entretien et le préparer.
·           Qu'est-ce que je peux mettre en place concrètement afin de faire respecter les limites de mon « territoire », dans cette situation-là ? Par exemple : faire valoir mes droits fermement et calmement, demander un dédommagement.

Commentaire.

Cet exercice vous permet d'accueillir et de préciser ce sur quoi porte votre colère. Vous prenez conscience de ce qui vous dérange, vous l'exprimez et vous agissez afin d'y remédier. La colère comprise appelle une agressivité saine et légitime de défense ajustée qui a toutes les chances d'être entendue. Une colère qui n'est pas entendue ou mal canalisée peut se dégrader en violence : violence contre l'autre ou contre soi-même.

Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.


Pause dans le blog avec Osho (vingtième partie) (Si vous voulez voir la vérité, n'ayez aucune opinion pour ou contre).




Osho.



Osho au départ ne s’appelait pas Osho. Il est né sous le nom de Rajneesh Chandra Mohan Jain. Puis il s’est fait connaître dans les années 70 et 80 en se présentant comme Bhagwan Shree Rajneesh. Il publie en 1974 The book of secrets (Le livre des secrets), un livre au titre mystérieux mais au contenu passionnant. Osho est pour moi un des écrivains qui a le mieux parlé de la spiritualité et de la méditation. Il a fait scandale avec la révélation de sa grande fortune personnelle (il possédait plusieurs voitures de luxe). Il y a plusieurs ouvrages de lui que j’ai beaucoup aimés (par exemple Être en pleine conscience, une présence à la vie et Autobiographie d’un mystique spirituellement incorrect).

Cet écrit est une traduction d’un texte du blog de Osho.

Il est la suite de cet article.

La vérité n'est pas entre les mains des prêtres, des pasteurs ou des enseignants. Elle se trouve juste à l'intérieur de vous. Attendant que vous la réveilliez et profitiez de sa plénitude. Vivez sans opinion. Vivez nu, sans vêtements, sans opinions sur la vérité, parce que la vérité déteste toutes les opinions. Abandonnez toutes vos philosophies, théories, doctrines, écritures ! Abandonnez toute cette merde! Vivez en silence, sans choisir, avec vos yeux simplement désireux de voir ce qui est là, ne vous attendez pas à voir vos souhaits remplis. Ne vous chargez pas avec des vœux.

On dit que la route vers l'enfer est pleine de désirs, de bonne volonté, d'espoirs, de rêves, d'arcs-en-ciel, d'idéaux. La route vers le paradis est absolument vide. Débarrassez-vous de tous les fardeaux ! Si  vous voulez beaucoup obtenir, vous devrez vous faire plus léger. Si vous voulez gravir l'Himalaya, vous devrez quitter toutes vos charges. Finalement, quand vous arriverez à Gurisankar, sur l’Everest, vous devrez tout quitter. Vous devrez cheminer complètement nu, parce que plus vous serez élevé, plus vous devrez être léger. Et toutes les opinions sont lourdes. Elles n’ont pas d'ailes. Il ne faut pas d'avis, pas de préférence... Si vous voulez contempler la vérité, ne gardez aucune opinion pour ou contre. Si vous voulez connaître la vérité, ne soyez pas croyant ou athée. Ne dites pas: « Dieu existe » ou « Dieu n'existe pas », parce que tout ce que vous dites deviendra un désir profond. Et vous projetez tout ce qui est caché derrière votre désir.

Si vous voulez voir Dieu comme un Krishna avec une flûte sur ses lèvres, un jour vous le verrez; non pas parce que Krishna est là, mais seulement parce que vous avez une graine de désir que vous projetez sur l'écran du monde. Si vous voulez voir Jésus crucifié, vous le verrez. Ce que vous voulez sera projeté, mais ce n'est qu'un monde de rêves ; vous ne vous approchez pas de la vérité. Ne plantez pas de graines dans votre monde intérieur: vivez sans opinion, sans aucune pensée pour ou contre, sans philosophie.

Vois juste ce qu'il y a. N’apporte pas d'esprit avec toi. Vis sans esprit. Si vous voulez voir la vérité, n'ayez aucune opinion pour ou contre. La lutte entre ce que vous aimez et ce que vous n'aimez pas est la maladie de l'esprit. C'EST LA MALADIE DE L'ESPRIT : Ce que vous aimez et ce que vous n'aimez pas, pour et contre. Pourquoi l'esprit est-il divisé ? Pourquoi ne peux-tu pas être un? Vous l'aimeriez, vous souhaitiez être un, mais vous continuez à nourrir les divisions, les préférences, le « j'aime ça » et le « je ne l'aime pas ». Il faut ne pas avoir de préférence pour cette route ou pour celle-là. Juste aller l’esprit vide. Aller juste sans aucune opinion. Voir simplement en étant  disponible, réceptif.

Un professeur est là pour vous aider à quitter vos opinions, à abandonner votre esprit. Et si l'enseignant lui-même devient votre choix, il deviendra également lui aussi une barrière. Cette fois encore vous avez choisi, cette fois encore vous avez utilisé l'esprit. Et plus vous utilisez l'esprit, plus il devient fort, plus il se renforce.

Ne l'utilisez pas. C'est difficile, parce que vous direz: «Et qu'adviendra-t-il de notre amour ? Quel sera notre engagement ? Quelles seront nos croyances ? Qu'adviendra-t-il de notre religion, de notre Église, de notre temple? ». Ce sont vos charges. Libérez-vous d'eux et laissez-les se débarrasser de vous. Ils vous gardent ici, enracinés, et la vérité veut vous libérer. Libéré, vous aurez comme des ailes vous serez comme sans poids.

La lutte entre ce que vous aimez et ce que vous n'aimez pas est la maladie de l'esprit.   Comment guérir? Y at-il un moyen de surmonter cette maladie? Non, il n'y a aucun moyen. Il faut simplement la comprendre. Il suffit de regarder le fait en soi. Il suffit de fermer les yeux et de regarder dans sa propre vie ; observez-la. Et vous sentirez la vérité. Et quand vous sentez la vérité, la maladie disparaît. Il n'y a pas de remède, car si on vous donne un remède, ce remède commencera à vous plaire. Alors vous oublierez la maladie mais vous commencerez à aimer le remède. Et ce même remède deviendra la maladie. Et personne d'autre que vous n’a créé cette maladie. C'est la maladie de votre esprit : préférer, choisir. Il ne faut décider. Il est nécessaire d’accepter la vie dans son intégralité. Il faut voir l'ensemble : la vie et la mort ensemble, l'amour et la haine ensemble, l'érotisme et l’ésotérisme ensemble, le bonheur et le malheur ensemble, la spiritualité et la sexualité ensemble, l'agonie et l'extase ensemble. Si vous les voyez ensemble, que restera-t-il à choisir?   

Si vous voyez qu'ils sont un, alors où iront vos choix ? Si vous voyez que l'agonie n'est que de l'extase et l'extase de l’agonie ; si vous pouvez voir que le bonheur n'est rien d'autre que le malheur; cet amour n'est rien d'autre que la haine et la haine l'amour; Alors où choisir? Comment choisir? Alors le choix disparaît. Ce n'est pas que tu l’abandonnes. Si vous êtes celui qui l’abandonne, cela deviendra un choix; C'est le paradoxe. Ne supposez pas que vous devez le quitter, parce que si vous le quittez, cela signifie déjà que vous avez choisi pour et contre. Maintenant, votre choix est le tout. Vous êtes en faveur du tout et contre la division, mais la maladie est entrée. C'est très subtil. Comprenez simplement, parce que la compréhension fait disparaître le choix. Tu ne la quittes jamais. Tu ris tout simplement ...

Voilà. C'est tout pour le moment. Amitiés à tous !




Compte rendu du livre « Ma Gestalt-thérapie, une poubelle-vue-du-dehors-et-du-dedans » de Fritz Perls (douzième partie).



Fritz Perls.


Je viens de lire un livre que j’ai trouvé à la fois formidablement bien écrit, original et passionnant. Je voudrais vous en faire part à travers quelques articles de ce blog. Il s’agit de « Ma Gestalt-thérapie, une poubelle-vue-du-dehors-et-du-dedans » de Fritz Perls.

 Cet article est la suite de celui-ci.

Je suis toujours aussi peu disposé à revenir en arrière et à parler de Vienne en 1927. D'où me vient une telle phobie ? Y a-t-il quelque chose de particulier dont j'aie honte ? Je suis revenu à plusieurs reprises à Vienne depuis dix ans. J'aime le théâtre, l'opéra, les cafés, la bonne chère.

Le brouillard commence à se lever. Malgré leur réputation, die Wiener Mäderln, les demoiselles viennoises, ne m'attiraient pas spécialement. Je n'ai jamais eu d'aventures sentimentales à Vienne. Il n'y avait là pas grand-chose en dehors des extrêmes du puritanisme bourgeois et de la prostitution. Et la liberté sexuelle que j'avais si bien connue à Berlin et à Francfort était absente.

Je pris un poste d'assistant à l'hôpital psychiatrique où Wagner-Jauregg, célèbre pour son traitement de la syphilis cérébrale par la malaria, et Paul Schilder étaient mes patrons. Schilder était intelligent et avait une compréhension parfaite des relations de structure et de fonction de l'organisme. Pendant ses cours, je me sentais mal à l'aise. Sa voix de fausset et ses gesticulations me crispaient. Et pourtant il y avait chez lui quelque chose d'aimable et d'honnête. Un autre psychanalyste qui fit sur moi grosse impression fut Paul Federn, surtout une phrase qu'il prononça au cours d'une conférence. Imaginez un digne patriarche en train de dire : Man kann gar nicht genug vögeln (« Pas moyen de baiser tout son saoul »), et cela dans un milieu où l'on n'estimait en général que la masturbation intellectuelle.

Quand je le rencontrai plus tard à New York, nous eûmes beaucoup de discussions sur la nature du Moi. Il considérait le Moi comme une réalité ; pour moi le « Je » est simplement un symbole d’identification. Ce que cela veut dire, je n'ai pas envie d'en parler maintenant.

J'avais comme directeurs Hélène Deutsch et Hirschman, qui était un homme facile à vivre et chaleureux. Lorsque je lui demandai un jour ce qu'il pensait des différentes écoles para-freudiennes qui fleurissaient, il me répondit : « Elles font toutes de l'argent. » Hélène Deutsch, d'autre part, me semblait très belle et très froide. Un jour je lui fis un cadeau et, en guise de remerciement, elle me gratifia d'une interprétation.

Le Maître était là, quelque part à l'arrière-plan ; le rencontrer aurait été trop présomptueux. Je n'avais pas encore mérité un tel privilège.

En 1936, je crus que ça y était. N'étais-je pas à l'origine de la création d'un de ses instituts et n'avais-je pas fait 6 500 kilomètres pour venir à son congrès ? (Ça me démange d'écrire Son congrès.)
Je pris rendez-vous, je fus reçu par une femme d'un certain âge (sa sœur, je crois) et attendis. Puis une porte s'ouvrit sur environ deux pieds de large, et le Maître apparut à mes yeux. Je trouvais curieux qu'il ne quittât pas l'embrasure de la porte, mais à ce moment-là je ne savais rien de ses phobies.

« Je suis venu d’Afrique du Sud faire une communication au Congrès et vous voir. »
« Ah bon, et quand repartez-vous ? » dit-il. Je ne me souviens plus du reste de la conversation, qui dura peut-être quatre minutes. J'étais atterré et déçu.

Un de ses fils fut délégué pour m'emmener dîner. Nous mangeâmes de l'oie rôtie, mon plat favori.
Je m'attendais à être « blessé » au vif, mais j'étais seulement abasourdi. Puis lentement, les phrases classiques me vinrent aux lèvres : « Me faire ça, à moi ! C'est comme ça que tu me récompenses de ma loyauté dans mes discussions avec Kurt Goldstein ? Eh bien, tu vas voir ! »

Même ces dernières années, avec un esprit beaucoup mieux équilibré, cette rencontre reste l'une des quatre choses principales de ma vie que je n’ai pas pu mener à bien. Je ne chante pas très juste, bien que je fasse des progrès. Je n'ai jamais sauté en parachute. Je n'ai jamais fait de plongée sous-marine (bien que j'aie découvert une école de plongée à Monterey ; et j'apprendrai peut-être encore à le faire). La dernière, mais non la moindre, c'est de n'avoir pu avoir avec Freud une rencontre d'homme à homme et lui montrer les erreurs qu'il avait commises.

Ce grand besoin a surgi brusquement, à mon étonnement, pendant une séance de thérapie digne d'un cirque, il y a quelque temps, avec un stagiaires, séance qui, comme des centaines d'autres, fut filmée en vidéo et, comme certaines, repiquée en 16 mm.

Ma rupture avec Freud et son école fut définitive quelques années plus tard, mais le fantôme n'a jamais  été complètement exorcisé.
— Repose en paix, Freud, génie têtu, saint et démon.

Voilà donc l'histoire de mes quatre déceptions de l'an de grâce 1936.

Le voyage en Europe de 1936 ne fut pas que déception, loin de là, tout le monde ne se tourna pas contre moi, même si mes partisans furent peu nombreux. Je reçus l'approbation, par exemple, d'Ernest Jones, qui m'avait proposé pour le poste en Afrique du Sud. Il manifesta même quelque enthousiasme au sujet de certaines remarques que je fis lors d'une discussion sur l'angoisse.

Après le congrès, nous passâmes quelques jours en Hongrie, à la montagne. Au cours d'une partie d'échecs, il me dit : « Comment peut-on être aussi patient ? » Compliment que je serrai précieusement dans le creux de ma poitrine.

Je ne me rappelle pas comment je revins à Johannesburg.
Probablement par bateau, puisque dans ce coin du monde il n'y avait pas encore de ligne aérienne régulière. Mon amour-propre en avait pris un coup et, en même temps, je me sentais libre. Entre les pôles de mon peu de valeur et de mon arrogance naissait quelque chose comme un noyau de confiance. Non, ce n'est pas vrai. Cette confiance était souvent là, mais non reconnue. Le plus souvent, je tenais pour établi que je savais ce que je voulais. J'avais un choc quand une intuition impressionnante et comme divine, me prenant par surprise, me laissait à ma petitesse et à mon humilité. Cela pouvait venir de l'empereur, ou d'un Freud ; être le fait d'une grande actrice, ou d'une pensée inspirée ; une action héroïque, un crime audacieux, ou une langue que je ne comprends pas provoquent chez moi l'admiration, et la prière.

Pendant le voyage, les passagers, tous étrangers et qui le restèrent pendant trois semaines, me nommèrent intendant des sports. Et le dernier jour du voyage ils me fêtèrent en chantant « Auld Lang Syne ». Je n'avais rien fait pour mériter cela. Je fus ému jusqu'à la moelle, courus à ma cabine et pleurai toutes les larmes de mon corps. Bohémien solitaire, pleurant son manque d'attaches.

C'est merveilleux de voir à quel point cela m'aide d'écrire. J’avais essayé de faire de la psychanalyse ma maison spirituelle, ma religion. Si ma réserve était grande vis-à-vis de l’approche de Goldstein, ce n’était pas par loyauté envers Freud, mais par peur d’être une fois de plus privé de soutien spirituel.


Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.


samedi 16 juin 2018

Compte rendu des « As de l’illusion » du 16 juin 2018 et présentation de « Sillon d’art, Festival des arts du cirque et de la rue » à l’Arche de Chanteloup-les-Vignes du 15 au 17 juin.



La magie a élu résidence cette semaine à Chanteloup-les-Vignes.


Je suis allé voir un spectacle de magie hier soir et j’ai adoré ! Cela se passait à l’Arche à Chanteloup-les-Vignes.

J’ai appris que pendant toute la fin de la semaine s’est déroulé sous le gigantesque chapiteau de l’Arche un festival des arts du cirque et de la rue « Sillon d’art » organisé par la Compagnie des Contraires. Le spectacle que j’ai vu hier se nommait «  Les As de l’illusion » (et, je dois dire, il était à la fois très drôle et formidablement magique avec une assistance elle aussi formidablement réactive et dynamique).

Le principe de départ des « As de l'illusion » vient d’une belle idée du magicien Stéphane Lydo, qui en est le présentateur : c’est de proposer au public un plateau de prestidigitateurs reconnus issus des cabarets parisiens mais surtout qui représentent un condensé idéal des différents types de magie et arts annexes actuels (magie classique, mentalisme, grande illusion, fakirisme, etc.).

Avant tout, remercions l’indispensable Stéphanie Lydo qui s’est occupée de toute l’organisation. Mais aussi saluons tout particulièrement la maire de Chanteloup-les-Vignes, Catherine Arenou, qui nous faisait l’honneur d’assister à cette soirée.

1) Le spectacle  a débuté avec du jonglage et de la magie de scène effectués par  Stéphane Lydo.

2) Magic Cris (Cris Kahale) a enchaîné avec de magnifiques productions de cartes. J’aime beaucoup sa présentation très élégante. Par exemple, il fait surgir du néant une rose à la fin de ses apparitions de CD.

3) Stéphanie la magicienne  a ensuite effectué une très belle grande illusion.

4) Fabrice Haudecoeur  pratique un type de magie que j’adore, le fakirisme : marche sur du verre brisé, clou enfoncé dans le nez, etc.

5) De retour, Magic Cris (Cris Kahale) nous a bluffé avec un numéro étonnant de mentalisme.

6) Pour couronner le tout, un spectateur choisi au hasard dans le public a été transformé en magicien par Stéphane Lydo. Un final incroyablement drôle et décalé.



Mais attention, voici la suite du programme de « Sillon d’art, Festival des arts du cirque et de la rue ».


Dimanche 17 juin :

14H : SPECTACLE « EX-CLAVAGE »
Danse urbaine, cirque, théâtre,TOUT PUBLIC, DURÉE : 50MN

17H : CONCERT « ROCK'N'ROLL CIRCUS » Musique urbaine.

Vous trouverez le résumé et les détails de « Sillon d’art, Festival des arts du cirque et de la rue » en cliquant sur ce lien. 
Merci infiniment à tous les participants pour le grand bonheur artistique qu’ils ont pu donner à un public en majorité jeune et enthousiaste.


Voilà. C’est tout pour aujourd’hui. Amitiés à tous 


vendredi 15 juin 2018

Pause dans le blog avec Osho (dix-neuvième partie) (Quel est le but de l’existence ?).



Osho



Osho au départ ne s’appelait pas Osho. Il est né sous le nom de Rajneesh Chandra Mohan Jain. Puis il s’est fait connaître dans les années 70 et 80 en se présentant comme Bhagwan Shree Rajneesh. Il publie en 1974 The book of secrets (Le livre des secrets), un livre au titre mystérieux mais au contenu passionnant. Osho est pour moi un des écrivains qui a le mieux parlé de la spiritualité et de la méditation. Il a fait scandale avec la révélation de sa grande fortune personnelle (il possédait plusieurs voitures de luxe). Il y a plusieurs ouvrages de lui que j’ai beaucoup aimés (par exemple Être en pleine conscience, une présence à la vie et Autobiographie d’un mystique spirituellement incorrect).


Cet article est la suite de celui-ci.  


Osho a dit :

Je peux parler indéfiniment car je n'ai pas d'enseignement.
Je ne suis pas ici pour donner de réponse,
Je suis ici pour provoquer en vous
Un point d'interrogation.
Je ne peux vous donner qu'une direction, une intense passion de découvrir : j'enseigne l'amour de la vie.
Je mets l'accent sur les verbes,
Je ne le mets pas sur les noms.
Evitez les noms !
Dans le langage,
On ne peut pas les éviter,
Je le sais bien.
Mais dans la vie, évitez-les,
Car la vie est un verbe.
En fait, ce n’est pas la vie, c’est vivre.
Ce n’est pas l’amour, c’est aimer.

J'enseigne l'amour de la vie.
Si vous voulez vraiment connaître l'amour,
Oubliez l'amour
Et souvenez-vous de la méditation
Si vous voulez des roses dans votre jardin
Oubliez les roses
Et prenez soin du rosier...

Quel est le but de l’existence ?

La vie n'a pas d'autre but qu'elle-même, car la vie est un autre nom pour Dieu. Dans le monde, tout le reste peut avoir un but, peut être le moyen d'arriver à une fin, mais il y a au moins  une chose  qui y fait exception.

Vous pouvez l'appeler l’existence.
Vous pouvez l'appeler Dieu
Vous pouvez l'appeler la vie.
Ce sont les différents noms d'une même réalité.

Dieu est le nom que les théologiens donnent à la vie, et cela comporte un danger, car on peut le réfuter, on peut argumenter. Près de la moitié de la terre ne croit pas en un dieu quelconque. Pas seulement les communistes,  mais les bouddhistes, les jaïns, et il existe des milliers de libres penseurs qui sont athées. Le nom de Dieu n'est pas très justifié parce qu'il est donné par l'homme et qu'il n'y a aucune évidence, aucune preuve, aucun argument en sa faveur. Il reste plus ou moins un mot vide. Il signifie ce que vous voulez bien qu'il signifie.

Le mot existence est préférable. Tous les grands penseurs de ce siècle sont des existentialistes. Ils ont complètement laissé tomber le mot « Dieu ». Pour eux, l'existence est suffisante en soi.
Mais dans le mot « existence », rien n'indique qu'elle soit vivante : elle pourrait être morte. Rien n'indique qu'elle soit intelligente : il pourrait n'y avoir aucune intelligence. Rien n'indique qu'elle soit consciente : il pourrait n'y avoir aucune conscience.

C'est pourquoi, je choisis « la vie ». La vie contient tout ce qui est nécessaire; de plus, elle n’pas besoin de preuve. Vous êtes la vie. Vous êtes la preuve. Vous êtes l'argument. Vous ne pouvez pas nier la vie ; c'est pourquoi dans toute l'histoire de l'homme, il n’y a pas un penseur qui ait nié la vie.

Des millions de personnes ont nié Dieu, mais comment pouvez-vous nier la vie? Elle bat dans votre cœur, elle est dans votre respiration, elle transparaît dans vos yeux. Elle s'exprime dans votre amour. Elle célèbre de mille et une façons, dans les arbres, dans les oiseaux, dans les montagnes, dans les rivières.

La vie est le but de tout. C'est pourquoi la vie ne peut pas avoir d'autre but qu'elle-même. Pour le dire en d'autres termes: le but de la vie est intrinsèque. Grandir, se développer, célébrer, danser, aimer, se réjouir, tout cela est en elle —ce sont tous des aspects de la vie.

Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.





Compte rendu du livre « La thérapie adaptative » de Michel Lamy (onzième partie) (Les fausses croyances).



 La roue de la vie.


Je viens de lire un livre que j’ai trouvé à la fois formidablement bien écrit, original et passionnant. Je voudrais vous en faire part à travers quelques articles de ce blog. Il s’agit de « La thérapie adaptative »  de Michel Lamy. L’auteur y décrit une méthode pour progresser dans différents domaines de la vie, non pas en imitant les autres mais en devenant la meilleure version de soi-même.

Cet article est la suite de celui-ci

Voici le résumé de ce livre.

Les fausses croyances.

Les fausses croyances nous viennent de nos parents et de la société. Elles peuvent se résumer en une seule phrase : « Si tu accomplis cette mauvaise action, il va t’arriver quelque chose de très grave ». Nous n’en avons même pas conscience, sauf quand elles sont décrites dans les histoires motivantes ericksoniennes du livre Ma voix t’accompagnera, Milton H. Erickson raconte de Sidney Rosen . Erickson nous narre dans le chapitre 5, « Dépasser nos limites actuelles » sa consultation avec une jeune femme qui croyait que, si elle allait au cinéma, Dieu la foudroierait automatiquement. Ses parents lui avaient insufflé cette conviction.

Parfois, selon nos parents ou selon la société, il est honteux d’être attiré par certaines activités ; alors nous accumulons les activités qui ne nous intéressent pas et nous ne réalisons pas les choses dites honteuses. D’une façon générale, on croit réalisables les activités que nos parents nous ont dites intéressantes ou possibles. Au lieu de nous lancer dans une entreprise qui nous apparaît comme délirante et qui ne l’est peut-être pas, nous préférons effectuer des choses banales qui ne nous passionnent pas du tout. C’est à partir du moment où j’ai personnellement commencé à effectuer des entreprises dites « interdites » que ma vie a pris de l’intérêt et de l’efficacité

Mais quelle méthode employer si vous êtes engoncé dans des schémas de fausses croyances qui vous empêchent de vous exprimer ou de vivre ? D’abord, il faut les repérer. Peut-être des croyances vous retiennent-elles dont vous n’avez pas encore conscience. Ensuite, il faut trouver des contre-exemples à ces idéologies cachées.

Enfin, le principe fondamental est de dissocier la prétendue cause de l’effet. Tout notre inconscient est structuré ainsi : action, réaction ; action, punition. C’est typique de la façon de raisonner de notre religion dominante, le christianisme. Vous commettez un péché : « mentir », vous allez en enfer. C’est aussi caractéristique du raisonnement éducatif : vous commettez cinq fautes à votre dictée, vous avez automatiquement zéro. Quand on songe que notre expérience se résume à nos parents, nos enseignants, et souvent à la religion, cela peut faire rêver et nous laisser espérer des portes de sortie. Nous pensons donc de façon limitative. Notre action en réalité n’entraînera pas forcément une sanction. Il y a beaucoup trop de hasards dans cette vie.

D’une manière générale, au lieu de voir des relations de cause à effet, il faut voir des relations de concomitance. Nous traînons le poids de cette culpabilité et de cette responsabilité toute notre vie. Nous pensons que, si nous entreprenons ceci, il va arriver cela. En réalité, nous ne maîtrisons pas du tout les phénomènes qui nous entourent.

Comme nous l’enseigne la programmation neuro-linguistique, une méthode dérivée de l’œuvre d’Erickson et de la Gestalt-thérapie de Fritz Perls, créée par les américains Richard Bandler et John Grinder, nous confondons la carte et le territoire. La carte, ce sont toutes les idées que nous avons sur la réalité ; le territoire, c’est la réalité avec son immensité, notre inconscient, toutes les possibilités que nous avons d’actions réalisables. Une personne qui verrait le territoire au lieu de la carte aurait toutes les éventualités de projets imaginables à effectuer. La PNL a le grand intérêt contrairement à d’autres sciences psychologiques de nous promettre un changement  à travers toute une série de techniques, elle ne s’intéresse pas au pourquoi de nos blocages comme Freud mais au comment du déblocage.

Il existe aussi une fausse causalité dans la maladie, de nombreuses facteurs sont nécessaires pour tomber malade, soit physiquement, soit psychiquement. On ne sait pas quelle cause provoque véritablement la maladie.

Face à cette multitude de causes, la psychothérapie, de même que la PNL, pourra être utile. Elle permettra d’identifier les liens de cause à effet imaginaires enfouis dans notre inconscient. Une fois identifiés, il sera facile de les dénouer et d’en libérer la personne. Elle sera alors libérée d’un poids qui l’empêchait d’avancer, ne lui permettait pas de voir le monde tel qu’il est.

Il faut aussi penser que nous sommes tous différents psychiquement. Certaines personnes ressentiront peu ce lien de cause à effet. D’autres y seront très sensibles.

Notre schéma mental, notre carte du territoire vient également du fait que nous pensons que tout le monde a les mêmes idées que nous ou que tout le monde va réagir comme nous ou comme notre famille nous l’a enseigné.  Il y a une grande facilité chez moi pour créer ce lien de cause à effet. Je me sens très vite coupable.

Ces liens de cause à effet peuvent être créés aussi par une série de faits qui se répètent. Nous n’arrivons pas à avoir une bonne note à une dictée, aussi nous sommes persuadés que nous sommes nuls en français. Peut-être faudrait-il changer le professeur ou la méthode ?

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Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.


Compte rendu du livre « Ma Gestalt-thérapie, une poubelle-vue-du-dehors-et-du-dedans » de Fritz Perls (onzième partie).




Fritz Perls.


Je viens de lire un livre que j’ai trouvé à la fois formidablement bien écrit, original et passionnant. Je voudrais vous en faire part à travers quelques articles de ce blog. Il s’agit de « Ma Gestalt-thérapie, une poubelle-vue-du-dehors-et-du-dedans » de Fritz Perls.


Cet article est la suite de celui-ci.

Voici le résumé de l’ouvrage.

Ma troisième objection c'est que ces percées violentes extériorisent, désavouent et projettent un matériau qui  pourrait être assimilé et devenir partie intégrante du moi. Ils ne font que favoriser les tendances paranoïaques. En d'autres termes, le matériau qui résulte de ces expulsions est toujours vécu comme corps étranger. Rien n'a été changé que le théâtre des événements. La possibilité de devenir adulte et en bonne santé a été escamotée.

Cependant, comparées avec l'importance de l'énorme pas fait vers l'approche holistique, ces objections sont de peu d'importance.

Il n'en est pas de même de l'invention de l'orgone, due à l'imagination de Reich qui, à cette époque, s'était égarée.

Je peux comprendre ce qui s'est passé. Ayant fait de la notion de résistance une réalité vérifiable, il lui fallait faire la même chose avec le thème essentiel de Freud, la libido.

Les résistances existent vraiment, il n'y a pas de doute à cela. Mais la libido était et reste une énergie hypothétique inventée par Freud pour expliquer son modèle de l'homme. Reich s'est hypnotisé lui-même et a hypnotisé ses patients à croire à l'existence de l'orgone en tant qu'équivalent physique et visible de la libido.

J'ai examiné le fonctionnement de la « boîte à orgone » avec nombre de ses possesseurs, et chaque fois, invariablement, j'y ai trouvé le leurre d'une suggestibilité que je pouvais orienter comme je le voulais. Reich mourut en prison plutôt que de renoncer à ses idées fixes. L'enfant terrible de l'Institut de Vienne ne se révéla un génie que pour s'éclipser lui-même en tant que « savant fou ».

Quant à ma quatrième déception, ma rencontre avec Freud, il est plus difficile d'en parler. Mais non, ce n'est pas vrai. Je prévoyais que décrire cette rencontre serait plus difficile parce que, durant ma période exhibitionniste, j'en parlais souvent en termes vagues et faisais semblant d'en savoir plus long sur Freud que ce n'était précisément le cas. Le fait est que, sauf en ce qui concerne S. Friedlander et K. Goldstein, mes rencontres avec des gens aussi importants qu'Einstein, Jung, Adler, Jan Smuts, Marlène Dietrich et Freud ont été des rencontres accidentelles. Accidentelles et pour la plupart sans résultat, mais qui me donnaient prétexte à vantardise et le moyen d'impressionner indirectement mon auditoire en me gonflant d'importance. Éclat qui obscurcit souvent la vision et le jugement.

J'ai passé un après-midi avec Albert Einstein : simplicité, chaleur humaine et fausses prédictions politiques. Mon embarras se dissipa assez vite, un plaisir rare pour moi à cette époque. J'aime encore à citer une de ses remarques : « Deux choses sont infinies, l'univers et la bêtise humaine, encore n'en suis-je pas tout à fait sûr en ce qui concerne l'univers. »

Ma rencontre avec Sigmund Freud, en revanche, se trouva être ma quatrième déception de 1936.

J'avais déjà été à Vienne en 1927, sur les conseils de Clara Happel. J'avais été en psychanalyse avec elle, à Francfort, pendant près d'un an. Un jour, à ma grande surprise, elle me déclara que mon analyse était terminée et que je devais aller à Vienne soigner des malades sous la direction d'un psychiatre confirmé.

J'étais heureux, mais sceptique. Je ne pensais pas en avoir fini avec cette analyse, et le fait que le verdict tombait au moment où mon argent s'épuisait ne pouvait que me laisser perplexe.
C'est cette année-là que j'avais rencontré Lore. Sans doute lui étais-je apparu, à elle et à quelques autres à l'université, comme un célibataire d'âge à se marier. Il était temps d'échapper aux tentacules de la pieuvre menaçante du mariage. Je n'avais pas pensé une seconde que Lore me rattraperait partout où j'irais.

Vienne, ville de mes rêves, ou, devrais-je dire, de mes cauchemars ?

J'allai à Vienne sans argent. Je n'avais pas de fortune personnelle et ne gagnais pas grand-chose. Quand j'avais de l'argent, j'aimais le dépenser, et, quand je n'en avais pas, je vivais de rien. Clara Happel ne m'avait pas guéri, et je lui en suis reconnaissant, de ma nature inquiète de bohémien. Je pris une chambre meublée à bas prix dans l'Eisengasse, que j'abandonnai bien vite pour -deux raisons. D'abord, il y avait un cafard mort dans mon lit, fait qui ne m'eût pas tracassé en soi. Mais la famille du défunt, venue nombreuse exprimer son chagrin, non, non, non !

Et puis, le verdict de ma propriétaire :
«  Pas de femmes dans votre chambre après dix heures. »
«  Mais pourquoi justement dix heures ? »
«  Avant dix heures il se passerait peut-être quelque chose, mais après dix heures, sûrement. »

Il n'y avait pas d'argument contre ce genre de raisonnement. Freud appelait ça : Suppen Knödellogik-Matzohballogik.

Je trouvai Vienne plutôt déprimante.

A Berlin j'avais beaucoup d'amis et m'intéressais à beaucoup de choses passionnantes. Nous pensions, fous que nous étions, que nous pourrions construire un monde nouveau sans guerres. A Francfort, j'avais le sentiment d'appartenir, pas complètement mais un peu en marge, au groupe existentiel de la Gestalt qui avait là un centre. La psychanalyse avec Happel était plutôt une obligation, une idée fixe, une régularité contraignante, avec quelques expériences — mais peu nombreuses.
A Vienne, tout tournait pour moi autour de la psychanalyse. Je tombai légèrement amoureux d'une splendide et jeune doctoresse qui suivait là sa formation. Elle était, comme toute la clique freudienne, bourrée de tabous. C'était comme si tous les hypocrites catholiques viennois avaient colonisé les praticiens de la « science juive ».

J'ai du mal à parler de cette année à Vienne. Je viens d'écrire les quinze dernières pages sans effort, entre deux séminaires. Finalement, écrire m'a passionné tellement que cela semble m'avoir complètement absorbé. Je m'aperçois que j'ai parlé plusieurs fois de centre. Jusqu'à présent, la dernière semaine d'écriture semble constituer mon centre, l'intérêt se déplaçant, des prises de vues et des enregistrements que j'ai faits, vers l'expression personnelle. Je n'écris plus en vers. Ha ! Pas vrai, pas complètement. Voici une contradiction intéressante : mon mépris de la poésie s'atténue. Je vis Esalen, notre belle résidence, et mes étudiants (j'ai un séminaire qui va durer quatre semaines) en poète. Je n'éprouve pas le même sentiment à l'égard du passage biographique actuel. La semaine dernière, j'ai écrit un poème pour les filles qui travaillent à la réception, et je ne considère pas que cela soit de la poésie. Il me vient de temps en temps à l'imagination un poème sur l'opposition mort/agonie. Cela serait digne de servir de thème de poésie. Pourtant les vers que j'ai écrits pour ces filles, toujours submergées de visiteurs et de questions sans fin, étaient amusants à écrire. Nous les avons même utilisés pour le film « Fritz » que Larry Booth est en train de tourner. Qui plus est, j'ai été content de voir les rushes du film : bonne prononciation, sentiment, et mon affreux accent berlinois pas trop sensible.

Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.