vendredi 16 octobre 2020

Aperçus sur l'écrivain de science-fiction américain Roger Zelazny (deuxième partie).

 


 Un des romans de Roger Zelazny.

 

En ces temps troublés, pour échapper à la morosité ambiante, j'ai décidé de publier des textes que j'avais rédigés sur celui qui est pour moi le plus grand des auteurs de science-fiction (à égalité avec Philip K. Dick), Roger Zelazny.

 

Biographie : de la Sécurité sociale à la science-fiction lyrique (suite)

 

En 1949, Roger Zelazny entre au lycée Shore Junior d’Euclid où il commence une œuvre qu’il poursuivra pendant plusieurs années et lui servira d’aire de lancement pour ses récits futurs : une épopée interminable intitulée The Record dont les héros sont deux monstres, le Zlaz et le Yok, qui vivent dans les catacombes sous Paris, passent leur temps à dormir et à boire du Zyphoam, l’alcool plus terrible que l’alcool. Ces créatures croient travailler mais leur patron essaie surtout de les tenir éloignés de toute activité terrestre, de peur qu’ils ne provoquent une catastrophe. La série des récits qui forment l’épopée raconte quelques-unes de leurs erreurs et les effets miraculeux qui en découlent : comment, par exemple, la dépouille pétrifiée d’un dinosaure gigantesque se recouvre d’alluvions pour devenir un jour les Montagnes Rocheuses. Comme pour un roman feuilleton, Zelazny lit au fur et à mesure les épisodes à ses amis, Carl Yoke et Richard Covert.

Puis il rencontre chez deux de ses professeurs, Mme Ruby Olson (responsable du cours « Écriture et Créativité ») et M. Myron Gordon (journalisme) une appréciation critique de son travail et un encouragement à écrire. A cette époque, il publie deux récits et un poème dans Eucuyo, la revue littéraire de l'institution, réalise sa première vente lorsque Mister Fuller's revolt paraît dans Literary Cavalcade en 1954. Roger Zelazny a dix-sept ans. Un temps, il a déjà tenté de vendre des récits de science-fiction aux magazines professionnels, sans succès, et s'est découragé. « J'ai écrit peut-être deux cents histoires à ce moment, et l'une après l'autre, elles furent toutes rejetées. Enfin, de temps en temps je recevais un petit mot gentil d'un rédacteur » (If, 1969).

Après le lycée, en 1955, Zelazny entre à la Western Reserve University (aujourd'hui une division de la Case Western Reserve) à Cleveland. Il commence par une licence de psychologie, mais change pour l'anglais quand il commence à penser à la façon dont il allait gagner sa vie après l’université :

« J'ai commencé à me demander ce que je ferais après l’université afin de survivre pendant mes tentatives d'écriture. Obtenir un diplôme et enseigner, ai-je supposé. Puis, après avoir regardé les labyrinthes et respiré l’ambiance du laboratoire, je me suis demandé « Est-ce vraiment la psychologie que tu veux enseigner ? » » (Aikido black).

Zelazny prend l’habitude à l'université d'assister à n'importe quel cours qui lui semble intéressant sans y être inscrit. Ce désir de balayer l’ensemble des connaissances annonce déjà le programme de lecture qu'il développera des années plus tard. Pendant quelques temps, il lit abondamment Sigmund Freud, Carl Jung et Havelock Eilis, qu'il apprécie plus en littéraire qu’en scientifique. Il reçoit deux fois, en 1957 et en 1959, le Finley Foster's Prize de poésie, mais aussi le Holden Essay Award pour une longue dissertation sur Geoffrey Chaucer. II prépare sa licence en lisant Thomas Mann, Rilke, Whitman, Shakespeare et les poètes symbolistes français. Ses loisirs sont consacrés à la course de haies et au judo. Il termine un recueil de poèmes — Chisel in the Sky — qui restera partiellement inédit.

Après son diplôme à la Reserve University, Zelazny quitte l'Ohio en 1959 pour l'université de Colombia à New York, afin d’y continuer ses études d’anglais. En maîtrise, il se spécialise dans les dramaturges élisabéthains et jacobites et continue à assister aux cours en dehors de son domaine. Il poursuit également son écriture poétique. Il achève sa thèse, mais son conseiller ne lui fait pas soutenir à temps pour être diplômé au printemps. Ce  séjour à New York sera l'occasion pour lui de se livrer à une année d'orgie culturelle où il hantera les théâtres et les musées de la ville, circulera autour de Greenwich Village en quête de Folk Music, une des musiques qu’il préfère. Puis il traverse une période de remise en question où il quitte la vie frénétique de New-York pour s'engager dans la Garde Nationale de l'Ohio. Il passe six mois de service actif à Fort Bliss (Texas) à la sortie duquel il s'engage au 137° bataillon d'Artillerie des États-Unis, puis au 112° bataillon du Génie. II servira dans un corps armé de missiles nucléaires à tête chercheuse, une activité profitable à la réflexion qu'il emploiera à travailler l'épée.

Quand sa première période de trois ans se termine en 1963, Zelazny se rengage mais change de service :

« Je pus continuer dans l'armée de réserve parce qu'un type que j'avais connu dans une unité de fantaisie avait proposé de m'y faire entrer (le 2370 ème Groupe des Affaires Civiles - Arts, Monuments et Archives - cf. son roman Toi l’immortel - le groupe étant spécialisé dans le fait de se déplacer dans les pays conquis pour préserver les trésors nationaux). Plus tard, il a été dissout, je pouvais obtenir d’être transféré dans le 2350 ème Groupe Public d’Information - des gens chargés de la presse - et je terminai dans une unité de guerre psychologique avant d'obtenir finalement d’être honorablement désenrôlé. (Lettre à Jane Lindskold, du 28 octobre 1989)

Bien que ses six ans dans l’armée aient été à temps partiel, l'atmosphère et l’étrange bagage de connaissances qu’il y collecte interviendront continuellement dans sa fiction. En 1961, après avoir fini son service actif, Zelazny pointe au chômage et recommence à écrire en cherchant du travail (sans trop d’empressement). Une Rose pour l’Ecclésiaste, pour laquelle il recevra sa première nomination à un Hugo en 1963, est écrite à cette époque. Il remanie également sa thèse et la repasse et cette fois elle n’est pas seulement acceptée mais reçoit des honneurs. En février 1962, il trouve un travail dans l'administration de la sécurité sociale au service des contentieux. 

« Je suis allé à Dayton et j’ai commencé ma formation pour travailler au service des réclamations de l'administration de la sécurité sociale, et j’ai commencé à écrire des nouvelles pendant mes soirées la semaine même où je suis arrivé. J'ai vendu ma première nouvelle le 28 mars, puis seize autres cette année-là. J'ai passé mes examens en mai et j’ai eu mon diplôme. J'ai posé ma candidature pour des boulots d’enseignants dans l’Ohio, mais la situation n’était pas facile et je n’ai pas eu de propositions, c’est ainsi je suis resté avec le gouvernement et ai continué à écrire pendant mes soirées. » (Lettre à Jane Lindskold, 28 octobre 1989)

  

Voilà. C'est tout pour le moment. Amitiés à tous.

 

jeudi 15 octobre 2020

Aperçus sur l'écrivain de science-fiction américain Roger Zelazny (première partie).


Roger Zelazny


En ces temps troublés, pour échapper à la morosité ambiante, j'ai décidé de publier des textes que j'avais rédigés sur celui qui est pour moi le plus grand des auteurs de science-fiction (à égalité avec Philip K. Dick), Roger Zelazny.


Biographie : de la Sécurité sociale à la science-fiction lyrique

 

 

1)      Une vocation d’écrivain

 

Roger Zelazny naît le 13 mai 1937 à Euclid, une petite ville de l’Ohio, dans la banlieue de Cleveland. La maison de ses parents, Joseph et Josephine Sweet Zelazny, au 250 East Street, est située sur un arpent de terre bordé par une route boueuse et entourée par des champs et des bois. Le lac Erié se trouve à quelques kilomètres de distance, ce qui permet au jeune enfant faire des promenades sur ses plages.

Sa famille a des origines polonaises et irlandaises comme il l’expliquera plus tard dans une lettre à Jane Linskold, sa dernière compagne :

« Mon père est né à Ripon en Pologne — mais à cette époque la Pologne n’existait pas. Elle n'a été reconstruite au vingtième siècle qu'après la fin de la première guerre mondiale. La dernière partition l'avait divisée entre l'Autriche, la Prusse et la Russie tsariste. La partie de mon père avait appartenu au Tsar. Son nom vient de « zelazno », un mot qui signifie « fer » et qui veut dire que ma famille a compté beaucoup de forgerons au cours des siècles. […] Ma mère représente le côté irlandais de la famille, [avec] quelques autres mélanges du côtés de mes grands-parents paternels. »

Lettre du 3 août 1989 (citée dans son ouvrage biographique Roger Zelazny)

Bien que ses parents aient fait partie de familles nombreuses, chacune de sept enfants, Roger Zelazny est fils unique. Il se retrouve ainsi solitaire par circonstance et par nature. Son seul ami est alors Carl Yoke. Zelazny a décrit ainsi cette amitié :

«  J'ai eu un ami proche, Carl Yoke, de l'école primaire Noble jusqu’au collège et au lycée d’Euclid, et heureusement il reste mon ami à ce jour. […] Il avait deux frères plus jeunes que lui, et il était brillant et sportif. Je pense vraiment que nous avons fait connaissance à cause de l’ordre alphabétique des places dans la salle de classe. Des étés entiers, nous avons fait du vélo ensemble pendant le jour, nous nous sommes baladés pendant la nuit, discutant de choses existentielles et de futilités d'adolescent, de filles, de livres, de la vie. Je n'avais jamais su que j’avais besoin d’un ami avant de le rencontrer. »

Roger Zelazny, Aikido black (essai non publié cité par Jane Linskold in Roger Zelazny)

Aujourd'hui, Yoke est professeur d'université et a à son actif de nombreux articles et la première étude sur la vie de Zelazny et son oeuvre. Il y eut plus tard Ron Dobler, avec qui Zelazny a été au lycée et à l'université et qui resta toujours son ami. A l'université, quand Zelazny était capitaine de l’équipe d'épée, Dobler était capitaine de l’équipe de sabre. Dobler a également encouragé Zelazny à écrire de la poésie. Luc, le meilleur ami de Merlin, héros des cinq derniers romans de la série Ambre, doit sa taille, ses cheveux roux et sa belle mine, autant à Ron Dobler qu’à son père biologique, Brand.

Zelazny prend conscience très jeune qu'il désire devenir écrivain et il commence à étudier sérieusement comment on construit les histoires dès l’âge de onze ans. Il le raconte lui-même dans une interview réalisée par Patrick Duvic : « J’ai commencé à écrire à 11 ans. A 16 ans, j’ai gagné un concours des nouvelles à la high school et j’ai essayé d’écrire jusqu’à l’âge de 18 ans, où j’ai quitté le collège. A ce moment-là, j’ai arrêté d’écrire de la fiction et j’ai décidé que je serais poète. Je n’ai écrit que de la poésie pendant 5 ans. » Carl B. Yoke a insisté, quant à lui, sur l’intense curiosité qui a toujours poussé son ami d’enfance : « Son appétit de savoir guide ses lectures (…). Il est attiré par toutes les nouveautés : les idées, les gens, les circonstances inhabituelles. Sa capacité d’absorber des données est à peu près inégalée (…) et presque tout ce qu’il lit réapparaît un jour dans sa fiction ». Il fréquente d’abord l’école primaire Noble d’Euclid où il se révèle un écolier brillant mais indiscipliné.

Sa première machine à écrire est un cadeau de son père qu’il reçoit à l’âge de 11 ans :

« Mon père a travaillé pour Adressograph-Multigraph Company, et quand ils sont passés des machines manuelles aux machines électriques, ils ont permis aux employés d'acheter les vieilles machines. Il savait que je voulais être un auteur et m'a demandé si j'en voulais une. J'ai dit, «  oui » naturellement. Je l'ai toujours, bien que je l'emploie rarement à présent. C’est une vieille Royal & weighs. Elle fonctionne toujours très bien. (Lettre à Jane Lindskold, 9 octobre 1989, citée dans son ouvrage biographique Roger Zelazny)

Zelazny apprend lui-même à taper à la machine et continue à écrire : « J'ai appris comment préparer les manuscrits pour les envoyer à des éditeurs professionnels. J'ai envoyé ma première histoire, une imitation des Chroniques martiennes de Bradbury, à John W. Campbell. qui n'avait jamais acheté une des histoires de Bradbury. Innocence » (Aikido Noir)

Voilà. C'est tout pour le moment. Amitiés à tous.






vendredi 21 août 2020

Compte rendu du livre du professeur Christian Perronne «Y a-t-il une erreur qu’ils n’ont pas commise ? Covid-19 : l’union sacrée de l’incompétence et de l’arrogance».

 


 

Le livre en question.

 

Le livre du professeur Christian Perronne « Y a-t-il une erreur qu’ils n’ont pas commise ? Covid 19 : l’union sacrée de l’incompétence et de l’arrogance » me semble un des meilleurs qui aient été écrits sur l’épidémie actuelle de Covid-19. Comme cet ouvrage est assez touffu et riche en informations, je ne pourrais vous en donner que quelques traits particulièrement saillants.

 

« Scandale 2 

Oh surprise ! On n’a pas assez de tests non plus….

Depuis janvier, l’Organisation mondiale de la santé demande à tous les pays de tester en masse. Le 16 mars, le directeur général de l’OMS craque carrément sur son compte Twitter « Nous avons un message simple à tous les pays : testez, testez, testez  ! » L'Allemagne a écouté, la Corée, Israël, le Portugal... la planète en entier fait des dépistages. Mais pas la France […].

Résultat mi-mars, alors qu'on peut dire sans prendre trop de risques que le coronavirus a très largement élu domicile dans  nos foyers, on réalise 4000 tests par jour, tranquillement. Pour information, la Corée et l’Allemagne en font, eux, 20 000. Et ils comptent leurs morts sur leurs doigts. Nous, on en est déjà à 3 500 victimes. »

 

Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.

 

dimanche 10 mai 2020

Compte rendu du livre de Frances A. Yates « La lumière des Rose-Croix ».


Le livre en question.

 

En  octobre 2016, j’avais été très intéressé par la conférence de Philippe Marlin sur l’ésotériste John Dee pour l’association « L’œil du sphinx » : « Retour sur l’exposition sur la bibliothèque perdue de John Dee ».  

http://jeanfrancoisgerault.blogspot.com/2016/10/compte-rendu-de-la-conference-de.html

En 2019, j’avais rédigé un compte rendu d’un livre sur la Rose-croix : http://jeanfrancoisgerault.blogspot.com/2019/09/histoire-theories-et-pratiques-de-la.html

J’ai noté en 2020 dans un autre article que Philippe Marlin avait de bonnes connaissances sur l’AMORC, (Antiquus Mysticusque Ordo Rosae Crucis), un mouvement rose-croix : http://jeanfrancoisgerault.blogspot.com/2020/03/compte-rendu-de-louvrage-philippe.html

Les deux sujets se réunissent dans un livre de l’historienne Frances A. Yates « La lumière des Rose-Croix » dans le chapitre « John Dee et l’origine de Christian Rosencreutz ». Voici son analyse :

Le mot rosicrucien est dérivé du nom de Christian Rosencreutz ou « Rose Croix ». Les prétendus Manifestes rosicruciens sont deux brefs pamphlets ou tracts, d'abord publiés à Kassel en 1614 et 1615, dont les titres ont été abrégés en Fama et Confessio. Le héros de ces Manifestes est un certain « Père C.R.C. » ou Christian Rosencreutz, qui est censé être le fondateur d'un Ordre ou d'une Fraternité qui se ranime et à laquelle les Manifestes invitent le public à se joindre ; les Manifestes suscitèrent une grande excitation et, en 1616, une troisième publication laissa une impression accrue de mystère. C'était un roman de chevalerie bizarre dont le titre allemand signifie : Les Noces chymiques de Christian Rosencreutz. Le héros de ces Noces chymiques paraît également lié à un certain Ordre qui utilise comme symbole une croix rouge et des roses.

L'auteur des Noces chymiques est certainement Johann Valentin Andreae. Les Manifestes sont sans aucun doute liés aux Noces Chymiques, bien que n'étant probablement pas l'œuvre d'Andreae, mais celle d'une ou plusieurs personnes inconnues.

Qui était ce Christian Rosencreutz que l'on voit apparaître pour la première fois dans ces publications ?

Les mystifications et les légendes forgées autour de ce personnage et de cet Ordre sont innombrables. Nous allons essayer de nous frayer une route à travers tout cela, par un itinéraire absolument nouveau. Mais commençons d'abord par la question la plus facile : « Qui était Johann Valentin Andreae ? »

Né en 1586, Johann Valentin Andreae était natif du Würtemberg, l'Etat luthérien frontalier du Palatinat. Son grand-père était un théologien luthérien éminent, quelquefois surnommé « le Luther du Würtemberg ».

La situation religieuse contemporaine était la principale préoccupation de son petit-fils, Johann Valentin, qui était également un pasteur luthérien animé d'un intérêt libéral pour le calvinisme. En dépit de désastres sans fin, Johann Valentin nourrit toute sa vie l'espoir d'une solution à long terme de la situation religieuse. Toutes ses activités — tant de pasteur luthérien fervent, intéressé par les problèmes sociaux, que de propagateur de fantaisies rosicruciennes — restaient tournées vers cet espoir. Andreae était un écrivain de talent, dont l'imagination avait été influencée par les comédiens ambulants anglais. En ce qui concerne les premières années de sa vie et les influences qu'il a subies, nous possédons des informations authentiques puisqu'il a écrit son autobiographie. Cette dernière nous apprend qu'en 1601, à l'âge de quinze ans, sa mère, veuve, l'envoya à Tübingen continuer ses études à la fameuse université du Würtemberg. Tandis qu'il étudiait à Tübingen, il fit ses premiers essais de jeune auteur vers 1602 ou 1603. Ces essais comprenaient deux comédies sur les thèmes d' « Esther » et de « Hyacinthe » qu'il écrivit, dit-il, « à l'imitation des acteurs anglais », et un ouvrage intitulé Les Noces chymiques qu'il décrit, sans indulgence, comme un ludibrium, une fiction ou une plaisanterie de piètre valeur.

A en juger par le texte d'Andreae parvenu jusqu'à nous, c'est-à-dire l'œuvre publiée en 1616 et dont Christian Rosencreutz est le héros, la première version du sujet devait être une étude de symbolisme alchimique utilisant le thème du mariage comme symbole du processus alchimique. Cet essai ne pouvait pas être identique à la publication de 1616 qui contient des références aux Manifestes rosicruciens de 1614 et 1615, à l'Electeur palatin, à sa cour de Heidelberg, à son mariage avec la fille de Jacques I er. La première version des Noces chymiques, qui a disparu, avait dû être remise à jour pour la publication de 1616. Néanmoins, cette version perdue a probablement fourni la base de la seconde version.

Nous pouvons assez bien deviner quels événements et influences ont inspiré les premières œuvres d'Andreae à l'époque où il étudiait à Tübingen.

Le duc de Würtemberg régnant était Frédéric I er, alchimiste, occultiste, anglophile enthousiaste dont la passion dominante avait été de s'allier avec Elisabeth Ière et d’obtenir l’Ordre de la Jarretière. Il était allé plusieurs fois en Angleterre dans ce but et semble avoir été un personnage très éminent. La reine l'appelait par son nom de famille « mon cousin Mumpellgart » et l'on s'est souvent posé la question de savoir si certaines allusions énigmatiques de Shakespeare dans Les Joyeuses Commères de Windsor, comme celle à des chevaux loués à l'« Auberge de la Jarretière » par les serviteurs d'un duc allemand, concernaient Frédéric de Wurtemberg.

En 1597, la reine lui octroya son admission à l'Ordre, mais la véritable cérémonie d'investiture ne devait avoir lieu qu'en novembre 1609 lorsque la Jarretière lui fut remise dans sa propre capitale de Stuttgart par une ambassade spéciale de Jacques I er.

 

Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.

 

 

 

 


mercredi 6 mai 2020

Compte rendu du livre « Rompre avec soi-même pour se créer à nouveau » de Joe Dispenza (deuxième partie).


 


Le livre en question.

 

 

La grandeur consiste à maintenir son rêve indépendant de l’environnement

Avant d’examiner les façons possibles de penser plus grand que l’environnement, et donc de rompre avec l’habitude d’être soi-même, je tiens à vous rappeler une chose.

Il est possible de penser plus grand que notre réalité présente. Les livres d’histoire regorgent de noms de femmes et d’hommes qui l’ont fait – Martin Luther King, William Wallace, Marie Curie, Gandhi, Thomas Edison ou Jeanne d’Arc. Chacun de ces individus entretenait dans son esprit le concept d’une réalité future qui existait potentiellement dans le champ quantique. Cette vision était vivante dans un monde intérieur de possibilités existant au-delà des sens et, avec le temps, chacun de ces individus a fait de ces idées une réalité.

Comme points communs, ils avaient tous un rêve, une vision ou un objectif plus grands qu’eux-mêmes. Ils croyaient tous à une destinée future qui était tellement réelle dans leur esprit qu’ils se sont mis à vivre comme si leur rêve se réalisait déjà. Ils ne pouvaient pas le voir ni l’entendre, ni le goûter, le sentir ou le palper, mais ils en étaient tellement possédés qu’ils agissaient avant le temps d’une façon correspondant à cette réalité potentielle avant qu’elle se soit produite. Autrement dit, ils se comportaient comme si leur vision était déjà devenue réalité.

Par exemple, le diktat impérialiste qui plaçait l’Inde sous la loi coloniale au début du dix-neuvième siècle démoralisait les Indiens. Malgré cela, Gandhi croyait à une réalité qui n’était pas encore présente dans la vie de son peuple. Il soutenait sans réserve les idées d’égalité, de liberté et de non-violence avec une conviction inextinguible.

Même si Gandhi désirait la liberté pour tous, la réalité tyrannique de la domination britannique, à cette époque, en était très éloignée. Les croyances classiques s’opposaient à ses espoirs et ses aspirations. Bien que l’expérience de la liberté ne fût pas une réalité lorsqu’il s’engagea à changer l’Inde, il ne laissa pas l’évidente adversité extérieure ébranler son idéal.

Pendant longtemps, le feedback qu’il recevait du monde extérieur ne lui indiquait nullement qu’il faisait avancer les choses. Pourtant, il n’a pas laissé souvent les conditions de son environnement déterminer son état d’être. Il croyait à un futur qu’il ne pouvait pas voir encore ni percevoir par ses sens, mais qui était tellement vivant dans son esprit qu’il ne pouvait pas vivre autrement. Il embrassait une nouvelle vie future tandis qu’il vivait physiquement sa vie présente. Il comprenait que sa manière de penser, d’agir et de ressentir modifierait les conditions de son environnement. Ses efforts ont fini par faire changer sa réalité.

Quand le comportement d’un individu correspond à ses intentions, quand ses actions correspondent à ses pensées, quand son esprit et son corps travaillent de concert, quand ses paroles et ses actes concordent, cet individu possède un pouvoir immense.

 

 Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.

 


mardi 5 mai 2020

Compte rendu du livre « Rompre avec soi-même pour se créer à nouveau » de Joe Dispenza (première partie).






Joe Dispenza.





Comment se forme l’habitude d’être soi-même

Cette habitude neuronale a pour effet que les deux réalités de l’esprit et du monde extérieur semblent presque inséparables. Par exemple, si vous ne pouvez plus cesser de penser à vos problèmes, votre esprit et votre vie fusionneront. Le monde objectif se colorera des perceptions de votre esprit subjectif et la réalité s’y conformera sans cesse. Vous serez perdu dans l’illusion du rêve.

On pourrait appeler cela une ornière et nous y tombons tous, mais le problème est encore plus profond : ce ne sont pas seulement nos actions qui deviennent répétitives, mais aussi nos attitudes et nos sentiments. Nous avons formé l’habitude d’être nous-mêmes en devenant, en un sens, les esclaves de notre environnement. Notre pensée est devenue tributaire des conditions de notre existence. Ainsi, en tant qu’observateurs quantiques, nous créons un état d’esprit qui réaffirme ces circonstances dans notre réalité. Nous ne faisons que réagir à notre monde extérieur connu et qui ne change pas.

De façon très réelle, nous sommes devenus un effet des circonstances extérieures à nous-mêmes. Nous nous sommes permis d’abandonner le contrôle de notre destinée. Contrairement au personnage incarné par Bill Murray dans le film Un jour sans fin, nous ne luttons même pas contre l’incessante monotonie de notre vie. Pire, nous ne sommes pas les victimes d’une force mystérieuse et invisible qui nous aurait placés dans cette boucle répétitive, mais plutôt les créateurs de cette boucle.

Heureusement, comme nous avons créé nous-mêmes cette boucle, nous pouvons y mettre fin.

Le modèle quantique de la réalité nous apprend que pour changer notre vie, nous devons fondamentalement changer notre manière de penser, d’agir et de ressentir. Nous devons modifier notre état d’être. Comme notre manière de penser, de ressentir et d’agir constitue essentiellement notre personnalité, c’est notre personnalité qui crée notre réalité personnelle. Dès lors, pour créer une nouvelle réalité personnelle, une nouvelle vie, nous devons créer une nouvelle personnalité. Nous devons devenir quelqu’un d’autre.

Changer, c’est penser et agir plus grand que nos circonstances présentes et notre environnement.

Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.

jeudi 30 avril 2020

Le film de Luis Buñuel, "L’ange exterminateur" (1962), prédiction de ce que nous vivons avec le COVID-19 ?






L'ange exterminateur



Ma femme Wanda Torres m’a donné à lire un article d’un critique de cinéma portoricain, Manuel Martínez Maldonado   :  

Le film de Luis Buñuel, L’ange exterminateur, (1962), lui semble une prédiction de ce que nous vivons avec le COVID-19, avec un ange qui décide de nos vies et qui s'amuse à faire le mal.

« Aux premières minutes d'une soirée mondaine donnée à la sortie de l'opéra par monsieur et madame De Nobile, un couple bourgeois, les domestiques s'en vont l'un après l'autre, sans raison apparente. Seul reste le majordome, Julio. Victimes d'une étrange maladie de la volonté, les invités, quant à eux, ne peuvent pas quitter les lieux ; ils finissent par s'endormir là où le sommeil les saisit. La réception s'étire ainsi sur quatre jours et quatre nuits, dans une promiscuité de plus en plus révoltante. A l'extérieur, la police, les badauds et les domestiques, victimes du même sortilège, ne peuvent pas entrer. L'un des invités, Russell, meurt d'une crise cardiaque. Deux autres, Eduardo et Beatriz, font l'amour dans un cagibi avant de se suicider... La seule solution devient alors de contraindre l'hôte, jugé responsable, au suicide, selon le mécanisme du bouc émissaire. Ce plan funeste échoue de peu grâce à la levée de la malédiction, une des invités ayant l'idée de reproduire un certain moment de la nuit initiale, permettant aux invités de sortir et d'aller à la rencontre des secours qui, de leur côté, n'avaient pas été en mesure de franchir le portail de la maison.

Le film est en quelque sorte circulaire : à la fin, les notables se réunissent dans la cathédrale pour une messe d'action de grâce. Mais à l'issue de la cérémonie, le même mécanisme semble recommencer. On voit alors des moutons gravir l'escalier vers le porche de l'église ; ils entrent dans l'église, et les portes se ferment. À l'extérieur, une émeute éclate. »

Il y a une référence voulue par Buñuel au texte de l’Apocalypse (9,11) et à son ange de l’abîme, Abaddon.

Le nom Abaddon provient d’un mot hébreu signifiant « destruction » ou « abîme ». Le nom grec correspondant est Apollyon (le destructeur).

Ce nom est utilisé comme nom propre pour désigner l'ange exterminateur de l'abîme dans l'Apocalypse de saint Jean ou, dans les Psaumes, le royaume des morts.

Pour voir le film en version originale, cliquez sur ce lien.

Si vous désirez une version sous-titrée, ce sera payant .

C’est tout pour le moment. Amitiés à tous !