jeudi 30 novembre 2017

Synthèse sur la Kabbale.


Un livre sur la kabbale par un de ses plus grands spécialistes.



Cet article est inspiré par le livre de Mircea Eliade et Ioan Peter Couliano, Dictionnaire des religions.


J’ai conscience que certains lecteurs, après plusieurs articles très détaillés sur la kabbale peuvent avoir besoin d’une synthèse, d’une vue d’ensemble sur ce phénomène mystique. La voici.

La kabbale est une forme du mysticisme juif dont les racines plongent, d'une part, dans ces anciennes spéculations grammatologiques et numérologiques dont le produit fut le Sefer Yetsirah ou Livre de la Création (4 ème siècle), et de l'autre dans la littérature des hekhalot (mystiques juifs). Moshe Idel distingue dans la kabbale une formule « théosophico-théurgique » d'une formule « extatique ».

Le Sefer Yetsirah élabore déjà ce schéma cosmologique qui sera caractéristique de la kabbale : les 10 sephirot, correspondant probablement aux dix commandements, et les 22 voies qui les réunissent, correspondant aux 22 lettres de l'alphabet hébreu. C'est ainsi que la création a lieu à partir de ces 32 éléments primordiaux. Le Sefer Yetsirah et la littérature hekhalotique (mystique juive) sont au centre de la pensée du « piétisme des Juifs allemands » (Hasidei Ashkenaz).

Toutefois, la kabbale ne surgit pas parmi les ashkénazes, mais parmi les séfarades de Provence, auteurs du Sefer ha-Bahir (Livre de la Clarté, 12 ème siècle), dans lequel les sefirot assument pour la première fois l'aspect d'attributs divins. Le premier mystique juif provençal à avoir développé la notion de Bahir fût Isaac l'Aveugle (1160-1235), fils du rabbin Abraham ben David de Posquières (1120-1198). De Provence, la kabbale se propagea en Catalogne, où elle fleurit dans le cercle de Gérone, dont les représentants furent les rabbins Ezra ben Solomon, Azriel et — le plus fameux — Moïse ben Nahman (ou Nahmanides, 1195-1270). En Castille, les précurseurs immédiats de l'auteur du Zohar furent les frères Jacob et Isaac Cohen. Les kabbalistes de cette période mettent au point les techniques de permutation et combinaison des lettres de l'alphabet et de numérologie mystique (temurah, gematria et notarikon), dont les prototypes semblent hellénistiques.

Abraham ben Samuel Abulafia, le grand mystique séfarade du 13 ème siècle, est le représentant le plus marquant de la kabbale extatique, dont le but est le dveqouth, l'union mystique avec Dieu. Sa génération compte deux autres figures majeures de la kabbale classique : Joseph ben Abraham Gikatilla (I 248-1305) et Moïse de Léon (1250-1305), l'auteur du Sefer ha-Zohar (Livre de la Splendeur), attribué au maitre Siméon bar Yochai (II siècle).

La kabbale classique intègre la cosmologie mystique dans l'un des quatre univers spirituels qui se prolongent l'un l'autre du haut en bas : atsilut, beriyah, yetzirah et asiyah. L'univers atsilut (émanation) comprend les dix sefirot (Keter, Hokhmah, Binah, Gedullah, Hesed, Geburah, Tiferet, Netsah, Hod, Yesod, Malkhut) qui forment Adam Kadmon, l'homme primordial. L'univers beriyah (création) comprend les sept hekhalot (palais célestes) et la merkabah (char céleste). L'univers yetzirah (formation) comprend les armées angéliques. L'univers asiyah (fabrication) est l'archétype du monde visible. Dans celui-ci, la présence des dix sefirot se manifeste dans l'arc-en-ciel, les vagues de la mer, l'aurore, l'herbe et les arbres. Mais le kabbaliste développe de nombreux autres procédés mystiques (par exemple, la visualisation de couleurs, etc.) pour parvenir au monde atsilut. 

L'accès est difficile à cause de la présence du mal — dit « sitra ahara », « l'autre côté » — dans asiyah. Il est cependant très important de comprendre que la kabbale ne partage pas systématiquement le dualisme platonicien âme/corps et le mépris du monde physique. Toutes les actions du kabbaliste relèvent d'un de ces trois buts : tiqoun ou restauration d'une harmonie et d’une unité primordiales dans la personne du pratiquant et dans le monde ; kavanah ou méditation contemplative ; enfin, dveqouth ou union mystique avec Dieu.

Des savants comme Moshe Idel croient au caractère constant, inamovible, des doctrines centrales de la kabbale. Cependant, la synthèse d'Isaac Luria, Ari ha-Kadosh, le Saint Lion de Safed (Ari, Lion, est l'acronyme de « Ashkenazi Rabbi Ishaq ») et de ses disciples, parmi lesquels le plus important fut Hayyim Vital (1543-1620), est révolutionnaire en ce qu'elle envisage la création par un processus de contraction (tsimtsum) de Dieu en lui-même et le mal comme une présence active de résidus (« coquilles » ou qelippot) spirituels déchus à cause de la « rupture des vases » (ckhevirat hakelim) censés les contenir. Ce drame cosmique ressemble à l'événement connu comme la « chute de Sophia » dans le gnosticisme des premiers siècles chrétiens, preuve que Luria avait parcouru le même itinéraire intellectuel que les gnostiques. Comme certains groupes gnostiques, il donna une valorisation positive de la métensomatose (réincarnation de l'âme).

Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.





Spectacle "Hypnofolies", Cyrille Arnaud, un des hypnotiseurs les plus brillants de sa génération.






L'affiche du spectacle.


J’ai vu hier soir le spectacle d’hypnose « Hypnofolies » de Cyrille Arnaud. Cyrille Arnaud est parfait quant à sa maîtrise des techniques de l’hypnose et aussi par rapport à sa gestion des hypnotisés sur la scène. Même, à certains moments, le spectacle devient tellement fort que le public a peine à y croire et se demande si l’hypnotiseur n’est pas de mèche avec les spectateurs hypnotisés. Donnons des exemples : une dame sur scène, pendant toute une partie de la soirée, téléphone… avec sa chaussure… à Céline Dion ; un monsieur se prend pour un homme invisible et vole des chaussures dans la salle ; un autre oublie son prénom et est persuadé qu’il s’appelle Maxime, etc. (je ne vous dévoilerai pas tout ; il faut absolument que vous veniez voir ce spectacle et votre vision sur l’hypnose, même si vous êtes très sceptique, si vous ne croyez pas à la réalité de l’hypnose, votre opinion pourrait totalement changer).

Cyrille Arnaud n’a pas seulement une grande maîtrise de son art mais il a aussi beaucoup d’humour et de sens de la répartie. C’est, à mon avis, indispensable pour un spectacle d’hypnose car, s’il n’est pas pimenté par des pointes de petit délire amusant, des blagues légères, il peut devenir ennuyeux, même s’il est très bon techniquement.

Il faut absolument le mentionner aussi : contrairement à certains hypnotiseurs, Cyrille Arnaud n’a pas de complice dans la salle. Et sa prestation en est d’autant plus exceptionnelle et bluffante.

L’avis que je vous donne n’est pas celui d'un novice. Je pratique moi-même l’hypnose depuis 1983 et je suis allé voir beaucoup des grands hypnotiseurs de notre temps afin de me perfectionner : Dominique Webb, André Revol, Jean Gontier, Danny Dan, Messmer, Hervé Barbereau, etc. J’ai eu aussi comme professeurs, dans des stages que j’ai effectués, deux hypnotiseurs de renom, Olivier Lockert et Bertrand Millet.

Le seul modèle auquel puisse être comparé Cyrille Arnaud  est celui du plus grand maître de l’hypnose du dix-neuvième siècle, le belge Donato, qui a hypnotisé à l’époque des milliers de personnes sur scène.

Je rappelle pour finir que Cyrille Arnaud est un hypnotiseur de spectacle, un très grand, mais que l’hypnose est un phénomène incroyablement puissant et utile dans la pratique médicale. Des centaines d’hypnothérapeutes en France guérissent des milliers de gens de leurs phobies, de leurs addictions, de leurs douleurs, etc. Elle est employée aussi par des dentistes pour les patients qui ne supportent pas l’anesthésie.

Si vous voulez en savoir voir plus sur le sujet, je vous conseille bien sûr mon livre Initiation au mentalisme, à l’hypnose et à la mnémotechnie mais aussi l’ouvrage d’Anthony Jacquin, L’art de l’hypnose impromptue  qui pour moi est la meilleure synthèse actuelle en français sur le sujet.


Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.

mardi 28 novembre 2017

L’Echelle du Roi dans la qabale.



Les couleurs des sephiroth.



Il est la suite de celui-ci.

L'échelle du Roi représente la racine de la couleur dans le monde d'Atziluth. Cette échelle doit être aussi transparente que possible.

(1) Kether, Couronne    Pour la Torah, Dieu n'est nullement lumière ; celle-ci est au contraire sa première création. Dans le commentaire d'Azriel de Gérone sur les dix sephiroth (Le portique du questionneur13 ème siècle), la première sephirah est désignée comme « la lumière occulte », c'est-à-dire comme une lumière incolore. Moïse Cordovéro (au 16 ème siècle) envisage, dans son ouvrage le Pardes Rimonin, la sephirah suprême sous trois aspects. Par rapport à sa source au sein même de la divinité, on peut la qualifier de noire ; par rapport à elle-même, c'est-à-dire en soi, elle est incolore (échelle du roi) ; mais du point de vue de sa manifestation dans les sephiroth inférieures, elle représente le plus haut degré de la blancheur que l'on puisse imaginer (échelles de la reine et de l'empereur). Un peintre comme W. Kandinsky s'est exprimé sur la valeur du blanc, comme antériorité à toute manifestation :

« Le blanc, que l'on considère souvent comme une non-couleur... est comme le symbole d'un monde où toutes les couleurs, en tant que propriétés de substances matérielles, se sont évanouies... Le blanc, sur notre âme, agit comme le silence absolu... Ce silence n'est pas mort, Il regorge de possibilités vivantes... C'est un rien plein de joie juvénile ou, pour mieux dire, un rien avant toute naissance, avant tout commencements. Ainsi peut-être a résonné la terre, blanche et froide, aux jours de l'époque glaciaire.»

(2) Chokmah, Sagesse  Le bleu clair est celui du ciel brillant. Le bleu est la plus immatérielle des couleurs : la nature ne le présente généralement que fait de transparence, c'est-à-dire de vide accumulé, vide de l'air, vide de l'eau, vide du cristal ou du diamant. Le bleu est la plus froide des couleurs, et dans sa valeur absolue la plus pure, hors le vide total du blanc neutre.

(3) Binah, Intelligence   Pourpre représente le sang.

(4) Chesed, Miséricorde              Le violet est épiscopal et combine l'existence céleste avec le principe du sang ou de la vie animale.

(5) Geburah, Force         La sphère de la rigueur du jugement peut être considérée sous diverses variantes de la couleur rouge. Le rouge foncé qui vire presque au bleuâtre et au noirâtre (échelle de l'impératrice) fait allusion à l'intensité de la puissance du jugement, voire de la vengeance ; toutefois, lorsque ses conséquences sont atténuées, elle est représentée par un rouge jaune (échelle du roi) ou un rouge clair.

(6) Tiphereth, Beauté   Le rose est celui de l'aube, du Soleil levant.

(7) Netzach, Victoire      Ambre suggère la volupté électrique d'Aphrodite, et la peau des femmes dédiées à Vénus.

(8) Hod, Gloire                 Violet-pourpre. Aleister Crowley suggère que « lavande » serait plus précis.

(9) Yesod, Fondation     L'indigo est celui de l'Éther (quintessence), le bleu du ciel nocturne.

(10) Malkuth, Royaume                               Le jaune indique comment, de Malkuth, nous percevons la couleur du rayonnement solaire.

Dans cette échelle, les Éléments ont pour couleur :

- orange flamboyant pour l'activité du Feu (31)

- bleu foncé pour la passivité de l'Eau (23)

- jaune pâle brillant est l'équilibre entre eux (11) pour l'Air.

Notons que la combinaison deux à deux des couleurs complémentaires de chaque Élément actif génère celle du troisième Élément. Ainsi, rouge et bleu forment le violet. La couleur complémentaire du violet est le jaune. Vert est au milieu du spectre des couleurs et symbolise le réceptacle équilibré de toutes les vibrations.

Les attributions des planètes suivent les couleurs du spectre :

- le jaune de Mercure (12) suggère le mouvement équilibré du mental.

- le bleu de la Lune (13) représente la pureté, l'aspiration et l'amour platonique.

-le vert-émeraude de Vénus (14) illustre la vibration de la croissance végétale, intermédiaire entre les types de vibrations spirituel, émotif et intellectuel. Le vert est la couleur centrale absorbant tout et combinant toutes les sephiroth en un symbole, l'Ether.

- le violet de Jupiter (21) est religieux et créatif.

- le rouge (27) écarlate de Mars est physique, violent et grossier.

- l'orange du Soleil (30) est la vibration physique grossière mais intense de la vie animale.

- l'indigo de Saturne (32), l'aîné des dieux, représente la sobriété, le calme océanique de la méditation.

Les couleurs du zodiaque forment un spectre détaillé allant du rouge écarlate (Bélier, domicile de Mars, planète de Feu) pour s'achever sur le violet du Verseau (domicile diurne de Saturne) et le roux des Poissons (domicile nocturne de Jupiter).

Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.


dimanche 26 novembre 2017

Les échelles de couleurs dans la qabale.





Sans commentaire.



« La condition de toute couleur est la lumière ; la négation de cette dernière, c'est-à-dire l'obscurité, est aussi la négation et la mort de toute couleur ; celle-ci est, par essence, la lumière qui apparaît et se manifeste... Les différentes couleurs ne sont par conséquent que des modifications diverses de la lumière, et sont à cette dernière ce que les bruits sont au son pur. A l'origine de toute symbolique des couleurs se trouve le concept de la lumière. Vu que... toutes les religions s'accordent pour transférer le concept de la lumière à l'essence divine, la couleur, considérée à l'origine comme la manifestation de la lumière, ne peut dès lors avoir d'autre but que celui de désigner la divinité lors de sa manifestation ou de son apparition. Les différentes couleurs symbolisent donc nécessairement les divers modes de manifestation de l'être divin et le représentent sous différents aspects ainsi que dans ses rapports avec ce qui lui est extérieur. La symbolique des couleurs varie donc en fonction du concept de l'essence divine et de son rapport au monde».

Karl Christian Bähr, Symbolic des Mosaïschen Cultus, Heidelberg, 1837.

Précisons de suite qu'aucun accord n'existe entre les textes anciens de Qabale juive sur les attributions des couleurs aux sephiroth. En outre, ces textes présentent de fréquentes difficultés de traduction, les interprétations possibles étant multiples. Là encore, nous nous référerons  aux enseignements de la Golden Dawn.

De même qu'Il existe quatre Mondes ou émanations successives, il existe quatre échelles de couleurs attribuées aux sephiroth.

Par exemple, les couleurs du sephiroth Tiphereth (la Beauté) sont les suivantes :

1) Atziluth                                Echelle du Roi   Rose clair
2) Briah     Échelle de la Reine         Jaune d'or
3) Yetzirah               Echelle de l'Empereur   Rose saumon
4) Assiah                   Echelle de l'Impératrice               Ambre jaune

La liste qui va suivre indique les couleurs des sephiroth dans les quatre mondes. Il est ainsi possible de peindre quatre arbres dont les couleurs exprimeront les différents états de la manifestation.

Les commentaires n'ont pas l'ambition de donner la raison de ces attributions. Ce sont des associations d'idées issues des textes de la Golden Dawn, très largement complétés par les méditations d'Aleister Crowley (Liber 777). Quelques commentaires personnels et des extraits de textes juifs anciens sont parfois insérés. Puisqu'ils ont été choisis en raison de leur concordance avec les attributions de la Golden Dawn, ils doivent are considérés comme de simples pistes de recherche et non comme des « preuves » de l'antiquité de ces attributions. En effet, ces emprunts ne signifient pas que d'autres parties de ces textes s'accordent avec les enseignements présents.

Echelles des couleurs des 10 sephiroth

Atziltuth              Briah     Yetzirah               Asslah

(Roi)      (Reine)                 (Empereur)        (Impératrice)

1) Kether  Brillance              Blanc brillant      Blanc brillant      Blanc pailleté d'or

2) Chokmah Bleu clair         Gris        Gris irisé              Blanc pailleté de rouge, bleu et jaune

3) Binah    Pourpre               Noir       Marron foncé Gris pailleté de rose

4) Chesed                                Violet    Bleu       Pourpre               Bleu azur pailleté de jaune

5) Geburah             Orange                 Rouge écarlate Rouge écarlate Rouge pailleté de noir

6) Tiphereth           Rose clair Jaune d'or      Rose saumon Ambre jaune

7) Netzach               Ambre                  Vert émeraude Vert jaune         Olive pailleté d'or

8) Hod       Violet    Orange Rouge brique    Marron jaunâtre pailleté de blanc

9) Yesod   Indigo   Violet    Pourpre foncé Jaune citron pailleté de bleu azur

10) Malkuth              Jaune   Jaune citron.     Jaune citron, olive, brun et noir olive, brun et noir légèrement pailleté d'or                Noir rayé de jaune


Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.

L’exil de l’âme selon la kabbale.





Sans commentaire.


Cet article est la suite de celui-ci

Il n'est pas vain de rappeler que parmi toutes les questions que se pose la pensée humaine, celle de notre propre essence, de l'immortalité et de la spiritualité de notre Moi n'a cessé de préoccuper l'humanité, et parfois jusqu'à l'angoisse. Partout les doctrines se sont succédées à ce sujet ; mais une des plus anciennes est, incontestablement, la Kabbale. Et sur ces questions que tout le monde comprend, bien rares sont ceux qui peuvent les résoudre, il apparaît avec éclat que la Kabbale est l'un des rameaux de cet esprit pénétrant que l'homme possédait dans son état originel. La Kabbale considère l'homme comme un tout complexe différencié en trois parties: le corps, l'âme et l'esprit.

Le corps, siège du principe vital, porte le nom de Nefesh ; l'âme, siège de la volonté, s'appelle Ruah et l'esprit Neshamah. Ces trois parties ne sont pas complètement séparées; il faut se les représenter comme les couleurs du spectre qui, bien que différenciées les unes des autres, se fondent l'une dans l'autre. Le corps est sensible aux influences extérieures, celles du monde, et dans l'âme la passivité et l'activité se trouvent à proportions égales. L'âme est le lien entre le spirituel et le matériel; c'est à la fois le support et le siège de la personnalité humaine. L'âme se trouve en double rapport avec ce qui est au-dessus d'elle (l'esprit) et ce qui est au-dessous d'elle (le corps).

Dans l'esprit, on ne retrouve pas, en revanche, une once de passivité; c'est l'activité qui domine. L'élément le plus élevé dans l'être humain, le Yehidad, l'unité en elle-même, se trouve dans l'esprit en son recoin le plus riche.

C'est l'esprit qui est en relation avec la divinité, et c'est en lui que l'être humain va pouvoir puiser sa puissance spirituelle.

Un individu qui ne ferait que le mal, dit la Kabbale, un individu qui serait capable de refuser les influences spirituelles et qui croirait ainsi vivre par ses propres forces, cet individu serait tout simplement un Démon, celui que les chrétiens nomment l'Antéchrist.

Quoi qu'il en soit et cela concerne la majorité des humains, l'immense majorité, l'homme, dit la Kabbale, au lieu de vivre dans la divinité comme cela se passait au Paradis, s'est enfoncé de plus en plus dans l'amour de lui-même. Il s'est enfoncé dans le péché; il a quitté son centre spirituel pour s'excentrer. L'âme s'est exilée comme le peuple juif était en exil en Egypte et elle attend son Moïse. Cependant, l'étude de la Kabbale peut hâter la venue de ce nouveau Moïse.

La chute et l'éloignement toujours plus grand de la divinité qui en est résulté ont eu pour conséquence immédiate une déchéance des pouvoirs mystiques et magiques de la nature humaine. L'étincelle divine s'est de plus en plus retirée de la créature qui a perdu son union intime avec son créateur.


Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.

Les grands philosophes connaissaient la Kabbale.



Platon.


Cet article est la suite de celui-ci

On a comparé la Kabbale à un joyau brûlant de mille feux et, en effet, la tradition kabbalistique recèle des merveilles qui coordonnent tout un savoir épars en une sagesse cohérente. L'étudiant en Kabbale découvre des vérités qui, expliquant différentes énigmes de l'univers, de l'homme, de Dieu même, calment son angoisse légitime sur le destin de l'univers, lui apportent une paix intérieure. Et il a besoin d'une telle paix pour poursuivre sa quête, car sa voie est celle de l'initiation, c'est-à-dire la voie où l'on acquiert des pouvoirs occultes susceptibles de changer le cours des choses, d'agir sur sa propre personne, sur ses proches et sur son monde proche.

Il tombe sous le sens, après ce que nous venons de dire, que la Kabbale a influencé la philosophie. L'histoire de cette matière est remplie de ces interventions.

Platon, c'est incontestable, a connu la Kabbale, on retrouve dans sa pensée des spéculations mystiques et surtout numérologiques sur la création du monde et l'Architecte de tous les mondes. Certains universitaires se sont demandés comment Platon aurait pu avoir des contacts avec la philosophie occulte de l'hébraïsme, mais l'objection tombe dès que l'on admet, ce que Platon dit lui-même, qu'il connaissait certains des enseignements des temples de la haute Egypte. Or ces temples conservaient, eux aussi, la tradition primordiale. D'autre part, tous les grands philosophes grecs, dont Platon, avaient été initiés en Egypte aux « mystères d'Isis ».

On peut sans forcer la note relever l'influence de la Kabbale sur Pythagore, l'inventeur du « nombre d'Or » avec lequel sont harmonieusement bâtis temples et cathédrales de l'Antiquité et du Moyen Age, et dont le modèle mystique reste évidemment le temple de Salomon. On peut encore souligner cette influence sur Orphée, le plus grand initié de la Grèce antique. On peut noter la permanence de la tradition kabbalistique en Moïse, Ezéchiel, les prophètes et cela jusqu'à saint Jean dont l'Evangile reste le livre  que vénèrent les initiés de toutes les sociétés secrètes d'Europe, et dont l'Apocalypse est truffée d'allusions kabbalistiques.

Il est fort possible, voire certain, que la Kabbale influença les alchimistes, les rose-croix (les initiés les plus mystérieux d'Occident), les templiers ces moines guerriers brûlés par le roi de France qui craignait leur pouvoir. Signalons enfin que la franc-maçonnerie connaît et utilise les symboles de la Kabbale dans certains de ses hauts grades comme le 13 ème degré.


Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.

mercredi 22 novembre 2017

Fabrice Han, un magicien d’élégance.



Photo Zakary Belamy, création Graphique Guyom Foulon.



Le lundi 20 novembre 2017 pour la réunion mensuelle « Close up » du Cercle Magique de Paris, animée chaque fois par le prestidigitateur mentaliste, DJ, balloonneur (etc!) Fabrice Baudry , le thème abordé était le FP, le manicolor et différents chargeurs.

De 21h00 à 21h45, le magicien Fabrice Han, spécialiste entre autres du FP, nous a présenté une mini-conférence et nous a fait l’honneur de partager avec nous son savoir magique. Il a montré et démontré, de façon très claire, certains effets oubliés comme l’allumette enflammée dans le FP, la serviette brûlée et reconstituée, le foulard qui disparaît dans une poche en plastique, etc.

Fabrice Han est aussi un spécialiste de ce que l’Académie de magie Georges Proust appelle le « Super Gimmick », le complément indispensable du FP. . Le  « Super Gimmick » permet de faire disparaître des grands foulards, jusqu'à 45 x 45 cm.

Fabrice Han est un magicien d’élégance. Il est d’une extrême dextérité et sait ajouter sur chaque tour (même avec un FP !) un petit plus, un petit détail, une petite subtilité, qui le rend vraiment magique.

C’est pourquoi face à la fois à tant de talent mais aussi d’humilité et de simplicité, j’ai tenu à ressortir sur mon blog un article qui était paru le 6 août 2007 au festival d’Avignon.


Fabrice Han, un rare magicien de rue au FESTIVAL d'AVIGNON depuis 15 ans.
Lundi 6 Août 2007

Le festival d'Avignon vient de s’achever et rares sont les magiciens professionnels qui se sont aventurés dans les rues. Fabrice Han, magicien professionnel plutôt discret, est un habitué du festival depuis une quinzaine d'années. Cette année il a planté sa mini-sono et son guéridon sur une place de choix: PLACE DE L'HORLOGE.

Par session de 15 minutes par spectacle (jusqu'à 7 représentions le soir car le jour, le bougre pionce comme une bête dans une chaleur écrasante), Fabrice attirait en pointe jusqu'à 200 personnes. C'était assez impressionnant de le voir réunir autant de monde sans avoir à hurler dans tous les sens, sans un mot et sans airburst ou autre papier-flash, sans musique de dingue (il nous a quand même balancé du Richard Clayderman durant tout le festival car son lecteur MP3 l'a lâché). Dans un grand classicisme, il faisait la chasse aux pièces, l’eau dans le journal, une très belle routine de cordes, des FP/foulards, des cigarettes, des balles éponges... Rien de bien original dans tout cela et pourtant le public applaudissait spontanément sans qu'il n'ait à le demander ou le forcer.

Bien fringué, pas de gestes brusques et d'effets inutiles pour faire le beau, pas de fioritures de branleur (il les maîtrise pourtant), un regard jamais agressif et une humilité que devraient prendre en exemple plus souvent les magiciens.

Il possède un vrai pouvoir d'attraction et semble plaire à tout le monde. Ce qui m'a le plus frappé, c'est sa manière de rentrer en scène pour attirer le public alors qu'il est tout seul comme un con devant son guéridon. Et pourtant, en 20 secondes à peine (je ne plaisante pas) il se retrouve avec un parterre de gens tout autour de lui pour atteindre rapidement 100 à 200 personnes.

Que ceux qui étaient au festival et veulent me contredire lèvent la main.

Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous !