mercredi 18 juillet 2018

La meilleure religion, c’est d’avoir un bon cœur.



Une image du site "Rincon del Tibet"

Cet article est une traduction d'un texte du site Rincon del Tibet.

Il est la suite de celui-ci.

Comme le dit le Dalaï-Lama : un bon cœur est la meilleure religion. Certes, il y a beaucoup de religions qui ont guidé l'homme au cours de l'histoire, il y a eu différents personnages comme maîtres spirituels qui ont presque tous apporté un message plein d'amour, de révélation et d'espoir pour tous.

Quelles que soient nos croyances et nos pratiques, elles nous feront toujours agir de la meilleure façon quand nous écoutons notre cœur. Quand nous l'écoutons, nos actions ne seront pas accablées par l'ego qui nous caractérise, elles ne viendront pas de la peur, des mauvaises intentions ou d’une manière particulière de chercher exclusivement notre bénéfice, sans se soucier de l'impact de nos actions sur les autres.

Si nous cherchons les messages originaux, au-delà des institutions, nous pouvons retenir des religions que dans leur majorité l'essence est la même. Chacun a sa façon d'interpréter leurs messages, mais indépendamment des religions, même si vous n’appartenez à aucune, les meilleures décisions viendront de notre véritable essence, celle qui est alignée avec un tout auquel nous appartenons tous et qui nous fait savoir que nous ne sommes jamais seuls, que ce que nous faisons à quelqu'un nous affecte ou a une répercussion sur nous.

Lorsque nous agissons avec notre cœur, que nous ne voulons pas pour d'autres enfants quelque chose de différent de ce que nous voulons pour les nôtres, nous ne voyons pas dans les autres un sac de défauts, mais des personnes évoluant à leur propre rythme et sans juger, si nous ne pouvons pas les  aider, nous collaborons avec eux, mais jamais nous n’essayons de blesser ou de remettre en question le comportement des autres, nous pardonnons et reconnaissons quand nous n'avons pas agi de la meilleure façon.

Chacun dirige sa vie comme il veut et s'il appartient à une religion, il doit chercher la nourriture spirituelle dont il a besoin, les guides dont il a besoin, prendre en considération les choses positives que chacun offre pour rendre le monde meilleur, mais ne jamais l'utiliser comme un drapeau pour discriminer, justifier de mauvaises actions, même pour arracher la vie de ceux qui ne sont pas d'accord avec nos idées.

Il est nécessaire de comprendre ce qui nous arrive ;  croire en quelque chose ou en quelqu'un est très important pour l'homme, mais il doit apprendre à être cohérent avec ce en quoi il croit, et le meilleur filtre dans ses actions quotidiennes sera simplement d'agir en étant inspiré par l’amour inconditionnel et la bonté. Agir de notre mieux est nécessaire à tout moment, pas une fois par semaine ou quand nous avons besoin d'une intervention divine. Apprenons des grands esprits et nourrissons notre vie du meilleur, rappelons-nous toujours que les divisions et les différences sont créées uniquement par nous-mêmes



Voilà. C'est tout pour le moment. Amitiés à tous.

Compte rendu du livre « Ma Gestalt-thérapie, une poubelle-vue-du-dehors-et-du-dedans » de Fritz Perls (trente-septième partie).



  

Peinture.


Je viens de lire un livre que j’ai trouvé à la fois passionnant, précis et instructif sur la création de la Gestalt-thérapie. Je voudrais vous en faire part à travers quelques articles de ce blog. Il s’agit de « Ma Gestalt-thérapie, une poubelle-vue-du-dehors-et-du-dedans »  de Fritz Perls.

Cet article est la suite de celui-ci.

Voici le résumé de ce livre.

Mes premiers souvenirs en fait de peinture remontent à une visite à la Galerie nationale de Berlin. Je devais avoir huit ans quand ma mère m'y mena. Je fus fasciné par les tableaux de femmes nues ; ma mère en était gênée et rougissante. Je pris les tableaux religieux pour ce qu'ils étaient : de la propagande pour Jésus-Christ. Certains tableaux me frappèrent par leur beauté, une grande Madone bleue de Raphaël avec de gentils angelots, et l'Homme au casque d'or de Rembrandt. A l'école, j'étais très fort en dessin. Même quand je faisais la grève pour toutes les autres matières, j'aimais bien le cours de dessin. Non, il y avait une autre exception, les mathématiques, qui me fascinaient si fort que je ne pouvais me résoudre à ne pas y assister.

En général, je ne faisais aucune préparation scolaire. J'étais déjà trop engagé dans ma tentative de devenir acteur. Je fus appelé un jour au tableau noir pour résoudre un problème difficile. Je l'examinai et m'en tirai, sur quoi le professeur commenta : « Ce n'est pas de cette manière-là que je vous l'ai expliqué hier. Vous aurez une bonne note en travail et une mauvaise en application. » Cela m'impressionna.

Dessiner, ce fut toujours copier des choses — les ombres, la perspective. Il en fut ainsi pendant longtemps. Je me faisais une pauvre idée de l'art, essentiellement dictée par la gloire du peintre. Il m'a fallu longtemps pour considérer Picasso comme ce qu'il était, un massacreur, Gauguin comme un producteur d'affiches et Rousseau comme un « chosificateur ». Quelques peintres grandirent dans mon estime : Klee, Van Gogh, Michel-Ange et Rembrandt. Pour Klee, j'éprouve une affection de plus en plus grande. Chez Van Gogh, ce qui me fascine et me renverse, c'est son déchaînement. Le plafond de la Sixtine est pour moi comme un parent bien-aimé que je chéris avec une loyauté indéfectible. Mais Rembrandt, pour moi, est, comme Goethe — un moi unifié —, un centre transcendant débordant d'une intense vitalité. Je me suis assis une fois plus d'une heure devant sa Ronde de nuit au Rijksmuseum d'Amsterdam.

J'ai parfois violemment envie d'un tableau et alors il faut que je l'achète. Bien sûr, cela n'est pas toujours possible. Le peintre risque d'être trop connu et je ne suis ni un homme riche ni un collectionneur de tableaux.

Évidemment, « si » j'avais été avide et malin, j'aurais pu acheter des tableaux avec les cinq cents dollars que j'avais gagnés à Bremerhaven, mais alors je n'aurais peut-être pas voulu m'en séparer et je me serais retrouvé dans un camp de concentration, où les tableaux auraient été brûlés comme art dégénéré. Ainsi nous voilà revenus à : « Si ma tante avait des roues, elle serait une automobile. »

Après mon arrivée aux États-Unis, je commençai à prendre la peinture plus au sérieux. La vie de plein air et les sports que je pratiquais en Afrique du Sud semblaient disparaître à New York, ville de pierre, de fièvre et de culture. Lore écrivait des poèmes et des nouvelles. Et elle avait son piano. Elle était bonne pianiste ; dans sa jeunesse, elle avait hésité entre l'étude du droit et, plus tard, de la psychologie et une carrière de soliste.

Je devins sur-le-champ un esclave professionnel de l'heure, à l'heure, à l'exception de mes longues vacances d'été à Province-town, au Cap Cod.

Nous y allions tous les étés et Lore y va encore. Pour moi, cet endroit est gâté depuis qu'on lui a ôté son innocence et offert la laideur en échange. A vrai dire, j'exagère.

La population estivale était composée de pêcheurs, d'artistes et de psychanalystes. Je m'adonnai bientôt activement à la voile et à la peinture. Comme en avion, je préférais naviguer seul. De même qu'en avion j'aimais le profond silence de l'air, lorsque, moteur coupé, on glisse vers la terre en vol plané.

Je n'ai jamais pu me faire à la pêche, je n'ai pêché que de petits poissons et un carrelet.

Je me donnai intensément à la peinture, c'en était presque une obsession. Bientôt je pris professeur sur professeur. A Ein Hod, en Israël, je fis de même.

J'aime bien l'atmosphère d'une classe, avec l'émulation jalouse des élèves et la fierté qu'ils retirent de leur production. J'aime cette plongée dans l'isolement qui accompagne la relation objet-peintre-toile. J'aime cette anticipation des groupes de rencontre, avec les critiques et les louanges mutuelles des « chefs-d’œuvre » de chacun. J'aime que la toile soit le seul lieu où l'on peut commettre impunément n'importe quel crime.

J'ai bien aimé presque tous mes professeurs avec leurs phrases stéréotypées : « Tout ce que je veux, c'est que vous vous exprimiez », mais qui cachent la deuxième partie de leur pensée : « Pour autant que vous le fassiez comme je le désire. »

Il n'y a que quelques années que je suis devenu vraiment peintre. J'avais appris un tas de trucs, techniques, composition, mélange de couleurs. Tout cela contribua simplement au renforcement du Fritz synthétique, de l'approche délibérée, calculatrice de la vie, ratiocinante et scrutative. Et c'est très rarement que j'ai pu réaliser quelque chose qui approche de la réalité du soi se projetant sur la toile.

Pour sûr, j'ai vendu quelques toiles. La plupart sont maintenant chez moi. Nombre d'entre elles soutiennent la comparaison avec celles du peintre américain moyen qui, voulant être différent de ses confrères, ne révèle que la même ennuyeuse identité du besoin d'être différent, d'avoir son propre truc, qu'il nomme son style.

Et puis, il y a quelques années, « cela » a marché avec certaines aquarelles. Un jour, mañana, je me remettrai à peindre.

D'une certaine façon, je compare la peinture avec mon écriture actuelle ; soudain, après des décennies, c'était ça. Dans les deux cas, écrire et peindre, je sais que j'ai dépassé le statut d'amateur et progressé, en passant d'un symptôme à une vocation.


Voilà. C’est tout pour le moment comme dans les séries télé américaines ou les romans-feuilletons du dix-neuvième siècle. Amitiés à tous.


mardi 17 juillet 2018

Quand tu apprends à t'aimer, tu n'acceptes rien dans ta vie qui te blesse (traduction d’un article du site « Rincon del Tibet »).





Une image du site "Rincon del Tibet"


Cet article est une traduction d'un texte du site Rincon del Tibet.

Il est la suite de cet article du blog.

Quand tu apprends à t'aimer, tu n'acceptes rien dans ta vie qui te blesse.

Ce serait parfait de sortir toujours sain et sauf de la douleur, d’être protégé de tout ce qui a le potentiel de faire du mal et  ’être en mesure d'identifier à temps quand la dynamique prend un cours dangereux pour nous ... Car, lorsque nous apprenons à nous aimer, à nous chérir et à nous respecter vraiment, au-delà de l’ego, du qu’en dira-t-on, des peurs et des insécurités, tout ce que nous mentionnons devient tangible au lieu d’être utopique..

S'aimer soi-même nous met en harmonie totale avec la chose la plus spéciale de la vie et surtout avec notre véritable essence,  qui est si puissante quand nous lui donnons de l'espace dans nos vies : non seulement elle nous avertit des situations dangereuse à travers son langage sublime de l'intuition, mais encore elle s’occupe de manifester dans nos vies ce que clairement nous méritons.

Le mérite peut être le point de rupture de la majorité de nous  tous, car nous finissons par croire que les choses les plus merveilleuses, ce que nous désirons le plus, ne peuvent réellement nous arriver, et c'est là que le doute nous limite, nous fait craindre que les résultats ne soient pas comme prévus ou que nous n'ayons pas ce qu'il faut pour réaliser efficacement ce que nous voudrions.

Lorsque nous comprenons que nous sommes des créateurs et que nous le voulions ou non, que nous le sachions ou non, nous créons en permanence nos vies, peut-être cela nous fait-il prêter plus d’attention à ce que nous pensons, ce que nous ressentons, ce pour quoi nous vibrons. Sans beaucoup de logique la plupart d'entre nous montre une grande facilité à rester collés à ce que nous ne voulons pas, ce que nous craignons, ce qui nous fait mal, ce que nous ne nous pardonnons pas et notre corps réagit sous la forme d'émotions négatives et à cause de cette attitude, notre champ d'attraction est prêt à nous donner toujours la même chose.

Ensuite, il est facile de penser que si nous faisons le contraire et essayons de garder le plus longtemps possible une attitude positive envers la vie, des choses qui nous permettront de continuer à nous sentir ainsi  arriveront ... Essayons alors d’appliquer cette technique ...

Petit à petit, prenons conscience de que nous pensons et si c'est négatif, trouvons une pensée positive qui le remplace. Nous ne pouvons pas penser à deux choses simultanément, mais les pensées ont la capacité de devenir répétitives, elles viennent et veulent toujours s’installer, mais si nous les ignorons et ne nous accrochons pas à elles, elles deviennent plus faibles et moins capables de revenir, jusqu'à ce qu'elles disparaissent !

S'aimer soi-même implique de penser positivement, de nous encourager, de nous traiter avec patience, de garder notre esprit calme et quelque chose de particulièrement important, de ne pas donner un séjour dans nos vies à tout ce qui vole notre paix, nous blesse, nous dévalorise.

Ainsi, dans l'amour de soi commence la meilleure aventure de nos vies, où il nous est facile de découvrir ce que nous sommes ici et certainement de ne pas nous lamenter ou souffrir de la vie, mais d’en profiter, d’être heureux et de jouir de chaque moment. Décidez quand vous voulez commencer et je vous dirais de le faire MAINTENANT !

La vie n'attend pas que nous réagissons, que nous tombions amoureux de nous ou d’elle ... Elle continue, que nous la vivions ou non.



Voilà. C'est tout pour le moment. Amitiés à tous.


Compte rendu du livre « Ma Gestalt-thérapie, une poubelle-vue-du-dehors-et-du-dedans » de Fritz Perls (trente-sixième partie).





Eilat.


Je viens de lire un livre que j’ai trouvé à la fois passionnant, précis et instructif sur la création de la Gestalt-thérapie. Je voudrais vous en faire part à travers quelques articles de ce blog. Il s’agit de « Ma Gestalt-thérapie, une poubelle-vue-du-dehors-et-du-dedans »  de Fritz Perls.

Cet article est la suite de celui-ci.


Voici le résumé de ce livre.

Je m'installe dans un hôtel situé derrière l'Eilat Hotel, un truc rupin. Je déteste les hôtels bien nickelés où le personnel est tout le temps aux petits soins. Je me sens des tendances paranoïdes dans ces petits hôtels élégants, avec femmes de chambre, garçons d'étage et d'ascenseur qui planent comme des vautours autour de moi et ne sont gracieux qu'en fonction des pourboires.

Tout cela me semblait bien terne, et je décidai qu'au bout de deux ou trois jours je retournerais à Ein Hod, une colonie d'artistes où je me sentais à l'aise. Mais...

Il y avait les vagabonds, et le pays, et la mer.

Au lieu de m'en tenir à ma résolution, j'y suis resté plus de quatre semaines. Nulle aventure amoureuse, pas la moindre attraction culturelle ; la plage était faite de galets plutôt que de beau sable fin, comme à Haifa, mais...

J'ai rencontré des vagabonds fascinants, pour la plupart américains. Aujourd'hui, on les appelle hippies et on les trouve par milliers. Certes, dans le milieu bohème où je vivais à Berlin, il y avait parfois un numéro dont le métier était de ne rien faire, mais la plupart étaient des bourreaux de travail qui désiraient devenir importants et faire quelque chose de leur vie, comme ce fut le cas pour beaucoup.

J'avais aussi rencontré des beatniks qui avaient tenté le coup et renoncé ; des gens en colère qui se cassaient la tête contre le règlement de fer de la société.

J'avais rencontré, quelques mois auparavant, des étudiants qui avaient renoncé sans colère et cherchaient leur salut dans le Zen. La rencontre de ces vagabonds fut un événement.

Trouver des gens qui étaient heureux d'en être, simplement, sans viser un but, sans accomplissement.

Et les trouver justement là, en Israël, où tout un chacun s'efforçait de se construire un foyer stable.

Trouver des gens qui n'étaient même pas occupés à prendre des vacances — vous voyez ce que je veux dire, tout ce mal qu'on se donne pour bronzer, s'huiler la peau, les lunettes noires, les invitations aux cocktails, ces bavardages sur les prix et les régimes amaigrissants ou les tentatives pour cesser de fumer.

De temps en temps, je prenais un de ces vagabonds comme modèle pour ma peinture. Peindre était devenu ma préoccupation majeure en Israël. Jusqu'à Eilat, je n'avais jamais peint avec tant d'enthousiasme, en m'y donnant aussi totalement. Les peintres comme Van Gogh, les paysages les stimulaient, et ils les recherchaient. Ce sont les vieilles filles paumées qui sont à la recherche de « sujets ». Ici, il y a de la couleur vivante, le bout du Néguev comme un museau sur la mer Rouge, flanquée des montagnes de Jordanie et d'Egypte ; le soleil éveille couleur après couleur sur les hauteurs des montagnes et pénètre la vie sous-marine des coraux et des poissons aux teintes somptueuses ; les yeux peuvent se régaler de couleurs et de formes qui varient à toute heure du jour.

Dans les profondeurs de la mer Rouge, il y avait une espèce d'anguille, de 1,20 m à 1,50 m de long et de 30 cm d'épaisseur, une sculpture vivante orange et carmin. Une vague ? Un tapis volant ? Une joie sereine incarnée ? Je ne l'ai vue qu'une fois, bien que je sois parti plusieurs fois à sa recherche avec un bateau à fond de verre.

Je n'ai pas osé peindre ces montagnes, mais, finalement, j'ai eu assez de courage pour me permettre des portraits. Le portier de mon motel aimait bien poser pour moi. J'ai encore deux de ses portraits. J'ai fait aussi quelques portraits à l'aquarelle. Avec les couleurs à l'huile, je pouvais toujours tricher et peindre par-dessus, mais avec l'aquarelle il me fallait m'abandonner à de subtiles expressions.


Voilà. C’est tout pour le moment comme dans les séries télé américaines ou les romans-feuilletons du dix-neuvième siècle. Amitiés à tous.


Nouvelles précisions sur la Gestalt-thérapie (quinzième partie) (Orientation du Moi, troisième partie, chapitre 2, Contact avec l’environnement, expérience 2).




Un enfant qui pleure.

Des amis m’ont demandé d’apporter des approfondissements sur la gestalt-thérapie, la psychothérapie que je préfère actuellement. J’ai déjà abordé ce sujet à plusieurs reprises dans ce blog. En voici quelques exemples :


Cet article est la suite de celui-ci. 
  
Le livre de référence sur le sujet est Gestalt-thérapienouveauté, excitation et développement de Frederick Perls, Paul Goodman et Ralph Hefferline.

L’ouvrage est divisé en deux parties distinctes. La première partie porte sur l’orientation du moi et se subdivise en 4 chapitres. Le chapitre 1 définit l’aspect scientifique de la gestalt thérapie. Le chapitre 2 présente différentes expériences visant à développer ou à accroître chez l’individu sa capacité à entrer en contact avec son environnement. Les chapitres 3 et 4 présentent les différentes techniques de prise de conscience intégrée du soi. La deuxième partie de l’ouvrage porte sur la manipulation du moi. On y retrouve également 4 chapitres qui traitent globalement de 3 types de mécanismes névrotiques à l’origine des troubles psychologiques vécus par les individus. Ces mécanismes sont : la rétroflexion, l’introjection et la projection.

Je vais, pour que vous compreniez bien la démarche de la Gestalt, aborder le thème de la première partie, l’orientation du moi et plus particulièrement son chapitre 2 « Contact avec l’environnement ».

Première partie, Orientation du Moi. Chapitre 2, Contact avec l’environnement.

EXPÉRIENCE 2 : Sentir les forces opposées

Le pilote d'un avion, sur un porte-avions, doit décoller sur un espace réduit. S'il ne peut pas atteindre une vitesse suffisante avant la fin de la piste, il tombera tout simplement à l'eau. Pour réduire ce risque, il fait d'abord tourner le moteur de son appareil à pleine vitesse, en mettant les freins pour le maintenir immobile. Puis, quand le moteur fait tourner les réacteurs si vite que l'avion tremble, vrombit de toute sa carcasse, il lâche brusquement les freins et s'envole. Jusque-là, le pilote qui s'identifierait avec son appareil pourrait définir la situation comme suit : « Je ressens le terrible besoin de m'envoler, mais aussi la tendance égale et opposée à rester immobile. Si la situation se prolongeait, j'en mourrais. » Et naturellement, toute la manœuvre n'aurait aucun sens s'il n'y avait pas la claire intention, le moment venu, de relâcher les freins pour décoller.

Notez la différence entre le fait de tourner au ralenti, d'être au point mort, quand aucune force ne pousse à avancer ou à reculer, et la mise en marche de l'avion les freins bloqués. La première situation est une situation de « repos », alors que la seconde est une situation de conflit extrême. Dans le cas de l'avion, l'opposition n'est pas avant-arrière mais bouger-ne pas bouger. Un ferry-boat, entrant à quai trop rapidement, et qui fait marche arrière pour ralentir sa marche en avant, est un autre exemple mécanique de conflit avant-arrière.

La situation du « point d'indifférence » dans un continuum, où l'on est en suspension devant toutes les situations qui se présentent, conscient de toutes les solutions et intéressé par toutes, s'appelle le « pré-engagement créateur ». On sent les appels de l'action, mais on ne s'est pas encore engagé ni d'un côté ni de l'autre.

Mais retournons au problème originel ; quel rapport tout cela a-t-il avec les résistances ? Quand vous rencontrez des blocages dans la réalisation des tâches que vous vous êtes assignées, vous êtes en situation de conflit — et, de plus, le conflit se déroule entre une partie de votre personnalité et une autre. De l'une, vous êtes conscient ; c'est celle qui assigne les tâches et essaie de les réaliser. De l'autre, celle qui résiste, vous êtes moins ou pas du tout conscient. Quand vous vous heurtez à des résistances, loin de vous apparaître comme votre propre création, elles vous semblent souvent imposées et infligées de l'extérieur.

Si ces expériences vous renvoyaient à votre travail habituel, vous auriez peu de conflits, car vous savez très bien comment éviter les conflits dans les situations courantes. Mais le but visé dans cette tâche, c'est de vous créer des ennuis. Nous voulons que vous preniez conscience des conflits de votre propre personnalité. Si c'était le seul but de ce programme, vous pourriez nous accuser justement de malveillance. Mais notre intention ne s'arrête pas là : nous voulons vous montrer, par une action appropriée, comment prendre conscience de la résistance pour la transformer en assistance.

La partie de votre personnalité qui résiste possède une vitalité, une force et nombre d'autres qualités admirables. Bien que ce soit un travail long et pénible de parvenir à réintégrer pleinement ces parties désintégrées, si vous vous résignez à exiger moins de vous-même alors que ce n'est pas nécessaire, vous ratifiiez la perte permanente de certaines parties de votre personnalité. Le bon côté de la chose, c'est que, avant même d'avoir été très loin, vous sentirez probablement que vous avez aussi sauvegardé une bonne partie de votre précieuse énergie.

Dans ces remarques théoriques, nous avons découpé votre personnalité en deux camps en lutte. Si vous êtes incrédule, nous renforcerons votre incrédulité encore un peu plus en vous demandant d'accepter comme vôtre le conflit entre ces deux factions.
Comment allez-vous faire pour acquérir le sentiment des facteurs opposés dans votre caractère '? Eh bien, d'après ce que nous venons de dire, ne faut-il pas en déduire que les désirs et inclinations de cette partie qui résiste, et dont vous avez si peu conscience, sont l'opposé de ceux qui vous poussent à accomplir la tâche et dont vous êtes conscient ? Ne s'ensuit-il pas alors que vous pouvez avoir une notion de cette résistance, si vous essayez d'imaginer l'opposé direct de ce dont vous êtes conscient ?

Si cela vous semble valoir la peine d'essayer, faites la chose suivante :

Examinez quelques situations, objets ou activités de votre vie quotidienne, comme s'ils étaient précisément l'opposé de ce qu'ils sont d'habitude. Imaginez-vous dans une situation qui est le contraire de la vôtre, où vos désirs et inclinations sont le contraire de vos désirs habituels. Observez les objets, les images et les pensées comme si leur fonction et leur sens étaient l'antithèse de ce que vous pensez qu'ils sont d'habitude. Plus encore, confrontez-les avec vos critères de bon et de mauvais, de désirable et de répugnant, d'intelligent ou d'idiot, de possible ou d'impossible. Entre les deux  ou plutôt en vous plaçant au-dessus de cette alternative, au point zéro —, intéressez-vous aux deux côtés de la situation sans prendre parti.

Un des bénéfices que vous tirerez en développant votre capacité à voir le contraire des choses — à vous intéresser, sans vous engager, aux deux aspects de la situation — sera de pouvoir faire vos propres évaluations. La psychanalyse a ainsi apporté nombre de renversements. Ce qui était habituellement considéré comme bon — par exemple, l'inhibition sexuelle — est à présent jugé mauvais ; ce qu'on rejetait est à présent accepté. Quand les patients venaient voir Freud, pleins de secrets, il les poussait à les dévoiler. Quand il a remarqué que les rêves étaient de nouvelles unités synthétiques, il a commencé à les analyser en éléments séparés. Mais quand on juge que tout cela est bon, quels critères applique-t-on ?

Comment le patient peut-il savoir que l'évaluation de son analyste, sur l'inhibition sexuelle, par exemple, est meilleure que la sienne ? Si l'analyste emploie ses connaissances et son autorité pour imposer son évaluation — et dépréciant en même temps l'évaluation inverse du patient en tant que résistance, transfert négatif ou conscience irrationnelle — il peut, en convainquant le patient qu'il a tort, lui imposer une nouvelle compulsion dans la direction opposée ! Si, au contraire, le patient parvient à sentir en lui la lutte réelle des évaluations opposées sans être démonté ou contraint, alors, au lieu de se sentir toujours jugé, il commencera à comprendre (ainsi que vous le verrez plus tard) le cœur du problème — à savoir que, en dernier ressort, c'est lui, l'individu, qui juge.

Faites cet exercice d'un esprit léger. N'attachez pas d'importance aux aspects amusants ou tragiques que la situation inverse peut avoir. Comme l'a dit Socrate, le comique et le tragique ne sont pas très éloignés et le même événement aperçu de points de vue différents peut être tragique ou comique. Les malheurs d'un enfant ou d'un adolescent peuvent sembler comiques à un adulte — par exemple, « il est si mignon quand il pleure », ou « c'est son premier chagrin d'amour ». Et les infortunes des adultes sont comiques pour les dieux. Essayez de changer de place pour une fois.

Mettez un « p » à la place d'un « q » quand vous tapez à la machine ou retournez le « p » pour en faire un « b ». Renversez d'autres lettres qui changent le sens du mot. Remarquez ce qui se produit quand vous épelez les mots à l'envers, par exemple, « nom » et « mon ». Certains enfants ne différencient pas ces renversements et éprouvent de grandes difficultés à lire et à écrire.

Imaginez que les mouvements autour de vous se produisent dans le sens inverse, comme dans un film tourné à l'envers. Exemple : un plongeur s'envole gracieusement du plongeoir pour entrer dans l'eau puis, avec autant de facilité, s'envole de l'eau vers le plongeoir.

Renversez les fonctions. Dans quelles circonstances peut-on utiliser une chaise pour manger et une table pour s'asseoir ? Au lieu de regarder la lune avec un télescope, faites comme si l'on vous regardait de la lune. Si le plafond de votre chambre est blanc et les murs bleus, imaginez l'inverse. Regardez des photos à l'envers. Laissez les sous-marins et les poissons voler dans l'air. Laissez-vous aller aux possibilités schizophréniques de votre imagination — car la plupart d'entre elles ne sont pas plus étranges que la conviction profondément enracinée que les individus et la société dans son ensemble agissent d'une manière intelligente.


Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.

Nouvelles précisions sur la Gestalt-thérapie (quatorzième partie) (Orientation du Moi, deuxième partie, chapitre 2, Contact avec l’environnement, expérience 2).




La bicyclette.

Des amis m’ont demandé d’apporter des approfondissements sur la gestalt-thérapie, la psychothérapie que je préfère actuellement. J’ai déjà abordé ce sujet à plusieurs reprises dans ce blog. En voici quelques exemples :


Cet article est la suite de celui-ci. 


Le livre de référence sur le sujet est Gestalt-thérapienouveauté, excitation et développement de Frederick Perls, Paul Goodman et Ralph Hefferline.

L’ouvrage est divisé en deux parties distinctes. La première partie porte sur l’orientation du moi et se subdivise en 4 chapitres. Le chapitre 1 définit l’aspect scientifique de la gestalt thérapie. Le chapitre 2 présente différentes expériences visant à développer ou à accroître chez l’individu sa capacité à entrer en contact avec son environnement. Les chapitres 3 et 4 présentent les différentes techniques de prise de conscience intégrée du soi. La deuxième partie de l’ouvrage porte sur la manipulation du moi. On y retrouve également 4 chapitres qui traitent globalement de 3 types de mécanismes névrotiques à l’origine des troubles psychologiques vécus par les individus. Ces mécanismes sont : la rétroflexion, l’introjection et la projection.

Je vais, pour que vous compreniez bien la démarche de la Gestalt, aborder le thème de la première partie, l’orientation du moi et plus particulièrement son chapitre 2 « Contact avec l’environnement »..

Première partie, Orientation du Moi. Chapitre 2, Contact avec l’environnement.

EXPÉRIENCE 2 : Sentir les forces opposées

Dans l'expérience précédente, nous vous avons demandé quelles étaient les difficultés que vous aviez rencontrées et nous les avons appelées « résistances ». Maintenant, il faut essayer de comprendre ce qu'est cette résistance et ce qui la provoque. Voici un indice que vous pouvez aisément vérifier : considérez ce qui se passe quand on donne ces instructions à un enfant sain. Il ne leur trouve rien d'étrange, d'artificiel, il ne trouve pas que c'est un affront à sa dignité, et si vous réussissez à vous en faire un ami, il vous abreuvera d'un flot continu de phrases. En fait, à un certain stade du développement du langage, il accompagne ses actions de monologues spontanés. Comparées aux nôtres, ses résistances sont négligeables.

Il apparaît donc que les résistances n'existent pas au départ. Si on pouvait comprendre la manière dont nous les avons acquises, cela nous donnerait des indications sur la façon de nous en débarrasser. Mais dans l'expérience présente, nous ferons simplement le premier pas vers la compréhension que les résistances nous appartiennent, qu'elles sont nôtres, aussi bien que ce à quoi elles résistent. C'est un travail difficile, parce que cela implique la découverte de notre interférence dans notre propre activité — en bref, que, sans en être conscient, nous combattons nos propres efforts, intérêts ou excitations.

Considérons le principe de l'équilibre. Au cœur de ce principe, il y a la notion d'équilibre de forces. Dans le laboratoire, un étudiant à qui on a dit d'utiliser cinq grammes d'un certain composé détermine cette quantité en mettant d'abord un poids standard — un morceau de métal pesant cinq grammes — sur l'un des plateaux de la balance. Dans l'autre plateau, il mettra le composé jusqu'à ce que les deux plateaux soient en équilibre, c'est-à-dire lorsque l'aiguille de la balance est à zéro. Toute tendance à pencher d'un côté est exactement contrebalancée par la tendance égale et opposée à pencher dans l'autre sens.

Un ascenseur est supporté par des câbles qui, en haut de la cage, s'enroulent sur des poulies auxquelles sont attachées des plaques de métal pesant à peu près le poids de l'ascenseur. Pour que l'ascenseur s'élève, il faut que le moteur exerce une force légèrement plus grande que la force nécessaire pour contrebalancer le poids des passagers ou de la charge. À l'inverse, pour que l'ascenseur descende, le moteur doit développer une force un peu moins grande que le poids de la charge. Cela illustre le fait que, lorsque de grandes forces sont vraiment en équilibre, il ne faut qu'une force supplémentaire minime, ajoutée d'un côté ou de l'autre, pour produire de grands changements.
Un corps en mouvement ne s'arrête que lorsqu'il rencontre des forces opposées suffisantes pour contrer son avance. Une balle sortant d'un pistolet ne continue évidemment pas sa course éternellement, mais elle s'arrête beaucoup plus vite si elle s'enfonce dans un tronc d'arbre ou si elle rencontre une balle de coton. De même, on le sait bien, une plume lâchée dans un bocal où on a fait le vide, tombe aussi « lourdement » qu'un morceau de plomb.

À partir de cette notion simple d'équilibre, considérons maintenant ce qu'exige un rééquilibrage constant. La vie d'un organisme demande un réajustement constant d'équilibres, mais limitons-nous pour le moment au seul exemple de rouler à bicyclette. Pour le débutant, c'est un exploit impossible. Quand il penche trop d'un côté, ou bien il ne compense pas suffisamment, en mettant son poids de l'autre côté ou en manœuvrant le guidon, ou bien, en désespoir de cause, il surcompense — et tombe de l'autre côté. Si, malgré les échecs et les bleus, il persiste, il finira par faire presque automatiquement les ajustements continus nécessaires pour rouler qui, à l'origine, lui semblaient impossibles à réaliser. Le cycliste n'atteint pas un équilibre statique sur sa bicyclette, mais corrige sans cesse le déséquilibre avant qu'il soit trop grand — et cela, loin d'être désagréable, fait partie du plaisir d'aller à bicyclette.

Pour atteindre et maintenir un équilibre sain dans ses activités, un individu doit être capable — comme le cycliste — d'apprécier les différences qui se produisent dans sa situation et d'agir sur elles. Elles peuvent être subtiles ou si frappantes qu'on ne puisse pas les ignorer. Cependant, pour remarquer quelque chose, il faut pouvoir le distinguer de son arrière-plan ou fond. Il faut qu'il s'en détache, qu'on puisse dire : « Ça fait une différence. » Si on ajoute à une surface blanche un peu de blanc, on ne le remarquera pas parce que, littéralement, il n'y a pas de différence. Un peu de noir, d'un autre côté, fournit un maximum de contraste et on verra le noir plus noir et le blanc plus blanc que si on les voyait séparément. Nombre de phénomènes n'existeraient pas si leur contraire n'existait pas aussi. Si le jour était semblable à la nuit, cette distinction n'aurait pas lieu d'être, et nous n'aurions pas inventé les mots correspondants.

Comme premier pas dans cette expérience :

Trouver des paires opposées, dans lesquelles aucun membre ne pourrait exister si son contraire réel, ou supposé, n'existait pas.

Il se peut que vous ne soyez pas entièrement satisfait de vos trouvailles. Certains termes contraires, pensez-vous, ne sont pas véritablement opposés et d'autres sont opposés dans un contexte très spécifique. Dans le cas de certaines paires, il existe des phénomènes supplémentaires qui occupent une position intermédiaire. Par exemple, « début-fin » possède un terme intermédiaire, « milieu » ; entre « passé » et « avenir » s'intercale « présent » ; le couple « désir-aversion » possède « indifférence ». Le terme intermédiaire de ces paires est spécialement intéressant dans la mesure où il constitue souvent un point « neutre » ou un « zéro », ou un « point d'indifférence », dans une sorte de dimension ou continuum. Dans une échelle algébrique, les valeurs numériques diminuent jusqu'à ce qu'on atteigne zéro. Au-delà de zéro, elles recommencent à croître mais en valeur négative. Le mécanisme de mise en marche de nombreux appareils possède des positions extrêmes, telles que « avant » et « arrière », et des positions intermédiaires « neutres » positions dans lesquelles, le moteur tournant, l'appareil reste statique ou tourne au ralenti.

Le pilote d'un avion, sur un porte-avions, doit décoller sur un espace réduit. S'il ne peut pas atteindre une vitesse suffisante avant la fin de la piste, il tombera tout simplement à l'eau. Pour réduire ce risque, il fait d'abord tourner le moteur de son appareil à pleine vitesse, en mettant les freins pour le maintenir immobile. Puis, quand le moteur fait tourner les réacteurs si vite que l'avion tremble, vrombit de toute sa carcasse, il lâche brusquement les freins et s'envole. Jusque-là, le pilote qui s'identifierait avec son appareil pourrait définir la situation comme suit : « Je ressens le terrible besoin de m'envoler, mais aussi la tendance égale et opposée à rester immobile. Si la situation se prolongeait, j'en mourrais. » Et naturellement, toute la manœuvre n'aurait aucun sens s'il n'y avait pas la claire intention, le moment venu, de relâcher les freins pour décoller.



Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.