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mercredi 18 septembre 2019

Les quatre accords toltèques. Premier accord : Que votre parole soit impeccable (deuxième partie).





Sans commentaire.


Ce livre est le meilleur ouvrage de spiritualité que j’ai lu depuis 10 ans.

Le premier accord toltèque est le plus important et aussi le plus difficile à honorer. Il est si important qu'à lui seul il vous permettra de transcender votre vie actuelle pour parvenir à ce que j’appelle le paradis sur terre.

Le premier accord est : que votre parole soit impeccable.

L’esprit humain est semblable à une terre fertile dans laquelle des graines sont continuellement semées : des opinions, des idées et des concepts. Vous plantez un graine, une pensée et elle croît. La parole est une graine et l'esprit humain est si fertile ! Malheureusement, il s'avère souvent très fertile pour les semences de la peur.

Chaque esprit humain est fertile, mais seulement pour les graines pour lesquelles il est préparé. Il est donc important de découvrir le type de graines auxquelles notre esprit offre sa fertilité, et de le préparer à recevoir les semences de l'amour.

Prenez l’exemple d'Hitler : il a semé des graines de peur qui se sont développées avec force et ont réussi à provoquer une destruction massive. En observant la puissance incroyable de la parole, nous devons comprendre qu'elle sort de notre bouche. Une peur, un doute semés dans notre esprit peuvent créer une succession dramatique d'événements. Un seul mot est comme un sort, et les humains utilisent la parole comme des magiciens noirs, se jetant en toute inconscience des sorts les uns aux autres.

Chaque être humain est un magicien. Par notre parole, nous pouvons soit jeter un sort à quelqu'un, soit l'en libérer. Exemple : je vois un ami et lui fais part d'une opinion : Tiens ! La couleur de ton visage est celle des gens qui vont avoir le cancer. S'il écoute cette parole et s'il est d'accord avec, il aura un cancer dans moins d'un an. Telle est la puissance de la parole.

Au cours de notre domestication, nos parents et frères et sœurs ont émis des opinions sur nous, sans même y réfléchir. Nous avons cru ces opinions et vécu dans la peur qu'elles véhiculaient, comme de ne pas être assez bon en natation, en sport ou en écriture.

Quelqu'un exprime une opinion : Regarde cette fille comme elle est moche ! La fille en question entend cela, croit qu'elle est laide et grandit avec l'idée qu'elle n'est pas belle. Peu importe qu'elle le soit ou non ; tant qu'elle est d'accord avec cette opinion, elle croira qu'elle est laide. Elle subit l'influence d'un sort.

Si elle réussit à capter notre attention, une parole peut pénétrer notre esprit et changer toute une croyance, en mieux ou en pire. Autre exemple : peut-être croyez-vous être stupide, et peut-être même le croyez-vous depuis toujours. Voilà un accord qui peut être vraiment vicieux et vous conduire à faire de nombreuses choses ne servant qu'à vous prouver votre stupidité. Vous effectuez quelque chose puis vous pensez : Si seulement j'étais intelligent..., mais je dois être stupide sinon je n'aurais jamais fait cela. Votre pensée s'agite dans tous les sens et vous pouvez passer des jours à être sous l'influence de cette croyance en votre propre stupidité.

Puis, un jour, quelqu'un capte votre attention et, par sa parole, vous fait découvrir que vous n'êtes pas stupide. Vous croyez cette personne et vous concluez un nouvel accord. Résultat : vous ne vous sentez plus stupide et vous n'agissez plus stupidement. Un sort est rompu, par la seule puissance de la parole.

Inversement, si vous croyez être stupide et que quelqu'un capte votre attention et vous dise : Oui, tu es vraiment la personne la plus stupide que j'aie jamais rencontrée, l'accord initial sera renforcé et deviendra encore plus puissant.



Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous !


lundi 16 septembre 2019

Les quatre accords toltèques. Premier accord : Que votre parole soit impeccable.


Le livre en question.

Ce livre est le meilleur ouvrage de spiritualité que j’ai lu depuis 10 ans.

Le premier accord toltèque est le plus important et aussi le plus difficile à honorer. Il est si important qu'à lui seul il vous permettra de transcender votre vie actuelle pour parvenir à ce que j’appelle le paradis sur terre.

Le premier accord est : que votre parole soit impeccable. Voilà qui a l'air très simple, mais en réalité c'est très, très puissant. Pourquoi faire attention à votre parole ? Votre parole est votre pouvoir créateur. C'est un cadeau qui vous vient directement de Dieu. L'Évangile selon Saint Jean dit : « Au commencement était la parole, et la parole était avec Dieu, et la parole était Dieu. » La parole vous permet d'exprimer votre pouvoir créateur. C'est par elle que vous manifestez les choses. Quelle que soit votre façon de parler, votre intention se manifeste par la parole. Ce dont vous rêvez, ce que vous sentez et ce que vous êtes vraiment, tout cela se manifeste par la parole.

La parole n'est pas seulement un son ou un symbole écrit. C'est une force ; elle représente votre capacité à vous exprimer et à communiquer, à penser et donc à créer les événements de votre vie. Vous êtes capable de parler. Quel autre animal sur terre le peut-il ? La parole est votre outil le plus puissant en tant qu'être humain ; c'est un instrument magique. Mais comme une lame à double tranchant, votre parole peut créer les rêves les plus beaux ou tout détruire autour de vous. L'un de ses tranchants est son mauvais usage, qui peut concrétiser l'enfer ; l'autre est son usage impeccable qui crée la beauté, l'amour et le paradis sur terre. Selon la façon dont elle est utilisée, la parole peut vous libérer ou vous asservir plus que vous ne pouvez l'imaginer. Tout le pouvoir magique dont vous disposez réside en elle. Votre parole est de la magie pure et son mauvais usage de la magie noire.

La parole est si puissante qu'un seul mot peut changer une vie ou détruire l'existence de millions de personnes. Il y a quelques décennies, la parole d'un homme en Allemagne a manipulé toute une nation peuplée de gens très intelligents. Il les a conduits à la guerre, par la seule puissance de sa parole. Il a réussi à convaincre certains de commettre les actes de violence les plus atroces qui soient. Sa parole a réveillé les peurs des gens et, comme une immense explosion, les tueries et la guerre ont ravagé le monde entier. Partout des humains se sont entre-tués, parce qu'ils avaient peur les uns des autres. La parole d'Hitler, fondée sur des croyances et des accords issus de la peur, restera dans les mémoires durant des siècles.

Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous !







samedi 23 février 2019

Borges et le bouddhisme : étude de l’ouvrage " Qu’est-ce que le bouddhisme ? " par Jorge Luis Borges et Alicia Jurado (1976) (sixième partie : le bouddhisme zen, deuxième sous-partie).




Un moine zen.


Cet article est la suite de celui-ci. 


Pour provoquer le satori certains maîtres remplacent le koan par des moyens plus violents. A une demande de son disciple au sujet du voyage de Bodhidharma, Ma-Tsu l'envoie au sol d'un coup de pied. Le néophyte se met à rire et s'écrie : « Innombrables sont les vérités enseignées par les Bouddhas. Il n'y en a plus une seule maintenant que je ne comprenne avec toutes les autres. » D'autres maîtres avaient recours au cri, à la gifle ou à diverses autres formes de violence physique. Il y a des exemples moins excessifs. Te-Shan, avant sa révélation, avait choisi pour maître Ch'ung-Hsin. Il alla loger dans son monastère ; un soir qu'il méditait assis, Ch'ung-Hsin lui demanda : « Pourquoi n'entres-tu pas? » Te-Shan répondit : « Il fait sombre. » Le maître revint avec une bougie allumée et quand le disciple voulut la prendre, il la souffla ; Te-Shan comprit immédiatement la Vérité.

Si on compare la mystique chrétienne ou islamique à celle du bouddhisme, on notera entre elles les affinités suivantes : a) le mépris des schémas rationnels lorsqu'ils ne sont que des moyens ; personne ne pense que les nombreux volumes de la Somme Théologique puissent être l'équivalent de l'expérience de la Vérité; b) la perception intuitive, différente de celle que peuvent fournir les sens ; c) la connaissance absolue, qui nous donne une certitude complète, que l'exercice de la logique ne peut réfuter ; celui qui la possède peut se passer de prémisses et de conclusions. Une fois maître de la vérité, le mystique s'aperçoit que l'opposition des contraires se fond d'une certaine façon dans une réalité supérieure; il est donc aussi au-delà des valeurs de la morale courante. Quand saint Augustin écrivit : « Aime et fais ce qu'il te plaît », peut-être voulut-il dire que l'homme qui est parvenu à l'amour divin est incapable de mal agir ; d) l'annihilation du Moi. Notre vie passée est absorbée dans le grand Tout; la paix et le soulagement en sont la récompense immédiate ; e) la vision du multiple univers transformé en une unité ; f) une sensation de félicité complète.

Si nous considérons maintenant les traits qui les différencient, nous voyons que le bouddhisme se passe de toute relation personnelle avec un dieu, car c'est une doctrine essentiellement athée où il n'y a ni croyant ni déité. A l'inverse de ce qui marque le judaïsme et ses dérivations, le christianisme et l'islamisme, on note également l'absence de ces concepts pathétiques de faute, de repentir et de pardon. On n'atteint pas le satori par l'adoration, la crainte, la foi, l'amour de Dieu ou la pénitence ; il s'agit ici d'une discipline qui ne vise que la paix et élimine les émotions. Le maître Te-Shan ne pria jamais, ne demanda jamais le pardon de ses fautes, ne vénéra jamais l'image du Bouddha, ne lut jamais les écritures et ne brûla jamais d'encens. De tels actes étaient, à son avis, d'inutiles formalités; seule l'intéressait l'incessante et l'intense quête mystique.

Tai-Hui compare le satori à un incendie sur le point de nous consumer, ou bien à une épée nue qui peut nous tuer. L'univers entier est un koan vivant et menaçant que nous devons résoudre et dont la solution implique celle de tous les autres. Inversement, chacune des parties contient le tout (c'est ce qui se passe avec les nombres transcendants étudiés par Cantor, dont chaque série a le même nombre que le total) ; il suffit d'en comprendre une pour comprendre l'univers.

La compréhension intellectuelle de la doctrine du Bouddha n'est pas importante ; l'essentiel est une illumination intime, qui semble correspondre à l'extase. Souvenons-nous de la parabole hindoue du voyageur qui parcourt en été un désert et qui, croisant un autre voyageur, lui dit qu'il est mort de fatigue et de soif, et qu'il est à la recherche d'une source. L'autre lui indique le chemin. Cette indication n'apaisera pas sa soif et ne soulagera pas sa fatigue ; il faut pour cela que le voyageur parvienne lui-même à la source. Le désert est la naissance et la mort; le premier voyageur est tout être vivant; le second est le Bouddha; la source est le Nirvana. Comme tous les mystiques, le bouddhiste met en doute la valeur du langage et des raisonnements. Rappelons la parabole de la flèche, exposée par Gautama lui-même ; le Zen a repris cette tradition et fait passer le satori avant les rites, l'érudition et la discussion philosophique. Le satori est donc le principe et la fin du Zen; on l'a comparé à une fleur qui s'ouvre et s'épanouit d'un seul coup.



La suite donc sur le bouddhisme zen une prochaine fois comme dans les romans-feuilletons du dix-neuvième siècle ou dans les séries télévisées américaines actuelles. Amicales salutations.


lundi 5 mars 2018

Pause dans le blog avec Osho et son ouvrage « Mon chemin, le chemin des nuages blancs » (treizième partie), premier matin.










  
Sans commentaire.



Osho au départ ne s’appelait pas Osho. Il est né sous le nom de Rajneesh Chandra Mohan Jain. Puis il s’est fait connaître dans les années 70 et 80 en se présentant comme Bhagwan Shree Rajneesh. Il publie en 1974 The book of secrets (Le livre des secrets), un livre au titre mystérieux mais au contenu passionnant. Osho est pour moi un des écrivains qui a le mieux parlé de la spiritualité et de la méditation. Il y a plusieurs ouvrages de lui que j’ai beaucoup aimés (par exemple Être en pleine conscience, une présence à la vie et Autobiographie d’un mystique spirituellement incorrect). Cet article est la suite de celui-ci 

Aujourd’hui, je vais vous parler d’un ouvrage d’Osho que je ne connaissais pas, Mon chemin, le chemin des nuages blancs. C’est le formidable magicien cartomane Mickaël Stutzinger  qui m’a signalé la présence de ce livre qui est sans doute un des premiers d’Osho Rajneesh.

La vie ne devrait pas être considérée comme un problème. Dès que vous vous mettez à la voir ainsi, vous êtes perdu. Une fois que vous pensez que la vie est un problème, vous ne pouvez jamais trouver de solution.

C'est ainsi que procède la philosophie — et c'est ainsi que la philosophie est toujours dans l'erreur. Aucune philosophie juste n'existe : il ne peut y en avoir. Toutes les philosophies sont dans l'erreur. Faire de la philosophie est une erreur, car la philosophie commet l'erreur fondamentale de considérer la vie comme un problème. Une fois que la vie est un problème, il n'y a pas de solution.

La vie n'est pas un problème, mais un mystère.

Et un nuage blanc est la chose la plus mystérieuse, apparaissant soudain, disparaissant soudain. Avez-vous jamais songé que les nuages n'ont ni nom ni forme ? Ne fût-ce qu'un instant, jamais leur forme ne reste la même ; elle est changeante, elle est mouvante comme le courant d'un fleuve.

Vous pouvez donner une forme au nuage, mais c'est une projection que vous faites. Un nuage n'a pas de forme, un nuage est sans forme, ou bien toujours en train de se former — c'est un changement continuel. Et il en va ainsi de la vie. Toutes les formes sont des projections.

Dans cette vie, vous vous appelez un homme, et dans la vie précédente, vous étiez peut-être une femme. Dans cette vie, vous êtes blanc et dans la prochaine, vous serez peut-être noir. En cet instant, vous êtes intelligent et, l'instant suivant, vous vous comportez de façon stupide. En cet instant, vous êtes silencieux et, l'instant d'après, vous voilà devenu furieux, emporté, agressif.

Avez-vous une forme ? Ou bien êtes-vous continuellement en train de changer ? Vous êtes un flux perpétuel, un nuage. Avez-vous un nom, une quelconque identité ? Pouvez-vous vous appeler ceci ou cela ? A l’instant même où vous dites que vous êtes ceci, vous prenez conscience que vous êtes aussi le contraire.

Vous dites à quelqu’un : « Je vous aime » et, à cet instant même, la haine est là. Vous vous dites l’ami de quelqu’un et, à cet instant précis, l’ennemi en vous ricane, attendant son heure. A un moment donné, vous dites que vous êtes heureux et, au même moment, le bonheur a disparu et vous êtes malheureux.


Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.


Pause dans le blog avec Osho et son ouvrage « Mon chemin, le chemin des nuages blancs » (douzième partie), premier matin.







  
Osho



Osho au départ ne s’appelait pas Osho. Il est né sous le nom de Rajneesh Chandra Mohan Jain. Puis il s’est fait connaître dans les années 70 et 80 en se présentant comme Bhagwan Shree Rajneesh. Il publie en 1974 The book of secrets (Le livre des secrets), un livre au titre mystérieux mais au contenu passionnant. Osho est pour moi un des écrivains qui a le mieux parlé de la spiritualité et de la méditation. Il était mystique mais ne croyait à aucun dieu. Il a fait scandale plusieurs fois, d’abord avec un livre sur la sexualité (Sous la couette, sexualité voie de l’extase), ensuite avec la révélation de sa grande fortune personnelle (il possédait plusieurs voitures de luxe). Il y a plusieurs ouvrages de lui que j’ai beaucoup aimés (par exemple Être en pleine conscience, une présence à la vie et Autobiographie d’un mystique spirituellement incorrect). Cet article est la suite de celui-ci.

Aujourd’hui, je vais vous parler d’un ouvrage d’Osho que je ne connaissais pas, Mon chemin, le chemin des nuages blancs. C’est le formidable magicien cartomane Mickaël Stutzinger  qui m’a signalé la présence de ce livre qui est sans doute un des premiers d’Osho Rajneesh.

L'objectif est ici et maintenant. Dès qu'il est ailleurs, le mental se met à voyager. Il se met alors à penser, il met en route tout un processus. Si le futur apparaît, le mental peut alors fonctionner, il a libre cours, il a de l'espace pour aller et venir.

Et vous n'êtes pas attentifs parce que votre mental voyage dans le futur. Vous n'êtes pas ici. Vous n'êtes pas conscients  de ce qui vous est arrivé à cet instant précis.

Et il en a toujours et toujours été ainsi. Pendant des millions et des millions de vies, il en a été ainsi. A chaque instant, vous avez été des bouddhas. Cela n'a pas manqué un seul instant. Cela ne peut manquer : telle est la nature-même, telles sont les choses. Vous ne pouvez pas passer â côté !

Mais vous n'êtes pas attentifs et vous ne pouvez être attentifs parce que, quelque part, il y a un but, quelque chose à atteindre ; à cause de cela, il se crée un barrage et vous passez à côté de ce que vous êtes déjà.

Lorsque ceci est mis au jour, est réalisé, lorsque vous en prenez conscience, le plus grand mystère de l'existence est découvert : à savoir que chacun est parfait. Voilà ce que nous voulons dire par la phrase : chacun est Brahma — chacun est l'âme, l'âme ultime. Voilà ce que nous voulons dire par : Tatwamasi — Tu es Cela.

Non qu'il vous faut devenir Cela, car s'il vous faut devenir Cela, c'est que vous n'êtes pas Cela. Et si vous n'êtes pas déjà Cela, comment pouvez-vous le devenir ? La graine devient arbre parce que la graine est déjà Cela. Une pierre ne peut devenir un arbre. La graine devient arbre parce que la graine est déjà Cela !

Le problème n'est donc pas de devenir, il est simplement de découvrir. La graine se révèle à cet instant comme graine, à l'instant suivant, comme arbre. Ce n'est donc qu'un problème de découverte. Et si vous allez jusqu'au fond, la graine est l'arbre à cet instant précis.

Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.


vendredi 2 mars 2018

Pause dans le blog avec Osho et son ouvrage « Mon chemin, le chemin des nuages blancs » (onzième partie), premier matin.





  
Osho



Osho au départ ne s’appelait pas Osho. Il est né sous le nom de Rajneesh Chandra Mohan Jain. Puis il s’est fait connaître dans les années 70 et 80 en se présentant comme Bhagwan Shree Rajneesh. Il publie en 1974 The book of secrets (Le livre des secrets), un livre au titre mystérieux mais au contenu passionnant. Osho est pour moi un des écrivains qui a le mieux parlé de la spiritualité et de la méditation. Il était mystique mais ne croyait à aucun dieu. Il a fait scandale plusieurs fois, d’abord avec un livre sur la sexualité (Sous la couette, sexualité voie de l’extase), ensuite avec la révélation de sa grande fortune personnelle (il possédait plusieurs voitures de luxe). Il y a plusieurs ouvrages de lui que j’ai beaucoup aimés (par exemple Être en pleine conscience, une présence à la vie et Autobiographie d’un mystique spirituellement incorrect). Cet article est la suite de celui-ci. 

Aujourd’hui, je vais vous parler d’un ouvrage d’Osho que je ne connaissais pas, Mon chemin, le chemin des nuages blancs. C’est le formidable magicien cartomane Mickaël Stutzinger  qui m’a signalé la présence de ce livre qui est sans doute un des premiers d’Osho Rajneesh.


« Osho,
Pourquoi ton chemin s'appelle-t-il le Chemin des Nuages Blancs ? »

Dès l’instant où vous vous êtes fixé un but, un dessein, une destinée, une intention, dès l'instant où vous avez l'idée folle d'aboutir quelque part, alors surgissent les problèmes. Et vous serez vaincu, c'est certain. La nature même de l'existence implique votre défaite.

Un nuage blanc n'a nulle part où aller. Il va, il va n'importe où. Toutes les dimensions, toutes les directions lui appartiennent. Rien n'est exclu. Tout ce qui est, tout ce qui existe est totalement accepté d'avance.

C'est pourquoi j'appelle mon chemin, le Chemin des Nuages Blancs.

Les nuages blancs ne choisissent pas leur chemin, ils dérivent. Un chemin, cela veut dire aller quelque part. Le Chemin des Nuages Blancs représente, lui, un chemin sans chemin ; on y avance, mais sans objectif défini — on y avance sans mental.

Cela doit être bien compris, car objectif est synonyme de mental. C'est pourquoi vous ne pouvez concevoir de vivre sans objectif, car le mental ne peut exister sans objectif.

Et les gens sont tellement stupides — ils viennent même me demander : « Quel est le but de la méditation ? » La méditation ne peut avoir aucun but, car la méditation est fondamentalement un état de non-mental — là où vous êtes, mais sans aller nulle part ; où l'objectif est seulement d'être, est tout simplement d'être.

L'objectif est ici et maintenant. Dès qu'il est ailleurs, le mental se met à voyager. Il se met alors à penser, il met en route tout un processus. Si le futur apparaît, le mental peut alors fonctionner, il a libre cours, il a de l'espace pour aller et venir.
Qui dit objectif dit futur, qui dit futur dit temps.

Un nuage blanc vagabonde dans le ciel, en dehors du temps, car, pour lui, il n'y a pas de futur, pas d'intention. Il est ici et maintenant. Chaque instant est l'éternité entière.

Voilà. C’est tout pour le moment. La suite au prochain numéro. Amitiés à tous.

jeudi 1 mars 2018

Pause dans le blog avec Osho et son ouvrage « Mon chemin, le chemin des nuages blancs » (dixième partie), premier matin.





Un des premiers livres d'Osho



Osho au départ ne s’appelait pas Osho. Il est né sous le nom de Rajneesh Chandra Mohan Jain. Puis il s’est fait connaître dans les années 70 et 80 en se présentant comme Bhagwan Shree Rajneesh. Il publie en 1974 The book of secrets (Le livre des secrets), un livre au titre mystérieux mais au contenu passionnant. Osho est pour moi un des écrivains qui a le mieux parlé de la spiritualité et de la méditation. Il était mystique mais ne croyait à aucun dieu. Il a fait scandale plusieurs fois, d’abord avec un livre sur la sexualité (Sous la couette, sexualité voie de l’extase), ensuite avec la révélation de sa grande fortune personnelle (il possédait plusieurs voitures de luxe). Il y a plusieurs ouvrages de lui que j’ai beaucoup aimés (par exemple Être en pleine conscience, une présence à la vie et Autobiographie d’un mystique spirituellement incorrect). Cet article est la suite de celui-ci. 

Aujourd’hui, je vais vous parler d’un ouvrage d’Osho que je ne connaissais pas, Mon chemin, le chemin des nuages blancs. C’est le formidable magicien cartomane Mickaël Stutzinger  qui m’a signalé la présence de ce livre qui est sans doute un des premiers d’Osho Rajneesh.

Premier matin :

« Osho,
Pourquoi ton chemin s'appelle-t-il le Chemin des Nuages Blancs ? »

Juste avant que Bouddha ne meure, quelqu'un lui demanda :

« Lorsque meurt un Bouddha, où s'en va-t-il, survit-il ou disparaît-il simplement dans le néant ? » La question n'est pas nouvelle ; c'est l'une des plus anciennes, maintes fois répétée et posée. Bouddha, dit-on, répondit : « C'est comme un nuage blanc qui disparaît. »

Ce matin, précisément, il y avait des nuages blancs dans le ciel. A présent, ils ne sont plus là. Où s'en sont-ils allés ? D'où venaient-ils ? Comment naissent-ils ? Et comment se dissolvent-ils à nouveau ?

Un nuage blanc est un mystère — son apparition, son passage, son existence elle-même. C'est la première raison que j'ai d'appeler mon chemin, le Chemin des Nuages Blancs.

 Mais des raisons, il y en a beaucoup et il est bon d'y réfléchir, de méditer sur elles.

Un nuage blanc n'a pas de racines — c'est un phénomène sans origine, qui ne se rattache à rien, ou qui se rattache au Rien. Mais, pourtant, il existe.

La totalité de l'existence est pareille à un nuage blanc : sans aucune racine, sans aucune causalité, sans cause ultime, elle existe. Tel un mystère, elle existe.

Un nuage blanc ne choisit pas son chemin. Il se laisse emporter. Il n'a nul endroit à atteindre, pas de destination, aucune destinée à accomplir, aucun objectif final. Vous ne pouvez décevoir un nuage blanc, car où qu'il arrive, là est son but.

Si vous avez un but, vous êtes condamné à être frustré. Plus un mental se tourne vers des buts, plus il y aura d'angoisse, d'anxiété et de frustration. Car, dès que vous avez un but, vous vous dirigez vers une destination bien définie.

Et le Tout existe sans avoir de destinée, le Tout ne se dirige nulle part ; pour lui, il n'y a aucun but, aucun dessein.

Dès l'instant où ou avez un objectif, vous vous opposez au Tout — rappelez-vous cela — vous éprouverez alors une frustration. Vous ne pouvez l'emporter contre le Tout. Votre existence est quelque chose de tellement minuscule — vous ne pouvez lutter, vous ne pouvez conquérir. Comment imaginer qu'un élément individuel puisse conquérir le Tout ? Et si le Tout est sans but, alors que vous en avez, vous serez vaincus.

Un nuage blanc est emporté là où le vent le pousse — il ne résiste pas, il ne lutte pas. Un nuage blanc n'est pas un conquérant et, cependant, il survole tout. Vous ne pouvez le vaincre, vous ne pouvez le soumettre. Il n'a aucune idée de conquête — c'est pourquoi vous ne pouvez l'emporter sur lui.


Voilà. C’est tout pour le moment. La suite au prochain numéro. Amitiés à tous.

mercredi 8 novembre 2017

La Kabale, l’alphabet hébraïque et les dix noms divins (troisième partie).






Un chérubin.



Cet article est la suite de celui-ci.

Les kabbalistes donnent dix noms différents à Dieu qui ont chacun leurs significations. J’ai, dans les articles précédents, détaillé les trois premiers. Voici la suite de ces noms.

Le 4 ème nom est EL

Il signifie grâce, miséricorde, piété. Il influe sur l'ordre des dominations, celui que les Hébreux nommaient Hasmalin, et sur la sphère de Saturne. Il forme les effigies des corps (leur sceau secret). Il gouverne l'ange d'Abraham.

Le 5 ème nom est  ELOHIM

Il est la force, la gravité, la pureté, le jugement. Il est le tribunal de Dieu, il se trouve à la ceinture, au bras gauche et à l'épée de Dieu. Il est aussi la crainte, influe sur l'ordre des puissants (les Seraphim) et sur la sphère de Mars. Il envoie la guerre ou les révolutions par lesquelles les éléments changent de place. Il gouverne l'ange de Samson qui détruisit le temple des philistins et dont la force résidant dans ses cheveux fut, en définitive, vaincue par la douceur de Dalila.

Le 6 ème nom est ELOHAT

Il signifie la beauté, le plaisir et la gloire. Pour les chrétiens, c'est le bois de vie dont est faite la vraie croix. Il influe sur l'ordre du soleil, lui donne sa clarté et sa vie qui crée les métaux purs que trouve l'alchimiste en possession de la pierre philosophale. Il gouverne l'ange de Jacob, d'Isaac et de Tobie.

Le 7 ème nom est ADONAI SABAOTH

Il signifie l'éternité et la justice. Il influe sur l'ordre des principautés (les Elohim) et sur la sphère de Vénus. Il produit les végétaux. Il gouverne l'ange du roi David qui vint à bout de Goliath et de la force brute.

Le 8 ème  nom est  ELOHIM SABAOTH

C'est le dieu des armées, mais aussi celui de la piété et de la concorde. Son sens est double et contradictoire comme le dieu romain Janus qui est un dieu à double face. Il signifié louange et confusion. Il influe sur l'ordre des archanges (Bene Elohim) et sur Mercure. Il produit les animaux. Il gouverne l'ange de Salomon, le sage constructeur du temple.

Le 9 ème nom  est SADAI (le Tout-Puissant) ou ELHAI (le Dieu vivant).

Il signifie alliance, bon entendement, repos. Il influe sur l'ordre des anges (les chérubins) et sur la Lune qui préside à la vie terrestre de toute chose, hommes comme animaux. Il gouverne l'ange de Joseph qui descendit en Egypte pour préparer la rédemption.

Le 10 ème nom est ADONAI MELECH (le Seigneur et Roi)

Il signifie à la fois temple et porte. (Le temple est la porte du sacré.) Il influe sur l'ordre des âmes bienheureuses (Issim). Il est à l'origine du don de la prophétie. Il gouverne l'ange de Moïse, le berger du peuple d'Israël.

Je viens de donner rapidement les dix noms de Dieu. Il suffira au lecteur de ce blog, pour poursuivre son approche de la Kabbale, de les connaître. C'est à partir de ces dix noms que se développe la pensée kabbalistique.


Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.

samedi 4 novembre 2017

Abraham Aboulafia, inventeur de la Kabale mystique (première partie).



Une biographie d'Abraham Aboulafia.


ABOULAFIA, ABRAHAM BEN SAMUEL - Né en 1240 à Saragosse, en Aragon, mort aux environs de 1291, en un lieu inconnu. C'est à Tudèle, où s'installèrent ses parents, qu'il reçut un enseignement poussé de la Bible et du Talmud. À l'âge de vingt ans, deux ans après la mort de son père, il commença sa vie d'errance.

Son premier voyage, ayant pour but de découvrir la rivière mythique du Sambation, ainsi que les dix tribus perdues, le conduisit en Terre sainte. Mais, arrivé à Saint Jean d'Acre, il dut renoncer, en raison des évènements en Terre Sainte, liés aux Croisades. Il se résigna et décida de se rendre à Rome, mais, sur le chemin, décida de s'arrêter à Capoue, afin de se livrer avec passion à l'étude de la philosophie, sous la tutelle du médecin-philosophe : Hillel ben Samuel ben Éliézer de Vérone. Il accentua l'étude de l'enseignement de Maïmonide. Toutefois, malgré le fait qu'il ait toujours tenu cet enseignement en très haute estime, il se sentit insatisfait, au regard d'autres philosophies qu'il avait étudiées.

Abraham Aboulafia possédait un charisme particulier et savait fort bien communiquer. Il commença à rédiger des travaux kabbalistiques, philosophiques et grammaticaux, et s'entoura d'élèves.

De retour en Espagne, il commença à être sujet à des visions mystiques. Âgé de trente-et-un ans, il s'immergea dans l'étude du Séfér Yetsirah et de ses innombrables commentaires. Livre qui eut un impact considérable sur lui, particulièrement à travers l'éclairage et la méthode du mystique allemand Éléazar de Worms, dont le commentaire exerça, sur Abraham Aboulafia une profonde influence, répondant à son immense besoin d'éveil mystique. À partir du Séfér Yetsirah, pour Aboulafia toutes les lettres combinées et permutées deviennent expression d'existence. Elles possèdent un pouvoir d’illumination offrant l'accès aux mystères des noms divins. En se fondant sur des pratiques ascétiques particulières, Aboulafia aspire aux plus hautes expériences et à l'accès au statut de prophète, ouvrant la plus haute perception, permettant de pénétrer intuitivement dans la nature ineffable de la divinité.

Son disciple le plus important fut Joseph Gikatilla.

Abraham Aboulafia quitta de nouveau l'Espagne, et c'est en 1279 qu'il écrivit en Grèce l'un de ses premiers livres prophétiques, le Séfer haYashar (Le Livre de l'Intègre). Un an plus tard, sous l'influence d'une voix intérieure, il se rendit à Rome, dans le dessein de convaincre le Pape Nicolas III de se convertir. En dépit du fait qu'une condamnation l'attendait pour le conduire au bûcher, il pénétra dans Rome par une porte secondaire et entendit que le Pape était mort dans la nuit (information confirmée par une minute du Vatican). Il fut tout de même jeté en prison par les Dominicains, mais relâché quatre semaines plus tard.

On retrouve ensuite sa trace en Sicile, où il apparaît en tant que prophète et messie, provoquant une vive réaction de la communauté de Palerme, qui condamna le comportement d'Aboulafia.

Subissant la persécution du rabbin Salomon ben Adret, Abraham Aboulafia dût s'exiler sur la petite île de Comino, près de Malte, entre 1285 et 1288, où il rédigea son Séfér haOth (Le Livre du Signe). C'est en 1291 qu'il écrivit un dernier et important livre, Imré Shéfer, livre décrivant le système du Tsérouf (à la fois une mystique et une technique s’appuyant grandement sur le Séfér Yetsirah). On perd ensuite sa trace. Il s'attribue lui-même vingt-six ouvrages, dont vingt-deux prophétiques.

Abraham Aboulafia appelle son système kabbalistique, la « Kabbale prophétique », se distinguant ainsi de ses prédécesseurs. Le but de son enseignement est d'offrir aux humains un certain degré de communion avec Dieu. Pour cela, il utilise une approche particulière des noms de Dieu, surtout en ce qui concerne le tétragramme YHWH, la guématria, les combinaisons et les vocalisations des lettres, les permutations de mots. Ainsi, Aboulafia se donne parfois le nom de Raziel ou de Zekaryahou, mots ayant tous deux la valeur numérique 248, identique à celle d'Abraham. Il emploie également, de façon assez large le système du notarikon (utilisation des acrostiches) et du tsérouf (combinaisons des lettres).

Abraham Aboulafia a donné une tournure visionnaire à la Kabbale, ce que nombre d'écoles lui reprocheront, exaspérées par sa façon de jongler avec les noms de Dieu et des anges, d'utiliser la guématria dans ses formes les plus diverses. Les religieux lui reprocheront aussi d'avoir été le premier kabbaliste à permettre à l'idée  chrétienne de la Trinité de s'intégrer à la Kabbale, ouvrant ainsi la voie de la Kabbale chrétienne.

Il a aussi et surtout rédigé le Seva netivot ha-Tora, L'Épître des sept voies, selon lequel il y a sept voies d’accès à l’initiation kabbalistique, sept voies selon le degré d’avancement spirituel de l’individu qui veut s’y engager (j’en reparlerai dans un prochain article).


Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.

jeudi 6 juillet 2017

Pause dans le blog avec Osho et son ouvrage « Le livre des secrets » (quinzième partie), La spiritualité est un trésor caché.



Osho.

Osho au départ ne s’appelait pas Osho. Il est né sous le nom de Rajneesh Chandra Mohan Jain. Puis il s’est fait connaître dans les années 70 et 80 en se présentant comme Bhagwan Shree Rajneesh. Il publie en 1974 The book of secrets (Le livre des secrets), un livre au titre mystérieux mais au contenu passionnant. Osho est pour moi un des écrivains qui a le mieux parlé de la spiritualité et de la méditation. Il était mystique mais ne croyait à aucun dieu. Il a fait scandale plusieurs fois, d’abord avec un livre sur la sexualité (Sous la couette, sexualité voie de l’extase), ensuite avec la révélation de sa grande fortune personnelle (il possédait plusieurs voitures de luxe). Il y a plusieurs ouvrages de lui que j’ai beaucoup aimés (par exemple Être en pleine conscience, une présence à la vie et Autobiographie d’un mystique spirituellement incorrect). Cet article est la suite logique de celui-ci.

Je vais donc vous parler du chapitre 4 du Livre des secrets, « Les ruses du mental et comment les déjouer ». Cet article est la suite logique de celui-ci où il est expliqué que la spiritualité est un trésor caché à l’intérieur de nous.

«  Plus vous vous acharnez à atteindre la spiritualité, et moins vous avez de chances d'y parvenir. Parce que vous utilisez une épée là où il faudrait une aiguille. L'épée ne peut vous être d'aucune aide. Elle a beau être plus grande, si l'on a besoin d'une aiguille, l'épée ne conviendra pas.

Voyez le boucher : il possède de grands instruments. Voyez le chirurgien : il n’a pas besoin d’instruments énormes. Si vous en voyez chez lui, sauvez-vous vite. Un chirurgien n’est pas un boucher. Il n’a besoin que d’instruments très délicats.

Les techniques spirituelles sont encore plus subtiles. Elles ne peuvent être grossières parce que l’opération est encore plus subtile. Un chirurgien qui opère le cerveau travaille quand même sur un matériel grossier. Mais quand on travaille sur le plan spirituel, l'opération devient de plus en plus délicate. Tout est en subtilité. Voilà un premier point.

On se demande aussi, « Comment est-il possible de faire un si grand pas en avant avec un effort aussi minime ? » Ce concept est irrationnel — non scientifique. Maintenant, la science sait que plus la particule est petite, plus elle est explosive. Plus elle est puissante, en fait. Plus la particule est petite, plus grand est son effet. Aurait-on pu concevoir cela avant 1945 ? Le poète, le rêveur le plus imaginatif aurait-il pu concevoir qu'avec deux explosions atomiques, on pouvait détruire totalement deux grandes villes — Hiroshima et Nagasaki ? Deux cent mille personnes rayées de la carte en quelques secondes. Et quelle force explosive a-t-on utilisé ? Un atome ! La particule la plus petite. On ne peut pas voir l'atome. On ne peut pas le voir avec les yeux mais on ne peut pas le voir non plus à l'aide d'un quelconque instrument. On ne peut que constater ses effets.

Ainsi, ne croyez pas que l'Himalaya soit imprenable parce que ses montagnes sont si hautes. L'Himalaya est tout aussi impuissant devant une explosion atomique. Un seul petit atome peut détruire toute la chaîne de l'Himalaya. Grandeur ne signifie pas forcément puissance. Au contraire, plus l'unité est petite, plus elle est pénétrante ; plus elle est petite, plus elle est chargée de pouvoir.

Ces petites techniques sont « atomiques ». Ce n'est pas parce qu'on travaille sur de « grandes » choses que l'on est « grand ». On pourrait penser que l'importance de la personne est liée à la grandeur ou la petitesse du matériel qu'elle manie. Hitler maniait des masses ; Mao manie des masses. Et Einstein et Planck travaillaient dans leur laboratoire sur des petites unités de matière — des particules d'énergie. Mais, en fin de compte, avant les travaux d'Einstein, les politiciens étaient impuissants. Ils travaillaient sur une plus grande échelle mais ils ne connaissaient pas le secret de la petite unité.

Les moralistes se placent toujours sur des plans « élevés », mais ce sont en réalité des plans grossiers. Ils consacrent leur vie entière à la morale et à contrôler tous leurs actes.

La préoccupation du tantrisme n'est pas là. Le tantrisme se préoccupe des secrets atomiques de l'être humain, de l'esprit humain, de la conscience humaine. Et le tantrisme a découvert des secrets atomiques. Si vous les comprenez, leur résultat est explosif — cosmique.

Il ne faut pas manquer de noter un autre point. Quand vous dites, « Comment se fait-il qu'avec un exercice aussi petit, aussi simple, on puisse atteindre l'Illumination ? », vous ne faites pas l'exercice. Vous réfléchissez à son sujet. Si vous le pratiquiez, vous ne diriez pas que c'est si simple. L'exercice a l'air simple parce qu'il suffit de deux ou trois phrases pour le décrire.

Connaissez-vous la formule de la bombe atomique ? Elle se réduit à deux ou trois mots. Et avec ces deux ou trois mots, ceux qui peuvent comprendre, ceux qui peuvent utiliser ces quelques mots, peuvent détruire la terre entière. Mais la formule est toute petite.

Ces exercices aussi sont des formules. Alors, si vous considérez simplement la formule, elle vous semblera une toute petite chose, très simple. Mais elle ne l'est pas ! Essayez de pratiquer cet exercice. Quand vous le ferez, vous vous apercevrez que ce n'est pas si simple. Cela paraît simple mais c'est une des choses les plus profondes. Analysez le processus, vous comprendrez.

Quand vous inspirez, vous ne sentez  jamais l'air. Vous n'avez jamais vraiment senti votre respiration. Vous allez me répondre immédiatement, « Ce n'est pas vrai. Il se peut que nous ne soyons pas continuellement conscients de respirer, mais nous sentons notre respiration. » Non, vous ne sentez pas votre respiration : vous sentez le passage.

Regardez la mer : les vagues sont là ; vous les voyez. Mais ces vagues sont créées par l'air, par le vent. Vous ne voyez pas le vent. Vous en voyez l'effet sur l'eau. Quand vous inspirez, l'air touche vos narines. Vous sentez vos narines, mais vous ne sentez jamais l'air. Il pénètre en vous ; vous sentez le passage. Il ressort ; là encore, vous sentez le passage. Vous ne sentez jamais l’air de votre respiration. Vous sentez son contact, son passage.»

Voilà. C’est tout pour le moment. La suite au prochain numéro. Amitiés à tous.