dimanche 19 juillet 2015

Borges et le bouddhisme : synthèse bibliographique (première partie)

Les œuvres pas tout à fait complètes de Jorge Luis Borges

Pour clore cette série d’articles sur Borges et le bouddhisme, j’en reviens à deux points déterminants. Ce n’est pas par hasard si l’écrivain argentin publie son livre en 1976 Qu’est-ce que le bouddhisme ?. Il est passionné de philosophie, de métaphysique, de religion et le bouddhisme, pour diverses raisons, est la religion qui le captive, qui l’intrigue le plus, qui lui paraît la plus proche de la vérité. Comme je vais le montrer, il l’abordera à sept reprises dans sa vie d’écrivain (sans parler des moments où il effleure le sujet comme dans « Le temps circulaire » d’Histoire de l’éternité). Mais surtout ce n’est pas une chose négligeable que cette religion soit abordée par un des plus grands intellectuels de notre temps. Je rappelle que Borges a été cité dans The Western Canon d’Harold Bloom, un des critiques importants actuellement, comme étant un des dix-sept auteurs faisant partie du canon occidental (avec notamment Cervantes et Shakespeare…). Je tiens à mentionner aussi qu’il a été présumé plusieurs fois pour le prix Nobel mais qu’il ne l’a pas obtenu, apparemment pour cause de pensée excessivement anti-conformiste.

Pour que le lecteur ait une grande clarté de l’itinéraire de Borges par rapport au bouddhisme, je mentionnerai de manière chronologique les sept moments où il a abordé cette religion. C’est important parce qu’un des textes n’est pas traduit en français, « La personalidad y el buddha » et un autre « Futilité du culte du moi » n’est accessible que dans les œuvres complètes de la collection « La Pléïade » de Gallimard.

Toujours pour des raisons de commodité de lecture sur Internet, je publierai cette synthèse en deux parties.

1) « La naderia de la personalidad », publiée dans le journal Proa en 1922 puis dans son premier recueil d’essais en 1925 (Inquisiciones) non traduit en français. On trouve le texte avec un mauvais titre dans le tome 1 des Œuvres complètes de La Pléïade : « Futilité du culte du moi » (Il faudrait traduire « Néant de la personnalité » ou « Négation de la personnalité »). Ce texte est bien sûr inspiré par la doctrine bouddhiste du non-soi (anatman).

Borges nous dit : « Je pense pouvoir prouver que la personnalité est une méprise occasionnée par la présomption et l’habitude mais dépourvue de fondements métaphysiques et de réalité propre »
Il enchaîne ensuite : « Le moi n’existe pas. […]
Moi, en écrivant, je ne suis qu’une certitude qui recherche les mots les plus aptes à gagner ton attention. Ce propos, ainsi que quelques sensations musculaires et la vue des claires frondaisons devant ma fenêtre, constituent mon moi actuel. »
La phrase « Le moi n’existe pas » est ensuite répétée quatre fois avec chaque fois des arguments sur l’inexistence du moi.
« Personne, s’il y pense bien, n’acceptera que le moi puisse se fonder sur la somme conjecturale et irréalisable de nos différents états d’âme. »
Il parle de son maître à penser, l’écrivain Torres Villaroel, qui s’aperçut qu’il était semblable aux autres, c’est-à-dire qu’il n’était rien, ou qu’il n’était tout juste qu’une confuse clameur qui persistait dans le temps et fatiguait l’espace.

Dans une partie qui a été supprimée (volontairement ou involontairement) en français, Borges cite le livre de Georg Grimm Die Lehre des Buddha (La leçon de Bouddha) de 1917. Celui-ci explique que les Indiens font ce raisonnement : je ne suis pas la réalité visuelle que mes yeux embrassent, je ne suis pas les sons que j’écoute ; de même je ne suis pas les odeurs, le sens du toucher. Je ne suis pas non plus mon corps. Je ne suis pas non plus le désir, ni la pensée. Je ne peux pas non plus être certain que ma conscience existe. Alors que suis-je ?

2) Enquêtes, 1945, « De quelqu’un à personne».
Dans cet article sur la personne de Dieu, Borges inclut cette note incroyable : « La courbe se répète dans le bouddhisme. Les premiers textes racontent que le Bouddha, au pied du figuier, contemple l’enchaînement infini de toutes les causes et effets de l’univers, les incarnations passées et futures de chaque être ; les derniers textes rédigés plusieurs siècles après, soutiennent que rien n’est réel, que toute connaissance est fictive, et que s’il y avait autant de Ganges qu’il y a de grains de sable dans le Gange, et encore autant de Ganges que de grains de sables dans ces nouveaux Ganges, le nombre final de grains de sable serait plus petit que le nombre de choses que le Bouddha ignore. »

3) Enquêtes, 1945, « Formes d’une légende».
Borges nous montre que la légende où le Bouddha découvre soudainement, à la suite, un vieillard, un malade et un mort figure dans cinq textes différents. D’abord bien sûr dans le récit de la vie de Bouddha, mais aussi dans un traité, le Majjhimani Kaya au numéro 130, à l’intérieur du Sutta Pitaka, sous le nom « Discours sur les messagers de la mort » : cinq messagers secrets sont envoyés par les dieux : un petit enfant, un vieillard, un paralytique, un criminel dans les tortures et un mort ; ils nous avertissent que notre destin est de naître, décliner, tomber malades, subir un juste châtiment et mourir. Le Juge des Ombres, Yama, demande au pécheur s’il n’a pas vu les messagers ; le pécheur reconnaît qu’il les a vus, mais n’a pas déchiffré leurs messages ; les sbires de Yama l’enferment alors dans une maison pleine de flammes. (une histoire incroyablement morale !)

Borges s’amuse beaucoup de ce qui est arrivé par la suite. Du fait du livre d’un moine chrétien du VII e siècle, Barlaam et Josaphat, Bouddha a été canonisé. Le moine a en fait repris la légende du Bouddha d’après un livre bouddhiste le Lalitavistara (dont je vais parler par la suite). Voici l’histoire : Josaphat est fils d’un roi de l’Inde ; les astrologues prédisent qu’il règnera sur un plus grand royaume qui est celui du ciel ; le roi l’enferme dans un palais, mais Josaphat découvre la malheureuse condition des hommes sous les espèces d’un aveugle, d’un lépreux et d’un moribond, et finalement est converti à la foi par l’ermite Barlaam. Le cardinal César Baronius a compris Josaphat dans son édition revue du martyrologue romain.

Une autre référence dans un livre bouddhiste : au troisième livre de l’épopée sanscrite, le Bouddha-charita, une œuvre d’Ashvagosha, qui est la première biographie complète du Bouddha, il est dit que les dieux créèrent le mort et qu’aucun homme ne le vit tandis qu’on l’emportait, sauf le cocher et le prince.
Le Lalitavistara Sutra (Soutra de la multitude d’actions merveilleuses) va plus loin. Dans cet ouvrage, le Bouddha est décrit comme un être sublime qui accomplit des prodiges surnaturels : les « actions merveilleuses » sont ses interventions miraculeuses. Voici ce qu’écrit Borges avec un certain humour : « De cette compilation de prose et de vers, écrite en un sanscrit impur, il est d’usage de parler avec quelque malignité ; l’histoire du Rédempteur s’y enfle jusqu’à l’oppression, jusqu’au vertige. Le Bouddha, entouré de douze mille moines et trente mille Bodhisattvas révèle aux dieux le texte de l’œuvre ; du haut du quatrième ciel, il a fixé l’époque, le continent, le royaume et la caste où il doit renaître pour mourir une dernière fois ; quatre-vingt mille timbales accompagnent les paroles de son discours et dans le corps de sa mère, il y a la force de dix mille éléphants. Le Bouddha, dans l’étrange poème, dirige chaque étape de son destin ; il fait en sorte que les divinités projettent les quatre figures symboliques, et, quand il interroge le cocher, il sait déjà quelles sont ces figures et ce qu’elles signifient. » Pour la suite de l’analyse (passionnante), achetez ou empruntez Autres inquisitions.
La conclusion de Borges est surprenante :
« La chronologie de l’Hindoustan est incertaine ; mon érudition l’est beaucoup plus : Koeppen et Hermann Beckh sont peut-être aussi faillibles que le compilateur qui risque cette note ; je ne serais pas surpris que mon histoire de la légende fût légendaire, faite de vérité substantielle et d’erreurs accidentelles. »

4) Enquêtes, 1945, « Nouvelle réfutation du temps ».

Borges y cite « le char du roi grec dans le Milindapañha » (voir paragraphe 5).
Il parle aussi d’un traité bouddhiste le Visuddhimagga (Chemin de la pureté), qui, selon lui, emploie la même image sur le temps que Schopenhauer : « A strictement parler, la vie d’un être dure ce que dure une idée. Comme une roue de voiture, en tournant, touche la terre en un seul point, la vie dure ce que dure une seule idée. » D’autres textes bouddhistes disent que le monde s’anéantit et ressuscite six mille-cinq-cents millions de fois par jour et que tout homme est une illusion, vertigineusement construite par une série d’hommes instantanés et solitaires. « L’homme d’un moment passé, nous fait observer Le chemin de la pureté, a vécu, mais ne vit ni ne vivra ; l’homme du moment futur vivra, mais n’a vécu ni ne vit ; l’homme du moment présent vit, mais n’a vécu ni ne vivra. »

C’est fini pour cette première partie. La suite au prochain numéro. Amicales salutations.

mercredi 15 juillet 2015

Borges et le bouddhisme : étude de l’ouvrage " Qu’est-ce que le bouddhisme ? " (1976) (quatrième partie)



Siddharta tenté par les filles de Mara




Nous voici donc au moment où après la révélation de la souffrance du monde, le bouddha quitte son palais. Il s’enfuit en direction de l’orient. Les sabots de son cheval volent au-dessus du sol, les portes de la ville s’ouvrent d’elles-mêmes. Après avoir traversé une rivière, il renvoie le serviteur qui l’a accompagné, lui remet son cheval et ses vêtements, et il se coupe les cheveux avec son épée. Il les jette en l’air et les dieux les recueillent comme des reliques. Un ange qui a pris la forme d’un ascète lui remet les trois pièces du vêtement jaune, la ceinture, le couteau, la sébile pour les aumônes, l’aiguille et le tamis pour filtrer l’eau. Le cheval rentre au palais et meurt de chagrin.

Siddharta passe sept jours dans la solitude. Il cherche ensuite les ascètes qui habitent dans la forêt ; les uns sont vêtus d’herbe, les autres de feuillage. Tous se nourrissent de fruits ; les uns mangent une fois par jour, d’autres tous les deux jours, d’autres encore tous les trois jours. Ils rendent un culte à l’eau, au feu, au soleil ou à la lune. Il y en a qui se tiennent sur un seul pied ou qui dorment sur un lit d’épines. Ces hommes lui parlent de deux maîtres qui vivent dans le Nord ; les raisonnements de ces maîtres ne le satisfont pas.

Siddharta gagne les montagnes, où il passe six années pénibles, dans la mortification et le jeune. Il reste sans bouger quand tombent sur lui la pluie ou les rayons du soleil ; les dieux croient qu’il est mort. Il comprend enfin que les exercices de mortification sont inutiles ; il se lève, se baigne dans les eaux de la rivière et mange un peu de riz. Son corps recouvre aussitôt son ancienne vigueur, les signes qu’Asita avait reconnus et l’auréole qui avait disparu. Des oiseaux volent au-dessus de sa tête pour l’honorer, le Bodhisattva s’assied à l’ombre de l’Arbre de la Connaissance et se met à méditer. Il décide de ne pas se lever avant d’être parvenu à l’illumination.

Mara, dieu de l’amour, du péché et de la mort, attaque alors Siddharta. Ce duel ou combat magique dure une partie de la nuit. Mara, avant de combattre, rêve qu’il est vaincu, voit sa couronne perdue, les fleurs fanées et les étangs asséchés dans son palais, les cordes de ses instruments de musique cassées, sa tête couverte de poussière. Il rêve qu’il ne peut, au cours du combat, tirer son épée ; il rassemble, pourtant, une nombreuse armée de démons, de tigres, de lions, de panthères, de géants et de serpents – certains étaient grands comme des palmiers et d’autres petits comme des enfants – il chevauche un éléphant de cent cinquante milles de hauteur et il revêt un corps à cinq cents têtes, cinq cents langues de feu et mille bras dont chacun brandit une arme différente. Les troupes de Mara lancent des montagnes de feu sur Siddhârta ; celles-ci, par l’effet de son amour, se transforment en palais fleuris. Les projectiles forment un haut baldaquin au-dessus de sa tête. 

Mara, vaincu, ordonne à ses filles de séduire son adversaire ; celles-ci l’entourent et lui disent qu’elles sont faites pour l’amour et pour la danse, mais Siddharta leur rappelle qu’elles ne sont qu’illusion et inconsistance. Le doigt pointé vers elles, il les transforme en vieilles décrépites. Pleine de confusion, l’armée de Mara se disloque.

Seul et immobile sous son arbre, Siddharta contemple ses multiples incarnations antérieures et celles de toutes les créatures ; il embrasse d’un seul regard les innombrables mondes de l’univers ; puis l’enchaînement de toutes les causes et de tous les effets. Il a l’intuition, à l’aube, des quatre nobles vérités. Il n’est plus le prince Siddharta, il est devenu le Bouddha.
Ainsi s’achève la plus ancienne version de la légende de Bouddha, celle qu’on raconte au Népal et au Tibet.

Si vous voulez en savoir encore plus : la vie publique du Bouddha, les antécédents du bouddhisme, la cosmologie bouddhiste, la position du bouddhisme sur la métempsycose, sur le Nirvana, etc., le développement du bouddhisme en Grand Véhicule, lamaisme, bouddhisme tantrique, bouddhisme zen, achetez-vous ou empruntez dans une bibliothèque ce remarquable petit livre, à la fois plein d’esprit, de poésie et de discernement, Qu’est-ce que le bouddhisme ? de Jorge Luis Borges et Alicia Jurado.


La suite donc au prochain numéro comme dans les romans-feuilletons du dix-neuvième siècle ou dans les séries télévisées américaines actuelles. Amicales salutations.

lundi 13 juillet 2015

Borges et le bouddhisme : étude de l’ouvrage " Qu’est-ce que le bouddhisme ? " (1976) (troisième partie)



La naissance miraculeuse du Bouddha telle que nous l'avons vue dans l'article précédent



La biographie légendaire du Bouddha, pleine de miracles, de magie, de rêves prophétiques, peut paraître bizarre aux Occidentaux auxquels on a répété depuis plus d’un siècle que le bouddhisme était une philosophie et non une religion. Pourtant le Cambodge l’a proclamé religion officielle depuis 1993. Un des meilleurs spécialistes français de l’Asie du Sud-Est, Louis Frédéric, a écrit un livre qui s’intitule Les dieux du bouddhisme. Que penser ? Simplement là aussi, suivant les pays et les pratiques spirituelles, une même pensée peut être perçue différemment ou s’être développée d’une manière toute autre. C’est à nous, individus, en fonction de notre vécu, de l’aborder à notre façon, de nous constituer un maximum de culture sur le sujet afin de pouvoir bien juger la question. Alors, in fine, si Borges, un des plus grands érudits du vingtième siècle, s’est régalé de la légende historique du Bouddha, pourquoi nous en priverions-nous ?

Après avoir décrit sa naissance miraculeuse et sa reconnaissance par le visionnaire Asita, voyons maintenant son adolescence et son âge adulte. Les sages qui avaient déjà interprété le rêve de Maya, sa mère, prédisent au père du Bouddha que son fils sera soit maître du monde (un grand roi) soit rédempteur de l’univers. Celui-ci s’en tient à la première annonce ; il fait construire trois palais pour son fils Siddhârta (tel est le prénom du Bouddha), d’où il bannit tout ce qui pourrait lui révéler la précarité, la souffrance ou la mort. Le prince se marie à dix-neuf ans ; auparavant, il doit sortir vainqueur de divers concours comportant la calligraphie, la botanique, la grammaire, la lutte, la course à pied, le saut et la natation. Il doit aussi triompher dans une épreuve de tir à l’arc ; la flèche tirée par Siddhârta tombe plus loin qu’aucune autre et, là où elle tombe, jaillit une source.

Dix années d’un bonheur illusoire s’écoulent pour le prince, consacrées aux plaisirs des sens dans son palais dont le harem renferme quatre-vingt-quatre mille femmes. Cependant, Siddhârta sort un matin et y rencontre les personnages déjà évoqués dans sa biographie historique : un vieillard, un lépreux, un cadavre et un moine mendiant.

La nuit où il prend la décision de renoncer au monde, on lui annonce que sa femme est accouchée d’un fils.  A minuit, il se réveille, parcourt son harem et voit ses concubines endormies. L’une a un filet de salive qui lui coule de la bouche ; l’autre, les cheveux épars et en désordre, semble avoir été piétinée par des éléphants ; l’autre encore parle en rêve ; l’autre exhibe un corps couvert d’ulcères ; toutes semblent mortes. Siddhârta dit : « Les femmes sont ainsi, impures et monstrueuses dans le monde des mortels ; mais l’homme, trompé par leurs atours, les trouve désirables. » Il entre dans la chambre de son épouse, Yasodhara ; il la voit endormie, la main posée sur la tête de leur fils. Il se dit : « Si je déplace cette main, ma femme se réveillera ; quand je serai devenu le Bouddha, je reviendrai et, alors, je pourrai toucher mon fils. »
Il sort du palais et s’enfuit en direction de l’orient…

Voilà l’histoire de l’adolescence, du début de l’âge adulte du Bouddha et de sa première révélation, telles que les raconte sa biographie légendaire.


La suite donc au prochain numéro avec sa future illumination toujours dans cette narration hors norme. Amicales salutations.

Borges et le bouddhisme : étude de l’ouvrage "Qu’est-ce que le bouddhisme ? " (1976) (deuxième partie)


Un livre sur le bouddhisme qui m'a passionné


Dans l’étude de Borges, 14 pages sont consacrées au bouddha légendaire et 4 au bouddha historique. Dans mon article de présentation du bouddhisme, je n’avais même pas présenté cette légende. C’est une question de perspective. Toute sa vie, sans vraiment se l’avouer, Borges a été fasciné par la magie et l’ésotérisme. Un de ses essais les plus connus s’appelle « L’art narratif et la magie » dans Discussion. Il se passionne pour l’écrivain suédois Emanuel Swedenborg qui raconte dans ses livres ses rencontres avec les anges et pour l’auteur autrichien Gustav Meyrink, spécialiste d’occultisme, qui a romancé la biographie de l’alchimiste John Dee, L’Ange à la fenêtre d’Occident.

Sur notre problème, Borges s’excuse ainsi : « Dans le cas du Bouddha, comme dans celui d’autres fondateurs de religions, la principale difficulté à laquelle l’investigateur se trouve confronté réside dans le fait qu’il n’y a pas deux témoignages mais un seul : celui de la légende (sic !). Les faits historiques sont cachés dans la légende, laquelle n’est pas une invention arbitraire mais une déformation ou une amplification de la réalité. On sait que les littérateurs hindous se complaisent aux hyperboles et aux somptuosités, ne s’intéressant guère aux détails circonstanciels […] ». Validant cette théorie, Borges nous décrit en détail tout ce qu’il aime, la magie, la poésie, la métaphore, la vie symbolique du Bouddha. Ne faisons pas l’impasse sur celle-ci, puisqu’elle a pu intéresser un grand érudit comme l’écrivain argentin et qu’elle passionne sans doute nombre de bouddhistes.

La biographie légendaire commence au ciel. Le Bodhisattva (qui deviendra le Bouddha, nom qui signifie l’ « Eveillé ») a fini grâce aux mérites accumulés au cours d’un nombre infini d’incarnations antérieures, par naître dans le quatrième ciel des dieux. Du haut de son ciel, il regarde la terre et détermine le siècle, le continent, le royaume et la caste où il renaîtra pour être le Bouddha et sauver les hommes. Il choisit sa mère, la reine Maya (ce nom signifie la force magique qui crée l’illusoire univers), femme de Suddhodana, qui est roi dans la ville de Kapilavastu, au sud du Népal. Maya rêve que dans son flanc entre un éléphant à six défenses, le corps couleur de neige et la tête couleur de rubis. Les dieux élèvent alors un palais dans son corps ; dans cet enclos le Bodhisattva attend son heure en priant. Dans le deuxième mois de printemps, la reine traverse un jardin ; un arbre dont les feuilles resplendissent comme le plumage du paon lui tend une branche ; la reine l’accepte avec simplicité ; le Bodhisattva se lève alors et naît de son flanc droit sans la déchirer.

Le nouveau-né fait sept pas, regarde à droite et à gauche, derrière lui et devant lui ; il constate qu’il n’y a dans l’univers personne de semblable à lui et il proclame d’une voix de stentor : Je suis le premier et le meilleur ; c’est là ma dernière naissance ; je viens mettre un terme à la souffrance, à la maladie et à la mort. Deux nuages versent de l’eau froide et de l’eau chaude pour le bain de la mère et de son fils ; les aveugles voient, les sourds entendent, les paralytiques marchent, les instruments de musique jouent tout seuls ; les dieux du quatrième ciel se réjouissent, chantent et dansent ; les réprouvés, dans l’enfer, oublient leurs peines. A cet instant même viennent au monde sa future femme, Yasodhara, son écuyer, son cheval, son éléphant et l’arbre à l’ombre duquel il parviendra à la libération.

Sa mère meurt sept jours après la naissance du Bouddha et elle monte au ciel des trente-trois Devas. Un visionnaire, Asita, entend la jubilation de ces divinités, descend de sa montagne, prend l’enfant dans ses bras et dit : « Il est l’incomparable. » Il constate la présence sur lui des signes de l’élu : une sorte de haute couronne de chair au sommet de son crâne, des cils de bœuf, quarante dents très serrées et très blanches, une mâchoire de lion, et sa hauteur est égale à la largeur de ses bras ouverts, son teint est doré, des membranes relient ses doigts et une centaine de figures apparaissent sur la plante de ses pieds, parmi lesquelles le tigre, l’éléphant, la fleur de lotus et le mont pyramidal Meru. Puis Asita pleure, parce qu’il se sait trop vieux pour pouvoir être instruit de la doctrine que le Bouddha prêchera par la suite.

Voilà l’histoire de la naissance miraculeuse du Bouddha telle que la raconte sa biographie légendaire.

La suite donc au prochain numéro avec l’adolescence du Bouddha et sa future illumination toujours dans cette narration hors normes. Amicales salutations.

samedi 11 juillet 2015

Borges et le bouddhisme : étude de l’ouvrage " Qu’est-ce que le bouddhisme ? " (1976) (première partie)


Jorge Luis Borges, un amateur de métaphysique et de religions





Cela peut paraître bizarre de consacrer une série d’articles sur ce blog à Borges et ses relations avec le Bouddhisme. Quelles compétences l’écrivain argentin aurait-il de plus que les autres ? En fait, j’en reviens toujours au même principe : Borges fait son bouddhisme, crée son bouddhisme et c’est incroyablement intéressant. Pourquoi ? Parce qu’il est poète et trouve une étonnante poésie dans les textes écrits sur le Bouddha, sa vie et sa prédication, parce qu’il est métaphysicien et que le Bouddha a élaboré une métaphysique hyper-originale pour notre pensée occidentale (et en même temps qui peut se comparer à des théories divergentes de notre société comme celle des gnostiques), parce qu’il est très imaginatif comme les auteurs des récits bouddhistes eux-mêmes (qui créent des mythes à foison, des anecdotes, des ramifications sans cesse pour détailler, développer, étayer le fil principal de leur narration).

Comme je vous l’ai déjà dit, j’ai consacré en 2003 une biographie thématique à Borges et j’écrivais déjà à l’époque que ce qui me fascine chez lui, c’est qu’il s’est intéressé et a été connaisseur d’un nombre incroyable de religions (je ne vais pas citer toutes les références, il y en a trop). D’abord l’Islam avec « Le teinturier masqué Hakim de Merv » et « Le Zahir ». Ensuite le Judaïsme sous l’angle de la Kabbale (« La Kabbale » dans Sept nuits, « Une défense de la Kabbale » dans Discussion). Mais c’est aussi un passionné des gnostiques avec par exemple « Une défense du fallacieux Basilide » (je parle longuement de sa passion pour ces hérétiques dans mon livre). Il connaît naturellement très bien les textes chrétiens, sa mère étant une catholique pratiquante et sa grand-mère paternelle presbytérienne, et les cite (titres de plusieurs poèmes : « Genèse, IV, 8 », « Genèse, IX, 13 », « Ecclésiaste, I, 9 », « Matthieu, XXVII, 9 », etc.) ; il a même publié un article curieux sur un sujet pointu « Histoire des anges ». Mais la seule religion sur laquelle il ait écrit un livre entier, c’est le bouddhisme. Il a été rédigé avec Alicia Jurado, une grande femme de lettres argentine, auteur entre autres de la première biographie de Borges, qui s’est occupée ici principalement de la partie documentation et qui, l’écrivain argentin étant aveugle depuis déjà pas mal de temps, a été en quelque sorte ses yeux. Notons en passant que l’on s’aperçoit en lisant Qu’est-ce que le bouddhisme ? que Borges se passionnait aussi pour l’hindouisme dont il cite les idées de manière précise à plusieurs reprises.

L’autre intérêt du livre de Borges est d’être une sorte de petit compendium, de « Que sais-je ? » très brillant. N’étant affilié à aucune école, l’écrivain argentin parle de tous les bouddhismes : le Petit Véhicule, le Grand Véhicule, Le lamaisme, Le bouddhisme tantrique, le bouddhisme zen. Les thématiques et les idées principales de cette philosophie (ou religion) sont évoquées avec clarté et poésie : la cosmologie bouddhiste, la métempsycose, la Roue de la Loi, le problème du Nirvana, l’éthique bouddhiste. Comme nous l’avons déjà dit, l’écrivain argentin se délecte de la prodigieuse imagination et de la grande subtilité orientale des rédacteurs des textes bouddhistes, surtout dans la partie « Le Bouddha légendaire » qui est un régal littéraire.


Voilà. C’est tout pour aujourd’hui. La prochaine fois, nous entrons dans le cœur du livre de Borges. Ce sera notre professeur dans le monde fascinant et étonnant du bouddhisme. Amicales salutations.

mercredi 8 juillet 2015

Compte rendu de l’interview d'un grand mnémotechnicien, Jean-Claude Arrestier, alias Atomix






"La Rhétorique à Hérennius" considère la mémoire comme une des cinq parties de la rhétorique (avec l'invention, la disposition, l'élocution et l'action).



Chers amis,

J’interromps le temps d’un article mes considérations personnelles sur le bouddhisme et je reviens à la mémoire. J’ai pour vous interviewé un des plus grands mnémotechniciens de notre époque, Jean-Claude Arrestier, alias Atomix. Voici une synthèse de cette entrevue.


A) Biographie.

 Jean-Claude Arrestier est un expert de la mémoire, comme Benoît Rosemont, (qu’il connaît depuis ses débuts et dont il a vu quatre fois le spectacle), comme le défunt Charles Barbier (qu’il a bien connu : celui-ci lui souhaitait son anniversaire chaque année où qu’il soit dans le monde et il a réalisé avec lui deux spectacles), comme Tréborix autrefois, comme Harry Lorayne aux Etats-Unis, etc.

Jean-Claude Arrestier me raconte qu’il a commencé les expériences de mnémotechnie à dix-sept ans. Quand il est sorti de l’armée, il est rentré dans un laboratoire d’électricité à Clichy. Il avait jugé à l’époque qu’il était indispensable de dépenser trois pour cent de son salaire pour améliorer ses connaissances professionnelles. Il a passé un certificat d’électronique appliquée au domaine atomique et a participé à la mise au point des essais nucléaires français dans le Pacifique.

Jean-Claude Arrestier a eu des missions scientifiques durant toute sa vie dans de nombreux pays étrangers, l’URSS, l’Arabie Saoudite (où il faisait de la collecte de renseignements), le Maroc, l’Algérie, la Tunisie, le Cameroun, le Nigéria, etc. Il a travaillé pour l’entreprise TRT (Télécommunications Radioélectriques et téléphoniques) comme ingénieur puis directeur de la formation, ensuite pour la firme UNIMECS, dans un premier temps comme directeur de la division Technologies Internationales, et finalement comme Directeur Général.

Il a animé des stages à Rambouillet pendant des années pour TRT (Télécommunications radioélectriques et téléphoniques) sur la motivation et la mémoire (5000 personnes, 900 ingénieurs). Jean-Claude Arrestier a réalisé de nombreuses démonstrations de mémoire devant de vastes publics en Italie et en Yougoslavie. Il pratique beaucoup d’expériences de mnémotechnie durant la journée. Il met en œuvre ce qu’il appelle la synesthésie (travail conjoint sur plusieurs sens, sur plusieurs pensées) : par exemple, en même temps qu’il apprend par cœur des plaques minéralogiques rencontrées dans la rue, il mémorise plusieurs poèmes. Quand ses collaborateurs lui ont offert pour son départ de l’entreprise TRT Le livre du ça du psychanalyste Georg Groddeck, il a promis de l’apprendre par cœur avec la ponctuation en un mois et il l’a fait, démonstration à l’appui.

Il a été embauché pour apprendre à des gens dans un supermarché à faire une liste de commissions complexes de 50 courses. Sa méthode est entre autres basée sur les couleurs.
Il me dit en aparté que la marine de guerre allemande lui a proposé d’acheter son cerveau quand il serait décédé.

En résumé, on peut lire sur la couverture d’un de ses livres la présentation suivante de ses activités passées : « L’auteur a participé aux premiers essais nucléaires français dans le Pacifique. Il a travaillé sur des systèmes industriels comportant ces technologies en France comme à l’étranger. Sur un travail de précurseur avec le docteur Brown, il a mis au point des cours qu’il dispense actuellement. Il a enseigné l’électromécanique, l’électronique et les microprocesseurs à plusieurs milliers de personnes. Ce livre est un des résultats de son expérience professionnelle et pédagogique. Il a écrit plusieurs recueils et ouvrages sur la robotique, la maintenance et le dépannage de systèmes électroniques. Conseiller technique pour les Entreprises en réalisation et maintenance, il est expert en techniques avancées. (Bertrand Lombardi, Directeur de l’Institut International de Science et Technologie).

Depuis les années 70, Jean-Claude Arrestier a publié plusieurs livres : Logique combinatoire et séquentielle : algèbre de Boole (1974), Introduction to the electrophotographic process (1980) et Matériaux à mémoire de forme (1995).

Atomix a fait dans sa vie 23 tours du monde. Il espère repartir une nouvelle fois en novembre de cette année.

B) Il réalise devant moi plusieurs de ses tours de mémoire prodigieuse et de calcul mental hors normes.

1)   Je choisis un dessin parmi 100 qu’il propose et qui ont un nombre et une couleur différents. Il suffit du nombre à Atomix pour décrire le dessin et la couleur ou alors de la description du dessin pour retrouver le nombre. Il prévoit dans l’avenir de faire l’expérience avec mille figures.

2)  Tour des drapeaux. Atomix a 10 cartes avec 140 drapeaux. Je choisis un drapeau, le drapeau de l’Arabie Saoudite. Atomix le découvre, me dit que ce pays est à la neuvième place sur la carte, en donne les détails géographiques (nombre d’habitants, situation géographique, etc.).

3) Tour sur les pays.
Je donne au hasard la lettre Z à Atomix. Il me décrit les deux pays au monde dont le nom commence par Z, le Zaïre et la Zambie. Je lui soumets le Vatican. Il me répond que c’est le seul pays au monde qui commence par un V, il dit le nombre d’habitants, etc.

4) Tour des dés
Il donne en une seconde le total de six dés lancés par moi ou sortis d’un sac.

5) Tour des grains de riz.
Jean-Claude Arrestier compose une sorte de carré magique avec des grains de riz. Le total des grains de riz distribués sur quatre colonnes est de dix. Atomix me propose de changer de place un des grains de riz. Il les déplace à nouveau et le total fait toujours dix !

6) Tours mathématiques
Il retrouve après plusieurs multiplications le nombre que j’ai originellement donné. Il réalise plusieurs prouesses en calcul mental.

7) Calendrier perpétuel
Il trouve quel jour sera le 14 juillet 2015, le 1 janvier 2016, le 22 avril 2016, jour de mon anniversaire, etc.

8) Un tour avec un agenda nommé « Institut International JCA, recherches parapsychologiques ». Jean-Claude Arrestier me fait mélanger un jeu. Je choisis une date au hasard, dans le cas présent, ma date de naissance, le 22/04/1961. Il me fait prendre d’abord 4 cartes dans le paquet (mois de naissance) puis 21 (jour naissance – 1), la carte suivante est le valet de cœur. Dans son agenda, sous la date du 22/04, je peux voir un valet de cœur.

9) Jean-Claude Arrestier me tend une petite affiche avec 63 dessins. J’en choisis une sans lui dire, en l’occurrence la carte bleue. Il me fait passer plusieurs planches de dessins et je dois lui dire si mon dessin s’y trouve ou ne s’y trouve pas. Finalement, il me révèle le dessin que j’ai choisi.

10) Atomix me tend dix cartons de couleur verte et blanche avec sur chacun dix villes. Il me demande d‘en choisir une (je prends « Barcelona »). Après plusieurs éliminations de cartons, il est en mesure de me dire quelle ville a été l’objet de ma préférence.

11) Prévision de mon signe zodiacal.
Atomix me donne quatre cartes avec les signes du Zodiaque.
Je pense à mon signe (en astrologie indienne, c’est le bélier). Après plusieurs passages, Atomix le devine.

12) Il me présente un jeu de 52 images. Je choisis la vingt-sixième carte qui représente un escabeau. Je lui dis le nombre 26 et il me répond que c’est un escabeau.

13) Continuant avec le nombre 26, il me fait aligner trois fois le nombre, ce qui donne 262626 et me demande de le diviser par 78. A l’avance, il a écrit sur un papier que le résultat sera 3367.

14) Jean-Claude Arrestier me fait choisir dans un jeu des chiffres. Je prends le 6 et le 3
Il me fait multiplier 6 par 20. Le résultat est 12 auquel il me demande d’ajouter 2, ce qui donne 14. Il me demande de multiplier 14 par 5, ce qui fait 70 auquel il me demande d’enlever 7. Le résultat est final est 63, donc mes deux chiffres de départ 6 et 3.

15) Atomix me fait poser une pièce sur une case d’un tableau qui en comporte 160 avec des numéros différents. Il devine tout de suite le nombre qui a été caché par la pièce.

16) Jean-Claude Arrestier me donne un jeu de cartes avec des images. Je lui tends un petit paquet qu’il soupèse et il devine le nombre de cartes qu’il comporte.

C) Bibliographie .

ARRESTIER, Jean-Claude, Les faisceaux hertziens, Télécommunications radioélectriques et téléphoniques. 

ARRESTIER, Jean-Claude, Logique combinatoire et séquentielle : algèbre de Boole, 1974.

ARRESTIER, Jean-Claude, Introduction to the electrophotographic process, 1980.

ARRESTIER, Jean-Claude, Initiation aux microprocesseurs Sym, International Institute of science and technology, 1982.

ARRESTIER, Jean-Claude, Matériaux à mémoire de forme, 1995.


Voilà. C'est tout pour aujourd'hui. La prochaine fois, ce sera, je pense, un article sur Borges et le bouddhisme. Amicales salutations.

mardi 7 juillet 2015

Fête du Dharma, Centre Bouddhiste Triratna de Paris, 5 juillet 2015, deuxième partie


Logo de la Communauté Bouddhiste Triratna
Représentation des Trois Joyaux (Triratna en Sanskrit) : Le Bouddha, le Dharma et la Sangha


Je me rends compte que cette partie est plus technique, plus rituelle ! Ne vous affolez pas, cela fait partie de la pratique, qui, par moments, doit être guidée.


7) Récitation du mantra du Bouddha Sakyamuni

Le voici :
« Om muni muni maha muni Sakyamuni Svaha. »
Pendant la récitation du mantra, la plupart des participants se prosternent à plusieurs reprises devant l’autel du Bouddha et allument un bâton d’encens.

8) Lecture par Marie-Françoise d’un autre passage du Sutra du Lotus.

9) Puja (cérémonie) : lecture commune de la puja en sept parties

a) Adoration
Evocation d’une adoration matérielle par la fumée de l’encens, les bougies et les fleurs sur l’autel.

b) Salutation
Sorte de salutation métaphysique et respectueuse à tous les Bouddhas dans les mille millions de mondes.

c) Aller en refuge
C’est s’engager véritablement, le plus intensément possible dans les trois refuges : le Bouddha, le Dharma, la Sangha.

d) Refuges et préceptes

* Refuges
Les trois phrases suivantes sont prononcées en pali : Buddham saranam gacchami (Dans le Bouddha, je vais en refuge), Dhammam saranam gacchami (Dans le Dharma, je vais en refuge), Sangham Saranam gacchami (Dans la Sangha, je vais en refuge). Puis les participants les répètent rituellement une deuxième et une troisième fois.

* Préceptes
Sont énoncés ensuite les cinq préceptes du laïc :
- S’abstenir de prendre la vie.
- S’abstenir de prendre ce qui ne nous appartient pas.
- S’abstenir de méconduite sexuelle.
- S’abstenir de paroles fausses.
- S’abstenir de prendre des intoxicants.

e) Confession des fautes
Ce n’est pas une confession classique ! Les participants reconnaissent seulement avoir fait du mal dans leur quotidien, soit par ignorance, soit par bêtise, et promettent d’essayer de ne pas recommencer.

f) Réjouissance du mérite
La réjouissance du mérite est un peu un pendant positif à la confession des fautes. Les participants se réjouissent du bien fait par tous les êtres, des personnes qui obtiennent le repos, des êtres qui sont libérés de la ronde des renaissances. Ils se félicitent de l’existence passée, présente et future des Bouddhas et des bodhisattvas. Ils célèbrent l’apparition de la volonté d’Eveil, de l’enseignement bouddhiste qui apporte la joie à tous les êtres. (Qui a pu dire que le bouddhisme était négatif ?)

g) Supplication
C’est une supplication pour que les bouddhas fassent briller la lampe du Dharma pour ceux qui errent dans la souffrance de l’illusion. Il leur est demandé de rester dans notre monde pour des âges sans fin afin que la vie du monde ne s’obscurcisse pas.

10) Récitation des mantras aux différents bodhisattvas et aux Bouddhas, mantra du sutra du cœur (perfection de la sagesse).

a) Padmasambhava : fondateur du Vajrayāna, le bouddhisme tibétain, il est considéré par ce peuple comme un second bouddha.

b) Avalokitesvara : une des plus célèbres Bodhisattva du Grand véhicule, incarne la compassion ultime.

c) Manjusri : le bodhisattva de la sagesse.

d) Vajrapani : il est l’un des huit grands bodhisattvas du vajrayāna. Il y est considéré comme une émanation d’Akshobhya, l’un des cinq bouddhas de méditation.

e) Tara : c’est une femme bodhisattva très populaire aussi bien auprès des laïcs que des moines dans le bouddhisme  vajrayāna.

f) Amithaba : Il est un bouddha du bouddhisme mahayana et vajrayana. Il règne sur la « Terre pure Occidentale de la Béatitude ». Cette terre pure est un lieu de refuge en dehors des transmigrations et il suffit d’invoquer en mourant le nom du Bouddha Amithaba pour y accéder.

g) Mantra du sutra du cœur (perfection de la sagesse).

Pour avoir plus de précisions sur les Bouddhas et les Boddhisattvas, je vous conseille un excellent livre très bien illustré, très érudit et très complet de Louis Frédéric au titre paradoxal Les Dieux du bouddhisme.

La journée de la Fête du Dharma, qui a été bien remplie, s’achève à 19 heures.


Voilà. C’est fini. La suite au prochain numéro. Amicales salutations !