mercredi 27 juin 2018

Compte rendu du livre « 50 exercices de Gestalt » de Catherine Clouzard (cinquième partie, Que me dit ma colère ?).



La colère.


Je viens de lire un livre que j’ai trouvé à la fois formidablement bien écrit, original et passionnant. Je voudrais vous en faire part à travers quelques articles de ce blog. Il s’agit de «50 exercices de Gestalt»  de Catherine Clouzard.

Cet article est la suite de celui-ci.

Voici le résumé de l’ouvrage.

Que me dit ma colère ?

Un moustique qui vous tourne autour ou un voisin trop bruyant peuvent vous agacer. Mais parfois, certaines colères sont plus souterraines, comme celle que vous éprouvez vis-à-vis d'un parent ou d'un enfant envahissant. Pour éviter toute maladresse dans l'expression de votre colère, soyez d'abord le plus au clair possible avec elle. Écoutez ce qu'elle vous dit.

Installez-vous dans un endroit où vous ne serez pas dérangé pendant une dizaine de minutes. Vous pouvez utiliser une boule d'argile ou de papier.

1) Je m'installe confortablement et je me concentre sur ma colère.

2) Je prends la boule d'argile ou de papier entre mes mains et je me défoule avec : je la tords, je l'aplatis, je la déchire en étant attentif à ce que je ressens. J'évacue tout ce qu'exprime ma colère.
·
            Quelles sont les sensations et les images qui viennent ? Par exemple : j'ai envie de taper des poings. Je vois rouge comme un taureau.

·           Suis-je vraiment en colère ? Sinon, quelle est l'émotion qui s'est « déplacée » ? Par exemple : je suis déçu par le comportement de ce collègue et je suis triste car je pensais qu'il était un ami.

·           Si oui, contre quoi, contre qui suis-je en colère ? Par exemple : je suis en colère contre mon collègue champion du monde de malveillance.

·           Qu'est-ce qui n'est pas ou n'a pas été respecté chez moi ? Par exemple : j'ai l'impression de ne pas avoir été reconnu à ma juste valeur.

3) À présent et concrètement, que puis-je faire pour prendre soin de moi, pour éviter de ruminer cette colère ? Par exemple : je vais aller trouver mon collègue pour lui dire à quel point ses paroles sont déplacées.

4) Maintenant que j'ai exprimé dans mes mots et mes gestes ma colère, et que j'ai compris le sens qu'elle exprime, je respire calmement pour sortir de l'exercice.
Commentaire

La fonction naturelle de la colère est d'indiquer qu'un territoire réel, symbolique ou psychique est, ou risque d'être, envahi : nos limites personnelles ne sont pas respectées, nous sommes alors malmenés par quelqu'un ou quelque chose. La colère est dans ce cas une émotion légitime. C'est pourquoi, il est important de savoir l'écouter afin de pouvoir l'intégrer et nous donner toutes les chances de l'exprimer au mieux.

Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.

Compte rendu du livre « Ma Gestalt-thérapie, une poubelle-vue-du-dehors-et-du-dedans » de Fritz Perls (vingt-quatrième partie).



Esalen.


Je viens de lire un livre que j’ai trouvé à la fois passionnant, précis et instructif sur la création de la Gestalt-thérapie. Je voudrais vous en faire part à travers quelques articles de ce blog. Il s’agit de « Ma Gestalt-thérapie, une poubelle-vue-du-dehors-et-du-dedans »  de Fritz Perls.

Cet article est la suite de celui-ci.

Voici le résumé de ce livre.


On m’appela une fois dans un groupe pour calmer une fille qui s’attaquait physiquement à tous les membres du groupe. Ils essayaient de la maintenir et de l’apaiser. En vain. Sans cesse, elle se relevait et se battait. Quand j’entrai elle fonça vers moi, je reçus sa tête dans le ventre et elle faillit me renverser. Alors, je lui ai flanqué tout son content jusqu'à ce qu'elle tombe par terre. Elle se releva. Et puis une troisième fois encore. Je la fis tomber de nouveau et lui dis, haletant : « Ce n'est pas la première garce que je bats dans ma vie ! » Alors elle se leva, mit ses bras autour de mon cou et s'écria : « Fritz, je vous aime ! » Apparemment, elle venait de recevoir ce qu'elle avait réclamé toute sa vie.

Il est arrivé une fois quelque chose qui m'a vraiment fait peur. Beaucoup de patients refoulent leur agressivité et s'en prennent à eux-mêmes, par exemple en s'étranglant. J'avais pris l'habitude de les laisser m'étrangler à leur place. Jusqu'au jour où une fille essaya de le faire pour de bon. Je ne m'étais pas rendu compte qu'elle était schizoïde. J'avais déjà commencé à perdre conscience lorsque, au dernier moment, j'ai pu passer mes bras entre les siens et desserrer son étreinte. Depuis lors, je ne leur donne que mon bras à serrer. Et cela est parfois assez douloureux aussi. Il y a pas mal d'étrangleurs dans le monde. Avec les patients qui ont une bonne imagination, un coussin peut faire l'affaire.

Quant à moi, j'ai très peu tendance à devenir violent, à moins d'une provocation adéquate. Je peux me mettre en colère et, à deux reprises, j'ai flanqué des gens à la porte de mes séminaires. C'étaient des esprits destructeurs, intraitables, et qui refusaient de sortir. Quand on m'attaque, je renvoie les coups. La jalousie m'a quelquefois rendu violent, mais, en général, je me contente de torturer ma bien-aimée à l'aide de questions, en lui demandant sans pitié des confessions détaillées.

Quant aux jeux du sexe, au bain ou autrement, la réserve n'est pas mon genre. Freud m'aurait appelé un pervers polymorphe. Dans le temps, j'aimais à baiser pendant des heures, mais à présent, à mon âge, j'aime surtout me laisser exciter sans avoir besoin d'aller jusqu'au bout. J'aime ma réputation d'être à la fois un chaud lapin et un gourou. Malheureusement, le premier est sur le déclin et le second prend le dessus.

Un jour, nous avions une réception dans la « grande maison » d'Esalen. Une fille superbe était couchée sur un divan, très séduisante. Je m'assis près d'elle et lui dis quelque chose comme : « Méfiez-vous de moi, je suis un sale vieux bonhomme. — Et moi, dit-elle, je suis une sale jeune fille. » Nous eûmes, après cela, une courte et délicieuse liaison.

Dans l'ensemble, ce que j'écris me plaît. Je n'aurais jamais cru que cela serait aussi facile. Je pense déjà à la possibilité d'écrire une pièce — je ne l'imagine pas encore. C'est encore très vague. Et, étant bon acteur et bon producteur, je ferais de l'ensemble une Fritz Production. En ce moment même, une foule de gens se pressent dans ce bouquin, ricanant de ma paillardise, me méprisant pour mon manque de contrôle, choqués par mon langage, m'admirant pour mon courage, embrouillés par la multitude de traits contradictoires, désespérés de ne pouvoir me classer. Je suis tenté d'entamer un dialogue, mais...

La fenêtre est grande ouverte. Faible murmure menaçant du ressac. Une douce brise soulève par instants les papiers sur mon bureau, trop faible pour les faire s'envoler. Comme ma barbe douce qui chatouille le visage et les seins d'une jeune fille, les fait frissonner de plaisir silencieux, en fait saillir fièrement les mamelons dans l'attente patiente d'une légère morsure.

Mes mains sont fortes et chaudes. Les mains d'un sale vieux bonhomme sont froides et collantes. J'ai de l'affection et de l'amour — beaucoup trop. Et si je réconforte une fille qui a du chagrin ou qui souffre, et que les sanglots se calment, et qu'elle se serre contre moi, et que les caresses perdent leur rythme et glissent le long des hanches et sur les seins... Où un parfum commence-t-il à changer votre nez qui coule en narines qui le respirent ?

Ces rencontres et ces découvertes sont comme la température à Big Sur. Certes, nous n'avons ni le gel ni les fortes chaleurs. Mais entre les deux il n'y a pas cette indolence de la monotonie comme sur une île des tropiques. Le froid est froid et on frissonne. La pluie est humide, le sol boueux. Le soleil chauffe les toits l'après-midi jusqu'à la suffocation. Mes rapports humains ne tombent pas dans les deux extrêmes. Je ne tue pas et je ne me laisse pas piéger par la monogamie. J'ai des relations flottantes allant du baiser — qui n'est que trop fréquent — à des fidélités de longue durée.

Le premier baiser est un test de Rorschach
Vous touchez la bouche et les lèvres d'un inconnu
Et trouvez des lèvres serrées « Ça m'est égal »,
Ou la voracité qui vous aspire,
L'indifférence qui vous teste,
Un sec coup de bec qui vous chasse,
Un avertissement gentil : gare au bobo
Un coup de dents qui blesse et vous coupe le souffle,
Une bouche qui pue la merde
Ou sèche et sentant la frigidité,
Ferme comme un bras de lutteur
Molle comme caoutchouc-mousse
Et celles rares qui signifient plénitude :
Attente qui semble promettre
Une fusion totale.
L'environnement aboli
Dans l'isolement de l'extase.
Chaque baiser, dis-je, est tout autre
Si vous découvrez le subtil
Bien engagés dans le vivant.
Die Engel die nennen es Himmelsfreud
Die Teufel die nennen es Höllenleid
Die Menschen die nennen es Liebe (H. Heine)
(Les anges l'appellent « Joie du ciel »,
Les démons « Torture d'enfer »,
Les hommes l'appellent « amour ».)

Esalen avait commencé comme auberge, avec l'attraction particulière des bains chauds. A mon arrivée, c'était encore une auberge, les séminaires et conférences commençaient à peine et le bar et le restaurant étaient ouverts au public. Les aubergistes étaient Mike Murphy et Dick Price. A présent, nous sommes une institution privée en expansion, gérée par les directeurs Mike et Dick. Les escrocs urbains de passage et les colporteurs de drogue nécessiteux sont écartés ou jetés dehors. Nous passons pour procurer la guérison immédiate, la joie et la conscience sensorielle instantanées.

  

Voilà. C’est tout pour le moment comme dans les séries télé américaines ou les romans-feuilletons du dix-neuvième siècle. Amitiés à tous.


mardi 26 juin 2018

Compte rendu du livre « Ma Gestalt-thérapie, une poubelle-vue-du-dehors-et-du-dedans » de Fritz Perls (vingt-troisième partie).




L'Institut d'Esalen.


Je viens de lire un livre que j’ai trouvé à la fois passionnant, précis et instructif sur la création de la Gestalt-thérapie. Je voudrais vous en faire part à travers quelques articles de ce blog. Il s’agit de « Ma Gestalt-thérapie, une poubelle-vue-du-dehors-et-du-dedans »  de Fritz Perls.

Cet article est la suite de celui-ci. 


Voici le résumé de ce livre.

Vive l'american way of life, vive sa médiocre excitation et son complément, la violence ! Ou alors, faudra-t-il prescrire chaque matin, à chaque citoyen, une bonne dose de tranquillisant ?

Je vis à l'Institut d'Esalen. Comme d'habitude, je me suis couché tard et me suis réveillé tôt, et je regarde par la fenêtre. Les falaises de Big Sur, les vagues agitées, le varech qui flotte en grandes nattes brunes. L'année dernière, les pentes du terrain qui entoure ma maison étaient presque dénudées. A présent, elles sont couvertes de toutes sortes de buissons. Des fleurs s'y mêlent, ruisselantes de couleurs qui attendent leur Corot ou leur Renoir.

La plage n'a pas de sable, elle est faite de gros galets et de rochers qui attendent que les vagues jouent avec eux. Et les voici, l'une après l'autre, rampant lentement, puis sautant et dansant, s'embrassant et se mêlant, mourant dans la blancheur.

Un des rochers qui touchent la plage a une signification historique. Elizabeth Taylor s'est assise là, pour un de ses films. Je ne suis jamais descendu me prosterner devant ce rocher. Et l'on m'a dit, mais je ne puis l'affirmer, que pour le tournage de cette scène on avait recouvert de caoutchouc-mousse et repeint le rocher pour le rendre plus photogénique ou confortable, ou en guise de protection contre le froid. Le cul d'une star, après tout, est un accessoire probablement assuré pour une somme fabuleuse !

Les loutres de mer qui jouent là ne semblent pas apprécier le caractère sacro-saint de ce rocher. Ma maison est perchée sur la falaise, à cent mètres au-dessus des célèbres sources sulfureuses auxquelles nous devons notre adresse. Il y en a entre vingt et trente. Leur température est de cinquante-cinq degrés. L'odeur de soufre n'est pas déplaisante, l'eau est très très douce. Les bains donnent sur la mer et, la nuit, sur un ciel piqueté de diamants. Souvent il y a du brouillard, et la pluie est violente en hiver. Cependant, il ne gèle jamais et les journées vraiment très chaudes sont rares.

Ce documentaire touristique ne vous dit rien du rôle joué par les bains. Il y a des deux côtés baignoires et bassins. Parfois, plus de seize personnes se tassent dans un bassin. Vous vous lavez et faites votre shampooing dans les baignoires, c'est très mal vu de faire ça dans les bassins. A certains moments les sexes sont séparés, à d'autres, non, habituellement après les séminaires du soir. Les groupes de rencontre s'y réunissent parfois dans l'après-midi, et les familles du personnel le soir avant le dîner.

Je recommande ces bains en commun à mes groupes non professionnels, mais les exige pour les professionnels, psychiatres, psychologues, ministres du culte, etc. Nombre d'entre eux arrivent constipés, n'ayant d'autre soutien personnel que leur rôle professionnel, effrayés de descendre jusqu'à nous, pauvres mortels, souvent peu désireux de souscrire aux beautés de la découverte de Whittaker au sujet de « la part du malade chez le thérapeute » (trop peu de thérapeutes sont disposés à admettre le statut de patient, encore moins d'y être élevés). Ils sont toujours — je ne pense pas avoir vu plus d'une ou deux exceptions — déçus par l'absence de délicatesse excessive et de câlinerie, et stupéfaits que la nudité ne produise pas d'aussi vives émotions qu'ils s'y attendaient. On peut tout voir, des corps qui se laissent flotter, détendus, aux étreintes ardentes, du chant en commun à des resucées de discussion sur la séance de séminaire. Parfois ils s'ennuient et sont gênés et tombent au niveau de la plaisanterie vulgaire. Ils se touchent essentiellement sous la forme de massages. Les relations sexuelles sont rares, ainsi que la violence.

Il y eut une fois une vraie garce qui monta deux hommes l'un contre l'autre. L'un, qui avait apparemment besoin de plastronner, parlait d'une façon extravagante, le regard plein d'une folie meurtrière. Quand il arriva près de moi dans le bassin, je me levai et, en dépit de mon âge, lui donnai un grand coup de poing dans le nez. A mon étonnement, il s'effondra sans offrir la moindre résistance et se mit à pleurer.

J'ai rarement peur. Un bon psychiatre doit risquer sa vie et sa réputation s'il veut parvenir à quelque chose d'authentique. Il doit prendre position. Les compromis et la serviabilité ne servent à rien. Une femme, qui se révéla une thérapeute de premier ordre, finit par exploser de rage en travaillant avec moi. Elle brandit au-dessus de ma tête une énorme chaise, prête à m'assommer. Je lui dis calmement : « Allez-y, j'ai vécu ma vie », et elle se réveilla de ses transes.

Voilà. C’est tout pour le moment comme dans les séries télé américaines ou les romans-feuilletons du dix-neuvième siècle. Amitiés à tous.


Les cinq caractéristiques les plus importantes de l’âme selon la philosophie Samkhya.


Prakriti.

Ce texte est la traduction d’un article du blog de Vrajabasi Das, astrologue védique.

Il est la suite de celui-ci


Dans l'ancienne philosophie Samkhya de l'Inde, une entité qui s’est incarnée dans une enveloppe matérielle, le corps, a été appelée Atman.

Autrement dit, cette pensée affirme que nous sommes tous un Atman avec un corps physique.

Quand cet Atman s'incarne, il s'appelle jivatman ou Atman incarné.

Il y a de nombreuses implications à cette croyance et elle a ses dévots et ses détracteurs, mais d’une façon générale, elle montre l'être humain comme une étincelle divine (Atman), non matérielle, dans un corps physique.

La Bhagavad Gita, dans son deuxième chapitre, décrit certaines des qualités de ce que nous appelons Atman, esprit ou âme, ou alors étincelle divine.

Il est immortel - Atman ne meurt pas avec le corps et est éternel. Cela vaut-il donc la peine de se mettre en colère, de se brimer, de se flageller, d’être déprimé... éternellement?

« Oh, descendant de Bharata, ce qui demeure dans le corps ne peut jamais être tué. Par conséquent, vous n'avez pas à pleurer pour un être vivant. » Bhagavad Gita 2.30

Nos relations ne se terminent pas par la mort. La mort ou la mise à mort ne résolvent pas nos problèmes. Nous continuerons à nous réincarner dans d’autres corps  pour résoudre ces problèmes.

Il est pensant - d'où son nom Atman, qui pourrait être divisé en mots Atha (qui signifie «  par conséquent ») et Manas (esprit, processus de pensée). Dans une traduction libre, ce serait quelque chose comme « Par conséquent ce qui pense ». Le mot Atha est important ici parce qu'il implique la perfectibilité, donc quelque chose de non statique mais en croissance continue de cette pensée et de cet apprentissage.

Il est créé - L'Atman est une création divine. Alors que beaucoup discutent de son éternité, parce que son origine est perdue dans le temps. Mais être créé a un début. Quand et comment, nous ne savons pas, mais nous spéculons là-dessus. C’est-à-dire que... nous ne savons pas. Nous psalmodions des citations et des textes. Mais ils ne sont qu'un aperçu de la pleine compréhension de l'origine de l'être.

Il est asexué - Les relations avec d'autres étincelles divines viennent de relations d'amour ou d’absence de celui-ci. Pour une idée plus concrète de cet amour, je citerais la philosophe Simone Weil quand elle affirmait : «Aimer une autre personne, c'est lui demander ce qui lui fait mal ». Le sexe physique présente des qualités de reproduction et est un des vestiges de notre expérience animale. Mais pour ce qui est de l'Esprit, il est uni par des liens d'affinité.

Il se réincarne - : Il assume différents corps pour connaître des expériences différentes.
« Celui qui est né est sûr de mourir, et, après sa mort, il est certain qu'il naîtra de nouveau. Par conséquent, dans l'accomplissement inéluctable de votre devoir, vous ne devez pas vous lamenter. » Bhagavad Gita 2.27

Alors vivons du point de vue de l'esprit. Voyons les autres comme des âmes spirituelles dans l'évolution, où chacun a la pièce manquante de ce puzzle que nous appelons le destin.

Voilà. C'est tout pour le moment. Amitiés à tous.

Compte rendu du livre « 50 exercices de Gestalt » de Catherine Clouzard (quatrième partie, Comment me libérer d’un poids émotionnel ?).





Le poids émotionnel.


Je viens de lire un livre que j’ai trouvé à la fois formidablement bien écrit, original et passionnant. Je voudrais vous en faire part à travers quelques articles de ce blog. Il s’agit de «50 exercices de Gestalt»  de Catherine Clouzard.


Cet article est la suite de celui-ci. 

Voici le résumé de l’ouvrage.

Comment me libérer d’un poids émotionnel ?

Vous débordez d'amour pour quelqu'un sans le lui dire ? Vous comprimez votre colère au point d'avoir peur d'imploser ? Vous sentez-vous miné par une tristesse ? Au lieu de garder ces choses pour vous, au risque qu'elles se retournent contre vous, choisissez un moyen bien personnel de les exprimer.

Suivez les instructions ci-dessous.

l) Je pense à quelqu'un à qui je n'ose pas dire quelque chose qui m'encombre : ça peut être de l'affection pour une personne que j'aime en secret, de la colère pour quelqu'un qui m'a malmené, de la tristesse à l'égard d'un être cher qui me manque ou tout autre sentiment fort dont je ne sais pas quoi faire.

2) Je fabrique une image ou un objet, comme si c'était un cadeau pour la personne à laquelle je pense. Cela peut être un cadeau « empoisonné » dans certains cas de rancœur !

3) J'y mets les couleurs, les matières qui correspondent le mieux à ce que je ressens pour cette personne, je me laisse guider par mon intuition. Par exemple : je choisis le rouge pour la passion et des ronces pour la colère. Le dessin ou l'objet peut être insolite, étonnant, ce qui compte c'est qu'il ait du sens pour moi, même si une partie du sens m'échappe.

4) Je traverse les émotions qui m'arrivent durant la  réalisation de ce « cadeau ». Elles peuvent être ambivalentes, il peut y avoir de la colère et de l'amour en même temps.

5) Une fois l'objet terminé, j’imagine que je l’offre à la personne qui me l’a inspiré. Qu’est-ce que ça me fait d’imaginer qu’elle le reçoit ? Je peux me sentir soulagé, ça peut me faire rire et me permettre de dramatiser, ça peut me faire pleurer, je peux être désolé, etc.

6) Qu'est-ce que ça me donne comme indication pour moi ? Par exemple : je ne le laisserai plus me maltraiter de la sorte. Ou, maintenant je peux lui pardonner.


Commentaire

« Exprimer » vient du latin exprimere avec la racine premere qui signifie « presser », mettre à l’extérieur. S’exprimer aide donc à se détacher de sentiments encombrants. De plus, le fait d’utiliser un média symbolique permet de se libérer sur plusieurs niveaux en même temps (tête, cœur, corps).



Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.


Compte rendu du livre « 50 exercices de Gestalt » de Catherine Clouzard (troisième partie, Comment me remettre d’une expérience violente ?).



Le harcèlement moral.


Je viens de lire un livre que j’ai trouvé à la fois formidablement bien écrit, original et passionnant. Je voudrais vous en faire part à travers quelques articles de ce blog. Il s’agit de «50 exercices de Gestalt» de Catherine Clouzard.


Cet article est la suite de celui-ci.


Voici le résumé de l’ouvrage.

Comment me remettre d'une expérience violente ?

Dans votre histoire personnelle, il se peut que vous ayez été confronté à un événement d'une grande violence : accident, suicide, séparation brutale, agression physique... En reconnaissant l'impact subi, plutôt que de chercher à oublier « à tout prix », vous avez plus de chances de trouver des ressources qui vont vous permettre de traverser cette expérience particulièrement éprouvante.

Choisissez un moment où vous pouvez vous isoler tranquillement. Prévoyez un temps de ressourcement ensuite, de préférence avec le soutien d'une personne de confiance, au cas où vous seriez très remué.


1) Quelle situation ou quel événement violent ai-je vécu ?

2) Qu'ai-je essayé d'oublier, sans y parvenir ?

3).Qu'est-ce qui a volé en éclats à cause de cet événement ?

4) Quelles sont les émotions qui n'ont pas pu s'exprimer ?

5) Que j'arrive ou non à dire avec des mots comment ça résonne encore en moi, je peux aussi faire un dessin. Ce dernier peut être figuratif, abstrait, entre les deux. Je ne cherche surtout pas à faire un chef-d’œuvre, mais seulement à m'exprimer.

6) À quelle personne de confiance puis-je me confier, montrer mon dessin ?

7) Est-ce que cet événement a encore des impacts aujourd'hui ? Si je réalise que cet événement me laisse encore une empreinte trop encombrante (des cauchemars, des troubles, etc.), il vaut mieux que j'entreprenne une thérapie.

8) Que puis-je prendre le temps de faire qui me fasse du bien, me ressource ? Par exemple : passer du temps avec un ami, une balade, prendre un bain, boire un thé, etc.


Commentaire

Face à une violence subie quelle qu'elle soit, flagrante et ponctuelle (mort accidentelle d'un proche) ou plus insidieuse et répétitive (racisme, harcèlement moral, etc.), le cerveau a du mal à organiser les informations qu'il reçoit, d'où une réaction de défense sous forme de sidération : comme si nos réactions étaient « gelées ». Grâce à cet exercice, vous les libérez peu à peu. Comme prémices du « dégel », il peut arriver que les émotions commencent par arriver de façon un peu anarchique : des crises de larmes qui surgissent sans prévenir par exemple.


Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.


lundi 25 juin 2018

Compte rendu du livre « Ma Gestalt-thérapie, une poubelle-vue-du-dehors-et-du-dedans » de Fritz Perls (vingt-deuxième partie).



Sans rapport avec le texte.


Je viens de lire un livre que j’ai trouvé à la fois passionnant, précis et instructif sur la création de la Gestalt-thérapie. Je voudrais vous en faire part à travers quelques articles de ce blog. Il s’agit de « Ma Gestalt-thérapie, une poubelle-vue-du-dehors-et-du-dedans »  de Fritz Perls.

Cet article est la suite de celui-ci


Voici le résumé de ce livre.

J'avais une inflammation au gros orteil droit, qui était enflé et douloureux. Le chef du service médical diagnostiqua une « goutte ». J'étais furieux. Moi et la goutte, cela n'allait pas ensemble ! En dépit de sa médication, la douleur devenait atroce. J'insistai pour qu'on me fît une radio, qui révéla une petite esquille, séquelle apparemment d'une ancienne fracture. Une petite opération et j'étais guéri au bout de quelques jours.

J'ai eu une série de petits bobos parce que je faisais de la motocyclette et d'autres sports. Je n'ai eu qu'une alerte sérieuse, une chute en faisant du patin à glace, mais sans fracture.

Je commençai à attirer l'attention après une de mes cures prétendues miraculeuses (comme Milton Erickson, note du blogueur). Un soldat présentait comme de grands coups de fouet par tout le corps. On me l'envoya en dernier ressort.

Impossible d'établir un diagnostic psychiatrique en l'absence de symptômes neurologiques ou similaires. Il aurait fallu des indices psychologiques bien clairs. Le soldat était quelque peu hébété et avait dans les yeux un profond désespoir. Bien sûr, dans l'armée, on ne pouvait pas se payer le luxe d'une psychanalyse ni d'aucune autre forme de psychothérapie de longue durée. Je le plaçai sous penthotal et appris qu'il avait été en camp de concentration. Je lui parlai en allemand et le ramenai à ses moments de désespoir en supprimant ses résistances les plus criantes. Il pleura vraiment de tout son cœur, de toute sa peau, dirons-nous. Il se réveilla dans la confusion, reprit pied pour de bon, et éprouva alors la sensation  typique du satori : celle d'être complètement et librement au monde. Il avait enfin quitté le camp de concentration et se trouvait avec nous. Les marques de fouet disparurent.

Des cures aussi spectaculaires étaient rares, bien sûr. Habituellement, c'était un travail de forçat que de se lancer dans la moindre psychothérapie.

Bang ! Une interruption. Entrez, G. Prenez donc un morceau de massepain. Grete, ma sœur, me montre son amour en m'envoyant les plus exquises friandises. J'ai du mal à les partager niais je le fais quand même.

Je raconte à G. la chose merveilleuse qui est en train de m'arriver. Je commence à m'apprécier moi-même — mes subtilités, mon rythme, la clarté de ma vision. Quelle différence avec mon besoin de parade et de vantardise ! Quelle différence entre ma faim de considération et la chose plate et éphémère dont elle se nourrit.
Ce matin à la table du petit déjeuner — non, déjà peu après mon réveil — le tourbillon recommence. Je cherche à tâtons quelque chose à travers le brouillard. Emporté par l'imagination, j'écris furieusement. A nouveau, de nombreux thèmes se pressent en foule, mais des thèmes nombreux ne font une symphonie que s'ils sont structurés et intégrés.

Je vois que ce que j'écris est en passe de devenir un livre, probablement un gros volume. Je ne m'étais jamais rendu compte de tout ce qu'il y avait dans ma poubelle et de tout ce dont je dois me débarrasser. Je sais qu'une bonne part de mon expérience sera précieuse pour beaucoup de lecteurs. J'ai déjà eu des réactions très rassurantes d'amis à qui j'avais confié quelques passages du manuscrit.

Une question qu'on me pose m'embarrasse et me met en colère : « Quand sortira le livre ?
« Je vous en prie, laissez-moi faire ce que j'ai à faire tranquillement ! Je suis heureux d'être stimulé et j'ai le désir d'écrire. Je suis heureux de faire quelque chose qui intègre vos besoins et les miens. Alors ne forcez pas la rivière à aller plus vite. Elle coule d'elle-même. »

Et si événements et idées se bousculent, ni l'imagination, ni l'anticipation, ni la répétition n'en dicteront le cours. La formation image/arrière-plan fait qu'un seul événement à la fois peut occuper le premier plan, dominer la situation. Sinon, il y a conflit et confusion.

Et la formation image/arrière-plan la plus forte prendra temporairement le contrôle de l'organisme total. Telle est la loi fondamentale de l'auto-régulation organique — pas de besoin spécifique, pas d'instinct, de dessein ou de but — aucune intention délibérée ne peut avoir d'influence sans le soutien énergétique d'une Gestalt.

Si plus d'une Gestalt tend à émerger, l'unité du contrôle et de l'action est en danger. Dans notre exemple de la soif, ce n'est pas la soif qui recherche l'eau, mais l'organisme total. C'est moi qui vais vers l'eau, c'est la soif qui me dirige.

Si plus d'une Gestalt émerge, il peut se développer une cassure, une dichotomie, un conflit intérieur qui affaiblit le potentiel qui doit être investi pour compléter une situation inachevée.

Si plus d'une Gestalt émerge, c'est l'être humain qui commence à « décider », souvent au point de décider de jouer au jeu de l'auto-torture, de l'indécision.

Si plus d'une Gestalt peut émerger et que la nature soit livrée à elle-même, alors il n'y aura pas de décisions, mais des préférences. Un tel processus signifie l'ordre au lieu du conflit.

Il n'y a pas de hiérarchie des « instincts », il y a une hiérarchie de l'émergence de la Gestalt la plus urgente.

Une fois terminée, cette Gestalt va reculer vers l'arrière-plan, pour dégager le devant de la scène et laisser place à une autre émergence, à une autre urgence. Quand une Gestalt a reçu satisfaction, l'organisme peut faire face à la frustration urgente suivante. Toujours la priorité aux urgences. Quand un coup de téléphone, une lettre urgente, des factures ou un séminaire exigeront mon attention, alors ce livre passera à l'arrière-plan. Il ne disparaîtra pas, ne sera pas oublié ni refoulé. Il restera vivant dans l'échange entre image et arrière-plan.
Lorsque mes préoccupations au sujet de ce livre demeurent proches du premier plan, j'accorde peu d'attention aux conversations à table ou à la beauté du paysage.

Toute interférence avec l'élasticité du rapport d'échange entre le premier-plan et l'arrière-plan provoque des phénomènes névrotiques ou psychotiques.

Premier-plan et arrière-plan doivent être facilement interchangeables, selon les besoins de mon être. Sinon nous obtenons une accumulation de situations inachevées, d'idées fixes, de structures caractérielles rigides. Premier plan et arrière-plan doivent être aisément permutables. Sinon, l'attention est perturbée, il en résulte confusion, perte de contact, incapacité de se concentrer et de s'engager.

J'ai lu un jour au personnel de l'hôpital un article que j'avais écrit. Je voulais le rendre simple afin que même les médecins puissent comprendre le principe de la formation de la Gestalt. Je choisis un symptôme fréquent, l'insomnie, et décrivis la signification de cette insomnie comme une tentative de l'organisme pour faire face aux problèmes qui étaient plus importants que le sommeil (très intéressant, note du blogueur). La perspective d'un entretien angoissant, une vengeance inassouvie, un ressentiment inattendu, une forte tension sexuelle ne sont que quelques-unes de ces situations inachevées qui font obstacle à ce retrait du monde que nous appelons sommeil.

Afin de faire face à la situation inachevée, l'organisme doit produire un quota accru d'excitation qui est incompatible avec le sommeil. Donc, si vous ne pouvez dormir et que vous n'utilisiez pas cette excitation pour régler une Gestalt incomplète, il vous faut chercher une autre issue en vous fâchant contre l'insomnie, l'oreiller trop dur ou le chien qui aboie. Plus vous vous fâchez, moins vous arrivez à dormir. Fermer les yeux n'apporte pas le sommeil ; c'est le sommeil qui fait fermer les yeux.

Vous pourriez aussi chercher refuge dans la panacée de la psychiatrie moderne, les tranquillisants, qui amortissent les élans de votre force de vie, et camouflent vos problèmes non résolus sous la descente de lit.

Voilà. C’est tout pour le moment comme dans les séries télé américaines ou les romans-feuilletons du dix-neuvième siècle. Amitiés à tous.