mardi 3 janvier 2017

Un de nos grands historiens de la prestidigitation, Fanch Guillemin (première partie)






 
 Fanch Gullemin

Vendredi 30 décembre, je suis allé avec Fanch Guillemin, un ami magicien, voir l’exposition sur L’escamoteur de Jérôme Bosch à Saint-Germain-en-Laye (superbe exposition mais malheureusement terminée). Fanch Guillemin, outre le fait d’être une personne très chaleureuse et très sympathique, est selon moi un de nos meilleurs historiens de la prestidigitation. Il est l’égal, à mon avis, de grandes sommités mondiales comme l’américain William Kalush, l’allemand Volker Huber, l’écossais Edwin Dawes ou l’italien Mariano Tomatis.

Je vais d’abord vous proposer un résumé (trop bref bien sûr) de la vie de Fanch Guillemin puis j’aborderai sa bibliographie.

1) Quelques données biographiques.

Fanch Guillemin est né en Bretagne, descendant de sorcier... et rationaliste convaincu ! Ancien professeur de collège et magicien reconnu (directeur honoraire de la revue L'illusionniste), il a enseigné en Bretagne, au Sénégal, en Algérie, en Côte d’Ivoire, au Canada et au Costa Rica. Il a présenté son spectacle de prestidigitation et ses conférences démonstratives aux quatre coins du monde. Il est aussi l’auteur de nombreux ouvrages sur le sujet en français, en breton, en anglais et en espagnol.

2) Bibliographie (la plus complète possible).

1.      Les princes de l'anti-sèche, ou l'Art de tricher en classe..., Morlaix, Imprimerie Nouvelle, 1967
2.      Les sorciers d'aujourd'hui, 1971
3.      Magie Traditionnelle, 1977
4.      Les sorciers du bout du monde, Pensée Universelle, 1988
5.      Mes trucs de sorcier, Magix, Editions du spectacle, 1993
6.      Lectura : 3 book-tests en français, anglais et espagnol, 1995
7.      Sorciers, magiciens et démons : book-test et flip-book, Ar Strobineller Breiz, Brest, 1996
8.      Curieux écrits de Presti et Magie, Ar Strobineller Breiz, Brest, 1997
9.      Sorciers de Bretagne, Morlaix, Skol Vreizh, 1998
10.  Textes magiques rares : 8 compendiums, 1999
11.  Histoire de la magie blanche avant Robert-Houdin, Ar Strobineller Breiz, Brest, 2000
12.  An Illustrated History of White Magic before Robert-Houdin, Brest, 2000
13.  Taol Fisik : tours faciles de magie blanche, Morlaix, Skol Vreizh, 2001
14.  Magie blanche en Armorique, De Merlin l'enchanteur aux illusionnistes d'aujourd'hui, Skol Vreizh n°53, 2003.
15.  Les sorciers du bout du monde, book-e-book.com, 2003
16.  Magiciens d’Argoat et d’Armor, Skol Vreizh, 2009
17.  Aventures magiques d’Amérique et d’Afrique, Leezam, 2010
18.  Art, illusion et secrets, (en collaboration avec Stéfane Laurens), Artishow Editions, 2011
19.  Mentalistes de jadis, (notes de conférence pour la rencontre de l’Ordre Européen des Mentalistes à Monteneuf en collaboration avec Pierre Taillefer), 2013
20.  L’art du ventriloque, Marchand de trucs, 2014

Le douzième ouvrage est naturellement la traduction du onzième. Le quatrième et le quinzième texte sont identiques, mais publiés chez des éditeurs différents.

3) Mon livre préféré de Fanch Guillemin.

C’est l’Histoire de la magie blanche avant Robert-Houdin. Cet ouvrage est d’un contenu extraordinairement original et comporte de nombreuses et superbes illustrations, mais malheureusement,  il est difficile à trouver actuellement. Cependant, il se murmure qu’un grand éditeur de livres sur la prestidigitation va le republier. Je vais en étudier dans ce blog différentes parties. Comme d’habitude, pour que vous puissiez juger par vous-mêmes du contenu, je vais vous donner un extrait de la table des matières.

La première section traite  naturellement de l’Antiquité et comporte les parties suivantes.
  1. Eccyclème, mèchanè
  2. Accidents de Volerie
  3. Tonnerre, éclairs
  4. Effets théâtraux
  5. Substitution dramatique
  6. Thèmes magiques - Hermès
  7. Médée la magicienne
  8. Illusions d'optiques
  9. Automates égyptiens
  10. Mécanismes de Héron
  11. Lucien et les magiciens
  12. Tours de l'Hyperboréen
  13. L'apprenti sorcier
  14. L'avaleur de sabres
  15. Bateleurs et banquets
  16. Joueurs de gobelets

L’auteur analyse ensuite chronologiquement le Moyen Âge, la Renaissance et les Temps modernes.

Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.

lundi 2 janvier 2017

Présentation de l’étude « Atteindre l’excellence » de Robert Greene, chapitre 1, Découvrir sa vocation : l’œuvre de toute une vie, (quatrième partie), « Occuper le créneau idéal, la stratégie darwinienne ».




Une photo de moi, mais qui n'est pas de moi



Robert Greene, dans son livre Atteindre l’excellence, identifie cinq stratégies pour parvenir à identifier l’œuvre de sa propre vie (cet article est la suite de celui-ci).

1) Revenir à ses origines – la stratégie de l’inclination primale.

2) Occuper le créneau idéal – la stratégie darwinienne.

3) Éviter les voies sans issue – la stratégie de la rébellion.

4) Se libérer du passé – la stratégie de l’adaptation.

5) Trouver le chemin du retour – jouer son va-tout.

Je traiterai aujourd’hui de la deuxième partie : occuper le créneau idéal.

2) Occuper le créneau idéal – La stratégie darwinienne.

Robert Greene, pour illustrer son propos, raconte la vie du neuropsychiatre indien Vilayanur Ramachandran et de la chercheuse japonaise en neurosciences, Yoki Matsuoka, qui a créé la discipline appelée « neurobotique ».

Vilayanur Ramachandran, pendant son enfance, savait qu’il était différent des autres. Il n’était pas attiré par le sport comme beaucoup de garçons de son âge mais par la lecture de livres scientifiques. Il était aussi émerveillé par l’incroyable variété des coquillages et en faisait collection. C’était un domaine qu’il possédait pour lui tout seul : personne dans son école n’en savait autant que lui sur les coquillages. Bientôt, il s’intéressa à une variété rare, le xénophore qui ramasse les coquilles vides pour s’en servir de camouflage. D’une certaine façon, il était lui-même un xénophore, une anomalie. Dans la nature, les anomalies ont souvent leur utilité dans le cadre général de l’évolution (cf. Darwin et sa célèbre théorie) : elles permettent l’occupation d’un nouveau biotope, en offrant de meilleures chances de survie. Ramachandran pouvait-il en dire autant de sa propre étrangeté ?

Son père craignait qu’il ne passe sa vie qu’à s’occuper d’anomalies et le persuada de faire médecine. Mais la médecine ne suffisait pas à Vilayanur Ramachandran. Il voulait faire des expériences et des découvertes. Il se mit à compulser toutes sortes d’ouvrages scientifiques qui ne faisaient pas partie de son programme.

Il lut l’ouvrage Eye and Brain de Richard Gregory, neuroscientifique spécialisé dans les illusions d’optique et les points aveugles. Ramachandran, motivé par cette étude, mena ses propres expériences et parvint à en publier le résultat dans un journal prestigieux, ce qui lui valut d’être invité par l’université de Cambridge à venir étudier les neurosciences de la vision.

Il voulut aller encore plus loin et s’intéressa au cerveau lui-même et au phénomène des membres fantômes : chez les amputés, on a observé des douleurs paralysantes d’un membre qu’on leur a coupé. Vilayanur Ramachandran en vint finalement à effectuer des découvertes importantes sur le fonctionnement du cerveau et le moyen de soulager les amputés de ce type de douleur.

Du jour au lendemain, son sentiment de décalage et d’ennui disparut. Il savait à présent qu’il allait consacrer le reste de sa vie à l’étude des pathologies anormales du système nerveux. Ce thème 1) débouchait sur des questions qui le passionnaient concernant l’évolution de la conscience, l’origine du langage, etc. En quelque sorte, 2) il était revenu à son point de départ à l’époque où il collectionnait les coquillages les plus rares.  C’était un domaine où il pourrait 3) régner sans partage pendant des années et qui contribuerait 4) au progrès de la science et de l’humanité.

Je vous parlerai dans un prochain article de la vie de Yoki Matsuoka et de la philosophie de réussite que l’on peut tirer de l’existence de ces deux chercheurs : « Occuper le créneau idéal ».

Amitiés à tous.