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mercredi 8 avril 2020

Pause dans le blog avec un compte rendu de l’ouvrage «Méditer pour agir» du psychothérapeute Lawrence LeShan.





Le livre en question.



Dans le cadre de mon projet de publier un article chaque jour dans ce blog pour désennuyer les magiciens confinés, j’ai écrit sur un sujet totalement différent : la méditation (en plus abordée par un psychologue).

Lawrence LeShan est un des premiers psychologues à avoir pensé qu’il y avait des facteurs psychiques dans l’origine du cancer dans son livre « Vous pouvez lutter pour votre vie ». « Méditer pour agir » est le premier ouvrage que j’ai lu sur la méditation. Son titre m’avait fasciné : la méditation n’était pas quelque chose d’égoïste, de nombriliste. Elle pouvait aboutir à ce qui semble son contraire, l’action.

Voici des extraits du début du livre :

« Il y a quelques années, je m’étais rendu à une petite conférence de scientifiques qui, tous, pratiquaient quotidiennement la méditation. Vers la fin de la session de quatre jours, au cours de laquelle chacun d'entre eux avait expliqué plus ou moins longuement comment il méditait, j'entrepris de leur poser la question : pourquoi méditez-vous ? Diverses réponses furent données par différents membres du groupe, mais elles ne nous satisfirent pas, car elles ne répondaient pas réellement à la question.

Finalement quelqu'un dit : « C'est comme de rentrer chez soi. » Un silence s'ensuivit, et chacun hocha la tête en signe d'assentiment. De toute évidence, il n'y avait pas à pousser plus loin l'enquête.

Cette réponse à la question « Pourquoi méditons-nous ? » traverse toute la littérature consacrée à la méditation par ceux qui la pratiquent. Nous méditons pour trouver, recouvrer, revenir à quelque chose de nous-même que nous avons un jour détenu obscurément, inconsciemment, et que nous avons perdu sans savoir ce que c'était, ni où et quand s'effectua la perte. Nous pouvons parler d'accéder plus amplement à nos potentialités humaines, de nous rapprocher de nous-même et de la réalité, ou d'accroître notre capacité d'amour et d'enthousiasme. Il peut s'agir de connaître plus intimement le fait que nous sommes partie intégrante de l'univers, et que rien ne peut nous en aliéner ou nous en séparer, ou d'être mieux en mesure de voir la réalité et d'y fonctionner effectivement. Par l'entremise de la méditation, nous découvrons que tous ces objectifs sont porteurs du même sens. Le psychologue Max Westheimer se réfère à cet état perdu, que nous cherchons à retrouver lorsqu'il définit l'adulte comme « un enfant détérioré ».

Le but de la méditation n'est autre que notre pleine  « humanité », l'entière jouissance de ce qu'être humain signifie. La méditation est une discipline rigoureuse et difficile qui nous aide à nous diriger vers ce but. Ce n'est l'invention d'aucun homme particulier ni d'aucune école spécifique. De façon répétée, en beaucoup de lieux et d'époques différentes, des hommes, qui ont exploré sérieusement la condition humaine, sont parvenus à la conclusion que le potentiel d'être, de vie, de participation et d'expression dont disposent les êtres humains excède la faculté qu'ils ont d'en user. Ces chercheurs ont développé des méthodes d'entraînement pour aider autrui à réaliser ce potentiel, et toutes ces méthodes (les pratiques de méditation) ont beaucoup en commun. Elles se fondent toutes sur les mêmes intuitions, et posent les mêmes principes, qu'elles se soient développées dans l'Inde ancienne, les déserts de Syrie et de Jordanie entre le cinquième et le douzième siècle de nomme ère, le Japon de l'époque de Kamakura, les monastères de l'Europe médiévale, la Pologne et la Russie des XVIII ème et XIXe siècles, ou en d'autres lieux et temps.

Toutes ces pratiques demandent du travail. Il n'est point de route facile ni de voie royale vers le but que nous recherchons. Bien plus, il n'est point de terme à la quête ; il n'est point de position d'où l'on puisse s'écrier : « Maintenant je suis arrivé, je puis cesser de travailler. » Comme nous travaillons, nous nous trouvons davantage chez nous dans l'univers, plus à l'aise avec nous-même, mieux en mesure de nous appliquer effectivement à nos tâches, plus proches de nos congénères, moins inquiets et moins agressifs. Mais nous ne touchons aucun but. Comme à toute chose importante — l'amour, l'appréciation de la beauté, l'efficacité —, il n'est point de limite au potentiel du développement humain. Notre travail — dans la méditation — fait partie d'un processus ; nous cherchons à atteindre un but, le sachant à jamais inaccessible.

Un bon programme de méditation ressemble sur beaucoup de points à un bon programme de culture physique. Tous deux requièrent un travail rigoureux et répété. Le travail est souvent fondamentalement assez stupide dans son aspect formel. Qu'y a-t-il de plus frivole que soulever sans fin une paire d'haltères, sinon compter inlassablement ses respirations jusqu'au nombre de quatre, ce qui est un exercice de méditation ? Dans les deux cas, l'effet produit sur le sujet au travail importe davantage que le soulèvement du poids ou le dénombrement des souffles. Le sujet qui utilise ces programmes sait pertinemment qu'il n'existe pas un seul « bon » programme, valable pour tous. Il serait absurde de prescrire le même programme physique à deux individus différant notablement par la charpente, la condition physique générale, et la relation qu'entretient le développement de l'appareil respiratoire et circulatoire avec celui de l'appareil musculaire. Il est tout autant dénué de sens de prescrire le même programme de méditation à deux individus différant notablement par le développement des systèmes sensoriel, émotionnel et psychique, et leur interrelation. L'une des raisons pour lesquelles les écoles formelles de pratique de la méditation ont un tel pourcentage d'échecs parmi leurs étudiants — ceux qui tirent peu de chose des pratiques et qui ne tardent pas à abandonner complètement la méditation — est que la plupart d'entre elles ont tendance à croire qu'il n'existe qu'une seule façon juste de méditer pour  quiconque, et que, par une curieuse coïncidence, elles en sont détentrices.

Les programmes d'exercice physique et de méditation  ont tous deux pour premier objectif de  brancher et d’entraîner le sujet de telle sorte qu’il soit à même de se mettre en mouvement vers ses buts. »

Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous !



mardi 17 mars 2020

Compte rendu de l’ouvrage « Philippe Marlin, un enfant de Planète, Entretiens avec Claude Arz » (première partie).




Le livre en question.


Je ne savais pas comment chroniquer dans ce blog un livre que j’ai trouvé passionnant, Philippe Marlin, un enfant de Planète, Entretiens avec Claude Arz aux éditions de l’Œil du Sphinx. J’ai décidé tout simplement d’en commenter les meilleures parties au hasard de ma lecture, étant dans l’impossibilité de résumer un livre qui porte sur 71 ans de la vie d’un homme hyperactif (Philippe est né en 1947).

J’ai rencontré Philippe Marlin en l’an 1999. Il avait créé déjà depuis l’année 1989 l’association l’Œil du sphinx consacrée entre autres à l’écrivain américain de littérature fantastique Howard Phillips Lovecraft, et moi je venais de traduire deux romans d’un épigone allemand de cet auteur, Wolfgang Hohlbein, intitulés Le mage de Salem  et L’héritage de la nuit. J’ai donc adhéré à son association.

C’était l’époque des publications d’amateurs (fanzines), et toute une série de titres sortirent des presses d’origine de l’association : Dragon & Microchips (Science-Fiction, Fantastique), Murmures d’Irem  (Ésotérisme),  Rôle’ and’ Rêve  (Jeu de Rôle). Le succès rencontré (62 volumes publiés) amena les fondateurs en 2000 à doubler l’association d’une véritable structure commerciale, sous forme de SARL, Les Editions de l’Œil du Sphinx. L’entreprise multiplie désormais les incursions dans de nombreux domaines, mystères de l’histoire, fortéanisme et cryptozoologie, ufologie et parapsychologie tout en continuant à rendre hommage à H.P. Lovecraft.

Philippe Marlin, un enfant de Planète, Entretiens avec Claude Arz est le compte rendu des entretiens qui ont eu lieu du 12 février 2018 au 6 avril 2019 entre Philippe Marlin et l’écrivain Claude Arz, où Philippe a développé ce qu’a été son action, principalement dans le domaine de l’édition et de la banque, notamment entre 1960 et 2019, après qu’il ait lu en 1960 le livre pour lui déterminant « Le matin des magiciens » de Louis Pauwels et Jacques Bergier. S’en est suivie pendant dix ans la parution de la revue « Planète » inspirée par cet ouvrage.

Je commence mon compte rendu de manière complètement aléatoire à la page 56 sur l’AMORC (Antiquus Mysticusque Ordo Rosae Crucis) au sujet de laquelle les commentaires de Philippe m’ont paru très intéressants. L’AMORC est une association à visée spirituelle et ésotérique qui, depuis le film « Qui sont les Rose-Croix ? » (du 29 juin 2018)  par Frédéric Lenoir, un de nos plus grands historiens des religions, n’est plus considérée comme une secte.

Voici deux extraits de ce qu’en dit Philippe :

« Les années 1970 — ça va aussi évoquer quelque chose pour toi — ont également été de mon côté les années A.M.O.R.C. J'ai adhéré à cette association ésotérique entre guillemets, à laquelle je suis resté fidèle pendant de nombreuses années et dont je garde un excellent souvenir. Pour moi, c'était un peu l'école élémentaire de l'ésotérisme, c'est-à-dire qu'ils avaient (et ils ont toujours, je suppose) une démarche très structurée. » […]

« Je n'ai jamais recruté personne. Par contre, j'étais un étudiant fidèle. J'ai toujours mes monographies, mes cahiers de notes. »

Voilà la première partie de ce compte rendu. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.

mercredi 7 août 2019

Conférence sur le mentalisme par Jean-François Gérault, rencontres de Berder-sur-Seine du 25 novembre 2017.



Le livre en question.


Ma conférence sur le mentalisme, visible sur YouTube actuellement, existe aussi sous forme de texte écrit, dans le livre publié par les éditions de l’œil du Sphinx « Rencontres de Berder-sur-Seine 2017 autour de Jean-Charles Pichon ». Je vous en donne comme d’habitude quelques extraits pour que vous puissiez vous faire par vous-mêmes votre opinion.


1) Mon itinéraire, pourquoi je pratique le mentalisme ?

Je suis adhérent de l'association L'œil du Sphinx depuis l'an 2000, une association qui traite du fantastique et de l'ésotérisme. L'idée générale de celle-ci est de travailler sérieusement sans se prendre au sérieux.

Grâce à cette association, j'ai déjà participé à une émission sur le mentalisme pour BTLV (Bob vous dit toute la vérité), une web radio sur les phénomènes inexpliqués. « Le mentaliste » du feuilleton de TF1 ne correspond pas du tout à ce que j'ai appris sur ce domaine : tout le monde peut être mentaliste à condition de travailler. Ce n'est pas un don, mais une discipline (travail soit par la prestidigitation pour le mentalisme truqué, soit par l'hypnose, la méditation et d'autres états modifiés de conscience pour le mentalisme métaphysique, cf. livre de Georges Lapassade, « Les états modifiés de conscience », de même que tout le monde peut hypnotiser et être hypnotisé (voir les livres de et sur Milton Erickson ).

Dans ma pratique, je suis à la fois prestidigitateur mentaliste et mentaliste métaphysique.

Mon expérience de mentaliste métaphysique vient de l'hypnose que j'ai expérimentée depuis 1983. J'ai hypnotisé depuis cette date des centaines de personnes. Je me suis formé par des stages en: hypnose ericksonienne et en hypnose de rue.

En tant que prestidigitateur mentaliste, je suis adhérent à la Fédération Française des Artistes Prestidigitateurs, à l'Ordre Européen Des Mentalistes et à l’association internationale de mentalistes « Mental Arts Magie ».

J'ai écrit deux livres sur le mentalisme, un sur celui de prestidigitation, Initiation au mentalisme, à l'hypnose et à la mnémotechnie et un sur le mentalisme métaphysique, Initiation au mentalisme métaphysique, au développement personnel et à l'ésotérisme et j'anime un blog sur le mentalisme, https://jeanfrancoisgerault.blogspot.com/ (1090 articles, 163 191 pages vues).

Je pense qu'il faut marcher avec ses deux jambes, la partie rationnelle et la part irrationnelle de notre esprit. Pour moi, ceux qui croient tout au sujet de l'irrationnel sont trop naïfs et ceux qui ne croient à rien au sujet de l'irrationnel sont peu observateurs. Il suffit de lire ce qu'en disait le physicien Richard Feynman, lauréat du prix Nobel, qui se moquait de ses collègues trop rationalistes. En conclusion, il a été prouvé que nous avons tous le cerveau divisé en un hémisphère droit intuitif-irrationnel et un hémisphère gauche rationnel.

L'hypnose pour moi est le lien entre le mentalisme métaphysique et le mentalisme de prestidigitation.

Il n'y a pas une façon unique de percevoir les choses : chacun doit penser à sa façon en fonction des éléments qu'il a en sa possession.

Dans Wikipédia il y a une discussion interminable sur le Mentalisme (illusionnisme), divisée en 20 articles indexée par les projets « Paranormal et scepticisme » au sujet du livre de Pascal de Clermont et Pascal Colombani, Mentalisme, ces pouvoirs que nous avons tous.

Je préfère ne pas prendre parti dans ce débat et me positionner comme le suggèrent les théoriciens de la communication non violente : « L'essentiel dans la vie, ce n'est pas d'avoir raison mais d'être heureux ! »

Les télépathes Myr et Myroska résumaient bien la question en disant à la fin de leur spectacle « S'il n'y a pas de truc, c'est incroyable, mais s'il y en a un, c'est encore plus incroyable ! ». Wanda et Viktor, les télépathes actuellement le plus connus en France, terminent leur numéro en affirmant : « Pour ceux qui croient, aucune explication ne sera nécessaire et pour ceux qui n'y croient pas, aucune explication ne sera suffisante ».

Je propose donc ce plan de réflexion, la première partie étant déjà traitée.


1)  Mon itinéraire, pourquoi je pratique le mentalisme ?

2)  Le mentalisme passionne les Français

3)  Histoire du mentalisme

4)  La loi du mentalisme de Victor Segno

5)  La vibration de la pensée, la loi d'attraction dans le monde de la pensée (The Law of The New Thought, 1902) de William Walker Atkinson

6)  L'hypnose


2) Le mentalisme passionne les Français

Il faut voir sur ce sujet le site du mentaliste Jean Baptiste CLEMENT :


 « Arthur donne rendez-vous aux téléspectateurs le vendredi 3 février 2017 dès 20h55 pour découvrir le nouveau show Diversion où triomphent des mentalistes.
En cette année 2017, le mentalisme passionne les Français et donc les mentalistes sont mis de plus en plus à l'honneur en télévision et dans les soirées événementielles. »

Il y a eu aussi un numéro de « C'est mon choix » consacré au mentalisme « Mentalistes : vont-ils révéler leurs secrets ? » présenté par Evelyne THOMAS diffusé sur Chérie 25 le lundi 11 janvier 2017 à 17h00. Étaient présents comme mentalistes Claude et Mylène GILSONS ainsi que Pierre ONFROY, Syl et Sun, Antonio le mentaliste, Laurent CRESPO et John OWEN.

Pendant de longues années, le mentalisme est passé un peu inaperçu car les gens préféraient des grandes illusions de magie qui leur en mettaient plein les yeux. Mais depuis plusieurs années, la tendance tient à s'inverser.

Les gens ont de plus en plus besoin de spiritualité, besoin de croire en des puissances supérieures, sachant tout de nous et de notre avenir ? D'ailleurs, est-ce la vérité que nous recherchons ?

Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous !


mardi 15 janvier 2019

Compte rendu de « La part d'ombre du chercheur de lumière » de Debbie Ford (quatrième partie, « Comment vivre une vie digne d’être vécue »).





Debbie Ford.


Beaucoup de chercheurs ont travaillé sur la partie de notre esprit qu’on peut appeler part d’ombre. Jean-Louis Bernard dans Les archives de l’insolite décrit l’ombre comme un moi caricatural, anarchique et brouillon, un mime, un domestique peu fidèle. Chez la majorité, l’ombre est inconsistante, mal centrée, un peu folle. C’est Debbie Ford qui a pour moi (bien que son livre La part d’ombre du chercheur de lumière soit difficile d’abord) le mieux abordé ce sujet important.
  
Cet article est la suite de celui-ci. 

Comment vivre une vie digne d’être vécue.

Pour vivre une vie digne d'être vécue, il faut d'abord parvenir à manifester ses rêves. Manifester ses rêves, cela commence avec la rude tâche de découvrir ce qu'ils sont véritablement. Enfants, nous avons suivi les pas de nos parents et de nos professeurs. Pour la majorité d'entre nous, c'est volontiers que nous avons accepté d'être dirigés et conseillés par eux en tout ce qui concernait notre scolarité. Ils ont influencé nos choix de loisirs, de sports, d'associations qui ont occupé nos temps libres. Lorsque nous devenons adultes, nous choisissons souvent notre profession ainsi que nos compagnons de vie d'après des critères et des idéaux établis par nos aînés. Mais à quel moment cessons-nous d'écouter ces voix extérieures pour s'ajuster à celles de nos guides intérieurs ? Quand décidons-nous que, peut-être, le chemin que nous avons pris n'est pas vraiment le nôtre ? Cela pourrait-il expliquer le sentiment de vide et d'incomplétude qui marque notre vie ?

C'est là le genre de questions que nous craignons le plus, parce qu'elles exigent de nous que nous critiquions ce qu'on nous a enseigné. Avez-vous déjà remis en question votre croyance en Dieu ? Pour certains, il s'agit d'un péché mortel de questionner les Saintes Écritures. Pourtant, si nous refusons tout doute au sujet de nos croyances les plus fondamentales, nous ne pourrons pas évoluer spirituellement. Nos vies vont se borner à suivre des lignes établies par nos parents, et nous n'irons jamais au-delà de ces frontières érigées durant notre enfance. Il s’agira ici de sortie en territoire inconnu. Les théories et exercices pratiques de Debbie Ford vous conduiront à manifester une vie d'amplitude et de sérénité. Au lieu de dire « Je ne peux pas faire cela », il vous faut poser la question : « Pourquoi ne devrais-je pas faire cela ? De quoi ai-je peur ? » Vous mettrez ainsi en lumière les liens qui vous emprisonnent, et serez en mesure de les dissoudre. Il faut absolument pour vous découvrir votre mission de vie.

Il peut sembler facile de s'interroger pour savoir si l'on est sur le bon chemin. Ce qui est moins évident, par contre, c'est de percevoir la réponse issue du cœur. Votre tête peut avancer une réponse, mais votre cœur peut très bien en avoir une tout autre. La peur peut vous pousser à maintenir votre direction actuelle ; cependant, l'amour peut vous exhorter à prendre un nouveau virage. Il vous faut apaiser votre conscience mentale afin d'écouter l'appel de votre moi supérieur. Vous devez ouvrir votre cœur pour trouver où demeure l'amour. Si vous décidez de suivre la voix de votre passion et de votre désir, alors vous devez être assez tranquille pour entendre les réponses provenant de votre âme. Contentez-vous de marcher aussi longtemps que faire se peut, la tête hors de l'eau, et vous pouvez être sûr que le paysage ne changera jamais. Osez-vous aventurer dans les eaux profondes, et c'est un monde magique qui vous attend.

Mais nous avons peur de nous noyer ; peur de faire fausse route ; peur d'échouer. Est-ce que vos désirs sont assez importants pour vous rendre capable d'affronter vos peurs ? Y tenez-vous mordicus ? Le choix vous revient. Vous pouvez décider de transformer votre attitude, et passer de la résignation à l'engagement personnel, du domaine de la peur à celui de l'amour. La première étape consiste à vous remettre en question, littéralement retourner vos affirmations internes en questions. Changer « Ma vie est un échec » pour « Est-ce que ma vie pourrait être un succès ? » ; « Je suis dégoûté de la vie » pour « Est-ce que je pourrais vivre dans l'euphorie ? » ; « Ma vie est insignifiante » pour « Est-ce que je peux jouer un rôle déterminant dans le monde ? ».

Notre besoin de rectitude et de sécurité vient entraver cet engagement que nous prenons à l'égard de la vie. Nous éprouvons une insécurité à mettre en question nos mobiles. Préférez-vous avoir raison en ce qui concerne votre impuissance, ou avoir tort en ce qui a trait à votre propre grandeur ? Aimez-vous mieux avoir le contrôle d'un faible montant d'argent, ou être incertain de la façon de gérer un gros compte en banque ? Préférez-vous conserver un emploi qui vous déplaît, ou prendre le risque de vous lancer dans une entreprise conforme à vos goûts ? Êtes-vous heureux ? Est-ce que vous suivez vos vrais désirs, ceux du cœur ? Si vous appreniez que vous n'aviez qu'une seule année à vivre, feriez-vous ce que vous faites actuellement ?

Fermez les yeux et concentrez votre attention sur un lieu situé profondément en vous, où vous vous sentez à l'aise et en sécurité. Demandez-vous ce que vous aimeriez faire dans votre vie, là, maintenant. Cherchez pourquoi vous n'êtes pas en train d'accomplir ce rêve. De quoi avez-vous peur ? Posez-vous la question que je viens juste de formuler : « Si vous n'aviez qu'une seule année à vivre, que feriez-vous ? Qu’est-ce que vous changeriez ? » En gardant les réponses dans la quiétude de votre cœur, prenez l'engagement de modifier votre vie de façon à pouvoir manifester vos rêves. Prononcez le serment de toujours écouter et suivre votre vérité propre. Prenez l'engagement de laisser l'univers vous guider vers votre vrai désir. Le seul fait de poser ces engagements transformera votre vie. En faisant cela, vous proclamerez à vous-même et à l'univers : « Je suis digne d'obtenir ce que je désire et je suis prêt à faire tout ce qu'il faut pour réaliser ce désir. »

Voici ce que W. H. Murray écrivait à ce sujet :

« Dans la période précédant l'engagement, on constate de l'hésitation, la possibilité de recul et, toujours, de l'inefficacité. Pour tout ce qui a trait aux actes d'initiative personnelle (et de création), il y a une vérité fondamentale, dont l'ignorance fait avorter nombre d'idées et de projets splendides : c'est qu'à partir du moment où l'on s'engage délibérément, la Providence se met également à l'œuvre. Toutes sortes de choses se produisent pour nous venir en aide, qui ne seraient autrement jamais arrivées. Une succession ininterrompue d'événements surgit de la décision, apportant des circonstances, des rencontres et de l'aide matérielle à un point qu'on n'aurait jamais pu prévoir ou rêver. Quel que soit ce que vous pouvez faire ou rêver, allez-y ! L'audace possède le génie, le pouvoir et la magie. »

Sans l'engagement personnel, l'univers ne peut générer ces circonstances dont nous avons besoin pour accomplir nos désirs.


La suite au prochain numéro comme dans les romans-feuilletons. Amitiés.


lundi 14 janvier 2019

Compte rendu de « La part d'ombre du chercheur de lumière » de Debbie Ford (troisième partie).





Le livre de Neale Donald Walsh, Conversations avec Dieu



Beaucoup de chercheurs ont travaillé sur la partie de notre esprit qu’on peut appeler part d’ombre. Jean-Louis Bernard dans Les archives de l’insolite décrit l’ombre comme un moi caricatural, anarchique et brouillon, un mime, un domestique peu fidèle. Chez la majorité, l’ombre est inconsistante, mal centrée, un peu folle. C’est Debbie Ford qui a pour moi (bien que son livre La part d’ombre du chercheur de lumière soit difficile d’abord) le mieux abordé ce sujet important.

Cet article est la suite de celui-ci.  

La préface du livre par Neale Donald Walsh, l’auteur de Conversations avec Dieu est pour moi déterminante et passionnante.
  
Je n'étais pas bien dans ma peau lorsque j'étais enfant. En fait, il y avait des fois où je détestais franchement la personne que j'étais. Je pensais que j'étais le seul au monde à être aussi stupide, aussi inapte à se faire des amis, et aussi ridiculisé par la confrérie des garçons dont j'essayais désespérément - et sans succès - de faire partie.

Cela ne changea pas beaucoup lorsque je devins un jeune adulte. Oh ! Je pensais bien arriver à repartir sur un nouveau pied. J'ai même déménagé dans une autre ville, là où personne ne me connaissait ; là où personne n'était au courant de la propension que j'avais eue dans mon enfance de toujours me vanter, en compensation du manque d'estime que j'avais de moi-même. Personne n'aurait vu ce que les adultes autour de moi appelaient mon « insignifiance ». Et nul ne connaîtrait mon habitude « d'en faire trop », imposant ma présence à un point tel que personne d'autre ne se sentait assez d'espace pour se manifester. Mes inaptitudes sociales ne seraient jamais découvertes.

Eh bien, j'ai trouvé qu'un déménagement n'aidait en rien. Je m'étais emporté, moi aussi, avec mes bagages.

Puis, un jour, je me suis retrouvé dans un séminaire de développement personnel proposé par le service des ressources humaines de l'entreprise où je travaillais. L'animatrice, dans sa présentation de l'atelier, a dit quelque chose que je n'oublierais jamais :

« Tous vos prétendus défauts, tout ce que vous n'aimez pas en vous, constituent vos plus précieux actifs. Ils sont simplement amplifiés de façon excessive. Le volume a été ajusté un petit peu trop fort, c'est tout. Baissez-le juste un peu. Et bientôt, vous - ainsi que tous les autres - percevrez vos points faibles comme des forces, vos "moins", comme des "plus". Ils deviendront de merveilleux outils, prêts à travailler pour vous, plutôt que contre vous. Tout ce que vous avez à faire est de laisser ces aspects de votre personnalité se manifester dans la mesure appropriée au moment présent. À vous de juger ce qu'il convient d'exprimer de ces merveilleuses valeurs que vous possédez ; n'en donnez pas plus qu'il ne faut. »

C'était comme si j'avais été frappé par la foudre. Je n'avais jamais rien entendu de tel auparavant. Pourtant, je savais instinctivement que c'était la vérité. Mon côté vantard n'était rien d'autre que de la confiance amplifiée à l'excès. Ce que les gens qualifiaient de comportement « insignifiant » ou « inconsidéré » dans ma jeunesse n'était rien d'autre que de la spontanéité et une façon de penser positive, là encore, intensifiées à l'excès. Et ma tendance à en faire trop, ce n'était que mon aptitude à diriger, mon habileté verbale et ma bonne volonté à prendre les devants - tout cela, trois tons trop haut.

Je me suis rendu compte que tous ces aspects de moi-même étaient des qualités pour lesquelles j'avais aussi reçu des éloges à un moment ou un autre. Il y avait de quoi être désorienté !

C'est alors seulement que, lorsque j'ai regardé mon « côté sombre » et vu clairement pourquoi les autres appelaient cela mes comportements « négatifs », j'ai vu aussi le cadeau qu'il y avait en chacun d'eux. Tout ce que j'avais à faire, c'était d'utiliser ces comportements différemment. Ne pas les réprimer. Ne pas les renier. Simplement, les utiliser autrement.

J'en suis alors venu à comprendre toute l'importance de mener une vie intégrale. C'est-à-dire, de me permettre en premier lieu d'identifier tous les aspects de la personne que je suis — autant ceux que les autres et moi-même appelons « positifs » que les « négatifs » —, puis de les allier ensemble dans un plus grand Tout.

A travers cette démarche, je me suis enfin réconcilié avec moi-même. Mais, oh ! quel temps cela a pris pour en arriver là ! Et combien le processus aurait été raccourci, si j'avais pu prendre connaissance des vues pénétrantes et de la merveilleuse sagesse contenues dans cet ouvrage de Debbie Ford !

Lisez ce livre attentivement. Lisez-le une fois, et relisez-le ensuite. Puis relisez-le une troisième fois, cela vaut la peine. Et faites les exercices suggérés. Je vous mets au défi de les faire. Et deux fois plutôt qu'une.

Mais ne lisez pas ce livre, et ne faites pas les exercices, si vous n'avez pas l'intention de changer votre vie. Lâchez le livre tout de suite. Allez le percher sur la tablette supérieure de votre bibliothèque, là où vous n'irez jamais l'atteindre. Ou donnez-le à un ami. Parce qu'il sera fort probablement impossible de faire l'expérience de ce livre sans expérimenter aussi des transformations dans votre vie.

Je crois dans le fait de vivre une vie en complète visibilité. Cela signifie une transparence absolue. Rien de caché, rien de renié. Même pas la partie de moi-même que je ne veux pas regarder, encore bien moins reconnaître. Si vous tombez d'accord avec moi que la visibilité est la clé de l'authenticité, et que l'authenticité est la porte donnant accès à votre Moi véritable, du plus profond de votre être vous remercierez Debbie Ford pour son livre. Car il vous conduira à cette porte précise, au-delà de laquelle vous trouverez la joie continuelle, la paix intérieure, et un lieu d'amour de soi si vaste que vous trouverez enfin l'espace pour aimer les autres de façon inconditionnelle.

Et, une fois que le cycle s'amorce, vous changerez non seulement votre vie, mais vous commencerez réellement à changer le monde.


La suite au prochain numéro comme dans les romans-feuilletons. Amitiés.


vendredi 15 juin 2018

Pause dans le blog avec Osho (dix-neuvième partie) (Quel est le but de l’existence ?).



Osho



Osho au départ ne s’appelait pas Osho. Il est né sous le nom de Rajneesh Chandra Mohan Jain. Puis il s’est fait connaître dans les années 70 et 80 en se présentant comme Bhagwan Shree Rajneesh. Il publie en 1974 The book of secrets (Le livre des secrets), un livre au titre mystérieux mais au contenu passionnant. Osho est pour moi un des écrivains qui a le mieux parlé de la spiritualité et de la méditation. Il a fait scandale avec la révélation de sa grande fortune personnelle (il possédait plusieurs voitures de luxe). Il y a plusieurs ouvrages de lui que j’ai beaucoup aimés (par exemple Être en pleine conscience, une présence à la vie et Autobiographie d’un mystique spirituellement incorrect).


Cet article est la suite de celui-ci.  


Osho a dit :

Je peux parler indéfiniment car je n'ai pas d'enseignement.
Je ne suis pas ici pour donner de réponse,
Je suis ici pour provoquer en vous
Un point d'interrogation.
Je ne peux vous donner qu'une direction, une intense passion de découvrir : j'enseigne l'amour de la vie.
Je mets l'accent sur les verbes,
Je ne le mets pas sur les noms.
Evitez les noms !
Dans le langage,
On ne peut pas les éviter,
Je le sais bien.
Mais dans la vie, évitez-les,
Car la vie est un verbe.
En fait, ce n’est pas la vie, c’est vivre.
Ce n’est pas l’amour, c’est aimer.

J'enseigne l'amour de la vie.
Si vous voulez vraiment connaître l'amour,
Oubliez l'amour
Et souvenez-vous de la méditation
Si vous voulez des roses dans votre jardin
Oubliez les roses
Et prenez soin du rosier...

Quel est le but de l’existence ?

La vie n'a pas d'autre but qu'elle-même, car la vie est un autre nom pour Dieu. Dans le monde, tout le reste peut avoir un but, peut être le moyen d'arriver à une fin, mais il y a au moins  une chose  qui y fait exception.

Vous pouvez l'appeler l’existence.
Vous pouvez l'appeler Dieu
Vous pouvez l'appeler la vie.
Ce sont les différents noms d'une même réalité.

Dieu est le nom que les théologiens donnent à la vie, et cela comporte un danger, car on peut le réfuter, on peut argumenter. Près de la moitié de la terre ne croit pas en un dieu quelconque. Pas seulement les communistes,  mais les bouddhistes, les jaïns, et il existe des milliers de libres penseurs qui sont athées. Le nom de Dieu n'est pas très justifié parce qu'il est donné par l'homme et qu'il n'y a aucune évidence, aucune preuve, aucun argument en sa faveur. Il reste plus ou moins un mot vide. Il signifie ce que vous voulez bien qu'il signifie.

Le mot existence est préférable. Tous les grands penseurs de ce siècle sont des existentialistes. Ils ont complètement laissé tomber le mot « Dieu ». Pour eux, l'existence est suffisante en soi.
Mais dans le mot « existence », rien n'indique qu'elle soit vivante : elle pourrait être morte. Rien n'indique qu'elle soit intelligente : il pourrait n'y avoir aucune intelligence. Rien n'indique qu'elle soit consciente : il pourrait n'y avoir aucune conscience.

C'est pourquoi, je choisis « la vie ». La vie contient tout ce qui est nécessaire; de plus, elle n’pas besoin de preuve. Vous êtes la vie. Vous êtes la preuve. Vous êtes l'argument. Vous ne pouvez pas nier la vie ; c'est pourquoi dans toute l'histoire de l'homme, il n’y a pas un penseur qui ait nié la vie.

Des millions de personnes ont nié Dieu, mais comment pouvez-vous nier la vie? Elle bat dans votre cœur, elle est dans votre respiration, elle transparaît dans vos yeux. Elle s'exprime dans votre amour. Elle célèbre de mille et une façons, dans les arbres, dans les oiseaux, dans les montagnes, dans les rivières.

La vie est le but de tout. C'est pourquoi la vie ne peut pas avoir d'autre but qu'elle-même. Pour le dire en d'autres termes: le but de la vie est intrinsèque. Grandir, se développer, célébrer, danser, aimer, se réjouir, tout cela est en elle —ce sont tous des aspects de la vie.

Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.





Compte rendu du livre « Ma Gestalt-thérapie, une poubelle-vue-du-dehors-et-du-dedans » de Fritz Perls (onzième partie).




Fritz Perls.


Je viens de lire un livre que j’ai trouvé à la fois formidablement bien écrit, original et passionnant. Je voudrais vous en faire part à travers quelques articles de ce blog. Il s’agit de « Ma Gestalt-thérapie, une poubelle-vue-du-dehors-et-du-dedans » de Fritz Perls.


Cet article est la suite de celui-ci.

Voici le résumé de l’ouvrage.

Ma troisième objection c'est que ces percées violentes extériorisent, désavouent et projettent un matériau qui  pourrait être assimilé et devenir partie intégrante du moi. Ils ne font que favoriser les tendances paranoïaques. En d'autres termes, le matériau qui résulte de ces expulsions est toujours vécu comme corps étranger. Rien n'a été changé que le théâtre des événements. La possibilité de devenir adulte et en bonne santé a été escamotée.

Cependant, comparées avec l'importance de l'énorme pas fait vers l'approche holistique, ces objections sont de peu d'importance.

Il n'en est pas de même de l'invention de l'orgone, due à l'imagination de Reich qui, à cette époque, s'était égarée.

Je peux comprendre ce qui s'est passé. Ayant fait de la notion de résistance une réalité vérifiable, il lui fallait faire la même chose avec le thème essentiel de Freud, la libido.

Les résistances existent vraiment, il n'y a pas de doute à cela. Mais la libido était et reste une énergie hypothétique inventée par Freud pour expliquer son modèle de l'homme. Reich s'est hypnotisé lui-même et a hypnotisé ses patients à croire à l'existence de l'orgone en tant qu'équivalent physique et visible de la libido.

J'ai examiné le fonctionnement de la « boîte à orgone » avec nombre de ses possesseurs, et chaque fois, invariablement, j'y ai trouvé le leurre d'une suggestibilité que je pouvais orienter comme je le voulais. Reich mourut en prison plutôt que de renoncer à ses idées fixes. L'enfant terrible de l'Institut de Vienne ne se révéla un génie que pour s'éclipser lui-même en tant que « savant fou ».

Quant à ma quatrième déception, ma rencontre avec Freud, il est plus difficile d'en parler. Mais non, ce n'est pas vrai. Je prévoyais que décrire cette rencontre serait plus difficile parce que, durant ma période exhibitionniste, j'en parlais souvent en termes vagues et faisais semblant d'en savoir plus long sur Freud que ce n'était précisément le cas. Le fait est que, sauf en ce qui concerne S. Friedlander et K. Goldstein, mes rencontres avec des gens aussi importants qu'Einstein, Jung, Adler, Jan Smuts, Marlène Dietrich et Freud ont été des rencontres accidentelles. Accidentelles et pour la plupart sans résultat, mais qui me donnaient prétexte à vantardise et le moyen d'impressionner indirectement mon auditoire en me gonflant d'importance. Éclat qui obscurcit souvent la vision et le jugement.

J'ai passé un après-midi avec Albert Einstein : simplicité, chaleur humaine et fausses prédictions politiques. Mon embarras se dissipa assez vite, un plaisir rare pour moi à cette époque. J'aime encore à citer une de ses remarques : « Deux choses sont infinies, l'univers et la bêtise humaine, encore n'en suis-je pas tout à fait sûr en ce qui concerne l'univers. »

Ma rencontre avec Sigmund Freud, en revanche, se trouva être ma quatrième déception de 1936.

J'avais déjà été à Vienne en 1927, sur les conseils de Clara Happel. J'avais été en psychanalyse avec elle, à Francfort, pendant près d'un an. Un jour, à ma grande surprise, elle me déclara que mon analyse était terminée et que je devais aller à Vienne soigner des malades sous la direction d'un psychiatre confirmé.

J'étais heureux, mais sceptique. Je ne pensais pas en avoir fini avec cette analyse, et le fait que le verdict tombait au moment où mon argent s'épuisait ne pouvait que me laisser perplexe.
C'est cette année-là que j'avais rencontré Lore. Sans doute lui étais-je apparu, à elle et à quelques autres à l'université, comme un célibataire d'âge à se marier. Il était temps d'échapper aux tentacules de la pieuvre menaçante du mariage. Je n'avais pas pensé une seconde que Lore me rattraperait partout où j'irais.

Vienne, ville de mes rêves, ou, devrais-je dire, de mes cauchemars ?

J'allai à Vienne sans argent. Je n'avais pas de fortune personnelle et ne gagnais pas grand-chose. Quand j'avais de l'argent, j'aimais le dépenser, et, quand je n'en avais pas, je vivais de rien. Clara Happel ne m'avait pas guéri, et je lui en suis reconnaissant, de ma nature inquiète de bohémien. Je pris une chambre meublée à bas prix dans l'Eisengasse, que j'abandonnai bien vite pour -deux raisons. D'abord, il y avait un cafard mort dans mon lit, fait qui ne m'eût pas tracassé en soi. Mais la famille du défunt, venue nombreuse exprimer son chagrin, non, non, non !

Et puis, le verdict de ma propriétaire :
«  Pas de femmes dans votre chambre après dix heures. »
«  Mais pourquoi justement dix heures ? »
«  Avant dix heures il se passerait peut-être quelque chose, mais après dix heures, sûrement. »

Il n'y avait pas d'argument contre ce genre de raisonnement. Freud appelait ça : Suppen Knödellogik-Matzohballogik.

Je trouvai Vienne plutôt déprimante.

A Berlin j'avais beaucoup d'amis et m'intéressais à beaucoup de choses passionnantes. Nous pensions, fous que nous étions, que nous pourrions construire un monde nouveau sans guerres. A Francfort, j'avais le sentiment d'appartenir, pas complètement mais un peu en marge, au groupe existentiel de la Gestalt qui avait là un centre. La psychanalyse avec Happel était plutôt une obligation, une idée fixe, une régularité contraignante, avec quelques expériences — mais peu nombreuses.
A Vienne, tout tournait pour moi autour de la psychanalyse. Je tombai légèrement amoureux d'une splendide et jeune doctoresse qui suivait là sa formation. Elle était, comme toute la clique freudienne, bourrée de tabous. C'était comme si tous les hypocrites catholiques viennois avaient colonisé les praticiens de la « science juive ».

J'ai du mal à parler de cette année à Vienne. Je viens d'écrire les quinze dernières pages sans effort, entre deux séminaires. Finalement, écrire m'a passionné tellement que cela semble m'avoir complètement absorbé. Je m'aperçois que j'ai parlé plusieurs fois de centre. Jusqu'à présent, la dernière semaine d'écriture semble constituer mon centre, l'intérêt se déplaçant, des prises de vues et des enregistrements que j'ai faits, vers l'expression personnelle. Je n'écris plus en vers. Ha ! Pas vrai, pas complètement. Voici une contradiction intéressante : mon mépris de la poésie s'atténue. Je vis Esalen, notre belle résidence, et mes étudiants (j'ai un séminaire qui va durer quatre semaines) en poète. Je n'éprouve pas le même sentiment à l'égard du passage biographique actuel. La semaine dernière, j'ai écrit un poème pour les filles qui travaillent à la réception, et je ne considère pas que cela soit de la poésie. Il me vient de temps en temps à l'imagination un poème sur l'opposition mort/agonie. Cela serait digne de servir de thème de poésie. Pourtant les vers que j'ai écrits pour ces filles, toujours submergées de visiteurs et de questions sans fin, étaient amusants à écrire. Nous les avons même utilisés pour le film « Fritz » que Larry Booth est en train de tourner. Qui plus est, j'ai été content de voir les rushes du film : bonne prononciation, sentiment, et mon affreux accent berlinois pas trop sensible.

Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.