mercredi 11 juillet 2018

Compte rendu du livre « Ma Gestalt-thérapie, une poubelle-vue-du-dehors-et-du-dedans » de Fritz Perls (trente-quatrième partie).



  
Le rêve.


Je viens de lire un livre que j’ai trouvé à la fois passionnant, précis et instructif sur la création de la Gestalt-thérapie. Je voudrais vous en faire part à travers quelques articles de ce blog. Il s’agit de « Ma Gestalt-thérapie, une poubelle-vue-du-dehors-et-du-dedans »  de Fritz Perls.

Cet article est la suite de celui-ci.

Voici le résumé de ce livre.

Je me suis réveillé ce matin abruti et lourd. Assis sur mon lit, engourdi, en état d'hypnose, comme ces malades que j'ai vus si souvent, dans les asiles, en proie à leurs ruminations. Des fantômes, des victimes de Hitler, des parents de Lore ou de moi pour la plupart, venaient me voir et me montraient du doigt : « Tu aurais pu me sauver », acharnés à faire naître en moi un sentiment de culpabilité et de responsabilité à leur égard.

Mais moi, je m'accroche à ma devise : « Je ne suis responsable que de moi-même. Vous êtes responsables de vous-mêmes. Vous exigez beaucoup trop de moi et je m'en offense, comme je m'offense de toute ingérence dans ma façon d'être. »

Je sais que je m'y accroche un tantinet trop fort.

Je me sens frustré et je sais en même temps que c'est « moi » qui « me » frustre. La cible, Esalen, semble s'éloigner de plus en plus. Même Eilat, où (Kyoto mis à part) je concevais l'autre possibilité de m'installer, semble hors d'atteinte.

Cependant, je me sens authentique et satisfait. Je suis en contact avec les trois zones. Je sais que je suis assis à mon bureau. Je sens la plume courir sur le papier, je vois mon bureau encombré. La lampe, au-dessus de moi, projette l'ombre de ma main sur les mots qui se forment.

Je suis aussi en contact avec ma zone intérieure, la sensation de satisfaction et de fatigue après une journée de négociations avec une commission venue de Washington à propos d'une subvention pour le futur Centre, et l'ardeur à poursuivre ce livre.

Je suis aussi en contact avec la zone intermédiaire, souvent appelée l'esprit. Dans cette zone, j'imagine, je parle en silence, ce qu'on nomme souvent la pensée ; je me souviens, fais des projets, passe en revue. Je sais que je suis en train d'imaginer, d'évoquer des événements passés. Je sais qu'ils ne sont pas réels, que ce sont des images. Si je les croyais réels, je ferais des hallucinations, c'est-à-dire que je serais incapable de distinguer la réalité de l'imagination. Ce qui est le symptôme principal de la psychose.

Une personne saine d'esprit, en jouant à des jeux, en revenant sur des événements passés, en rêvant éveillée à des satisfactions ou à des catastrophes futures, sait bien qu'elle est dans un état de « comme si » d'où elle peut revenir rapidement à la réalité concrète.

Il y a une exception qui, dans un sens plus profond, n'en est pas une — le rêve. Tout rêve possède la qualité d'être réel. Tout rêve est hallucination. Tout rêve semble naturel. En rêvant, on n'est pas conscient de l'absurdité souvent extrême des situations et des événements.

Tout rêve apparaît comme réel et cela est justifié parce que le rêve est une réalité. C'est un message existentiel bien que codé en un langage chiffré.

Tout rêve est un événement spontané. L'imagination, en revanche, peut être délibérée à un très haut degré. Il ne semble pas y avoir de limites aux pouvoirs de l'imagination, à condition de ne pas procéder à des vérifications et à des comparaisons avec les possibilités limitées de la réalité.

  
Voilà. C’est tout pour le moment comme dans les séries télé américaines ou les romans-feuilletons du dix-neuvième siècle. Amitiés à tous.


vendredi 6 juillet 2018

Compte rendu du livre « Ma Gestalt-thérapie, une poubelle-vue-du-dehors-et-du-dedans » de Fritz Perls (trente-troisième partie).





Retrait stratégique d’un bataillon.


Je viens de lire un livre que j’ai trouvé à la fois passionnant, précis et instructif sur la création de la Gestalt-thérapie. Je voudrais vous en faire part à travers quelques articles de ce blog. Il s’agit de « Ma Gestalt-thérapie, une poubelle-vue-du-dehors-et-du-dedans »  de Fritz Perls.

Cet article est la suite de celui-ci. 


Voici le résumé de ce livre.
  
La plupart des juifs ne sont pas venus en Israël dans un esprit sioniste. Ils arrivèrent en tant que réfugiés fuyant Hitler, et il y a beaucoup d'endroits au monde où leur ingéniosité aurait pu faire fleurir plus facilement les déserts, en semant moins d'hostilité. Mais, à tout prendre, je te salue, Israël, toi et ton esprit Makabbi. Tu as apporté beaucoup de respect aux juifs du monde entier. Même l'antisémitisme américain a diminué considérablement. Être juif ne vous exclut plus automatiquement d'un travail au niveau de vos capacités. Quant au fascisme américain latent, sa cible sera plutôt le Noir et le hippie que le juif, mais le Noir ne le supportera pas avec la soumission et la lâcheté du juif européen. Il a goûté à la liberté et exerce ses muscles.

Comme n'importe quelle autre chose, ces écrits sont dictés par le rythme du contact et du retrait. Après avoir écrit la dernière page, j'ai senti une pression dans ma tête et de la fatigue. Or, la fatigue est le signal par excellence que l'organisme donne du retrait. Et de nouveau, au bout de deux phrases, je ressens la même fatigue...

Je suis allé me coucher sur mon divan, pour entrer en contact avec ce qu'il y avait de pressant, et me suis relevé avec la possibilité de faire face, ce qui représente une polarité bien meilleure par rapport au retrait. Pour simplifier à l'extrême : faire face, c'est être en contact avec la zone extérieure, l'environnement. Se retirer, c'est être en contact avec la zone intermédiaire ou même avec la zone intérieure ou zone du moi. La régression n'est pas un symptôme névrotique, comme le pensait Freud, et ce n'est certainement pas la caractéristique principale du névrosé. Au contraire, retrait, régression et retraite signifient prendre une position dans laquelle on peut faire face ou de laquelle nous tirons le soutien moral nécessaire, ou qui permette de répondre à une situation inachevée plus importante.

Si l'élasticité de la formation image/arrière-plan est affaiblie, si, dans notre cas, faire face et se retirer ne se complètent pas l'un l'autre, nous avons affaire à un état de défense chronique et à un retrait chronique, tous les deux symptômes pathologiques. L'état de défense chronique est connu sous les noms de fixation, d'attachement, de compulsivité, de bizarrerie, de comportement artificiel, etc. Le retrait chronique est connu sous les termes de « hors de contact », coupé de, et, dans les cas extrêmes, de stupeur catatonique.

Si un bataillon est dans une situation difficile, menacé d'anéantissement, d'une perte d'hommes et de munitions, il opère un « retrait stratégique ». Il se retire sur des positions plus sûres et reçoit des renforts en hommes et en munitions, peut-être même un soutien moral, jusqu'à ce que la Gestalt incomplète soit achevée et qu'il ait à nouveau en quantités adéquates hommes, matériel et ardeur au combat.

Il y a l'histoire des deux analystes. Le plus jeune, épuisé par sa journée, demande à son confrère plus âgé : « Comment pouvez-vous supporter d'écouter à longueur de journée toutes ces associations ? » et l'autre répond : « Qui les écoute ? »

Là encore, nous avons les deux extrêmes : on s'accroche, on fait face de façon chronique (ce qu'on appelle souvent « volonté inflexible ») ou on se bouche les oreilles. S'accrocher coûte que coûte conduirait à l'anéantissement du bataillon et conduit à l'épuisement du jeune analyste.

Un banquier qui, en période de krach, identifie exclusivement son existence avec celle d'un faiseur d'argent, s'accrochant à cette image de lui-même, incapable de faire face à l'effondrement du marché, n'a d'autre choix que le suicide.

Une personne qui se sent incapable de faire face à la situation qui se présente, et qui ne veut pas lâcher prise, utilisera souvent le moyen le plus primitif de faire face — tuer. En d'autres termes, l'assassinat et la violence sont des symptômes d'un état de défense chronique.

En avril 1933, quand les nazis eurent pris le pouvoir, je me rendis chez Aitingon, qui était président de l'Association des psychanalystes de Berlin, et lui dis que je ne prévoyais que trop les événements à venir. Il me répondit : « Vous n'êtes pas orienté vers la réalité. Vous êtes en train de fuir. » Et c'est ce que je fis. Ma réalité à moi, c'était mon incapacité à faire face aux SS de Hitler. Quant à Aitingon, il lui fallut encore deux ans pour se réorienter et aller en Palestine.

Beaucoup de juifs auraient pu être sauvés sous le régime hitlérien s'ils avaient su se séparer de leurs biens, de leur famille et de la peur de l'inconnu.
  
Beaucoup auraient pu être sauvés s'ils avaient bien voulu mobiliser leurs propres ressources au lieu d'attendre qu'on vienne les sauver.

Voilà. C’est tout pour le moment comme dans les séries télé américaines ou les romans-feuilletons du dix-neuvième siècle. Amitiés à tous.


jeudi 5 juillet 2018

Compte rendu du livre « L’énigme du zodiaque » de Jacques Sadoul (première partie, calcul d’un thème astral).

Certaines personnes ont trouvé très complexes les calculs pour la détermination de l’Ascendant d’une personne en astrologie védique que j’ai détaillés dans un article de ce blog à partir du livre « Jyotish, astrologie de l’Inde, volume 1, fondements philosophiques et techniques » du Pandit Vishwanath Shastri. 

Je vous propose aujourd’hui la confection d’un thème astral selon la méthode occidentale en m’inspirant du livre de Jacques Sadoul, « L’énigme du zodiaque ».  

Voici en pratique comment l'on opère. Il faut posséder des éphémérides de l'année de naissance de la personne dont on veut calculer le thème astral. Au jour de naissance, mettons par exemple le 14 décembre 1970, on trouve l'indication : Temps sidéral à minuit = 5 h 29. Cela signifie que lorsqu'il est minuit au Soleil, à l'Observatoire de Greenwich pris pour référence, il est 5 h 29 exprimé en temps sidéral. Il suffira donc pour obtenir l'heure sidérale de naissance d'additionner à ce temps l'heure réelle de naissance, mais exprimée en temps moyen de Greenwich, ceci à cause des différences d'heures légales et des fuseaux horaires. Par exemple, cette naissance a lieu à Paris à 15 h 30, il faudra ajouter 9 mn 20 s, qui est la différence horaire qui nous sépare de Greenwich, et il ne faudra pas oublier que l'heure légale en France avance d'une heure par rapport au Soleil, nous aurons donc le petit calcul suivant, qui est assez compliqué à expliquer, mais très facile à faire :

Enfant né à 15 h 30 à Paris. Soit à 14 h 30 au Soleil. Soit à 14 h 39 mn 20 s en heure de Greenwich. Donc cet enfant est né 14 h 39 mn 20 s après minuit ; or, en temps sidéral, à minuit il était 5 h 29 mn, donc le temps sidéral de naissance sera : 5 h 29 mn + 14 h 39 mn 20 s = 20 h 8 mn 20 s.

Il nous suffira alors de prendre une table des Maisons pour la latitude de Paris, soit 49° environ, et en face du temps sidéral 20 h 8 mn 44 s, qui est le plus proche de celui que nous ayons calculé, nous trouverons : Milieu du Ciel à 0° Verseau, Ascendant à 29° 7' Taureau, ainsi que les pointes des Maisons XI, XII, II et III. Les points diamétralement opposés dans le zodiaque nous donneront les six autres pointes de Maisons. On voit donc en pratique que, une fois faite la petite addition aboutissant à l'expression en temps sidéral de l'heure de naissance, domifier un thème est une opération qui demande seulement une ou deux minutes.


Un extrait de la "Table des maisons".




Un extrait des "Ephémérides" du mois de décembre 1970.




La suite des "Ephémérides" du mois de décembre 1970.




Carte du ciel complète





Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.

mercredi 4 juillet 2018

Compte rendu du livre « Ma Gestalt-thérapie, une poubelle-vue-du-dehors-et-du-dedans » de Fritz Perls (trente-deuzième partie).





Gaz asphyxiants dans les Flandres.


Je viens de lire un livre que j’ai trouvé à la fois passionnant, précis et instructif sur la création de la Gestalt-thérapie. Je voudrais vous en faire part à travers quelques articles de ce blog. Il s’agit de « Ma Gestalt-thérapie, une poubelle-vue-du-dehors-et-du-dedans »  de Fritz Perls.

Cet article est la suite de celui-ci. 

Voici le résumé de ce livre.

Premier lecteur. — Hé ! là ! arrête ce bla-bla-bla sentimental ! J'ai payé pour pouvoir jeter un coup d'œil sur ce que tu as fait. Tu as quitté le Japon, et ensuite où es-tu parti ?

Fritz. — A Hong Kong, bien sûr.

Deuxième lecteur. — Tu as dû faire pas mal d'achats intéressants ?

Fritz. — Oui et non. J'ai trouvé un manteau pour trente dollars, mais il était trop étriqué. Et j'ai acheté un smoking blanc que j’ai utilisé pour les dîners à bord, mais depuis il est resté accroché des années dans ma penderie avant que je m’en serve.

Troisième lecteur. — Quelle était alors la situation politique ?

Fritz. — Je ne m'en souviens pas. Je suis allé pour me marrer voir les fils de fer barbelés qui séparent la Chine de la colonie de la Couronne, rien que pour pouvoir dire que j'avais jeté un coup d'œil sur la République populaire.

Le troisième lecteur, à nouveau. — Y avait-il beaucoup de réfugiés de Chine populaire ?

Fritz. — Oui, ils vivaient sur les collines dans des cabanes terriblement surpeuplées ou des sortes d'H.L.M. plus que bondées. Eh ! les gars, mais qu'est-ce que vous faites ? Vous voilà comme des journalistes, à me poser des questions, comme à un V.I.P. qui leur fait l'aumône de ses réponses...

Les trois lecteurs ensemble. — Calme-toi, Fritz ! D'abord, nous sommes un produit de ton imagination. Et c'est toi qui te prends pour un V.I.P.

Fritz. — Bon, bon, je l'admets. Voulez-vous que je profite de l'occasion pour parler des projections ?

Les lecteurs. — Non, non. Nous voulons que tu continues de raconter ton voyage autour du monde. Tu as dit que la flèche était prête à bondir vers son but, Esalen, bien avant que tu y arrives, et que cela n'était pas sans rapport avec ton voyage autour du monde.

Fritz. — C'est juste. En dépit de ma nature toujours agitée de bohémien, je cherchais un endroit où planter ma tente pour quelque temps. J'avais pensé à Kyoto et à ses charmants habitants, et aussi à Eilat, en Israël.

Lecteurs. — Ha, ha ! Le vieux juif qui revient sur la terre de ses pères. Nous qui te prenions pour un athée !

Fritz. — C'est juste. Bien que j'aie eu au moins une expérience religieuse dans ma vie, en 1916, dans les tranchées des Flandres. J'étais médecin, attaché au 36° bataillon de Pionniers. C'était une unité spécialement entraînée pour attaquer l'ennemi avec des gaz asphyxiants. Mon ordre original de rester auprès de l'officier médical de la troisième tranchée fut changé et je dus me rendre à la première tranchée, la plus dangereuse. Nous étions épaulés par deux compagnies de lanceurs de gaz. A trois heures du matin, nous fîmes une attaque aux gaz, mais, en l'espace de quelques minutes, nous fûmes soumis à un tir de barrage britannique. Deux heures d'enfer, et pourtant je n'ai pas eu beaucoup de blessés à soigner. J'ai eu moi-même une blessure superficielle au front, qui est encore visible, sauf quand je suis bronzé ; sur quelques photos, on dirait un troisième œil. Plus tard, j'ai appris que la troisième tranchée avait reçu un coup au but et que le médecin et ses deux assistants avaient été tués.

Pendant notre retour, un lever de soleil d'une beauté stupéfiante. Je sentis la présence de Dieu. Ou était-ce de la gratitude, ou bien le contraste entre la canonnade et ce silence serein ? Qui peut le dire ?
De toute façon, ce n'était pas assez pour me convertir. Goethe a peut-être raison quand Faust répond à Marguerite :

Religieux est l'homme
Qui se voue à l'art
Ou encore s'il le peut
S'appuie sur la science experte.
Mais sans un tel soutien,
Un homme à qui est échu
Un vide qu'il ne peut remplir
Un tel homme a besoin de croire en Dieu.

Voilà qui est bien mal traduit. Goethe est le seul poète que personne ne puisse traduire. Il a une unité de langage, un rythme, une sensibilité dont la subtilité disparaît dès qu'on lui fait parler une autre langue.

Non, mon retour n'était pas celui du juif dans sa patrie, bien que pendant quelque temps j'aie caressé l'idée de m'installer en Israël. Mais pour moi, et non pour le pays ni pour ses habitants.

Ma relation avec le judaïsme et les juifs est tout ce qu'il y a de moins définie. Je connais assez bien l'histoire allemande, grecque ou romaine. Quant à l'histoire du peuple juif — je ne puis même pas dire de mon peuple, tant je m'identifie peu avec lui —, je n'en sais pratiquement rien. Les juifs d'Europe orientale, avec leurs caftans et leurs « payes » (longs favoris bouclés) tels que je les vis dans ma jeunesse, avaient pour moi quelque chose d'étrange et d'inquiétant, d'effrayant même, comme les moines. Ils n'appartenaient pas à mon univers. Et pourtant j'aime les histoires juives et leur féconde vivacité d'esprit.

Des Israéliens viennent souvent à mes séminaires, et j'ai un préjugé en leur faveur, surtout s'ils sont Sabra (nés en Israël). J'ai de l'estime et de la vénération pour le juif droit qui ne fait qu'un avec sa religion, son Histoire et son mode de vie. Leur sionisme a un sens, bien que je persiste à le considérer comme une manifestation de sentimentalité dépourvue de réalisme et de bon sens.

La plupart des juifs ne sont pas venus en Israël dans un esprit sioniste. Ils arrivèrent en tant que réfugiés fuyant Hitler, et il y a beaucoup d'endroits au monde où leur ingéniosité aurait pu faire fleurir plus facilement les déserts, en semant moins d'hostilité. Mais, à tout prendre, je te salue, Israël, toi et ton esprit Makabbi.


Voilà. C’est tout pour le moment comme dans les séries télé américaines ou les romans-feuilletons du dix-neuvième siècle. Amitiés à tous.


Remèdes astrologiques (traduction du blog de Vrajabasi Das, astrologue védique, cinquième partie).




Les grahas.



Ce texte est la traduction d’un article du blog de Vrajabasi Das, astrologue védique par le mentaliste Jean-François Gérault.

Il est la suite de celui-ci.

Remèdes astrologiques

L'astrologie védique est une science millénaire qui fait partie de la tradition culturelle et religieuse de l'Inde. C'est l'étude de la Lumière Divine à travers les luminaires mineurs (les étoiles). Il serait nécessaire d’écrire longuement sur le Jyotish (astrologie védique) pour comprendre adéquatement, ce qui n'est pas envisagé dans ce blog. Une étude consciencieuse de cette science et de sa pratique seront par la suite nécessaires au lecteur.

Mais pour le bénéfice du grand public, j'ai décidé de publier cet article du blog dans lequel nous aborderons la question des remèdes en astrologie védique.

Dans un langage simple et sans complications, je présenterai différentes alternatives pour « apaiser » les planètes.

Les planètes (grahas) sont considérées comme des êtres ayant une vie et une intelligence qui leur sont propres et à travers lesquelles la divinité manifeste le destin humain ou karma.
Nous lisons dans la Bhagavad Gita, un des grands textes sacrés de l'Inde, dans la bouche du dieu Krishna :
«  J'entre dans chaque planète, et grâce à Mon énergie elles restent en orbite, je deviens la Lune, et avec eux je fournis le jus vital à tous les légumes. »
BG chapitre 15 verset 13

Plus encore, dans un antique traité sur l'astrologie védique, le sage Parashara mentionne ce qui suit :

« Le Suprême Esprit Non Né a eu beaucoup de descendants. Janardana, sous la forme de grahas, accorde les fruits du karma aux êtres vivants. »

Brihad Parashara Hora Shastra

Nous voyons donc comment Dieu gère nos destins et nos karmas à travers les énergies planétaires qui sont calculées à la naissance. Cette carte natale est la position des étoiles et leur volonté de nous donner nos fruits de karma. Karma signifie littéralement action, positive ou négative, qui fonctionne pour nous ou non. En fait, une carte de naissance est une image de notre karma à la naissance, la manière dont Dieu la façonne par la position astrale.
À la naissance, nous sommes confrontés aux fruits de nos actions passées (karmas). Ce fruit est prêt à être ingéré et à nous goûtons à notre propre récolte. C'est un peu complexe, mais en résumé nous récoltons ce que nous semons, que nous en soyons conscients ou non.

Les planètes sont des forces puissantes habilitées par Dieu pour nous donner les fruits de nos actions. C'est pourquoi l'ancien texte du Jyotish déclare :

«  Soumises à l'influence des Grahas est l'obtention de la richesse et la chute de l'homme, et la création et la destruction du monde, par conséquent, ils sont dignes d’adoration. »

Brihad Parashara Hora Shastra

Il est ici déclaré que le processus d'adoration des planètes est une manière de faire la paix avec le destin et d'apaiser en quelque sorte les énergies qui pourraient nous être défavorables. Dans ce processus, la chose la plus importante est la réalisation de notre âme selon laquelle nous sommes confrontés à une réalité créée par nous. Une fois que nous obtenons cette réalisation, les planètes sont « satisfaites » parce que la leçon a été apprise.

  
Voilà. C’est tout pour aujourd’hui. Amitiés à tous.


mardi 3 juillet 2018

Compte rendu du livre « Ma Gestalt-thérapie, une poubelle-vue-du-dehors-et-du-dedans » de Fritz Perls (trente et unième partie).



Les résistances en Gestalt-thérapie selon Serge Ginger.


Je viens de lire un livre que j’ai trouvé à la fois passionnant, précis et instructif sur la création de la Gestalt-thérapie. Je voudrais vous en faire part à travers quelques articles de ce blog. Il s’agit de « Ma Gestalt-thérapie, une poubelle-vue-du-dehors-et-du-dedans »  de Fritz Perls.

Cet article est la suite de celui-ci.

Voici le résumé de ce livre.

Qui plus est, en dépit de son utilité, c'est toute la théorie et la thérapie refoulement qui est à réexaminer.

Le Grand Chef : « Fritz, arrête, qu'est-ce que tu es en train de faire ?
Le sous-fifre. — Qu'est-ce que tu veux dire ?
Le Grand Chef. — Tu sais très bien ce que je veux dire. Tu erres d'un sujet à l'autre. Tu commences par une chose comme l'identification, puis tu mentionnes la confluence. Maintenant je te vois déjà prêt à plonger dans une discussion sur le refoulement.
Le sous-fifre. — Je ne vois toujours pas en quoi ça te gêne.
Le Grand Chef. — Tu ne vois pas ? Mais, mon vieux, je voudrais bien savoir qui serait en mesure de se faire une idée claire de ta thérapie ?
Le sous-fifre. — Tu veux dire qu'il faudrait que je prenne un tableau noir et que je définisse chaque terme et son contraire, clairement ?
Le Grand Chef. — Ce n'est pas une mauvaise idée. Tu pourrais faire ça.
Le sous-fifre. — Non, je ne le ferai pas. Du moins pas à ce stade. Mais je vais te dire ce que je peux faire. Je peux éventuellement utiliser des caractères différents pour ce qui est biographie, philosophie, thérapie, voire poésie.
Le Grand Chef. — Ouais, c'est une idée, du moins.
Le sous-fifre. — Alors, qu'est-ce que tu veux que je fasse ? Arrêter le cours de la rivière ? Cesser de jouer à mon jeu de la poubelle ?
Le Grand Chef. — Ça ne serait pas une mauvaise idée, si tu voulais bien te discipliner, comme Paul, et écrire :
1)         ta biographie ;
2)         ta théorie ;
3)         les dossiers psychiatriques, ton travail sur les rêves, etc. ;
4)         ta poésie, si c'est vraiment indispensable.
Le sous-fifre. — Va te faire foutre ! Tu me connais mieux que ça ! Je deviens rancunier si j'essaie de faire quelque chose délibérément et par contrainte, je deviens rancunier et me mets en grève. Toute ma vie je n'ai fait que suivre mes impulsions...

Laisse-moi donc voguer et errer sur les flots
De tous les océans du verbe
Et laisse à la barre le capitaine
Qui est l'autorité suprême.

Laisse-moi donc dormir tout mon saoul
Et paresser au petit déjeuner
Et puis braver le vent qui me fait frissonner,
Les vagues, le bateau et les amis à bord.

Et voyager tout seul
Sans femme ni enfants
Sans gourou ni ami
Sans obligation.

Vider toutes mes malles
Et sans trop de bagages
Libéré de cette merde
Qui engage ma vie.

Être et mourir à ma façon
Comptoir de règlement des gens,
Bougre solitaire qui aime à plaisanter
A penser, à jouer, et est là tout entier.

Laisse donc le monde, la cellule, les abeilles
Se remplir de pensées et d'émotions
Et laisse-moi voguer et errer sur les flots
De tous les océans du verbe.

Le Grand Chef :

« J'entends ta supplique,
Je sens tes larmes,
Adieu, vieux marin solitaire.

C'est toi qui fis ton lit
Et qui forgeas tes chaînes.
Jouis de ta danse maladroite.

Adieu pour le moment,
Mais je vais revenir
Te ronger sans relâche,

Jusqu'au dernier jour de ta vie
Où pour toujours nous nous séparerons.
C'est moi que tu as épousé, et non ta femme,
Et tu te croyais intelligent !

Car toi c'est moi et moi c'est toi :
C'est ensemble que nous mourrons. »

Premier lecteur. — Hé ! là ! arrête ce bla-bla-bla sentimental ! J'ai payé pour pouvoir jeter un coup d'œil sur ce que tu as fait. Tu as quitté le Japon, et ensuite où es-tu parti
Fritz. — A Hong Kong, bien sûr.

Deuxième lecteur. — Tu as dû faire pas mal d'achats intéressants ?

Fritz. — Oui et non. J'ai trouvé un manteau pour trente dollars, mais il était trop étriqué. Et j'ai acheté un smoking blanc que j’ai utilisé pour les dîners à bord, mais depuis il est resté accroché des années dans ma penderie avant que je m’en serve.



Voilà. C’est tout pour le moment comme dans les séries télé américaines ou les romans-feuilletons du dix-neuvième siècle. Amitiés à tous.