jeudi 7 juin 2018

Compte rendu du livre « La thérapie adaptative » de Michel Lamy (troisième partie, l’action).




Abraham Maslow, le psychologue auteur de "Devenir le meilleur de soi-même : besoins fondamentaux, motivation et personnalité".



Je viens de lire un livre que j’ai trouvé à la fois formidablement bien écrit, original et passionnant. Je voudrais vous en faire part à travers quelques articles de ce blog. Il s’agit de « La thérapie adaptative »  de Michel Lamy. L’auteur y décrit une méthode pour progresser dans différents domaines de la vie, non pas en imitant les autres mais en devenant la meilleure version de soi-même.

Cet article est la suite de celui-ci. 

L’action.

Il faut toujours être en état d’action. C’est la condition essentielle de la réussite. Naturellement, quelque repos est nécessaire de temps en temps mais pas autant que l’on croit. J’ai une définition très large de l’action : ce peut être écrire, jouer à la bourse, pratiquer un sport, aller au cinéma. L’inverse de l’action, c’est quand vous n’êtes pas maître de votre vie, quand vous ne créez pas. Regarder la télévision est typiquement l’inverse de l’action. Dans le cas présent, c’est quelqu’un qui agit sur vous et non vous qui agissez sur quelqu’un ou sur  quelque chose. Pensez à l’énorme masse de vos écrits si vous écriviez seulement une page par jour. 365 jours, 365 pages.

La vie ne progresse que par des actions. Elles entraînent des réactions. Sans cela, rien ne se produit. C’est le passage du mental, de la pensée, à la réalité. Vous pouvez discuter avec quelqu’un tous les jours pendant un an, ou alors aller vous promener, ou même comme mentionné plus tôt, regarder la télévision, vous n’aurez rien créé. Vous serez toujours le même et les gens vous regarderont toujours de la même façon. Tandis que, si vous avez écrit votre page chaque jour, les gens vous regarderont comme quelqu’un qui a produit un livre. Et il s’ensuivra une immédiate réaction. Vous rencontrerez les gens que vous désirez connaître, vous écrirez un autre livre, vous gagnerez de l’argent.

Le seul problème est que pour agir, il ne faut pas avoir peur de déranger, ni du ridicule. Pour le ridicule, je n’ai trouvé qu’une seule solution, celle que j’appelle celle du « secret messianique ». Dans les Évangiles, Jésus Christ est toujours très réticent quand ses disciples veulent révéler qu’il est le Christ. Il leur demande de garder le secret. Il en est de même dans la vie quotidienne : si vous voulez devenir écrivain ou peintre, ne parlez pas de vos efforts, des manuscrits rejetés par l’éditeur, des tableaux refusés par les galeries.  Vous seriez en butte à des moqueries ou à des critiques qui vous détruirez. En fait, les autres sont naturellement jaloux de ce qui pourrait être votre éventuel succès et le détruiraient à la base.

Il y a un deuxième secret dans l’Evangile « Nul n'est prophète en son pays ». Quand Jésus arrive dans son village, il n’arrive à produire aucun miracle. Il ne faut surtout pas parler de vos œuvres à votre famille qui s’empresserait de les dévaloriser. Il faut voir que pour eux vous êtes resté un enfant incompétent et il y a aussi par rapport au père ce fameux complexe d’Œdipe qui joue dans les deux sens. Votre père veut être le mâle dominant dans sa famille et votre réussite littéraire l’incommoderait. Quand j’ai écrit mes essais, j’ai gardé mes textes pour moi. Seuls quelques amis les ont lus et corrigés, pas ma famille.

Il faut aussi pour dépasser la peur d’une action ridicule penser à l’anecdote de Sidney Rosen dans son livre sur Milton Erickson. Erickson arrive dans une université américaine et on lui dit qu’on l’a programmé pour un séminaire avec les étudiants l’après-midi ; mais il n’a rien préparé. Cependant, il déclare qu’il ne s’est pas angoissé parce qu’au cours des années, « il avait tant appris ». Erickson n’a pas peur du ridicule car il a confiance en ses ressources internes emmagasinées par l’inconscient. Chacun de nous devrait en tenir compte dans ses actions : nous avons tant appris au fil des temps qu’il n’y a plus lieu de paniquer ou d’avoir peur du ridicule.

La deuxième question est de savoir comment ne pas déranger. Les éditeurs ne sont pas perturbés de recevoir plusieurs fois le même manuscrit, le fait de l’envoyer à cinquante ne gêne personne. A part cela, nos actions peuvent gêner. Il faut donc procéder à une politique des petits pas. Moyennement vexer les gens par nos écrits, moyennement incommoder les tiers par nos actions. Se dire aussi qu’on ne peut pas ne pas déranger. Toute action perturbe quelqu’un. En marchant, on écrase forcément un insecte. Il faudrait alors comme les jaïnistes, afin de ne rien tuer, rien déranger, marcher pieds nus et être couvert de poux.

 Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.



Compte rendu du livre « Je pense trop, comment canaliser ce mental envahissant » de Christel Petitcollin (partie 3, « Bien vivre avec sa surefficience », chapitre 4, « Optimiser le fonctionnement de son cerveau ») (treizième partie, De l’art).




Éric Berne, le père de l’analyse transactionnelle dont s’inspire Christel Petitcollin


Je viens de lire un livre que j’ai trouvé à la fois formidablement bien écrit, original et passionnant. Je voudrais vous en faire part à travers quelques articles de ce blog. Il s’agit de « Je pense trop, comment canaliser ce mental envahissant »  de Christel Petitcollin. L’auteur y décrit ce qu’elle appelle les surefficients, les gens qui pensent trop et qui ont une pensée complexe arborescente. Cela les différencie de tout un chacun, de ceux que l’auteur appelle les neurotypiques ou normo-pensants. Les surefficients souvent ne se sentent pas reconnus par la société et vivent de graves crises identitaires. D’une manière générale, ils sont idéalistes, ont à la fois un besoin de connexion, de complexité, de cohérence et de sens. Leur problème principal est qu’ils peuvent avoir des relations difficiles avec les autres.

Cet article est la suite de celui-ci


Le quatrième chapitre de la partie 3 « Bien vivre sa surefficience » s’intitule « Optimiser le fonctionnement de son cerveau ». En voici le résumé.

De l’art.

Indépendamment de votre besoin de créativité, votre cerveau a besoin d'art, c'est-à-dire de « beau » au sens le plus large. On peut se demander à quoi sert l'art. Il n'est a priori pas spécialement utile à la survie de l'espèce humaine. Pourtant, statuettes, peintures, bijoux, maquillages, musiques, danses, monuments, etc., existent depuis la nuit des temps, sous toutes les latitudes et dans toutes les cultures. Comment expliquer ce phénomène ? L'art nourrit notre sensorialité et nous fait vibrer d'émotion.

La joie de vivre, la plus naturelle, la plus pure (à ne pas confondre avec le bonheur), consiste simplement à saturer nos sens d'informations agréables. Le simple fait de regarder du beau, d'écouter du mélodieux, de ressentir du voluptueux, de respirer des parfums ou de goûter des saveurs peut nous mettre dans un état de béatitude passager. La nature peut nous fournir une grande partie de cette joie. L'art vient en complément combler différemment et intensément nos sens et nous procurer une ivresse euphorisante. Prenez un moment pour vous rappeler ce que vous ressentez au sortir d'une exposition, d'un musée ou d'un concert. Quand votre système sensoriel hyperesthésique a simplement fait le plein de beau, de bon, de bien, c'est une joie sourde, une paix voluptueuse, une plénitude rassasiante qui circule dans vos veines.

Beaux-arts, arts mineurs, arts majeurs, arts primitifs, esthétisme, design, architecture... Il n'existe pas une idée de l'art qui soit universellement partagée. La seule chose qui soit universelle et personnelle à la fois est l'émotion ressentie. Et c'est pour cela que l'art se joue des frontières, des cultures, du niveau socioculturel des gens et rend tous les humains potentiellement égaux, tant qu'il leur reste cette capacité à s'émouvoir, bien sûr. Ne seront donc jamais concernés les gens qui prennent l'art pour une futile et onéreuse perte de temps. Les surefficients mentaux sont des boules d'émotion : l'art leur donne un espace pour exprimer et ressentir des émotions positives et intenses.

De plus, l'art a la beauté du geste gratuit. Outre qu'il ne sert à rien, dans une majorité de cas, l'art n'est même pas rentable. Le salaire touché pour un concert ne pourra quasiment jamais correspondre au nombre d'heures que le musicien aura passé à apprendre à jouer de l'instrument, à s'entraîner à le manier avec virtuosité et à répéter son morceau. Pourtant, les artistes consacrent leur vie à cet éphémère : un tableau, une pièce, un morceau... et des spectateurs font la queue, parfois pendant des heures, pour admirer quelques toiles, entendre quelques notes, pour un moment hors du temps, unique... On connaît l'aspect utile de l'utile, on oublie malheureusement trop souvent l'aspect utile de l'inutile, l'acte et surtout l'effort gratuit, éphémère et altruiste, n'ayant d'autre but que de créer du ravissement chez ses semblables. L'art permet d'être en contact avec ce que l'humanité a de plus noble, de plus grandiose en elle, lorsqu'elle donne le meilleur d'elle-même avec une générosité exceptionnelle. L’art permet de ressentir un amour profond et puissant pour l’humanité.


Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.


Compte rendu du livre « La thérapie adaptative » de Michel Lamy (deuxième partie, comment supporter les échecs et atteindre ses objectifs).


Un livre d'un génie de la psychologie.



Je viens de lire un livre que j’ai trouvé à la fois formidablement bien écrit, original et passionnant. Je voudrais vous en faire part à travers quelques articles de ce blog. Il s’agit de « La thérapie adaptative »  de Michel Lamy. L’auteur y décrit une méthode pour progresser dans différents domaines de la vie, non pas en imitant les autres mais en devenant la meilleure version de soi-même.

Cet article est la suite de celui-ci

Comment supporter les échecs et atteindre ses objectifs.

Si vous voulez réussir, il faudra y mettre les moyens (voir article précédent) mais en plus supporter les échecs. Vous allez tout de suite me répliquer : comment procéder pour accepter ces échecs, quelle attitude avoir pour patienter jusqu’à la réussite si je n’ai pas foi en moi, si je ne suis pas sûr que ce que je réalise est bon ?

Prenons l’exemple où vous désirez écrire et publier un livre. Il faut pour résoudre le problème de cette écriture le diviser en deux parties. D’abord, comment patienter ? En s’occupant à d’autres activités. Il ne faut jamais mettre tous ses œufs dans le même panier, ni attacher un navire à une seule ancre. En psychologie, il est nécessaire de ne pas avoir qu’un seul but. Il ne faut pas se répéter, comme les étudiants aux grandes écoles, c’est soit la réussite soit la mort. Cette posture ne sert à rien, elle entraîne un désespoir fatal. Il faut s’occuper de sa femme, de ses enfants, de ses amis, avoir d’autres loisirs, mais toujours continuer.

Ensuite, comment faire pour atteindre la réussite ? La méthode est la même que pour vaincre l’angoisse (voir article précédent) : avoir recours à un professionnel (si vous avez la possibilité de donner à lire votre manuscrit à un auteur, n’hésitez pas, il en pointera les défauts et vous forcera à réécrire les passages de faible valeur), demander une relecture à vos amis (il faut dépasser alors l’idée que votre livre est personnel et la peur de vous mettre à nu ; notez que vos amis risquent d’être de moindre secours qu’un lecteur professionnel et objectif ; surtout faites le lire à des amis objectifs), s’inspirer de livres (si vous écrivez un roman, observez évidemment la structure des romans que vous lisez et tirez en des conclusions ; vous pouvez aussi acheter différents guides sur le métier d'écrivain), trouver des ressources en vous-même (normalement, tout est dans votre esprit ; en ce qui concerne la narration, chaque nuit, dans vos rêves vous bâtissez de manière inconsciente de très beaux contes. Ensuite persuadez-vous qu'après tout, un roman n’est rien d’autre qu’une succession de mots bien choisis).

Donc s’adapter et oser sont les maîtres mots. Nous savons que l’audace est une ressource difficile à trouver mais le passage par les quatre médiateurs (professionnels, amis, livres, vos propres ressources) devrait vous aider à débloquer un schéma où votre timidité vous maintient depuis trop longtemps.

A cela s’ajoute la dernière valeur, celle du travail. Vous pourrez proposer votre manuscrit cinquante fois, s’il n’est pas travaillé, personne ne s’intéressera à lui. Que signifie « travailler » ? « Cent fois sur le métier, remettez votre ouvrage. » écrivait Boileau. Il faut corriger et relire votre manuscrit à de nombreuses reprises pour qu’il n’y ait pas de répétitions, de fautes d’orthographe, pour que votre plan soit cohérent, vos arguments soient bien exposés et vos chapitres s’enchaînent avec fluidité. Jamais personne n’a produit un texte parfait avec seulement un premier jet. Seules des personnes malhonnêtes vous diront le contraire. A ce sujet, il serait bon que vous vous inspiriez de la vie des grands écrivains et de leurs carnets de travail (l’exemple de Flaubert étant le meilleur d'après moi car on y voit, grâce à ses brouillons, le travail énorme qu’il fournissait pour chacun de ses livres).

Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.


mercredi 6 juin 2018

Compte rendu du livre « La thérapie adaptative » de Michel Lamy (première partie, L’adaptation et l’audace : tenir).




 Un autre livre avec une approche ressemblante.


Je viens de lire un livre que j’ai trouvé à la fois formidablement bien écrit, original et passionnant. Je voudrais vous en faire part à travers quelques articles de ce blog. Il s’agit de « La thérapie adaptative »  de Michel Lamy. L’auteur y décrit une méthode pour progresser dans différents domaines de la vie, non pas en imitant les autres mais en devenant la meilleure version de soi-même.

Cet article est la suite de celui-ci.

L’adaptation et l’audace : tenir

Le premier concept de cet article est qu’il ne faut jamais avoir d’idée définitive sur les hommes et sur la vie. Ce que nous pensons à vingt ans peut changer totalement à quarante en fonction des évènements que nous allons vivre. La première règle est donc l’adaptation et ce qui va avec, l’écoute. Il ne faut jurer de rien. Je me souviens des opinions politiques de ma jeunesse (j’étais alors d’extrême gauche) et je me vois maintenant proche d’aucun parti.

Il ne faut donc pas avoir également d’opinion définitive sur soi-même. Cela permet toutes les transformations. Aux moments d’intense désespoir de mon adolescence, je ne pensais pas être l’auteur de neuf livres (deux traductions de l’allemand, deux biographies, trois traductions de l’espagnol, deux essais sur le mentalisme). Et je peux encore aller beaucoup plus loin ! Seulement pour écrire ces livres, il m’a fallu m’adapter, me laisser aider par les autres, travailler d’une certaine façon, choses que je ne pensais pas à effectuer quand j’avais vingt ans.

On peut parler aussi de mûrissement. Les choses n’étaient pas prêtes : il  faut les laisser mûrir.
De même, il faut essayer toutes les méthodes. Ceux qui trouvent sont ceux qui ont beaucoup cherché, beaucoup essayé. Une méthode peut vous convenir plus qu’une autre. Il faut se constituer sa bibliothèque. Dans la mienne, il y aussi bien des écrits d’ésotéristes comme La prophétie des Andes  de James Redfield que des livres de psychologues comme Ma voix t’accompagnera sur Milton Erickson.

Un problème, quelque chose que vous désirez absolument voir se résoudre ou obtenir, peut se solutionner de différentes façons. Je prends un exemple : si vous êtes très nerveux ou angoissé, vous pouvez effectuer des exercices de yoga ou d’affirmations, vous pouvez aller voir un psychothérapeute ou alors vous avez la possibilité de vous faire prescrire des médicaments calmants par votre médecin. Ou les trois. Les moyens n’ont pas d’importance, seul le résultat compte. Et suivant les périodes, vous n’emploierez peut-être pas le même moyen. Ou vous vous rendrez compte que vous avez fait une erreur et traiterez la question différemment.

On peut cependant classer les moyens en fonction du médiateur que vous emploierez. Les problèmes se résolvent grosso modo de quatre façons : en ayant recours à un professionnel (un expert), en utilisant des livres, en posant des questions à des amis, en plongeant au cœur de vos ressources personnelles. Je reprends l’exemple de l’angoisse : elle peut diminuer en allant voir un psychothérapeute ou un médecin qui vous donne des calmants (professionnel), en en parlant à des amis qui pourront vous donner des conseils et qui vous permettront de verbaliser ce qui vous angoisse, en lisant des ouvrages qui vous donneront des méthodes de relaxation ou d’affirmation, en cherchant des ressources en vous-même (vous avez des ressources cachées que vous ignorez ou, au cours des temps, vous avez développé des trucs pour vous désangoisser). Personnellement, j’essaye toujours d’aborder un problème sous ces quatre angles. J’ai réussi à surmonter les angoisses que je rencontrais en écrivant mes livres grâce à ces quatre procédés.

Un problème se résout aussi en le fractionnant. J’ai écrit mes livres par petits morceaux. Mais il en est de même pour toutes les activités que vous tenterez : vous ne pouvez pas apprendre la musique en un jour. Notre problème est souvent de vouloir réussir tout tout de suite. Cet état d’esprit est dû au fait que le travail dépensé pour écrire un livre est par exemple soigneusement masqué par son auteur. On ne voit pas les coutures et l’écrivain, pour ainsi dire jamais, ne parle des difficultés qu’il a rencontrées pour écrire son ouvrage (combien de versions a-t-il écrit, combien de fois il a remanié chaque phrase). En fait, nous pensons que quelque chose est impossible parce que nous ne savons pas comment il a été effectué, comme si l’auteur ne désirait pas qu’un autre puisse reproduire ce qu’il a réalisé.

Il faudra aussi pour obtenir les moyens dont nous avons parlé au troisième paragraphe (professionnels, livres, amis, ressources personnelles) dépenser de l’argent et de l’énergie, ce qui peut en décourager certains. Le psychologue, il faudra le payer, les livres, il faudra les acheter. Et l’on ne trouvera pas forcément le meilleur psychologue tout de suite, le livre qui vous correspondra immédiatement. J’ai conscience que tout cela peut décourager mais la réussite est à ce prix. Celui qui n’est pas prêt à faire de gros efforts, qu’ils soient financiers, psychologiques et physiques, devra se contenter de sa vie quotidienne souvent répétitive et ennuyeuse sans jamais se plaindre.

S’il veut réussir, il lui faudra donc y mettre les moyens mais en plus supporter les échecs. J’ai coutume d’appeler cette stratégie celle du séducteur. Le séducteur drague vingt femmes en y dépensant pas mal d’énergie : la vingtième accepte ses avances. Sa réussite est basée sur l’effort et sur la loi des statistiques. Il n’a pas besoin d’être beau ou intelligent. Il lui suffit de rencontrer quelqu’un qui veut la même chose que lui ou qu’il parvient à tromper. Il en est de même pour tous les cas de résolution de problème. L’écrivain amateur enverra son manuscrit à cinquante éditeurs et le cinquantième acceptera. L’adage des Évangiles « Frappez et  on vous ouvrira » n’est pas tout à fait exact », il aurait mieux valu dire « Frappez cinquante fois et l’on vous ouvrira ».

Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous !

mardi 5 juin 2018

Vingt notions de base en Gestalt-thérapie (treizième partie) (L’agressivité, La créativité et l’imaginaire).


 

Un autre ouvrage de Gestalt-thérapie.

Des amis m’ont dit que certains concepts de la Gestalt-thérapie étaient pour eux difficiles à comprendre. C’est pourquoi j’ai décidé d’entamer une suite d’articles définissant 20 notions de base de la Gestalt-thérapie selon la classification adoptée par Serge Ginger dans son livre « La Gestalt, l’art du contact ».

Cet article est la suite de celui-ci.
  

Concept 18 : L’agressivité.

Fritz Perls, comme Konrad Lorenz (célèbre éthologiste allemand qui a étudié le comportement animal en liberté) et beaucoup d'autres, considère l'agressivité comme une « pulsion de vie », au même titre que la sexualité. Il prône le développement harmonieux et responsable de l'une et l'autre, soulignant qu'elles permettent la survie de l'individu et de l'espèce.

Pour lui, comme pour Mélanie Klein, psychanalyste d'enfants anglaise, il s'agit de pulsions archaïques apparaissant dès le stade oral : avant même d'avoir des dents, le nourrisson mord, et c'est par l'agression qu'il assimile son environnement. Tout au long de sa vie, l'homme continue « d'agresser » pour progresser : l'air qu'il respire, la nourriture qu'il mastique, détruit, avale et digère.

Comme on le sait, ce thème de l'agressivité orale a constitué l'un des prétextes de la brouille de Perls avec Freud — qui rattachait l'agressivité au stade anal, puis à la pulsion de mort.

Aujourd'hui, les Gestaltistes valorisent toujours l'agressivité vitale et n'hésitent pas à utiliser, le cas échéant, la provocation ou la confrontation thérapeutique pour mobiliser les ressources énergétiques du client, évitant ainsi à la fois la surprotection aliénante d'un thérapeute trop « maternant », et la frustration excessive ou prolongée d'un thérapeute distant, qui ne répond jamais aux sollicitations — deux attitudes qui peuvent décourager le patient et l'installer dans un sentiment d'abandon ou de passivité.

Ils restent en cela fidèles à l'étymologie du terme, puisque ad-gressere signifie « aller à la rencontre de l'autre » (comme pro-gressere : progresser, aller vers l'avant), s'opposant ainsi à re-gressere (régresser, marcher vers l'arrière).


Concept 19 : La créativité et l’imaginaire.

En fin de compte, parmi les principes fondamentaux de la Gestalt-thérapie, la plupart tournent autour de la liberté d'être soi-même et de s'exprimer à son gré sous une forme active et créative, laissant la parole au langage symbolique et métaphorique du cerveau droit. Le thérapeute devient alors un interprète du symbolique unificateur, s'opposant ainsi aux forces « diaboliques » destructrices et séparatrices.

L'aspect créatif de la Gestalt a été souligné d'emblée par les précurseurs et les pionniers (Otto Rank, Paul Goodman, Joseph Zinker, etc.) et ne s'est pas terni depuis. La Gestalt s'enorgueillit toujours d'être davantage un art qu'une science.

  
Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.

dimanche 3 juin 2018

Vingt notions de base en Gestalt-thérapie (douzième partie) (Implication émotionnelle et corporelle).




Une conférence sur la Gestalt-thérapie.

Des amis m’ont dit que certains concepts de la Gestalt-thérapie étaient pour eux difficiles à comprendre. C’est pourquoi j’ai décidé d’entamer une suite d’articles définissant 20 notions de base de la Gestalt-thérapie selon la classification adoptée par Serge Ginger dans son livre « La Gestalt, l’art du contact »

Cet article est la suite de celui-ci. 

Concept 17 : Implication émotionnelle et corporelle.

Ce jeu des polarités complémentaires peut être symbolisé par la coopération des hémisphères de notre cerveau. Nous savons aujourd'hui que, contrairement à une idée encore très répandue, le cerveau gauche, analytique, rationnel et verbal, n'est pas « dominant » (bien que ce soit lui qui « prenne la parole ») mais qu'il est sous le contrôle du cerveau droit, synthétique, émotionnel, imaginaire et non verbal. Perls l'avait pressenti lorsqu'il nous exhortait à la révolution : « Lose your head, come to your senses !» (« Quittez votre tête, rejoignez vos sens »).

Nous savons aussi que cet hémisphère droit, sensible, n'est pas «féminin », comme on l'a longtemps cru, mais justement masculin (lié à la testostérone).

Les Gestaltistes contemporains ne suivent plus Perls dans certains excès réactionnels liés à son époque : échapper à « l'hémiplégie » prônée par notre culture (qui censure et atrophie notre hémisphère droit), n'implique pas pour autant de «perdre la tête» ou d'éviter toute réflexion théorique, mais bien au contraire d'unir la tête au cœur et au corps. Nos deux cerveaux sont complémentaires, comme le sont la raison et l'émotion, et ce n'est pas un mérite négligeable de la Gestalt que d'avoir réhabilité la dignité de l'intuition, qui avait été momentanément éclipsée de l'avant-scène par la percée foudroyante du scientisme du siècle passé. Tête sans corps ou corps sans tête, est-ce bien là le choix qui nous est proposé ?

Laura Perls, psychothérapeute musicienne et danseuse, soulignait sans cesse que « le travail corporel fait partie intégrante de la Gestalt ». Elle ne craignait pas le contact physique, touchait volontiers ses clients et les laissait la toucher.

Aujourd'hui, les praticiens sont partagés — selon leur personnalité, leurs options philosophiques et techniques, et leur formation initiale. Certains se cantonnent à des échanges verbaux, se contentant d'évoquer en paroles les réactions corporelles du client ; tandis que d'autres, dans une mouvance « néo-reichienne » (disciples de Wilhelm Reich), accompagnent leur client, l'incitant par moments à mobiliser son corps, à incarner son émotion, voire à expérimenter le contact — tendre ou agressif — dans un «corps à corps thérapeutique », considérant que ce type d'interaction mobilise les couches limbiques profondes du cerveau, réveille des associations archaïques et favorise la réorganisation d'images mentales et de représentations cognitives et affectives. La pensée n'est plus, en effet, considérée comme séparée des émotions, pas plus que du corps.

Le débat reste ouvert sur les avantages et les limites de l'implication corporelle du client et du thérapeute. Le travail corporel est plus facile à gérer en situation de groupe qu'en relation duelle — où il peut facilement devenir ambigu. Les contacts physiques sont donc rares et limités en thérapie individuelle, exceptionnels au début, n'intervenant éventuellement, par la suite, qu'en fonction de l'évolution de la cure et avec certains clients seulement. Il va de soi que le thérapeute doit être sûr de pouvoir contrôler sa propre implication et la limiter strictement à ce qui peut profiter à son client, la soi-disante « authenticité » des réactions ne devant pas servir de prétexte à la satisfaction de besoins personnels, érotiques ou agressifs. Tout travail thérapeutique à implication corporelle n'est acceptable que s'il respecte un cadre déontologique rigoureux, sous peine de dérapages préjudiciables, tant à la thérapie du client qu'à l'image sociale du thérapeute, et à celle de la Gestalt tout entière.

Sur ce point encore, les Gestaltistes français d'aujourd’hui se démarquent nettement de certaines pratiques californiennes des années 60 — où le cadre et les limites n'étaient pas toujours explicitement posés


Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.

Compte rendu du livre « Je pense trop, comment canaliser ce mental envahissant » de Christel Petitcollin (partie 3, « Bien vivre avec sa surefficience », chapitre 4, « Optimiser le fonctionnement de son cerveau ») (douzième partie, Un modèle en créativité, Walt Disney).


  
Walt Disney


Je viens de lire un livre que j’ai trouvé à la fois formidablement bien écrit, original et passionnant. Je voudrais vous en faire part à travers quelques articles de ce blog. Il s’agit de « Je pense trop, comment canaliser ce mental envahissant »  de Christel Petitcollin. L’auteur y décrit ce qu’elle appelle les surefficients, les gens qui pensent trop et qui ont une pensée complexe arborescente. Cela les différencie de tout un chacun, de ceux que l’auteur appelle les neurotypiques ou normo-pensants. Les surefficients souvent ne se sentent pas reconnus par la société et vivent de graves crises identitaires. D’une manière générale, ils sont idéalistes, ont à la fois un besoin de connexion, de complexité, de cohérence et de sens. Leur problème principal est qu’ils peuvent avoir des relations difficiles avec les autres.

Cet article est la suite de celui-ci. 

Le quatrième chapitre de la partie 3 « Bien vivre sa surefficience » s’intitule « Optimiser le fonctionnement de son cerveau ». En voici le résumé.

Un modèle en créativité : Walt Disney.

Pour retrouver votre créativité, il faut avant tout faire taire votre démoralisateur intérieur et développer la capacité d'explorer tranquillement vos rêves jusqu'à ce qu'ils puissent se transformer en projets. Le plus performant en la matière fut Walt Disney. Sa stratégie de créativité a été étudiée et modélisée comme étant une des plus performantes du genre. D'après Walt Disney, pour être efficace, la créativité doit comporter trois stades :

1)         le rêve pur sans aucune censure,

2)         le projet plus concret et réaliste,

3)         la critique CONSTRUCTIVE. C'est-à-dire que les objections doivent non seulement arriver le plus tard possible mais doivent en plus servir à peaufiner le projet et non à le démonter.

Il nous propose donc de faire appel à trois personnages en nous :

Le rêveur : Le rêveur a une pose détendue, les yeux au plafond. Dans cette phase de créativité, on postule qu'une bonne fée ou un ange gardien se tient à ses côtés et aplanit toutes les difficultés qui pourraient surgir. Aucun souci de diplôme, d'argent ou de faisabilité puisque la fée ou l’ange veille. Seule consigne : que le rêve soit agréable à rêver. Lorsque le rêveur a longuement rêvé, il transmet son rêve au réaliste.

Le réaliste : Le réaliste a une pause plus campée. Pieds bien à plat sur le sol, solidement assis, le dos droit, les yeux vers le bas à droite. Son rôle consiste à transposer le rêve dans un vécu quotidien et à le ressentir dans son corps. La bonne fée ou l’ange est toujours là pour aplanir toutes les difficultés. La sensation de vécu réaliste doit être aussi plaisante que le rêve quoiqu’éventuellement plus fatigante ou plus routinière. Dans le cas contraire, il faut recommencer à rêver en tenant compte du vécu du réaliste pour effectuer les ajustements. Lorsque le réaliste a donné son aval au projet, on convoque enfin et seulement le critique intérieur, qu'il va falloir rééduquer au début.

Le critique constructif : dans cette dernière phase de créativité, la bonne fée ou l’ange a disparu. Enfin, les objections peuvent apparaître. Notre critique est assis, menton dans la main et le regard orienté vers le bas à gauche. Mais la consigne est stricte : sa critique doit servir à rendre le projet concrétisable et ne doit en aucun cas le démolir. C'est la phase la plus délicate de la création. La question de base est : « Comment peut-on rendre ce projet réalisable ? » Les critiques constructives seront ensuite transmises au rêveur pour qu'il leur trouve des solutions créatives si besoin est. Etc. C'est ainsi que les rêves peuvent prendre forme dans la réalité. Merci Mickey !

Ce critique intérieur est le cousin du démoralisateur qui existe certainement en vous. Lorsque vous l'aurez rééduqué à attendre son tour et à être constructif avec vos idées, la partie sera gagnée. Vos idées, vos projets, votre capacité à résoudre les problèmes seront décuplés.

Pour vous aider, méditez ces deux phrases de Marcel Pagnol : «Tout le monde savait que c'était impossible. Il est arrivé un jour un imbécile qui ne le savait pas et qui l'a fait. »

  
Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.