dimanche 1 septembre 2019

L’échec n’est pas un événement qui arrive mais une fiction que je juge d'après mes propres critères qui ne sont pas forcément ceux des autres.




 Cet article est la suite de celui-ci.


L’échec n’est pas un événement qui arrive mais une fiction que je juge d"après mes propres critères qui ne sont pas forcément ceux des autres. Ce sont les désirs en fait d'être tranquille, riche, de réussir pour être approuvé, admiré, aimé.

Paul Scheele


1) Définition

Parler d’échec c’est bien. Savoir de quoi on parle exactement, c’est mieux. Faisons d’abord appel au dictionnaire Larousse pour nous éclairer sur ce que l’on entend par là. Le Larousse donc définit ce terme comme «résultat négatif d’une tentative, d’une entreprise, manque de réussite ; défaite, insuccès, revers ».

L’échec est donc souvent perçu comme quelque chose de négatif. Généralement, subir un échec comme on dit, est source d’émotions négatives.

Pourquoi ? Parce que lorsque l’on fait face à un échec, cela signifie que l’on n’a pas atteint le résultat que l’on souhaitait, que notre projet n’a pas abouti comme on l’envisageait, comme on l’espérait. Du coup on est déçu, triste, déprimé peut-être.

L’échec peut aussi jouer sur notre estime personnelle. Nos actes influencent notre estime de nous-même. Donc si on a manqué un acte, échoué dans notre acte, alors on peut voir notre estime personnelle attaquée, diminuée. Pourtant, cela n’a pas à être le cas. C’est une possibilité mais pas une conséquence 100% sûre et certaine.
2) L’échec est-il forcément négatif ?
L’échec n’entraîne pas systématiquement et automatiquement des émotions négatives de longue durée. Il n’entraîne pas forcément à la baisse de votre estime personnelle.

Oui, c’est possible, mais pas obligatoire. Regardez. On parle de surmonter l’échec comme un obstacle à franchir pour aller de l’avant. A ce propos, il existe une célèbre citation du Président de la République Française François Mitterrand :

« La pire erreur n’est pas dans l’échec mais dans l’incapacité de dominer l’échec. »

Cela veut dire quoi ? Que l’échec en est un, uniquement si on reste focalisé dessus, au point mort, un peu comme un robot aspirateur qui va foncer contre un mur, reculer et foncer à nouveau dans le mur, se cognant inlassablement dessus au lieu de se retourner pour continuer d’aspirer le reste du logement.

OK, c’est bien joli tout ça, mais comment on le domine alors, l’échec ? L’objectif est en fait de changer notre perception de l’échec, de ne plus le voir comme quelque chose de nécessairement négatif. Oui, je sais, c’est super chiant de ne pas atteindre le résultat escompté. C’est d’autant plus frustrant, énervant, déprimant que l’on investit beaucoup de nous-même pour atteindre ce résultat tant désiré, que ce soit en temps, en efforts, en argent.

Cela dit, l’échec, quand il est là, il est là. Si vous estimez y faire face, cela veut dire que vous jugez que votre objectif n’est pas atteint, ou loin de l’être, voire que c’est complètement foutu.

On peut toutefois partir du principe que l’échec n’est pas forcément négatif, mieux qu’il nous aide. Je vous explique. Il est nécessaire au processus d’apprentissage. L’échec fait partie de l’apprentissage. Il peut être nécessaire à l’évolution de l’individu, de vous, des autres, de moi.

Oui on peut apprendre sans échouer mais sérieux, à qui ça arrive ça d’apprendre 100% du temps sans jamais échouer ? Je n’ai pas trouvé d’exemple. Je ne dis pas que ça n’existe pas. Simplement que c’est sans doute assez rare, vous ne croyez pas ?

Toujours est-il que si vous êtes là toujours en train de lire cet article, cela veut dire que : 1) Vous ne baissez pas les bras facilement. C’est un bon point pour affronter l’échec. 2) Vous faites notamment partie des rares personnes à consulter du contenu « long », 3) L’échec pour vous c’est un souci, au moins dans une certaine mesure, 4) Donc j’en déduis que vous êtes persévérant, vous avez envie de progresser et il vous arrive tout comme moi d’échouer dans vos apprentissages.

Bon. Cela posé, réfléchissez-y. N’est-ce pas en échouant que l’on évolue, que l’on apprend ? Souvent, échouer, cela permet de mieux comprendre comment les choses fonctionnent. Des fois on arrive à faire des trucs sans savoir comment on a fait. Cela m’est déjà arrivé en mathématiques. Un devoir à faire à la maison, à rendre au prof. J’avais rien compris au truc, j’ai rédigé mon devoir, fais mes calculs, tout ça. Je m’attendais à avoir une mauvaise note, vu que je n’avais pas compris grand-chose à ce que je faisais. A ma grande surprise, le prof m’a remis mon devoir en lui accordant une bonne note (je ne sais plus si c’était 14/20 ou 17/20). Ce que je veux dire par là, c’est que cette expérience a été réussie, je n’ai pas échoué à mon devoir. 

Pourtant, est-ce que cela m’a vraiment aidé ? Pas vraiment vu que je n’ai toujours pas compris comment j’ai fait, pas saisi les principes sous-jacents (donc si j’avais dû expliquer ou refaire, j’aurais été sans doute marron comme on dit). C’est ennuyeux… L’échec peut donc être nécessaire au processus d’apprentissage car alors, on va beaucoup plus chercher à savoir qu’est-ce qu’on a pu faire qui n’allait pas. On se dira : comment faire mieux la prochaine fois ? (si on a cette opportunité).

L’échec peut également nous apprendre ce qui nous convient ou pas. Peut-être qu’on a échoué dans un cursus, qu’on était super déçu. Surtout notre ego car on prend souvent ça comme une défaite, et ce de façon personnelle, comme une attaque personnelle invisible de l’extérieur contre nous qui s’échine à nous empêcher de réussir. On a alors peut-être bifurqué vers une autre voie qui nous convient mieux finalement.

L’échec d’un côté nous aura alors servi de l’autre. Il peut donc être vu comme quelque chose de positif. Et si on le mettait à notre profit ? Et donc, si on mettait l’échec à notre profit puisqu’il peut être vu comme positif ? De nombreuses personnalités ont d’ailleurs exprimé leur sentiment face à ce « problème » qui, selon elles, n’est pas si dramatique et même salutaire parfois.

Voici quelques citations inspirantes à ce sujet :

« Le succès, c’est aller d’échec en échec sans perdre son enthousiasme. »

Selon Winston Churchill (Premier Ministre du Royaume-Uni de 1940 à 1945), le principal, c’est d’aller au-delà de l’échec, de ne pas le laisser nous pourrir la vie. Pour lui, l’échec fait partie du succès. Seuls ceux qui prennent le risque d’échouer spectaculairement réussiront brillamment.

Dans le même ordre d’idée, Robert F. Kennedy (surnommé Bobby, politique américain assassiné en juin 1968) met en évidence le fait que si l’on ne tente rien, on n’a rien. Faire quelque chose, prendre des risques et donc se confronter à la possibilité de l’échec est inévitable pour réussir dans la vie.

« Je préfère échouer sur quelque chose que j’apprécie qu’un succès sur quelque chose que je déteste. »

Ici George F. Burns (acteur, chanteur, écrivain américain) expose un constat : le chemin est beaucoup plus agréable si l’on agit sur quelque chose que l’on aime, même si on échoue au final, que sur quelque chose que l’on n’aime pas et que l’on réussit. Je ne sais pas pour vous mais il m’est déjà arrivé à l’école d’avoir des notes inférieures dans les matières que je préférais, et des notes supérieures dans les matières que j’aimais moins. Ce qui ne modifiait en rien mes préférences.

« J’ai raté 9000 tirs dans ma carrière. J’ai perdu presque 300 matchs. 26 fois, on m’a fait confiance pour tenter le tir de la victoire et j’ai raté. J’ai échoué encore et encore et encore dans ma vie. Et c’est pourquoi je réussis. »

Voilà un exemple très inspirant livré par Michael Jordan (basketteur américain). Certes il a connu le succès, mais c’est au prix de (très) nombreux revers et déceptions. Sa persévérance et son attitude face à l’échec : ne pas abandonner, continuer dans cette voie, lui a ouvert les portes du succès. En clair, ce n’est pas parce que vous échouez une fois que vous échouerez tout le temps dans un domaine.

Ces personnalités ont clairement pris le parti de faire fi de l’échec, de le mettre à leur profit pour progresser et de le voir comme une opportunité pour atteindre le succès. Inspirant vous ne trouvez pas ? Et si vous aussi vous adoptiez cette démarche, cette manière de voir l’échec, une façon pour vous de vous motiver à tendre vers le succès ?
3) Et si l’échec était une illusion ?
On évoque l’échec depuis le début et si vous avez lu le titre de cet article, vous avez, à n’en pas douter remarqué, que je dis clairement qu’il est une illusion et qu’il n’existe pas. Pourquoi je dis cela alors que je ne fais que parler d’échec depuis le début ? Parce que je le pense, du moins, j’essaye de voir les choses comme ça, car ça permet d’avancer dans la vie. 

L’échec est une illusion. Oui, l’échec n’est pas un échec. Pensez à ça : l’échec, on le connaît potentiellement uniquement si l’on entreprend une action ou que l’on a entrepris une action précédemment ou que l’on a décidé un truc.

Par exemple :

– j’ai échoué à mon examen
– j’ai échoué à réaliser un soufflé au fromage
– j’ai échoué à monter ce meuble correctement
– j’ai échoué à dire ce que je pensais vraiment à trucmuche
– j’ai échoué à arrêter de m’enfiler une plaque de chocolat par jour

Donc, si on ne prend pas de décision (arrêter de manger autant de chocolat) ou si on n’agit pas (passer un examen), eh bien, on ne risque pas d’échouer.

En fait, l’échec n’est pas l’échec. Quand vous échouez, vous n’échouez pas vraiment puisque vous avez agi, décidé, penser. Vous réussissez bien plus que le type qui n’a pas agi, pas décidé, pas pensé. Donc rencontrer l’échec, c’est gagner quand même en fait. C’est avoir réussi au moins dans votre volonté d’aller de l’avant. L’échec est une illusion.
4) Et si on modifiait notre vocabulaire.
Et si maintenant on arrêtait de parler d’échec ?

Modifier notre vocabulaire peut nous aider à nous défaire de l’impression négative véhiculée par l’échec, et donc nous permettre d’aller de l’avant et d’aller mieux, de moins rester bloqué sur notre déception, moins fort, moins longtemps, pour rebondir plus vite, plus fort.

On pourrait donc arrêter de parler d’échec, d’utiliser ce mot, ou au minimum, de moins l’employer dans notre tête et dans nos paroles prononcées. Car, comme on l’a vu plus tôt,  l’échec existe seulement si on a agi, décidé, pensé et implique donc une réussite dans le fait d’avancer.

En fait, vous n’échouez pas. Vous ne faites que tenter, essayer, expérimenter, entreprendre. On n’échoue pas quand on tente, quand on essaye, quand on expérimente, quand on entreprend. On gagne dans le fait d’aller de l’avant. C’est cela qu’il faut retenir, cette réussite.

C’est-à-dire que l’on a tenté, essayé, expérimenté, entrepris d’aller de l’avant, que certes ça ne s’est peut-être pas passé comme on le souhaitait, mais qu’on a réussi tout de même cela. Donc, modifier votre vocabulaire et remplacer « échec » par d’autres mots est une clé pour vous sortir de là, pour vous aider à aller de l’avant et ne pas rester bloqué comme le robot aspirateur ou sombrer dans les abysses de la dévalorisation.

Voilà C'est tout pour le moment. Amitiés à tous.

Entre le fait d'être heureux et avoir raison, j'ai choisi d'être heureux.




Une illustration du site "Rincon del Tibet".


Ce texte est une traduction d’un article du site « Rincon del Tibet ». Il est la suite de celui-ci. 

La vie est basée sur les choix que nous effectuons, les chemins que nous prenons et la façon dont nous décidons de vivre. Nous choisissons et prenons toujours des décisions, des plus simples aux plus complexes. Nous avons le pouvoir de choisir, nous ne devrions donc pas prendre si à la légère ce que nous faisons, pensons et disons aujourd’hui, car c’est ce que nous cultivons et récolterons demain. Avez-vous pensé à ce que vous allez recueillir demain ?

Au moment de choisir dans notre vie, dans des circonstances importantes et significatives, la raison se montre toujours, elle semble être la condition la plus logique et la plus cohérente de l'action humaine. Cependant, les décisions les plus raisonnables ne nous rendent pas toujours heureux.

Alors, nous entrons dans un conflit entre ce que nous devrions raisonnablement effectuer et ce que nous devrions choisir. J'ai choisi d'être heureux contre la raison, sans blesser, sans faire de mal à personne, mais en prenant toujours soin de moi-même, en protégeant ma paix et en abandonnant tout ce qui pollue ma vie. Je choisis de recommencer si nécessaire, de me relever autant de fois que je tomberai, d'esquiver, de faire face à tout ce qui se trouve sur mon chemin. Au-delà de tout cela, j’ai choisi d'être heureux.

Peu importe que les choses ne se passent pas toujours comme nous l’attendons. Vous avez la possibilité de laisser entrer ou de faire sortir de votre vie tout ce dont vous n’avez pas besoin ou qui crée de l’angoisse, de l’anxiété, des peurs et des doutes. La raison révèle notre niveau de cohérence et notre bonheur met en évidence quelle est la meilleure condition pour nous, être humain.

Choisissez votre bonheur et mettez de côté ce qui vous fait mal, agissez toujours avec gentillesse et humilité, ne jugez jamais. Avoir raison ne doit pas nous entraîner à imposer notre opinion. Il est parfois préférable de rester dans l'ignorance pour préserver notre tranquillité intérieure.

Lorsque vous devez choisir, agir, écoutez toujours votre intuition, l'inspiration sera toujours là. Ne commençons pas à établir des dialogues intérieurs qui ne font que nourrir le doute de ce dont nous avons eu l’intuition en premier lieu. Le bonheur n'est pas une recherche inutile ou éternelle, le bonheur « est », nous devons simplement le reconnaître en nous-mêmes et cesser de le rechercher à l'extérieur, dans les choses, dans les expériences et chez les autres et commencer à choisir d'être heureux.

Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.

Comment lutter contre le sentiment de culpabilité ?



Le livre qui a inspiré cet article.

Cet article est la suite de celui-ci . Il est inspiré par le livre « Le sentiment de culpabilité, dix étapes pour s’en libérer ».   
La culpabilité, c’est le sentiment d’être coupable, fautif, d’avoir fait quelque chose de mal. Se culpabiliser, c’est se blâmer, se condamner pour quelque chose. La culpabilité est toujours vécue face aux autres, face au jugement des autres.
La honte, c’est le sentiment d’être contraire à la dignité, à l’honneur. Nous pouvons avoir honte de ce que nous pensons, faisons, disons, ressentons ou croyons être. La honte est vécue avec soi-même. Elle représente la peur que ce que nous faisons ou ce que nous sommes nuit à notre image personnelle, à notre personnalité.
La grande majorité du temps, lorsque nous avons honte, nous nous sentons aussi coupables. Par contre, on peut se sentir coupable sans avoir honte.
Un bon moyen pour déceler la subtile différence entre la honte et la culpabilité est de vérifier si on fait tout pour cacher notre comportement ou notre attitude ou si on voudrait se cacher.
Prenons l’exemple d’une femme qui se croit trop grosse et qui veut perdre du poids. Elle se met régulièrement au régime, mais ne persiste jamais bien longtemps. Quand elle mange ou boit au-delà de ses besoins, elle se dit ou dit aux autres qu’elle s’en veut de ne pas avoir assez de volonté et qu’elle a encore fait des excès. Elle croit que manger au point d’être trop grosse est mal et elle est convaincue que les autres croient la même chose. Elle exprime sa culpabilité parce qu'elle est capable de le faire et d’en parler devant d’autres personnes.
Un jour, alors qu’elle est au régime, elle pique une bouchée de dessert dans l’assiette de son mari en faisant la remarque qu’elle est en train de tricher sur sa promesse, mais que ça n’arrivera plus. Vous conviendrez que, lorsqu’on dit qu’on triche, c’est qu’on se sent coupable. Par contre, si elle mangeait en cachette et faisait tout pour que les autres ne se rendent pas compte de ses excès, cela indiquerait qu’elle se sent honteuse et qu’elle se culpabilise.
La honte est plus nuisible que la culpabilité puisqu’elle provoque habituellement du déni. Les gens honteux sont donc moins conscients. La plupart d’entre nous avons de la difficulté à être conscient des moments où nous nous sentons coupables, alors imaginez à quel point nous ne sommes pas conscients de ce dont nous avons honte.
Ça me fait penser à un événement qui est arrivé lors d’un souper alors que j’étais en croisière. Nous étions huit personnes autour de la table. Une dame a annoncé aux autres qu’elle venait de prendre la décision de ne plus manger de sucre ou de dessert. Voyant qu’elle était mince, je me suis dit que sa motivation n’était certainement pas de maigrir. Je lui ai donc demandé si elle prenait cette décision pour une raison de santé ou parce qu’elle se sentait coupable quand elle mangeait du sucre.
Vous auriez dû voir sa réaction. « Moi coupable? », dit-elle d’un ton froissé. « Ça fait des années que je ne me sens plus coupable. Rendue à mon âge, je me permets ce que je veux ! » De toute évidence, elle faisait du déni. Je m’apprêtais à changer de sujet quand elle m’a demandé si je me sentais parfois coupable, surtout par rapport à mon enseignement. Je lui ai répondu que oui et lui ai donné quelques exemples. Tout le monde a été surpris par mes exemples de culpabilité. Ils croyaient qu’on ne se sent coupable que si on agit de façon frauduleuse ou lorsqu’on fait du mal à quelqu’un d’autre volontairement. Toutes ces personnes étaient inconscientes des innombrables petits incidents où elles se sentent coupables.
Nous pouvons aussi avoir honte d’un proche. Cela indique que nous avons peur pour notre image ou notre réputation et non pour l’autre personne. Certains vont tout faire pour que leurs amis ou connaissances n’apprennent pas trop de choses (considérées honteuses) sur leurs proches. À titre d’exemple, une amie m’a avoué un jour que son frère n’était pas décédé d’une crise cardiaque, mais qu’il s’était plutôt suicidé. Elle m’avait fait promettre de n’en parler à personne et m’avait mentionné que j’étais la seule à qui elle l’avait dit. Voilà un exemple de honte. Combien de jeunes n’invitent pas leurs amis à la maison parce qu’ils ont honte de leurs parents ou de leur pauvreté ?
On peut avoir honte de l’apparence physique de quelqu’un, de son comportement étrange, du fait qu’il prend de la drogue ou qu’il est allé en prison. On peut avoir honte de ne pas avoir de diplômes, d’être endetté, d’avoir grossi, etc. Un homme m’a confié un jour qu’il avait fait semblant d’aller travailler pendant plus de trois mois après avoir perdu son poste dans une grande entreprise suite à une fusion. Il était incapable de l’avouer à sa femme, ses enfants et tous ses proches. Il a donc menti tout le temps qu’il recevait son indemnité de départ. Pouvez-vous imaginer le désarroi de cet homme ?
Et vous, quel est votre degré de honte ? Pour le découvrir, je vous suggère de rédiger une liste de ce que vous cachez aux autres, que ce soit au niveau de vos pensées, de vos désirs, de ce que vous ressentez ou de vos actions.
Voici quelques moyens pour gérer votre honte et donc lutter contre votre sentiment de culpabilité :
1) Comme le contraire de la honte est la fierté, je vous invite à faire une liste de tout ce dont vous êtes fier ou vous avez été fier face à vous-même. Faites-vous des compliments, ce qui développera davantage votre estime et votre amour de vous-même. Peu à peu, vous arriverez à reconnaître la personne spéciale que vous êtes.
2) Quand vous vous rendez compte que vous vivez de la honte, prenez une bonne respiration et osez prendre le risque d’en parler à quelques proches. Après tout, le risque n’est pas si grand : vous ne tomberez pas malade et vous ne mourrez pas. De plus, ceux à qui vous vous confierez seront peut-être très heureux de votre partage et vous admireront d’avoir eu le courage de parler de ce genre de situation. Ils comprendront probablement que vous révélez ainsi vous a demandé de la force et de la détermination.
3) Rappelez-vous que toutes les culpabilités et les hontes que vous vivez ne sont que la création de votre ego qui se base sur la notion du bien et du mal. En laissant toutes les croyances de votre ego décider pour vous, vous êtes perdant car cela vous empêche d’être dans votre cœur et de découvrir vos vrais besoins.
4) Surtout, ne vous sentez pas coupable ou n’ayez pas honte d’avoir honte. Nous vivons tous de la honte à l’occasion.
Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.

vendredi 30 août 2019

Le temps ne vous fera pas oublier, il vous fera mûrir et comprendre.




Sans commentaire.


Ce texte est une traduction d’un article du site « Rincon del Tibet »  

Avec le temps, j'ai appris la différence subtile entre prendre la main de quelqu'un et enchaîner une âme.

Avec le temps, j'ai appris que l'amour ne signifie pas compter sur quelqu'un et que la compagnie ne signifie pas la sécurité. Avec le temps, j'ai commencé à comprendre que les baisers ne sont pas des contrats, ni des cadeaux prometteurs.

Avec le temps, j'ai appris que le fait d'être avec quelqu'un parce que cela vous offre un avenir prometteur signifie que tôt ou tard vous voudrez revenir à votre passé. 

Avec le temps, vous vous rendez compte que le fait de se marier simplement parce que « c'est urgent » est un avertissement clair que votre mariage sera un échec. 

Avec le temps, j'ai compris que seul celui qui peut t'aimer avec tes défauts, sans essayer de te changer, peut te donner tout le bonheur que tu désires.

Avec le temps, vous réalisez que si vous êtes à côté de cette personne juste pour accompagner votre solitude, vous finirez inévitablement par ne plus vouloir la revoir.

Avec le temps, vous réalisez que les vrais amis valent beaucoup plus que n'importe quelle somme d'argent.

Avec le temps, j'ai compris que les vrais amis se comptent sur les doigts et que celui qui ne se battra pas pour eux tôt ou tard ne sera entouré que de fausses amitiés.

Avec le temps, j'ai appris que les mots prononcés dans un moment de colère peuvent continuer à blesser celui que vous avez blessé, tout au long de votre vie.

Avec le temps, j'ai appris que s'excuser, tout le monde le pratique, mais pardonner ne concerne que les grandes âmes.

Avec le temps, j'ai compris que si vous avez gravement blessé un ami, l'amitié ne sera probablement plus jamais la même.

Avec le temps, vous réalisez que même si vous êtes heureux avec vos amis, vous pleurerez un jour pour ceux que vous avez laissé partir.

Avec le temps, vous réalisez que chaque expérience vécue avec chaque personne est irremplaçable.

Avec le temps, vous réalisez que celui qui humilie ou méprise un être humain subira tôt ou tard les mêmes humiliations ou le même mépris multiplié par deux.

Avec le temps, j'ai appris à construire toutes mes routes aujourd’hui, car le terrain de demain est trop incertain pour faire des plans.

Avec le temps, j'ai compris que précipiter les choses ou les forcer à se produire les empêcherait d'être comme on les attend.

Avec le temps, vous réalisez que la meilleure chose n'était pas vraiment l'avenir, mais le moment où vous vivez.

« Mais malheureusement ... nous ne comprenons cela qu'avec le temps. »
Jorge Luis Borges

Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.

jeudi 29 août 2019

La curieuse impossibilité de se voir comme on est.




" Les vilains petits canards"  de Boris Cyrulnik.



Ce texte est la suite de celui-ci. Il est inspiré par un article du journal « Psychologies ».

 « Tant qu’elles voltigeaient autour de mes oreilles, mes belles anglaises avaient permis à ma mère de refuser l’évidence de ma laideur. Il fallut qu’elle s’avouât la vérité. Mes cheveux coupés, je suis devenu laid comme un crapaud. » Dans Les Mots (Gallimard, “Folio”), son récit autobiographique, Jean-Paul Sartre accorde une large place à son premier rendez-vous dans un salon de coiffure, à 7 ans. C’est probablement ce jour-là, en effet, que son avenir s’est mis en place. D’un mot, son être venait d’être défini : laideur.

Toutefois, pour s’en protéger et asseoir son estime de soi, il gardera ancré en lui le souvenir d’avoir été idolâtré par son grand-père. Et avouera sans fausse pudeur s’être toujours senti « indispensable à l’univers ». Sans doute est-ce cette surévaluation de son être qui l’autorisera à devenir un grand penseur adulé par de belles femmes.

Mais jusqu’à quel point Sartre percevait-il son apparence disgracieuse ? Un individu peut-il s’observer avec objectivité, c’est-à-dire s’appréhender comme un objet extérieur ? Chacun de nous devrait être la personne la mieux placée pour se voir tel qu’il est. Qui de plus proche de moi que moi, en effet ? Or ce n’est pas le cas. « L’ego est toujours un alter ego. Même si j’imagine être « moi », je suis à jamais séparé de moi », affirme Jacques Lacan dans ses Écrits (Points, « Essais »).  En 1903, Paul Sollier, neurologue et psychologue, connu pour avoir soigné la dépression de Marcel Proust, évoquait une bien curieuse pathologie. Il s’agissait d’une forme particulière d’hystérie touchant des jeunes femmes incapables de se percevoir dans un miroir. Un psychanalyste moderne aurait interprété ce phénomène comme un mécanisme de défense pour éviter de regarder la réalité en face, mais la psychanalyse n’en était, à l’époque, qu’à ses balbutiements.

Notre « vrai » corps n’est pas celui, biologique, objectif, que soigne la médecine. Nous vivons dans un « corps libidinal », modelé par les paroles et les regards des premiers adultes qui se sont occupés de nous, assure Lacan (Le Séminaire, Encore, Points, « Essais »). Dans L’Être et le Néant (Gallimard, « Tel »), Jean-Paul Sartre précise : « Autrui me regarde et, comme tel, il détient le secret de mon être, il sait ce que je suis : ainsi le sens profond de mon être est hors de moi. »

Les propos du philosophe rejoignent les observations cliniques des spécialistes de la première enfance. « À un moment, le bébé regarde autour de lui, note Winnicott. Et ce qu’il regarde en premier lieu est le visage de sa mère. Que voit-il ? Il voit qu’elle le regarde. Il lit ce qu’il est – pour elle. Et il en déduit que quand il regarde, il est vu. Donc, il existe. Les enfants humains ne peuvent commencer à être que s’ils bénéficient de soins appropriés. »

Dans son essai Les Vilains Petits Canards (Odile Jacob, « Poche »), Boris Cyrulnik nous explique comment, à l’époque du dictateur Ceauşescu, les petits laissés pour compte dans les orphelinats roumains, privés d’attention et de mots, n’accédaient jamais au statut d’humains capables de dire « Je ». De plus, constate Alessandra Lemma, psychologue et psychanalyste spécialisée dans les troubles de l’image de soi, « le regard maternel peut être fait de dégoût, il peut être absent, il peut être le lieu de projections haineuses, hostiles. Et pour le bébé, cette laideur, cette méchanceté, deviennent siennes ». Ses amis, ses partenaires pourront toujours lui répéter à quel point il est charmant, quelqu’un de bien, il n’en démordra pas.

Nous sommes tous persuadés que notre corps nous appartient. Sur le plan biologique, c’est vrai, forcément. Or, parfois, sans le savoir, nous continuons de vivre dans une enveloppe charnelle qui, symboliquement, n’est pas nôtre. Selon Alessandra Lemma, c’est le cas des personnes ayant grandi aux côtés de parents très narcissiques, ne voyant en leurs petits que des prolongements du corps parental. Il y a là « un corps pour deux ». Ces pères et mères obsédés par l’apparence (à commencer par la leur) ont besoin d’admirer leurs enfants, de surinvestir leurs corps et ne supportent pas les traits physiques ou de caractère ne cadrant pas avec leurs idéaux personnels – « Si tu avais des yeux bleus, tu serais plus jolie », « Sans ton nez épais, tu serais parfait ». En grandissant, l’individu continuera à se voir, à se juger à l’aune de ce regard sans indulgence. Les personnes qui s’acceptent sans trop de problèmes ne sont pas forcément objectivement plus séduisantes, ni plus intelligentes, ni meilleures moralement. « Elles se voient à travers des lunettes roses, elles ont une vision bienveillante d’elles-mêmes transmise par un entourage qui a su les contempler avec des yeux aimants », poursuit Alessandra Lemma.

Nous sommes habités par « un sentiment de continuité de l’existence » – pour reprendre l’expression du pédiatre et psychanalyste Donald W. Winnicott –, qui nous permet de ne pas douter de notre être. Pourtant, dans les moments de crise, dans toutes les situations où nos perceptions sont altérées, nous nous sentons captifs d’une enveloppe corporelle étrangère. Cela, parce que l’image que nous contemplons dans le miroir ou la personne que nous croyons être sont des constructions mentales.

Quant au moi, il ne possède pas davantage de réalité objective. C’est une coquille vide, remplie par les identifications aux êtres aimés de la première enfance, puis par les modèles successifs et idéaux adoptés au cours de la vie. Lacan assimilait la croyance en un ego autonome, libre, à une pure folie, rejoignant les bouddhistes pour qui il n’est qu’illusion. Tels les prisonniers condamnés à ne voir que des ombres qu’ils prennent pour la réalité, nous sommes subjugués par des représentations fallacieuses de nous-mêmes. Selon Carl G. Jung, pour nous adapter aux attentes de la société, nous nous dissimulons sous des masques (la persona) : nous faisons nôtres des conduites que nous savons valorisées pour paraître bons et aimables. Nous nous définissons par notre situation familiale, nos diplômes, notre profession, faisant taire nos aspirations les plus profondes. Raison pour laquelle, lorsque la façade s’écroule – à l’occasion d’un accident de la vie, licenciement, divorce –, nous sommes désorientés. Nous ne savons pas être nous !

Suis-je lâche ? Courageux ? Pendant la guerre, aurais-je été collabo ou résistant ? Les journaux intimes, les exercices d’introspection n’ont d’autre but que cette quête de soi qui se heurte toujours à un moment ou un autre au mur de l’inconscient – cette partie obscure où nous reléguons les pensées, les désirs, les fantasmes, susceptibles d’altérer, de rabaisser l’image que nous avons de nous et que nous voulons offrir au monde. C’est souvent à l’épreuve des faits, sans l’avoir décidé, que nous nous révélons à nous-mêmes.

Mais est-il si intéressant de se contempler avec objectivité ? De nombreux chercheurs en psychologie positive constatent que les individus qui se voient plus beaux et intelligents qu’ils ne le sont, tendent à être plus heureux que ceux qui s’efforcent d’être lucides et de porter un jugement critique sur eux-mêmes. À condition de ne pas trop s’aveugler, une certaine forme d’idéalisation de soi, de son existence, aiderait à vivre mieux. Peut-être d’ailleurs le monde est-il plus coloré et doux pour ceux qui pensent a priori avoir droit à une place agréable.

Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.

mercredi 28 août 2019

« L'athéisme » du Sâmkhya.



Le livre de Tara Michaël.



Ce texte est la suite de celui-ci. Il est inspiré de « Clefs pour le yoga » de Tara Michaël.

On parle parfois de « l'athéisme » du Sâmkhya, et la seule différence doctrinale qui existerait entre Sâmkhya et Yoga, serait que le premier n'envisage pas l'existence d'un Dieu suprême, tandis que le second admet que Dieu (Içvara) puisse être pris comme objet de concentration. Cette remarque ne peut s'appliquer qu'au Sâmkhya classique, et non au Sâmkhya plus ancien : pour le Mahabharata, les Purusha, existant en mode distinct tant qu'ils sont en association avec la Prakrti, retournent, quand ils sont libérés, au vingt-sixième principe ou Dieu, qui est le suprême Purusha. Mais même en ce qui concerne le Sâmkhya classique, la discussion de son prétendu athéisme est oiseuse. En effet, en tant que réflexion méthodique, le Sâmkhya cherche à se dispenser de toute notion dont l'acceptation serait article de foi ; mais il est évident que le Purusha, d'après les descriptions qu'on en fait dans les textes Sâmkhya, a tous les caractères du principe divin en l'homme. C'est une pure et parfaite présence, non divisée par la division des choses, non affectée par les conflits de la manifestation cosmique, existant à l'intérieur de tous les êtres. Le principe divin n'est pas conçu comme extérieur à l'homme, mais recherché en lui-même, ce qui est d'ailleurs en conformité avec le thème central des Upanishad : l'identification de l'essence ultime de l'homme (âtman) à l'Etre Absolu pénétrant tout l'univers (Brahman).

La conception de la pluralité des Purusha n'est pas non plus une objection valable, car cette conception ne s'applique qu'aux « soi » incarnés, et a une valeur empirique jusqu'à la Délivrance. La vie et la mort, les diverses expériences, l'esclavage et la libération, n'appartiennent pas en réalité au Purusha, mais aux agrégats psychiques et matériels avec lesquels il est identifié. Le Soi est sans attributs, sans qualités, non composé, impérissable, immuable, absolument non agissant et impassible. Tout changement, toute qualification, toute détermination appartiennent à Prakrti. Puisque tous les Purusha ont la même nature de conscience, liberté et omniprésence, une fois libérés de leur association avec la Prakrti, il n'y a pas la moindre différence entre un Purusha et un autre. Dans l'absolu et après la Délivrance, les Purusha sont exempts de toute différenciation, et il n'y a aucune raison de continuer à leur attribuer une distinction et une multiplicité. Il est seulement vrai de dire que du point de vue de l'être manifesté, non libéré, les Purusha paraissent distincts.

Mais le fondement de cette imputation d'athéisme réside probablement dans le fait qu'en Occident la notion de Dieu est inséparable de celle de Créateur. Or, pour le Sâmkhya, le Purusha n'est pas directement impliqué dans la création, bien qu'il y préside. La fonction de manifestation, préservation et dissolution, au niveau macrocosmique et microcosmique, est tout entière dévolue à la Prakrti. Le Purusha demeure absolument transcendant, même lorsqu'il est conjoint à la Prakrti et immanent au monde manifesté. Mais n'oublions pas les liens mystérieux qui unissent cette Prakrti au Purusha : mise en branle par sa seule présence, elle inaugure le mouvement cosmogonique. En toutes choses, c'est pour lui qu'elle agit. Elle déploie les mondes pour son plaisir, et les résorbe pour sa libération. Telle une servante désintéressée ou un ami oublieux de soi-même, elle trouve son propre accomplissement dans le service du Purusha.

C'est pourquoi le Sâmkhya épique regarde Purusha et Prakrti comme les deux modes d'une même réalité, dont l'un représente l'aspect stable et l'autre l'aspect modifiable. Le Sâmkhya est réaliste en ce qu'il prend pour point de départ la dualité qui est à la base de notre univers manifesté. Cependant il aboutit à un état où la Prakrti, comme principe évoluant, n'existe plus pour l'esprit libéré. La vision de l'unité était l'objet final de cette quête. La « disparition » de la Prakrti, non expliquée mais seulement illustrée par quelques métaphores suggestives comme celle de la danseuse qui se retire, ou de la jeune fille pudique, surprise par les regards, qui se cache, nous rappelle qu'un des noms de la Prakrti est Mâyâ : la magie ou puissance d'illusion.

Dès que l'illusion est reconnue, elle s'évanouit. La Nature est la grande séductrice, qui maintient tous les êtres incarnés sous son charme, sa sujétion et sa juridiction. Dès que le sujet conscient s'éveille, le jeu cosmique s'évanouit. La Prakrti disparaît, se résorbe (layati), elle est réabsorbée dans son principe, le pouvoir d'extériorité est réintégré dans l'immuable, le Principe Féminin est reconduit au Principe Masculin, la dualité est abolie et seule demeure l'unique Réalité.

Voilà .C’est tout pour le moment. Amitiés à tous !

Les six darsanas, écoles philosophiques traditionnelles de l’hindouisme.




Le « Dictionnaire des religions ».



Cet article est la suite de celui-ci. Il est inspiré du « Dictionnaire des religions »  de Mircea Eliade et Ioan P. Couliano.

Les six darsanas, écoles philosophiques traditionnelles de l’hindouisme, forment en réalité trois paires : mimamsa/vedanta, nyaya/vaisesika, samkhya/yoga. Le nyaya s’occupe de logique, le vaisesika propose une cosmologie atomiste ; ces deux écoles restent à l'extérieur du corpus de la tradition védique (smarta). Plus près du smarta sont le samkhya et le yoga. Le premier, dont il est impossible de préciser la date d'apparition, est une philosophie « émanationniste » dont les 24 principes (tattvas) forment une hiérarchie verticale depuis la paire primordiale Purusa/Prakrti jusqu'aux cinq qualités matérielles (tanmàtras) et aux éléments (bhutas). Le système samkhya est la variante hindoue de ce que les savants ont appelé le « schéma alexandrin » qui culminera dans les philosophies gnostiques et néo-platoniciennes : le monde visible, qui est partiellement illusoire, provient d'une descente de principes qui s'éloignent de plus en plus des essences situées en haut. Les cinq organes des sens (jnânendriyas) viennent avec les cinq organes d'action (karmendriyas) et les projections matérielles (tanmàtras) qui forment le monde. Notre intérieur a été fabriqué avant notre extérieur qui en dépend. A travers les principes circulent trois « états » (gunas) de toutes choses : le sattva (clarté, légèreté), le rajas (émotion, action) et le tamas (obscurité, inertie).

Le yoga est un ensemble de techniques, codifiées pour la première fois par Patanjali à une époque inconnue (Yogasutra, du II ème siècle AEC au V ème siècle EC), qui permettent au pratiquant de remonter l'échelle de la descente des principes. Le yoga a huit « membres » (astàngas) ou étapes : 1) abstinence (yàma), 2) observance (niyama), 3) postures corporelles (asanas), 4) techniques de      respiration (pranayamas), 5) intériorisation (pratyàhàra), 6) concentration (dhàranà), 7) méditation (dhyàna) et 8) contemplation unitive (samàdhi). Les techniques corporelles du yoga ont pour but de canaliser correctement les énergies (pranas), afin qu'elles circulent à un certain rythme dans les principaux canaux (nadis) de l'organisme subtil, pour éveiller la formidable énergie serpentine kundalini lovée dans le centre (cakra, « roue ») basal (mulàdhara) et la faire monter à travers les autres cakras jusqu'au « Lotus aux Mille Pétales » (sahasrâra) du sommet du crâne.

Des six darsanas, seuls le mimamsa et le vedanta (« Fin du Véda ») sont smârtas, car ils sont centrés sur les Védas. Le Vedanta, en particulier, se rallie à la sagesse des Upanisads. Son fondateur est Badarayana (ca 300-100 AEC), auteur du Brahma-ou Vedànta-sùtra.

Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.