vendredi 7 juin 2019

Nouvelles précisions sur la Gestalt-thérapie (treizième partie) (La rétroflexion, partie 3).





Ralph Hefferline



Des amis m’ont demandé d’apporter des approfondissements sur la gestalt-thérapie. J’ai déjà abordé ce sujet à plusieurs reprises dans ce blog. En voici quelques exemples :


Cet article est la suite de celui-ci.

Le livre de référence sur le sujet est Gestalt-thérapienouveauté, excitation et développement de Frederick Perls, Paul Goodman et Ralph Hefferline.

L’ouvrage est divisé en deux parties distinctes. La première partie porte sur l’orientation du moi et se subdivise en 4 chapitres. Le chapitre 1 définit l’aspect scientifique de la gestalt-thérapie. Le chapitre 2 présente différentes expériences visant à développer ou à accroître chez l’individu sa capacité à entrer en contact avec son environnement. Les chapitres 3 et 4 présentent les différentes techniques de prise de conscience intégrée du soi. La deuxième partie de l’ouvrage porte sur la manipulation du moi. On y retrouve également 4 chapitres qui traitent globalement de 3 types de mécanismes névrotiques à l’origine des troubles psychologiques vécus par les individus. Ces mécanismes sont : la rétroflexion, l’introjection et la projection.

La rétroflexion, suite

Examinons quelques rétroflexions typiques. Il y a, par exemple, celles qui sont simplement des réflexes linguistiques. Quand on emploie des expressions comme « je me demande », ou « je me disais », que veut-on dire ? Dans les expériences précédentes, nous avons souvent suggéré : « Demandez-vous . . . » N'est-ce pas d'une logique étrange ? Si vous ne connaissez pas quelque chose, pourquoi vous le demander, et si vous le savez, pourquoi vous le dire ? Ces manières de parler (et nous les employons tout le temps) impliquent que la personnalité est divisée, comme si deux personnes habitaient le même corps et pouvaient tenir une conversation entre elles. A votre avis, est-ce une simple manière de parler, particulière à notre langue, ou pensez-vous que cet usage tout à fait commun correspond à une division de la personnalité ?

Essayez de comprendre clairement que lorsque « vous vous demandez quelque chose », c'est une question rétrofléchie. Vous ne connaissez pas la réponse, sinon vous ne vous poseriez pas la question. Qui, dans votre environnement, connaît la réponse ou devrait la connaître, à votre avis ? Si vous parvenez à situer cette personne, avez-vous conscience de vouloir lui poser votre question ? Qu'est-ce qui vous empêche de le faire ? La timidité, la crainte d'une rebuffade, la réticence à admettre votre ignorance ?

Quand « vous vous consultez », êtes-vous conscient de votre motivation ? Plusieurs sont possibles. Ce peut être un jeu, une moquerie, une consolation ou un reproche. Quoi que ce soit, à qui vous substituez-vous en faisant cela ?

Considérez les reproches que l'on s'adresse à soi. Là, on ne trouve pas un véritable sentiment de culpabilité, mais simplement un reproche feint. Renversez l'approche en essayant de trouver la Personne X, parmi vos connaissances, à qui vous adressez vraiment vos reproches. Qui voulez-vous tourmenter ? Qui voulez-vous réformer ? Chez qui voulez-vous éveiller le sentiment de culpabilité que vous prétendez posséder en vous ?

À ce stade, il n'est pas utile que vous vous précipitiez chez la personne en question pour vous débarrasser de votre rétroflexion. Vous n'avez pas encore suffisamment exploré et accepté votre personnalité ni examiné à fond la situation interindividuelle. Laissez de côté le contenu détaillé du problème particulier pour le moment et contentez-vous d'essayer de réaliser la forme de votre comportement rétrofléchi. Peu à peu, vous commencerez à vous voir comme les autres vous voient. Si vous êtes sans cesse exigeant avec vous-même, vous êtes sans doute, explicitement ou implicitement, exigeant avec les autres — et c'est ainsi que vous leur apparaissez. Si vous êtes furieux après vous, vous serez furieux après la mouche qui se promène sur le mur. Si vous vous tourmentez, vous pouvez être sûr de tourmenter les autres aussi.

Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.

jeudi 6 juin 2019

Nouvelles précisions sur la Gestalt-thérapie (douzième partie) ( La rétroflexion, suite).




Paul Goodman



Des amis m’ont demandé d’apporter des approfondissements sur la gestalt-thérapie. J’ai déjà abordé ce sujet à plusieurs reprises dans ce blog. En voici quelques exemples :


Cet article est la suite de celui-ci.

Le livre de référence sur le sujet est Gestalt-thérapienouveauté, excitation et développement de Frederick Perls, Paul Goodman et Ralph Hefferline.

L’ouvrage est divisé en deux parties distinctes. La première partie porte sur l’orientation du moi et se subdivise en 4 chapitres. Le chapitre 1 définit l’aspect scientifique de la gestalt-thérapie. Le chapitre 2 présente différentes expériences visant à développer ou à accroître chez l’individu sa capacité à entrer en contact avec son environnement. Les chapitres 3 et 4 présentent les différentes techniques de prise de conscience intégrée du soi. La deuxième partie de l’ouvrage porte sur la manipulation du moi. On y retrouve également 4 chapitres qui traitent globalement de 3 types de mécanismes névrotiques à l’origine des troubles psychologiques vécus par les individus. Ces mécanismes sont : la rétroflexion, l’introjection et la projection.

La rétroflexion, suite

Théoriquement, le traitement de la rétroflexion est simple : il faut renverser la direction de l'acte rétrofléchi de l'intérieur vers l'extérieur. Alors, les énergies de l'organisme, anciennement divisées, joindront une fois de plus leurs forces et se déchargeront vers l'environnement. On donne ainsi à l'impulsion bloquée l'occasion de s'exprimer, entièrement, et d'être satisfaite. Alors, comme c'est le cas lorsque tout besoin véritable de l'organisme est satisfait, il peut y avoir repos, assimilation et croissance. En pratique, cependant, l'expression d'une rétroflexion n'est pas aussi simple. Chaque partie de la personnalité s'en mêle, comme pour empêcher une catastrophe. L'individu est submergé par l'embarras, la crainte, la culpabilité et le ressentiment. L'organisme répond à la tentative de renverser l'auto-agression, de différencier le dictateur des deux parties de la personnalité, comme si c'était une attaque contre son corps, sa « nature », sa vie même. À mesure que les parties entremêlées commencent à se séparer, la personne expérimente une excitation insupportable, qui peut mener à un autre blocage pour se soulager. Des sentiments inhabituels sont ressuscités et l'individu doit d'abord s'y habituer et graduellement apprendre à les tolérer pour pouvoir les réutiliser. Au début, il est anxieux et préférerait plutôt se retirer dans un état d'inconscience.

L'une des principales raisons de la crainte et de la culpabilité que fait naître le renversement des rétroflexions, c'est que la plupart des impulsions rétrofléchies sont des agressions, de la plus bénigne à la plus cruelle, de la persuasion à la torture. Laisser le champ libre à ces impulsions est terrifiant. Mais l'agression, dans le sens large de l'usage clinique, est indispensable au bonheur et à la créativité. En outre, le renversement de la rétroflexion ne fabrique pas une agression qui n'était pas là. Elle existait déjà — mais s'appliquait contre le moi et non contre l'environnement. Nous ne nions pas que l'agression peut être pathologiquement mal utilisée contre les objets et les autres personnes, exactement comme elle est mal utilisée quand elle est toujours dirigée contre le moi. Mais tant qu'on n'est pas conscient de ses impulsions agressives et qu'on n'apprend pas à les utiliser d'une manière constructive, elles seront mal utilisées ! En fait, c'est l'acte de les réprimer — la mise en place et le maintien de l'impitoyable tension musculaire — qui fait que ces agressions paraissent si inutiles, « antisociales » et intolérables. Une fois qu'on leur permet de se développer spontanément dans le contexte de la personnalité totale, au lieu d'être étouffées et réprimées sous l'emprise inexorable de la rétroflexion, on regarde différemment et plus favorablement l'agression.

Ce qu'on redoute également en relâchant une impulsion bloquée, c'est d'être complètement frustré — car la rétroflexion donne au moins une satisfaction partielle. Un homme pieux, par exemple, incapable de diriger sa colère contre le Seigneur à la suite de ses déceptions, bat sa coulpe et s'arrache les cheveux. Cette auto-agression, évidemment une rétroflexion, est néanmoins une agression et donne une certaine satisfaction à la partie rétrofléchie de la personnalité. C'est unes agression, primaire, indifférenciée — une colère rétrofléchie d'enfant —, mais la partie de la personnalité attaquée est toujours là et vulnérable aux attaques. L'auto-agression peut toujours être sûre de sa victime !

Si cette rétroflexion était renversée d'un seul coup, la personne attaquerait alors les autres de façon aussi inefficace et archaïque. Et elle soulèverait la même contre-agression qui l'a menée à rétrofléchir. C'est cette réalisation qui rend le renversement même imaginaire des rétroflexions producteur de tant de craintes. Ce qu'il ne faut pas oublier, c'est que le changement peut se faire graduellement, par stades. On peut, pour commencer, découvrir et accepter le fait de « prendre sur soi ». On peut devenir conscient des émotions de la partie rétrofléchie de la personnalité — notamment, la joie sinistre qu'on prend à s'autopunir. Quand ce stade est achevé, c'est déjà un progrès considérable, car l'agressivité est socialement si mal jugée qu'il est difficile de la reconnaître et de l'accepter même quand elle épargne les autres et qu'on la dirige uniquement contre soi. C'est seulement quand elle est acceptée — c'est-à 
dire, quand on la reconnaît comme composante existante, dynamique de la personnalité —, que l'on peut alors la modifier, la différencier, la rediriger, dans une expression plus saine. Au fur et à mesure que l'orientation de l'individu dans l'environnement s'améliore, que la conscience de ce que l'on veut vraiment faire devient plus nette, qu'on fait des tentatives pour voir ce qui va se passer, les techniques pour exprimer les impulsions précédemment bloquées se développent aussi. Elles perdent leur aspect primaire, terrifiant, à mesure qu'on les différencie et qu'on leur donne l'occasion de rattraper les parties plus mûres de la personnalité. L'agression, alors, reste toujours agression, mais elle sera au service de tâches plus utiles et ne sera plus aveuglément destructrice pour soi et les autres. Elle s'exprimera selon les demandes de la situation au lieu de s'accumuler jusqu'à ce qu'on ait l'impression d'être assis sur un volcan.

Jusqu'ici, nous avons parlé uniquement de comportements que l'individu a été incapable de diriger vers les autres et qu'il a en conséquence rétrofléchis. Les rétroflexions incluent aussi ce qu'on veut des autres, mais qu'on n'a pas réussi à obtenir. Ce peut être l'attention, l'amour, la pitié, la punition, presque n'importe quoi ! Un grand nombre de sentiments originellement donnés par les autres — notamment par les parents —, on se les donne à soi en grandissant. Cela peut naturel¬lement être très sain, pourvu qu'on n'essaie pas de s'octroyer ce qui relève en réalité de besoins interindividuels.

Voilà. C'est tout pour le moment. Amitiés à tous !

Nouvelles précisions sur la Gestalt-thérapie (onzième partie) (La rétroflexion).






Un autre livre sur la Gestalt-thérapie



Des amis m’ont demandé d’apporter des approfondissements sur la gestalt-thérapie. J’ai déjà abordé ce sujet à plusieurs reprises dans ce blog. En voici quelques exemples :


Cet article est la suite de celui-ci.

Le livre de référence sur le sujet est Gestalt-thérapienouveauté, excitation et développement de Frederick Perls, Paul Goodman et Ralph Hefferline.

L’ouvrage est divisé en deux parties distinctes. La première partie porte sur l’orientation du moi et se subdivise en 4 chapitres. Le chapitre 1 définit l’aspect scientifique de la gestalt-thérapie. Le chapitre 2 présente différentes expériences visant à développer ou à accroître chez l’individu sa capacité à entrer en contact avec son environnement. Les chapitres 3 et 4 présentent les différentes techniques de prise de conscience intégrée du soi. La deuxième partie de l’ouvrage porte sur la manipulation du moi. On y retrouve également 4 chapitres qui traitent globalement de 3 types de mécanismes névrotiques à l’origine des troubles psychologiques vécus par les individus. Ces mécanismes sont : la rétroflexion, l’introjection et la projection.

La rétroflexion

EXPÉRIENCE 12:

Recherche du comportement mal dirigé

« Retro-flectere » signifie littéralement « se retourner vivement contre ». Quand un individu rétrofléchit un comportement, il fait à lui-même ce qu'il a fait ou essayé de faire à d'autres personnes ou objets. Il cesse de diriger différentes énergies vers l'extérieur pour tenter de manipuler l'environnement en vue d'apporter des changements qui satisferont ses besoins ; au contraire, il dirige son énergie vers lui-même et se substitue à l'environnement comme cible de comportement. Dans cette mesure, il divise sa personnalité entre « celui qui fait » et « celui à qui on fait ».

Pourquoi cette rupture ? Pourquoi ne pas diriger son énergie vers l'extérieur, vers l'environnement ? Parce qu'il a rencontré, à un moment donné, ce qui était pour lui une opposition insurmontable. L'environnement — en particulier les autres individus — s'est montré hostile à ses efforts pour satisfaire ses besoins. Il l'a frustré et l'a puni. Dans une lutte aussi inégale —il était enfant —, il était certain de perdre. En conséquence, pour éviter la souffrance et le danger que comportaient d'autres essais, il a abandonné la lutte. L'environnement, étant plus fort, a imposé ses besoins aux dépens des siens.

Cependant, comme on l'a démontré de façon répétée ces dernières années par un certain nombre d'expériences, la punition a pour effet, non pas d'annihiler le désir de se comporter de façon punissable, mais d'enseigner à l'organisme à retenir les réponses punissables. L'impulsion ou le désir restent aussi forts que jamais et, puisqu'ils ne sont pas satisfaits, organisent constamment l'appareil musculaire — sa posture, son modèle de tonus musculaire, ses mouvements — en vue de l'expression de leurs manifestations. Puisque c'est précisément cela qui est punissable, l'organisme se comporte envers sa propre impulsion comme le fait l'environnement — c'est-à-dire qu'il essaie de la supprimer. Son énergie est donc divisée. Une partie tend toujours vers son but originel et jamais satisfait, et l'autre est rétrofléchie pour contrôler la première. La répression se fait au niveau musculaire, qui exprimerait l'impulsion punissable. À ce stade, les deux parties de la personnalité, luttant dans des directions diamétralement opposées, sont en conflit. Le conflit originel entre l'organisme et l'environnement s'est transformé en « conflit intérieur » — entre un comportement et son opposé.

N'en concluez pas immédiatement que nous voulons dire que tout serait parfait si nous pouvions tous, sans plus de façons, « vivre nos inhibitions ». Dans certaines circonstances, la retenue est nécessaire et peut même être vitale — par exemple, quand on retient sa respiration sous l'eau. La question importante qui se pose est de savoir si oui ou non l'individu a des bases rationnelles pour réprimer son comportement dans des circonstances données. En traversant une rue, il est indéniablement à son avantage d'étouffer son impulsion de contester la priorité à un camion. Dans des situations sociales, il est, en général, avantageux de réprimer la tendance à partir du mauvais pied (mais quand on a tous les atouts en main, c'est un problème très différent !).

Quand la rétroflexion est sous contrôle conscient — c'est-à-dire, quand un individu, dans une situation courante, supprime des réponses particulières qui, si elles étaient exprimées, seraient à son désavantage —, personne ne conteste l'intelligence de ce comportement. Ce n'est que lorsque la rétroflexion est habituelle, chronique, incontrôlée, qu'elle est pathologique. Ce n'est pas alors une réaction temporaire, une mesure d'urgence en attendant une meilleure occasion, mais une impasse perpétuelle dans la personnalité. En outre, puisque ce front ne bouge pas, il cesse d'attirer l'attention. Nous « oublions » son existence. C'est la répression — et la névrose.

S'il était vrai que l'environnement social restait inflexible et intransigeant — s'il était aussi dangereux à l'expression de certaines impulsions maintenant, qu'il l'était quand nous étions enfants — alors, la répression (la rétroflexion oubliée) serait efficace et désirable. Mais la situation a changé ! Nous ne sommes plus des enfants. Nous sommes plus grands, plus forts et nous avons des « droits » qu'on nous déniait quand nous étions enfants. Dans ces circonstances, cela vaut la peine d'essayer une nouvelle fois d'obtenir ce dont nous avons besoin de l'environnement !

Quand nous inhibons un comportement, nous sommes conscients à la fois de ce que nous supprimons et du fait que nous le supprimons. Dans la répression, au contraire, nous avons perdu conscience à la fois de ce qui est réprimé et du processus par lequel nous le réprimons. La psychanalyse a mis l'accent sur la redécouverte du matériel réprimé — l'impulsion bloquée. Nous voulons, au contraire, redécouvrir la prise de conscience du blocage, le sentiment qu'on le fait et comment on le fait. Quand l'individu aura découvert le caractère rétrofléchi de son action et retrouvé son contrôle, l'impulsion bloquée se débloquera automatiquement. N'étant plus réprimée, elle s'exprimera au grand jour. Le grand avantage de cette démarche — la découverte de l'agent répresseur actif —, c'est que le blocage appartient à un domaine aisément accessible de la conscience, qu'il peut être directement expérimenté et ne dépend pas d'interprétations plus ou moins douteuses.

Voilà. C'est tout pour le moment. Amitiés à tous.

vendredi 10 mai 2019

Compte rendu du livre « Le Moi, la Faim et l’Agressivité » de Fritz Perls (quatrième partie, les dangers de l’application de la loi de cause à effet).


Un autre  ouvrage sur la Gestalt-thérapie.


Je viens de lire un livre que j’ai trouvé à la fois précis et très bien conçu sur les thèmes de base de la Gestalt-thérapie. Il s’agit de  « Le Moi, la Faim et l’Agressivité »  de Fritz Perls (il y décrit pour la première fois les fondements de sa théorie gestaltiste).

Cet article est la suite de celui-ci.

J'ai l'intention, dans cet ouvrage, d'employer au maximum la pensée différentielle. J'essaierai, d'autre part, d'âtre aussi prudent que possible en ce qui concerne l'application de la loi de cause à effet. Non seulement les récentes découvertes scientifiques ont fait peser un sérieux doute sur la valeur universelle de cette loi, prétendument seule capable d'expliquer les événements, mais encore la recherche au hasard, quasi obsessionnelle, des « causes » est devenue une sorte de traquenard plutôt qu'une aide efficace, aussi bien dans les sciences que dans notre vie quotidienne. 

Bien des gens acceptent comme réponses satisfaisantes à leur « pourquoi » :
         La rationalisation (il l'a tué parce que son honneur le lui commandait) ;
         La justification (il a tué l'autre parce que celui-ci l'avait offensé);
         La conformité (il a été exécuté parce que la loi a prévu la peine de mort pour son crime);
         L'excuse (il l'a tué involontairement parce qu'il a pressé sur la détente);
         L'identité. (il est arrivé en retard au bureau parce qu'il a manqué son bus);
         L'intention (il est allé en ville parce qu'il voulait y faire des courses);

Il vaut mieux, et les résultats sont excellents, renoncer aux explications causales des événements et se borner à les décrire — demander « comment ? » au lieu de « pourquoi » ?. La science moderne réalise chaque jour davantage combien l'on peut répondre à toutes les questions pertinentes par une description précise et détaillée.

Une explication causale, en outre, ne peut s'appliquer qu'à certaines facettes des événements. En réalité, il s'agit d'une surdétermination (Freud) ou d'une coïncidence — la convergence vers l'événement d'un grand nombre de causes plus ou moins significatives.
Un homme a été tué par une tuile tombée du toit d'une maison quelle est la cause de sa mort ?
Les causes en sont innombrables. L'instant où il est passé à cet endroit dangereux; la tempête qui s'abattait sur le toit; la négligence du couvreur; la hauteur de la maison; le matériau dont est faite la tuile; l'épaisseur du crâne  de la victime; le fait qu'il n'ait pas vu la tuile tombez, etc., ad infinitum.

En psychanalyse (mon propre champ d'observation), on a souvent tendance à pousser un Eurêka ! quand on croit avoir trouvé la « cause et l'on est souvent déçu de ne pas remarquer le changement espéré chez le patient.


  
Voilà. C’est tout pour le moment comme dans les séries télé américaines ou les romans-feuilletons du dix-neuvième siècle. Amitiés à tous.


mardi 30 avril 2019

Compte rendu du livre « The Berglas Effects, traduction française » de Richard Kaufman et David Berglas.






Le livre en question.


Je viens de lire l’ouvrage « The Berglas Effects, traduction française » de Richard Kaufman et David Berglas publié par le magasin de prestidigitation Magic Dream (et traduit par Richard Vollmer) et j’ai été très impressionné par ce livre. Il est « hénaurme », comme écrivait Flaubert, à la fois par sa taille (451 pages) et par son contenu (nombreuses révélations jamais décrites dans un livre de magie en français, bien entendu centrées sur les méthodes de Berglas pour réaliser la fameuse « carte au nombre »). 

Ces méthodes respectent 4 critères : 1) Les cartes sont en vue de tous avant que la routine ne démarre. 2) Un spectateur nomme n’importe quelle carte. La personne peut librement citer la première carte qui lui passe par l’esprit. Aucune restriction et pas de forçage. 3) Un autre spectateur dit n’importe quel chiffre ou nombre compris entre 1 et 52. Le choix est libre. Pas de restriction non plus. 4) Une troisième personne est invitée à compter les cartes jusqu’au nombre choisi et à la retourner : c’est la carte nommée par le premier spectateur. En plus de l’ouvrage vraiment très détaillé et de façon fort claire (beaucoup d’illustrations) sont fournis 3 DVD d’explications.

Ma lecture de ce livre confirme une intuition qui est pour moi déjà ancienne : la magie de Berglas est le chaînon manquant entre celle des grands cartomanes du vingtième siècle et celle des mentalistes d’aujourd’hui.

Ce livre peut être lu par l’ensemble des prestidigitateurs et des mentalistes, à l’exception toutefois des débutants complets. Même si vous n’utilisez pas les trucs révélés, ils enrichiront vos connaissances en magie et vous permettront de réaliser d’autres effets.

Comme d’habitude, pour que vous puissiez vous faire votre jugement par vous-même, j’en donne la table des matières.


Table des matières
  
1) POUR COMMENCER

2) PENSEZ A UNE CARTE
L’éventail à grande visibilité - Pensez à une carte avec un éventail – Pensez à une carte avec un étalement – Pensez à une carte en les distribuant.

3) LA CARTE AU NOMBRE
La carte au nombre avec pensez à une carte – La carte au nombre avec nommez une carte – La carte au nombre avec un étalement – Le mélange en mains – Ici ou là.

4) PETITS OUTILS ET TOURS DE SOCIETE
Une distribution singulière – La coupe naturelle sur les cartes repères – Forçage classique faces en haut et faces en bas – La levée double selon l’auteur – La carte à l’œil verticale – L’empalmage – Les échanges secrets de jeux – Le détournement d’attention – Au doigt et à l’œil – Vous êtes assis dessus ! – La carte camouflée dans l’étui – La carte loooongue – Trois cartes choisies voyagent dans la poche d’un spectateur - Cardcertina – Le système des paris à chances égales de Berglas – Une donne de poker dans le style de Berglas.

5) L’EQUIVOQUE OU CHOIX DU MAGICIEN
Commençons par la fin.

6) CARTOGRAPHIE MENTALE POUR MAGICIENS

7) LE JEU EN CHAPELET
Comment créer son propre chapelet – Le chapelet, mode d’emploi – Le pont – Où est la magie dans ce chapelet – Les jeux invisibles lancés dans le public – Improviser avec un jeu en chapelet – Les spectateurs mettent le jeu en chapelet – Pensez à une carte et nommez une carte et un jeu en chapelet.

8) L’EFFET BERGLAS
La présentation de l’effet Berglas.

9) LE NUMERO : LES EFFETS BERGLAS
L’effet Berglas ou la carte au nombre – Effet de mémoire prodigieuse avec échange de jeux.


Voilà. C’est tout pour le moment comme dans les séries télé américaines ou les romans-feuilletons du dix-neuvième siècle. Amitiés à tous.


mardi 2 avril 2019

Compte rendu du livre « Le Moi, la Faim et l’Agressivité » de Fritz Perls (troisième partie, la signification de l'insomnie).



  
Un autre  ouvrage sur la Gestalt-thérapie.


Je viens de lire un livre que j’ai trouvé à la fois précis et très bien conçu sur les thèmes de base de la Gestalt-thérapie. Il s’agit de  « Le Moi, la Faim et l’Agressivité »  de Fritz Perls (il y décrit pour la première fois les fondements de sa théorie gestaltiste).

Cet article est la suite de celui-ci.

La signification de l'insomnie

  
On a enfin réalisé que le phénomène déplaisant de « l'insomnie » ne pouvait se soigner par médicaments, relaxation, silence, rideaux sombres ou « comptage des moutons». Ces « remèdes » provoquent une sorte d'état inconscient proche du sommeil, encore que contraire au but de celui-ci : procurer repos et fraîcheur. On ne devrait pas parler d'insomnie lorsqu'il s'agit de quelques nuits blanches occasionnelles, et il ne faut absolument pas prendre ce phénomène pour un symptôme névrotique. Il vaudrait mieux, selon moi, réserver ce -terme « d'insomnie » à une perturbation du sommeil répartie sur un grand nombre de nuits, et le terme « d'insomnie chronique » à cette même perturbation sur une assez longue période. Seule doit être traitée l'insomnie véritable, et je me propose, vu l'incompétence des prescriptions mentionnées ci-dessus, d'aborder ce pro-brème sous un angle différent.

Lorsque des bactéries ont envahi l'organisme, le taux des leucocytes, leurs ennemis, s’accroît. Lorsqu'on absorbe trop d'alcool, on vomit. Croyez-vous que ces leucocytes ou ce vomissement soient une maladie et qu'il faille les supprimer ? Bien sûr que non; vous allez chercher à découvrir ce qu'ils signifient, et la réponse est toute trouvée il s'agit d'une autodéfense organique Dans la plupart des cas, l'insomnie n'est pas une maladie, mais un symptôme d'une politique sanitaire organique. généralisée au service de l’holisme. Tous les « trucs », les somnifères, les boules Quiès, le livre de chevet, etc. ne sont que des méthodes de suppression, contraires aux besoins de l'organisme.

Pour beaucoup de gens, apprendre que l'insomnie n'est pas un symptôme pathologique mais un symptôme curatif, produit le même effet que lorsqu'on leur a enseigné que c'était la Terre et non le Soleil qui se mouvait. Avant de prouver l'exactitude de mon affirmation paradoxale, je voudrais dire quelques mots sur le repos. Vous conviendrez avec moi qu'il est la visée du sommeil et que les médicaments provoquent plus une sorte de paralysie qu'ils n'apportent ce repos. Voilà pourquoi on recherche des médicaments sans effets secondaires de migraines et de vertiges. La recherche du repos n'est qu'une expression de la tendance générale qu’a notre organisme à retrouver son équilibre par l'élimination d'une influence perturbatrice ou la conclusion d'une. situation incomplète. Combien de temps nous passionne une grille de mots croisés ? Jusqu'au moment précis où le problème est résolu, Ce n'est plus ensuite qu'un bout de. papier bon à jeter.

Un représentant de commerce, gaillard insouciant, visite une petite ville. Le propriétaire de l'hôtel lui demande de faire le moins de bruit possible à cause de l'extrême nervosité de l'occupant de la chambre voisine, Il promet, maie rentre. le soir légèrement gris en chantant. Il commence à se déshabiller et lance une chaussure contre le mur. Il se souvient alors subitement de sa promesse et se met calmement au lit. Comme il est en train de s'assoupir, une voix coléreuse s'élève de l’autre côté du mur : « Et l'autre chaussure, quand est-ce qu'elle arrive ? »

Nous nous mettons souvent au lit avec des situations incomplètes, inachevées, et, dans des centaines de cas, il est plus important pour l'organisme de compléter la situation que de dormir. La plupart du temps, nous n'avons pas conscience de ce besoin organiciste. Nous sentons uniquement que quelque chose perturbe notre sommeil, et nous pestons devant cet élément .perturbateur, Nous réorientons notre contrariété de la situation incomplète sur les aboiements du chien, les bruits de la circulation, la rigidité de l'oreiller, nous en faisons des responsables alors qu'ils ne sont que des boucs émissaires. La circulation n'est pas plus bruyante que pendant les nuits où nous sommes prêts à dormir.

Comme je l'ai déjà dit, les possibilités de situations incomplètes sont innombrables. L'élément perturbateur peut être un moustique et la situation ne s'achèvera que lorsque vous aurez tué l'insecte et vous serez débarrassé de la peur d'être piqué. Peut-être quelqu'un vous a-t-il blessé et votre esprit ne cesse-tell d'échafauder des fantasmes de vengeance. Peut-être devez-vous demain affronter un examen ou une entrevue importante et êtes-vous en train d'anticiper la situation difficile au lieu de vous accorder du repos. Un désir sexuel non gratifié, une sensation de faim, un sentiment de culpabilité, un désir de réconciliation, l'envie de sortir d'une situation délicate, toutes ces situations incomplètes vont indisposer votre sommeil.

Le proverbe dit : « Une bonne conscience est un doux oreiller. » Souvenez-vous de l'exemple classique de l'insomnie : Lady Macbeth, Elle cherche à se persuader que la situation du meurtre est bien terminée « Je vous le répète, Banqua est enterré, il ne peut sortir de sa tombe. Ce qui est fait ne peut être défait, » Mais son auto-suggestion demeure vaine « Qu'est cela ? Ces mains ne seront-elles jamais propres ? Tous les parfums de l'Arabie ne sauraient purifier cette petite main. »

J'ai traité autrefois un fonctionnaire à la conscience très stricte. Cet homme devait chaque jour traiter un certain nombre de problèmes et son ambition le faisait s'atteler à trop de dossiers à la fois. Les problèmes irrésolus l'accompagnaient au lit, il ne se reposait donc qu'insuffisamment et entamait épuisé la journée du lendemain, de moins en moins capable d'affronter les taches quotidiennes, .Un cercle vicieux s'enclenchait qui aboutissait au bout de quelques mois à une dépression nerveuse qui l'obligeait à interrompre toute activité, Son état ne s'améliora que lorsqu'il eut compris qu'il devait limiter les problèmes et terminer les situations avant d'aller se coucher.

On pourrait objecter à mon approche que, premièrement, l'insomnie est particulièrement déplaisante et que l'organisme a besoin de repos, que nous ne pouvons nous permettre de gaspiller cette phase nocturne précieuse; et, deuxièmement, que mes théories n'embrassent que le côté psychologique.

Commençons par la dernière objection. Je prétends que la cause physique de l'insomnie (maladie, souffrance) tombe dans la même catégorie que la cause psychologique (par exemple la contrariété). Une maladie est toujours une situation incomplète qui ne se termine que par la guérison ou la mort. Dans les cas d'urgence cependant, lorsque l'élément perturbateur est la souffrance associée à une maladie, on peut provisoirement éliminer cette perturbation par un antalgique ( mais aucune drogue n'élimine définitivement la souffrance). Quant à la première objection — le caractère déplaisant de l'insomnie — on peut en disposer aisément par une approche appropriée. Dès que le patient a compris sa signification, il est à même de se reconditionner, d'orienter ses énergies dans les voies biologiques adéquates et de transformer ce désagrément en une expérience gratifiante et constructive.

Si nous voulons guérir l'insomnie, nous devons affronter une situation paradoxale il nous faut renoncer à vouloir dormir. Le sommeil ne survient que lorsque le Moi se dissout; la volition est une fonction du Moi et tant que nous répétons « je veux dormir », notre Moi continue de fonctionner. .Il est très difficile d'admettre que, bien que nous soyons consciemment parfaitement convaincus de vouloir dormir et que nous soyons contrarie de ne pouvoir y parvenir, notre organisme, lui, ne veut pas dormir, attelé qu'il est à des problèmes plus importants que le sommeil.

Lorsque s'ajoute à notre envie de dormir la contrariété de ne pouvoir y parvenir, on voit s'instaurer une situation totalement déséquilibrée; cette excitation empêche de plus en plus d'obtenir le sommeil et cette contrariété sans décharge crée une situation incomplète additionnelle. En vous tournant et en vous retournant violemment dans votre lit, vous pourriez tout au moins décharger et exprimer l'excitation ! Mais non ! Vous vous forcez à une immobilité extrême et guettez (ce qui est une activité consciente) les premiers signes d'endormissement, alors que, simultanément, vous bouillez d'énervement. Résultat vous brûlez bien plus d'énergie que si vous vous leviez et accomplissiez n'importe quelle tâche. On est souvent plus exténué parce qu'on a désespérément tenté de dormir que parce qu'on manque de sommeil.

Au lieu de vous emporter contre l'élément perturbateur (que ce soit le chien qui aboie ou les pensées et images liées à la situation incomplète), apprenez à vous y intéresser. Ne leur résistez pas, mais octroyez-leur toute votre attention, Écoutez les bruits de votre environnement, regardez les images que vous avez à l'esprit, et vous percevrez bientôt les signes avant-coureurs de l'endormissement,
Vous allez voir surgir bien souvent un souvenir oublié ou la solution d'un problème, satisfaction dont la récompense sera un sommeil paisible.

Il existe des situations qui ne peuvent se compléter, ni cette nuit-là, ni jamais. C'est déjà une aide considérable que de réaliser ce fait dans le cas d'un problème insoluble. Et on peut parfois terminer la situation en se résignant à l'inévitable, en acceptant qu'on ne peut rien y faire.

J'ai lu l'autre jour une définition selon laquelle l'insomnie serait un défaut de sommeil issu des contrariétés. Cela est exact en ce qui concerne le caractère obsessionnel, mais l'insomnie affecte tout aussi bien d'autres types, et tout particulièrement le neurasthénique. Nous savons tous qu'une contrariété nous maintient éveillés et que les inquiets ont rarement un sommeil paisible. Aucun mystère à cela, puisque l'inquiet se caractérise Par son incapacité généralisée â terminer les situations, à entrer en action.

C'est une idée fausse de croire que fermer les yeux amène le sommeil. C'est le contraire qui est exact : le sommeil amène la fermeture des yeux, A preuve la difficulté qu'on a à garder les -yeux ouverts devant une lecture ennuyeuse, particulièrement quand il fait très chaud ou qu'il est tard dans la nuit. Ceux qui se plaignent d'insomnie sont alors bien souvent les premiers à tomber endormis.

Le rêve est un compromis entre le sommeil et la situation incomplète. Chez celui qui mouille son lit, on trouvera toujours le complément au besoin d'uriner sous forme du rêve de se trouver dans des toilettes. Il ne faut donc pas prendre à n'importe quel prix la défense du sommeil, puisqu'en cas d'énurésie la guérison est justement entravée par le refus de l'enfant d'interrompre son sommeil. Un peu d'insomnie éviterait ici bien des souffrances aux parents et à l'enfant !


  
Voilà. C’est tout pour le moment comme dans les séries télé américaines ou les romans-feuilletons du dix-neuvième siècle. Amitiés à tous.


Compte rendu du livre « Le Moi, la Faim et l’Agressivité » de Fritz Perls (deuxième partie).







Un autre livre sur la Gestalt-thérapie..


Je viens de lire un livre que j’ai trouvé à la fois précis et très bien conçu sur les thèmes de base de la Gestalt-thérapie. Il s’agit de  « Le Moi, la Faim et l’Agressivité »  de Fritz Perls (il y décrit pour la première fois les fondements de sa théorie gestaltiste).

Cet article est la suite de celui-ci

But de cet ouvrage

La psychanalyse résulte essentiellement de l'observation des faits de la vie mentale: c'est pour cette raison que sa superstructure demeure incomplète et sujette à des modifications constantes.
Sigmund Freud


Cet ouvrage se propose d'étudier quelques-unes des réactions psychologiques et psychopathologiques de l'homme dans son environnement.

Il s'articule autour de la théorie selon laquelle l'organisme lutte pour maintenir son équilibre, continuellement troublé par ses besoins et retrouvé par leur élimination ou leur satisfaction.

Les difficultés qui opposent l'individu à la société se traduiront soit par la délinquance, soit par la névrose. Cette dernière se manifeste par diverses formes de refus, et notamment le refus du contact.
Les relations entre l'individu et la société d'une part, et les divers groupes sociaux de l'autre, demeurent incompréhensibles si on ne tient pas compte du problème de l'agression.

Au cours de la deuxième guerre mondiale, aucun mot n'a été plus employé que celui d'« agressivité ». Quantité d'ouvrages publiés condamnent, certes, ce phénomène, mais proposent en outre de lui trouver un remède. Cela posé, personne n'a suffisamment explicité l'analyse ou le sens même de l'agressivité. Rauschning, lui-même, n'arrive guère à dépasser le fondement biologique du phénomène. Et, par ailleurs, les solutions proposées relèvent toutes des mêmes vieux « trucs », aussi répressifs qu'inefficaces, l'idéalisme et la religion.

Nous n'avons rien appris sur la dynamique de l'agressivité, Et cela malgré l'avertissement de Freud les énergies réprimées, ou refoulées, loin de disparaître, deviennent encore plus dangereuses et plus efficaces si elles agissent hors du champ de la conscience.
Lorsque je nie suis intéressé à la nature de l'agressivité, je me suis peu à peu, et de plus en plus, aperçu que l'agressivité n'était pas une énergie en soi, mais qu'il s'agissait seulement d'une fonction.

Si, grâce à l'usage de nouveaux outils intellectuels, l'holisme (conception du champ) et la sémantique (signification du sens), nous avons considérablement amélioré notre approche théorique, je crains fort de ne pouvoir offrir de remède pratique à l'agression collective.

Au lieu d'étudier la névrose et l'agression d'un point de vue purement psychologique, nous le faisons par le biais de l’holisme et de la sémantique, ce qui révèle au passage un certain nombre de « trous » dans la méthode psychologique la plus fouillée, à savoir la psychanalyse.

Cette dernière met l'accent sur l’inconscient et l'instinct sexuel, sur le passé et la causalité, sur les associations, le transfert et les refoulements, mais elle sous-estime, et néglige parfois, l'importance du Moi, de la faim en tant qu'instinct, de l'instant, du vouloir immédiat, de la concentration, des réactions spontanées et de la réflexion.

Une fois ces a trous » comblés, et après avoir examiné des concepts psychanalytiques aussi douteux que ceux de libido, instinct de mort, etc., nous élargirons dans la deuxième partie notre nouveau concept, en l'étendant à l'assimilation mentale et au caractère paranoïde.

La troisième partie se propose de fournir des conseils détaillés pour une technique thérapeutique élaborée à partir de cette nouvelle approche théorique. Étant donné que l'« évitement » est censé être le symptôme central de tous les troubles nerveux, j'ai substitué à la méthode des associations libres l'antidote « évitement-concentration ».


Voilà. C’est tout pour le moment comme dans les séries télé américaines ou les romans-feuilletons du dix-neuvième siècle. Amitiés à tous.