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jeudi 9 avril 2020

Une troisième manipulation de cartes : le filage ou échange.



   

Un des livres où j'ai commencé à apprendre la magie des cartes.



Cet article est la suite de celui-ci.

Robert-Houdin a écrit dans  « Comment on devient sorcier, les secrets de la prestidigitation et de la magie » : « Je ne connais rien d’aussi surprenant que l’effet d’une carte bien filée ». Une très bonne définition en a été donnée par Camille Gaultier dans « La Prestidigitation sans appareils » : « Filer la carte, d’après la théorie classique, c’est échanger, à l’insu du spectateur, la carte que l’on tient, seule dans la main droite, avec la première carte du jeu conservé dans la main gauche. »

Je trouve que le filage d’une carte est bien expliqué, dans un livre pour les tricheurs et les cartomanes qui s’intitule « L’expert aux cartes » publié en 1902, sous le nom d’« échange ». Curieusement, on n’en connaît pas l’auteur qui l’a signé sous le pseudonyme de S.W. Erdnase (sans doute une anagramme d’Andrews). Ce qui est certain, c’est qu’il était certainement à la fois un tricheur et un magicien. Voici donc un extrait de cet ouvrage expliquant comment effectuer échange ou filage :

« Les échanges

Sous cet en-tête général, je vais décrire plusieurs des meilleures méthodes pour échanger secrètement une ou plusieurs cartes séparées du jeu, par d'autres qui sont dans le jeu ou tenues dans l'autre main.

1. L'échange du dessus

Tenir le jeu dans la main gauche, face vers le bas, le pouce posé sur le dessus. Tenir la carte à échanger dans la main droite entre le bout du pouce et celui de l'index, le pouce sur le dessus, l'index sur le dessous. Rapprocher les deux mains pendant un instant d'un geste souple, les deux mains se déplaçant dans la même direction, mais une main plus rapide que l'autre. Dès qu'elles se rencontrent, le pouce gauche pousse la carte du dessus un peu vers le côté, la main droite place sa carte sur le dessus, et coince la carte saillante entre les bouts de l'index et du majeur. Le pouce gauche retient la carte qui se trouve maintenant sur le dessus, et la glisse en position sur le jeu.

En théorie, il semblerait que cette action soit très facile à détecter. En pratique, si l'artifice est bien réalisé, il s'avère presque impossible à voir. Le mouvement général des deux mains ne s'arrête pas dès que l'échange est fini, mais continue jusqu'à ce qu'elles soient de nouveau un peu séparées. Le mouvement doit être naturel, sous un prétexte quelconque, comme celui de poser la carte sur la table, ou de la donner à quelqu'un. On peut aussi masquer l'action en tournant un peu le corps pour que les mains se rejoignent naturellement. Le mouvement peut se faire dans la direction que l'on souhaite, vers l'intérieur ou vers l'extérieur, vers le haut ou le bas, vers la gauche ou la droite, une main suivant ou dépassant l'autre, mais elles ne doivent pas s'immobiliser tant qu'elles ne sont pas de nouveau séparées. »


Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous !


mardi 7 avril 2020

La deuxième manipulation de cartes que j'ai travaillée dans ma vie : le saut de coupe d’une main.



  

Un des livres où j'ai commencé à apprendre la magie des cartes.


Un peu de nostalgie. Je vous raconte la deuxième manipulation de cartes que j’ai apprise quand j’étais enfant (précisément à l’âge de 8 ans) : le saut de coupe d’une main. Robert-Houdin dit dans  « Comment on devient sorcier, les secrets de la prestidigitation et de la magie » : « La coupe d'une seule main sert rarement dans l'exécution des tours de cartes, et n'a généralement d'autre but que de montrer la dextérité des doigts. C'est pour cette raison que je l'ai placée dans le chapitre des principes brillants. ». Ce n’est pas du tout l’avis de Camille Gaultier dans son livre « La prestidigitation sans appareils », paru en 1914, qui affirme : « Nous ne partageons pas cette manière de voir. ». Le saut de coupe était expliqué dans un des premiers livres que j’ai ai acheté sur le sujet : « Manuel complet des sorciers, ou la magie blanche dévoilée » (J’ai appris par la suite que le livre était paru en 1833 ! Il faisait partie des manuels Roret. Les manuels Roret ont été publiés de 1822 à 1939. Riche de près de 400 titres, cette collection éditoriale constituait une encyclopédie des savoir-faire et des techniques professionnelles de l’époque).

Cependant, la première description d’un saut de coupe d’une seule main se trouvait déjà dans l’ouvrage d’Henri Decremps paru en 1785 « Testament de Jérôme Sharp, professeur de physique amusante ».

Je trouve que le saut de coupe d’une main est très bien expliqué dans un livre pour les tricheurs et les cartomanes qui s’intitule « L’expert aux cartes » publié en 1902. Curieusement, on n’en connaît pas l’auteur qui l’a signé sous le pseudonyme de S.W. Erdnase (sans doute une anagramme d’Andrews). Ce qui est certain, c’est qu’il était certainement à la fois un tricheur et un magicien. Voici donc un extrait de cet ouvrage expliquant comment effectuer un saut de coupe d’une main :

Le saut de coupe Erdnase : méthode à une main.

« La méthode suivante est le résultat d'efforts obstinés pour inventer un saut de coupe qui peut être utilisé avec la plus grande probabilité de succès à la table de jeu. Elle est de loin supérieure pour cet usage, parce que l'action se fait juste avant que la main droite ne saisisse le jeu, ce qui couvre naturellement l'action et la réalise en fait juste avant le moment où on l'attendra. Ce saut de coupe est extrêmement rapide et sans bruit, et les deux paquets se déplacent un minimum en changeant de position. Le problème vient du fait qu'il est très difficile à réaliser à la perfection. Il faut de nombreuses heures de travail pour acquérir l'habileté requise — mais il convient de se rappeler que si la manipulation des cartes était facile à réaliser, il n'y aurait aucun intérêt ni profit à le faire.

Tenir le jeu dans la main gauche, l'auriculaire sur le petit bord intérieur, l'index et le majeur sur le grand bord, le pouce en diagonale sur le dessus du jeu avec la première articulation appuyé contre le petit bord extérieur, et l'annulaire courbé contre le dessous du jeu. Le bout du majeur tient un break sur le côté afin de repérer la coupe ou séparer les deux paquets qu'il faut inverser.

 En serrant le paquet du dessous entre le majeur et la paume, et en tenant le paquet du dessus entre le pouce et l'auriculaire sur les petits bords, on découvre qu'il est possible de bouger les deux paquets de façon indépendante. Pour les inverser, tenir le paquet du dessus fermement en appuyant avec le pouce, ouvrir les deux paquets au break, et retirer le paquet du dessous avec le majeur et l'annulaire — le majeur tire vers le bas et l'annulaire appuie vers le haut, jusqu'à ce que le bord intérieur du paquet du dessous se libère du bord extérieur du paquet du dessus.

 Puis appuyer le paquet du dessous pour qu'il glisse vers le haut et sur le dessus. Quand on sort le paquet de dessous en le séparant du paquet de dessus, il faut le tourner un peu avec l'annulaire, afin que le coin près de l'auriculaire apparaisse en premier. L'auriculaire aide à l'inversement en appuyant vers le bas sur le paquet du dessus au moment où le paquet du dessous fait son apparition sur le côté.

Il est probable que les premières tentatives fassent croire à l'étudiant que c'est une manipulation impossible. La position très inhabituelle des doigts semble neutraliser toute possibilité de contrôle du jeu. Toutefois, il est incontestable que l'on puisse tenir les paquets avec la fermeté d'un étau pendant toute l'opération - ou même les tenir de façon très détendue — dans les deux cas, l'opération peut être réalisée soit très lentement, soit très vite.

La plus grande difficulté vient du fait qu'il faille retirer le paquet de dessous de telle façon qu'il ne s'échappe pas des doigts. Il ne doit surtout pas sauter en se séparant du paquet du dessus, mais doit glisser le long du paquet, monter, et se poser dessus en un seul mouvement continu.

Bien sûr, pendant la réalisation de ce saut de coupe à la table de jeu, il faut amener la main droite par-dessus le jeu juste au moment de l'action, et l'opération peut être grandement facilitée en permettant au paquet du dessous de rebondir légèrement contre la paume droite — mais l'opérateur compétent n'utilisera la main droite que pour couvrir, elle ne prendra aucune part dans l'action. Une main plus longue ou plus large pourra probablement faciliter l'opération, mais l'astuce peut être réalisée efficacement même avec une très petite main une fois que l'on aura appris le tour. »


Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous !


mercredi 1 avril 2020

La première manipulation de cartes que j'ai travaillée dans ma vie : le saut de coupe.





Un saut de coupe.


Un peu de nostalgie. Je vous raconte la première manipulation de cartes que j’ai apprise quand j’étais enfant (précisément à l’âge de 8 ans) : le saut de coupe. Robert-Houdin dit dans  « Comment on devient sorcier, les secrets de la prestidigitation et de la magie » qu’il est très important mais difficile. Le saut de coupe était expliqué dans le premier livre que j’ai acheté sur le sujet : « Les 1200 amusements et récréations de société contenant tous les tours d’adresse les plus intéressants » (j’ai appris par la suite que le livre était paru en 1850 !).

Je trouve que le saut de coupe est très bien expliqué dans un livre pour les tricheurs et les cartomanes qui s’intitule « L’expert aux cartes » publié en 1902. Curieusement, on n’en connaît pas l’auteur qui l’a signé sous le pseudonyme de S.W. Erdnase (sans doute une anagramme d’Andrews). Ce qui est certain, c’est qu’il était certainement à la fois un tricheur et un magicien. Voici donc un extrait de cet ouvrage expliquant comment effectuer un saut de coupe :

« Il existe de nombreuses méthodes pour inverser l'action de la coupe, mais dans cette partie du livre, je n'en décrirai que trois que j'estime utilisable à la table de jeu. On considère à tort que cet artifice est indispensable au joueur professionnel, mais il s'en sert en fait peu, et seulement en dernier recours. Le magicien utilise le saut de coupe dans 90% des tours de cartes, car il est assez simple à réaliser dans ce contexte. Une légère inclinaison du corps ou un mouvement des mains - ou alors « tchatcher » pour détourner l'attention, lui permet de couvrir l'action parfaitement. Mais les conditions sont tout à fait différentes quand on est assis à la table en train de jouer pour de l'argent. On ne peut pas se permettre d'enlever un instant les mains de la table, et les mouvements inhabituels ne sont pas tolérés — de plus, le but d'un saut de coupe est bien connu dans ce milieu, et on sait le moment où s'y attendre, à savoir immédiatement après la coupe. Personne n'a encore inventé le saut de coupe qui puisse être exécuté avec les gestes naturels aux habitudes de jeu, sans un mouvement inhabituel des mains ou indication de manœuvre - même s'il est réalisé adroitement. Cependant, il est nécessaire de l'exécuter de temps à autre, et un professionnel intelligent sera capable de changer de moment à défaut de pouvoir changer de mouvement. Ce faisant, il évite la suspicion. Le subterfuge est expliqué sous la rubrique, « Le Joueur sans Allié », sous l'entête, « Sauter La Coupe ». Le premier saut de coupe décrit est exécuté avec les deux mains. C'est un grand favori, et probablement le plus vieux et le meilleur de tous.

Le saut de coupe à deux mains

Tenir le jeu en main gauche, le pouce d'un côté, l'index, le majeur et l'annulaire recourbés sur l'autre côté avec les premières articulations appuyés contre le dessus du jeu, et l'auriculaire inséré dans le break entre les deux paquets à inverser. Le jeu est tenu de biais, le côté droit incliné vers le bas. Ramener la main droite pour couvrir le jeu, et saisir le paquet du dessous par les petits bords entre le pouce et le majeur, à un centimètre des coins gauche, les doigts de la main droite proches les uns des autres, mais seulement le pouce et le majeur en contact avec le jeu. Si la position est correctement prise, la main droite tient le paquet du dessous et la main gauche serre le paquet du dessus entre l'auriculaire et les trois autres doigts. Pour inverser les deux paquets, la main droite tient le paquet du dessous fermement contre le pouce gauche, et sous couvert de la main droite, les doigts de la main gauche retirent le paquet du dessus afin qu'il se sépare du paquet du dessous, et le glisse par en dessous. Le pouce gauche aide à la séparation des deux paquets en appuyant sur le bord du paquet du dessous, afin de faire monter le bord opposé pendant le retrait du paquet du dessus. Puisque le paquet du dessous n'est tenu que par un pouce et un doigt, il peut être incliné comme sur un pivot aux deux extrémités, et les doigts de la main droite peuvent retenir leurs positions pendant toute l'opération. La plupart des professeurs suggèrent d'utiliser les doigts de la main droite pour aider à soulever le paquet du dessous, mais je pense que l'astuce est meilleure si la position des doigts de la main droite reste inchangée pendant ou après le saut de coupe. Il suffit d'un instant pour inverser les paquets sans bruit, mais il faut beaucoup d'entraînement afin d'accomplir la ruse correctement. Il faut sécuriser les positions et réaliser l'action lentement jusqu'à ce que les mouvements deviennent fluides. »

Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous !





lundi 23 mars 2020

Compte rendu du livre "Les princes de l'anti-sèche, ou « l'Art…de tricher en classe sans se faire prendre ! »" de Fanch Guillemin (1967) (troisième partie).





Un autre livre de Fanch Guillemin coécrit avec Stfane Laurens




J’avais déjà par le passé réalisé une bibliographie du magicien et historien de la magie Fanch Guillemin.

Aujourd’hui, je vous livre un compte rendu d’un de ses livres trop peu connu : "Les princes de l'anti-sèche, ou « l'Art…de tricher en classe sans se faire prendre ! »", Morlaix, Imprimerie Nouvelle, 1967.

Fanch m’a révélé qu’il avait réalisé cet ouvrage au service militaire ! En tout cas, c’est remarquablement bien écrit et intéressant pour les prestidigitateurs.

Le magicien Gaëtan Bloom s’en est inspiré pour inventer certaines tricheries scolaires du film Les Sous-doués de Claude Zidi.

Dans le chapitre 4 « Le grand Bartha ou le maître truqueur… », Fanch Guillemin nous décrit un écolier tricheur qui a inventé un système de tirage (exactement comme en prestidigitation).


En voici deux extraits :

«  Voilà mon truc... Le tirage part de mon pouce de pied, remonte dans ma chaussette, mon pantalon et ma chemise, descend dans ma manche et vient aboutir au creux de ma main où je peux feuilleter facilement mon carnet... Si jamais le prof' se radine vers moi, j'allonge en douce ma jambe sous la table, et l'anti-sèche disparaît entraîné dans ma manche par la ficelle qui se tend. Hocus Pocus ! Rien dans les mains, rien dans les poches ! Ça marche tout seul... Quand le maître s'éloigne, je replie ma jambe, je fais semblant de me gratter le bras, et j'en profite pour reprendre le carnet ; et le tour est joué... J'avais d'abord fait des essais avec un élastique attaché à la hauteur de mon coude, mais c'était pas pratique comme système, et le papier se déchirait. Comme ci, c'est au poil, et le mouvement de la jambe est camou­flé par la table... Qu'est-ce que vous en dites ?
    C'est pas mal, c'est pas mal ! admit Raton sin­cère. Seulement c'est trop compliqué. J'aime les cho­ses simples, moi !
    Et moi, j'en dis que c'est vachement ingénieux ! dit Bernard l'Ermite en se frottant le nombril d'un air extasié. Mais, dis-moi, Einstein, qu'est-ce que tu ferais si le prof' remarquait quelque chose de louche et s'il te demandait de relever ta manche ?
Le Grand Bartha se rengorgea et répondit senten­cieusement :
    Nous y arrivons, mon ami... Il n'y a pas de danger de ce côté-là, car si j'allonge bien mon pied l'anti-sèche remonte jusqu'au biceps. Et puis même, si j'ai envie, je peux attraper la ficelle à travers mon pantalon et tirer dessus jusqu'à ce qu'il tombe dans ma chemise. Personne ne fera gaffe à ce geste... »



« Les étranges préparatifs commençaient. Sans don­ner aucune explication, le Grand Bartha enleva son soulier gauche, ôta sa chaussette puis se noua soi­gneusement au gros orteil une ficelle souple d'un mètre cinquante de longueur. Après s'être rechaussé comme si de rien n'était, devant les témoins ahuris, il défit alors sa ceinture, baissa son pantalon, y intro­duisit la ficelle par le bras, tira dessus, la laissa pen­dre devant lui, et se reboutonna en conservant tou­jours le plus grand sérieux.
L'Ermite et Raton l'observaient en silence, se de­mandant vainement quel était le but de ce strip-tease imprévu. Ils auraient voulu parler, poser des questions, mais l'attitude flegmatique et noble du Grand Bartha les déroutait, les intimidait, et, pour un peu, ils auraient cru assister à la célébration d'un rite sacré en l'honneur de Siva ou du Vaudou.
Se souciant peu de ce que pouvaient penser ses amis, Jacques venait de se mettre torse nu. Il s'em­para de nouveau du bout libre du cordon, le tint fer­mement serré dans son poing gauche et recapela chemise, gilet et veston en se contorsionnant à la manière d'une danseuse de Bali.
— Il s'agit maintenant d'en régler la longueur, dit-il alors, daignant enfin s'apercevoir qu'il avait des spectateurs.
Et la démonstration se poursuivit. Le Grand Bartha s'assit à sa table, replia sa jambe gauche et tira sur la ficelle qui sembla s'allonger comme par magie. Après l'avoir coupée au niveau de sa paume, il en passa l'extrémité dans un trou pratiqué à l'un des coins du petit carnet, et y fit un solide nœud.
Le mécanisme était en place, et l'inventeur satis­fait arbora son sourire des grands jours. »

  


Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.

dimanche 22 mars 2020

Compte rendu du livre "Les princes de l'anti-sèche, ou « l'Art…de tricher en classe sans se faire prendre ! »" de Fanch Guillemin (1967) (deuxième partie).




Fanch Guillemin avec Gaëtan Bloom.


J’avais déjà par le passé réalisé une bibliographie du magicien et historien de la magie Fanch Guillemin.

Aujourd’hui, je vous livre un compte rendu d’un de ses livres trop peu connu : "Les princes de l'anti-sèche, ou « l'Art…de tricher en classe sans se faire prendre ! »", Morlaix, Imprimerie Nouvelle, 1967.

Fanch m’a révélé qu’il avait réalisé cet ouvrage au service militaire ! En tout cas, c’est remarquablement bien écrit et intéressant pour les prestidigitateurs.

Le magicien Gaëtan Bloom s’en est inspiré pour inventer certaines tricheries scolaires du film Les Sous-doués de Claude Zidi.

Dans le chapitre 5 « Une mémoire de cheval », Fanch Guillemin parvient à placer de longues analyses sur la mnémotechnie  dans un livre sur la tricherie scolaire.


En voici deux extraits :

« —    Mais non ! Attends ! fit Charles avec un geste d'impatience. Ça n'a rien à voir. Je vais t'expliquer, niais tu me coupes tout le temps... La mnémotechnie c'est, comme qui dirait, des trucs pour se rappeler facilement des choses qu'on oublierait autrement. On peut faire croire ainsi qu'on a une mémoire formi­dable et...

        Ah oui ! interrompit encore Loïck tout agité. J'ai vu un jour un illusionniste qui était capable de réciter sans sourciller, à l'envers comme à l'endroit, une liste de trente mots donnés par le public. Ce gars-là devait tout de même avoir une mémoire de cheval... Il était plus fort que le Grand Bartha en tous cas ! »

« Cette science n'est pas, comme un vain peuple pense, l'apanage exclusif des pseudo-voyants et hom­mes à la mémoire de fer. Aussi surprenant que cela puisse paraître, certaines écoles s'en sont servi en tant que moyen d'enseignement. Plusieurs manuels sco­laires en usage au XIXe siècle la préconisaient et offraient aux élèves des leçons présentées sous la forme de poèmes simples et faciles à retenir. Un ami congolais m'assurait même que de nombreux instituteurs de son pays la pratiquaient encore et qu'il avait personnellement appris la géographie en vers et en musique. Pour illustrer ses dires, il me chantonna une leçon dont il se souvenait parfaite­ment après des années.

Les partisans de pédagogie moderne ne manque­ront pas de sourire en lisant ceci, et ils auront raison en un sens car il faut reconnaître en effet que la mnémotechnie aux résultats si spectaculaires se base uniquement sur des automatismes cérébraux et ne fait guère intervenir le raisonnement.

La mémoire est certes une fonction merveilleuse qu'on ne doit pas négliger, mais il est nécessaire qu'elle demeure au service de l'intelligence. A quoi cela nous avancerait-il que nos enfants soient capa­bles de réciter par cœur leur livre d'histoire naturelle s'ils n'en comprennent pas un traître mot ? Beau travail pour un phénomène de cirque, pas pour un écolier !

Cependant la mnémotechnie peut avoir son utilité quand il s'agit d'apprendre de nécessaires listes de mots ou certaines dates que le raisonnement est impuissant à retrouver.

Les étudiants et les maîtres d'école le savent bien et l'appellent parfois à leur secours. Les écoliers retiennent facilement les conjonctions de coordination (mais, ou, et, donc, or, ni, car) grâce à la formule rituelle : Mais où est donc Ornicar ?

Cette science est malheureusement peu connue et ceux qui s'en servent le font souvent maladroitement. »


Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.


Compte rendu du livre "Les princes de l'anti-sèche, ou « l'Art…de tricher en classe sans se faire prendre ! »" de Fanch Guillemin (1967) (première partie).





Le livre en question.


J’avais déjà par le passé réalisé une bibliographie du magicien et historien de la magie Fanch Guillemin.

Aujourd’hui, je vous livre un compte rendu d’un de ses livres trop peu connu : "Les princes de l'anti-sèche, ou « l'Art…de tricher en classe sans se faire prendre ! »", Morlaix, Imprimerie Nouvelle, 1967.

Fanch m’a révélé qu’il avait réalisé cet ouvrage au service militaire ! En tout cas, c’est remarquablement bien écrit et intéressant pour les prestidigitateurs.

Le magicien Gaëtan Bloom s’en est inspiré pour inventer certaines tricheries scolaires du film Les Sous-doués de Claude Zidi.

Dans le chapitre 3 « Une adroite substitution », un élève réalise tout simplement un change (de prestidigitation) pour tricher à une épreuve d’histoire !

Pour vous mettre en appétit, je vous en livre deux extraits :

« PETIT AVANT–PROPOS

L'art de tricher est né avec les hommes et bien des volumes lui ont été consacrés. Il existe une véritable littérature de la fraude, œuvre d'illusionnistes ou d'inspecteurs des jeux, et un tricheur professionnel a même eu l'audace ahurissante d'écrire un manuel destiné à ses collègues filous. Ce personnage surprenant qui s'appelait Erdnase restera d'ailleurs toujours le symbole de cet art condamné par la morale.

A ma connaissance cependant, ces ouvrages n'avaient mis en scène jusqu'à présent que des tricheurs adultes : des hommes et des femmes. Il appartenait donc à un spécialiste de combler cette lacune et d'étudier enfin sous ses divers aspects, l'art trop méconnu de la tricherie chez l'enfant à l'école, car l'école est l'univers de celui-ci.

Quelques écrivains avaient bien effleuré la question — Louis Pergaud s'était moqué des souffleurs, et Gilbert Cesbron du cancre débrouillard et de sa « veste d'exam' » aux multiples poches secrètes garnies de petits papiers — mais sans jamais l'approfondir ni même s'en tenir à des faits vraisemblables.

En tant qu'ancien tricheur, illusionniste truqueur et aussi instituteur — qualités bien rarement compatibles — j'ai pensé qu'il était tout de même temps de rendre justice à l'ingéniosité des écoliers fraudeurs et de réhabiliter une fois pour toutes leur art tant décrié. »

« — Mais si ! s'entêta le Grand Bartha. Réfléchis un peu ! Un prestidigitateur qui présente un tour de cartes, par exemple, doit prévoir aussi comment va se comporter sa victime, comment celle-ci va raisonner... Il attire son attention sur des gestes inutiles ; il l'étourdit de son baratin ; il la met en confiance par des coupes et des mélanges qui ne servent à rien. Et puis, quand tout le monde a le nez en l'air, clac ! ! Passez muscade... il fait sauter la coupe sans rien dire à personne... Et le pauvre type qui était sûr d'avoir suivi et contrôlé toutes les opérations avale son dentier de surprise en constatant que sa carte s'est encore envolée ; et il se retrouve quinaud une fois de plus. »

Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.




jeudi 21 février 2019

Annonce du 2 ème VM Day (Journée de Virtual Magie) qui aura lieu le samedi 23 février 2019.






La photographie annonçant l2 ème VM Day (Journée de Virtual Magie)
  

Je vais vous présenter l’événement de la semaine en prestidigitation, le deuxième VM Day. 

Le premier a été exceptionnel, pourquoi le second ne le serait-il pas ?

D'abord les références :

2 ème VM Day | Samedi 23 février @Paris
WIP, La Villette
30 Avenue Corentin Cariou
75019 Paris
COÛT : à partir de 99€

Après le succès de la 1ère édition du VM Day, le prestidigitateur Thomas Thiébaut , magicien du net, créateur du site français de référence sur la prestidigitation, Virtual Magie, organise une 2 ème fête de la magie.
Venez la célébrer avec les prestidigitateurs Kieron JOHNSON, Laura LONDON, Yves CARBONNIER, Benoît ROSEMONT, Maxence VIRE.
 Il y aura plus de 8 événements en une seule journée !
Les 10 premières places sont au tarif exceptionnel de 99€ !
Dans le cadre du Magic WIP, vous assisterez à ce programme exceptionnel !
1) 3 conférences
·         Benoît ROSEMONT : “Comment trouver un personnage et écrire un scénario magique
Cette conférence sera illustrée par la mise en pratique des outils proposés par Benoît, avec l’un des participants, et aura pour toile de fond l’écriture d’un spectacle de magie pour enfants.
Benoît partagera avec les magiciens présents ses méthodes pour trouver un personnage, écrire un scénario, choisir les effets et les organiser afin d’écrire un spectacle magique.


  • Laura LONDON : "Cartes et Triche"

  • Maxence VIRE :  “Un bout de moi”
Une conférence sur des tours tous testés en conditions professionnelles puisque ils font partie pour la plupart de l'arsenal de Maxence au quotidien dans ces close-up ou sur scène.

Effets
  • Imagination : magie des pièces qui rassemble apparitions, disparitions, 3fly, coins accross... une vraie routine de 5 minutes construite pour le table à table
  • Misdirection : certainement la marque de fabrique de Maxence, une pure leçon de détournement d'attention
  • Sharpierce : un secret encore jamais révélé en boutique
  • L'huile et l'eau : la version revisitée de Maxence à 6 cartes
  • Invraisemblable : une routine de cartes qui fait perdre la tête avec un final fort
  • Et pleins d'idées encore à partager

2) 4 spectacles avec uniquement des grands artistes de notre art :
·         le magicien anglais déjanté Kieron JOHNSON
·         la cartomane londonienne qui monte Laura LONDON
·         l’expert en cartomagie Yves CARBONNIER
·         le multi-talentueux Benoît ROSEMONT
Close-up autour d’un bar magique avec Marc RIGAUD
Et bien sûr, beaucoup de rencontres et d'échanges magiques entre participants.
  
Créé il y a 20 ans par Thomas Thiébaut, Virtual Magie  est le premier site en France dédié à l’art de la magie. Chaque jour, il réunit plusieurs milliers de magiciens autour de ses rubriques telles que le forum, les petites annonces, les tests, les tours de magie, l’agenda, la boutique, les bons plans…

Voilà. C'est tout pour le moment. Amitiés à tous.