lundi 11 juin 2018

Compte rendu du livre « Ma Gestalt-thérapie, une poubelle-vue-du-dehors-et-du-dedans » de Fritz Perls (quatrième partie).





Fritz Perls.



Je viens de lire un livre que j’ai trouvé à la fois formidablement bien écrit, original et passionnant. Je voudrais vous en faire part à travers quelques articles de ce blog. Il s’agit de « Ma Gestalt-thérapie, une poubelle-vue-du-dehors-et-du-dedans »  de Fritz Perls.

 Cet article est la suite de celui-ci. 

 Voici le résumé de l’ouvrage.

Je crois plus au reconditionnement qu'au conditionnement, plus à l'apprentissage par la découverte que par l'entraînement et la répétition.

Toute ma vie j'ai détesté les exercices, l'excès de discipline, le bachotage. J'ai toujours fait confiance à l'expérience du « ah ! », au choc de la découverte.

Même maintenant, en prose, le fleuve ne coule pas. Je suis de nouveau coincé, je ne sais à qui m'adresser ; j'ai perdu le contact ; trop d'idées, les pièces du jeu de construction, se pressent en foule, toutes nécessaires à l'achèvement de ma construction, de mon approche du problème.

Je possède une quantité de manuscrits inachevés. Chaque fois que je me suis trouvé coincé par une contradiction, une faille dans ma théorie, j'ai abandonné le livre ébauché.

Mais, aujourd'hui, je crois que ma théorie est aussi au point qu'elle peut l'être. Je crois qu'elle est viable et adaptée à notre époque.

Je vois Freud comme l'Edison de la psychiatrie, transformant l'approche descriptive en approche dynamique et causale, ou encore comme Prométhée et Lucifer, voleur de feu et porteur de lumière.

A l'époque de Freud, les dieux en tant que manipulateurs du monde ont cédé leur pouvoir magique aux forces de la nature : chaleur, gravitation, électricité. Freud lui-même a été fasciné par cette transition : Eros, pouvoir d'amour, et Thanatos, pouvoir inverti de destruction. L'intérêt pour l'aspect physique du monde a commencé à l'emporter sur le spirituel, tout comme en philosophie la dialectique matérialiste de Marx a remplacé la dialectique idéaliste de Hegel.

A notre époque, il s'est produit quelque chose d'aussi fantastique que l'unification des dieux par Moïse, c'est l'apparition de l'électronique. L'atome, pierre angulaire de la chimie, devient le refuge de toute énergie. Le concept de causalité, le « pourquoi ? » s'effondre et fait place à la recherche sur le processus et la structure, au « comment ? ».

L'intérêt scientifique passe de l'Histoire au comportement de la matière ou, dans le cas qui nous occupe, au « processus et à la structure du comportement humain ». Les découvertes de Freud demeurent, mais sa philosophie et sa technique tombent en désuétude, et doivent être déboulonnés comme étant sur la mauvaise piste, celle de la penses orientée  vers  l'Histoire. Même si des milliers d'analystes se mettaient à braire de plus en plus fort, cela ne nous placerait pas sur la bonne voie.

En comprenant que l'organisme est par nature un processus, et soumis aux lois de la Gestalt, j'ai accompli, dans l'histoire de la psychiatrie après Freud, un pas qui est celui de l'efficacité.

On ne peut dire à quoi ressemblera le pas suivant, mais je me suis livré à ce sujet à quelques vagues spéculations. J'ai ma petite idée là-dessus que je voudrais partager avec vous. Toutes les théories et toutes les hypothèses sont des modèles de la façon dont on imagine que fonctionne le monde. Une fois vérifiées et applicables à la réalité physique, elles prennent elles-mêmes figure de réalité. Ainsi « inconscient » et « libido » sont des réalités pour les freudiens, autant que l'arc réflexe et les réponses aux stimuli aux yeux des béhavioristes. Ces termes deviennent des articles de foi. Douter de leur réalité prend l'allure d'un blasphème. La même chose s'applique à mon attitude à l'égard du terme « Gestalt ».

Ma petite idée, donc, en ce qui concerne le pas suivant va dans le sens du lavage de cerveau et de la réduction de tête. Tout à fait choquant, n'est-ce pas ? Nous sommes habitués à l'équation : lavage de cerveau égale propagande, endoctrinement, de sorte que cela semble se heurter terriblement avec mes idées au sujet de l'authenticité et de la spontanéité. Mais attendez une minute, et ne perdez pas votre salive. Laver, c'est nettoyer. Laver le cerveau de tout le fumier mental que nous transportons  avec nous. Pour le propagandiste, cela veut dire simplement nettoyer une ardoise pour y inscrire d'autres convictions, chasser le diable pour mettre Belzébuth à sa place. Mais ce n'est pas là ce que nous entendons, Freud et moi.

Encore une fois Freud a fait le premier pas. Comprenant que le patient avait perdu le contact avec la réalité, incapable d'une relation immédiate et sans parti pris avec le monde, comprenant que quelque chose d'intermédiaire a perturbé la relation avec le monde, il appela « complexe » l'agent perturbateur. Par exemple, un homme ne peut coucher avec sa femme parce qu'il y a interférence du fantasme inconscient de sa mère.

Freud a rêvé de lavage de cerveau en rendant conscient le problème de l'Œdipe et en « l'analysant », ce qui, pour lui, voulait dire principalement rendre conscients les souvenirs « oubliés » relatifs à la fixation du malade.

Pour incroyable que cela puisse paraître, Freud le méfiant a fait confiance à nos inconstants souvenirs. Mon expérience m'a montré que ces « traumatismes producteurs de névrose » ne sont que des inventions ad hoc des malades pour justifier leur situation existentielle. Là où Freud dit « complexe », moi je dis forte Gestalt pathologique. Là où quelqu'un est hors de contact avec le monde, il y a une sorte de « no man's land », de zone « démilitarisée », occupée par des forces puissantes pour séparer le « soi » des « autres ». Les deux parties, le soi aussi bien que les autres, ne sont en contact que par l'intermédiaire, et non pas directement l'une avec l'autre.

Il ne peut y avoir de rencontre créatrice. Si vous portez un masque, vous êtes en contact avec l'intérieur du masque. Toute personne qui essaie de prendre contact avec vous par les yeux ou par les mains ne prend contact qu'avec le masque. La, communication, base des relations humaines, est impossible.

Cette zone intermédiaire est peuplée d'une foule de préjugés, de complexes, de perspectives catastrophiques, de calculs, de toutes sortes d'idées perfectionnistes, de compulsions, et ça pense, bavarde, bavarde, pense, pense : des mots et des mots et des mots, vingt-quatre heures sur vingt-quatre.

Êtes-vous encore contre le lavage de cerveau ?

Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.


Compte rendu du livre « La thérapie adaptative » de Michel Lamy (neuvième partie) (L’importance de la pause et de la circulation de l’énergie).




Un autre ouvrage de développement personnel.



Je viens de lire un livre que j’ai trouvé à la fois formidablement bien écrit, original et passionnant. Je voudrais vous en faire part à travers quelques articles de ce blog. Il s’agit de « La thérapie adaptative »  de Michel Lamy. L’auteur y décrit une méthode pour progresser dans différents domaines de la vie, non pas en imitant les autres mais en devenant la meilleure version de soi-même.

Cet article est la suite de celui-ci. 

Voici le résumé de ce livre.

L’importance de la pause et de la circulation de l’énergie

A un moment, votre projet va vous paraître énorme. Vous allez être dépassé par la masse de mots que vous avez écrits. Il sera nécessaire à ce moment-là de savoir lâcher prise, d'abandonner votre ordinateur quelque temps. A cet instant, il ne faudra jamais, au grand jamais, vous baser sur ce que font les autres ou sur ce qu’ils prétendent faire. Si je suis Michel Lamy, il me faudra écrire comme écrit Michel Lamy, me reposer comme se repose Michel Lamy. Je ne dois pas être Flaubert ou Stendhal. Je dois être moi. Le fait de vouloir être quelqu’un d’autre vous exposera à des buts impossibles et vous épuisera. Vous ne pouvez pas être Flaubert, vous êtes vous-même. Vous pouvez vous inspirer de certains éléments de la vie de Balzac mais il est certain que vous ne serez sans doute pas capable de boire dix-sept cafés dans la journée comme il le pratiquait, de même vous ne pourrez mettre cinq ans pour écrire un roman ainsi que Flaubert.

Un des moyens de se reposer est de faire des exercices d’énergétique, de circulation. Dans l’univers, tout circule, nous-mêmes retournerons à la terre. L’eau circule, l’air circule, il y a une circulation dans notre corps, d’abord celle du sang, ensuite celle de l’air, puis celle du bol alimentaire. Et enfin celle des idées. Constamment, des idées nous arrivent qui ne ressortent pas à moins que nous tenions un journal intime ou alors que nous possédions une excellente communication avec l’extérieur.

C’est pourquoi en vertu du principe selon lequel ce qui est à l’intérieur est comme ce qui est à l’extérieur, nous conseillons tous les exercices qui favorisent l’élimination, la circulation. L’acupuncture est une bonne thérapeutique pour pousser à circuler les énergies qui sont à l’intérieur de notre corps et je l’ai pratiqué. Il en est de même du yoga. Il est nécessaire de beaucoup respirer, éliminer les déchets à l’intérieur de soi-même comme à l’extérieur. Il faut parler et écouter pour éliminer les déchets intérieurs, se laver pour éliminer les déchets extérieurs. Beaucoup jeter est également obligatoire. Jeter des livres qui nous encombrent peut être un acte salutaire. De toute façon, jeter nous permettra de trouver.

Pour trouver, il y a deux solutions, supprimer ou ranger. Combien de choses avons-nous chez nous qui ne nous servent à rien et ne nous serviront jamais à rien ? Combien de choses avons-nous dans la tête qui ne nous servent à rien ou ne nous serviront à rien. Faites cet exercice : jetez des livres, des CD,  des vêtements, des chaussures, de la vaisselle. Vous ne vous en trouverez que mieux. De même pour vos idées, jetez-les sur le papier et après rangez-les. Si le fait de jeter vous choque, vendez ou donnez. Et une fois que vous avez jeté, n’hésitez pas à vous racheter un objet nouveau. L’énergie aura circulé. D’une façon générale, de même que vous jetez, n’hésitez pas à dépenser. Nous revenons ici au principe de Napoléon Hill déjà évoqué dans ce blog de la nécessité de dépenser pour obtenir un changement.


Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.


Compte rendu du livre « La thérapie adaptative » de Michel Lamy (huitième partie) (Utiliser tous les moyens, supposer l’existence du spirituel).




Un autre livre de développement spirituel.

Je viens de lire un livre que j’ai trouvé à la fois formidablement bien écrit, original et passionnant. Je voudrais vous en faire part à travers quelques articles de ce blog. Il s’agit de « La thérapie adaptative »  de Michel Lamy. L’auteur y décrit une méthode pour progresser dans différents domaines de la vie, non pas en imitant les autres mais en devenant la meilleure version de soi-même.

Cet article est la suite de celui-ci.


Utiliser tous les moyens (supposer l’existence du spirituel).

Réussir, cela vaut toujours la peine. Écrire un livre est chaque fois profitable. C’est pourquoi il faut se débattre pour y arriver. C’est un peu comme ne pas mourir, on accomplirait tout pour y parvenir. Vous pouvez utiliser des moyens qui vous semblent aberrants, irrationnels. Ce qui importe seulement, c’est le résultat.

Il est possible, même si l’on est complètement athée, de supposer l’existence de Dieu. Ce peut être une consolation de penser qu’il y a une personne toute-puissante qui est bienveillante à l’égard de nos projets. De plus, si c’est Dieu qui écrit pour moi, ce que j’écris est parfait. Cette pensée est elle aussi consolante. Il peut donc être salutaire d'accepter d’être un canal de Dieu, comme si l’inspiration venait d’une zone mystérieuse et mal définie de nous-même.

La pensée ésotérique est capable également de donner des réponses même si vous n’y croyez pas. Une des leçons de cette philosophie magique est la nécessité de perdre un objet précieux, un organe indispensable, pour en gagner un autre. Selon celle-ci, un objet  remplace un autre objet  dans l'univers. Vous devrez donc pour réussir votre livre abandonner un peu de vous ou de vos biens. Milton Erickson a perdu très jeune le plein usage de ses membres, l’a retrouvé ensuite pour le reperdre après. Odin, dans la mythologie nordique, a donné un de ses yeux pour acquérir la sagesse. Homère était aveugle, ce qui lui a permis de créer ses magnifiques épopées (dans la légende bien sûr). Il vous faudra donc perdre de l'argent, perdre du temps, perdre quelque chose d’autre, peut-être perdre votre minceur, votre jeunesse ou alors perdre en acuité visuelle.

J’ai aussi découvert un nouveau concept dans un livre de James Redfield La Prophétie des Andes, celui des synchronicités. Il est nécessaire d’essayer de discerner dans la vie quotidienne ce qui correspond à notre recherche, ce qui survient au moment voulu. Vous êtes bloqué par un problème et quelque chose arrive, quelqu’un, n’importe quoi. Si vous êtes attentif aux synchronicités, vous résoudrez votre énigme. Si vous ne l’êtes pas, vous passerez à côté d’une occasion de vous épanouir. D’une façon générale, la logique n’est pas toujours la meilleure conseillère. Il faut parfois se mettre en pilotage automatique, ne pas réfléchir.

Il existe aussi une constatation que j’ai développée il y a peu de temps : les plus grands hommes sont des ésotéristes. Loin de se laisser guider par la raison, ils croyaient en une irrationalité totale. Victor Hugo faisait tourner les tables, Sir Arthur Conan Doyle était passionné par les médiums. Chacun possède sa petite pensée ésotérique, de Balzac à Edgar Poe (qui prétend ne pas croire à l’irrationnel). Grosso modo, il est possible de  dire que l’important est de croire à quelque chose qui ordonne le monde.

  
Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.


dimanche 10 juin 2018

Compte rendu du livre « La thérapie adaptative » de Michel Lamy (septième partie), (Le concept de la pensée scientifique et informationnelle en développement personnel, deuxième partie).



 Un autre livre de développement personnel.


Je viens de lire un livre que j’ai trouvé à la fois formidablement bien écrit, original et passionnant. Je voudrais vous en faire part à travers quelques articles de ce blog. Il s’agit de « La thérapie adaptative »  de Michel Lamy. L’auteur y décrit une méthode pour progresser dans différents domaines de la vie, non pas en imitant les autres mais en devenant la meilleure version de soi-même.

Cet article est la suite de celui-ci.


Le concept de la pensée scientifique et informationnelle en développement personnel (deuxième partie).

La puissance de la critique de soi-même est très forte et elle vous attaquera forcément à un moment ou à un autre. Vous aurez alors envie de laisser tomber le projet, de ne pas écrire votre page journalière (A quoi bon ? De toute façon, je ne serai pas édité. Mes idées n’intéresseront personne, mon message ne passera pas.) Vous trouverez une foule de prétextes pour vous arrêter d’écrire.

Pensez alors à cette vérité. Les écrivains qui sont édités sont ceux qui ne se sont jamais arrêtés d’écrire. Ils ont su dépasser leurs peurs. Il y a certainement des gens moins talentueux que vous qui ont été publiés mais dont le seul mérite a été de continuer.

Racontez-vous alors  une histoire motivante, qu’elle vous soit propre ou qu’elle fasse partie de celles que j’ai inventées ou reprises. Celle que je préfère est le « J’avais tant appris » de Milton Erickson que je vous ai déjà raconté dans un article précédent. Elle nous montre que à cet instant T, moi, un homme de cinquante-sept ans qui ai beaucoup lu et beaucoup vécu dispose dans sa tête de tout ce dont il a besoin pour écrire un livre.

Les autres histoires motivantes que j’aime à la folie sur le sujet sont les sentences : « Parfois, le bon Homère somnole », « De temps en temps, même les saints ne croient pas en Dieu. » La première vient de L’Art poétique de Boileau. Il admet que, même dans les livres qui sont considérés comme les plus parfaits de l’Antiquité, L’Iliade et L’Odyssée, il peut y avoir des imperfections. Dans tout ouvrage, il y a forcément des passages faibles. Ne soyez pas surpris qu’il y en ait dans le vôtre.

La deuxième phrase « De temps en temps, même les saints ne croient plus en Dieu », je l’ai extraite des informations que j’avais sur l’abbé Pierre ou sur Mère Theresa : j’ai appris que ces personnes que je considérais comme des saints avaient souvent perdu la foi. J’ai été soufflé de connaître ces passages importants de leur vie. Ce qui signifie que les êtres humains qui réalisent  les plus grandes actions ou les plus grands livres ont souvent des périodes de doute, la seule différence avec les autres, c’est que dans la durée, ils arrivent à surmonter leurs doutes. La masse énorme de la population des écrivains ratés provient de ceux qui n’ont pas réussi à maîtriser ces périodes de flottement dans leur inspiration.

Comment faire pour y parvenir ? Un truc que j’utilise souvent est celui que j’ai appelé la parabole d’Ulysse et les sirènes. On sait par l’Odyssée qu’un homme ne pouvait écouter le chant des sirènes sans être immédiatement subjugué par celui-ci (et tué). Ulysse demande donc à ses camarades matelots qui se bouchent les oreilles avec de la cire de l’attacher au mât et de ne pas le délier malgré ses exhortations. Quand arrive la zone où se trouvent les sirènes, Ulysse entend leurs mélodies, supplie ses compagnons de le délier mais ceux-ci, malgré ses demandes, ne le libèrent pas. Ainsi a-t-il a pu entendre le chant des sirènes sans en mourir. Il en est de même pour vous ! Il vous faut pour écrire votre ouvrage être lié à quelque chose qui vous incite à continuer, vous force à persévérer. Ce peut être un contrat d'éditeur, ce peut être une attente de la part d’un petit groupe d’individus (un cercle informel d’écrivains). Donc trouvez-vous une chaîne, quelle qu’elle soit, autrement vous risquez d’être guetté par les sirènes de l’abandon.

Il faut aussi dans cette pensée scientifique tenir compte tout simplement de la perturbation engendrée par les autres. Quand vous travaillez sur un livre, vos proches peuvent vous réclamer. Votre femme peut trouver que vous lui faites la gueule. Vous vous sentez coupable et vous êtes forcé d’abandonner votre travail. Cela peut vous faire perdre vos idées. Personnellement, perdre mes idées me donne l’angoisse de tout interrompre par faute d’inspiration. Il faut doser vos concessions au monde environnant de matière mathématique (comme cette méthode !), donner un petit peu aux autres, assumer des concessions. Un jour, vous aurez beaucoup de sollicitations, le lendemain, vous n’aurez presque  rien. On retrouve ici aussi le concept d’adaptation, du premier article de ce blog sur le sujet, élaborer un projet tout d’abord et ensuite le modeler par petites touches.
  

Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.


Compte rendu du livre « Ma Gestalt-thérapie, une poubelle-vue-du-dehors-et-du-dedans » de Fritz Perls (troisième partie).




Fritz Perls.


Je viens de lire un livre que j’ai trouvé à la fois formidablement bien écrit, original et passionnant. Je voudrais vous en faire part à travers quelques articles de ce blog. Il s’agit de « Ma Gestalt-thérapie, une poubelle-vue-du-dehors-et-du-dedans » de Fritz Perls.

 Cet article est la suite de celui-ci.

Voici le résumé de l’ouvrage.

« Potentiel » et « réalisation » sont deux termes qui s’opposent. Un grain de blé a le potentiel de devenir une plante, et l’épi de blé est sa réalisation.
Alors « réalisation du moi » signifie que le grain de blé se réalisera en tant qu'épi de blé et jamais en tant qu'épi de seigle.

Reprenons jusqu'à l'absurde l'exemple des grains de blé et de seigle.

Il est évident que le potentiel d'un aigle se réalisera en planant dans le ciel, en fondant sur de petits animaux pour se nourrir et en construisant des aires.
Il est évident que le potentiel d'un éléphant se réalisera en taille, en puissance et en maladresse.

Jamais un aigle ne voudra être un éléphant, ni un éléphant un aigle. Ils « s'acceptent », ils s'acceptent « eux-mêmes ». Non, ils ne s'acceptent même pas eux-mêmes, parce que cela impliquerait une possibilité de rejet. Ils se prennent comme allant de soi. Non, même pas comme allant de soi, car cela impliquerait la possibilité d'être « autre ». Ils sont, c'est tout. Ils sont ce qu'ils sont ce qu'ils sont.

Comme ce serait absurde s'ils avaient, tels les humains, des idées folles, des insatisfactions, s'ils se dupaient eux-mêmes. Absurde que l'éléphant, las de parcourir la terre, veuille voler, manger des lapins et pondre des œufs. Et que l'aigle veuille avoir la force et la peau épaisse de l'éléphant.

Laissons cela aux humains — essayer d'être quelque chose qu'ils ne sont pas —, avoir des idéaux inaccessibles, être affligés de perfectionnisme pour se mettre à l'abri de la critique, et ouvrir la voie à la torture mentale permanente.

Le fossé entre le potentiel et sa réalisation sur une page du grand livre, la distorsion de cette authenticité sur l'autre, deviennent apparents. L' « il-faudraitisme » dresse sa vilaine tête ! Il « faudrait » éliminer, renier, refouler, nier bien des traits et des sources d'authenticité, et rajouter, faire semblant de, jouer à, créer des rôles dépourvus d'élan vital, tout cela aboutissant à un comportement artificiel à divers degrés. Au lieu de l'intégrité d'une personne authentique, nous avons la fragmentation, les conflits, le désespoir non ressenti des personnages en papier.

L'homéostase, ce mécanisme subtil de la régulation et du contrôle de l'organisme par lui-même, est remplacée par le contrôle extérieur surimposé d'une folie qui sape le potentiel de survie de la personne et de l'espèce. Les symptômes psychosomatiques, l'accablement, la lassitude et le comportement compulsif, remplacent la joie de vivre.

La plus profonde lézarde qui fissure depuis longtemps notre culture, et donc considérée comme allant de soi, est la dichotomie entre l'esprit et le corps, cette superstition qu'il existe une séparation, et néanmoins une interdépendance, entre deux formes différentes de substance, le mental et le physique. Une kyrielle de philosophies se sont créées, qui affirment soit que l'idée, l'esprit ou l'intellect sont à l'origine du corps (Hegel, par exempte), soit que, sur le plan matérialiste, ces phénomènes ou épiphénomènes découlent de la matière physique, dont ils sont le résultat ou la superstructure (Marx, par exemple).

Ce n'est vrai ni d'un côté ni de l'autre. Nous sommes des organismes ; nous (c'est-à-dire quelque « je » mystérieux) n'avons pas d'organisme. Nous sommes une unité intégrale, mais libres d'abstraire bien des aspects de cette totalité. Abstraire et non soustraire ou dissocier. Nous pouvons abstraire, selon nos intérêts, le comportement de cet organisme, ou sa fonction sociale, ou sa physiologie, ou son anatomie, ou ceci, ou cela, mais nous devons rester attentifs, et ne prendre aucune abstraction pour « partie » de l'organisme total. Nous pouvons avoir un ensemble d'abstractions, nous pouvons nous rapprocher de la connaissance d'une personne ou d'une chose, mais nous ne pouvons jamais avoir une perception totale de la « chose en soi ».

Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.


Compte rendu du livre « Ma Gestalt-thérapie, une poubelle-vue-du-dehors-et-du-dedans » de Fritz Perls (deuxième partie).



Fritz Perls.


Je viens de lire un livre que j’ai trouvé à la fois formidablement bien écrit, original et passionnant. Je voudrais vous en faire part à travers quelques articles de ce blog. Il s’agit de « Ma Gestalt-thérapie, une poubelle-vue-du-dehors-et-du-dedans »  de Fritz Perls.

Cet article est la suite de celui-ci. 

Voici le résumé de l’ouvrage.

Je suis sûr qu'en dépit de toutes mes vantardises, je n'ai pas une très haute idée de moi-même.  Mon second prénom est Salomon. Le sage roi Salomon disait : « Vanité, tout est vanité ! »

Je ne peux même pas dire que je sois particulièrement vaniteux. Je suis cependant certain que la majeure partie de mon exhibitionnisme provient d'une surcompensation. Non seulement pour compenser mon manque d'assurance, mais pour surcompenser, pour vous éblouir, afin de vous faire croire que je suis quelqu’un d'extraordinaire. Et n'allez pas en douter !

Pendant de longues années, ma femme et moi avons joué au jeu : « Je ne vous épate pas ? Y a-t-il plus fort que cela ? » Jusqu'au jour où je m'aperçus que je perdais à tous les coups et que, en aucun cas, je ne pouvais gagner. A cette époque, je croyais encore en cette sottise répandue dans le monde : il est absolument indispensable de gagner.

Tout cela est réduit en somme au phénomène de l'estime de soi, de l'amour de soi et de sa propre image. Comme tout phénomène psychologique, l'estime de soi est vécue comme une polarité. Un amour-propre bien développé, l'orgueil, la gloire, le sentiment d'avoir trois mètres de haut, s'oppose au manque d'amour-propre : se sentir abattu, sans valeur, abject, petit. Le héros s'oppose au moine.

Cela nous amène directement au domaine de la philosophie existentielle. Une clarification du problème existentiel jettera, je le crois, une lumière considérable sur la question de la vanité qui s'oppose à l'existence authentique, et nous montrera peut-être même comment combler le fossé qui sépare notre être social et notre être biologique.

En tant qu'êtres biologiques, nous sommes des animaux ; en tant qu'êtres sociaux, nous tenons des rôles et jouons à des jeux. En tant qu'animaux, nous tuons pour survivre ; en tant qu'êtres sociaux, nous tuons pour la gloire, par avidité ou vengeance. En tant qu'êtres biologiques, nous menons une vie en relation avec la nature et profondément ancrée en elle ; en tant qu'êtres sociaux, nous poursuivons une existence fondée sur le « comme si » dans laquelle se mêlent confusément la réalité, l'imagination et le faux-semblant.

« Potentiel » et « réalisation » sont deux termes qui s’opposent. Un grain de blé a le potentiel de devenir une plante, et l’épi de blé est sa réalisation.
Alors « réalisation du moi » signifie que le grain de blé se réalisera en tant qu'épi de blé et jamais en tant qu'épi de seigle.

Je dois m'interrompre ici. Si ce texte est jamais édité, le directeur littéraire fera sauter le passage qui va suivre, ou bien le remettra dans le contexte approprié.
En ce qui me concerne, un de mes deux « problèmes » relève de la tendance à « plastronner ». L'autre, celui de trop fumer et de m'intoxiquer à la nicotine, peut attendre. Quant au premier, le fait que je m'ennuie souvent est lié à mon besoin d'épater le monde. Comment s'établit cette corrélation ? J'espère le découvrir en écrivant ce livre. Je sollicite souvent l'approbation, l'estime et l'admiration au cours de mes entretiens. En fait, je me mets souvent en avant ou j'amène la conversation sur des sujets non afin de briller, mais pour faire étalage de la considération dont moi-même — ou la Gestalt-thérapie, ce qui pour moi revient au même  — bénéficie.

J'ai trouvé dernièrement un palliatif plus créateur à mon ennui : m'installer et écrire. Sans la sensation d’ennui, je serais certainement incapable de m'asseoir ici et d'aligner des phrases sur le papier.



Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.


Compte rendu du livre « Ma Gestalt-thérapie, une poubelle-vue-du-dehors-et-du-dedans » de Fritz Perls (première partie).



Fritz Perls.


Je viens de lire un livre que j’ai trouvé à la fois formidablement bien écrit, original et passionnant. Je voudrais vous en faire part à travers quelques articles de ce blog. Il s’agit de « Ma Gestalt-thérapie, une poubelle-vue-du-dehors-et-du-dedans »  de Fritz Perls.

Cet article est la suite de celui-ci.

Voici le résumé de l’ouvrage.

Préface.

Cher Fritz,

Vous êtes venu, vous avez fait ce que vous vouliez et nombre d'entre nous se sont épris de vous et de votre façon d'être. Vous étiez celui dont vous parliez, ce qui n'est pas courant parmi les hommes. Vos paroles étaient faciles à comprendre, votre voix réveilla mon espoir endormi, et je me rappelle encore les larmes qui souvent vous montaient aux yeux quand il  se révélait dans l'assistance une particulière dose d'amour. Je vous ai vu las quelquefois ; nous étions si peu d'entre nous à vivre dans vos hautes sphères, et tellement à vous rabaisser pour nous hausser à votre niveau.

Le livre.

Je m'appelle Friedrich Salomon Perls, en américain : Frederick S. Perls, communément Fritz, ou Fritz Perls, quelquefois Dr Fritz. En écrivant cela, je me sens quelque peu léger et pompeux ; je me demande aussi pour qui j'écris ce livre et, plus que tout, quel sera mon degré d'honnêteté. Oh, je sais ! On ne me demande pas d'écrire de véritables confessions, mais j'aimerais être honnête pour moi-même. Qu'ai-je donc à risquer ?

Je suis en train de devenir un personnage public. Petit-bourgeois juif obscur, puis médiocre psychanalyste, enfin créateur possible d'une « nouvelle » méthode de traitement, je deviens l'interprète d'une philosophie viable qui pourrait apporter quelque chose à l'humanité.

Cela veut-il dire que je me prenne pour un bienfaiteur ou que je veuille servir l'humanité ? Que je formule la question montre mes doutes. Ce que je fais, je crois que je le fais pour moi-même, à cause de ma passion à résoudre des problèmes, et, plus que tout, pour satisfaire ma vanité.

Je me sens vraiment bien dans le rôle de « prima donna », quand je peux faire étalage de mes capacités à entrer rapidement en contact avec l'essence d'une personne et à saisir ce dont elle souffre. Cependant, il doit y avoir un autre aspect de ma personnalité. Chaque fois qu’il se passe quelque chose de réel, je suis profondément ému et chaque fois que je m'engage profondément auprès d'un patient, j’oublie complètement l'assistance présente et son éventuelle admiration, et alors je suis totalement là.

Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.