Affichage des articles dont le libellé est épidémie. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est épidémie. Afficher tous les articles

jeudi 17 décembre 2020

Compte rendu du livre « La thérapie adaptative » de Michel Lamy (dix-neuvième partie) (Comment développer votre sens critique envers ce qui est dit sur l’épidémie de covid-19).

 



Un livre sur le sens critique.


 Cet article est inspiré du livre « La thérapie adaptative » de Michel Lamy. Il est la suite de celui-ci

Faire preuve de sens critique est crucial pour s’orienter dans le monde, pour se faire sa propre opinion et pour ne pas agir contre ses propres intérêts. Le sens critique peut être vu comme la capacité à ne pas prendre les choses pour argent comptant. C’est le fait de questionner ce à quoi l’on peut être confronté, notamment de la part des médias et d’Internet, de ceux qui s’y expriment ou tout simplement de ce que l’on expérimente dans la vie.

Lorsque l’on adopte un sens critique, on sort du béni oui-oui. On ne se positionne pas comme un simple suiveur qui va recracher ce que l’on entend partout.

Beaucoup pratiquent ça parce qu’ils pensent que si « on » dit ceci ou cela, et qu’en plus c’est dans les médias, alors c’est que c’est forcément vrai.

D’autres simplement parce qu’ils ont peu confiance en eux et une estime trop basse. Car lorsque l’on a une estime trop basse de soi, on a tendance à penser que notre avis ne compte pas, que les autres savent mieux, qu’ils sont plus intelligents, plus experts. Mais forger votre propre opinion est très important. Peut-être maintenant plus que jamais.

Car sinon, vous risquez de vous laisser balader, de prendre de mauvaises décisions, de cautionner des choses qui, au fond, vont à l’encontre de vos valeurs, de ce qui compte à vos yeux. Aiguiser son sens critique est crucial pour faire des choix. Et ce n’est pas avoir un avis tranché sur tout, ni une vision binaire des choses.

 

a) Comment aiguiser son sens critique

Aiguiser son sens critique commence par questionner, ne pas prendre tout ce qu’on voit, entend, lit pour la vérité.

La première étape est évidemment de vouloir aiguiser son sens critique.

Ensuite, vous pouvez faire appel à votre bon sens : Est-ce que cela vous paraît logique, juste, tant sur le fond, c’est-à-dire les faits, que sur la forme, c’est-à-dire la façon dont les faits sont présentés ?

Il est rare que l’on soit confronté uniquement à des faits dits sur un ton neutre. Généralement, la personne qui parle adopte une approche, parle des faits selon un certain angle de vue. Et c’est normal, car il est difficile de ne pas faire intervenir nos propres croyances dans nos propos.

Ce qui est dit est tout aussi important que ce qui n’est pas dit (omis), tout comme ce qui est montré est tout aussi important que ce qui ne l’est pas. Face à une information, prenez le temps de noter comment ça vous fait sentir. Quel(s) ressenti(s) provoquent cette information ? Est-ce que vous la sentez comme juste dans votre cœur ? Qu’est-ce que vous dit votre intuition ? Cela ne veut pas dire que ce que vous ressentez vous mène nécessairement à la vérité mais cela signifie au minimum qu’il serait très intéressant de creuser le sujet.

Et pour cela, ne vous fiez pas uniquement aux gros médias, qu’il s’agisse de la presse TV, papier, radio ou Internet. Cherchez plusieurs sources différentes, points de vue différents. Ensuite confrontez les sources pour affiner votre sens critique.

 

b) Sens critique : se connaître

Pour mieux aiguiser votre sens critique, mettez au clair votre façon de fonctionner, votre type de personnalité, vos atouts, vos faiblesses aussi. Quelles sont vos valeurs, vos priorités, votre essentiel, ce qui est important pour vous ? Votre capacité à juger, à raisonner, vous appartient et personne ne peut vous voler ça, à moins que vous y consentiez, à moins que vous laissiez à d’autres le soin de penser à votre place, que vous ne leur donniez ce pouvoir sur vous. Car vous prenez alors le risque d’être poussé à agir contre vos intérêts, sans vous en rendre compte…

Bien sûr, vous ne pouvez pas tout savoir sur tout et vous faire une idée sur tout. Mais ce n’est pas le but. Le but c’est d’exercer votre sens critique dans les domaines qui touchent de près ou de loin à ce qui est important pour vous. Pour ne pas vous faire avoir et prendre une mauvaise direction.

 

c) Exercer constamment son sens critique

Exercer son sens critique est capital. Ne croyez pas tout ce qu’on vous raconte. Ce n’est pas parce qu’une personne est présentée comme étant experte qu’elle l’est réellement, encore plus dans le domaine concerné par le sujet en question. Et même si cette personne s’y connaît, cela ne veut pas dire qu’elle n’a pas de conflit d’intérêt. Est-ce que lorsque beaucoup de personnes s’expriment, par exemple sur un plateau TV, il est clairement dit quels sont leurs éventuels conflits d’intérêts ? Rarement malheureusement… Mais par exemple, est-ce que les paroles d’un médecin qui touche des dizaines de milliers (ou plus) d’euros par an de la part de firme(e) pharmaceutique(s) peuvent être prises pour argent comptant ? Comme une opinion non biaisée par des motifs financiers ?

En matière d’information demandez-vous :

À qui donne-t-on la parole ?

Qui s’exprime ? D’où ? (passif, quelles relations, etc.)

En quelle qualité ?

Cette qualité/expertise est-elle réelle sur le sujet abordé ?

Qui a à gagner à cette vision des choses ?

Qui a à y perdre ?

D’où vient l’argent ?

Où va l’argent ?

 

d) La pratique quotidienne du sens critique

Parfois, il vous faudra creuser pour trouver des réponses. Parfois, vous ne trouverez pas de réponse, mais au moins, votre sens critique sera aiguisé sur tel ou tel sujet et votre cerveau continuera de prêter attention et d’amasser certains éléments pour essayer d’y voir plus clair. Vous n’êtes pas obligé suite à vos questionnements de vous forger une opinion ferme et définitive. Gardez à l’esprit qu’il est sain de se laisser la possibilité de changer d’avis si des éléments viennent contredire ce que l’on pense.

Cela peut être tout aussi juste, au moins pendant un temps, de ne pas se positionner si vous ne savez quoi penser mais n’arrêtez pas de vous questionner pour autant, d’abandonner, car ce n’est pas sans risque.

Comme la philosophe Hanna Arendt l’a écrit :

Quand tout le monde vous ment en permanence, le résultat n’est pas que vous croyez ces mensonges mais que plus personne ne croit plus en rien. Un peuple qui ne peut plus rien croire ne peut se faire une opinion. Il est privé non seulement de sa capacité d’agir mais aussi de sa capacité de penser et de juger. Et avec un tel peuple, vous pouvez faire ce que vous voulez.


Voilà. C'est tout pour le moment. Amitiés à tous !

mardi 15 décembre 2020

Compte rendu du livre « Mieux vaut guérir que prédire » du professeur Didier Raoult (première partie) (Notre terreur face aux virus).

 


Le livre en question.

 

 Cet article est la suite de celui-ci

Ce texte écrit en 2017 résonne comme une prophétie des évènements actuels au sujet de l’épidémie de covid-19.


Première partie : votre santé. Les peurs inutiles

1) Les grandes peurs : entretenues à tort

Notre terreur face aux virus.


Au nom du principe de précaution, on terrifie gouvernements, autorités sanitaires et OMS.

L'annonce a ressuscité une des grandes peurs de l'homme. Des chercheurs américains ont reconstitué un virus similaire à 97 % à celui de la grippe espagnole. Celui qui a fait plus de 40 millions de morts à la fin de la guerre de 14-18. La hantise des hécatombes virales est l'une des plus anciennes craintes de l'humanité. Cette peur suscite régulièrement des vocations de docteur Mabuse qui reconstituent ou inventent des virus supposés avoir une virulence extrême.

Or, dans ce domaine, le nombre de publications scientifiques est inversement proportionnel à la mortalité ! Ces risques d'épidémie génèrent en moyenne 12 à 65 publications par mort dans de grandes revues scientifiques, quand les vraies maladies tueuses, comme l'hépatite B (1 500 décès tous les ans en France), les septicémies à Escherichia coli et à staphylocoque doré (2 000 morts chacune par an en France), ou les infections digestives à Clostridium difficile (15 000 victimes chaque année en Europe), sont négligées.

On sait, grâce aux analyses réalisées sur les cadavres conservés, que le virus de la grippe espagnole n'était pas plus sévère que les autres virus. Les victimes sont surtout mortes de surinfections bactériennes dues aux pneumocoques — contre lesquels il existe aujourd'hui un vaccin très efficace —, ainsi qu'aux staphylocoques et aux Haemophilus — dont le risque est actuellement neutralisé par les antibiotiques. La renaissance d'un épisode ressemblant à la grippe espagnole est donc impossible. On l'a vu avec les plus terrifiants des virus, qui sont les virus aviaires. En 2009, H1N1 a fait « seulement » 100 000 victimes dans le monde, H5N1, 362 morts, H7N9, 44 morts. Le coronavirus d'Arabie saoudite totalise jusqu'à présent 283 victimes. Le syndrome respiratoire aigu sévère parti de Hong Kong a tétanisé la planète, mais s'est arrêté spontanément, sans qu'on ait bien compris les raisons de son émergence et de sa disparition (800 morts). Quarante ans après son apparition, la fièvre d'Ebola nous rattrape. Or c'est oublier que, dans les épidémies, les facteurs écologiques locaux sont essentiels, c'est ce qui fait qu'elles ne se généralisent pas.

Nous connaissons les causes des grandes épidémies du passé. Elles ont été provoquées par la transmission respiratoire de maladies contagieuses (variole et rougeole), par des bacilles transportés par les poux et les puces (typhus et probablement épidémies de peste), ou par des infections sexuellement transmissibles comme la syphilis ou le sida dont on a redouté au début la contagion par contact — souvenons-nous de la proposition de Jean-Marie Le Pen d'ouvrir des « sidatoriums » ! Dans la seconde moitié du XXe siècle, les pires épidémies ont été le fait d'injections (sida, hépatites B et C). Mais nous ignorons encore ce qui a généré les pandémies grippales.

La résurgence de la grippe espagnole tient de la science-fiction. Un discours alimenté par des chercheurs qui, mandatés comme experts, ont intérêt à entretenir la peur. Au nom du principe de précaution poussé à l'extrême, ils terrifient gouvernements, autorités sanitaires nationales et OMS. Ce qui entraîne des dépenses inconsidérées pour des maladies dont le risque n'est pas avéré, et détourne l'attention du monde des vraies épidémies...

 

 Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.