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mardi 15 décembre 2020

Compte rendu du livre « La thérapie adaptative » de Michel Lamy (dix-huitième partie) (Etre en colère, c’est comme prendre un charbon ardent avec le projet de le jeter sur quelqu’un. C’est soi-même que l’on brûle).


 


La colère.

 

Cet article est inspiré du livre « La thérapie adaptative » de Michel Lamy. Il est la suite de celui-ci.


« Je ne veux pas exprimer ma colère contre mes parents. Je ne veux pas qu'ils s'en tirent à si bon compte. Ils m'ont fait trop de mal, ils doivent payer ». Comment ? Sophie, depuis des années, entretient sa souffrance, s'enferme dans la solitude, se maintient en dépression, dans l'espoir inconscient «qu'ils voient combien ils m'ont blessée.»

N'avez-vous jamais été tenté par cet esprit  de vengeance? Il est aussi fréquemment projeté sur un(e) ex. Faire suivre une séparation d'une belle dépression vous assure la compassion de votre entourage. Le méchant, c'est l'autre. Vous êtes la victime. Se maintenir en souffrance... Pour culpabiliser l'autre. Pas question de se réparer trop vite, vous devez conserver vos blessures pour alimenter votre colère !

Sans compter les dégâts sur votre organisme. On oublie trop souvent que la colère est un processus physiologique avant d'être «psychologique ». La colère est une émotion. Considérons l'étymologie du mot : E- = vers l'extérieur / Motion = mouvement. L'émotion est un mouvement vers l'extérieur. Il se déroule en trois phases, la charge (adrénaline, accélération cardiaque, afflux de sang dans le haut du corps... Je deviens rouge), la tension (pression sanguine, tensions musculaires, stases sanguines dans le cerveau...), puis la décharge (par la parole ou par des coups sur un coussin quand la colère est très forte). La colère sortie, l'organisme revient à un état de tranquillité intérieure. Mais si vous restez en tension ! Retenir une émotion en soi consomme énormément d'énergie. Toute colère non exprimée nous détruit de l'intérieur. Rester en pression, c'est usant ! Choisissez plutôt l'ex-pression.

Vous êtes tenté par la violence ? C'est une autre façon de ne pas montrer votre colère, de ne pas parler de vous, de ne pas vous réparer. La violence est destructrice, la saine colère construit. Dans la violence, je parle de l'autre. Dans la colère, je parle de moi. Nous devons certes rester en colère et mobilisés contre la misère, contre la violence, contre la pollution de la planète... La saine colère consiste à assumer notre part de responsabilité et non pas à projeter notre colère contre des personnes.

La colère est une émotion de réparation, mais conservée en soi, elle se comporte comme un poison.

 

Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.





Compte rendu du livre « La thérapie adaptative » de Michel Lamy (dix-septième partie) (18 idées pour vous aider à l’emporter sur les épreuves de la vie).

 


Vous n’avez rien à prouver à personne.


Cet article est inspiré du livre « La thérapie adaptative » de Michel Lamy. Il est la suite de celui-ci.


1. Les humains ne rejettent pas les humains, certains d’entre nous avancent simplement, et d’autres prennent du retard. Ceux qui sont en retard se sentent rejetés.

2. Si vous vous sentez bien dans votre peau, où est la nécessité pour les autres de ressentir la même chose pour vous ?

3. Si une personne n’a rien de bien à dire sur elle-même, mais qu’elle veut tout de même dire quelque chose, elle commencera à parler mal des autres.

4. Si vous voulez plonger dans quelque chose, plongez dans la science, ne plantez pas un couteau dans le dos d’un ami.

5. La dépression a été donnée aux gens afin qu’ils fassent une introspection et qu’ils réévaluent leur comportement.

6. Si vous voulez rencontrer votre pire ennemi, regardez dans le miroir. Lorsque vous serez prêt à l’affronter, vous n’aurez aucun problème à faire face à quelqu’un d’autre.

7. Réussissez et toutes les insultes disparaîtront comme par magie.

8. C’est vraiment agréable de parler avec un ami, mais c’est très utile de parler avec un ennemi.

9. Il n’y a qu’une seule raison valable pour mettre fin à une relation amoureuse ou commerciale, l’incapacité de maintenir une croissance personnelle et un développement continu dans la relation.

10. Ne poursuivez pas le bonheur, c’est lui qui vous trouvera. Je peux vous dire un endroit où vous pouvez toujours trouver le bonheur : en vous. Le chemin le plus court mène à votre développement personnel.

11. Le bonheur est un sous-produit d’une action bien organisée.

12. Si vous voulez prouver quelque chose à quelqu’un, cela signifie que vous vivez pour cette personne. Mais, si vous vivez pour vous-même, alors vous n’avez rien à prouver à personne.

13. Fantasmer est la voix de notre capacité. Par exemple si je fantasme de chanter dans un opéra, mais que je n’ai ni la voix, ni l’ouïe, je ne serai probablement jamais sur scène. Cependant, si je fantasme sur quelque chose qui est plus en phase avec mes capacités, je réaliserai mes rêves assez rapidement.

14. Il vaut mieux communiquer avec un bon livre qu’avec une personne vide.

15. Si vous voulez quelque chose, ne demandez pas la permission. Vous ne l’aurez pas !

16. La capacité d’aimer et de faire face à la solitude est un signe de maturité spirituelle. 

17. Une personne immature possède souvent des connaissances, mais elle ne sait pas comment s’en servir, alors qu’une personne mature a les connaissances et sait les appliquer. C’est pourquoi les gens immatures critiquent, tandis que ceux qui sont matures agissent.

18. Je ne connais pas le chemin du succès, mais je connais certainement le chemin le plus court vers l’échec : vouloir plaire à tout le monde.


Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.

dimanche 13 décembre 2020

Compte rendu du livre « La thérapie adaptative » de Michel Lamy (seizième partie) (Tout conflit extérieur reflète une difficulté qui s’exprime au-dedans de nous).

 



  La projection en psychologie.

 

Cet article est inspiré du livre « La thérapie adaptative » de Michel Lamy. Il est la suite de celui-ci.

De toutes les connaissances, celle que nous craignons le plus c'est celle de nous-mêmes. L'enfer, ce ne sont pas les autres. Tout conflit extérieur reflète une difficulté qui s’exprime au-dedans de nous. C'est un rendez-vous d'amour avec nous-mêmes qui nous est proposé, l'occasion d'ajuster un désordre intérieur. Les ressources de l'être se trouvent dans ce qu'il souhaite cacher de lui-même et non pas dans ce qu'il cherche à faire paraître. Refuser d'intégrer notre totalité pourrait bien nous faire basculer dans le totalitaire et exclure l'ombre, le refoulé qui nous laisse piétiner dans le marasme de nos opacités (voir à ce sujet le très beau livre de Debbie Ford « La part d’ombre du chercheur de lumière » dont j’ai rendu compte à plusieurs reprises dans ce blog .

Si vous ne voulez pas rentrer dans votre peau, vous en voudrez à la peau de l'autre. À l'extrême on pourrait aller jusqu'à « vouloir la peau de l'autre ». Tout ce que vous ne voulez pas voir de vous-même vous le projetez sur l'autre, toute l'énergie réprimée contre vous se trouve dans le visage qui vous fait face (J’ai étudié le concept de « projection » dans un article de ce blog ).  Ce n'est pas l'autre que vous n'aimez pas, c'est l'image qu'il vous renvoie de vous-même. En refusant l'invitation à « voir », vous augmentez votre angoisse et renforcez la négation de votre être profond.

Dans le Talmud, il est dit que nous avons deux yeux, un pour discerner, l'autre pour aimer. Si l'on acceptait d'ouvrir l'œil du discernement, alors peut être la lanterne magique de l'amour pourrait commencer d'opérer ses miracles. Si l'on tentait de voir chez l'autre un autre soi-même, alors seulement nous pourrions nous rencontrer vraiment. En hébreu le mot « réparer » au sens de « repriser » et le mot « frère » ont la même racine.

Autrement dit, à chaque fois que vous réparez une partie blessée de votre histoire, vous vous rapprochez de vos frères.  De même que chaque projectile lancé au visage de l'autre a un impact sur la planète entière, chaque acte de guérison a une incidence sur le reste du monde.

 

Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.



Compte rendu du livre « La thérapie adaptative » de Michel Lamy (quinzième partie) (Les passerelles pour dénouer les blocages psychologiques).

 


 

Le roman « Un pont de cendres » de l’écrivain américain Roger Zelazny.

 

Cet article est inspiré du livre « La thérapie adaptative » de Michel Lamy. Il est la suite de celui-ci

Qui ne s'est un jour senti accablé par la terrible sensation de tourner en rond, de recommencer encore et encore la même histoire. « Plus ça change, plus c'est la même chose» : comment donner tort à ce vieil adage qui n'en finit pas de se vérifier

Souviens-toi alors d'où tu viens ! Reviens sur tes pas.

Le retour sur soi met la conscience au travail. Impossible de nier qu'en observant le chemin parcouru, on repère mieux la manière de fonctionner qui en a conduit le dessin.

Mêmes causes, mêmes effets ! L'analyse sous toutes ses formes, de Freud aux thérapeutiques transgénérationnelles, est l'occasion de se réapproprier ses mouvements répétitifs, d'en prendre la responsabilité au lieu d'accuser le monde entier pour mieux éviter la culpabilité ou le changement.

Responsable et non coupable est la substance de la conscience, l'esprit de la thérapie comme de la techouva, mot hébreu qui signifie retour et repentir. Double sens qui souligne que l'acte de revenir sur ses pas tient lieu de repentir. Inutile de se fustiger de surcroît : c'est la bonne nouvelle. La mauvaise est que ce travail de conscience n'est que la moitié du remède, l'étape de clarification qui permet de donner du sens à ses façons de faire en vue de poser de nouvelles intentions. Mais ne sait-on pas assez que l'enfer est pavé de bonnes intentions ? L'enfer, c'est la répétition. Vous l'avez sûrement constaté comme moi. Il ne suffit pas de se souvenir d'où l'on vient pour se renouveler. Encore faut-il créer un nouveau commencement si l'on veut ne pas repartir dans la même direction.

Poser un acte, imprimer un nouveau mouvement au corps. Faire... Initier un changement de comportement dans le sens de son désir... pas seulement comprendre ! C'est alors que notre marche arrière nous permet de repartir de l'avant sur une nouvelle route.

D’une manière générale, l’idée essentielle est de créer des passerelles, tout d’abord vers le passé : il faut retrouver des situations où nous avons réussi : remise d’un prix, félicitation par quelqu’un de connu ou d’inconnu, découverte personnelle, etc. Si l’on creuse en soi véritablement, on s’apercevra rapidement que l’on peut retrouver beaucoup de souvenirs même très lointains dans son enfance. Cette attitude correspond au concept nouveau du psychiatre et hypnothérapeute américain, Milton Erickson, au sujet de l’inconscient, qui, selon lui, est un immense réservoir contenant toutes nos expériences, les mauvaises comme l’ a mis en évidence Freud, mais aussi les très valorisantes (voir dans ce blog l’ histoire motivante racontée par Erickson « J’avais tant appris »). Il paraît évident que, si nous avons réussi dans le passé, nous pouvons, selon la loi des probabilités, réussir aussi dans le présent. Dans le roman de l’écrivain américain  Roger Zelazny « Un pont de cendres », le héros, un jeune autiste, parvient même à créer des passerelles, des ponts, avec des vies antérieures dont le contact le rend génial (à vous de voir si vous croyez à ce concept !).

Des passerelles peuvent évidemment aussi être créées dans le présent. Si nous avons un domaine d’élection où nous réussissons à merveille, nous pouvons transporter les comportements que nous développons dans ce domaine dans une autre sphère où nous avons l’impression de ne pas réussir.

La dernière passerelle est évidemment celle de la réussite des autres. Il faut que vous essayez de transposer dans votre vie ce qui est réussi dans la vie de gens que vous connaissez ou que vous admirez (voir à ce sujet le livre de l’écrivain Napoleon Hill, « Réfléchissez et devenez riche », que je détaille dans ce blog, qui a passé plus de 20 ans seulement à observer et interviewer des gens ayant réussi selon ses critères).

  

Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.

mercredi 6 mai 2020

Compte rendu du livre « Rompre avec soi-même pour se créer à nouveau » de Joe Dispenza (deuxième partie).


 


Le livre en question.

 

 

La grandeur consiste à maintenir son rêve indépendant de l’environnement

Avant d’examiner les façons possibles de penser plus grand que l’environnement, et donc de rompre avec l’habitude d’être soi-même, je tiens à vous rappeler une chose.

Il est possible de penser plus grand que notre réalité présente. Les livres d’histoire regorgent de noms de femmes et d’hommes qui l’ont fait – Martin Luther King, William Wallace, Marie Curie, Gandhi, Thomas Edison ou Jeanne d’Arc. Chacun de ces individus entretenait dans son esprit le concept d’une réalité future qui existait potentiellement dans le champ quantique. Cette vision était vivante dans un monde intérieur de possibilités existant au-delà des sens et, avec le temps, chacun de ces individus a fait de ces idées une réalité.

Comme points communs, ils avaient tous un rêve, une vision ou un objectif plus grands qu’eux-mêmes. Ils croyaient tous à une destinée future qui était tellement réelle dans leur esprit qu’ils se sont mis à vivre comme si leur rêve se réalisait déjà. Ils ne pouvaient pas le voir ni l’entendre, ni le goûter, le sentir ou le palper, mais ils en étaient tellement possédés qu’ils agissaient avant le temps d’une façon correspondant à cette réalité potentielle avant qu’elle se soit produite. Autrement dit, ils se comportaient comme si leur vision était déjà devenue réalité.

Par exemple, le diktat impérialiste qui plaçait l’Inde sous la loi coloniale au début du dix-neuvième siècle démoralisait les Indiens. Malgré cela, Gandhi croyait à une réalité qui n’était pas encore présente dans la vie de son peuple. Il soutenait sans réserve les idées d’égalité, de liberté et de non-violence avec une conviction inextinguible.

Même si Gandhi désirait la liberté pour tous, la réalité tyrannique de la domination britannique, à cette époque, en était très éloignée. Les croyances classiques s’opposaient à ses espoirs et ses aspirations. Bien que l’expérience de la liberté ne fût pas une réalité lorsqu’il s’engagea à changer l’Inde, il ne laissa pas l’évidente adversité extérieure ébranler son idéal.

Pendant longtemps, le feedback qu’il recevait du monde extérieur ne lui indiquait nullement qu’il faisait avancer les choses. Pourtant, il n’a pas laissé souvent les conditions de son environnement déterminer son état d’être. Il croyait à un futur qu’il ne pouvait pas voir encore ni percevoir par ses sens, mais qui était tellement vivant dans son esprit qu’il ne pouvait pas vivre autrement. Il embrassait une nouvelle vie future tandis qu’il vivait physiquement sa vie présente. Il comprenait que sa manière de penser, d’agir et de ressentir modifierait les conditions de son environnement. Ses efforts ont fini par faire changer sa réalité.

Quand le comportement d’un individu correspond à ses intentions, quand ses actions correspondent à ses pensées, quand son esprit et son corps travaillent de concert, quand ses paroles et ses actes concordent, cet individu possède un pouvoir immense.

 

 Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.

 


mardi 5 mai 2020

Compte rendu du livre « Rompre avec soi-même pour se créer à nouveau » de Joe Dispenza (première partie).






Joe Dispenza.





Comment se forme l’habitude d’être soi-même

Cette habitude neuronale a pour effet que les deux réalités de l’esprit et du monde extérieur semblent presque inséparables. Par exemple, si vous ne pouvez plus cesser de penser à vos problèmes, votre esprit et votre vie fusionneront. Le monde objectif se colorera des perceptions de votre esprit subjectif et la réalité s’y conformera sans cesse. Vous serez perdu dans l’illusion du rêve.

On pourrait appeler cela une ornière et nous y tombons tous, mais le problème est encore plus profond : ce ne sont pas seulement nos actions qui deviennent répétitives, mais aussi nos attitudes et nos sentiments. Nous avons formé l’habitude d’être nous-mêmes en devenant, en un sens, les esclaves de notre environnement. Notre pensée est devenue tributaire des conditions de notre existence. Ainsi, en tant qu’observateurs quantiques, nous créons un état d’esprit qui réaffirme ces circonstances dans notre réalité. Nous ne faisons que réagir à notre monde extérieur connu et qui ne change pas.

De façon très réelle, nous sommes devenus un effet des circonstances extérieures à nous-mêmes. Nous nous sommes permis d’abandonner le contrôle de notre destinée. Contrairement au personnage incarné par Bill Murray dans le film Un jour sans fin, nous ne luttons même pas contre l’incessante monotonie de notre vie. Pire, nous ne sommes pas les victimes d’une force mystérieuse et invisible qui nous aurait placés dans cette boucle répétitive, mais plutôt les créateurs de cette boucle.

Heureusement, comme nous avons créé nous-mêmes cette boucle, nous pouvons y mettre fin.

Le modèle quantique de la réalité nous apprend que pour changer notre vie, nous devons fondamentalement changer notre manière de penser, d’agir et de ressentir. Nous devons modifier notre état d’être. Comme notre manière de penser, de ressentir et d’agir constitue essentiellement notre personnalité, c’est notre personnalité qui crée notre réalité personnelle. Dès lors, pour créer une nouvelle réalité personnelle, une nouvelle vie, nous devons créer une nouvelle personnalité. Nous devons devenir quelqu’un d’autre.

Changer, c’est penser et agir plus grand que nos circonstances présentes et notre environnement.

Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.

vendredi 17 avril 2020

Prestation du mentaliste Gibé au VM Live du 15 avril.





Un spectacle du mentaliste Gibé.


Selon moi, Gibé est un des mentalistes les plus intéressant actuellement car il possède à fond deux armes redoutables dans ce domaine : la psychologie (il est actuellement en doctorat de psychologie) et l’humour.

Son spectacle La Méthode Urbain qu’il a présenté du 21 au 23 avril 2014 à Valence me paraît être la démonstration même de ces deux qualités. En voici le teaser :

« Être riche et célèbre ? C'est de la technique. Marc-André Urbain, coach certifié, vous propose une formation accélérée pour devenir maître du monde.


En 5 leçons de mentalisme, vous saurez comment rejoindre le club des VIP. A vous Davos ! Le tout avec humour, bien sûr.


Théâtre, mentalisme, humour, magie ! Recette originale concoctée par les Décatalogués, compagnie basée à Bourg-les-Valence depuis 1995. »

Pour son VM Live , Gibé nous a effectué de redoutables démonstrations de ses capacités d’influence psychologique (notamment avec la routine qui s’appelait autrefois « Divination d’un objet parmi cinq »).

Pour ceux qui ne le savent pas, Gibé a 45 ans. Il est né en 1974. Ne le répétez pas, il s’appelle en réalité Jean-Baptiste Quenin-Blache et il est psychologue social. Ses grandes spécialités sont les biais cognitifs (voir mes articles dans le blog sur ce sujet) sur lesquels il tient des conférences et l’agnotologie,  la science de  comment et pourquoi « nous ne savons pas ce que nous ne savons pas », alors même qu'une connaissance fiable et attestée est disponible. Il s’en sert pour effectuer du mentalisme propless (sans appareils, totalement impromptu), parfois basé sur la PNL et l’hypnose ericksonienne.

Il nous a montré différents trucs de son métier, notamment comment il pratique le pré-show avec un masque Spfx (1500 euros le masque !), comment il imite l’accent italien (Mago mentalista) ou québécois (La méthode Urbain) pour entretenir plus d’ambiguïté et tromper les spectateurs, et nous  a parlé de son travail sur la maladie d’Alzheimer avec toute l’équipe du « Mystère d’Aloïs » autour de Stéphane Molitor, qui propose sur le sujet des conférences-spectacles avec l’aide de la magie.

Nous ne pouvons citer tous les spectacles de Gibé, y compris dans la rue qu'il affectionne particulièrement (Siméon Joly, Les éclectiques, etc.).

Bravo à lui !


Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.






samedi 11 avril 2020

Pause dans le blog avec un compte rendu de l’ouvrage «Méditer pour agir» du psychothérapeute Lawrence LeShan (quatrième partie).




Un autre ouvrage de Lawrence LeShan.



Dans le cadre de mon projet de publier un article chaque jour dans ce blog pour désennuyer les magiciens confinés, j’ai écrit sur un sujet totalement différent : la méditation (en plus abordée par un psychologue).

Lawrence LeShan est un des premiers psychologues à avoir pensé qu’il y avait des facteurs psychiques dans l’origine du cancer dans son livre « Vous pouvez lutter pour votre vie ». « Méditer pour agir » est le premier ouvrage que j’ai lu sur la méditation. Son titre m’avait fasciné : la méditation n’était pas quelque chose d’égoïste, de nombriliste. Elle pouvait aboutir à ce qui semble son contraire, l’action.

Voici un extrait du livre :

« Connaissance d'une autre face de la réalité

Un second résultat majeur, que rapportent les mystiques de tous lieux et de tous temps, et auquel tend l'entraînement de toutes les écoles mystiques, est la connaissance d'une face différente de la réalité. J'utilise ici le terme « connaissance » pour indiquer une compréhension émotionnelle aussi bien qu'intellectuelle du nouvel aspect des choses, et une participation à celui-ci.

Voici une prétention étrange et difficile à soutenir. Que veut dire le mystique lorsqu'il se réfère à une autre face de la réalité ? La réalité, n'est-ce pas ce qui est « dehors », et notre tâche n'est-elle pas de « la » comprendre ? Et, s'il est deux visions différentes, l'une ne doit-elle pas être « juste » et l'autre « fausse » ? Si le mystique déclare qu'il existe deux visions également valides, ne s'enferme-t-il pas dans une contradiction fondamentale ?

C'est là un véritable problème. D'un côté, nous savons que notre vision habituelle de la réalité est essentiellement correcte. Non seulement nous la « sentons » juste, mais nous opérons en toute efficacité à l'intérieur de cette vision, et, de la sorte, il est évident que nos jugements sur la nature de la réalité (sur lesquels nous fondons nos actions) doivent être justes.

Mais, d'un autre côté, un bon nombre de gens sérieux — parmi lesquels beaucoup des êtres que l’humanité admire profondément — ont déclaré qu'ils fondaient leur action sur une vision tout à fait différente de la façon dont marche le monde. Eux aussi disent qu'ils « savent » que cette autre vision est valide. Et, pour tout arranger, il semble qu'eux aussi atteignent leurs objectifs, et qu'ils opèrent efficacement dans le monde, sur lequel il leur arrive souvent d'exercer une forte influence. Ils déclarent, également, que leur vie est emplie de sérénité et de joie, et les observateurs extérieurs rapportent que leur comportement semble confirmer ces propos.

Le mystique ne prétend pas qu'une façon de connaître la réalité, d'être chez soi dans l'univers, est supérieure à l'autre. Il dit plutôt que pour pleinement réaliser son humanité une personne a besoin des deux  visions. Le mystique latin Plotin dit que l'homme est semblable à une créature amphibie, qui a besoin à la fois de la vie terrestre et de la vie aquatique pour réaliser pleinement son « amphibianité ». De même, le développement intégral de l'humanité exige que la personne ait deux façons d'être chez elle dans le monde — qu'on parle de « différents états de conscience » ou de « l'emploi de systèmes métaphysiques différents ». De façon curieusement similaire, le mystique indien Ramakrishna comparait l'homme à une grenouille, qui, dans son premier âge, vit, comme un têtard, dans un seul milieu. « Plus tard, cependant, écrit-il, lorsque tombe la queue de l'ignorance », il a besoin, dans son âge adulte, à la fois de la terre et des eaux pour réaliser pleinement ses potentialités.

Cette seconde façon de percevoir la réalité constitue l'un des objectifs de la méditation. Et, il est sûr que ceux qui l'ont atteinte, et qui ont travaillé à fondre les deux visions, de telle sorte que l'une soit la musique de fond de l'autre, et vice versa, peuvent déclarer que leur vie est beaucoup plus pleine et plus riche qu'auparavant, et que celle menée par la grande majorité de leurs contemporains. A coup sûr, aussi, c'est un plaisir de cohabiter sur la planète avec de tels gens.

Tels sont donc les buts de la méditation. Il s'agit bien, en quelque sorte, de « rentrer chez soi ».


Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous !


jeudi 9 avril 2020

Pause dans le blog avec un compte rendu de l’ouvrage «Méditer pour agir» du psychothérapeute Lawrence LeShan (troisième partie).








Un autre ouvrage de Lawrence LeShan.



Dans le cadre de mon projet de publier un article chaque jour dans ce blog pour désennuyer les magiciens confinés, j’ai écrit sur un sujet totalement différent : la méditation (en plus abordée par un psychologue).

Lawrence LeShan est un des premiers psychologues à avoir pensé qu’il y avait des facteurs psychiques dans l’origine du cancer dans son livre « Vous pouvez lutter pour votre vie ». « Méditer pour agir » est le premier ouvrage que j’ai lu sur la méditation. Son titre m’avait fasciné : la méditation n’était pas quelque chose d’égoïste, de nombriliste. Elle pouvait aboutir à ce qui semble son contraire, l’action.

Voici des extraits du début du livre :

« Une efficience accrue dans la vie quotidienne

Les idées reçues ne sont nulle part aussi fausses que dans le domaine du mysticisme. On considère souvent le mystique comme un être rêveur coupé de ce monde-ci. C'est là une notion bien étrange, un peu comme si l'on trouvait qu'un athlète bien exercé dans un gymnase manquait de coordination psychomotrice. Dans toute forme de méditation, une bonne part du travail consiste à apprendre à faire une chose à la fois. Si l'on pense à quelque chose, y penser, sans être distrait par autre chose ; si l'on danse, simplement danser, sans y penser. Il est hors de doute que ce genre d'exercice élève le degré d'efficience de nos actions plutôt qu'il ne le diminue.

Accorder et entraîner l'esprit comme un athlète accorde et entraîne son corps est l'un des principaux objectifs de toutes les formes de méditation. C'est l'une des raisons fondamentales pour lesquelles cette discipline est un facteur d'efficience dans la vie quotidienne.

Il y a encore d'autres raisons. L'une d'elles repose sur une théorie de la réorganisation thérapeutique de la structure personnelle. « Si nous regardons profondément des modes de vie comme le bouddhisme ou le taoïsme, le vedanta ou le yoga, écrit Alan Watts, nous ne trouvons ni la philosophie ni la religion telles qu'on les entend en Occident. Nous trouvons quelque chose qui ressemble beaucoup plus à une psychothérapie. » A cet égard, le mysticisme et la psychothérapie occidentale atteignent le même but en suivant différents chemins. Si, atteint d'une sévère attaque d'anxiété, je vais chercher secours chez un psychothérapeute, celui-ci tentera d'abord de m'aider en explorant le contenu du problème : ce dont il s'agit, et le sens symbolique que cela prend à différents niveaux de la personnalité. Il travaillera sur la base de la théorie selon laquelle, dès lors que le contenu est réorganisé, et les éléments troublants portés à la conscience, ma structure personnelle se réorganisera de même, de façon plus saine et positive.

Mais, si la même crise anxieuse m'envoie consulter un spécialiste de la méditation, celui-ci tentera au premier chef de m'aider à renforcer et réorganiser la structure de mon organisation personnelle et sa capacité de fonctionner. Il me prescrira divers exercices à pratiquer en vue de renforcer la structure d'ensemble de cette organisation. Il travaillera sur la base de la théorie selon laquelle, dès lors que ces exercices rendent la structure plus forte et plus cohérente, le contenu gisant à un niveau non mental (c'est-à-dire le matériau réprimé, qui cause les symptômes) se déplace vers des niveaux adaptés et sera correctement réorganisé.

Les deux théories sont valables, et les deux approches « marchent ». Toutes deux sont sous-jacentes, aussi, à la pratique artistique, et il y a une bonne dose de non-sens à l'œuvre dans les pratiques mystique et thérapeutique. Peut-être pouvons-nous, en dernier recours, souhaiter une synthèse de ces deux disciplines, combinant les meilleurs traits de chacune, et écartant le raisonnement matérialiste et la superstition qu'on peut encore y trouver de nos jours. Une telle synthèse conduirait certainement à une méthode beaucoup plus efficace, mais, malheureusement, il y a aujourd'hui fort peu de recherches dans cette direction. Quelques psychologues et psychiatres, comme Arthur Deikman, ont mené leurs expériences en ce sens et accompli un excellent travail. On en est au stade du tout début. »

Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous !


mercredi 8 avril 2020

Pause dans le blog avec un compte rendu de l’ouvrage «Méditer pour agir» du psychothérapeute Lawrence LeShan (deuxième partie).








Lawrence LeShan.



Dans le cadre de mon projet de publier un article chaque jour dans ce blog pour désennuyer les magiciens confinés, j’ai écrit sur un sujet totalement différent : la méditation (en plus abordée par un psychologue).
Lawrence LeShan est un des premiers psychologues à avoir pensé qu’il y avait des facteurs psychiques dans l’origine du cancer dans son livre « Vous pouvez lutter pour votre vie ». « Méditer pour agir » est le premier ouvrage que j’ai lu sur la méditation. Son titre m’avait fasciné : la méditation n’était pas quelque chose d’égoïste, de nombriliste. Elle pouvait aboutir à ce qui semble son contraire, l’action.
Voici des extraits du début du livre :
« Les techniques de méditation ont été originellement développées par des individus qualifiés, en règle générale, de « mystiques », et au sein d'écoles spécifiques d'entraînement mystique, ou de traditions, dans lesquelles se rassemblent les personnes qui souhaitent étudier et pratiquer ensemble ces techniques. On a longtemps gravement mal compris le terme « mystique » dans la culture occidentale. On y associait la notion d'une personne qui a des croyances incompréhensibles au reste des hommes, qui se retire du monde et se mêle peu des activités ordinaires, qui parle ou écrit en termes vides de sens. S'il est impossible de prouver qu'un tel individu est fou, celui-ci s'écarte tellement du sens commun qu'il n'est pas non plus possible de le considérer comme sain d'esprit. (Il est hors de doute que ce point de vue a commencé à se modifier dans notre pays durant les toutes dernières années, mais il y a longtemps prévalu tel que nous venons de l'exposer. Les développements récents de la culture occidentale affectent ce stéréotype.)
Il est bien sûr que nombre de personnes qui se qualifient elles-mêmes de mystiques s'accordent avec notre portrait. Toutefois, si nous examinons attentivement la plus grande masse de ceux qui se considèrent, ou sont considérés, comme mystiques, le tableau change curieusement. Nous voyons que les deux caractéristiques majeures des membres de ce groupe sont le haut niveau d'efficience de leurs actes (on a remarqué que les mystiques occidentaux étaient particulièrement doués pour les affaires), et la sérénité, l'harmonie dans les rapports humains, la paix et la joie qui emplissent leur vie. Bien plus, quelles que soient l'époque et la culture au sein desquelles ils vivent, ils apparaissent tout à fait d'accord sur les questions primordiales : nature de l'homme et de l'univers, normes éthiques, etc. Tous les mystiques, dit L.C. de Saint-Martin, « viennent du même pays et parlent le même langage ». Et voici ce qu'écrit à ce sujet le philosophe anglais C.D. Broad :
« L'occurrence de l'expérience mystique en tous lieux et temps, et les ressemblances entre les déclarations d'un si grand nombre de mystiques sur toute la surface de la planète, me semble des faits réellement significatifs. Cela suggère, de prime abord, que ces personnes entrent en contact avec un certain aspect de la réalité, et échouent, dans une large mesure, à en rendre compte en langage quotidien. Je dirais qu'il nous faut accepter cette apparente objectivité pour ce qu'elle est, à moins que, ou jusqu'à ce que nous puissions donner quelque explication raisonnablement satisfaisante à l'unanimité constatée. »
Evelyn Underhill, qui est à la fois une véritable mystique et une spécialiste de la littérature du mysticisme, écrit quant à elle :
« Les rameaux les plus hautement développés de la famille humaine ont en commun une caractéristique spécifique. Ils tendent à produire — sporadiquement, il est vrai, et en dépit des conditions extérieures défavorables — un type de personnalité curieux et bien défini ; un type qui refuse d'être satisfait par ce que les autres hommes nomment expérience, et qui est enclin, pour employer les termes de ses adversaires, à  « nier le monde en vue de trouver la réalité ». Nous avons besoin de tels êtres, en Orient et en Occident, et aujourd'hui autant que jadis. Quels que soient le lieu et l'époque dans lesquels surgissent les mystiques, leurs buts, leurs doctrines et leurs méthodes ne diffèrent pas substantiellement. Leurs expériences, dès lors, deviennent évidences, curieusement pourvues d'une cohérence et d'une logique propres, et, souvent, s'éclairent l'une l'autre. Il nous faut prendre en compte cette expérience si nous voulons jauger les énergies et les potentialités de l'esprit humain, ou spéculer raisonnablement sur les relations qu'il entretient avec l'univers inconnu qui s'étend au-delà des limites de nos sens. »
D'un point de vue historique et psychologique, le mysticisme est la recherche et l'expérience de la relation unissant l'individu à la totalité qui forme l'univers. Cette connaissance est comme la musique de fond de l'expérience quotidienne du mystique, ou bien il travaille de façon constante en vue de l'atteindre.
L'atteinte de cette connaissance rend capable de transcender les aspects pénibles et négatifs de la vie quotidienne, et de vivre dans la sérénité, la paix intérieure, la joie et la capacité d'amour qui sont tellement caractéristiques de l'existence mystique. Dans ce qu'il a de meilleur, le mysticisme emplit aussi la vie de saveur, d'ardeur et de ferveur, sans compter l'accroissement de l'efficience dans les affaires quotidiennes.
Pour le mystique, cette recherche de la connaissance de sa relation avec l'univers (et, en un sens profond, de l'union de soi et du Tout) est la recherche d'une connaissance perdue et d'un état qui est l'état naturel de l'homme. La racine du mot « mystique » signifie fermer. La recherche mystique consiste à s'entraîner à se fermer à tous les stimuli artificiels qui nous écartent ordinairement de la connaissance, de l'héritage perdu.
Les mystiques sont des individus longuement et durement exercés à la méditation, leur travail a changé leur perception de la réalité et leur capacité d'y participer. Une bonne part des conceptions spécifiques de la réalité forgées dans chaque mystique est colorée par la culture qui l'a porté, mais la façade des différences formelles cache de vastes et profondes zones d'identité.
Les mystiques de la planète entière, et toutes les écoles d'entraînement mystique (comme le Yoga, le Zen, l'Hésychasme, le Soufisme, le mysticisme hindou, juif ou chrétien, etc.), ont en commun de viser deux résultats principaux : une efficience accrue dans la vie quotidienne, et une vision de la réalité différente de la vision ordinaire. »

Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous !


Pause dans le blog avec un compte rendu de l’ouvrage «Méditer pour agir» du psychothérapeute Lawrence LeShan.





Le livre en question.



Dans le cadre de mon projet de publier un article chaque jour dans ce blog pour désennuyer les magiciens confinés, j’ai écrit sur un sujet totalement différent : la méditation (en plus abordée par un psychologue).

Lawrence LeShan est un des premiers psychologues à avoir pensé qu’il y avait des facteurs psychiques dans l’origine du cancer dans son livre « Vous pouvez lutter pour votre vie ». « Méditer pour agir » est le premier ouvrage que j’ai lu sur la méditation. Son titre m’avait fasciné : la méditation n’était pas quelque chose d’égoïste, de nombriliste. Elle pouvait aboutir à ce qui semble son contraire, l’action.

Voici des extraits du début du livre :

« Il y a quelques années, je m’étais rendu à une petite conférence de scientifiques qui, tous, pratiquaient quotidiennement la méditation. Vers la fin de la session de quatre jours, au cours de laquelle chacun d'entre eux avait expliqué plus ou moins longuement comment il méditait, j'entrepris de leur poser la question : pourquoi méditez-vous ? Diverses réponses furent données par différents membres du groupe, mais elles ne nous satisfirent pas, car elles ne répondaient pas réellement à la question.

Finalement quelqu'un dit : « C'est comme de rentrer chez soi. » Un silence s'ensuivit, et chacun hocha la tête en signe d'assentiment. De toute évidence, il n'y avait pas à pousser plus loin l'enquête.

Cette réponse à la question « Pourquoi méditons-nous ? » traverse toute la littérature consacrée à la méditation par ceux qui la pratiquent. Nous méditons pour trouver, recouvrer, revenir à quelque chose de nous-même que nous avons un jour détenu obscurément, inconsciemment, et que nous avons perdu sans savoir ce que c'était, ni où et quand s'effectua la perte. Nous pouvons parler d'accéder plus amplement à nos potentialités humaines, de nous rapprocher de nous-même et de la réalité, ou d'accroître notre capacité d'amour et d'enthousiasme. Il peut s'agir de connaître plus intimement le fait que nous sommes partie intégrante de l'univers, et que rien ne peut nous en aliéner ou nous en séparer, ou d'être mieux en mesure de voir la réalité et d'y fonctionner effectivement. Par l'entremise de la méditation, nous découvrons que tous ces objectifs sont porteurs du même sens. Le psychologue Max Westheimer se réfère à cet état perdu, que nous cherchons à retrouver lorsqu'il définit l'adulte comme « un enfant détérioré ».

Le but de la méditation n'est autre que notre pleine  « humanité », l'entière jouissance de ce qu'être humain signifie. La méditation est une discipline rigoureuse et difficile qui nous aide à nous diriger vers ce but. Ce n'est l'invention d'aucun homme particulier ni d'aucune école spécifique. De façon répétée, en beaucoup de lieux et d'époques différentes, des hommes, qui ont exploré sérieusement la condition humaine, sont parvenus à la conclusion que le potentiel d'être, de vie, de participation et d'expression dont disposent les êtres humains excède la faculté qu'ils ont d'en user. Ces chercheurs ont développé des méthodes d'entraînement pour aider autrui à réaliser ce potentiel, et toutes ces méthodes (les pratiques de méditation) ont beaucoup en commun. Elles se fondent toutes sur les mêmes intuitions, et posent les mêmes principes, qu'elles se soient développées dans l'Inde ancienne, les déserts de Syrie et de Jordanie entre le cinquième et le douzième siècle de nomme ère, le Japon de l'époque de Kamakura, les monastères de l'Europe médiévale, la Pologne et la Russie des XVIII ème et XIXe siècles, ou en d'autres lieux et temps.

Toutes ces pratiques demandent du travail. Il n'est point de route facile ni de voie royale vers le but que nous recherchons. Bien plus, il n'est point de terme à la quête ; il n'est point de position d'où l'on puisse s'écrier : « Maintenant je suis arrivé, je puis cesser de travailler. » Comme nous travaillons, nous nous trouvons davantage chez nous dans l'univers, plus à l'aise avec nous-même, mieux en mesure de nous appliquer effectivement à nos tâches, plus proches de nos congénères, moins inquiets et moins agressifs. Mais nous ne touchons aucun but. Comme à toute chose importante — l'amour, l'appréciation de la beauté, l'efficacité —, il n'est point de limite au potentiel du développement humain. Notre travail — dans la méditation — fait partie d'un processus ; nous cherchons à atteindre un but, le sachant à jamais inaccessible.

Un bon programme de méditation ressemble sur beaucoup de points à un bon programme de culture physique. Tous deux requièrent un travail rigoureux et répété. Le travail est souvent fondamentalement assez stupide dans son aspect formel. Qu'y a-t-il de plus frivole que soulever sans fin une paire d'haltères, sinon compter inlassablement ses respirations jusqu'au nombre de quatre, ce qui est un exercice de méditation ? Dans les deux cas, l'effet produit sur le sujet au travail importe davantage que le soulèvement du poids ou le dénombrement des souffles. Le sujet qui utilise ces programmes sait pertinemment qu'il n'existe pas un seul « bon » programme, valable pour tous. Il serait absurde de prescrire le même programme physique à deux individus différant notablement par la charpente, la condition physique générale, et la relation qu'entretient le développement de l'appareil respiratoire et circulatoire avec celui de l'appareil musculaire. Il est tout autant dénué de sens de prescrire le même programme de méditation à deux individus différant notablement par le développement des systèmes sensoriel, émotionnel et psychique, et leur interrelation. L'une des raisons pour lesquelles les écoles formelles de pratique de la méditation ont un tel pourcentage d'échecs parmi leurs étudiants — ceux qui tirent peu de chose des pratiques et qui ne tardent pas à abandonner complètement la méditation — est que la plupart d'entre elles ont tendance à croire qu'il n'existe qu'une seule façon juste de méditer pour  quiconque, et que, par une curieuse coïncidence, elles en sont détentrices.

Les programmes d'exercice physique et de méditation  ont tous deux pour premier objectif de  brancher et d’entraîner le sujet de telle sorte qu’il soit à même de se mettre en mouvement vers ses buts. »

Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous !



vendredi 15 novembre 2019

Les quatre accords toltèques. Premier accord : Que votre parole soit impeccable (quatrième partie). La notion d’impeccabilité.




  
Résumé des quatre accords toltèques.



Ce livre est le meilleur ouvrage de spiritualité que j’ai lu depuis 10 ans.

Le premier accord toltèque est le plus important et aussi le plus difficile à honorer. Il est si important qu'à lui seul il vous permettra de transcender votre vie actuelle pour parvenir à ce que j’appelle le paradis sur terre.

Le premier accord est : que votre parole soit impeccable.

Cet article est la suite de celui-ci.

La notion d’impeccabilité

Voyons maintenant ce que l'on entend par impeccabilité. Le mot impeccable vient du latin pecatus, qui signifie péché et du radical im- qui signifie sans ; impeccable signifie donc sans péché. Les religions parlent de péchés et de pécheurs, mais voyons de plus près ce que signifie vraiment pécher.

Un péché est quelque chose que vous commettez contre vous-même. Toute chose que vous sentez, croyez ou faites à l'encontre de vous-même est un péché. Vous agissez contre vous-même lorsque vous vous jugez ou critiquez pour n'importe quoi. Être sans péché, c'est donc faire exactement l'inverse. Être impeccable, c'est ne rien faire contre soi-même. Lorsque vous êtes impeccable, vous assumez la responsabilité de vos actions, mais vous ne vous jugez pas, vous ne vous critiquez pas.

Vu sous cet angle, tout le concept du péché est transformé : ce n'est plus quelque chose de moral ou de religieux, c'est une affaire de bon sens. Le péché commence avec le rejet de soi. Se rejeter soi-même est le plus grand péché que vous puissiez commettre. En termes religieux, le rejet de soi est un péché mortel, puisqu'il conduit à la mort. Être impeccable, en revanche, mène à la vie.

Pour que notre parole soit impeccable, il ne faut donc pas l'utiliser contre soi. Si je vous aperçois dans la rue et que je vous traite d'imbécile, il semble que je me serve de la parole contre vous. Mais en réalité je l'utilise contre moi, car vous allez me détester et votre haine ne me fera aucun bien. Donc, si je me mets en colère et que je vous envoie mon poison émotionnel par la parole, je l'utilise contre moi-même.

Si je m'aime, j'exprimerai cet amour dans mes interactions avec vous et ma parole sera impeccable, car cette manière d'agir produira une réaction similaire. Si je vous aime, vous m'aimerez. Si je vous insulte, vous m'insulterez. Si j'ai de la gratitude envers vous, vous en aurez envers moi. Si je suis égoïste avec vous, vous le serez avec moi. Si j'utilise ma parole pour vous jeter un sort, vous m'en jetterez aussi un.

Avoir une parole impeccable, c'est faire bon usage de votre énergie ; cela signifie que vous l'utilisez dans le sens de la vérité et de l'amour de vous-même. Si vous concluez cet accord avec vous-même, que votre parole soit impeccable, cette seule intention manifestera la vérité en vous et nettoiera tout le poison émotionnel qui subsiste en vous. Mais il est difficile de conclure cet accord parce que nous avons appris exactement l'inverse. Nous avons appris le mensonge comme mode de communication avec les autres et surtout avec nous-mêmes. Notre parole n'est pas impeccable.

Le mauvais usage de la puissance de la parole crée l'enfer. On l'utilise pour médire, pour critiquer, pour culpabiliser, pour détruire. Bien sûr, on s'en sert aussi de la bonne manière, mais pas très souvent. On l'utilise surtout pour répandre du poison personnel, pour exprimer la colère, la jalousie, l'envie et la haine. La parole est pure magie — c'est le plus puissant cadeau donné aux humains — et on l'utilise contre soi-même. On planifie sa revanche. On crée le chaos par la parole. On se sert des mots pour attiser la haine entre races, personnes, familles, nations différentes. Nous faisons un mauvais usage de la parole si fréquent que nous créons et perpétuons un cauchemar d'enfer. L'utilisation négative de la parole nous maintient les uns les autres au fond du gouffre, dans un état de peur et de doute. La parole étant de la magie et son mauvais usage de la magie noire, nous pratiquons la magie noire en permanence, sans réaliser le moins du monde que notre parole est magique.

Prenons l'exemple de cette femme intelligente et dotée d'un bon cœur. Elle avait une fille qu'elle adorait. Un soir, elle est rentrée chez elle après une très mauvaise journée de travail, fatiguée, remplie de tensions émotionnelles, avec un mal de tête abominable. Elle souhaitait un peu de paix et de calme, mais sa fille chantait et sautait joyeusement. Celle-ci ne se rendait pas compte de l'état dans lequel était sa mère ; elle jouait dans son propre monde, son propre rêve. Elle se sentait bien, elle sautait et chantait de plus en plus fort, exprimant toute sa joie et tout son amour. Elle chantait si fort qu'elle aggrava le mal de tête de sa mère qui, au bout d'un moment, perdit contrôle. En colère, elle regarda son adorable fille et lui dit : Tais-toi ! Tu as une voix horrible. Peux-tu simplement te taire ?

En réalité, c'est la tolérance de cette femme envers le moindre bruit qui était réduite à néant et non la voix de sa petite fille qui était horrible. Mais cette dernière a cru ce que sa mère lui avait dit, et, à cet instant, elle a conclu un accord avec elle-même. Après cet incident, elle n'a plus jamais chanté, car elle croyait que sa voix était horrible et qu'elle dérangerait quiconque l'entendrait. Elle devint timide à l'école et, si on lui demandait de chanter, elle refusait. Même parler aux autres devint difficile pour elle. Tout changea dans la vie de cette petite fille à cause de ce nouvel accord : elle crut qu'elle devait réprimer ses émotions afin d'être acceptée et aimée.

Chaque fois que l'on écoute une opinion et qu'on la croit, on conclut un accord qui s'intègre à notre système de croyances. Cette petite fille grandit et, bien qu'elle eût une belle voix, elle ne chanta plus. Elle développa tout un complexe à cause d'un seul sort qui lui avait été jeté par celle qui l'aimait le plus : sa propre mère.

Voilà. C’est tout pour aujourd’hui. Amitiés à tous.