dimanche 26 novembre 2017

Les échelles de couleurs dans la qabale.





Sans commentaire.



« La condition de toute couleur est la lumière ; la négation de cette dernière, c'est-à-dire l'obscurité, est aussi la négation et la mort de toute couleur ; celle-ci est, par essence, la lumière qui apparaît et se manifeste... Les différentes couleurs ne sont par conséquent que des modifications diverses de la lumière, et sont à cette dernière ce que les bruits sont au son pur. A l'origine de toute symbolique des couleurs se trouve le concept de la lumière. Vu que... toutes les religions s'accordent pour transférer le concept de la lumière à l'essence divine, la couleur, considérée à l'origine comme la manifestation de la lumière, ne peut dès lors avoir d'autre but que celui de désigner la divinité lors de sa manifestation ou de son apparition. Les différentes couleurs symbolisent donc nécessairement les divers modes de manifestation de l'être divin et le représentent sous différents aspects ainsi que dans ses rapports avec ce qui lui est extérieur. La symbolique des couleurs varie donc en fonction du concept de l'essence divine et de son rapport au monde».

Karl Christian Bähr, Symbolic des Mosaïschen Cultus, Heidelberg, 1837.

Précisons de suite qu'aucun accord n'existe entre les textes anciens de Qabale juive sur les attributions des couleurs aux sephiroth. En outre, ces textes présentent de fréquentes difficultés de traduction, les interprétations possibles étant multiples. Là encore, nous nous référerons  aux enseignements de la Golden Dawn.

De même qu'Il existe quatre Mondes ou émanations successives, il existe quatre échelles de couleurs attribuées aux sephiroth.

Par exemple, les couleurs du sephiroth Tiphereth (la Beauté) sont les suivantes :

1) Atziluth                                Echelle du Roi   Rose clair
2) Briah     Échelle de la Reine         Jaune d'or
3) Yetzirah               Echelle de l'Empereur   Rose saumon
4) Assiah                   Echelle de l'Impératrice               Ambre jaune

La liste qui va suivre indique les couleurs des sephiroth dans les quatre mondes. Il est ainsi possible de peindre quatre arbres dont les couleurs exprimeront les différents états de la manifestation.

Les commentaires n'ont pas l'ambition de donner la raison de ces attributions. Ce sont des associations d'idées issues des textes de la Golden Dawn, très largement complétés par les méditations d'Aleister Crowley (Liber 777). Quelques commentaires personnels et des extraits de textes juifs anciens sont parfois insérés. Puisqu'ils ont été choisis en raison de leur concordance avec les attributions de la Golden Dawn, ils doivent are considérés comme de simples pistes de recherche et non comme des « preuves » de l'antiquité de ces attributions. En effet, ces emprunts ne signifient pas que d'autres parties de ces textes s'accordent avec les enseignements présents.

Echelles des couleurs des 10 sephiroth

Atziltuth              Briah     Yetzirah               Asslah

(Roi)      (Reine)                 (Empereur)        (Impératrice)

1) Kether  Brillance              Blanc brillant      Blanc brillant      Blanc pailleté d'or

2) Chokmah Bleu clair         Gris        Gris irisé              Blanc pailleté de rouge, bleu et jaune

3) Binah    Pourpre               Noir       Marron foncé Gris pailleté de rose

4) Chesed                                Violet    Bleu       Pourpre               Bleu azur pailleté de jaune

5) Geburah             Orange                 Rouge écarlate Rouge écarlate Rouge pailleté de noir

6) Tiphereth           Rose clair Jaune d'or      Rose saumon Ambre jaune

7) Netzach               Ambre                  Vert émeraude Vert jaune         Olive pailleté d'or

8) Hod       Violet    Orange Rouge brique    Marron jaunâtre pailleté de blanc

9) Yesod   Indigo   Violet    Pourpre foncé Jaune citron pailleté de bleu azur

10) Malkuth              Jaune   Jaune citron.     Jaune citron, olive, brun et noir olive, brun et noir légèrement pailleté d'or                Noir rayé de jaune


Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.

L’exil de l’âme selon la kabbale.





Sans commentaire.


Cet article est la suite de celui-ci

Il n'est pas vain de rappeler que parmi toutes les questions que se pose la pensée humaine, celle de notre propre essence, de l'immortalité et de la spiritualité de notre Moi n'a cessé de préoccuper l'humanité, et parfois jusqu'à l'angoisse. Partout les doctrines se sont succédées à ce sujet ; mais une des plus anciennes est, incontestablement, la Kabbale. Et sur ces questions que tout le monde comprend, bien rares sont ceux qui peuvent les résoudre, il apparaît avec éclat que la Kabbale est l'un des rameaux de cet esprit pénétrant que l'homme possédait dans son état originel. La Kabbale considère l'homme comme un tout complexe différencié en trois parties: le corps, l'âme et l'esprit.

Le corps, siège du principe vital, porte le nom de Nefesh ; l'âme, siège de la volonté, s'appelle Ruah et l'esprit Neshamah. Ces trois parties ne sont pas complètement séparées; il faut se les représenter comme les couleurs du spectre qui, bien que différenciées les unes des autres, se fondent l'une dans l'autre. Le corps est sensible aux influences extérieures, celles du monde, et dans l'âme la passivité et l'activité se trouvent à proportions égales. L'âme est le lien entre le spirituel et le matériel; c'est à la fois le support et le siège de la personnalité humaine. L'âme se trouve en double rapport avec ce qui est au-dessus d'elle (l'esprit) et ce qui est au-dessous d'elle (le corps).

Dans l'esprit, on ne retrouve pas, en revanche, une once de passivité; c'est l'activité qui domine. L'élément le plus élevé dans l'être humain, le Yehidad, l'unité en elle-même, se trouve dans l'esprit en son recoin le plus riche.

C'est l'esprit qui est en relation avec la divinité, et c'est en lui que l'être humain va pouvoir puiser sa puissance spirituelle.

Un individu qui ne ferait que le mal, dit la Kabbale, un individu qui serait capable de refuser les influences spirituelles et qui croirait ainsi vivre par ses propres forces, cet individu serait tout simplement un Démon, celui que les chrétiens nomment l'Antéchrist.

Quoi qu'il en soit et cela concerne la majorité des humains, l'immense majorité, l'homme, dit la Kabbale, au lieu de vivre dans la divinité comme cela se passait au Paradis, s'est enfoncé de plus en plus dans l'amour de lui-même. Il s'est enfoncé dans le péché; il a quitté son centre spirituel pour s'excentrer. L'âme s'est exilée comme le peuple juif était en exil en Egypte et elle attend son Moïse. Cependant, l'étude de la Kabbale peut hâter la venue de ce nouveau Moïse.

La chute et l'éloignement toujours plus grand de la divinité qui en est résulté ont eu pour conséquence immédiate une déchéance des pouvoirs mystiques et magiques de la nature humaine. L'étincelle divine s'est de plus en plus retirée de la créature qui a perdu son union intime avec son créateur.


Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.

Les grands philosophes connaissaient la Kabbale.



Platon.


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On a comparé la Kabbale à un joyau brûlant de mille feux et, en effet, la tradition kabbalistique recèle des merveilles qui coordonnent tout un savoir épars en une sagesse cohérente. L'étudiant en Kabbale découvre des vérités qui, expliquant différentes énigmes de l'univers, de l'homme, de Dieu même, calment son angoisse légitime sur le destin de l'univers, lui apportent une paix intérieure. Et il a besoin d'une telle paix pour poursuivre sa quête, car sa voie est celle de l'initiation, c'est-à-dire la voie où l'on acquiert des pouvoirs occultes susceptibles de changer le cours des choses, d'agir sur sa propre personne, sur ses proches et sur son monde proche.

Il tombe sous le sens, après ce que nous venons de dire, que la Kabbale a influencé la philosophie. L'histoire de cette matière est remplie de ces interventions.

Platon, c'est incontestable, a connu la Kabbale, on retrouve dans sa pensée des spéculations mystiques et surtout numérologiques sur la création du monde et l'Architecte de tous les mondes. Certains universitaires se sont demandés comment Platon aurait pu avoir des contacts avec la philosophie occulte de l'hébraïsme, mais l'objection tombe dès que l'on admet, ce que Platon dit lui-même, qu'il connaissait certains des enseignements des temples de la haute Egypte. Or ces temples conservaient, eux aussi, la tradition primordiale. D'autre part, tous les grands philosophes grecs, dont Platon, avaient été initiés en Egypte aux « mystères d'Isis ».

On peut sans forcer la note relever l'influence de la Kabbale sur Pythagore, l'inventeur du « nombre d'Or » avec lequel sont harmonieusement bâtis temples et cathédrales de l'Antiquité et du Moyen Age, et dont le modèle mystique reste évidemment le temple de Salomon. On peut encore souligner cette influence sur Orphée, le plus grand initié de la Grèce antique. On peut noter la permanence de la tradition kabbalistique en Moïse, Ezéchiel, les prophètes et cela jusqu'à saint Jean dont l'Evangile reste le livre  que vénèrent les initiés de toutes les sociétés secrètes d'Europe, et dont l'Apocalypse est truffée d'allusions kabbalistiques.

Il est fort possible, voire certain, que la Kabbale influença les alchimistes, les rose-croix (les initiés les plus mystérieux d'Occident), les templiers ces moines guerriers brûlés par le roi de France qui craignait leur pouvoir. Signalons enfin que la franc-maçonnerie connaît et utilise les symboles de la Kabbale dans certains de ses hauts grades comme le 13 ème degré.


Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.

mercredi 22 novembre 2017

Fabrice Han, un magicien d’élégance.



Photo Zakary Belamy, création Graphique Guyom Foulon.



Le lundi 20 novembre 2017 pour la réunion mensuelle « Close up » du Cercle Magique de Paris, animée chaque fois par le prestidigitateur mentaliste, DJ, balloonneur (etc!) Fabrice Baudry , le thème abordé était le FP, le manicolor et différents chargeurs.

De 21h00 à 21h45, le magicien Fabrice Han, spécialiste entre autres du FP, nous a présenté une mini-conférence et nous a fait l’honneur de partager avec nous son savoir magique. Il a montré et démontré, de façon très claire, certains effets oubliés comme l’allumette enflammée dans le FP, la serviette brûlée et reconstituée, le foulard qui disparaît dans une poche en plastique, etc.

Fabrice Han est aussi un spécialiste de ce que l’Académie de magie Georges Proust appelle le « Super Gimmick », le complément indispensable du FP. . Le  « Super Gimmick » permet de faire disparaître des grands foulards, jusqu'à 45 x 45 cm.

Fabrice Han est un magicien d’élégance. Il est d’une extrême dextérité et sait ajouter sur chaque tour (même avec un FP !) un petit plus, un petit détail, une petite subtilité, qui le rend vraiment magique.

C’est pourquoi face à la fois à tant de talent mais aussi d’humilité et de simplicité, j’ai tenu à ressortir sur mon blog un article qui était paru le 6 août 2007 au festival d’Avignon.


Fabrice Han, un rare magicien de rue au FESTIVAL d'AVIGNON depuis 15 ans.
Lundi 6 Août 2007

Le festival d'Avignon vient de s’achever et rares sont les magiciens professionnels qui se sont aventurés dans les rues. Fabrice Han, magicien professionnel plutôt discret, est un habitué du festival depuis une quinzaine d'années. Cette année il a planté sa mini-sono et son guéridon sur une place de choix: PLACE DE L'HORLOGE.

Par session de 15 minutes par spectacle (jusqu'à 7 représentions le soir car le jour, le bougre pionce comme une bête dans une chaleur écrasante), Fabrice attirait en pointe jusqu'à 200 personnes. C'était assez impressionnant de le voir réunir autant de monde sans avoir à hurler dans tous les sens, sans un mot et sans airburst ou autre papier-flash, sans musique de dingue (il nous a quand même balancé du Richard Clayderman durant tout le festival car son lecteur MP3 l'a lâché). Dans un grand classicisme, il faisait la chasse aux pièces, l’eau dans le journal, une très belle routine de cordes, des FP/foulards, des cigarettes, des balles éponges... Rien de bien original dans tout cela et pourtant le public applaudissait spontanément sans qu'il n'ait à le demander ou le forcer.

Bien fringué, pas de gestes brusques et d'effets inutiles pour faire le beau, pas de fioritures de branleur (il les maîtrise pourtant), un regard jamais agressif et une humilité que devraient prendre en exemple plus souvent les magiciens.

Il possède un vrai pouvoir d'attraction et semble plaire à tout le monde. Ce qui m'a le plus frappé, c'est sa manière de rentrer en scène pour attirer le public alors qu'il est tout seul comme un con devant son guéridon. Et pourtant, en 20 secondes à peine (je ne plaisante pas) il se retrouve avec un parterre de gens tout autour de lui pour atteindre rapidement 100 à 200 personnes.

Que ceux qui étaient au festival et veulent me contredire lèvent la main.

Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous !


Compte rendu des « Mardis de la magie » du 21 novembre 2017.



Le salut des artistes.



Les Mardis de la magie ont lieu d’habitude depuis des années tous les quinze jours le mardi à 20 heures au Théâtre du Gymnase Marie Bell dans le dixième arrondissement de Paris. Mais à présent, c’est la révolution, les Mardis de la magie ont dû déménager pour cause de travaux dans le théâtre du gymnase Marie Bell. Ils se déroulaient hier soir à la Chapelle des Lombards (19 rue de Lappe, Paris 11). Tout d’abord un grand bravo la direction de La Chapelle des Lombards qui a accueilli cet événement avec beaucoup de gentillesse et de professionnalisme. La réussite a été totale : il y avait plus de 95 personnes dans la salle (et du public réactif).

Le principe des Mardis de la magie est qu’à chaque fois, quatre ou cinq magiciens de renom ou des pratiquants chevronnés d’arts annexes (mentalisme, ventriloquie, duos de télépathes, etc.) présentés par Stéphane Lydo vous proposent soit une partie de leur spectacle, soit un nouveau numéro. Le paiement se fait au chapeau (vous donnez ce que vous désirez).

Surtout n’oublions pas de remercier Stéphane et Stéphanie Lydo, les organisateurs, sans lesquels les Mardis de la magie n’existeraient pas (qui, en plus, ont dû gérer actuellement le déplacement du lieu du spectacle).

Du close-up a d’abord été effectué avec grand talent dans le public par le magicien et jongleur Grégory Korchia.

Puis le spectacle a débuté, basé principalement ce soir-là sur les mystères du mentalisme.


Wanda et Viktor sont pour moi actuellement les meilleurs télépathes français. Il serait nécessaire de  remonter jusqu'à Myr et Myroska pour trouver un show d’une telle qualité et aussi étonnant.

Il faut dire qu’ils font partie de deux organisations internationales de très haut niveau en mentalisme : la « British Society of Mystery Entertainers » qui rassemble les artistes mentalistes anglophones et les « Mystery performers », un cercle américain dont les adhérents sont les mentalistes les plus connus au monde.

Mais détaillons l’étonnante performance de Wanda et Viktor : Wanda est capable avec les yeux bandés de deviner les prénoms et les dates de naissance de spectateurs, les numéros de leur papiers d’identité, de leurs cartes de fidélité, ainsi que de décrire précisément les objets empruntés dans l’assistance par Viktor. Et toutes ces révélations vont crescendo avec, petit à petit, de plus en plus de  précision.

Wanda et Viktor ont souvent eu les faveurs des émissions de télévision et notamment de celle de France 2, « Ça se discute » mais aussi de « C’est mon choix » sur le thème de« Mon cerveau fait des choses que je n’explique pas ».

Comme les télépathes Myr et Myroska qui autrefois avait mis au point leur fameuse phrase finale : « S’il n’y a pas de truc, c’est incroyable, mais s’il y en a un, c’est encore plus incroyable ! », Wanda et Viktor terminent leur numéro en affirmant : « Pour ceux qui croient, aucune explication ne sera nécessaire et pour ceux qui n’y croient pas, aucune explication ne sera suffisante ».

Si vous voulez connaître la vie et le parcours mentaliste de Wanda et Viktor, un très bel article a été écrit à leur sujet dans le journal La Dépêche. 


2) Estelle Woog est une magicienne qui a une magie très créative. Elle a effectué ce soir une belle prestation de mentalisme avec différents supports, notamment des ardoises, des cartes et un livre.

3) Jean-Michel Lupin a présenté un des tours de son passionnant spectacle de mentalisme Sur les traces d'Arsène Lupin : entre magie et mentalisme qu’il joue tous les samedis après-midi au Laurette Théâtre. Aujourd’hui, Il devine de manière mystérieuse qui, dans un groupe de spectateurs, a choisi parmi 5 jetons mélangés dans un sac le seul jeton de couleur rouge.

4) Stéphane et Thomas ont beaucoup amusé le public avec un numéro très réussi de magie comique.

Ils ont fait semblant par tous les procédés possibles de ne pas retrouver une carte et finalement ont décidé de téléphoner à une personne au hasard en France qui, bien entendu, leur a révélé la carte.

Mais attention, sous ces dehors humoristiques, se cachent des experts en prestidigitation. Cette année, au 51 ème congrès de la Fédération Française des Artistes Prestidigitateurs, à Saint Malo, ils ont obtenu le deuxième prix dans la catégorie « Cartomagie » (sous leur nom de ville !) : GOMEZ Stéphane / BARTHES Thomas.

Ils avaient par le passé réalisé un spectacle « On s'improvise magicien... ou pas ! » qu'ils ont le projet de  rejouer cette année dans une nouvelle version.

Il fait maintenant froid dehors, vous pouvez naturellement rester chez vous. Mais quel dommage de regarder sa télévision alors que la magie, le mentalisme, le rire, de fantastiques talents vous attendent. Accourez donc aux Mardis de la Magie.

Dans mon enthousiasme, j’ai oublié de donner la date des prochains mardis de la magie : le 26 décembre.

Voilà. C’est tout pour aujourd’hui. Amitiés à tous !

lundi 20 novembre 2017

Aleister Crowley et la magie moderne (cinquième partie).




Samuel Liddell MacGregor Mathers, un des fondateurs en 1888 de L'Ordre Hermétique de la Golden Dawn.


Cet article est la suite de celui-ci.

Edward Alexander Crowley, dit Aleister Crowley, et également connu comme Maître Therion, Frater Perdurabo ou The Great Beast 666 est un écrivain, ésotériste, et astrologue britannique (1875-1947).

Si Aleister Crowley est à peine connu comme poète en Grande-Bretagne, il l'est beaucoup plus comme magicien. Pour l'opinion publique, il fut un magicien noir, un dangereux aventurier de l'occulte voire un adorateur du démon. Et Crowley lui-même a toujours insisté sur un point : la discipline qu'il enseignait, qu'il pratiquait, c'était la magie ; il employait alors souvent une graphie archaïque : magick au lieu de magic.

Cependant, il ne semble guère s'être occupé de ce qu'on appelle vulgairement magie. Selon lui, la magie n'était pas un ensemble de recettes et de pratiques, plus ou moins étranges, ridicules ou sinistres, c'était essentiellement une, ou plutôt, la méthode de « réalisation spirituelle ».  C'est ainsi qu'il déclare : « Je me suis consciemment voué au Grand Oeuvre, entendant par là l'œuvre de devenir un être spirituel, libre des contraintes, des hasards et des déceptions de l'existence matérielle. Je me suis trouvé en difficulté pour donner un nom à ma méthode : théosophie, spiritualisme, occultisme, tous ces termes impliquent des connotations indésirables. J'ai donc choisi le mot de magie comme étant, par essence le plus sublime et, à l'heure actuelle, le plus discrédité de tous les termes possibles. J'ai juré de réhabiliter la magie, de l'identifier à ma carrière propre et d'amener l'humanité à respecter, aimer et croire ce qu'elle a méprisé, haï et craint » (Magick, p. 16).

Bien plus, il  condamnait formellement la magie utilitaire, visant les « pouvoirs ». Son petit poème Le Sorcier précise sa position.

« Un sorcier, par la puissance de sa magie, a soumis Toute chose à son propre joug...

Dans un système complet de dix millions de fois, dix millions de sphères sur les vingt-deux millions de plans, il satisfait ses désirs. Mais avec tout cela, il n'est toujours que lui-même. Hélas ! » (Le livre des mensonges, p. 37)

Adolescent, Crowley s'était révolté contre l'enseignement puritain de la secte protestante à laquelle appartenaient ses parents : les Darbystes ou Plymouth Brethren. Il s'était passionné pour les sciences occultes et avait correspondu avec l'ésotériste Arthur Edward Waite. Et, en 1898, il entra au sein d'une société secrète rosicrucienne, fondée dix ans auparavant, L'Ordre Hermétique de la Golden Dawn, dont le système ésotérique et magique devait le marquer de façon ineffaçable.

Quelle que soit l'originalité de son enseignement et de sa doctrine, il est tout à fait impossible de les comprendre correctement, si on ne connaît pas les bases, assez complexes, du fonctionnement de cet ordre et de son chef autocratique, Samuel Liddell MacGregor Mathers, traducteur en anglais des Clavicules de Salomon et de La Sacrée Magie d'Abramelin le Mage.

Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.


dimanche 19 novembre 2017

Retrouver l’immortalité perdue grâce à la kabbale.





L'Ain Soph Aur


Cet article est la suite de celui-ci.

Revêtu d'un corps, d'une « tunique de chair » disent les cathares, l'homme est soumis aux passions et il doit — c'est même le sens de son passage sur terre — y retrouver son état primordial édénique. Il doit recréer son immortalité perdue. C'est ce qui explique qu'il se réincarnera autant de fois qu'il le faudra. La Kabbale enseigne, en effet, la réincarnation.

Il existe pourtant des différences entre la Kabbale et l'hindouisme, et voici ce qu'en dit un grand occultiste F. Ch. Barlet dans The Doctrine and Literature of the Kabalah: « Je dirai que les doctrines hindoues me semblent plus vraies au point de vue métaphysique, abstrait ; les doctrines judéo-chrétiennes au point de vue moral, sentimental, concret : le christianisme et la Kabbale laissent plus d'incertitude [...] L'un parle à l'intelligence, l'autre à l'âme. On ne peut donc posséder la doctrine complète de la Tradition qu'en interprétant le symbolisme de l'un par la métaphysique du second. Alors, et alors seulement, les deux pôles ainsi animés l'un par l'autre font resplendir, par les splendeurs du monde divin, l'incroyable richesse du langage symbolique. « Chaque peuple, en effet, ne recueille qu'une bribe, qu'une parcelle, de la tradition primordiale. Et il faut tout rassembler, « rassembler ce qui est épars », disent les initiés, pour commencer à comprendre quelque chose. L'étude de la Kabbale n'infirme pas l'étude des philosophies d'Orient. Au contraire ! Bien que venues d'horizons différents, ces conceptions se complètent. Tout individu qui fera des progrès dans la compréhension d'une tradition fera des progrès dans toutes les autres.

L'homme doit donc reconstituer d'abord son androgynie primitive — comment? la Kabbale l'enseigne — pour retrouver l'état d'avant la division en Adam et Eve. La reconstitution de cette androgynie conduit au « saint des saints », c'est-à-dire au cœur du mystère que la chambre la plus reculée du temple de Salomon symbolise sur la terre. Il y a sept tabernacles, et dans le plus parfait qui est le « saint des saints », les âmes vont s'unir à l'âme suprême. Là, tout rentre dans l'unité et dans la perfection. Tout se confond dans une seule pensée qui s'étend comme une bénédiction sur l'univers entier. Au fond de cette pensée se cache une lumière intense que personne ne peut saisir. Dans cet état, l'individu ne se distingue plus de son créateur. L'homme fait partie de Dieu.

Enseignement de la Kabbale sur la nature (l'univers se réincarne)

Pour la Kabbale, les planètes forment les organes de l’univers, comme le foie, les poumons, le cœur, etc., forment les organes de l'homme. Chez l'être humain, la vie résulte du courant sanguin qui baigne tous les organes, élimine les déchets, restaure ce qui nécessite de l'être. Dans l'univers, de la même manière, la vie résulte des vagues de lumière qui baignent toutes les planètes. Bien plus, c'est la lumière qui expulse les déchets planétaires : les trous noirs récemment découverts par les astronomes sont peut-être les poubelles du cosmos. Einstein a montré que la matière, les étoiles, l'univers sont composés de lumière et il rejoint ainsi l'enseignement le plus constant de la Kabbale et de la Tradition.

Dans l'homme, chaque globule sanguin est un « être » véritable qui est constitué à l'image de l'homme lui-même. La biologie montre que tout est dans tout et la conclusion s'impose d'elle-même : le fluide vital contient une infinité d’« êtres ». Il en va ainsi de la lumière qui contient une infinité de photons qui sont des « granules » de lumière comme dit Einstein. Ce sont ces photons qui, amalgamés et mis à l'abri de toute influence matérielle, donnent les anges. La Kabbale pratique étudie ces êtres invisibles, ces récepteurs-transmetteurs de la lumière contenue dans l'univers. Elle agit sur eux et connaît tous leurs pouvoirs. D'où l'astrologie, la démonologie et toutes les autres techniques de la Kabbale.

La force vitale transmise par le sang n'est pas la seule chez l'homme. Au-dessus d'elle, il existe la force nerveuse. Le fluide nerveux domine les phénomènes vitaux. Il peut agir par la volonté, au travers du cerveau et des nerfs rachidiens, ou organiquement, au travers du grand sympathique. Ce dernier, le grand sympathique, est le corps astral des occultistes. Pour les occultistes, en effet, l'homme est triple: corps de matière (physique), corps astral et corps de lumière. A la mort, l'individu se dépouille des deux premiers comme d'enveloppes grossières et successives.

Le fluide nerveux, en tout cas, n'est pas porté comme l'est la vie par des « êtres » (les globules sanguins). Il part de quelque chose qui est la cellule nerveuse, que nous connaissons bien depuis quelques dizaines d'années, et il aboutit à un centre de réception (un centre nerveux). La Kabbale dit qu'il en est de même pour ce qui concerne l'univers : au-dedans des courants de lumière, on trouve un fluide mystérieux indépendant de la nature comme la force nerveuse est indépendante des globules sanguins. Directement émané de Dieu, ce fluide est le corps de Dieu. Et ce corps de Dieu, c'est l'Esprit de l'univers.

L'univers ressemble encore sur d'autres points à l'homme : il est soumis lui aussi à une évolution et une involution périodiques et il doit finalement être réintégré dans son origine. Pour le dire plus simplement, mais de manière plus stupéfiante: l'univers se réincarne. La physique nucléaire et l'astronomie montrent que l'univers, si l'on compte en milliards d'années, passe par des évolutions comparables à celles de l'humanité. L'univers, en effet, vieillit, meurt et renaît. C'est ce qui se passe lors de l'épuisement des ressources de la planète dont nous sommes peut-être en train de nous rapprocher comme le pense la théorie écologique. Et après l'épuisement des ressources, c'est l'explosion cosmique. Mais dans tous ces cycles, l'univers, qui passe par de « mauvais moments » (les crises), s'améliore.

L'univers est donc mû par une volonté directrice qui se transmet de proche en proche et de loin en loin au moyen  du magnétisme universel dont Einstein lui-même parle avec sa théorie de la relativité généralisée.

Ce magnétisme est appelé:

—          Ain Soph Aur par les kabbalistes;  La lumière Aur est en trois parties, suivant la loi de la trinité : aod est son principe positif, le soufre ; aob est son principe négatif, le mercure, et lorsque les deux principes sont équilibrés, ils forment le sel, ou l'aur.
—           or par les alchimistes;
—           musique des sphères par Pythagore. Cependant et il faut le reconnaître, la Kabbale en donne la description la plus précise, la plus cohérente, la plus belle qui soit.

Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.