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mercredi 8 novembre 2017

La Kabale, l’alphabet hébraïque et les dix noms divins (troisième partie).






Un chérubin.



Cet article est la suite de celui-ci.

Les kabbalistes donnent dix noms différents à Dieu qui ont chacun leurs significations. J’ai, dans les articles précédents, détaillé les trois premiers. Voici la suite de ces noms.

Le 4 ème nom est EL

Il signifie grâce, miséricorde, piété. Il influe sur l'ordre des dominations, celui que les Hébreux nommaient Hasmalin, et sur la sphère de Saturne. Il forme les effigies des corps (leur sceau secret). Il gouverne l'ange d'Abraham.

Le 5 ème nom est  ELOHIM

Il est la force, la gravité, la pureté, le jugement. Il est le tribunal de Dieu, il se trouve à la ceinture, au bras gauche et à l'épée de Dieu. Il est aussi la crainte, influe sur l'ordre des puissants (les Seraphim) et sur la sphère de Mars. Il envoie la guerre ou les révolutions par lesquelles les éléments changent de place. Il gouverne l'ange de Samson qui détruisit le temple des philistins et dont la force résidant dans ses cheveux fut, en définitive, vaincue par la douceur de Dalila.

Le 6 ème nom est ELOHAT

Il signifie la beauté, le plaisir et la gloire. Pour les chrétiens, c'est le bois de vie dont est faite la vraie croix. Il influe sur l'ordre du soleil, lui donne sa clarté et sa vie qui crée les métaux purs que trouve l'alchimiste en possession de la pierre philosophale. Il gouverne l'ange de Jacob, d'Isaac et de Tobie.

Le 7 ème nom est ADONAI SABAOTH

Il signifie l'éternité et la justice. Il influe sur l'ordre des principautés (les Elohim) et sur la sphère de Vénus. Il produit les végétaux. Il gouverne l'ange du roi David qui vint à bout de Goliath et de la force brute.

Le 8 ème  nom est  ELOHIM SABAOTH

C'est le dieu des armées, mais aussi celui de la piété et de la concorde. Son sens est double et contradictoire comme le dieu romain Janus qui est un dieu à double face. Il signifié louange et confusion. Il influe sur l'ordre des archanges (Bene Elohim) et sur Mercure. Il produit les animaux. Il gouverne l'ange de Salomon, le sage constructeur du temple.

Le 9 ème nom  est SADAI (le Tout-Puissant) ou ELHAI (le Dieu vivant).

Il signifie alliance, bon entendement, repos. Il influe sur l'ordre des anges (les chérubins) et sur la Lune qui préside à la vie terrestre de toute chose, hommes comme animaux. Il gouverne l'ange de Joseph qui descendit en Egypte pour préparer la rédemption.

Le 10 ème nom est ADONAI MELECH (le Seigneur et Roi)

Il signifie à la fois temple et porte. (Le temple est la porte du sacré.) Il influe sur l'ordre des âmes bienheureuses (Issim). Il est à l'origine du don de la prophétie. Il gouverne l'ange de Moïse, le berger du peuple d'Israël.

Je viens de donner rapidement les dix noms de Dieu. Il suffira au lecteur de ce blog, pour poursuivre son approche de la Kabbale, de les connaître. C'est à partir de ces dix noms que se développe la pensée kabbalistique.


Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.

jeudi 2 novembre 2017

Cabale et astrologie (première partie).




Un livre de référence sur le sujet.


ASTROLOGIE - ITSTAGNINOUTH (en hébreu). Il est donné dans cette langue à l''astrologie plusieurs noms : « Visionnaire dans les étoiles », « Sage des astres ».

Dans son ouvrage Meshiv dévarim nekohim (Le livre de la réponse adéquate), le kabbaliste de Gérone, Jacob ben Shéshéth a écrit au sujet de l'astrologie : « L'Écriture (Ps. 103 ; 21) appelle les constellations « Serviteurs de Dieu » et «  Exécuteurs de sa volonté » ; c'est pour t'enseigner que les événements qui arrivent au monde par les astres ne sont issus que de la Volonté du Saint, béni soit-il. Les Hakméi ha-kokavim (astrologues) avouent que Dieu neutralise la force des astres et l’expliquent par la comparaison suivante : Un Roi peut annuler la puissance d'une province, car il gouverne tout et la province n'est qu'un fragment. Cette loi est valable pour toute l'astrologie, le gouvernant annule le fragment, ainsi le Saint, béni soit-il, est le gouvernant et le Roi de l'univers, il peut donc neutraliser les puissances astrales. Les docteurs de la Loi disent : « Les enfants, la longévité et l'existence ne dépendent pas du mérite, mais de l'astre ». Il faut le comprendre ainsi : Tous les événements qui arrivent au Juste par la vertu des astres, celui-ci peut  les annuler par son mérite personnel, sans même accroître la prière, juste par l'intention de son cœur. Il ne faut ni prière ni supplication, mais la seule intention du cœur. 

En revanche, s'il s'agit d'une des trois choses énumérées plus haut, il est nécessaire de supplier et de multiplier les prières. Pour ces trois cas, la prière fut profitable à Rachel stérile (Gen. 30 : 22), Dieu l'exauça et la rendit féconde. Ezéchias (menacé de mourir prématurément) fut aussi exaucé par sa prière (2 Rois 20 : 5) : J'ai entendu ta prière et vu tes larmes. Élie et Élisée ressuscitaient les morts et obtenaient la nourriture par leurs prières. C'est pourquoi les Sages ont dit que ces choses ne dépendaient pas du mérite, mais de l'astre... Pourquoi les  astres sont appelés les exécuteurs de sa Volonté alors que les anges sont les exécuteurs de sa parole ? Ceci parce que la force ne passe dans les anges qu'au moment de l'exécution.

Le traité Arbéy Pessahim dit que le Saint, béni soit-il, fit un pacte avec le prince du feu par lequel cet ange devait sauver Hananyah, Mishaél et Azaryah de la fournaise. Mais au moment d'agir le prince de la grêle demanda de le faire, car selon le cours logique des choses c'est l'eau qui éteint le feu. Effectivement, si l'ange du feu avait été chargé de la mission dès le pacte, celui de la grêle n'aurait pu intervenir au moment de l'exécution... Les anges ne recevant leur mission qu'au moment de l’exécution, ceci fait d’eux des « exécuteurs de la parole », ainsi pour eux l’ordre reçu et l’exécution sont simultanés (c'est pourquoi on ne prie pas un ange, il lui faut un ordre de plus haut). Les astres font la Volonté, car tout ce qui découle de leur puissance est soumis à leur joug depuis les six jours du Beréshith (Genèse).

Les Rabbins enseignent à propos de : « parce que quelqu'un serait tombé » (Deut. 22 :8), que celui-ci était destiné à tomber depuis les six jours de la création. Le pouvoir est remis aux astres, jusqu'à ce que le temps arrive de passer à l'acte. C'est pourquoi les astres sont les « exécuteurs de sa Volonté »— car Dieu leur a donné leur fonction depuis la création  du monde et ils exécutent au moment où cela passe de la puissance à l'acte. Ce n'est pas d'eux que dépend l'exécution, car ils sont comme des esclaves servant leur maître. L'Écriture les nomme « exécuteurs de sa Volonté », car ils ont la fonction bitoul ha-koah (annihilation du potentiel) pour montrer que ce passage du potentiel à l'acte n'est pas un changement de la Volonté divine, car dès le Beréshith il a voulu qu'il en soit ainsi. L'étudiant comprendra peut-être difficilement comment tout fut remis aux astres durant les six jours de la création. Voici une explication brève, mais précise sur ce point. Celui qui connaît l'astrologie sait que la connaissance des astres dépend de divers paramètres comme les distances respectives des 7 planètes, l'ascendant, la façon dont les astres se regardent, leur occultation les uns par rapport aux autres, la position par rapport à la sphère des fixes et d'autres.

Mais ces paramètres changent en permanence, le point de degré qui monte est valable pour un seul instant (...) La pensée n'est pas apte à réaliser l'action et l'influence d'un moment donné sur les créatures, c'est pourquoi les astrologues ne peuvent formuler avec certitude (...) Lorsque le Saint, béni soit-il, fixa la sphère de rotation des mazaloth (constellations) et qu'il les rythma et lorsqu'il fixa l'orbite des planètes, il était déjà possible de calculer l'ascendant mille ou deux mille ans plus tard. De même qu'il serait possible de calculer la position des planètes, comme on sait calculer à quel moment ou quelle partie de l’heure naît la nouvelle lune. Ce qui naît à chaque moment est prévu par Dieu, c'est évident. Jérémie crie cette vérité : « C'est toi qui as fait les cieux et la terre par ta grande force, en déployant ta puissance, rien n'est caché pour toi » (Jér. 32 : 17) (...). Ce verset de Jérémie se comprend ainsi : C'est toi qui as fait les cieux dont la rotation n'a pas de fin et qui évoluent pour accomplir la mission que tu leur donnes, tu as fait la terre, tout ce qui est sous les autres sphères, (la terre) est prête à recevoir la puissance des sphères et des astres auxquels tu as donné la force" (Meshiv dévarim nekohim, chapitre IV, Livre de la réponse adéquate).


Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.

mercredi 1 novembre 2017

Isaac Luria, un cabaliste cité par Jorge Luis Borges.



Isaac Luria.


J’ai souligné dans l’ouvrage que j’ai consacré à l’écrivain argentin Jorge Luis Borges  (p. 83-84) que les allusions à la Qabale sont nombreuses au sein de son œuvre, dans le recueil Discussion « Une défense de la cabale », dans Sept nuits (« La Kabbale »), mais surtout dans la nouvelle « L’approche d’Almotasim » où il parle du cabaliste Isaac Louria (ou Luria) : « En toute humilité, je puis moi-même signaler un possible et lointain précurseur : le cabaliste de Jérusalem Isaac Luria.».

Je décrirai la vie de ce cabaliste en m’inspirant du Dictionnaire encyclopédique de la Kabbale de Virya (Georges Lahy).

Louria, Isaac Ben Shlomoh Askenazi (Ari)

Le plus grand maître de la seconde  génération de Kabbale, né à Jérusalem en 1534, mort à Safed en 1572. Respectueusement appelé Ari HaQadosh, (le saint Ari).

Il a étudié dans la yeshivah de David ibn Zimra (Radbaz), un grand érudit. Il demeura longtemps isolé dans une petite maison le long du Nil, où il médita. C'est là que le Prophète Élie lui apparut et lui enseigna les secrets de la Torah appelés Sod ou Kabbale.

C'est aussi le prophète Élie qui lui ordonna d'aller à Safed, où il rencontrerait Hayim Vital, à qui il devrait révéler ces enseignements secrets. Ainsi, en 1570, à l'âge de. 36 ans, seulement deux ans et demi avant sa mort, il alla s'installer à Safed, réputé comme centre de Kabbale à cette époque.

Il a enseigné les secrets du Zohar et des méditations kabbalistiques spéciales à ses disciples. Mais il n'a pas transmis toute sa connaissance directement à ses disciples. Il ne leur a d'abord laissé que des fragments d'initiation. Seul Hayim Vital reçut les explications complètes.

Ses disciples l’ont supplié de mettre ses enseignements par écrit, pour qu'ils puissent les étudier et pour que les générations futures soient aussi capables d'en profiter. Mais le Ari a estimé qu'il était préférable que Hayim Vital les note.

Le Ari était expert dans le langage des  arbres, la langue des oiseaux et le dialogue des anges. Il pouvait lire les visages de la façon décrite dans le Zohar (2:74b). Il pouvait discerner tout ce que n'importe quel individu avait fait et pouvait faire dans l'avenir. Il connaissait les mystères du Guilgoul (la réincarnation), qui était né précédemment et qui était ici pour la première fois. Il pouvait lire des choses merveilleuses dans la lumière d’une bougie ou dans une flamme.

Il est possible de trouver sa biographie en espagnol en images sur Internet.


Voilà. C’est tout pour aujourd’hui. Amitiés à tous.