mardi 6 septembre 2016

Compte rendu de « Les thérapies comportementales et cognitives pour les Nuls », le principe du tout ou rien : trouver le juste équilibre, deuxième erreur dans nos pensées







Le juste équilibre entre le tout et le rien dans la vie humaine


Le psychologue Albert Ellis a dit un jour en plaisantant : « Si les Martiens découvrent un jour comment raisonnent les êtres humains, ils vont mourir de rire. »

Je vais traiter aujourd’hui de l’erreur n° 2 de nos pensées : «Le principe du tout ou rien : trouver le juste équilibre » décrite dans le livre Les thérapies comportementales et cognitives pour les Nuls. Les erreurs dans nos pensées, selon les auteurs, Rob Willson et Rhena Branch, sont au nombre de douze. J’ai traité la première erreur sur le catastrophisme dans cet article du blog.

Le principe du tout ou rien ou voir tout en noir ou tout en blanc est un raisonnement extrême susceptible de faire naître des émotions et des comportements extrêmes. Les autres vous adorent ou vous haïssent, n’est-ce pas ? Une chose est parfaite ou nulle ? Vous n’êtes absolument pas responsable ou bien vous êtes coupable à 100 % ? Cela vous paraît sensé ? Espérons que non !

Malheureusement, l’être humain tombe trop facilement dans le piège du tout ou rien :

1) Imaginez, vous essayez de manger équilibré afin de perdre du poids et vous cédez à la tentation d’un biscuit au chocolat. La pensée dichotomique (tout ou rien) peut vous amener à conclure que votre résolution est tombée à l’eau et à décider de manger les 11 autres biscuits du paquet.

2) Vous préparez un diplôme et vous n’obtenez pas un module. A cause de la pensée du tout ou rien, vous décidez que tous les efforts fournis sont vains. Soit vous avez tous les modules, soit l’entreprise n’a mené à rien.

En fait, vous devez penser au vénérable thermomètre pour vaincre cette tendance à la pensée du tout ou rien et avoir une vision authentiquement réaliste. Un thermomètre affiche des degrés et non simplement « chaud » ou « froid ». Pensez comme un thermomètre, en degrés et non en extrêmes.

Pour vous aider à modifier votre mode de pensée, vous pouvez aussi suivre ces deux conseils :

1)      Soyez réaliste, il est utopique quand on agit dans notre monde de penser que l’on ne va pas connaître des ratés et des erreurs : La constatation objective qu’il  ne faut jamais perdre de vue, c’est qu’il est absolument impossible de vivre sans commettre d’erreurs. Si vous ne commettez pas d’erreurs, cela signifie que vous n’agissez pas, que vous ne progressez pas, que vous n’essayez pas de réaliser des projets, que vous ne vivez pas en fait.

2)      Développez une aptitude au raisonnement nuancé. C’est une alternative à la pensée du tout ou rien. Vous devez parvenir à faire cohabiter mentalement deux éléments opposés en apparence. Vous pouvez à la fois atteindre vos objectifs universitaires généraux et échouer à un ou deux examens. La vie ne se résume pas à une réussite ou à un échec. Vous pouvez à la fois vous juger comme une personne honorable et essayer de changer dans certains domaines.

La pensée du tout ou rien peut saborder un comportement axé sur un objectif. Vous êtes plus susceptible de jeter l’éponge au premier indice de la présence d’un obstacle à la réalisation de votre objectif si vous refusez de vous accorder la moindre marge d’erreur. Prenez garde aux déclarations « soit/soit » et aux étiquetages tels que « bon » et « mauvais » et « succès » et « échec ». Les personnes et les situations sont rarement aussi tranchées.

Il y a une pensée qui a théorisé cette idée du juste équilibre, c’est le bouddhisme :  il préconise une voie moyenne. Le Bouddha a passé la première partie de son existence dans les plaisirs des sens et n’en a pas été heureux. Il a ensuite vécu pendant des années en pratiquant des mortifications intensives et cela non plus ne lui a pas donné le bonheur. Il s’est rendu compte alors que le désir pour les plaisirs terrestres était une des plus grandes causes de nos souffrances mais qu’à l’inverse, il ne servait à rien de se priver matériellement, qu’il fallait en fait méditer et discerner avec justesse et calme ce que sont nos erreurs extrêmes (les trois poisons) : l’ignorance, la colère et l’avidité. Toute la pensée bouddhiste est basée sur ce grand écart spirituel, sur cet équilibre toujours gardé entre les extrêmes qui sont néfastes pour l’être humain.

Voilà. C’est tout pour aujourd’hui. Je développerai la troisième erreur commune de nos pensées dans  un prochain article.

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