dimanche 24 juillet 2016

Analyse de 17 book-tests français (quatrième partie) : Fantôme book test







Flashbook n°2, un book test de Sylvain Vip, présentait l'effet flashback d'une manière un peu différente


Cela fait longtemps que le sujet me titille mais je n’osais pas. Cela me paraissait un crime de lèse-majesté, écrire un article sur les book tests (il y en a tellement et ils sont impossibles à recenser correctement). Finalement, je me suis décidé parce que plusieurs amis prestidigitateurs m’ont posé en même temps la question du meilleur book test français à acheter actuellement. 

Je décrirai les possibilités de 17 book tests (sans toutefois dévoiler les secrets que ne pourront connaître que ceux qui les achèteront) et je donnerai leur prix (pour permettre au lecteur d’effectuer un comparatif).

Fantôme - (commercialisé par C.C. Editions) (2013) (49 euros).

Je dois dire que c’est avec Fantôme book test que j’ai découvert, après avoir utilisé l’EJO en 2011, deux principes qui sont évidents dans ce type de livres, 1) L’effet Flashback de Larry Becker, 2) L’effet Hoy Plus. Ce qui est très fort dans le cas de ce book test, c’est que si vous mettez entre les mains d’un spectateur le livre (qui a la présentation et (presque le texte) d’un grand roman français du vingtième siècle), il ne pourra rien découvrir.

1) L’effet Flashback de Larry Becker

Flashback permet de deviner le premier mot de la page de gauche quand le spectateur ouvre le livre au hasard.
C’est une idée de Danny Tong, inspirée par Orville Meyer et revisitée par Paul Currry (Out Of this Phonebook, 1944) et par Larry Becker. La méthode de Danny Tong nécessitait d’écrire le mot sur la page opposée, avec le risque que le spectateur voie ce mot écrit à la main. La version de Larry Becker élimine l’écriture et intègre le mot dans la page, caché dans la première ligne de la page de droite.
Ce concept est lui-même issu de Peek Deck, effet avec un jeu de cartes de Doc Taylor (1942).

2) L’effet Hoy plus

Cet effet est inspiré de la routine de David Hoy « The Bold Book Test » décrite dans The Bold and Subtle Miracles of Dr Faust. Dans Fantôme, seules les trente premières et les trente dernières pages sont numérotées consécutivement. Les autres pages intérieures portent les numéros 112 et 113 pour la première moitié, 296 et 297 pour la seconde moitié. Peu importe où le livre est ouvert (à l’exception des quinze premières feuilles du début et de la fin de l’ouvrage), le spectateur verra soit les pages 112 et 113, soit les pages 296 et 297. Cela permet de forcer alors un autre livre tout à fait ordinaire, mettons Le mystère de la chambre jaune, dont vous apprenez des pages 112, 113 ou 296, 297 les premiers mots ou une phrase. Confiez ce livre à un spectateur. Approchez-vous d’un autre spectateur avec votre book test Fantôme. Effeuillez les pages jusqu’à ce que votre spectateur dise stop. Il annonce à voix haute la page sur lequel il s’est arrêté (112-113 ou 296-297). Naturellement, comme vous avez appris par cœur une ou plusieurs lignes des pages 112-113 ou 296-297 de ce livre, vous les révélez sans problème à la grande stupéfaction de vos spectateurs.

Ce book test est excellent du fait de sa double fonction et de son apparence anodine. Je l’ai vu utiliser par des mentalistes sur scène avec un fort impact sur le public.


Voilà. C’est tout pour aujourd’hui. Amitiés à tous.


samedi 23 juillet 2016

Analyse de 17 book tests français (troisième partie) : l'EJO book test







MOABT 2.0, le dernier cri des book tests américains (pas vraiment donné, 299 $ !)


Cela fait longtemps que le sujet me titille mais je n’osais pas. Cela me paraissait un crime de lèse-majesté, écrire un article sur les book tests (il y en a tellement et ils sont impossibles à recenser correctement). Finalement, je me suis décidé parce que plusieurs amis prestidigitateurs m’ont posé en même temps la question du meilleur book test français à acheter actuellement. 

Je décrirai les possibilités de 17 book tests (sans toutefois dévoiler les secrets que ne pourront connaître que ceux qui les achèteront) et je donnerai leur prix (pour permettre au lecteur d’effectuer un comparatif).

EJO- Damien Vappereau et Yoan Tanuji (2011 ?) (69 euros).

C’est après Millenium le deuxième book test que j’ai utilisé mais de manière très intensive. Il a l’avantage énorme d’abord d’avoir le même texte sous six présentations différentes, ce qui fait croire au spectateur qu’il a vraiment un choix totalement libre (ce principe a été présenté par Theodore Annemann dans Mentalisme pratique, « Symmyst » d’Orville Meyer p. 109 (extrait de The Jinx, n°54, 1939) et dans Le livre sans nom, « « Authentique » test du magazine… », et repris par un book test français comme Voyages).

Ensuite, grâce à un ingénieux système, il permet de savoir quel est le mot long de la première ligne d’une page dite par le spectateur. Comme dans le Millenium de Daniel Rhod, vous pouvez deviner aussi dans n’importe quelle page choisie au hasard un mot long dont le spectateur vous donne la première lettre (un conseil, si vous n’arrivez pas à mémoriser tous les mots, faites comme moi, utilisez la fin de votre carnet Rhodia comme anti-sèche).

Il y a même un principe en plus, l’utilisation de passages répétés, dont vous savez la page, qui vous permettront de décrire et deviner une scène à la grande surprise de vos auditeurs.

Le livre dans son ensemble est très puissant. Je dois dire que, si je ne l’utilise plus actuellement, c’est parce que j’ai trouvé de nouveaux book tests avec des effets différents. Mais je le conseille à toute personne qui veut essayer pour la première fois un excellent tour de book test ou qui veut mélanger plusieurs book tests.


Voilà. C’est tout pour aujourd’hui. Amitiés à tous.

vendredi 22 juillet 2016

Analyse de 17 book-tests français (deuxième partie) : Millenium book test




The Abyss, la Rolls-Royce du book test français actuel


Cela fait longtemps que le sujet me titille mais je n’osais pas. Cela me paraissait un crime de lèse-majesté, écrire un article sur les book tests (il y en a tellement et ils sont impossibles à recenser correctement). Finalement, je me suis décidé parce que plusieurs amis prestidigitateurs m’ont posé en même temps la question du meilleur book test français à acheter actuellement. 

Je décrirai les possibilités de 17 book tests (sans toutefois dévoiler les secrets que ne pourront connaître que ceux qui les achèteront) et je donnerai leur prix (pour permettre au lecteur d’effectuer un comparatif).

Millénium book test - Daniel Rhod (idée) et Philippe Saint-Laurent (écriture) (épuisé car vendu à 200 exemplaires) (2001) (pas d’évaluation mais parfois mis à prix sur Ebay).

J’ai acheté et utilisé le millenium book test en 1981 au moment de sa parution. Bien entendu, comme pour les autres book tests, je ne vous donnerai pas le nom du roman (qui est un roman policier). A l’époque, les book tests n’existaient pour ainsi dire pas en France (sauf le medica de Jean Merlin). Daniel Rhod s’est inspiré pour le principe essentiel de son livre, la révélation de mots longs, du MOABT (Mother of all Book Tests, 1996) du magicien Ted Karmilovitch.

Mais l’histoire du principe de ce book test plonge ses racines dans une idée ancienne et très ingénieuse du magicien américain U.F. Grant. En 1930, celui-ci eut l’idée d’insérer un encart dans un numéro du « Reader’s Digest ». Le texte imprimé dans cet encart avait la particularité d’être composé d’un seul paragraphe, répété indéfiniment. Chaque mot dudit paragraphe débutait par une lettre différente, selon une progression alphabétique : ainsi le premier mot commençait par un « A », le deuxième par un « B », le troisième par un « C », etc. Ce chapelet de forme nouvelle permettait à l’artiste de déduire instantanément quel était le mot choisi par la simple initiale du mot précédent. Par la suite, Lee Earle et Larry Becker améliorèrent le principe. Ce dernier rédigea un texte composé de vingt-trois mots différents dont les initiales se succédaient de deux en deux puis il fractionna le texte pour créer des paragraphes qui ne commençaient jamais par le même mot, etc.

Ensuite, inspiré par ces créations, en 1996, Ted Karmilovitch créa son Mother of all Book Tests. La première différence portait sur la longueur des cycles qui s’appréciaient non plus en un paragraphe mais en pages (25 pages) puis il répartit les mots à forcer dans un texte cohérent où ils se distinguaient par leur longueur.

C’est ce principe qu’ont repris Daniel Rhod et Philippe Saint-Laurent pour créer leur book test français Millenium.

Voilà. C’est tout pour aujourd’hui. Amitiés à tous.