mardi 17 mai 2016

Conférence de Juan Tamariz, au Musée de la Magie, du 13 au 14 mai 2016 (première partie)






Juan Tamariz 

Je ne voulais pas faire un compte rendu de la conférence de Juan Tamariz au Musée de la magie (qui a duré quand même de 19 heures à 3 heures du matin !) mais je ne peux pas tenir cette promesse que je m’étais faite : c’était trop passionnant, trop fort, trop « magnifique », « hermoso », (comme aime le dire Juan Tamariz).

Le premier point que j’aborderai est celui qu’il a traité en dernier ( !), les sept mystères de la magie :

1) Le mystère de l’amour : la prestidigitation doit être effectuée avec beaucoup de passion, beaucoup d’amour. Autrement, elle est ennuyeuse et pauvre spirituellement.

2) Le mystère de l’effort : le magicien doit avoir passé beaucoup de temps à peaufiner ces tours. Tamariz ne dit pas : « J’ai passé 31 jours  à préparer ma conférence ». Mais, dans la réalité, il a réellement travaillé pendant 31 jours. 

3) Le mystère de la connaissance : le performer en magie doit avoir de très solides connaissances sur son art. Tamariz nous cite ses influences : Ascanio, Dai Vernon, Michael Ammar, etc.

4) Le mystère de l’énergie physique et spirituelle : Tamariz a coutume de chanter dans les théâtres avant ses représentations. Les gens pensent qu’il est fou mais c’est une manifestation de son énergie. Il est toujours dans cette optique : « Je vais faire de la magie, c’est quelque chose de formidable. ». Tamariz est né en 1942, il a donc 74 ans et il a toujours cette incroyable énergie, criant, faisant des mouvements brusques, plaisantant sans arrêt.

5) Le mystère de la vérité : Tamariz nous explique que, de temps en temps, il dit des choses fausses pour amuser le public. Mais, quand il veut mettre de l’émotion, il raconte toujours des histoires vraies. Il nous relate, avec sentiment, la plaisanterie qu’il faisait sur sa mère. Quand un seul spectateur applaudissait dans la salle, il disait : « Merci Maman ! ». Mais quand sa mère est décédée, il a senti qu’il ne pouvait plus utiliser cette blague, qu’un mensonge n’était pas compatible avec une émotion. A présent, dans ce type de circonstance, il a gardé un procédé semblable en modifiant seulement le nom et il dit : « Merci, mon frère ».

6) Le mystère du monde intérieur : Tamariz a énormément voyagé, connu de nombreuses personnes très dissemblables. Il a beaucoup lu, beaucoup vécu.
Les spectateurs ressentent le monde intérieur d’un magicien. Il cite l’exemple de son ami, l’argentin René Lavand, qui avait perdu un bras, qui avait vécu des choses très difficiles et qui était un immense prestidigitateur.

7) Le mystère de l’amour (à nouveau !) : Ici, il s’agit de l’amour pour les gens. En tant que magicien, Tamariz veut rendre les gens heureux. Il ne prétend pas être un prédicateur qui transmet un message. Il désire seulement, avec un tour de cartes, provoquer un rire ou un sourire et que les spectateurs oublient leurs soucis, alors qu’ils arrivent parfois à son spectacle très déprimés, épuisés, après leur journée de travail. Et lui-même, Tamariz, par ricochet, se sent très heureux d’effectuer son métier.

C’est tout pour aujourd’hui. La suite au prochain numéro. Amitiés à tous.

lundi 16 mai 2016

Bibliographie commentée sur le cumberlandisme





Un article sur le cumberlandisme

Un ami magicien m’a dit qu’il ne connaissait pas bien les principes du cumberlandisme en mentalisme. J’ai collecté cette petite bibliographie pour lui, mais aussi pour moi (la réaliser a clarifié mes références sur le sujet) et finalement pour les jeunes magiciens qui veulent se lancer dans ce genre de tours (mais attention, ce n’est qu’une ébauche, vous pouvez trouver beaucoup d’autres études sur ce sujet).

Le cumberlandisme est une technique utilisée par les mentalistes pour déterminer les pensées d’un sujet. Elle est étroitement liée au réflexe idéo-moteur dans lequel des mouvements subtils effectués inconsciemment reflètent une action ou une direction auquel le sujet pense et que le mentaliste décrypte. 


1)               Le cumberlandisme – Tony Corinda (dans The Thirteen Steps to Mentalism, p. 89 à 95) (en français) : une des références en mentalisme.

2)               Alice in Cumberland – John Fisher (dans La magie du corps, p. 114 à 122) : un exposé très clair sur le cumberlandisme dans cet ouvrage qui est, selon moi, une mine d’informations, notamment sur l’hypnose également.

3)               Le jeu avec le subconscient ou la lecture de pensée par contact musculaire – Dondo Burghardo, (Magix unlimited) : le seul livre en français consacré uniquement à ce sujet.

4)               Le cumberlandisme - Fanch Guillemin et Pierre Taillefer (dans  Mentalistes de jadis, p. 32 à 35) : ces notes de conférences sur l’histoire du mentalisme, éditées après une rencontre des mentalistes européens en 2013, sont passionnantes.

5)               Le cumberlandisme - Pascal de Clermont (dans le DVD Pure Telepathy) : un DVD très complet sur le cumberlandisme (en français, ouf !).

6)               Contact Mind Reading : The Osterlind Approach, Volume one in the Advanced Mentalism Training Series - Richard Osterlind (en anglais) : Richard Osterlind a édité ce livret de 67 pages uniquement sur le cumberlandisme. Je l’ai vu en live pratiquer cette technique. Il est impressionnant et les spectateurs sont époustouflés.

7) Psychophysiological Thought Reading or Muscle Reading and the Ideomotor Response Revealed - Banachek (malheureusement en anglais) : la référence absolue sur le cumberlandisme et tout ce qui est lecture musculaire (Muscle Reading) (je l'ai trouvé à cette adresse Internet).

8) Palmystic (dans le chapitre « Omnimancy ») - T. A. Waters (dans Mind, Myth and Magic, tome 1, p. 149 à 152) (en français) : une autre des bibles du mentalisme. Waters propose deux effets de lecture musculaire apparentés au cumberlandisme.

9) Allez aussi consulter l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Muscle reading » (https://en.wikipedia.org/wiki/Muscle_reading) qui résume bien cette technique.

 Voilà c’est tout pour aujourd’hui. La suite au prochain numéro. Amitiés à tous.

jeudi 12 mai 2016

Le jeu Al Koran : «Trionic» de T. A. Waters (dans Mind, Myth & Magick, volume 1)






 Le Supra Brain Deck, une version du jeu Al Koran


Selon moi, la meilleure version du jeu Al Koran est celle de T.A. Waters. Je vais vous la décrire à travers plusieurs articles.
Voici mon compte rendu :
Le jeu Al Koran : «Trionic» – T. A. Waters (dans Mind, Myth & Magick, volume 1, p. 97 à 118)
Description : Cette routine a été mise au point par Waters en 1959. Vous êtes assis à la table en face de votre sujet ; vous sortez de votre poche un jeu de cartes dans son étui, ainsi qu’une fiche cartonnée qui a été pliée en quatre. Le spectateur est invité à mettre cette fiche dans une de ses poches.
Vous sortez alors le jeu de l’étui et vous demandez au spectateur de le mélanger puis de le couper plusieurs fois.
1) Vous tournez le dos au spectateur et vous lui demandez de couper le jeu encore un certain nombre de fois ; ceci fait, le spectateur est invité à retourner la carte qui se trouve sur le dessus du jeu face en haut et à se souvenir de son identité. Puis il insère cette carte, toujours face en haut, dans le milieu du jeu. Ce dernier est alors remis dans son étui, qui est fermé, et le tout est posé sur la table. Ce n’est que lorsque le spectateur vous prévient qu’il a rempli toutes vos instructions que vous vous retournez vers lui de nouveau.
Vous prenez le jeu (dans son étui) en main et vous le mettez contre votre front. Vous révélez alors progressivement l’identité de la carte. Le spectateur confirme que c’est bien la carte qu’il a en tête.
2) Vous retirez les cartes de l’étui et vous remettez face en bas la carte qui était face en haut. Vous tournez de nouveau le dos au spectateur, vous lui demandez de couper le jeu encore un certain nombre de fois et de prendre la carte qui se trouve sur le dessus. Cette fois-ci, cependant, il ne retourne pas la carte face en haut ; au lieu de cela, le spectateur est invité à retourner le jeu faces en haut et à insérer la carte face en bas au milieu du jeu. Cela fait, le jeu est de nouveau retourné faces en bas et remis dans son étui.
Vous refaites face au spectateur, vous prenez le jeu dans son étui et vous le mettez contre votre front. Une fois encore vous révélez progressivement l’identité d’une carte. Lorsque le jeu est retiré de l’étui et étalé faces en bas, on constate que la carte face en haut au milieu de l’étalement est celle que vous venez de nommer.
3) Comme précédemment, la carte est remise dans le même sens que les autres et le jeu est de nouveau donné au spectateur. Cette-fois-ci, lui dites-vous, vous n’aurez plus besoin de lui tourner le dos.
Une fois de plus, le spectateur est prié de couper les cartes autant de fois qu’il le désire. Puis il est invité à retourner la carte qui se trouve sur le jeu.
Vous rappelez au spectateur la fiche cartonnée que vous lui avez remise au début de la démonstration. Écrit en grandes lettres se trouve inscrit le nom de la carte dont il vient de prendre connaissance.
Voilà. C’est tout pour aujourd’hui. Amitiés à tous.