mercredi 8 novembre 2017

Vision de la Qabale par l’A∴A∴ d’Aleister Crowley.




Sans commentaire.


Cet article est la suite de celui-ci.

L’AAest  un ordre ésotérique créé par Aleister Crowley en 1907 après la dissolution de l'Ordre Hermétique de l'Aube Dorée ou Golden Dawn (Crowley a ensuite adhéré en 1910 à l’O.T.O., Ordre des Templiers Orientaux). Les membres de cette organisation s'étaient voués à l'avancement de l'humanité par l’amélioration de l'individu jusqu’à sa perfection à travers une série graduée d'initiations. Ses initiations étaient syncrétiques, unifiant l'essence du bouddhisme Theravada avec le yoga Védantique et la magie cérémonielle. L'AA appliquait ce qu'il décrivat comme des méthodes magiques en suivant le schéma de la  structure de l’Arbre de Vie qui est la base de la Qabale.

 L’AA∴ reprend donc les idées de la société dissoute, l’Aube Dorée ou Golden Dawn, mais modifie le centre de sa doctrine en remplaçant le Dieu Osiris par son fils Horus qu'il nomme, à la suite de la révélation à Aleister Crowley du Livre de la Loi, l'Æon d'Horus.

En 1909, la société secrète OTO (Ordo Templi Orientis) se percevait comme un « proche allié » de l'AA, les deux organisations ayant accepté l'autorité du Livre de la Loi, bien que l'OTO ne se considérait pas comme un  représentant l'AA.

Pour les relations d’Aleister Crowley avec l’OTO, vous pouvez consulter cet article de mon blog.


Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.

La Kabale, l’alphabet hébraïque et les dix noms divins (troisième partie).






Un chérubin.



Cet article est la suite de celui-ci.

Les kabbalistes donnent dix noms différents à Dieu qui ont chacun leurs significations. J’ai, dans les articles précédents, détaillé les trois premiers. Voici la suite de ces noms.

Le 4 ème nom est EL

Il signifie grâce, miséricorde, piété. Il influe sur l'ordre des dominations, celui que les Hébreux nommaient Hasmalin, et sur la sphère de Saturne. Il forme les effigies des corps (leur sceau secret). Il gouverne l'ange d'Abraham.

Le 5 ème nom est  ELOHIM

Il est la force, la gravité, la pureté, le jugement. Il est le tribunal de Dieu, il se trouve à la ceinture, au bras gauche et à l'épée de Dieu. Il est aussi la crainte, influe sur l'ordre des puissants (les Seraphim) et sur la sphère de Mars. Il envoie la guerre ou les révolutions par lesquelles les éléments changent de place. Il gouverne l'ange de Samson qui détruisit le temple des philistins et dont la force résidant dans ses cheveux fut, en définitive, vaincue par la douceur de Dalila.

Le 6 ème nom est ELOHAT

Il signifie la beauté, le plaisir et la gloire. Pour les chrétiens, c'est le bois de vie dont est faite la vraie croix. Il influe sur l'ordre du soleil, lui donne sa clarté et sa vie qui crée les métaux purs que trouve l'alchimiste en possession de la pierre philosophale. Il gouverne l'ange de Jacob, d'Isaac et de Tobie.

Le 7 ème nom est ADONAI SABAOTH

Il signifie l'éternité et la justice. Il influe sur l'ordre des principautés (les Elohim) et sur la sphère de Vénus. Il produit les végétaux. Il gouverne l'ange du roi David qui vint à bout de Goliath et de la force brute.

Le 8 ème  nom est  ELOHIM SABAOTH

C'est le dieu des armées, mais aussi celui de la piété et de la concorde. Son sens est double et contradictoire comme le dieu romain Janus qui est un dieu à double face. Il signifié louange et confusion. Il influe sur l'ordre des archanges (Bene Elohim) et sur Mercure. Il produit les animaux. Il gouverne l'ange de Salomon, le sage constructeur du temple.

Le 9 ème nom  est SADAI (le Tout-Puissant) ou ELHAI (le Dieu vivant).

Il signifie alliance, bon entendement, repos. Il influe sur l'ordre des anges (les chérubins) et sur la Lune qui préside à la vie terrestre de toute chose, hommes comme animaux. Il gouverne l'ange de Joseph qui descendit en Egypte pour préparer la rédemption.

Le 10 ème nom est ADONAI MELECH (le Seigneur et Roi)

Il signifie à la fois temple et porte. (Le temple est la porte du sacré.) Il influe sur l'ordre des âmes bienheureuses (Issim). Il est à l'origine du don de la prophétie. Il gouverne l'ange de Moïse, le berger du peuple d'Israël.

Je viens de donner rapidement les dix noms de Dieu. Il suffira au lecteur de ce blog, pour poursuivre son approche de la Kabbale, de les connaître. C'est à partir de ces dix noms que se développe la pensée kabbalistique.


Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.

Vision de la Qabale par l’Ordre des Templiers Orientaux (O.T.O.) et par Aleister Crowley.




L'Ordo Templi Orientis (O.T.O.)



L'Ordo Templi Orientis (O.T.O.) (« Ordre du Temple de l'Est » ou « Ordre des Templiers Orientaux ») est une organisation fraternelle et religieuse qui fut la première à accepter les principes et la loi de Thelema, qui est souvent résumée par la phrase :

« Fais ce que tu voudras sera le tout de la loi. »

Les thélémites pensent que cette loi fut établie par le Book of The Law (Liber AL vel Legis ou Livre de la Loi) dicté à Aleister Crowley en 1904 au Caire par l'entité Aïwass. Sa structure est semblable à celle de la franc-maçonnerie, avec une série d'initiations à des grades successifs. L'O.T.O. comprend également l'Ecclesia Gnostica Catholica ou Église Gnostique Catholique, qui représente la branche religieuse de l'ordre.

L’O.T.O et Aleister Crowley

Un des fondateurs de l’O.T. O, Theodor Reuss, rencontra Aleister Crowley et en 1910, il admit celui-ci aux trois premiers degrés de l'O.T.O. Deux ans après seulement, Crowley fut en charge de la Grande-Bretagne et de l'Irlande.

Aleister Crowley va alors étudier tous les documents de l'O.T.O. correspondant à la magie sexuelle et tenir un journal, Rex de arte regia. Il va ensuite réécrire tous les rituels de l'O.T.O. et la messe de l'Église Gnostique Catholique.

Vers 1914, Crowley décide d'intégrer Thelema dans le système de l'O.T.O. dont il révise alors les rituels. Cette  nouvelle révision de ces rituels en 1918 en ôte tous liens avec ceux de la Franc-maçonnerie.

En 1925, il est proclamé Maître Suprême pour l'O.T.O.

La Qabale et l’O.T.O.

La Qabale est un aspect de la mystique juive. Il consiste en un vaste ensemble de spéculations sur la nature de la divinité, la création, l'origine et le destin de l'âme et le rôle des êtres humains. Il s'agit également de pratiques méditatives, dévotionnelles, mystiques et magiques qui n'ont été enseignées qu'à un petit nombre de personnes. C'est pourquoi la Qabale est considérée comme une ramification ésotérique du judaïsme. En général, l'épellation Qabale est utilisée pour distinguer la variation de la kabbale utilisée par les magiciens occidentaux ou hermétiques de la kabbale mystique juive
.
Crowley a utilisé l'orthographe "Qabalah" (une translittération approximative) et cette orthographe est conservée dans la littérature thélémique. L'orthographe "Kabbalah" est utilisée en référence au mysticisme hébreu traditionnel, et "Cabala" en référence aux superpositions chrétiennes de la même chose.

L'histoire de la Qabale

Le mot « Kabbale » est dérivé de la racine hébraïque « recevoir, accepter » et, dans de nombreux cas, est utilisé comme synonyme de « tradition ». Selon la tradition juive, la Torah (Torah « Loi »,  les cinq premiers livres de l'Ancien Testament) a été créée avant le monde et elle a donné des conseils à Dieu sur des questions aussi importantes que la création du genre humain. Lorsque Moïse a reçu la loi écrite de Dieu, la tradition veut qu'il ait aussi reçu la loi orale, qui n'a pas été écrite, mais transmise de génération en génération. Parfois, la loi orale a été appelée «Kabbale», la tradition orale.

Les premiers documents qui sont généralement reconnus comme étant kabbalistiques viennent du 1 er siècle après J.C. mais on soupçonne que le phénomène biblique de cette prophétie peut avoir été créé lors d'une tradition orale beaucoup plus ancienne. Certains croient que la tradition remonte aussi loin que Melchizedek. Il y a des arguments modérément plausibles selon lesquels Pythagore a reçu son enseignement de sources hébraïques. Il existe une abondante littérature sur le mysticisme juif datant de la période avant Jésus-Christ qui n'est pas strictement kabbalistique au sens moderne, mais qui était disponible comme matériau de base pour les kabbalistes médiévaux.

Sur la base d'un examen détaillé des textes et d'une étude du développement du vocabulaire spécialisé et d'un corpus d'idées distinct, Gershom G. Scholem a conclu que les origines de la Kabbale remontaient au douzième siècle en Provence. L'origine du mot « Kabbalah » comme étiquette pour une tradition qui est définitivement reconnaissable comme Kabbalah est attribuée à Isaac L’Aveugle (vers 1160-1236). 

On considère Isaac comme le véritable fondateur de la Kabbale, son « Père ». C’est lui qui a donné des noms aux dix sefiroth et qui a le premier abordé l’idée de guilgoul (réincarnation). Il est aussi l’inventeur du terme Ein-Sof.


Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous !

La Qabale, l’alphabet hébraïque et les dix noms divins (deuxième partie).



Sans commentaire.


Cet article est la suite de celui-ci.

N’oubliez pas de vous procurer mon livre sur Borges qui a si bien parlé de la Qabale ! 


On peut pousser la spéculation plus loin sur le troisième et mystérieux non de Dieu (IEVE, YAHWE ou YEVE).

Le mot Yévé se présente comme suit :

—           le Yod (10), la rencontre du 1 et du 0 (de l'Etre et du Néant) est le principe actif par excellence;

—           le Hé symbolise le principe passif;

—           le Vau les relie. Sa valeur est 6, alors que Hé a pour valeur 5.

Ces trois termes que nous venons de citer expriment le triangle primordial qui structure toute chose, comme le disait rabbi Siméon bar Yochaï. Les chrétiens le retrouvent sous forme du Père, du Fils et du Saint-Esprit et les philosophes sous celle de la thèse, de l'antithèse et de la synthèse qui scandent les exposés bien bâtis. Quant au second Hé, il signifie le passage d'un monde à l'autre. Il est en musique ce qui permet de monter d'une gamme à l'autre. Pythagore qui inventa notre gamme musicale moderne, permit le développement de toute la musique européenne. Sans Pythagore et son invention, il ne serait pas exagéré de dire que nous n'aurions point eu Bach, Mozart (qui était franc-maçon), Beethoven (dont on est presque sûr qu'il fut initié) et bien d'autres.

Les praticiens de la Kabale ont même trouvé qu’en écrivant le troisième nom de Dieu dans un triangle inversé (comme s’il était vu dans le miroir de l’univers)  : 1) Yod, 2) Hé, Yod, 3) Vau, Hé, Yod, 4) Hé, Vau, Hé, Yod, on tire un nom cabbalistique de soixante-douze lettres. Nous pouvons obtenir cette équivalence numérique :

YOD = 10

YOD et HE = 10 + 5 = 15

YOD, HE, VAU = 10 + 5 + 6 = 21

YOD, HE, VAU et HE = 10 + 5 + 6 + 5 = 26

Le total est de 10 + 15 + 21 + 26 = 72.

Dans la Kabbale pratique, on utilise les soixante-douze noms des Génies qu'évoque la Bible par les procédés suivants : ils sont constitués des trois versets mystérieux du chapitre 14 de l'Exode,  les 19, 20, 21, lesquels versets suivant le texte hébraïque se composent chacun de soixante-douze lettres. 

Voyons comment.
Écrivons séparément ces versets, formons-en trois lignes, chacune composée de soixante-douze lettres. Prenons la première lettre du 19 ème  et du 20  ème  verset en commençant par la gauche (L’hébreu s’écrit de droite à gauche). Prenons ensuite la première lettre du 20 ème verset, qui est celui du milieu, en commençant toujours par la droite. Ces trois premières lettres forment le génie, son nom plus exactement. En suivant le même ordre jusqu'à la fin, on a les soixante-douze attributs des vertus divines. Si maintenant, nous ajoutons à chacun de ces noms un des deux grands noms divins IAH ou EL, nous aurons les soixante-douze noms des anges composés de trois syllabes dont chacun contient en lui le nom de Dieu.

Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous !

mardi 7 novembre 2017

La Qabale, l’alphabet hébraïque et les dix noms divins (première partie).



Le 3 ème nom mystérieux : IEVE ou YAHWE.


Cet article est la suite de celui-ci .

N’oubliez pas de vous procurer mon livre sur Borges qui a si bien parlé de la Kabale ! 

Le temps, l'espace et la matière.

Ce sont les dix noms divins qui les ont constitués.

Le 1 er nom: EHIEH

Il signifie « J'étais, je suis, je serai » ou « le toujours ». La base de ce nom est la lettre Yod qui exprime le commencement et la fin de toutes choses. Certains occultistes dupliquent le Yod ou le rendent triple et le disposent en triangle  comme on développe une figure géométrique. Réunis, les trois Yod représentent les principaux attributs de la divinité :

—           le premier Yod exprime l'éternité qui crée le Temps (le passé, le présent, le futur);

—           le deuxième Yod exprime l'infini qui crée l'Espace (la longueur, la largeur, la profondeur);

—           le troisième Yod exprime la substance qui crée la Matière (solide, liquide, gazeuse).


Le 2 ème nom: IAH

Il a une influence sur les chérubins, le ciel et les étoiles. Il crée des figures, des motifs, des structures comme on dit en physique moderne, qui mettent en ordre le chaos originel. L'agent de la divinité en cette affaire est l'ange Raziel qui fut le guide spirituel d'Adam, l'homme primordial.


Le nom mystérieux

Le 3 ème nom: IEVE ou YAHWE

C'est le nom le plus mystérieux de la Bible. D'après la tradition juive, celui qui sait le prononcer comme il convient met en branle des forces qui le rendent maître de toutes les sciences. Ce mot n'est jamais prononcé par les juifs, car même si presque personne ne sait comment il faut le dire, il est tellement sacré qu'il ne doit jamais encourir une profanation éventuelle due seulement au hasard. Seul le grand prêtre de Jérusalem, s'enfermant dans le saint des saints, c'est-à-dire dans l'enceinte la plus secrète du temple de Salomon, le proférait une fois l'an pour faire descendre la bénédiction divine promise par l'Alliance qui liait le peuple juif à son dieu. Ce nom était jadis inscrit au portail des cathédrales et on le lit encore de nos jours sur l'une des tours de l'église Saint-Sulpice à Paris. C'est le mot secret du plus haut grade de la franc-maçonnerie, c'est-à-dire du 33 ème degré.

« Ce nom, écrit Fabre d'Olivet, offre d'abord le signe indicateur de la vie, doublé, et formant la racine essentiellement vivante (EE). Cette racine n'est jamais employée comme nom et c'est la seule qui jouisse de cette prérogative. Elle est non seulement un verbe, mais un verbe unique dont tous les autres ne sont que des dérivés. » Nom de lumière, racine de vie et de mystère, ce nom signifie en fait le Verbe. Mais comme nous sommes en Kabbale, il ne s'agit pas d'un simple verbe symbolique mais d'un Verbe au sens originel du terme, d'un Verbe qui représente réellement la parole (divine) qui a créé le monde et que l'initiation recueille pour conduire l'Adepte vers la connaissance suprême.

Ce nom est formé des quatre lettres: Yod, Hé, Vau, Hé (la lettre Hé est donc répétée). Or, comme chaque lettre de l'alphabet est aussi un nombre, nous avons :

Yod = 10,

Hé = 5,

Vau (ou Waw) = 6,

La valeur numérique totale de IEVE est donc de 10+5+6+5 = 26.

Or, le 10 représente, symbolise d'après les principes de la numérologie, le Principe-Tout, comme Pythagore le savait déjà. En effet, le 10 est composé de 1 (c'est-à-dire de l'Unité) et de 0 (c'est-à-dire du Néant). Lorsque l'unité rencontre le Néant, c'est pour le féconder, donc pour créer l'univers.

Le 5, de son côté, est la moitié de 10 ; il symbolise donc la dualité. Et Hé, la seconde lettre du nom sacré qui vaut 5, est un élément passif (féminin) par rapport au Yod qui est masculin. Hé, c'est la femme par rapport à l'homme, la substance par rapport à l'essence, la vie par rapport à l'âme. Le Vau (ou Waw), lui, 6 ème lettre de l'alphabet est produit par 10 (Yod) +5 (Hé), c'est-à-dire les lettres qui l'ont précédé dans la formation du nom divin.

En effet: 10 + 5 = 15 et 15 = 1 + 5, d'après des calculs théosophiques donc 10 = 6 ; c'est donc le rapport entre 10 et 5. Quant au second Hé, c'est une répétition qui signifie un passage du monde métaphysique (celui du créateur) à un monde physique (celui de la création).

La prochaine fois, nous terminerons l’évocation de ce nom mystérieux et évoquerons les sept autres noms.


Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.

La suite sur la Qabale et la magie.




La lettre Mem.



Cet article est la continuation de celui-ci. Naturellement, vous pouvez aussi lire mon ouvrage sur Jorge Luis Borges qui était un grand admirateur de la Qabale et un véritable spécialiste de cette mystique magique.


Trois lettres mères, sept lettres doubles et douze lettres simples.

Œuvre philosophique, œuvre initiatique, œuvre mystique, la Kabbale est également une œuvre divinatoire et magique. C'est une œuvre à multiples dimensions. Le mieux est de commencer par le commencement et de suivre le cheminement d'un élève en Kabbale.

Le point de départ de la Kabbale, ce sont les lettres de l'alphabet hébraïque, langue sacrée comme l'est, sur un autre continent, le sanskrit. L'alphabet hébraïque comprend vingt-deux lettres qui ne sont pas placées par hasard les unes à la suite des autres. Chacune d'entre elles correspond à un nombre d'après son rang, à un hiéroglyphe d'après sa forme et à un symbole d'après ses rapports avec les autres lettres.

Les kabbalistes classent les lettres de la manière suivante dans les trois groupes des lettres mères, des lettres doubles ou des lettres simples.

1) Les trois lettres mères

a) Le A (Aleph)

b) Le M (Mem)

c) Le SH (Shin ou  Sin ).

2) Les sept lettres doubles
Ces lettres expriment, en effet, deux sons à la fois, l'un positif fort, l'autre doux négatif. Il suffit de la présence ou de l'absence d'un point au-dessus ou dedans pour passer d'un son à l'autre.

d) Le B (Beth ou Bét) (en grec bêta)

e) Le G (Ghimel ou Gimel) (en grec gamma)

f) Le D (Daleth) (en grec delta)

g) Le CH (Caph, Ceaphe ou Kaph) (en grec kappa)

h) Le PH (Phé ou Pé) (en grec pi)

i) Le R (Resch ou Resh) (en grec sigma)

j) Le T (Thau, Taw ou Thot) (en grec upsilon).
·
3) Douze lettres simples

k) Le He (en grec epsilon)

l) Le Waw (pas de correspondance en grec)

m) Le Zayin (en grec zêta)

n) Le Cheyth (en grec êta)

o) Le Teyth (en grec thêta)

p) Le Yod (en grec iota)

q) Le Lamed (en grec lambda)

r) Le Mem (en grec mu)

s) Le Nun (en grec nu)

t) Le Tsadey (ou Samek) (en grec xi)

u) La Ayin (en grec omicron)

v) Le Sin (en grec tau)


Combiner des nombres et des idées

Combiner les lettres de l'alphabet hébraïque, c'est avant tout combiner des nombres et des idées. Cela explique entre parenthèses la correspondance avec les vingt-deux lames majeures du tarot, chacune équivalent à une lettre.

Papus écrit : « Chaque lettre étant une puissance, est liée plus ou moins étroitement avec les forces créatrices de l'univers. Ces forces évoluant dans trois mondes, un physique, un astral et un psychique, chaque lettre est le point de départ et d'arrivée d’une foule de correspondances. Combiner des mots hébraïques, c'est par suite agir sur l'univers lui-même, de là les mots hébreux dans les cérémonies magiques. »

Chaque lettre est donc une puissance énergétique et la combinaison de ces lettres selon certaines règles ésotériques donne naissance à ces « centres actifs de force » qui sont susceptibles d'agir concrètement quand ils sont mis en action. Les sociétés secrètes, telle la franc-maçonnerie, connaissent bien ce qu'elles appellent « l'égrégore », c'est-à-dire l'esprit collectif de la loge ou du groupe humain qui est éveillé par le rituel. Et les méditations des cathares à Montségur avaient pour but de mettre en action un centre spirituel d'une très forte intensité.

Ce même principe se trouve à la base de la formulation de dix noms divins, c'est-à-dire, comme dit Papus, « dix lois actives de la nature et dix centres universels d'action ». Il faut bien comprendre à ce propos que tout dans l'univers est lié, que l'univers forme un seul et même organisme, que tout est traversé de flux et, qu'en conséquence, agir sur un centre spirituel peut mettre en branle un autre centre situé très loin. Cela explique notamment certaines actions des sociétés initiatiques qui, agissant (spirituellement ou magiquement) en un point de la planète, peuvent atteindre un autre point très éloigné.


Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.

lundi 6 novembre 2017

L’Aleph, l’En-Sof (Le Sans limites).


L'Aleph.


Cet article est la suite de celui-ci. Je rappelle que j'ai rédigé un petit ouvrage sur l'écrivain argentin Jorge Luis Borges qui était passionné par la Qabale et qui a écrit un recueil de contes qui s’appelle L'Aleph

L’Aleph est la première lettre de l’alphabet hébreu. Elle est la lettre du commencement, celle de la lumière intellectuelle. Eliphas Levi dit à ce sujet : « Qu'est-ce que la lumière intellectuelle? C'est la parole. » Je dirais, cela paraît plus précis, que la lumière intellectuelle est le Verbe créateur. Et j’ajouterais que dans l'œuvre de la création (divine ou humaine), l'être est le principe, le Verbe est le moyen, la plénitude, c'est la fin. Cela veut dire que toute création a pour but de prendre un être (principe) et de le perfectionner (fin). Le sculpteur prend une pierre informe (être principe), la travaille, en fait une œuvre d’art (la fin). Ce travail, c'est l'intrusion du Verbe dans la matière. Il en va de la sorte pour ce qui concerne notre sculpteur, il en alla ainsi pour ce qui fut de la création du monde, il en est ainsi pour tout ce qui est sur terre. Pour évoluer, pour réussir dans la vie, pour se perfectionner moralement, etc. Le premier travail des initiés est de comprendre cette loi. De s'en imprégner de l’intérieur.

Le mage est ce que les kabbalistes appellent le « micro-proscope » c'est-à-dire le créateur du petit monde. L'homme ne devient le roi des animaux qu'en les domptant et en les apprivoisant ; autrement il en serait lui-même l'esclave. Les animaux sont les figures de nos passions. Ce sont les forces instinctives du corps, celles qui tissent la « guenille de chair » comme disaient les cathares, celles qui emprisonnent la pure lumière en quête de laquelle nous sommes. Pour commencer à devenir magiquement efficace, il faudra se débarrasser de tout ce qui nous maintient en léthargie. Et pour ce faire, il faudra vaincre et enchaîner nos passions. Comment cela? En sachant au moins deux choses :

1) Il existe une vraie et une fausse science, une magie divine et une autre magie véritablement infernale. Elles se reconnaissent à l'odeur pour peu qu'on en ait l'habitude. « Le magicien, comme l'écrit Eliphas Levi, est le souverain pontife de la nature, le sorcier n'en est que le profanateur. Et pour parvenir à la puissance, quatre Impératifs doivent absolument être suivis : une intelligence que rien n'arrête (le kabbaliste n'est pas un anti-intellectuel, c'est au contraire un intellectuel créateur et fier de l'être), une grande audace (le courage, inutile de le préciser, est indispensable), une volonté que rien ne brise (il faut prendre garde à ne point céder au découragement) et une discrétion à toute épreuve. Savoir, oser, vouloir, être discret, tels sont les quatre verbes symboliques du mage.

2) Au moyen de la véritable science, l'adepte possède une toute-puissance qui lui permet d'agir de manière surhumaine. D'une manière qui dépasse la portée commune des hommes. On pourrait citer à cette occasion : Hermès Trismégiste d'Egypte, Moïse, le Christ,  Merlin l'enchanteur chez les Gaulois et bien d'autres beaucoup moins célèbres, mais dont l'action fut réelle. On pourrait encore citer une infinité d'obscurs, car si secrète soit la Kabbale, elle s'ouvre à qui elle veut. Ne dit-on pas de l'esprit qu'il souffle où il désire ? (« Le vent souffle où il veut, et tu en entends le bruit; mais tu ne sais d'où il vient, ni où il va. Il en est ainsi de tout homme qui est né de l'Esprit. » Evangile de Jean 3 : 8). Chacun, pour peu qu'il le désire, peut forcer les portes du mystère.

Sur le chemin de l'étude initiatique et de la Kabbale dans laquelle le lecteur de ce blog  est en train de pénétrer tout doucement et progressivement, il ne faut pas s'engager avec témérité; mais une fois en marche, il faut arriver au but ou périr. Douter revient à sombrer dans la folie. S'arrêter, c'est tomber dans un gouffre. C'est commencer à errer dans les ténèbres. Ceux qui ne s'en sentent pas la force doivent absolument s’arrêter là ; aux autres, nous conseillons de laisser décanter ce qu'ils ne comprennent pas encore. Tout finira par s'éclairer pour qui sait attendre.

Puisque l'Aleph est le principe, il fait allusion au premier principe de l'ésotérisme : « Tout ce qui est en haut est comme ce qui est en bas. » Cela mérite maintenant d'être développé et signifie que la forme est proportionnelle à l'idée ou que l'ombre est la mesure du corps calculée dans sa relation au rayon lumineux. L'imagination d'une entité avec laquelle il est possible d'entrer en contact détermine la forme de l’enfant dans le sein de sa mère et fixe la destinée des hommes. Vous trouvez-vous en danger? Croyez-vous invulnérable, dit Paracelse, et vous le serez. La peur attire les coups et même les balles et le courage donne une force tout à fait mystérieuse.

Et puisque l'Aleph symbolise l'unité, il symbolise aussi le mouvement qui fait que les nombres se succèdent. Il emblématise également le principe essentiel de la magie que voici en peu de mots : le verbe se trouve dans une proportion exacte avec les choses que nos yeux physiques ne peuvent voir. Ou pour le dire plus simplement: le visible est la manifestation de l'invisible. Une fleur est la manifestation d'un parfum. Un animal la manifestation d'une force, etc.

L'Aleph d’autre part représente schématiquement un homme qui élève une main vers le ciel et abaisse l'autre vers la terre. C'est l'image du magicien qui agit ici-bas avec les puissances de là-haut. Cette lettre constitue à elle seule un pentacle. Cousue au revers du veston, elle est un porte-bonheur. Elle met l'individu au centre de courants cosmiques bénéfiques. C'est un caractère, un hiéroglyphe, exprimant, condensant, la science sacrée universelle.


Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.