dimanche 12 juin 2016

Définition de l’insolite et de l’ésotérisme par Jean-Louis Bernard, l’auteur des « Archives de l’insolite » (troisième partie)





L'édition de poche des Archives de l'insolite de Jean-Louis Bernard


J’ai pu recueillir un commentaire d’un ésotériste de grande qualité, Jean-Louis Bernard, sur son œuvre Les archives de l’insolite, un des meilleurs dictionnaires de l’ésotérisme, et je vous en expose les grandes lignes. Pour des raisons de commodité de lecture sur Internet, ce texte a été divisé en deux articles (la première partie est ici).

L'Egypte connaissait les mystères du sang et les rapports exacts entre la vie et la mort, ce qui explique l'anormale longévité de sa race. L'alchimie est née de sa science des divers états de la matière, et la perfection des pyramides traduit un savoir précis des relations secrètes de l'homme et du cosmos. Des connaissances aussi vastes et aussi profondes ne pouvaient se perdre totalement dans les vicissitudes de l'histoire ; elles demeurent toujours la trame des sciences dites parallèles. Pour mieux les comprendre, l'auteur s'est astreint à la dure discipline du tantrisme, le yoga des moines tibétains, pierre angulaire des sciences occultes : magie, sorcellerie, yoga, parapsychologie...

Au-delà des étymologies égyptiennes - hellénisées, hébraïsées ou latinisées - il en est d'autres, franchement indigènes ou préhistoriques. Des sites insolites, comme Carnac en Bretagne ou Montségur ou Brocéliande dans la forêt de Paimpont, restent tributaires, par leur nom même et au même titre que la sorcellerie de campagne, d'une linguistique complexe remontant aux races de Brunn et de Cro-Magnon. Derrière les langues dites agglutinantes (dont le basque est une survivance), se profile l'insondable mystère des runes imprimées déjà sur les monuments mégalithiques. Sait-on que le mot « fée », par exemple, est d'origine runique ? 

Comment se servir de ce dictionnaire ? Le plus simple est encore d'ouvrir une page au hasard, d'accrocher un mot et de l'étudier en fonction des associations de mots qu'il suggère et qui sont indiquées. Nous conseillons aussi la lecture par ordre alphabétique. Celui-ci n'est pas vraiment arbitraire : il existe une cabbale des lettres (voir ce mot) qui les agence selon une mathématique pythagoricienne.

 Au lecteur qui désire entreprendre une étude méthodique, nous proposons la démarche suivante :
- pour l'homme insolite, commencer par le mot Double ;
- pour l'archéologie fantastique, commencer par le mot Géants ;
 - pour la philosophie occulte, prendre au départ les mots et expressions : Tarot, Sept Lois de Thôt-Hermès ou Symbolique des chiffres. Voir aussi Yoga, Tantrisme.

Voilà. C’est tout pour aujourd’hui. La suite au prochain numéro.

samedi 11 juin 2016

Définition de l’insolite et de l’ésotérisme par Jean-Louis Bernard, l’auteur des « Archives de l’insolite » (deuxième partie)




Jean-Louis Bernard reconnaît la valeur novatrice de l'ouvrage de Louis Pauwels et Jacques Bergier, Le matin des magiciens.



J’ai pu recueillir un commentaire d’un ésotériste de grande qualité, Jean-Louis Bernard sur son œuvre Les archives de l’insolite, un des meilleurs dictionnaires de l’ésotérisme, et je vous en expose les grandes lignes. Pour des raisons de commodité de lecture sur Internet, ce texte sera divisé en deux articles.

Si la plupart des hommes refusent de faire entrer l'insolite et l’ésotérisme dans le cadre des lois de la nature, un cadre trop souvent limité, usuel, tracé une fois pour toutes, c'est bien parce que des phénomènes inquiétants viennent bouleverser leurs habitudes de pensée et mettre en doute leur logique coutumière.

L'insolite est en effet inséparable de la vie quotidienne, il y glisse partout sa poésie fugitive : poésie de douceur, de charme et de tendresse, ou poésie du drame et de l'horreur. Rencontrer dans la foule un ami perdu de vue depuis longtemps, se trouver face à individu monstrueux, cela relève de l'insolite, mais aussi du réel. 

Tout change, en revanche, dès que l’ésotérisme recoupe cette « mémoire de l'humanité », inscrite dans notre hérédité et dans la mythologie comparée. S'appuyant sur des fondements universels, l’ésotérisme s'arroge alors le droit de contester l'ancêtre simiesque proposé par la science du siècle dernier (l'homme de Néanderthal) et de revendiquer l'ancêtre géant... Il se plaît à évoquer des probabilités ahurissantes admises par les anciens, auxquels revient à contrecœur le savant : des humanités différentes, aquatiques, volantes, et les « hommes transparents » d'Hésiode, les dieux jaillis du cosmos... Il donne aux pyramides et aux menhirs une signification aussi dynamique que celle de Cap Canaveral !

Depuis la parution du Matin des Magiciens de Jacques Bergier et Louis Pauwels, l'insolite et l’ésotérisme ont acquis droit de cité. Le public attendait d'ailleurs qu'on lui ouvre une porte sur l'homme secret. Il fallait équilibrer d'urgence l'automatisation croissante et l'affadissement de la vie quotidienne. L'insolite et l’ésotérisme sont, depuis le déclin de la philosophie et de la religion, l'unique échappée qui puisse offrir des horizons plus vastes et plus exaltants à l'homme de la rue, anxieux d'échapper au rouage infernal et impitoyable d'une civilisation broyeuse d'âmes. Depuis des années, toute une littérature d'essais fait éclore un nouveau romantisme qui dépasse le plan des sentiments pour atteindre le spirituel.

A cette littérature, il manquait un code, c'est-à-dire un dictionnaire. Celui-ci (Les archives de l’insolite) n'a pas la prétention d'être complet. Il n'en représente pas moins un quart de siècle de recherches, d'expérience vécue, de voyages et de contacts avec des chercheurs « en marge ». L'auteur s'est attaché à écarter tout ce qui relève du banal, de la mythomanie ou de l'imposture. Et pourtant, ordonner cet univers mi-surréel était une gageure. Pour venir à bout de cette entreprise énorme, il fallait un esprit véritablement passionné. En effet, comment s'orienter dans ce labyrinthe ? Comment y introduire une rigueur scientifique ? Il existait bien sûr un fil d'Ariane : l'étymologie justement ! Mais il fallait aussi transcender les étymologies latine, grecque et hébraïque, qui n'étaient pas sources mais seulement véhicules, pour remonter jusqu'à des racines très archaïques.

Jusqu'au XIXe siècle, en effet, avant que l'influence de l'Inde ne vienne introduire dans l'insolite et l’ésotérisme sa terminologie sanscrite propre aux sciences du pays, tout se ramenait finalement à la connaissance occulte égyptienne. En fait, nos sciences ésotériques - hermétisme, alchimie médiévale - ne sont que le prolongement pâli de l'énorme science accumulée durant des millénaires par l'Egypte. Aucune civilisation ne poussa aussi loin les sciences de l'homme, surtout de l'homme insolite ou occulte. Et c'est l'influence directe de l'Egypte que nous avons reçue par le canal phénicien, hébraïque, grec et romain.

Voilà. C’est tout pour aujourd’hui. La suite au prochain numéro.

vendredi 10 juin 2016

Un grand ésotériste français, Jean-Louis Bernard, compte rendu de ses "Archives de l’insolite" (première partie)








Jean-Louis Bernard, un des meilleurs ésotéristes français du vingtième siècle

Je me suis aperçu qu’après avoir écrit 204 articles dans ce blog, je n’avais effleuré qu’une fois, le vendredi 20 février 2015, un sujet que j’avais promis de traiter dans l’aperçu de mes activités, l’ésotérisme, en faisant un compte rendu du livre Le dictionnaire de l’impossible (tome 1) de Didier van Cauwelaert (avec par exemple la description d’une séance d’hypnose mystérieuse).

Sans doute, beaucoup de lecteurs seront réticents face à la notion d’ésotérisme. En réalité, ésotéros en grec désigne simplement ce qui est caché. L’ésotérisme de Jean-Louis Bernard (qui est pour moi un des meilleurs théoriciens et praticiens français du vingtième siècle) n’est pas irrationnel, il est a-rationnel. Selon lui, ce sont d’autres règles que celles qui nous pensons, sans rapport avec notre raison, notre logique, et qui sont secrètes, qui gouvernent notre monde. 

Je vais choisir aujourd’hui quatre articles, dans ce livre qui est un petit dictionnaire, qui me paraissent particulièrement révélateurs de sa pensée : 1) Magie du son, 2) Ascèse hermétique, 3) Tantrisme hindou, 4) Double.

1) Magie du son.

Toutes les religions ont vu dans les diverses genèses l’œuvre du Verbe ou son primordial. De subtiles vibrations sonores modelèrent l’essence de la matière et, par répercussion, ses états denses. Les différents peuples du monde effectuèrent des initiations religieuses grâce aux sons (hindous, grecs, mayas, japonais avec le kiaï, etc.)

2) Ascèse hermétique.

Cette méthode, qui est prônée par les ésotéristes depuis des siècles, est similaire à notre méditation. Jean-Louis Bernard nous dit qu’elle est semblable à la technique du « silence égyptien », transmise aux pythagoriciens puis aux derviches, qu’elle s’apparente à l’a-penser, technique tibétaine. Il faut se mettre dans une pièce calme et se couper, yeux fermés, du monde extérieur. D’abord visualiser soucis et pensées familières sous la forme d’entités parasitaires, nos « enfants mentaux », nés de notre cerveau et de la vie quotidienne. Dans un second stade, essayer de faire le silence dans notre esprit : stopper la genèse de nos pensées. On n’y réussira d’abord qu’une seconde ; peu à peu, ce temps se prolongera de lui-même pour arriver à 30 secondes, 1 minute, plusieurs minutes. Dans l’être tout se tient : par compensation et jeu des contraires, l’habitude du vide mental engendrera la faculté dynamique de concentration mentale qui s’investira automatiquement dans les actes de la vie quotidienne, multipliant les chances du sujet. On jouira d’une énorme capacité de travail et, toujours par compensation, d’un sommeil très réparateur.

3) Tantrisme hindou. 

Du sanskrit « tantra » = dialogue, dialectique ou trame. Un tantra = traité religieux de philosophie yoga est conçu sous la forme d’un dialogue entre dieu et déesse, entre l’Immuable Masculin et l’Eternel féminin, Shiva et Shakti. Les couples qui pratiquent le tantrisme hindou expérimentent l’étreinte réservée, maïthuna, pour sacraliser l’acte sexuel. Les reflux du fluide érotique vont creuser dans leurs doubles aithériques des canaux surréels dits canal d’Onnios qui permettront l’éveil de pouvoirs paranormaux comme la télépathie.

4) Double

Le double du moi, dit aussi moi des profondeurs, est distinct de l’âme et de l’esprit. Il est le « ka » des Egyptiens, une entité subjective, parallèle au moi et l’élément dynamique de l’inconscient humain. Il ne faut pas le confondre avec le double aithérique, celui-ci double du corps. Ni non plus avec l’« ombre », une autre entité dans la conception égyptienne de l’être.

Voilà. C’est tout pour aujourd’hui. Amitiés à tous.