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samedi 19 décembre 2020

Un article dans la revue « Télérama » n° 3701, du 19 au 25 décembre (Sortir, ça nous manque tant ! Cinémas, Concerts, théâtres, réouverture en 2021…), « L’ADN de la culture » par Fabienne Pascaud.

 


La revue "Télérama".


L’ADN de la culture.

" C'est vrai qu'ils vont continuer à durement nous manquer ces films en salles, ces spectacles, ces concerts, ces expositions dans les musées dont la deuxième vague du coronavirus nous prive, contraintes sanitaires obligent. Des bouffées d'art essentielles. Des bonheurs collectifs partagés

Non seulement les créateurs et tous ceux qui travaillent avec eux vont être une fois de plus empêchés — voir ici l'amour dont ils témoignent pour le public et les salles —, mais nous manquerons également des enchantements comme des questionnements qu'ils ne cessent de nous offrir. L'art comme vital service public

Il est urgent de remettre de la culture vivante dans nos vies. Nous en avons aussi besoin pour dignement exister. 

Pardonnez-nous de n'avoir pu supprimer dans notre cahier critiques les films, les pièces de théâtre et les expositions que vous auriez pu voir dès le 16 décembre. Ces pages-là furent imprimées avant les annonces de Jean Castex. De quoi partager nos nostalgies. "

Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.

 

mardi 27 août 2019

Quelles sont les différences entre les fous et les personnes saines d’esprits ?




Sans commentaire.


Cet article est une traduction d’un texte de Rolando Mendez Morillo sur Facebook.


Les fous inventent des mondes
Les sains d’esprit vivent dans des mondes inventés par d'autres.

Les fous créent des châteaux
Les sains d’esprit les habitent.

Les fous sont à moitié dans le ciel et à moitié sur la Terre
Les sains d’esprit ne sont que sur la Terre.

Les fous créent de la musique
Les sains d’esprit se contentent de l'écouter.

Les fous sont des personnages
Les sains d’esprit sont des acteurs.

Les fous font de la poésie
Les sains d’esprit la lisent.

Les fous sont la peinture 
Les sains d’esprit ne font que peindre.

Les fous vivent dans plusieurs mondes
Les sains d’esprit ne vivent que sur la Terre.

Les fous vivent dans leur propre esprit
Les sains d’esprit vivent dans l'esprit des autres.

Les fous ne jugent pas ou ne se sentent pas jugés
Les sains d’esprit se jugent et sont jugés par les autres.

Les fous savent donner et aimer sans condition
Les sains d’esprit ne savent que recevoir et détruire de manière sélective.

Les fous voient l'éclat de l'or dans l'immortel, dans le cœur des autres
Les sains d’esprit voient l'éclat de l'or dans l'éphémère, dans le matériel.

Les fous se sentent libres et puissants
Les sains d’esprit, du fait de leur peur des fous, les enferment et les crucifient.

Pour les fous, il n'y a que l'intérieur, puisque dedans et dehors, c'est pareil pour eux
Pour les sains d’esprit,  il n'y a que l'extérieur.

La prochaine fois qu'ils vous disent que vous êtes fou, vous devez savoir qu’ils sont jaloux parce que vous avez décidé de prendre le chemin direct vers votre vraie liberté.

Ne vous attachez pas aux pensées des autres, créez votre propre monde, faites confiance à votre intuition.

Nous sommes fous mais nous sommes peu nombreux, nous avons besoin de plus de fous pour créer une meilleure planète, ne vous limitez pas, continuez à créer avec votre esprit et avec votre cœur.

N'oubliez pas que vous serez toujours fou aux yeux de la civilisation, mais sain d'esprit aux yeux de l'amour.

Êtes-vous vraiment sain d'esprit ou fou ?

Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous !

jeudi 31 janvier 2019

Compte rendu de « La part d'ombre du chercheur de lumière » de Debbie Ford (sixième partie, « John, auteur-compositeur-interprète »).




Debbie Ford.

Beaucoup de chercheurs ont travaillé sur la partie de notre esprit qu’on peut appeler part d’ombre. Jean-Louis Bernard dans Les archives de l’insolite décrit l’ombre comme un moi caricatural, anarchique et brouillon, un mime, un domestique peu fidèle. Chez la majorité, l’ombre est inconsistante, mal centrée, un peu folle. C’est Debbie Ford qui a pour moi (bien que son livre La part d’ombre du chercheur de lumière soit difficile d’abord) le mieux abordé ce sujet important.


Cet article est la suite de celui-ci.  

John, auteur-compositeur-interprète

Debbie Ford nous raconte le cas de son ami John pour nous montrer à quel point, par de mauvais raisonnements, on peut gâcher une vocation et rater une carrière.

Mon ami John est un auteur-compositeur-interprète de 36 ans, doué d'un talent musical extraordinaire. Lorsque je lui ai parlé pour la première fois de ses dons musicaux, il ne m'écoutait même pas. « S'il te plaît, arrête, disait-il, je ne veux pas penser à cela. » Cela a pris beaucoup de temps avant que John n'admette qu'il avait fantasmé sur le fait de gagner un Grammy et d'avoir un auditoire se comptant par millions. Après quelque temps, cependant, chaque fois qu'il parlait de sa musique et de ses rêves, son visage entier s'éclairait. Quand il interprétait ses chansons, sa passion irradiait du plus profond de lui-même. Il apparaissait tellement clair que sa musique constituait son vrai désir, issu du cœur. À mesure qu'il s'en apercevait, il n'avait plus qu'à le manifester.

Un soir que j'étais assise avec John, nous nous sommes mis à examiner les engagements intérieurs sous-jacents qui l'empêchaient de devenir un chanteur et auteur-compositeur renommé. Nous avons pris une feuille, et avons rédigé au recto son engagement à devenir un auteur-compositeur-interprète célèbre ; au verso, nous avons détaillé les croyances qui lui interdisaient de réaliser son rêve. Voilà à peu près ce que cela donnait :

ENGAGEMENTS SOUS-JACENTS :

Moi, John Palmer, je ne peux le faire parce que je n'ai pas le talent suffisant.
Ce n'est pas un objectif réaliste.
Pour un bon Italien, ce n’est pas convenable.
Je n'ai pas suffisamment étudié quand je prenais des leçons de piano.
J'ai passé les cinq dernières années à essayer quelque chose de semblable et cela n'a rien donné. Alors, pourquoi ça marcherait maintenant ?
Je n'ai pas assez de maturité pour faire face à cela.
Je n'ai pas de temps à perdre avec des fantasmes. Je dois me trouver un vrai travail.

Toutes ces prises de position et ces croyances avaient empêché John de pouvoir sérieusement envisager de faire de sa musique une carrière. En tant que simple témoin, je ne comprenais pas comment John ne pouvait se rendre compte de son talent, de la même manière que je le percevais. Mais, lorsque nous avons donné la parole à chacune de ses peurs, il devint aisé de voir pourquoi il n'avait jamais poursuivi une carrière dans le domaine de la musique. Inconsciemment, les engagements intérieurs de John étaient davantage orientés sur les obstacles que sur la découverte du bien-fondé de sa vision.

Il nous faut débusquer toutes les croyances qui nous empêchent d'atteindre nos rêves. Je les appelle des engagements sous-jacents, parce que ce sont des pactes que nous avons contractés avec nous-mêmes pour ne pas réaliser nos vrais objectifs. Que vous décidiez de poursuivre vos rêves ou non, il est primordial de questionner vos motivations tout autant que les obstacles rencontrés sur la voie de vos vrais désirs. 

Si l'on ne se pose pas de questions, on continuera de sous-estimer sa vie. Que votre objectif soit de maigrir, de gagner plus d'argent, ou d'améliorer vos relations personnelles, il vous faut faire une introspection et découvrir vos croyances et engagements sous-jacents. Vous n'avez pas à les supprimer. Vous devez leur permettre d'exister, afin de pouvoir retenir ceux qui vous donnent de la force et laisser tomber les autres.

Faites une pause maintenant et prenez une feuille. Décrivez un objectif que vous n'avez pas été capable de rencontrer. Énumérez toutes vos croyances et engagements intérieurs reliés à cet objectif. Écrivez rapidement, sans essayer de trop penser, en laissant simplement couler ce qui vient. Puis, mettez-vous à questionner chacune de ces prises de position. Est-ce que cette croyance relève du domaine du fait tangible ou du jugement ? C'est une question d'une importance capitale. Lorsque nous avons repassé la liste de John, voilà ce que cela donnait :

ENGAGEMENTS SOUS-JACENTS :

Jugement : Moi, John Palmer, je ne peux le faire parce que je n'ai pas le talent suffisant.
Jugement : Ce n'est pas un objectif réaliste.
Jugement : Pour un bon Italien, ce n'est pas convenable.
Jugement : Je n'ai pas suffisamment étudié quand je prenais des leçons de piano.
Jugement : J'ai passé les cinq dernières années à essayer quelque chose de semblable et cela n'a rien donné. Alors, pourquoi ça marcherait maintenant ?
Jugement : Je n'ai pas assez de maturité pour faire face à cela.
Jugement : Je n'ai pas de temps à perdre avec des fantasmes. Je dois me trouver un vrai travail.

Tout, d'après John, relevait d'un jugement, le sien propre, ou celui d'un ami ou d'un membre de sa famille. Et c'étaient ces jugements qui dirigeaient sa vie. Malheureusement, nous sommes tous pour la plupart dans la même situation. Nous permettons à nos croyances intérieures de contrôler notre vie. Il est intéressant de découvrir que nos amis ou notre famille se trouvent habituellement à reproduire les mêmes prises de position que nous avons adoptées.

Ils viennent nous convaincre - ou c'est nous qui venons les convaincre - que ces jugements sont fondés. J'assistais récemment à une fête en compagnie de plusieurs amis de John et, lorsque j'ai abordé le sujet de sa carrière musicale, trois personnes différentes m'ont répété, presque mot pour mot, les mêmes arguments selon lesquels cela ne pouvait pas marcher pour lui. Est-ce que John avait pris chez ses amis ses jugements limitatifs, ou bien avait-il amené ceux-ci à partager ses propres jugements ? D'une façon ou d'une autre, John ne se trouvait pas engagé sur la voie de ses vrais désirs.

La décision de transformer votre vie est sérieuse. J'ai découvert, après des années de travail avec les gens, que beaucoup aiment parler de changement, tout en refusant de lâcher prise à l'égard d'attitudes qui les tiennent prisonniers de schémas négatifs. Demandez-vous si votre quête de paix, de bonheur et d'intégralité relève purement du théâtre, ou si vous êtes vraiment décidé à prendre le contrôle et à façonner vous-même vos expériences. Personne ici-bas ne peut vous sauver. Vous-même, cependant, pouvez le faire. En vous, et en vous seul, résident le pouvoir, les réponses et la capacité de transformer votre vie.

La suite au prochain numéro comme dans les romans-feuilletons. Amitiés.

jeudi 7 juin 2018

Compte rendu du livre « Je pense trop, comment canaliser ce mental envahissant » de Christel Petitcollin (partie 3, « Bien vivre avec sa surefficience », chapitre 4, « Optimiser le fonctionnement de son cerveau ») (treizième partie, De l’art).




Éric Berne, le père de l’analyse transactionnelle dont s’inspire Christel Petitcollin


Je viens de lire un livre que j’ai trouvé à la fois formidablement bien écrit, original et passionnant. Je voudrais vous en faire part à travers quelques articles de ce blog. Il s’agit de « Je pense trop, comment canaliser ce mental envahissant »  de Christel Petitcollin. L’auteur y décrit ce qu’elle appelle les surefficients, les gens qui pensent trop et qui ont une pensée complexe arborescente. Cela les différencie de tout un chacun, de ceux que l’auteur appelle les neurotypiques ou normo-pensants. Les surefficients souvent ne se sentent pas reconnus par la société et vivent de graves crises identitaires. D’une manière générale, ils sont idéalistes, ont à la fois un besoin de connexion, de complexité, de cohérence et de sens. Leur problème principal est qu’ils peuvent avoir des relations difficiles avec les autres.

Cet article est la suite de celui-ci


Le quatrième chapitre de la partie 3 « Bien vivre sa surefficience » s’intitule « Optimiser le fonctionnement de son cerveau ». En voici le résumé.

De l’art.

Indépendamment de votre besoin de créativité, votre cerveau a besoin d'art, c'est-à-dire de « beau » au sens le plus large. On peut se demander à quoi sert l'art. Il n'est a priori pas spécialement utile à la survie de l'espèce humaine. Pourtant, statuettes, peintures, bijoux, maquillages, musiques, danses, monuments, etc., existent depuis la nuit des temps, sous toutes les latitudes et dans toutes les cultures. Comment expliquer ce phénomène ? L'art nourrit notre sensorialité et nous fait vibrer d'émotion.

La joie de vivre, la plus naturelle, la plus pure (à ne pas confondre avec le bonheur), consiste simplement à saturer nos sens d'informations agréables. Le simple fait de regarder du beau, d'écouter du mélodieux, de ressentir du voluptueux, de respirer des parfums ou de goûter des saveurs peut nous mettre dans un état de béatitude passager. La nature peut nous fournir une grande partie de cette joie. L'art vient en complément combler différemment et intensément nos sens et nous procurer une ivresse euphorisante. Prenez un moment pour vous rappeler ce que vous ressentez au sortir d'une exposition, d'un musée ou d'un concert. Quand votre système sensoriel hyperesthésique a simplement fait le plein de beau, de bon, de bien, c'est une joie sourde, une paix voluptueuse, une plénitude rassasiante qui circule dans vos veines.

Beaux-arts, arts mineurs, arts majeurs, arts primitifs, esthétisme, design, architecture... Il n'existe pas une idée de l'art qui soit universellement partagée. La seule chose qui soit universelle et personnelle à la fois est l'émotion ressentie. Et c'est pour cela que l'art se joue des frontières, des cultures, du niveau socioculturel des gens et rend tous les humains potentiellement égaux, tant qu'il leur reste cette capacité à s'émouvoir, bien sûr. Ne seront donc jamais concernés les gens qui prennent l'art pour une futile et onéreuse perte de temps. Les surefficients mentaux sont des boules d'émotion : l'art leur donne un espace pour exprimer et ressentir des émotions positives et intenses.

De plus, l'art a la beauté du geste gratuit. Outre qu'il ne sert à rien, dans une majorité de cas, l'art n'est même pas rentable. Le salaire touché pour un concert ne pourra quasiment jamais correspondre au nombre d'heures que le musicien aura passé à apprendre à jouer de l'instrument, à s'entraîner à le manier avec virtuosité et à répéter son morceau. Pourtant, les artistes consacrent leur vie à cet éphémère : un tableau, une pièce, un morceau... et des spectateurs font la queue, parfois pendant des heures, pour admirer quelques toiles, entendre quelques notes, pour un moment hors du temps, unique... On connaît l'aspect utile de l'utile, on oublie malheureusement trop souvent l'aspect utile de l'inutile, l'acte et surtout l'effort gratuit, éphémère et altruiste, n'ayant d'autre but que de créer du ravissement chez ses semblables. L'art permet d'être en contact avec ce que l'humanité a de plus noble, de plus grandiose en elle, lorsqu'elle donne le meilleur d'elle-même avec une générosité exceptionnelle. L’art permet de ressentir un amour profond et puissant pour l’humanité.


Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.