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vendredi 24 avril 2020

Compte rendu de l’ouvrage « Conférences de Philippe Marlin aux rencontres de Berder de 2014 à 2018 » (troisième partie) (Brève présentation d’un néo-berderien).






  
Les éditions de l’œil du sphinx.



C’est un livre que j’ai trouvé passionnant et instructif : Conférences de Philippe Marlin aux rencontres de Berder de 2014 à 2018 aux éditions de l’Œil du Sphinx .

J’ai rencontré Philippe Marlin en l’an 1999. Il avait créé déjà depuis l’année 1989 l’association l’Œil du sphinx consacrée entre autres à l’écrivain américain de littérature fantastique Howard Phillips Lovecraft, et moi je venais de traduire deux romans d’un épigone allemand de cet auteur, Wolfgang Hohlbein, intitulés Le mage de Salem  et L’héritage de la nuit. J’ai donc adhéré à son association.

C’était l’époque des publications d’amateurs (fanzines), et toute une série de titres sortirent des presses d’origine de l’association : Dragon & Microchips (Science-Fiction, Fantastique), Murmures d’Irem  (Ésotérisme),  Rôle’ and’ Rêve  (Jeu de Rôle). Le succès rencontré (62 volumes publiés) amena les fondateurs en 2000 à doubler l’association d’une véritable structure commerciale, sous forme de SARL, Les Editions de l’Œil du Sphinx. L’entreprise multiplie désormais les incursions dans de nombreux domaines, mystères de l’histoire, fortéanisme et cryptozoologie, ufologie et parapsychologie tout en continuant à rendre hommage à H.P. Lovecraft.

Conférences de Philippe Marlin aux rencontres de Berder de 2014 à 2018 est la transcription des 8 conférences que Philippe Marlin a données aux Rencontres de Berder organisées depuis juin 2008, au départ sur l’Ile de Berder dans le Morbihan. Les Rencontres de Berder ont été créées après la disparition de l’écrivain ésotériste Jean-Charles Pichon (qui était aussi dramaturge, poète, scénariste, philosophe, et mathématicien), laissant une œuvre considérable sur l’histoire de notre temps, à la fois métaphysique et philosophique. Elles sont organisées par l’association des Portes de Thélème (label «  Le Collège des Temps »). .

Ces rencontres réunissent autour de conférences, des universitaires, des musiciens, des physiciens, des poètes, des peintres, des éditeurs, des scientifiques et des créateurs ; ils confrontent leur vision de l’avenir de notre société, voire de notre civilisation, quels que soient leurs appartenances ou leurs parcours.


Voici un extrait d’une des conférences de Philippe Marlin, Brève présentation d’un néo-berderien :



« L’ŒIL DU SPHINX ET LES TERRES DE L’AILLEURS

Notre association travaille sur les "Terres de l’Ailleurs" d’une double façon. Elle cherche à explorer le domaine des parasciences (ufologie, parapsychologie, cryptozoologie, histoire mystérieuse, mythes et légendes, ésotérisme) dans un esprit fortéen, c’est-à-dire sans croyance béate, mais sans scepticisme exacerbé. 

Elle a aussi pour but la promotion des littératures de l’Imaginaire (Science-Fiction, Fantastique...) et, de façon corollaire, de toutes les formes d’art se rapportant à ce genre. Dans sa démarche, l’association cherche tout particulièrement à encourager les nouveaux créateurs et à leur offrir de premiers débouchés. Elle cherche également à ressusciter des auteurs talentueux injustement oubliés ou des littératures méconnues. Pour ce faire, elle anime diverses publications. Elle organise parallèlement des colloques, conférences, voyages, rencontres avec le monde de l’édition.

L’ODS a pris le statut d’association en 1995; mais elle existe de fait depuis 1989, soit depuis 25 ans. Nous avions du reste fêté dignement, en octobre 2009 à Paris, le « passage de la double décade », un anniversaire important dans la mesure où il a témoigné, au travers de la durée, de la solidité de notre démarche.


L’ODS est en fait un bouillon de culture regroupant tous les passionnés des Terres de l’Ailleurs qui cherchent à faire partager leur sensibilité; les anciens (le plus âgé qui n’est autre que Claude Seignolle, décédé en 2019) épaulent les plus jeunes, les talents se complètent (écriture, dessin, photo et nouvelles technologies), les frontières se dissolvent (fantastique, science-fiction, poésie, jeu de rôle, ufologie, sciences, ésotérisme...), les nationalités se mélangent (français, belges, suisses, américains, canadiens, australiens, roumains, anglais...) et les projets explosent... 

Nous sommes aujourd’hui, pour être précis, une bonne centaine de membres actifs.

Nous organisons de surcroît des rencontres régulières et de nombreux événements : participation à des conventions, visite de sites inspirés (Gisors et les Templiers, les Carpates et Dracula, le Providence de Lovecraft, Cracovie et la Kabbale, Prague et le Golem, le Loch Ness et son monstre, Rennes-le-Château et l’abbé Saunière, etc.), réception d’un écrivain (Philippe Curval, Jean Robin...), participation à un atelier d’alchimie, soirées cinéma ou vidéo, etc. Nous intervenons régulièrement à la radio (Radio Libertaire, Radio Enghien, France Culture, Ici & Maintenant, Bob...) sur de nombreux thèmes ayant trait à nos auteurs favoris (Lovecraft, Bergier, Limat, Moselli...) ou à nos sites de prédilection (Glozel et les écritures, Rennes-le-Château, Stenay et les Mérovingiens...).



L’ODS, UNE MAISON D’ÉDITION

Nous fonctionnions, à l’origine, par le biais de publications dites de « small press», avec des tirages de l’ordre de 200 exemplaires qui s’organisaient autour de nombreuses séries dont les deux majeures étaient:

           Dragon & Microchips (fantastique, SF).

           Murmures d’Irem (mythes et légendes, tradition et ésotérisme).

Nous avons créé, il y a 15 ans maintenant, une structure parallèle, Les Éditions de L’œil du Sphinx, une SARL au capital de 15245 €. L’idée était ici de réunir suffisamment de capitaux pour assurer un débouché de qualité aux meilleurs de nos talents. 

Nous travaillons à notre rythme, celui d’amateurs éclairés. Nous avons ainsi publié plus de 200 ouvrages, de la poésie (Fantasmique et Faërie de notre benjamine Julie Proust Tanguy), des anthologies de nouvelles (Science-Fiction, Fantastique décadent, lovecratiana), une étude sur la magie (L’Art Obscur de Jean-Luc Colnot), de nombreuses études sur les grands maîtres de l’Imaginaire (Bergier, Seignolle, Verne, Limat, Lovecraft & Jean Ray, Robert Howard, Clark Ashton Smith, Sherlock Holmes, Moselli, Richard Bessière). Une collection, "Serpent Rouge", est dédiée aux mystères de Rennes-le-Château. Une autre, "la Bibliothèque Heuvelmansienne", est consacrée aux travaux de père de la cryptozoologie. De nombreuses revues complètent notre catalogue : La Gazette Fortéenne (étude des phénomènes étranges), Historia Occultae (ésotérisme et occultisme), Wendigo (littérature fantastique).

La dernière pièce à l’édifice, qui explique en grande partie ma présence à votre honorable assemblée, sera début 2014 la reprise de la marque Édite, suite à la liquidation de cette dernière maison d’édition. Je connais depuis longtemps Jean-Christophe Pichon, qui était sur un chemin parallèle au nôtre. Nous avons décidé de conjuguer nos talents, et l’ODS conservera un certain nombre de titres de sa société, tout en poursuivant divers projets qui étaient en cours. D’ores et déjà (juin 2014), nous avons publié 6 ouvrages sous nos deux logos, dont Le petit métaphysicien illustré de Jean-Charles Pichon.

Après cette présentation un peu bavarde, je voudrais vous parler de quelques-unes de mes passions. Je choisirai aujourd’hui un écrivain, une discipline et un lieu.



UN EVEILLEUR, JACQUES BERGIER


Comment rendre compte d’une personnalité aussi complexe que celle de Jacques Bergier, le corédacteur du Matin des Magiciens? Car s’il n’est pas une légende, ainsi qu’il le précisait lui-même par le titre de ses mémoires, il n’en reste pas moins une personnalité improbable, ayant jonglé entre la résistance et l’espionnage, les camps de concentration et l’ésotérisme du IIIe Reich, les civilisations disparues et la recherche scientifique, l’Alchimie et la physique nucléaire, la Science-Fiction et le Fortéanisme... Le tout sur fond d’une étourdissante boulimie intellectuelle.

Il est difficile de dresser « l’héritage Bergier », tant est foisonnant son éclectisme créatif. Chacun peut en fait y trouver sa part, en fonction de ses propres centres d’intérêt.

Je retiendrai pour ce qui me concerne sa contribution significative à la diffusion des grands auteurs de l’Imaginaire. Avec bien sûr Lovecraft, « ce grand génie venu d’ailleurs », qu’il a contribué à faire connaître au public français par le biais d’un article de légende paru dans le premier numéro de Planète. Mais je citerai également, avec une certaine tendresse toute personnelle, son ouvrage Admirations, paru pour la première fois en 1970 chez Christian Bourgois. Un ouvrage qui n’avait à l’époque guère été remarqué, alors qu’il présentait aux lecteurs un certain nombre d’écrivains de «l’Ailleurs» alors totalement méconnus (John Buchan, Abraham Merritt, Arthur Machen, Robert E. Howard...). Il en était plus particulièrement pour moi de Tolkien, dont le Lord of the Rings était présenté comme un texte écrit dans un contexte totalement non humain. Je travaillais à Dunkerque à l’époque et je me suis précipité à la gare des ferries pour traverser le Chanel et acquérir cet ouvrage mystérieux. Lorsque j’ai demandé, trente ans plus tard, à Christian Bourgois les droits pour republier à l’Œil du Sphinx cet ouvrage oublié de Bergier, il m’a dit: « Je vous les donne bien volontiers, Bergier m’a fait suffisamment gagner ma vie... ». Et de fait, c’est Christian Bourgois qui éditera la version française de l’œuvre maîtresse de Tolkien, Le Seigneur des Anneaux !

Autre pièce maîtresse à verser à l’actif de cet héritage, l’apport incontestable de Jacques Bergier au Fortéanisme. Il n’est pas inutile de rappeler ici que c’est grâce à Jacques Bergier que fut publié pour la première fois en France l’ouvrage fondateur de Charles Fort, Le Livre des Damnés (1955). Le Fortéanisme, pour reprendre la définition de Jean-Luc Rivera, Directeur de La Gazette Fortéenne, «englobe un grand nombre de domaines différents qui vont de l’ufologie à la cryptozoologie, en passant par la parapsychologie, l’occultisme, les conspirations, le folklore, la mythologie, les sciences et cosmologies alternatives, les théories archéologiques sur les civilisations disparues ou inconnues, etc. La liste est sans fin, car les centres d’intérêt des fortéens sont aussi variés que divers. Leur caractéristique principale est de ne pas être enfermés dans un domaine particulier et d’être ouverts à toutes les idées, y compris les plus excentriques.» Une définition qui se fait l’écho de la bibliographie de notre sympathique «savant fou», où on retrouve les pouvoirs inconnus de l’homme, les extraterrestres dans l’histoire, les livres maudits ou les maîtres secrets du temps.

Jacques Bergier a su nous faire rêver et a suscité derrière lui toute une génération de chercheurs parallèles qui ont poursuivi ses impertinences scientifiques dans des collections de légende qu’il a fortement marquées de son empreinte (J’Ai Lu l’Aventure Mystérieuse, les Chemins de l’Impossible, etc.). »


  
Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.




  



mercredi 22 avril 2020

Compte rendu de l’ouvrage « Conférences de Philippe Marlin aux rencontres de Berder de 2014 à 2018 » (première partie).





Le livre en question.



C’est un livre que j’ai trouvé passionnant et instructif : Conférences de Philippe Marlin aux rencontres de Berder de 2014 à 2018 aux éditions de l’Œil du Sphinx.

J’ai rencontré Philippe Marlin en l’an 1999. Il avait créé déjà depuis l’année 1989 l’association l’Œil du sphinx consacrée entre autres à l’écrivain américain de littérature fantastique Howard Phillips Lovecraft, et moi je venais de traduire deux romans d’un épigone allemand de cet auteur, Wolfgang Hohlbein, intitulés Le mage de Salem  et L’héritage de la nuit. J’ai donc adhéré à son association.

C’était l’époque des publications d’amateurs (fanzines), et toute une série de titres sortirent des presses d’origine de l’association : Dragon & Microchips (Science-Fiction, Fantastique), Murmures d’Irem  (Ésotérisme),  Rôle’ and’ Rêve  (Jeu de Rôle). Le succès rencontré (62 volumes publiés) amena les fondateurs en 2000 à doubler l’association d’une véritable structure commerciale, sous forme de SARL, Les Editions de l’Œil du Sphinx. L’entreprise multiplie désormais les incursions dans de nombreux domaines, mystères de l’histoire, fortéanisme et cryptozoologie, ufologie et parapsychologie tout en continuant à rendre hommage à H.P. Lovecraft.

Conférences de Philippe Marlin aux rencontres de Berder de 2014 à 2018 est la transcription des 8 conférences que Philippe Marlin a données aux Rencontres de Berder organisées depuis juin 2008, au départ sur l’Ile de Berder dans le Morbihan. Les Rencontres de Berder ont été créées après la disparition de l’écrivain ésotériste Jean-Charles Pichon (qui était aussi dramaturge, poète, scénariste, philosophe, et mathématicien), laissant une œuvre considérable sur l’histoire de notre temps, à la fois métaphysique et philosophique. Elles sont organisées par l’association des Portes de Thélème (label «  Le Collège des Temps »). .

Ces rencontres réunissent autour de conférences, des universitaires, des musiciens, des physiciens, des poètes, des peintres, des éditeurs, des scientifiques et des créateurs ; ils confrontent leur vision de l’avenir de notre société, voire de notre civilisation, quels que soient leurs appartenances ou leurs parcours.


Voici un extrait d’une des conférences de Philippe Marlin, Régression en littérature :


« La régression est une forme de voyage dans le passé intime de l’individu. Cette régression peut être génétique, c’est-à-dire basée sur ses propres gènes dont on va essayer de remonter la chaîne jusqu’à l’origine. Elle peut être archétypale, c’est-à-dire plonger dans l’inconscient collectif de toute l’humanité, tel que suggéré notamment par Jung. À noter que ces deux approches ne sont pas exclusives l’une de l’autre et peuvent se compléter.

La régression touche donc à des sujets comme les vies antérieures, les archives akhashiques et le rêve, ce dernier étant l’un des véhicules favoris du «voyageur». La régression enfin peut être spontanée ou faire appel à des supports.

C’est ce que nous allons étudier au travers de la littérature, analyse qui fera souvent référence à Lovecraft et à ses amis dont c’était un thème privilégié. Remonter le temps jusqu’au mystère des origines est en effet une obsession du Prince Noir de Providence, comme en témoigne cet extrait de son Carnet de 1933 (Le Tiers Livre, 2016) : Un homme tente de capturer son passé, aidé par des drogues et des musiques agissant sur la mémoire. Étend ce processus à la mémoire héréditaire, et même aux temps préhumains. Cette mémoire ancestrale lui vient par les rêves. Tente une extraordinaire reconquête de ce passé primordial... Les Grand Anciens sont au bout du chemin !

Il faut en effet ici souligner que la régression lovecraftienne n’est pas darwinienne, ne cherchant pas à nous gratifier d’un homme singe pervers. L’hérédité lovecraftienne est porteuse de tares répugnantes qui nous renvoient aux origines mêmes de l’humanité: non pas les savanes où s’égayent des d’hominidés hirsutes, mais la soupe primordiale glauque où croupissent les gigantesques et abjectes entités extraterrestres dont nous sommes issus.


RÉGRESSION ET PRODUITS PSYCHOTROPES

Le recours à la drogue comme moyen «d’élargissement des capacités de la conscience» sera popularisé dans les années soixante par des auteurs comme Aldous Huxley et Timothy Leary. C’est l’époque du LSD et des champignons mexicains.

Un bon exemple de « l’ambiance » de l’époque nous est donné dans le no 7, novembre décembre 1962, de Planète. Avec Je suis allé au paradis, Robert Graves (1895-1985) rend compte d’une expérience menée par absorption d’un champignon mexicain, le psilocybe. Une expérience assez exceptionnelle «d’ouverture de conscience» l’amenant à une vision de ce que pourrait être « le Paradis ». Graves est longuement cité par Wilson dans le chapitre « la face cachée de la lune» de L’Occulte. Il relate ses entretiens avec l’écrivain qui estimait que la nature de la poésie est liée non seulement aux facultés du subconscient mais aussi aux cultes magiques traditionnels.

Mais la littérature s’était emparée des produits psychotropes bien avant les sixties.

En Rampant dans le Chaos (1920, une révision effectuée par Lovecraft pour Elizabeth Berkeley – pseudo de Winifried Virginia Jackson –, in The United Amateur, 1920).

Un texte qui, d’après S.T. Joshi, a été profondément remanié par Lovecraft qui le cosigne du pseudo Lewis Theobald JR. Et heureusement, car le style inimitable de notre auteur sauve ce texte de la platitude. L’histoire est mince, celle des rêveries d’un fumeur d’opium qui va découvrir un mystérieux cottage au bord d’une falaise rongée par la mer (mais il n’est pas dit que nous sommes à Kingsport !) puis sera entraîné par des «anges» qui lui feront découvrir de merveilleux paysages avant de replonger dans notre monde sinistre... (in recueil L’Horreur dans le Musée).

Les Chiens de Tindalos de Frank Belknap Long (The Hounds of Tindalos, 1929).

J’ai toujours eu beaucoup de tendresse pour cette nouvelle du «cercle lovecraftien » dans laquelle FBL montre qu’il a bien intégré le process de l’horreur cosmique du Maître. Chalmers est un érudit en sciences occultes qui jongle en permanence entre les travaux du Dr John Dee et ceux d’Einstein. Et qui s’est mis entête de remonter le temps grâce à une redoutable drogue asiatique. Ce qu’il va faire sous la surveillance de son ami qui n’arrive pas à l’en empêcher. Et de plonger dans un maelstrom où il revoit toute l’histoire humaine. Et au-delà de l’homme, il pénètre dans des géométries improbables et inquiétantes où sont terrés les chiens de Tindalos. Ce sont des créatures de l’origine des temps, cherchant à traquer le mal originel. La suite est un peu téléphonée et ces sympathiques bestioles viendront faire la fête à l’importun Chalmers.

L’Ancêtre (un texte de Derleth d’après des notes de Lovecraft, The Ancestor in The Survivor and Others, Arkham House 1957).

Le narrateur (non nommé) rejoint son cousin, le Dr Ambrose Perry, dans une demeure isolée du Vermont où il s’est installé et a fait construire un vaste laboratoire. À l’aide de drogues et de musique, il se livre à des expériences de régression, remontant dans le passé à la recherche de sa mémoire ancestrale. Ambrose Perry le charge de mettre en ordre et de retranscrire ses notes d’expérience. Il s’enferme dans son laboratoire, ne prend plus ses repas et l’on entend dans la maison des bruits inquiétants alors que le chien hurle à mort. Le cousin entendra une nuit le bruit d’une créature pestilentielle s’éloigner vers la forêt. Il lancera le chien à ses trousses et retrouvera, déchiqueté par ce dernier, une abominable forme vaguement humaine : Ambrose Perry, bien sûr, qui était remonté trop loin dans le temps.

Deux contributions majeures sur la période post-sixties

Au-Delà du Réel de Paddy Chayefsky (Altered States, 1978; J’ai lu, 1979) nous plonge au cœur de la régression génétique.

Ce roman, qui sera brillamment porté à l’écran par Ken Russel en 1980, met en scène un chercheur en physiologie de l’Université de Cornell, Edward Jessup, qui travaille sur la schizophrénie et les états modifiés de la conscience. Il utilise pour ce faire un caisson d’isolation sensorielle avec immersion du cobaye dans un bain de saumure.

L’auteur s’est manifestement inspiré des travaux de John Cunningham Lily, médecin américain (1915-2001), qui avait travaillé sur le sujet et déclenché toute une vague d’engouement pour cette nouvelle technique de relaxation. Il est vrai que, combinée à l’absorption de psychotropes, elle permettrait selon certains de... rencontrer Dieu. Une petite parenthèse personnelle pour indiquer que ce type de recherche est aujourd’hui poursuivie par notre ami suisse Hugo Soder..

Edward fréquente une jeune femme, Emily, qu’il épousera. Celle-ci est anthropologue et effectue des recherches sur le langage des singes les plus évolués.

Edward ramènera d’un voyage au Mexique des produits hallucinogènes qu’il utilisera lors de ses nouvelles immersions dans le caisson d’isolation. Il régressera jusqu’au stade de l’homme primitif, et c’est un petit singe qui sortira du caisson, semant la terreur dans les couloirs de l’université et dans le Jardin zoologique où il ira se repaître de tendres antilopes. Revenu à l’état «normal» une fois les effets du produit dissipés, il pourra constater que les enregistrements de son langage ressemblent fortement à ceux réalisés par son épouse dans le cadre de ses propres travaux. 
Une nouvelle expérience amènera Jessup au-delà de sa propre identité, découvrant que l’origine de l’univers entier, de la matière avant même la vie, est inscrite dans notre ADN. Nos propres gènes s’inscrivent dans la mémoire de l’univers, du «big bang». Tout est en chacun de nous. Une approche qui rejoint du reste les avancées les plus récentes de la philosophie quantique, comme on peut le constater en lisant le dernier ouvrage de Serge Carfantan, Connaissance de la Totalité (Almora, 2017).

Et c’est entièrement métamorphosé qu’il ressurgira de cette expérience de nature quasi-religieuse. Car s’il a vu la vérité en face, celle-ci est hideuse. La vérité finale de toute chose est qu’il n’y a pas de vérité finale.

On notera que ce roman est fort bien documenté sur le plan scientifique et qu’il nous offre des moments très rafraîchissants sur le thème «savants fous», comme cette rencontre avec une bande de jeunes physiciens quantiques pour essayer de comprendre le mystère des transformations physiques du chercheur.

La Pierre Philosophale (Colin Wilson, 1969, Néo 1982) est un livre important, car s’il s’agit bien d’un roman, il se présente sur les 2/3 du texte comme un traité, aux frontières de la science, de la philosophie et de l’ésotérisme. Le personnage principal, Howard Lester, nous entraîne dans une réflexion étourdissante sur les deux sujets qui le préoccupent depuis son plus jeune âge: comment élargir ses niveaux de conscience? Est-il possible de ralentir le processus du vieillissement par une activité cérébrale soutenue? Avec un de ses compères, le savant Henry Littleway, il arrive à la conclusion que la réponse à ces questions se trouve dans le cortex préfrontal et que, moyennant une très légère intervention chirurgicale, il est possible «d’ouvrir les portes». 

Opération qu’ils ne manqueront pas d’effectuer sur eux-mêmes, nous entraînant dans une aventure puisant profondément ses racines dans la mythologie lovecraftienne. Il leur est en effet possible de voir dans le passé et de remonter aux origines de l’humanité. On touche ici au thème de la «régression génétique ». Leurs visions, confortées par la lecture d’un codex maya, Le Codex Vaticanus et d’extraits du Necronomicon repris par le manuscrit Voynich, nous font revivre la création de l’homme par les Grands Anciens, la grandeur et la décadence de Mû dont le grand prêtre était K’thlo (certainement le Cthulhu de Lovecraft nous précise l’auteur).

Les Grands Anciens disposaient d’un immense pouvoir. En observant les hommes, ils comprirent la puissance de l’imagination humaine, lorsqu’elle est nourrie d’idéal et d’optimisme. Et ils comprirent qu’il leur fallait prendre le risque de développer, aussi, la délicatesse et la précision, d’arriver à concentrer leur incroyable puissance. Ils passèrent alors par une phase d’acquisition d’un nouvel état de conscience, individualisé, au cours de laquelle ils laissèrent faire leurs instincts. Au début, ce fut un succès, jusqu’au jour où les instincts refoulés explosèrent, détruisant les civilisations de Mû et ses serviteurs humains. Seuls quelques-uns survécurent.


Voilà la première partie de ce compte rendu. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.


vendredi 27 mars 2020

Compte rendu de l’ouvrage « Philippe Marlin, un enfant de Planète, Entretiens avec Claude Arz » (deuxième partie).



Philippe Marlin.

Cet article est la suite de celui-ci.

Avant d’être devenue une maison d’édition sous forme de SARL en l’an 2000, l’association de fantastique et d’ésotérisme « L’œil du sphinx » créée par Philippe Marlin a publié de nombreux fanzines dont voici la liste :
Le recensement donne le chiffre impressionnant de 62 volumes, le terme volume n'étant du reste pas galvaudé quand on sait qu'il s'agissait pour l'essentiel de « pavés » d'au moins 200 pages chacun. On y trouve :

·      22 exemplaires de Dragon & Microchips, qui fut notre fidèle vaisseau amiral durant de longues années, essentiellement consacré au fantastique et à la science-fiction. D&M a sorti sous son timbre plusieurs numéros spéciaux de légende, L'Encyclopédie des Mondes perdus, Le Bestiaire Fantastique (en deux tomes) et un Spécial Chambers réalisé par Christophe Thill.
·      17 exemplaires de Murmures d'Irem, notre zinotérique, qui a connu un beau succès et déclenché de joyeuses polémiques. Historiquement, en effet, Murmures provient du « démembrement » de D&M auquel on reprochait de cultiver le mélange des genres, voire - injure suprême - de vouloir recréer la Revue Planète. Les pourfendeurs de l'orthodoxie d'alors s'appelaient Jean-Pierre Queille, Alain Huet ou Gilles Dumay. Lequel Gilles, dont le stylo ne cessait d'exploser ­pour cause de trop plein d'encre - au début des années 1990, se précipita pour collaborer au premier numéro de cette publication sulfureuse.
·      4 exemplaires de Rôle'and'Rêve, notre fanzine dédié aux jeux de rôle. Souvenir de nos débuts avec Nicolas, les deux premiers numéros de D&M, réalisés plus qu'artisanalement, étant consacrés à cette discipline. Son dernier numéro fut Brain Salad de Willy Favre, qui obtint les faveurs du public rôliste.
À ces trois piliers de l'ODS sont venus s'ajouter de nombreux numéros spéciaux, prolongeant les thématiques abordées dans D &M :
·      8 exemplaires des Études du Dr Armitage, autre collection de légende qui vit la naissance des premiers numéros de L'Année de la Science-fiction et du Fantastique au Cinéma de Philippe Heurtel. Elle accueillit également les travaux de Claude Hermier (L'Archéologue du Merveilleux, Le retour de l'Archéologue du Merveilleux, La vengeance de l'Archéologue du Merveilleux, José Moselli), ou de Jacky Ferjault (L'Archéologue des salles obscures, l'Archéologue de la mer Egée).
·         6 exemplaires des Manuscrits d'Edward Derby, certainement parce que les pages de D&M n'étaient pas suffisantes pour accueillir toutes les fictions reçues. On y trouva les écrits lovecraftiens de Jean-Jacques Nguyen (Rêves d'Arkham, Rêves d'Innsmouth), une anthologie dédiée à l'hémoglobine la plus fraîche, Les Maîtres de Sang, et plusieurs round robin dont nous avons, un temps, été friands (Dark Sun, l'Affaire du Marlin Bleu). Une incursion dans le domaine de la poésie fantastique donnera lieu à la publication d'un recueil qualifié par Gilles Dumay de « nul à chier ».
·         Last but not least, 5 exemplaires du Bulletin de l'Université de Miskatonic, dédié, comme son nom l'indique, au Maître de Providence.
Mais ce torrent de publications ne s'arrête pas là.
Il faut encore citer la famille des « fanzines-coucou », publica­tions de certains de nos collaborateurs profitant de l'expédition de nos pavés pour se glisser dans l'enveloppe. On citera le fameux Aliens & Vampyres de Nicolas Ariton, ainsi que The Parisian Fancy God, Les Stances de Fungi et Sous les Cocotiers de Jacky Ferjault. On n'oubliera pas Mental Machine Poems de Gilles Dumay, qui vau­dra à son fougueux éditeur quelques démêlés avec la justice. Mais oui, il y a cela de nombreuses années (!), publier les poèmes por­nographiques d'Aleister Crowley pouvait... attenter aux bonnes mœurs. Et puis on accordera une mention gourmande à Marmite & Micro-ondes, le fanzine de fantastique culinaire de Philippe Heurtel.
Enfin, il y avait « Les Lettres ». L'ancêtre de Points de Vue, Images de l'ODS s'appelait alors Dragon's News, une petite feuille de chou qui faisait le lien entre les lecteurs, une publication très appréciée à une époque où Internet était encore balbutiant. Cette publication déclencha du reste dans les années 1995 une véritable« lettromania », de nombreux participants lançant leur publication, en général limitée à un seul numéro !
Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.

mardi 17 mars 2020

Compte rendu de l’ouvrage « Philippe Marlin, un enfant de Planète, Entretiens avec Claude Arz » (première partie).




Le livre en question.


Je ne savais pas comment chroniquer dans ce blog un livre que j’ai trouvé passionnant, Philippe Marlin, un enfant de Planète, Entretiens avec Claude Arz aux éditions de l’Œil du Sphinx. J’ai décidé tout simplement d’en commenter les meilleures parties au hasard de ma lecture, étant dans l’impossibilité de résumer un livre qui porte sur 71 ans de la vie d’un homme hyperactif (Philippe est né en 1947).

J’ai rencontré Philippe Marlin en l’an 1999. Il avait créé déjà depuis l’année 1989 l’association l’Œil du sphinx consacrée entre autres à l’écrivain américain de littérature fantastique Howard Phillips Lovecraft, et moi je venais de traduire deux romans d’un épigone allemand de cet auteur, Wolfgang Hohlbein, intitulés Le mage de Salem  et L’héritage de la nuit. J’ai donc adhéré à son association.

C’était l’époque des publications d’amateurs (fanzines), et toute une série de titres sortirent des presses d’origine de l’association : Dragon & Microchips (Science-Fiction, Fantastique), Murmures d’Irem  (Ésotérisme),  Rôle’ and’ Rêve  (Jeu de Rôle). Le succès rencontré (62 volumes publiés) amena les fondateurs en 2000 à doubler l’association d’une véritable structure commerciale, sous forme de SARL, Les Editions de l’Œil du Sphinx. L’entreprise multiplie désormais les incursions dans de nombreux domaines, mystères de l’histoire, fortéanisme et cryptozoologie, ufologie et parapsychologie tout en continuant à rendre hommage à H.P. Lovecraft.

Philippe Marlin, un enfant de Planète, Entretiens avec Claude Arz est le compte rendu des entretiens qui ont eu lieu du 12 février 2018 au 6 avril 2019 entre Philippe Marlin et l’écrivain Claude Arz, où Philippe a développé ce qu’a été son action, principalement dans le domaine de l’édition et de la banque, notamment entre 1960 et 2019, après qu’il ait lu en 1960 le livre pour lui déterminant « Le matin des magiciens » de Louis Pauwels et Jacques Bergier. S’en est suivie pendant dix ans la parution de la revue « Planète » inspirée par cet ouvrage.

Je commence mon compte rendu de manière complètement aléatoire à la page 56 sur l’AMORC (Antiquus Mysticusque Ordo Rosae Crucis) au sujet de laquelle les commentaires de Philippe m’ont paru très intéressants. L’AMORC est une association à visée spirituelle et ésotérique qui, depuis le film « Qui sont les Rose-Croix ? » (du 29 juin 2018)  par Frédéric Lenoir, un de nos plus grands historiens des religions, n’est plus considérée comme une secte.

Voici deux extraits de ce qu’en dit Philippe :

« Les années 1970 — ça va aussi évoquer quelque chose pour toi — ont également été de mon côté les années A.M.O.R.C. J'ai adhéré à cette association ésotérique entre guillemets, à laquelle je suis resté fidèle pendant de nombreuses années et dont je garde un excellent souvenir. Pour moi, c'était un peu l'école élémentaire de l'ésotérisme, c'est-à-dire qu'ils avaient (et ils ont toujours, je suppose) une démarche très structurée. » […]

« Je n'ai jamais recruté personne. Par contre, j'étais un étudiant fidèle. J'ai toujours mes monographies, mes cahiers de notes. »

Voilà la première partie de ce compte rendu. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.

vendredi 4 janvier 2019

Remerciements et gratitude pour tous ceux qui m’ont aidé à progresser dans ma vie en général, mais aussi en magie et en mentalisme (d’avance pardon à ceux que j’oublie, il y en a tant ! ). (deuxième partie).



  Une photographie qui rassemble différents éléments de mon parcours de vie.


Un philosophe a eu l’idée de faire une liste de gratitude, la liste de toutes les personnes qui l’avaient aidé, encouragé, supporté dans sa vie.

J’ai tenté de réaliser, plutôt que de dispenser de banals veux de Nouvelle année, une liste de gratitude des personnes qui m’ont aidé, encouragé, supporté dans ma vie en général, en magie et en mentalisme. Mais en relisant mon article, je me suis rendu compte que j'avais oublié énormément de gens, beaucoup trop. J'ai donc décidé de rédiger une deuxième partie avec des personnes qui ont été pour moi fondamentales. Je vais sans doute encore oublier des dizaines de gens qu’il me faudrait mentionner et auprès desquelles je m’excuse d’avance. Peut-être y aura-t-il une liste de gratitude numéro 3, ce qui est plutôt bon signe et montre qu’il y a quand même beaucoup de personnes sympas et enrichissantes que l’on rencontre dans notre vie.

Les psychologues, depuis quelques temps, se sont penchés sur les bienfaits que peut avoir un individu à dire merci, à exprimer sa gratitude et je crois qu’ils ont tout à fait raison. Pour le psychiatre et psychothérapeute, spécialiste de la méditation, Christophe André, la gratitude est « bénéfique à l’estime de soi, car elle augmente le sentiment d’appartenance à un groupe, à une lignée, à une collectivité humaine ».

Dans une puja (cérémonie) bouddhiste en sept parties, la première partie est toujours consacrée à la gratitude. 

Selon l’écrivain de développement personnel Wayne Dyer, il y a neuf habitudes du génie créatif que vous pouvez cultiver dans votre vie quotidienne. Les qualités de la créativité et du génie sont déjà en vous, maintenant vous devez vous adonner à 9 habitudes pour les développer.
La cinquième habitude est « Cultivez la Gratitude, Soyez un appréciateur de la vie ».
Refusez d’avoir des pensées de haine, d’anxiété, de colère ou de jugement.
Chaque jour, dites merci à la vie.

  
1) Mon père

Il m’a légué son énorme mémoire. Il était capable de réciter des scènes entières de Racine ou de Molière. A présent, il a 96 ans et la maladie d’Alzheimer et il a malheureusement perdu cette belle mémoire. Toute ma vie, depuis ma petite enfance, je me suis entraîné à apprendre par cœur des textes littéraires, des dates, des paquets de cartes, que ce soit par des procédés classiques (répétition) ou mnémotechniques.
Je pense que c’est une bonne discipline pour progresser dans la vie et la connaissance.
Sa photo avec ma mère se trouve en bas au centre de l’assemblage des photos.

2) Ma grand-mère maternelle

Elle est la première personne pour laquelle j’ai écrit. Elle n’avait pas fait d’études mais elle était naturellement sensible à la poésie. Je lui ai envoyé beaucoup de mes poèmes d’enfant par la poste. Écrire pour quelqu’un qu’on aime donne toujours un meilleur résultat littéraire et ma grand-mère maternelle est une des personnes que j’ai le plus aimée dans ma vie.

3) Madame Perrin, mon institutrice au cours préparatoire

C’est elle qui m’a appris à lire et à écrire. Elle avait des méthodes pédagogiques peu conventionnelles mais arrivaient à gérer deux classes en même temps (dernière année de maternelle et cours préparatoire qui étaient composées à 50 % d’étrangers). Elle nous mettait souvent des claques, surtout à moi, mais elle m’embrassait avec amour pour me consoler quand je me mettais à pleurer. J’ai vu un jeune portugais qui ne parlait pas français arriver dans son  cours au début de l’année et finir l’année premier de la classe !

4) Mon professeur de judo, Albert Marx

J’ai suivi ses cours pendant six ans. Il m’a appris un art martial magnifique qui n’était pas encore devenu le sport de combat violent qu’il est maintenant. Au judo, les combattants se saluent avant de combattre.
Petite anecdote : pendant les six ans que j’ai suivi les cours de M. Marx, je l’ai vu arriver hiver comme été en chemise. Le froid ne semblait pas avoir de prise sur lui. Je crois que, dans son corps, circulait de façon intense ce que les Japonais appellent le ki (énergie). Chose rare : il était éternellement bienveillant.
Il a pris sa retraite de professeur de judo à 87 ans et il se souvenait de presque tous les noms des milliers d’élèves qu’il avait eus pendant toutes ces années.
Je crois que c’est lui qui m’a donné le goût de tout ce qui vient du Japon : zen, Reiki, arts martiaux divers, haïkus, etc.
La photo de mon passeport de judo se trouve en haut à gauche de l’assemblage.

5) Mon professeur de français en sixième et cinquième et de grec en terminale, M. Heuclin

C’était un homme à la fois d’une immense bonté, d’une patience infinie et d’une culture remarquable. Il a su grâce à ses méthodes pédagogiques hors normes me transmettre sa passion de la littérature et de deux langues anciennes, le latin et le grec. Sa façon d’enseigner était « différente » ; pour corriger les dictées, il s’asseyait à côté de chaque élève pour lui expliquer ses erreurs. Je l’ai contemplé ainsi pendant une heure tourner le dos à un inspecteur venu le voir parce que c’était l’heure où il corrigeait les dictées.
Il utilisait 100 moyens ingénieux pour faire aimer le français à ses élèves et les faire progresser : concours de récitations avec un jury d’élèves, apprentissage systématique de la conjugaison d’un verbe nouveau dans le Bescherelle tous les samedis, règles de grammaire mnémotechniques qu’il avait inventées (« Le chinois Ain Oin Sou Ssou aime le thé »), etc.
Il est une des dernières personnes à envoyer une carte de vœux pour Noël à mon père.

6) Mon professeur de philosophie, M. Jean-Claude Castagneyrol

Il m’a appris à penser. Il ne croyait qu’à la philosophie et à l'épistémologie (étude critique des sciences) et assurait que la psychologie n’est pas une science. « Avez-vous déjà vu un inconscient, disait-il ? Ce n’est pas comme un atome ou une étoile qu’on regarde au microscope ou au télescope. La psychologie ne repose sur aucun concept scientifique. Tout ce qu’a écrit Freud est basé sur des observations empiriques qu’il a effectuées auprès de riches patients viennois très imaginatifs. Freud en plus a perçu en eux ce qui était déjà malade chez lui, d’où sa fameuse théorie de la sexualité. Jamais Freud n’a procédé de façon scientifique, comme par exemple en effectuant des expérimentations en double aveugle. »
Appelons la psychologie une science humaine et non une science exacte. Mais il en est de même pour l’astrologie. Tous les formes de psychologie qui se sont développées depuis la psychanalyse ont exactement le même problème, ce ne sont pas des sciences mais des intuitions, des philosophies de la vie, des sortes de religions : psychanalyse jungienne, non-directivité de Carl Rogers, psychologie transpersonnelle d’Abraham Maslow, respiration holotropique de Stanislav Grof, hypnose ericksonienne, thérapies cognitivo-comportementales, à présent Programmation Neuro Linguistique, mindfulness ou pleine conscience (MBSR de Jon Kabat Zinn ou MBCT des cognitivistes),.etc.


7) Le docteur Poitevin

Il a été pour moi comme un deuxième père. Il a prononcé entre autres deux phrases qui m’ont éveillé : « Aimer, c’est donner ce que l’on n’a pas. » (Lacan), « La peur de rater, c’est la peur de réussir. »

8) Celui qui m’a fait connaître la Gestalt-thérapie

Je me forme actuellement à la Gestalt-thérapie et elle me paraît la méthode de psychothérapie la plus puissante inventée au vingtième siècle. Fritz Perls, un de ses fondateurs, dont s’est quand même inspirée la PNL, disait que « la Gestalt est trop bonne pour être utilisée seulement pour les malades ».

9) Ujumani

En pratiquant le bouddhisme qui est pour moi l'unique religion s’adressant à l’intelligence de l’homme, j’ai rencontré Ujumani au Centre bouddhiste Triratna de Paris. Il est un des seuls réels bodhisattvas que j’ai connus, du fait de son immense bonté, de son intelligence surhumaine et de son extrême tolérance.

10) Max Maven

Après avoir écrit le premier article de ce blog sur la gratitude, je me suis rendu compte que j’avais oublié un nombre considérable de personnes qui m’ont soit aidé, soit inspiré dans les domaines de la prestidigitation et du mentalisme, deux de mes plus grandes passions de l’âge de 8 ans à l’âge de 57 ans.
J’ai oublié par exemple l’immense mentaliste Max Maven (par son charisme et sa culture magique) sur lequel j’ai écrit un article de ce blog. 
J’ai appris en parcourant un site de prestidigitation que Max Maven lisait plus de 100 articles sur le mentalisme par mois, en plus de ses conférences et de ses spectacles.
Sa photo se trouve en haut à droite de l’assemblage des photos.

11) David Berglas

J’ai omis aussi David Berglas pour lequel j’ai une immense admiration. Je pense qu’en créant le génial effet Berglas (l’ACAAN ou carte au nombre) il a été, d’une certaine manière le « chaînon manquant » entre la magie classique des cartes et le mentalisme. Le magasin de prestidigitation parisien « Magic Dream » vient de  publier un de ses livres fondamentaux « Les effets Berglas », une traduction par Richard Vollmer, qui est vendu accompagné de 3 DVD où vous pourrez voir David Berglas présentant son fameux effet en spectacle.
La photo de David Berglas se trouve en bas à droite de l’assemblage de photos.

12) Mental Arts Magie 

Je n’avais de même pas mentionné dans la première liste de gratitude, l’association internationale de mentalistes Mental Arts Magie,, où j’ai été accueilli avec beaucoup de gentillesse par son président Roger Chabin et sa femme Françoise. J’ai écrit à ce jour 15 articles pour la Tribune de la Lettre de Mental Arts Magie, publication électronique régulière centrée uniquement sur le mentalisme (en général 4 numéros par an).
J’ai aussi pour les adhérents de MAM tenu une conférence sur la mnémotechnie.
Roger Chabin, dans la dernière « Lettre de Mental Arts Magie » (numéro 24, quatrième trimestre 2018, p.26) a écrit un très bel article, à la fois très complet et très précis sur mon livre « Initiation au mentalisme, à l’hypnose et à la mnémotechnie ». En voici un extrait :

« Tout ce qu'il faut savoir sur la magie mentale !
Dans cet ouvrage d'une centaine de pages, sont recensées par Jean-François GERAULT les principales techniques utilisées par les praticiens de la magie mentale : le jeu Al Koran, les book-tests, le cold reading, le cumberlandisme (ou lecture musculaire) et la double réalité. On y trouvera également une évocation de l’hypnose et de la mnémotechnie.
Prix : 15 €
En vente chez E-MAGIX.»


13) Fanch Guillemin

J’ai oublié également dans ma première liste de gratitude (d’une manière absolument scandaleuse !) mon grand ami, le talentueux historien de la prestidigitation Fanch Guillemin, à la fois d’une immense culture magique et d’une gentillesse extrême.
J’ai rédigé sa bibliographie pour un article de ce blog. Il a publié 20 livres sur la prestidigitation et les arts annexes dont 3 book tests. Selon moi, son « Histoire illustrée de la magie blanche avant Robert-Houdin » devrait être lue par tout prestidigitateur.
On l’aperçoit en ma compagnie au centre de l’assemblage de photos.

14) Mickaël Stutzinger

Je ne suis malheureusement pas du tout un expert en magie des cartes mais j’ai une immense admiration pour un des plus grands cartomanes français Mickaël Stutzinger, auteur de deux livres remarquables en collaboration avec Ivan Laplaud, « La Magie de Mickaël Stutzinger, tome 1 » et « La Magie de Mickaël Stutzinger, tome 2 ». Outre l’intérêt extrême des routines proposées, les deux livres sont très bien conçus, avec, de manière pédagogique, une « bibliographie technique » à la fin. Il s’agit de la liste par ordre alphabétique des techniques utilisées dans l’ouvrage avec le nom des livres qui en font la description (souvent « Techno Cartes » de Daniel Rhod ou le « Cours de cartomagie moderne » de Roberto Giobbi).

15) Jean-Michel Lupin

Si j’ai créé ce blog sur le mentalisme, c’est pour montrer que le mentalisme de langue française n’a rien à envier au mentalisme de langue anglaise. Personnellement, j’ai assisté aux spectacles de la plupart de nos mentalistes que j’ai trouvés d’une très grande qualité : Xavier Nicolas, Pourang, Laurent Tesla, Fabien Olicard, Viktor Vincent, François Lenoble (Conrad Téricand le télépathe), Léo Brière, Thierry Collet, Jay Kinesios, Philippe de Perthuis, Pascal Faidy, Yves Doumergue, Pierre Onfroy, Yoan Tanuji, Frederic Da Silva, Taha Mansour, Jean-Baptiste Clément, qui a un excellent blog sur le mentalisme (la liste pourrait être longue, très longue, beaucoup plus longue !). J’ai même décerné dans mon blog pour les années 2016 et 2018  le prix du meilleur spectacle de mentalisme de l’année. La première année, j’ai choisi Giorgio avec « Mental expert 2 » pour son humour extraordinairement corrosif, la seconde Gilles Rollini avec « Hasard ou coïncidence ? »  pour sa présence scénique, sa créativité et son amour du public. Mais mon meilleur ami dans les mentalistes de scène reste Jean-Michel Lupin dont le spectacle « Sur les traces d’Arsène Lupin : entre magie et mentalisme »  est en même temps un très beau show de mentalisme et une histoire qui captive le spectateur, basée sur le personnage littéraire d’Arsène Lupin que Jean-Michel considère comme le premier des mentalistes.
Jean-Michel est aussi un homme d’une grande générosité, investi dans des actions caritatives comme le Téléthon.
Il m’a fait cadeau du cube magique qui se trouve au centre de la photo.

16 et 17) Gérard Kunian et Thomas Thiébaut

Qui ne connaît pas le prestidigitateur Gérard Kunian, l’assistant de Gérard Majax, le critique respecté dans le monde de la magie (que j’avais appelé « l’arbitre des élégances » de la prestidigitation) et Thomas Thiébaut qui a créé le site de référence français pour la prestidigitation « Virtual Magie »  le 24 novembre 1998, soit il y a 20 ans ?
C’est Gérard Kunian qui a le premier écrit un article sur mon livre « Initiation au mentalisme, à l’hypnose et à la mnémotechnie » précisément sur le site de Thomas Thiébaut, Virtual Magie. Mille mercis à tous les deux. L’article de Gérard Kunian décrivait mon ouvrage avec une grande justesse et beaucoup de détails, permettant ainsi aux lecteurs de se constituer un jugement très exact et très informatif.

18) Stéphane Lydo et les Mardis de la magie

Je pourrais citer aussi les fantastiques « Mardis de la magie » organisés par le très talentueux prestidigitateur Stéphane Lydo qui est également actuellement un des magiciens officiant au cirque Pinder. J’ai rédigé le résumé du contenu de ces soirées à plusieurs reprises dans ce blog. 

19) Philippe Marlin

Dans un domaine complètement différent, je remercie vivement Philippe Marlin  le créateur de l’association « L’œil du Sphinx » (qui existe depuis 1987) spécialisée dans le fantastique (au début consacrée à Lovecraft), dans l’ésotérisme et les phénomènes étranges ou inexpliqués (OVNI, Rennes-le-château, etc.) et qui est aussi une maison d’édition spécialisée dans ces différents sujets .
Nous avons participé ensemble à de nombreuses activités, depuis l’an 2000, l’année où j’ai adhéré à l’association. Comme par exemple des émissions de radio sur Lovecraft ou sur la science-fiction. Grâce à Philippe, j’ai enregistré une émission au sujet de mon livre sur le mentalisme de prestidigitation à la radio Internet BTLV (Bob vous dit toute la vérité), le média n° 1 sur le mystère et l’inexpliqué.
J’ai aussi toujours grâce à lui tenu une conférence pour Berder sur Seine, la réunion annuelle à Paris de l’association des amis de Jean-Charles Pichon (Jean-Charles Pichon était un ésotériste qui s’était spécialisé entre autres dans la théorie de l’histoire cyclique). Cette conférence est à présent publiée sur YouTube par la chaîne « Le Collège des Temps ».

20) L’Ordre européen des mentalistes

Il y a plusieurs années, j'ai  adhéré à l’Ordre européen des mentalistes. Son président Claude Gilsons m’a demandé de manière très sympathique d’écrire l’article sur l’hypnose dans le numéro 611 (Janvier-février 2016) de la « Revue de la prestidigitation » consacré à l’OEDM (je suis technicien en hypnose ericksonienne formé par l’Institut français d’hypnose ericksonienne).
Grâce à Yannick Clerc qui était alors responsable de « Le mentaliste », la newsletter de l'OEDM, j’ai aussi publié dans celle-ci une « Histoire de la mnémotechnie » (n° 28, troisième trimestre 2017).
J'ai pu assister également au passionnant séminaire les 7 et 8 mars 2015 d'un des plus grands mentalistes mondiaux, Richard Osterlind.

Je pourrais continuer ainsi pendant des heures. J’ai oublié des dizaines de personnes qui m’ont aidé et éclairé, qui ont été résilients pour moi selon la théorie de Boris Cyrulnik. Je m’en excuse d’avance auprès d’eux. Mais peut-être écrirai-je un prochain jour une liste de gratitude, troisième partie !

Voilà. C’est tout pour aujourd’hui. La suite donc au prochain numéro comme dans les romans-feuilletons du dix-neuvième siècle ou dans les séries télévisées américaines contemporaines.