vendredi 17 novembre 2017

Compte rendu des « As de l’illusion » du 16 novembre 2017 et présentation du « Festival de magie » au «Théâtre en bord d’ô» à Thorigny du 16 au 19 novembre.




La magie a élu résidence cette semaine à Thorigny.


Je suis allé voir un spectacle de magie hier soir et j’ai adoré ! Cela se passait au «Théâtre en bord d’ô» à Thorigny en Seine-et-Marne.

J’ai appris que pendant toute la semaine, Il va se dérouler dans ce théâtre un « Festival de magie ». Le spectacle que j’ai vu hier se nommait «  Les As de l’illusion » (et, je dois dire, il était à la fois formidablement drôle et formidablement magique : toute l’assistance, vu son enthousiasme, pensait manifestement comme moi !).

Le principe de départ des « As de l'illusion » vient d’une belle idée du magicien Stéphane Lydo, qui en est le présentateur : c’est de proposer au public un plateau de prestidigitateurs reconnus issus des cabarets parisiens mais surtout qui représentent un condensé idéal des différents types de magie et arts annexes actuels. (magie classique, mentalisme, humour, close-up, jonglerie, etc.)

Cependant, avant toute chose, honneur aux dames : n’oublions pas de remercier la formidable Stéphanie qui s’est occupée de la régie et Christelle Rizutto, la directrice du théâtre, la patronne (j’aime ce terme !) sans laquelle toutes ces merveilles n’auraient jamais existé.

La soirée a commencé avec du close-up effectué avec grand talent dans le public par le magicien mentaliste, Mat Rivers.

Puis le spectacle proprement dit  a débuté.

1) Stéphane Lydo a d’abord  joué magiquement  avec des flammes (attention, c’est dangereux), mais aussi a fait apparaître de multiples colombes et produit pour son public des effets impossibles. Attention, si vous voulez en voir et savoir plus, prenez vite votre place, accourez au spectacle de samedi qui sera le même.  


2) Fabrice Haudecoeur présente un extrait de son show « 125 Kg de délire». Il opère des prodiges avec son ventre qui apparaît et disparaît. Puis il choisit une jeune femme dans la salle pour un tour de téléphone portable complètement délirant et désopilant.


3) Patia magicieuse a à la fois un remarquable talent dans l’art de la prestidigitation mais aussi un sens de l’humour extrême. Elle présente au public le personnage d’une femme dépressive qui vient de se faire larguer par son mec, de perdre son boulot et qui veut devenir magicienne ! L’assistance la suit avec grand plaisir dans son délire à la fois contrôlé et provocateur. 

Greg Korchia est à la fois un grand jongleur et un grand magicien. Je ne vous dévoilerai pas son numéro mais je peux vous dire qu’il sait manier l’argent : faites attention s’il vous demande un billet de banque !

5) Le magicien humoriste Guyom Foulon nous propose un extrait de son spectacle « Retour vers ton Imagination », qui aura lieu ce vendredi soir à 21 h toujours au « Théâtre en bord d’ô », une parodie déjantée sur les super-héros. Il y a toujours beaucoup d'imagination, d’humour et de prise de risque dans ce que propose Guyom.

6) Un spectateur choisi au hasard dans le public est transformé en magicien par Stéphane Lydo. Un final incroyablement drôle et décalé.

En fin de spectacle, Stéphane Lydo a fait monter sur scène Emmanuel Eberlé, qui était venu amicalement et triomphe au théâtre actuellement avec sa pièce Le Bal des couillons.


Mais attention, voici la suite du programme du « Festival de magie ».

Vendredi 17 novembre à 21 h
« Retour vers ton imagination » de Guyom Foulon

Samedi 18 novembre à 21 h
« Les As de l’illusion » (même spectacle que jeudi 16 novembre)
Mais aussi deux spectacles pour les enfants Le trésor d’Akram le pirate par Fabrice Haudecoeur  (15 h 30) et Alice et le chevalier Foulon (17 h).

Dimanche 19 Novembre
Encore des activités magiques, cette fois principalement pour les enfants.


Vous trouverez le résumé et les détails du « Festival de magie » en cliquant sur ce lien ou sur celui-ci.


En conclusion, il  fait maintenant froid dehors, vous pouvez naturellement rester chez vous. Mais quel dommage de regarder sa télévision alors que la magie, le rire, de fantastiques talents vous attendent jusqu’à la fin de cette semaine.

Voilà. C’est tout pour aujourd’hui. Amitiés à tous !

lundi 13 novembre 2017

Ce que la Kabbale enseigne sur la Divinité.





Le livre de Jean-Malfatti.


Cet article est la suite de celui-ci .

La Kabbale fut très souvent mal vue par les milieux rabbiniques officiels. De ce point de vue, la Synagogue qui rejette les kabbalistes ressemble à l'Eglise qui exclut les cathares. (La Synagogue, avouons-le, elle, ne brûla pas ses hérétiques.) En tout cas, les kabbalistes dégageaient une odeur de soufre parce qu'ils voulaient percer le mystère de la divinité. L'enseignement exotérique se contente de croire, tandis que la recherche ésotérique pousse plus loin.

L'homme est fait à l'image de l'univers, dit la Kabbale, mais l'homme et l'univers sont faits à l'image de Dieu. Dieu « en-soi » reste, certes, inconnaissable, et les kabbalistes l'appellent alors l'En-Soph, mais il y a ses manifestations (les Sephirot) qui, elles, sont susceptibles d'être comprises.

A vrai dire, la manifestation principale des Sephirot, c'est le triangle. On retrouve cette loi dans les groupes:

—           Soleil, Lune, Terre,

—           Osiris, Isis, Horus,

—           Brahma, Vishnou, Siva,

—           Père, Fils, Saint-Esprit.

Ils se concrétisent sous la forme de trois Sephirot : Hokhmah (la sagesse), Binah (l’intelligence), Kether (la couronne). Ces trois premières Sephirot représentent l'Esprit de Dieu (Esprit incommensurable et très mystérieux). Quant au corps de Dieu, c'est l'univers, dit la Kabbale. Curieuse conception: Dieu a un corps ! Cela rejoint le matérialisme cosmique d'un Giordano Bruno, philosophe italien brûlé à la Renaissance. De ce fait, la Kabbale n'est ni tout à fait juive (le judaïsme n'admet pas que Dieu ait un corps) ni même tout à fait chrétienne (pour le christianisme, Dieu ne s'est revêtu que d'un corps humain et non de l'univers). On ne retrouve de telles spéculations que dans les hérésies chrétiennes, tel le catharisme.

Dieu est donc inconnaissable dans son essence, mais il est connaissable dans ses manifestations. Et ce point de vue rejoint la tradition primordiale et les traditions particulières de nombreux peuples. Il rejoint ainsi les conceptions hindoues qui, elles aussi, se fondent sur une base rappelant les Sephirot. Le Dr jean Malfati de Montereggio, un ésotériste du XIX ème siècle, dans son livre Etudes sur la Mathèse ou Anarchie et Hiérarchie de la Science avec une Application spéciale de la Médecine, remarquait que « le premier acte en soi de révélation de Brahma fut celui de la « Trimurti ». 

Or la Trimurti est le principe ternaire procédant à l'acte créateur de la divinité. Cette Trimurti qui représente la création, la conservation et la destruction, sous le nom de Brahma, Vishnou et Siva équivaut à l'évocation des trois Sephirot : Hokhmah, Binah, Kether." Bien plus, dit le D' Malfati : « Cette première Trimurti passe alors dans une révélation extérieure et dans celle des sept puissances précréatrices, ou dans celle du développement septuple personnalisé par Maïa : Oum, Haranguerbehah, Porsh, Parad Pradiapat, Prakrat, Pran. » Bref, nous avons une stricte équivalence entre les personnifications de l'hindouisme et les Séphirot de la Kabbale. Cela ne nous étonne pas, nous qui sommes maintenant familiarisés avec la notion de tradition primordiale.

Enseignement de la Kabbale sur l'homme.

Comme l'alchimie et toutes les disciplines occultes, mais avec une science très consommée, la Kabbale dit que l'homme contient en raccourci tout l'univers. De là son nom de « microcosme ». Remarquons en passant que lorsque l'ésotérisme dit que l'homme est comme l'univers, que le haut est comme le bas, il ne fait pas allusion à une égalité, mais à une analogie. L'homme et le monde ne sont pas semblables et encore moins égaux, mais analogues. D'après les sciences occultes, les objets qui se conforment à la même loi dans l'univers sont analogues aux organes humains. La nature montre des êtres de constitutions variées (minéraux, végétaux, etc.) qui se groupent pour former des planètes, lesquelles se groupent à leur tour pour former des systèmes solaires. Les planètes et leurs satellites donnent naissance à la vie de l'univers comme le jeu des organes donne naissance à la vie humaine. Les organes et les planètes ont donc beau être des grandeurs absolument incomparables, ils agissent en fonction de la même loi et sont analogues.
D'après la Kabbale, l'homme primordial est composé de trois éléments essentiels :

—           d'un élément inférieur, Nefesh (ou Nefesch);

—           d'un élément supérieur, l'étincelle divine Neshamah (ou Neschamah);

—           d'un élément médian, Ruah (ou Ruach).

L'homme primordial n'est pas encore matériel au sens où nous l'entendons. Il n'acquerra son corps de matière très grossière qu'après la chute.

L'élément supérieur de cet homme primordial s'appelle le Neshamah. Nefesh et Neshamah sont d'essences vraiment différentes, absolument opposées. C'est le Ruah qui les met en accord, qui leur permet de coexister pacifiquement.

Au commencement du monde, l'homme (l'Adam Kadmon) est émané de Dieu à l'état d'esprit pur. Bien plus, comme Dieu constitué en Hokhmah en Binah, il  est à la fois mâle et femelle. Il forme un seul être symbolisé par l'Androgyne. Adam et Eve ne sont pas encore des êtres distincts. La biologie montre que c'est la différenciation sexuelle qui a apporté la mort. Au début, la vie était éternelle, mais elle était incapable de plaisir et de reproduction. La Kabbale tient compte de la sexualité : le plus grand péché, disent les kabbalistes, est pour un homme de rester sans femme. La Kabbale a-t-elle développé, comme le yoga tantrique, des techniques érotiques de rétention du sperme et de transformation de l'instinct sexuel en présence de la lumière? Les textes ne sont pas tout à fait explicites à ce sujet. Mais il y aurait fort à parier que la tradition kabbalistique n'échappe pas à la règle de la prise en compte du phénomène sexuel.

Sous l'influence de la chute, l'être unique, originel, l'Adam Kadmon, se divise et se matérialise en homme et femme (Adam et Levé). La psychologie moderne rejoint ici l'enseignement traditionnel : l'homme n'est jamais entièrement homme, ni la femme entièrement femme. Ils contiennent chacun une part de sexe opposé : la sensibilité (féminine) pour l'homme (anima de Jung) mais aussi les mamelons qui ne lui servent à rien physiologiquement, l'activité virile (masculine) (animus de Jung) pour la femme. C'est le refus de la sensibilité, la peur de l'homosexualité, les préjugés, la virilité exacerbée, qui sont cause de nombreuses maladies psychiques, comme le montrent Sigmund Freud et la psychanalyse.


Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.

vendredi 10 novembre 2017

Aleister Crowley et la magie moderne (quatrième partie).




Adam Weishaupt.

Cet article est la suite de celui-ci.

Pour comprendre la perception actuelle parfois très négative de la magie d’Aleister Crowley, il faut remonter dans le passé.

Au cours des siècles, depuis l’Antiquité, tous les écrits sur la gnose (religion magique pour accéder directement jusqu’à Dieu par la connaissance) ont été détruits (à une ou deux exceptions près).

Au vingtième siècle, la résurgence massive de l'intérêt pour le côté caché des choses, pour l'aspect nouménal du monde phénoménal, est largement due à la dissolution graduelle de l’ancienne morale sociale. Elle a rendu possible le descellement de cellules dormantes de la conscience grâce à l'utilisation du sexe, des drogues, de l'alcool et d'autres méthodes d'exploration.

La genèse de ce changement survint dans la dernière moitié du siècle dernier, lorsque Helena Blavatsky ouvrit en grand les portes de l'ésotérisme oriental et le rendit disponible au monde occidental. La tendance de l'opinion scientifique changea aussi de cap et commença à confirmer les observations des mystiques et des scientifiques ésotéristes, anciens et modernes.

Ces fils furent rassemblés en un seul nœud en 1875, l'année où coïncidèrent deux événements d'une importance considérable : la fondation par Helena Blavatsky de la Société Théosophique et la naissance dans le Warwickshire, en Angleterre, d'Aleister Crowley.

Afin d'évaluer correctement ces circonstances, il est nécessaire de comprendre qu'un événement tout aussi significatif était imminent : l'apparition de l'Ordre Hermétique de la Golden Dawn, qui avait existé sous différentes formes et sous d'autres noms depuis un temps incalculable.

La Golden Dawn était l'École du Mystère Intérieur de l'Ordre qui se formula dans le monde extérieur en tant que Société Théosophique.

L'intention d’Helena Blavatsky lorsqu'elle créa sa Société fut, principalement, la destruction de la Chrétienté dans sa forme historique opposée à sa forme « éternelle ». Ce fait est soit éludé soit totalement ignoré par la plupart des auteurs qui écrivent sur la Société ou sa fondatrice, mais il est essentiel pour une compréhension du courant vital qui inspira la Golden Dawn et plus encore pour saisir la raison qui poussa Crowley à s'identifier à la formule antichrétienne de la Bête, 666.

Le véritable Ordre Occulte se manifesta en Occident en 1886 en tant que Golden Dawn. Avant cette manifestation spécifique, la Fraternité comptait parmi ses représentants inavoués des autorités telles que Sir Edward Bulwer-Lytton, Éliphas Lévi, Fred Hockley, Kenneth Mackenzie, Gerald Massey, Fabre d'Olivet entre autres. Bulwer-Lytton fit historiquement le lien avec les adeptes continentaux Gérard Encausse (Papus), Rudolph Steiner et Franz Hartmann — des noms prestigieux de l'ésotérisme occidental. Ces éléments continentaux constituèrent ce qui fut jadis appelé la Fraternité Hermétique de la Lumière.

Autour de 1875, peu de temps après la naissance de la Société Théosophique, la Fraternité hermétique de la Lumière — jusqu'alors relativement peu organisée — fut concentrée en dix degrés initiatiques sous la direction du Dr. Carl Kellner, un adepte australien qui révéla le véritable nom de la Fraternité comme étant l'Ordo Templi Orientis, L'Ordre du Temple Oriental, l'Orient signifiant le lieu du lever du soleil, la source de l'illumination.

Karl Kellner fut le premier O.H.O. (Chef Extérieur de l'Ordre — Outer Head of the Order) de l'O.T.O. nouvellement constitué. Car longtemps auparavant existait un Ordre du Temple — sous la direction de Jacques de Molay (1293-1313) — qui « prépara la Renaissance en fusionnant les Mystères de l'Orient et de l'Occident ».

Cet Ordre comprend également la Fraternité Hermétique appelée Illuminati, dirigé au XVIII ème siècle par le célèbre Adam Weishaupt. Bien que sa portée reste encore incalculable, elle est d'une importance incontestable quant à la présente renaissance magique.

Adam Weishaupt (1748-1830) fonda l'Ordre des Illuminati le 1er mai 1776. Il formula les principes fondamentaux de l'Ordre en des termes très similaires à ceux que Crowley utilisa plus tard dans le Liber Oz.

Le « Verbe Perdu » dans le système de Weishaupt est « Homme ». La régénération de ce Verbe exige que l'homme se retrouve lui-même, que la rédemption de l'humanité s'effectue par l'homme et à travers lui, que l'homme se gouverne lui-même et s'affranchisse des entraves des pouvoirs et des contrôles étrangers. En un mot, il doit devenir un roi à part entière en vertu de son héritage primordial.

Plus tard, l'idée d'« homme royal » deviendra fondamentale dans le système de Crowley. Elle est synonyme d'être Thélémite, c'est-à-dire quelqu'un qui a découvert sa Véritable Volonté (thélèma) et qui est capable de la faire. Ainsi, « Fais ce que tu voudras » sera toute la Loi.

Lorsque Crowley assuma le contrôle de l'O.T.O., il choisit comme devise « Deus est Homo » (« Dieu est Homme ») et il déclare dans le Liber Oz « Il n'est d'autre dieu que l'homme ». C'est à l'Homme que son Manifeste est adressé lorsqu'en 1924 dans la région Méditerranéenne il déclare que Thélèma est le Verbe de la Loi, conformément à ce qui lui a été révélé par Aïwass au Caire, vingt ans auparavant.


The Equinox, une série d'ouvrages volumineux que Crowley publia périodiquement et qu'il décrivait comme « l'encyclopédie de l'initiation », était également appelée « l'organe officiel de La Revue de l'Illuminisme Scientifique ». Parmi les noms de ceux qui, selon Crowley, représentèrent ce courant aux époques passées, apparaît le nom d'Adam Weishaupt.

Voilà. C'est tout pour le moment. Amitiés à tous !

jeudi 9 novembre 2017

Aleister Crowley et la magie moderne (troisième partie).



Le dieu égyptien Horus dont s'inspira Aleister Crowley.



Cet article est la suite de celui-ci

Selon moi, jamais personne n’avait parlé aussi bien d’Aleister Crowley et de son œuvre magique que Kenneth Grant dans son livre La renaissance magique, l'oeuvre inaugurale des Trilogies TyphoniennesJe m’inspirerai de certains des passages de cet ouvrage pour rédiger cet article.

En 1933, Aleister Crowley écrivit des séries d'articles pour un journal quotidien dans lequel il dénonçait la magie noire en des termes non équivoques :

« Pour pratiquer la magie noire vous devez violer tous les principes de la science, de la décence et de l'intelligence. Vous devez être obsédé par une idée folle de l'importance de l'objet mesquin de vos désirs misérables et égoïstes.

J'ai été accusé d'être un « magicien noir ». Aucun jugement à mon égard n'a été plus stupide. Je méprise la chose à tel point que je peux difficilement croire en l'existence de personnes si avilies et idiotes pour la pratiquer.

À Paris et même à Londres, il y a des personnes malavisées qui abusent de leurs précieux dons spirituels pour obtenir des avantages mesquins et temporaires grâce à ces pratiques.

La « Messe Noire » est une affaire totalement différente. Je ne pourrais pas la célébrer même si je le voulais, car je ne suis pas un prêtre consacré de l'Église Catholique. »

Cet  article par exemple répondait à ceux, nombreux, qui l'accusaient non seulement d'être un magicien noir mais aussi de célébrer des messes noires et des rites pervertis.

La calomnie injustifiée continue et le nom de Crowley — plus de soixante ans après sa mort — est toujours associé à de sinistres sorcelleries et diableries. Cette idée fausse n'est pas facile à rectifier, en partie à cause de l'ignorance massive au sujet de l'ésotérisme et en partie à cause de préjugés provenant d'un traitement erroné.

Pour un individu vivant il y a cinq mille ans — longtemps avant que la version biblique de la Genèse n'ait été écrite — le Culte de Satan, ou Shaitan tel qu'il était alors appelé, par Crowley n'aurait évoqué aucune impression de perversité ou de culpabilité.

Tant que nous n'appréhendons pas ce sujet avec un esprit d'enquête impartiale, nous échouerons à comprendre l'œuvre de Crowley et la nature réelle de la renaissance magique qu'il a contribué à faire advenir.

Les anciens concepts et symboles étaient déjà dans leur déclin avant que le christianisme ne porte un coup final à leur vitalité. La confusion des concepts ésotériques et la décadence des symboles ont rarement été aussi clairement exposées que dans l’Apocalypse de saint Jean, où seuls des fragments des anciens mystères sont présentés sans une pleine connaissance de leur signification intérieure. Soit le (ou les) scribe était un non-initié, soit il a volontairement dénaturé l'ancienne sagesse. Ou encore, plus probablement, son œuvre a été retravaillée par d'autres mains.

L’oblitération des anciens symboles dans les catacombes ne sont rien en comparaison de  la destruction systématique qui a été en vigueur pendant des siècles dans les sanctuaires du judaïsme et de la chrétienté dans lesquels des documents ont été massacrés, les textes mutilés et délibérément déformés pour ouvrir la voie au culte de cette suprême anomalie dans l'histoire des religions — un « Sauveur » historique qui mourut et ressuscita dans sa chair.

Hormis certains textes gnostiques paradoxalement préservés par les premiers pères chrétiens, les monuments et les textes funéraires de l'Ancienne Égypte demeurent pour témoigner de la vraie gnose de la lumière.

Avant que la renaissance magique actuelle puisse donc être comprise, nous devons savoir ce qu'est la magie et ce que l’on a exactement renouvelé.

Ce fut Aleister Crowley qui déclara le premier que le « monde est détruit par le feu » en 1904. Crowley était au Caire au moment de cet événement. C'est là qu'il reçut Le Livre de la Loi — la Nouvelle Gnose, le dernier Tantra — de la part d'une Intelligence invisible et inconnue dénommée Aiwaz,  un messager de ce dieu le plus ancien dont l'image est vénérée dans les déserts sous le nom de Shaitan et longtemps auparavant en tant que Seth, l'âme ou le double d'Horus.


Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous !

« Le Livre de la Loi » d’Aleister Crowley (deuxième partie).


Sans commentaire.


Cet article est la suite de celui-ci .

Beaucoup de lecteurs m’ont demandé, depuis que j’ai publié mon article sur « Vision de la Qabale par l’AA dAleister Crowley », de parler du Livre de la Loi d’Aleister Crowley.

Cela va être à nouveau le propos de cet article :

En 1907, lorsque Crowley était parvenu au sommet de son œuvre portant sur ses expériences mystiques, il écrivit le livre Konx Om Pax (une formule dérivée des mystères d’Eleusis). Il écrit dans sa troisième partie :

« Mais considérons l’homme parfait... Il vit (certes) dans Kether (Kether est le premier Sephiroth dans la Qabale, la couronne), mais son esprit et son corps, aussi parfaits soient-ils, fonctionnent, en quelque sorte, automatiquement, à leur propre niveau. En ce moment je suis relativement inconscient des battements de mon cœur ; et ce n’est pourtant pas une illusion ! Et pourtant cela reste toujours en relation avec d’autres types d’illusions. Ainsi, sans aucun doute, l’adepte est-il relativement inconscient des actes et pensées qu’il met en œuvre, des actes et des pensées qui semblent supposer une volition consciente. »

Ce qu’il faut en déduire ici, c’est que l’Adepte peut faire un grand nombre de choses sans y porter l’attention qu’elles méritent. Il dispose d’un ensemble de véhicules formés et entraînés qui continuent d’opérer, chacun à sa manière et chacun à son propre plan, sans nécessiter une attention consciente de sa part. En d’autres termes, Crowley en tant qu’homme a très bien pu être l’un de ces véhicules, fonctionnant plus ou moins bien, un véhicule d’Aïwass, son Saint Ange Gardien ou selon l’autre théorie de la réincarnation du prêtre égyptien Ankh-f-na-Khonsu. L’écriture du Livre de la Loi ne nécessitait qu’une attention éphémère de la part du scribe Aleister Crowley, pour que celui-ci puisse s’aligner avec ce que faisait Aïwass à un autre niveau, le niveau psycho-spirituel.

En parlant du Livre de la Loi, il y a deux choses qu’il ne faut pas oublier :

1. Après l’illumination vécue au Sri Lanka, Crowley a plus ou moins abandonné tout type de pratiques occultes.

À partir de son mariage avec Rose (en arabe Ouarda) ou plus précisément à partir du moment où il atteint Dhyana au Sri Lanka quelques années auparavant (Dhyana est une technique permettant d’atteindre le Samaddhi, l’illumination. Sans Dhyana, il est impossible d’atteindre des  états de conscience supérieurs), il s’est lassé de ses ambitions mystiques. « Tout ce à quoi il était parvenu, il y renonça. Ses intuitions de la Kabbale se trouvaient derrière lui, souriant à sa folle jeunesse ; la magie, eût-elle existé, ne menait nulle part. »

N’oublions pas que cette conclusion de sa part se rattache à la conception qu’il se faisait de la magie avant 1903. Cela n’a absolument rien à voir avec ce qu’il parvint à accomplir trois ans après, en 1906, après de nouvelles invocations ; et cela n’a pas de pertinence non plus par rapport au Samadhi auquel il parvint en 1909. « Le Yoga était devenu une psychologie. Pour résoudre ses problèmes de l’origine de l’univers, il recourait à la métaphysique ; il consacra son intellect au culte de la raison absolue. » Il lui fallut l’expérience de traverser la Chine à pied. C’est là qu’il fut terrassé par la prise de conscience du fait que la raison est en soi incapable de résoudre les grands problèmes de l’univers. Au-dessous de l’Abîme, dans le domaine des problèmes que l’on qualifie de pratiques, dans le domaine de la science, avec ses mondanités, pour ce qui est du commerce et de l’industrie, c’est un admirable instrument de précision – mais rien de plus.

Il se remit à lire Kant, Hume, Spencer, Huxley, Tyndall, Maudsley, Mansel, Fichte, Schelling, Hegel, et de nombreux autres auteurs ; car dans sa vie, n’était-il pas toujours un homme ? Il avait une femme ; il avait conscience de son devoir envers l’espèce, ainsi que de la dure tâche qui était la sienne depuis si longtemps. C’était un sportif et un voyageur, eh bien très bien, alors, il lui fallait le vivre. Et ainsi nous constatons qu’à partir de novembre 1901, il ne pratiqua aucune cérémonie jusque l’Équinoxe de Printemps de 1904. Nous le retrouvons en train d’escalader des montagnes, ou de patiner, de pêcher, de chasser, d’accomplir ses devoirs de mari, et nous constatons chez lui une antipathie à l’égard de toute forme de conceptions spirituelles et de pratique, ce qui témoigne d’une déception.

Voilà donc quel était son point de vue à l’époque.

2. Sa femme Rose ne s’intéressait pas le moins du monde à son parcours intellectuel et spirituel.

Bien que ces faits aient très certainement eu une vérité, il ne faut pas perdre de vue que ce qui fut vrai de nombreuses années par la suite pouvait très bien être déjà à l’œuvre en 1904. Crowley se sentait contraint de recourir à certains procédés pour développer et intensifier les facultés de clairvoyance présentes en chacune de ses compagnes. Ses méthodes n’étaient pas autre chose que le fait de recourir immodérément à l’usage de boissons alcoolisées et à une activité sexuelle continuelle, prolongée, poursuivie jusqu’à l’épuisement le plus total. Des années après, Rose était devenue dipsomane, ce qui fut, en apparence, la raison pour laquelle Crowley voulut divorcer. On peut bien se demander si ce n’était pas plutôt là le résultat de sa tutelle...


Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.

« Le Livre de la Loi » d’Aleister Crowley (première partie).





Sans commentaire.


Cet article est la suite de celui-ci.

Beaucoup de lecteurs m’ont demandé, depuis que j’ai publié mon article sur « Vision de la Qabale par l’AA d’Aleister Crowley », de parler du Livre de la Loi d’Aleister Crowley.

Cela va être le propos de cet article :

Alors qu’Aleister Crowley était au Caire, durant des heures, à partir du 8 avril 1904 et pendant successivement trois jours, une voix lui dicta ce qui s’appela le Livre de la Loi (il porte parfois le nom de Liber Al Vel Legis).

Ce document de trois courts chapitres est censé a donc été dicté (selon Aleister Crowley) par une intelligence non humaine du nom de Aïwass. Pendant de longues années, Crowley affirma catégoriquement qu’Aïwass était l’un des Chefs Secrets du Troisième Ordre de l’Étoile d’Argent (autre nom de l’ AA∴), une intelligence qui le dépassait complètement.

Après de nombreuses années, il finit par admettre qu’Aïwass était en fait son Saint Ange Gardien. « Je revendique être la seule autorité compétente à pouvoir trancher sur certains points qui font débat à propos du Livre de la Loi, voyant bien que son auteur, Aïwass, n’est nul autre que mon Saint Ange Gardien, avec qui je suis parvenu à la Connaissance par le fait que j’eus un accès exclusif avec Lui. Je Lui ai dûment reporté chacune de mes difficultés, et j’ai reçu sa réponse. »

Mais si, comme certains l’affirment, Aïwass était son Soi Supérieur, alors il faut en déduire que l’auteur en réalité en fut Aleister Crowley…

Il faut ouvrur ici une parenthèse concernant l’identification, habituelle en occultisme, du Soi supérieur avec le Saint Ange Gardien. Crowley considérait cette identification comme une hérésie et une abomination, et il exprime sans ambiguïté cette idée. Par exemple, dans Magick Without Tears, il écrit :

« Nous pouvons d’emblée convenir que le « Génie » de Socrate et le « Saint Ange Gardien » d’Abramelin le Mage sont identiques. Mais nous ne pouvons mettre dans la même catégorie le Soi supérieur, car l’Ange est réellement une Individualité, avec son propre Univers, exactement comme un homme. Contrairement à ce que me paraît être le Soi supérieur, il ne s’agit pas simplement d’une abstraction...

Ce que je crois, c’est que le Saint Ange Gardien est un être d’ordre angélique. Il est un peu plus qu’un être humain, probablement un être étant déjà passé par le stade de l’humanité et la relation d’intimité qu’il a avec la personne dont il est l’ange est une relation d’amitié, une relation communautaire, fraternelle, ou paternelle. »

Aleister Crowley est l’auteur du Livre de la Loi en même temps que l’auteur du Livre de Thoth et de Magik Without Tears, etc. Ces ouvrages mettaient en évidence un dialogue intérieur entre les différentes parties constitutives de Crowley. Il semble qu’en fait le Livre de la Loi n’échappe pas à cette règle.

L’attitude de Crowley envers ce dernier est, elle, cependant, entièrement différente. Il était déterminé à reconnaître que de façon sublimée, c’était bien lui l’auteur du Livre de Thoth et de Magik Without Tears mais s’il était l’auteur du Livre de la Loi, c’en était d’une toute autre façon. Ce dernier, à ses dires, lui avait été inspiré aussi objectivement et de façon aussi audible que si une secrétaire lui avait dicté des notes.


Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.

Les trois mondes et les dix Séphirot dans la Qabale.




Sans commentaire.


Cet article est la suite de celui-ci :

Les trois mondes

Une loi générale préside à la Kabbale; cette loi, c'est celle du triangle primordial dont rabbi Siméon bar Yochaï a parlé. Les chrétiens la traduisent en sainte Trinité, et les philosophes en thèse, antithèse et synthèse.

Chacun des éléments qui composent la trinité ou le triangle primordial relève de l'unité dont il possède en fait le pouvoir créateur; mais chacun de ces éléments relève également d'un caractère particulier qui dépend du sexe ou du plan d'action. Il y a trois plans d'action qui correspondent aux trois sexes ésotériques: le masculin, le féminin et l'androgyne. L'androgyne se réfère à un mystère sexologique dont le yoga tantrique ou yoga sexuel donne la clef. C'est en tout cas dans ces trois plans que peut s'exercer toute activité, quelle qu'elle soit. La Kabbale appelle ces trois plans: les trois mondes.

Une explication par rabbi Mordechaï Hagège, un kabbaliste réfugié à Kairouan en Tunisie, affirme que chaque lettre de l'alphabet sacré est une « créature intellectuelle ». Cette créature contient les trois mondes, comme le corps de l'homme est une création physique qui contient les trois mondes lui aussi, symbolisés par la tête, la poitrine et le ventre. Les francs-maçons ont retrouvé cette tradition, puisqu'ils demandent à l'apprenti de saisir les forces qui traversent son ventre, au compagnon celles de sa poitrine et au maître celles de sa tête.

Les trois mondes se divisent en monde supérieur, monde médian (ou intermédiaire) et monde inférieur. Dans l'homme, et c'est évident, le monde supérieur correspond à l'Esprit immortel, celui auquel accèdent les humains qui ont achevé leur périple après leur mort; sa base est le système nerveux conscient ou sympathique. Le plan médian correspond à la vie, ou à ce que les anciens appelaient l'âme, et il utilise le système nerveux parasympathique. Le plan inférieur correspond au corps, mais dans cette infériorité, il ne faut rien voir de péjoratif. Il ne s'agit que d'une fonction. Peut-on dire que l'ouvrier exécutant soit inférieur moralement à l'architecte qui conçoit ?

Chaque monde a cependant dans l'autre monde, le supérieur par rapport à lui et l'inférieur par rapport à lui, une représentation de lui-même. Quoique gouverné par la tête (le cerveau), le système nerveux central a des émanations aussi bien dans la poitrine que dans le ventre.

Les dix Séphirot

L'alphabet hébraïque se compose, répétons-le, de vingt-deux lettres (ou hiéroglyphes) dont chacune est une « créature intellectuelle » comme le dit rabbi Hagège. Ce sont:

trois lettres mères qui représentent le monde supérieur;

sept lettres doubles qui symbolisent le monde intermédiaire;

douze lettres simples qui emblématisent le monde inférieur.


En-Soph
(l'Absolu)
Kether
(la Couronne)
Binah    Hokhmah
(l'Intelligence) (la Sagesse)
Pechad Chesed
(la Crainte)        (la Miséricorde)
Tipheret
(la Beauté)
Hod       Nizah
(l'Honneur)       (la Victoire)
Iesod
(le Fondement)
Malchut
(le Royaume)


Des considérations très complexes conduisent, en combinant tout cela, à mettre au point la théorie des Séphirot ou émanations divines qui représentent le schéma de toute la création. Mystère central de la Kabbale, les dix Séphirot sont comme le programme de l'ordinateur céleste. Il explique comment tout se structure, et d'abord la structure de l'entité divine en train de créer le monde. L'homme terrestre ne peut profaner le mystère de l'Etre Suprême, celui-ci reste à jamais `caché. Lorsque l'Etre se fait Architecte, lorsqu'il crée le monde et sa créature, l'homme, ce dernier, par un effet de miroir, peut percevoir comment Dieu se manifeste. Cette intuition se fait sur la disposition et la signification des Séphirot.


Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.