jeudi 28 juin 2018

Compte rendu du livre « Ma Gestalt-thérapie, une poubelle-vue-du-dehors-et-du-dedans » de Fritz Perls (vingt-cinquième partie).



  
L'erreur.


Je viens de lire un livre que j’ai trouvé à la fois passionnant, précis et instructif sur la création de la Gestalt-thérapie. Je voudrais vous en faire part à travers quelques articles de ce blog. Il s’agit de « Ma Gestalt-thérapie, une poubelle-vue-du-dehors-et-du-dedans »  de Fritz Perls.

Cet article est la suite de celui-ci . 


Voici le résumé de ce livre.

Comment diable en sommes-nous arrivés là ? Certes, il y avait au début un désir intense de rédemption et de salut. La perception mystique, ésotérique, surnaturelle, extra-sensorielle semble convenir à l’esprit des lieux. La méditation par le yoga en vue de parvenir à un niveau supérieur d'existence coïncide avec le désarroi de l'existence monotone. L'âme, marchandise délaissée, semblait faire un retour sur le marché.

La beauté de tout cela, c'est que ceux qui vinrent ici tentèrent sincèrement de parvenir au niveau non verbal de l'existence, mais sans se rendre compte que la méditation, comme l'analyse, est un piège. Comme la psychanalyse, elle crée un déséquilibre, bien que de nature opposée.

Ces deux déséquilibres peuvent être comparés avec le processus de la défécation. Constipation et diarrhée sont deux types opposés d'expulsion qui interfèrent l'un et l'autre avec la fonction optimale,
(+) opposé à (—). En psychiatrie, nous avons les contraires de la stupeur catatonique (moins d'excitation) et de la schizophrénie (plus d'excitation).

La méditation, qui vous laisse le cul entre deux chaises, est une éducation qui me semble conduire vers la catatonie, tandis que la technique psychanalytique de l'envol des idées favorise la pensée schizophrénique.

J'ai fait l'expérience des deux, assis dans la position du lotus dans la quiétude du Zendo, et allongé sur le divan à cracher des flots de verbiage. Les deux reposent maintenant sous leur pierre tombale, au fond de ma poubelle.

Je déteste utiliser et reconnaître le mot « normal » pour désigner le point zéro de l'indifférence créatrice. On s'en sert beaucoup trop souvent pour la moyenne et non pour le point de fonctionnement optimal.

Au sujet de l'indifférence créatrice, je déteste utiliser le mot « parfait ». Cela « sent » l'exploit et la louange.

J'adore utiliser et reconnaître le mot « centre ». C'est le mille de la cible. Une cible que touche la flèche à tout coup.

J'aime toutes les rencontres imparfaites de la cible et de la flèche qui rate le mille et tape à gauche, à droite, en haut, en bas. J'aime toutes les tentatives qui ratent de mille façons. Il n'y a qu'un centre à la cible et des milliers de bonnes volontés.

Ami, ne soyez pas perfectionniste. Le perfectionnisme est une malédiction. Il crée une surcharge. Car vous tremblez de peur de manquer la cible. Être parfait, c'est laisser être.

Ami, n'ayez pas peur des erreurs. Les erreurs ne sont pas des péchés. Les erreurs sont des façons de faire quelque chose de différent, quelque chose, peut-être, de créateur et de nouveau.

Ami, ne regrettez pas vos erreurs, soyez fiers d'elles. Vous avez eu le courage de donner quelque chose de vous-même.

Il faut des années pour être centré ; des années encore pour comprendre maintenant, et pour y être.

Jusque-là, prenez garde aux deux extrêmes, perfectionnisme d'un côté et cure instantanée de l'autre, joie immédiate, conscience sensorielle immédiate.

Prenez garde à quiconque se présente pour vous aider. Ces gens sont comme des escrocs qui promettent quelque chose pour rien. Ils vous gâtent et vous maintiennent dans la dépendance et l'immaturité.



Voilà. C’est tout pour le moment comme dans les séries télé américaines ou les romans-feuilletons du dix-neuvième siècle. Amitiés à tous.


mercredi 27 juin 2018

Les six conseils du « Bhagavad Gita » pour affronter la vie (traduction d'un article du blog de Vrajabasi Das, astrologue védique, troisième partie).



La Bhagavad Gita.


Ce texte est la traduction d’un article du blog de Vrajabasi Das, astrologue védique, par le mentaliste Jean-François Gérault.
  
Il est la suite de celui-ci.
  
Certains traduisent le Bhagavad Gita sous le titre « Le chant du rossignol ». C'est un texte sacré pour de nombreux pratiquants de l'hindouisme, où Krishna (Dieu) et Arjuna (l'être humain) s'engagent dans une conversation sur un champ de bataille.

Ce texte est inclus dans une œuvre, le Mahabharata, qui raconte l'histoire du Grand Bharata (Inde).
Mais son importance est telle qu'elle est considérée comme un texte à part.

De cette conversation entre Krishna et Arjuna, nous recueillons de précieux conseils qui nous aideront à affronter la vie telle que nous la connaissons.

Vous n'êtes pas responsable des actions des autres. Vous êtes responsable de votre champ d'actions ou de vous-même. Cela ne signifie pas le manque de compassion, mais parfois nous devons être des observateurs d'un processus où nous n'avons aucun contrôle. Nous pouvons articuler des mots éloquents et beaux, mais les faits parlent d'eux-mêmes. Ce n'est pas la peine de regretter ou de s'inquiéter, ce sont des filtres avec lesquels nous regardons dans le passé ou dans le futur. Pour paraphraser Simone Weil, « Le passé est déjà produit, le futur est dans notre imagination, nous n'avons que le présent ». Le détachement en conservant sa responsabilité est nécessaire.

C'est comme ça, on ne nous donne pas une vie courte, mais nous la rendons courte. Nous ne sommes pas les perdants mais les gaspilleurs de cette vie.

BG 2.11 La Personne Suprême de Dieu a dit: Pendant que vous parlez avec des mots savants, vous vous lamentez pour ce qui n'est pas digne de lamentations. Ceux qui sont sages ne se lamentent pas ni pour les vivants ni pour les morts.

Le changement de nature est permanent, même vos réincarnations. Le corps que vous occupez est une machine que nous avons choisie pour apprendre dans ce plan d’existence. Le changement de véhicule ne confond pas la personne sensée.

Bg 2.13 De même que dans ce corps l'âme incarnée passe continuellement de l'enfance à la jeunesse et ensuite à la vieillesse, de même l'âme passe dans un autre corps au moment de la mort. La personne sensée n'est pas déroutée par ce changement.
Votre vraie nature est spirituelle. L'Atman, comme l'ont dit les anciens Hindous, ou Jivatma, lors de son incarnation, est votre vraie nature. C'est une intelligence pensante et progressive qui apprend dans chaque incarnation. Vivre du point de vue de l'Atman est essentiel pour comprendre ce qui nous arrive.

BG 2.17 Sache que ce qui est répandu dans tout le corps est indestructible. Personne ne peut détruire cette âme impérissable.
Embrasse la douleur. Notre corps réagit organiquement en fonction de la douleur et du plaisir. Mais ici nous parlons de la douleur émotionnelle. Ne fuis pas ta réalité, manie cette douleur pour que tu comprennes ta situation. Comme disait Sénèque « Dans les affaires humaines, ne pleure pas, ne ris pas, ne te lamente pas mais comprends ». La Gita donne ce conseil : « Bats-toi ». Peut-être que nous ne comprendrons pas tout à ce moment-là ; peu importe, affrontons la réalité avec courage et essayons de gérer nos sentiments.

Bg 2.18 Le corps matériel de l'entité vivante éternelle, indestructible et incommensurable, a une fin absolument certaine ; donc, combats, oh descendant de Bharata!
Si vous ne gérez pas votre douleur, cela vous hantera, car il est important de résoudre les problèmes non résolus avant sa mort. C'est pourquoi la Gita parle d « infamie ». Les gens autour de nous ont un but à atteindre, mais c'est à nous d'agir dans l'excellence. Nous continuerons sur la même lancée, incarnation après incarnation, avec les mêmes personnes dans d'autres corps, jusqu'à ce que nous ayons fait face à nos problèmes.

BG 2.34 Les gens parleront toujours de votre infamie, et pour une honnête personne, le déshonneur est pire que la mort.

BG 2.35 Les grands généraux, qui ont eu votre nom et votre renommée en haute estime, penseront que vous avez abandonné le champ de bataille seulement par peur, et, par conséquent, ils vous considéreront comme insignifiants.

BG 2.36 Vos ennemis s’exprimeront sur vous avec des mots durs et mépriseront vos capacités. Quoi de plus douloureux pour vous?
Il faut vous améliorer vie après vie. Il n'y a pas de punitions ou de récompenses, il n'y a que des actions (Karma). Vous ne contrôlez pas les résultats, seulement votre intention d'être une meilleure personne chaque fois que vous vous incarnez. Si nous croyons en un Dieu bon et suprême, nous ne lui devons rien. Alors décidez de vous améliorer et abordez de front cet objectif.

Bg 2.40 Dans cette entreprise, il n'y a pas de perte ou de diminution, et une petite progression dans cette voie peut nous protéger du danger le plus redoutable de tous.

Bg 2.41 Ceux qui sont sur ce chemin sont très déterminés et leur but est unique. L'intelligence de ceux qui hésitent a d'innombrables ramifications.
Le point de vue de la Gita sur la vie et les problèmes qu'elle nous pose est très intéressant. Et bien sûr, il y a beaucoup d’autres points qu’elle aborde.


Voilà. C’est tout pour aujourd’hui. Amitiés à tous.


Compte rendu du livre « 50 exercices de Gestalt » de Catherine Clouzard (cinquième partie, Que me dit ma colère ?).



La colère.


Je viens de lire un livre que j’ai trouvé à la fois formidablement bien écrit, original et passionnant. Je voudrais vous en faire part à travers quelques articles de ce blog. Il s’agit de «50 exercices de Gestalt»  de Catherine Clouzard.

Cet article est la suite de celui-ci.

Voici le résumé de l’ouvrage.

Que me dit ma colère ?

Un moustique qui vous tourne autour ou un voisin trop bruyant peuvent vous agacer. Mais parfois, certaines colères sont plus souterraines, comme celle que vous éprouvez vis-à-vis d'un parent ou d'un enfant envahissant. Pour éviter toute maladresse dans l'expression de votre colère, soyez d'abord le plus au clair possible avec elle. Écoutez ce qu'elle vous dit.

Installez-vous dans un endroit où vous ne serez pas dérangé pendant une dizaine de minutes. Vous pouvez utiliser une boule d'argile ou de papier.

1) Je m'installe confortablement et je me concentre sur ma colère.

2) Je prends la boule d'argile ou de papier entre mes mains et je me défoule avec : je la tords, je l'aplatis, je la déchire en étant attentif à ce que je ressens. J'évacue tout ce qu'exprime ma colère.
·
            Quelles sont les sensations et les images qui viennent ? Par exemple : j'ai envie de taper des poings. Je vois rouge comme un taureau.

·           Suis-je vraiment en colère ? Sinon, quelle est l'émotion qui s'est « déplacée » ? Par exemple : je suis déçu par le comportement de ce collègue et je suis triste car je pensais qu'il était un ami.

·           Si oui, contre quoi, contre qui suis-je en colère ? Par exemple : je suis en colère contre mon collègue champion du monde de malveillance.

·           Qu'est-ce qui n'est pas ou n'a pas été respecté chez moi ? Par exemple : j'ai l'impression de ne pas avoir été reconnu à ma juste valeur.

3) À présent et concrètement, que puis-je faire pour prendre soin de moi, pour éviter de ruminer cette colère ? Par exemple : je vais aller trouver mon collègue pour lui dire à quel point ses paroles sont déplacées.

4) Maintenant que j'ai exprimé dans mes mots et mes gestes ma colère, et que j'ai compris le sens qu'elle exprime, je respire calmement pour sortir de l'exercice.
Commentaire

La fonction naturelle de la colère est d'indiquer qu'un territoire réel, symbolique ou psychique est, ou risque d'être, envahi : nos limites personnelles ne sont pas respectées, nous sommes alors malmenés par quelqu'un ou quelque chose. La colère est dans ce cas une émotion légitime. C'est pourquoi, il est important de savoir l'écouter afin de pouvoir l'intégrer et nous donner toutes les chances de l'exprimer au mieux.

Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.

Compte rendu du livre « Ma Gestalt-thérapie, une poubelle-vue-du-dehors-et-du-dedans » de Fritz Perls (vingt-quatrième partie).



Esalen.


Je viens de lire un livre que j’ai trouvé à la fois passionnant, précis et instructif sur la création de la Gestalt-thérapie. Je voudrais vous en faire part à travers quelques articles de ce blog. Il s’agit de « Ma Gestalt-thérapie, une poubelle-vue-du-dehors-et-du-dedans »  de Fritz Perls.

Cet article est la suite de celui-ci.

Voici le résumé de ce livre.


On m’appela une fois dans un groupe pour calmer une fille qui s’attaquait physiquement à tous les membres du groupe. Ils essayaient de la maintenir et de l’apaiser. En vain. Sans cesse, elle se relevait et se battait. Quand j’entrai elle fonça vers moi, je reçus sa tête dans le ventre et elle faillit me renverser. Alors, je lui ai flanqué tout son content jusqu'à ce qu'elle tombe par terre. Elle se releva. Et puis une troisième fois encore. Je la fis tomber de nouveau et lui dis, haletant : « Ce n'est pas la première garce que je bats dans ma vie ! » Alors elle se leva, mit ses bras autour de mon cou et s'écria : « Fritz, je vous aime ! » Apparemment, elle venait de recevoir ce qu'elle avait réclamé toute sa vie.

Il est arrivé une fois quelque chose qui m'a vraiment fait peur. Beaucoup de patients refoulent leur agressivité et s'en prennent à eux-mêmes, par exemple en s'étranglant. J'avais pris l'habitude de les laisser m'étrangler à leur place. Jusqu'au jour où une fille essaya de le faire pour de bon. Je ne m'étais pas rendu compte qu'elle était schizoïde. J'avais déjà commencé à perdre conscience lorsque, au dernier moment, j'ai pu passer mes bras entre les siens et desserrer son étreinte. Depuis lors, je ne leur donne que mon bras à serrer. Et cela est parfois assez douloureux aussi. Il y a pas mal d'étrangleurs dans le monde. Avec les patients qui ont une bonne imagination, un coussin peut faire l'affaire.

Quant à moi, j'ai très peu tendance à devenir violent, à moins d'une provocation adéquate. Je peux me mettre en colère et, à deux reprises, j'ai flanqué des gens à la porte de mes séminaires. C'étaient des esprits destructeurs, intraitables, et qui refusaient de sortir. Quand on m'attaque, je renvoie les coups. La jalousie m'a quelquefois rendu violent, mais, en général, je me contente de torturer ma bien-aimée à l'aide de questions, en lui demandant sans pitié des confessions détaillées.

Quant aux jeux du sexe, au bain ou autrement, la réserve n'est pas mon genre. Freud m'aurait appelé un pervers polymorphe. Dans le temps, j'aimais à baiser pendant des heures, mais à présent, à mon âge, j'aime surtout me laisser exciter sans avoir besoin d'aller jusqu'au bout. J'aime ma réputation d'être à la fois un chaud lapin et un gourou. Malheureusement, le premier est sur le déclin et le second prend le dessus.

Un jour, nous avions une réception dans la « grande maison » d'Esalen. Une fille superbe était couchée sur un divan, très séduisante. Je m'assis près d'elle et lui dis quelque chose comme : « Méfiez-vous de moi, je suis un sale vieux bonhomme. — Et moi, dit-elle, je suis une sale jeune fille. » Nous eûmes, après cela, une courte et délicieuse liaison.

Dans l'ensemble, ce que j'écris me plaît. Je n'aurais jamais cru que cela serait aussi facile. Je pense déjà à la possibilité d'écrire une pièce — je ne l'imagine pas encore. C'est encore très vague. Et, étant bon acteur et bon producteur, je ferais de l'ensemble une Fritz Production. En ce moment même, une foule de gens se pressent dans ce bouquin, ricanant de ma paillardise, me méprisant pour mon manque de contrôle, choqués par mon langage, m'admirant pour mon courage, embrouillés par la multitude de traits contradictoires, désespérés de ne pouvoir me classer. Je suis tenté d'entamer un dialogue, mais...

La fenêtre est grande ouverte. Faible murmure menaçant du ressac. Une douce brise soulève par instants les papiers sur mon bureau, trop faible pour les faire s'envoler. Comme ma barbe douce qui chatouille le visage et les seins d'une jeune fille, les fait frissonner de plaisir silencieux, en fait saillir fièrement les mamelons dans l'attente patiente d'une légère morsure.

Mes mains sont fortes et chaudes. Les mains d'un sale vieux bonhomme sont froides et collantes. J'ai de l'affection et de l'amour — beaucoup trop. Et si je réconforte une fille qui a du chagrin ou qui souffre, et que les sanglots se calment, et qu'elle se serre contre moi, et que les caresses perdent leur rythme et glissent le long des hanches et sur les seins... Où un parfum commence-t-il à changer votre nez qui coule en narines qui le respirent ?

Ces rencontres et ces découvertes sont comme la température à Big Sur. Certes, nous n'avons ni le gel ni les fortes chaleurs. Mais entre les deux il n'y a pas cette indolence de la monotonie comme sur une île des tropiques. Le froid est froid et on frissonne. La pluie est humide, le sol boueux. Le soleil chauffe les toits l'après-midi jusqu'à la suffocation. Mes rapports humains ne tombent pas dans les deux extrêmes. Je ne tue pas et je ne me laisse pas piéger par la monogamie. J'ai des relations flottantes allant du baiser — qui n'est que trop fréquent — à des fidélités de longue durée.

Le premier baiser est un test de Rorschach
Vous touchez la bouche et les lèvres d'un inconnu
Et trouvez des lèvres serrées « Ça m'est égal »,
Ou la voracité qui vous aspire,
L'indifférence qui vous teste,
Un sec coup de bec qui vous chasse,
Un avertissement gentil : gare au bobo
Un coup de dents qui blesse et vous coupe le souffle,
Une bouche qui pue la merde
Ou sèche et sentant la frigidité,
Ferme comme un bras de lutteur
Molle comme caoutchouc-mousse
Et celles rares qui signifient plénitude :
Attente qui semble promettre
Une fusion totale.
L'environnement aboli
Dans l'isolement de l'extase.
Chaque baiser, dis-je, est tout autre
Si vous découvrez le subtil
Bien engagés dans le vivant.
Die Engel die nennen es Himmelsfreud
Die Teufel die nennen es Höllenleid
Die Menschen die nennen es Liebe (H. Heine)
(Les anges l'appellent « Joie du ciel »,
Les démons « Torture d'enfer »,
Les hommes l'appellent « amour ».)

Esalen avait commencé comme auberge, avec l'attraction particulière des bains chauds. A mon arrivée, c'était encore une auberge, les séminaires et conférences commençaient à peine et le bar et le restaurant étaient ouverts au public. Les aubergistes étaient Mike Murphy et Dick Price. A présent, nous sommes une institution privée en expansion, gérée par les directeurs Mike et Dick. Les escrocs urbains de passage et les colporteurs de drogue nécessiteux sont écartés ou jetés dehors. Nous passons pour procurer la guérison immédiate, la joie et la conscience sensorielle instantanées.

  

Voilà. C’est tout pour le moment comme dans les séries télé américaines ou les romans-feuilletons du dix-neuvième siècle. Amitiés à tous.


mardi 26 juin 2018

Compte rendu du livre « Ma Gestalt-thérapie, une poubelle-vue-du-dehors-et-du-dedans » de Fritz Perls (vingt-troisième partie).




L'Institut d'Esalen.


Je viens de lire un livre que j’ai trouvé à la fois passionnant, précis et instructif sur la création de la Gestalt-thérapie. Je voudrais vous en faire part à travers quelques articles de ce blog. Il s’agit de « Ma Gestalt-thérapie, une poubelle-vue-du-dehors-et-du-dedans »  de Fritz Perls.

Cet article est la suite de celui-ci. 


Voici le résumé de ce livre.

Vive l'american way of life, vive sa médiocre excitation et son complément, la violence ! Ou alors, faudra-t-il prescrire chaque matin, à chaque citoyen, une bonne dose de tranquillisant ?

Je vis à l'Institut d'Esalen. Comme d'habitude, je me suis couché tard et me suis réveillé tôt, et je regarde par la fenêtre. Les falaises de Big Sur, les vagues agitées, le varech qui flotte en grandes nattes brunes. L'année dernière, les pentes du terrain qui entoure ma maison étaient presque dénudées. A présent, elles sont couvertes de toutes sortes de buissons. Des fleurs s'y mêlent, ruisselantes de couleurs qui attendent leur Corot ou leur Renoir.

La plage n'a pas de sable, elle est faite de gros galets et de rochers qui attendent que les vagues jouent avec eux. Et les voici, l'une après l'autre, rampant lentement, puis sautant et dansant, s'embrassant et se mêlant, mourant dans la blancheur.

Un des rochers qui touchent la plage a une signification historique. Elizabeth Taylor s'est assise là, pour un de ses films. Je ne suis jamais descendu me prosterner devant ce rocher. Et l'on m'a dit, mais je ne puis l'affirmer, que pour le tournage de cette scène on avait recouvert de caoutchouc-mousse et repeint le rocher pour le rendre plus photogénique ou confortable, ou en guise de protection contre le froid. Le cul d'une star, après tout, est un accessoire probablement assuré pour une somme fabuleuse !

Les loutres de mer qui jouent là ne semblent pas apprécier le caractère sacro-saint de ce rocher. Ma maison est perchée sur la falaise, à cent mètres au-dessus des célèbres sources sulfureuses auxquelles nous devons notre adresse. Il y en a entre vingt et trente. Leur température est de cinquante-cinq degrés. L'odeur de soufre n'est pas déplaisante, l'eau est très très douce. Les bains donnent sur la mer et, la nuit, sur un ciel piqueté de diamants. Souvent il y a du brouillard, et la pluie est violente en hiver. Cependant, il ne gèle jamais et les journées vraiment très chaudes sont rares.

Ce documentaire touristique ne vous dit rien du rôle joué par les bains. Il y a des deux côtés baignoires et bassins. Parfois, plus de seize personnes se tassent dans un bassin. Vous vous lavez et faites votre shampooing dans les baignoires, c'est très mal vu de faire ça dans les bassins. A certains moments les sexes sont séparés, à d'autres, non, habituellement après les séminaires du soir. Les groupes de rencontre s'y réunissent parfois dans l'après-midi, et les familles du personnel le soir avant le dîner.

Je recommande ces bains en commun à mes groupes non professionnels, mais les exige pour les professionnels, psychiatres, psychologues, ministres du culte, etc. Nombre d'entre eux arrivent constipés, n'ayant d'autre soutien personnel que leur rôle professionnel, effrayés de descendre jusqu'à nous, pauvres mortels, souvent peu désireux de souscrire aux beautés de la découverte de Whittaker au sujet de « la part du malade chez le thérapeute » (trop peu de thérapeutes sont disposés à admettre le statut de patient, encore moins d'y être élevés). Ils sont toujours — je ne pense pas avoir vu plus d'une ou deux exceptions — déçus par l'absence de délicatesse excessive et de câlinerie, et stupéfaits que la nudité ne produise pas d'aussi vives émotions qu'ils s'y attendaient. On peut tout voir, des corps qui se laissent flotter, détendus, aux étreintes ardentes, du chant en commun à des resucées de discussion sur la séance de séminaire. Parfois ils s'ennuient et sont gênés et tombent au niveau de la plaisanterie vulgaire. Ils se touchent essentiellement sous la forme de massages. Les relations sexuelles sont rares, ainsi que la violence.

Il y eut une fois une vraie garce qui monta deux hommes l'un contre l'autre. L'un, qui avait apparemment besoin de plastronner, parlait d'une façon extravagante, le regard plein d'une folie meurtrière. Quand il arriva près de moi dans le bassin, je me levai et, en dépit de mon âge, lui donnai un grand coup de poing dans le nez. A mon étonnement, il s'effondra sans offrir la moindre résistance et se mit à pleurer.

J'ai rarement peur. Un bon psychiatre doit risquer sa vie et sa réputation s'il veut parvenir à quelque chose d'authentique. Il doit prendre position. Les compromis et la serviabilité ne servent à rien. Une femme, qui se révéla une thérapeute de premier ordre, finit par exploser de rage en travaillant avec moi. Elle brandit au-dessus de ma tête une énorme chaise, prête à m'assommer. Je lui dis calmement : « Allez-y, j'ai vécu ma vie », et elle se réveilla de ses transes.

Voilà. C’est tout pour le moment comme dans les séries télé américaines ou les romans-feuilletons du dix-neuvième siècle. Amitiés à tous.


Les cinq caractéristiques les plus importantes de l’âme selon la philosophie Samkhya.


Prakriti.

Ce texte est la traduction d’un article du blog de Vrajabasi Das, astrologue védique.

Il est la suite de celui-ci


Dans l'ancienne philosophie Samkhya de l'Inde, une entité qui s’est incarnée dans une enveloppe matérielle, le corps, a été appelée Atman.

Autrement dit, cette pensée affirme que nous sommes tous un Atman avec un corps physique.

Quand cet Atman s'incarne, il s'appelle jivatman ou Atman incarné.

Il y a de nombreuses implications à cette croyance et elle a ses dévots et ses détracteurs, mais d’une façon générale, elle montre l'être humain comme une étincelle divine (Atman), non matérielle, dans un corps physique.

La Bhagavad Gita, dans son deuxième chapitre, décrit certaines des qualités de ce que nous appelons Atman, esprit ou âme, ou alors étincelle divine.

Il est immortel - Atman ne meurt pas avec le corps et est éternel. Cela vaut-il donc la peine de se mettre en colère, de se brimer, de se flageller, d’être déprimé... éternellement?

« Oh, descendant de Bharata, ce qui demeure dans le corps ne peut jamais être tué. Par conséquent, vous n'avez pas à pleurer pour un être vivant. » Bhagavad Gita 2.30

Nos relations ne se terminent pas par la mort. La mort ou la mise à mort ne résolvent pas nos problèmes. Nous continuerons à nous réincarner dans d’autres corps  pour résoudre ces problèmes.

Il est pensant - d'où son nom Atman, qui pourrait être divisé en mots Atha (qui signifie «  par conséquent ») et Manas (esprit, processus de pensée). Dans une traduction libre, ce serait quelque chose comme « Par conséquent ce qui pense ». Le mot Atha est important ici parce qu'il implique la perfectibilité, donc quelque chose de non statique mais en croissance continue de cette pensée et de cet apprentissage.

Il est créé - L'Atman est une création divine. Alors que beaucoup discutent de son éternité, parce que son origine est perdue dans le temps. Mais être créé a un début. Quand et comment, nous ne savons pas, mais nous spéculons là-dessus. C’est-à-dire que... nous ne savons pas. Nous psalmodions des citations et des textes. Mais ils ne sont qu'un aperçu de la pleine compréhension de l'origine de l'être.

Il est asexué - Les relations avec d'autres étincelles divines viennent de relations d'amour ou d’absence de celui-ci. Pour une idée plus concrète de cet amour, je citerais la philosophe Simone Weil quand elle affirmait : «Aimer une autre personne, c'est lui demander ce qui lui fait mal ». Le sexe physique présente des qualités de reproduction et est un des vestiges de notre expérience animale. Mais pour ce qui est de l'Esprit, il est uni par des liens d'affinité.

Il se réincarne - : Il assume différents corps pour connaître des expériences différentes.
« Celui qui est né est sûr de mourir, et, après sa mort, il est certain qu'il naîtra de nouveau. Par conséquent, dans l'accomplissement inéluctable de votre devoir, vous ne devez pas vous lamenter. » Bhagavad Gita 2.27

Alors vivons du point de vue de l'esprit. Voyons les autres comme des âmes spirituelles dans l'évolution, où chacun a la pièce manquante de ce puzzle que nous appelons le destin.

Voilà. C'est tout pour le moment. Amitiés à tous.

Compte rendu du livre « 50 exercices de Gestalt » de Catherine Clouzard (quatrième partie, Comment me libérer d’un poids émotionnel ?).





Le poids émotionnel.


Je viens de lire un livre que j’ai trouvé à la fois formidablement bien écrit, original et passionnant. Je voudrais vous en faire part à travers quelques articles de ce blog. Il s’agit de «50 exercices de Gestalt»  de Catherine Clouzard.


Cet article est la suite de celui-ci. 

Voici le résumé de l’ouvrage.

Comment me libérer d’un poids émotionnel ?

Vous débordez d'amour pour quelqu'un sans le lui dire ? Vous comprimez votre colère au point d'avoir peur d'imploser ? Vous sentez-vous miné par une tristesse ? Au lieu de garder ces choses pour vous, au risque qu'elles se retournent contre vous, choisissez un moyen bien personnel de les exprimer.

Suivez les instructions ci-dessous.

l) Je pense à quelqu'un à qui je n'ose pas dire quelque chose qui m'encombre : ça peut être de l'affection pour une personne que j'aime en secret, de la colère pour quelqu'un qui m'a malmené, de la tristesse à l'égard d'un être cher qui me manque ou tout autre sentiment fort dont je ne sais pas quoi faire.

2) Je fabrique une image ou un objet, comme si c'était un cadeau pour la personne à laquelle je pense. Cela peut être un cadeau « empoisonné » dans certains cas de rancœur !

3) J'y mets les couleurs, les matières qui correspondent le mieux à ce que je ressens pour cette personne, je me laisse guider par mon intuition. Par exemple : je choisis le rouge pour la passion et des ronces pour la colère. Le dessin ou l'objet peut être insolite, étonnant, ce qui compte c'est qu'il ait du sens pour moi, même si une partie du sens m'échappe.

4) Je traverse les émotions qui m'arrivent durant la  réalisation de ce « cadeau ». Elles peuvent être ambivalentes, il peut y avoir de la colère et de l'amour en même temps.

5) Une fois l'objet terminé, j’imagine que je l’offre à la personne qui me l’a inspiré. Qu’est-ce que ça me fait d’imaginer qu’elle le reçoit ? Je peux me sentir soulagé, ça peut me faire rire et me permettre de dramatiser, ça peut me faire pleurer, je peux être désolé, etc.

6) Qu'est-ce que ça me donne comme indication pour moi ? Par exemple : je ne le laisserai plus me maltraiter de la sorte. Ou, maintenant je peux lui pardonner.


Commentaire

« Exprimer » vient du latin exprimere avec la racine premere qui signifie « presser », mettre à l’extérieur. S’exprimer aide donc à se détacher de sentiments encombrants. De plus, le fait d’utiliser un média symbolique permet de se libérer sur plusieurs niveaux en même temps (tête, cœur, corps).



Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.