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jeudi 12 mars 2015

Un hypnothérapeuthe "hors du commun", Milton H.Erickson, jour 2







Compte rendu du livre 
  Ma voix t’accompagnera, Milton H. Erickson raconte 
par Sidney Rosen 
Aujourd'hui : mes anecdotes préférées


Jour 2

Bonjour,

Je voudrais d’abord vous présenter les trois anecdotes les plus importantes pour moi dans ce livre, qui me servent pendant ma journée, qui sont souvent présentes à mon esprit : ce sont « J’avais tant appris », « Neige légère », « Il parlera ». Toutes les trois bizarrement font partie du chapitre 3 « Faire confiance à l’inconscient ». Je me suis rendu compte beaucoup plus tard qu’avant de lire Erickson, je ne faisais confiance qu’à mon conscient, ce qui est très mauvais et très stressant pour ma personne, et ce qui est le comble pour un hypnotiseur qui normalement travaille essentiellement avec l’inconscient de la personne hypnotisée. Ces anecdotes ont donc été un pas décisif pour moi.

La première « J’avais tant appris » nous montre Erickson arrivant à l’Université d’Oswego à New York et Estabrooks, un professeur, lui disant qu’il est programmé pour faire une conférence le soir-même. Or, notre psychiatre n’a rien préparé. Voilà ce que nous dit Erickson : « Il devait y avoir une nombreuse assemblée et j’avais une foule de choses à faire, sans aucun rapport avec mon propos, avant de me rendre à la salle de conférence. Je me suis pourtant fait aucun souci, parce que je savais que je pourrai parler, penser, et que j’avais tant appris au fil des ans. » C’est donc autour d’une confiance totale dans la mémoire à long terme et dans les connaissances inconscientes mises en réserve qu’Erickson modèle son récit. Il avait l’habitude de comparer l’inconscient avec un réservoir énorme, très utile et très positif, un lieu de stockage des connaissances, pouvant être restituées après bien des années. Personnellement, je me sers de cette anecdote chaque fois que je suis pris de court, soit dans mon travail, soit dans ma vie quotidienne. Elle m’aide à lever mon blocage et à faire venir à la rescousse mes capacités inconscientes. Elle m’apprend surtout à rester zen !

La deuxième anecdote « Neige légère » est encore plus incroyable en ce qui concerne l’inconscient. Je vous la transcris in extenso car elle a une valeur spéciale, comme celle d’une formule magique (et d’ailleurs c’est de la magie !) : « Au village de Lowell (Wisconsin), la première neige de l’automne tomba le 12 novembre, peu avant quatre heures de l’après-midi. Et un gamin, assis sur la troisième chaise du troisième rang, à droite près de la fenêtre, se demandait combien de temps il en aurait le souvenir.
Je me demandais vraiment…
Je savais exactement… Je savais que c’était le 12 novembre de l’année 1912. C’était une neige très légère. »
Tout cela est incroyable de précision. On se demande si Erickson ne ment pas ou s’il ne s’illusionne pas lui-même. Ou alors on pense qu’il s’auto-hypnotise. En fait, j’ai constaté que, sous hypnose, beaucoup de sujets avaient une mémoire phénoménale et pouvaient se souvenir d’une plaque de voiture entr'aperçue il y a dix ans. Mais ceux qui sont bien connectés avec leur inconscient (et Erickson fait partie de ceux-là) peuvent faire des choses incroyables eux aussi. J’ai vu à la télévision l’auteur de romans policiers et ancien flic de grand renom, Roger Borniche, décrire des scènes d’arrestation ayant eu lieu il y a plus de vingt ans, avec un luxe de détails, des précisions horaires incroyables sans l’aide d’aucune note, comme s’il avait une mémoire absolument photographique et totale de ces instants racontés. Me rappeler cette histoire m’aide beaucoup par exemple quand je dois me remémorer quelque chose dans la vie quotidienne ou dans mon travail.

La troisième anecdote est totalement différente. Elle aborde la thématique du regard de l’autre, du regard bienveillant de celui-ci ou de celle-ci, qui nous donne ce que peut-être nous ne pourrions avoir tout seul, la confiance en nous. Elle est intitulée : « Il parlera ». Là encore, je vais la retranscrire intégralement parce que cette histoire signifie non seulement par son contenu, mais aussi par son style, sa narration, sa façon de persuader (rappelons qu’elle est la plupart du temps adressée à un patient en état d’hypnose, donc d’inconscient à inconscient) :
« Beaucoup de gens se tourmentaient parce qu’à l’âge de quatre ans, je ne parlais pas, alors que ma sœur plus jeune de deux ans parlait, et elle parlait, mais elle n’avait jamais rien dit. Et tout le monde se désolait parce que j’étais un garçon de quatre ans qui ne pouvait pas parler.
Ma mère disait tranquillement « Le moment venu, il parlera. » »
Remarquez les répétitions hypnotiques du verbe « parler », typiques de la technique d’Erickson.
Sidney Rosen interprète cette histoire en écrivant qu’Erickson a la conviction qu’on peut faire confiance à l’inconscient pour produire les réponses appropriées au moment voulu. Raconter cette histoire à un patient qui vient juste de commencer l’expérience de la transe hypnotique peut l’encourager à attendre patiemment le moment où l’impulsion à parler émergera…
J’explique cette anecdote d’une autre façon. Dans votre vie, il est déterminant que des gens croient en vous, à votre talent, à la puissance de votre inconscient. Si ce ne sont malheureusement pas vos parents, comme la mère d’Erickson (comme ce fut mon cas), ce peut être un professeur, un ami, votre femme et d’autres personnes encore (c’est ainsi que je l’ai vécu et que je le vis encore). Cette confiance inconditionnelle, malgré parfois de mauvais résultats, est déterminante pour dépasser les obstacles de la vie et quelquefois aller plus loin que nous-mêmes. Ces gens-là nous créent et nous transforment en mieux que nous sommes par leur regard intelligent et leur attention toujours bienveillante. Curieusement, Erickson abordait dans cette histoire, un peu de manière prémonitoire, un concept très en vogue aujourd’hui, celui de la résilience développé par le psychiatre Boris Cyrulnik. Même si vous avez eu une enfance gâchée, une enfance martyre, vous pouvez rencontrer un professeur, un adulte ayant à la fois un regard intelligent et indulgent sur votre personne, qui vous sauve parce qu’il croit en vous, s’occupe de vous et transforme votre vision du monde et de vous-même : c’est la résilience. Cyrulnik montre dans son livre Les vilains petits canards que, même certains des enfants enfermés dans les orphelinats de Ceausescu en Roumanie, dans des conditions extrêmement dégradantes, ont pu avoir accès à la résilience. Les statistiques ont mis en évidence que ceux-ci ont eu une vie normale, comme des enfants qui auraient été encouragés par la confiance de leurs parents.
Je me sers beaucoup de cette histoire quand je suis au travail ou que j’écris, et que j’ai un moment de blocage. Je pense à ceux qui croient en moi et qui m’aiment, qui croient et qui ont cru que « le moment venu, je parlerai » (à remarquer aussi que ce moment n’est pas déterminé à l’avance par la société ou par d’autres individus mais qu’il dépend de la maturation de la personne, donc de quelque chose à la fois strictement intime et progressif qui peut être d’une durée très variable).

C’est tout pour aujourd’hui. La suite au prochain numéro ! Ce sera le chapitre 2, « histoires motivantes » (le chapitre 1, « changer l’inconscient », trop difficile et trop technique,  étant conservé pour une étude ultérieure).


dimanche 10 juin 2018

Compte rendu du livre « La thérapie adaptative » de Michel Lamy (septième partie), (Le concept de la pensée scientifique et informationnelle en développement personnel, deuxième partie).



 Un autre livre de développement personnel.


Je viens de lire un livre que j’ai trouvé à la fois formidablement bien écrit, original et passionnant. Je voudrais vous en faire part à travers quelques articles de ce blog. Il s’agit de « La thérapie adaptative »  de Michel Lamy. L’auteur y décrit une méthode pour progresser dans différents domaines de la vie, non pas en imitant les autres mais en devenant la meilleure version de soi-même.

Cet article est la suite de celui-ci.


Le concept de la pensée scientifique et informationnelle en développement personnel (deuxième partie).

La puissance de la critique de soi-même est très forte et elle vous attaquera forcément à un moment ou à un autre. Vous aurez alors envie de laisser tomber le projet, de ne pas écrire votre page journalière (A quoi bon ? De toute façon, je ne serai pas édité. Mes idées n’intéresseront personne, mon message ne passera pas.) Vous trouverez une foule de prétextes pour vous arrêter d’écrire.

Pensez alors à cette vérité. Les écrivains qui sont édités sont ceux qui ne se sont jamais arrêtés d’écrire. Ils ont su dépasser leurs peurs. Il y a certainement des gens moins talentueux que vous qui ont été publiés mais dont le seul mérite a été de continuer.

Racontez-vous alors  une histoire motivante, qu’elle vous soit propre ou qu’elle fasse partie de celles que j’ai inventées ou reprises. Celle que je préfère est le « J’avais tant appris » de Milton Erickson que je vous ai déjà raconté dans un article précédent. Elle nous montre que à cet instant T, moi, un homme de cinquante-sept ans qui ai beaucoup lu et beaucoup vécu dispose dans sa tête de tout ce dont il a besoin pour écrire un livre.

Les autres histoires motivantes que j’aime à la folie sur le sujet sont les sentences : « Parfois, le bon Homère somnole », « De temps en temps, même les saints ne croient pas en Dieu. » La première vient de L’Art poétique de Boileau. Il admet que, même dans les livres qui sont considérés comme les plus parfaits de l’Antiquité, L’Iliade et L’Odyssée, il peut y avoir des imperfections. Dans tout ouvrage, il y a forcément des passages faibles. Ne soyez pas surpris qu’il y en ait dans le vôtre.

La deuxième phrase « De temps en temps, même les saints ne croient plus en Dieu », je l’ai extraite des informations que j’avais sur l’abbé Pierre ou sur Mère Theresa : j’ai appris que ces personnes que je considérais comme des saints avaient souvent perdu la foi. J’ai été soufflé de connaître ces passages importants de leur vie. Ce qui signifie que les êtres humains qui réalisent  les plus grandes actions ou les plus grands livres ont souvent des périodes de doute, la seule différence avec les autres, c’est que dans la durée, ils arrivent à surmonter leurs doutes. La masse énorme de la population des écrivains ratés provient de ceux qui n’ont pas réussi à maîtriser ces périodes de flottement dans leur inspiration.

Comment faire pour y parvenir ? Un truc que j’utilise souvent est celui que j’ai appelé la parabole d’Ulysse et les sirènes. On sait par l’Odyssée qu’un homme ne pouvait écouter le chant des sirènes sans être immédiatement subjugué par celui-ci (et tué). Ulysse demande donc à ses camarades matelots qui se bouchent les oreilles avec de la cire de l’attacher au mât et de ne pas le délier malgré ses exhortations. Quand arrive la zone où se trouvent les sirènes, Ulysse entend leurs mélodies, supplie ses compagnons de le délier mais ceux-ci, malgré ses demandes, ne le libèrent pas. Ainsi a-t-il a pu entendre le chant des sirènes sans en mourir. Il en est de même pour vous ! Il vous faut pour écrire votre ouvrage être lié à quelque chose qui vous incite à continuer, vous force à persévérer. Ce peut être un contrat d'éditeur, ce peut être une attente de la part d’un petit groupe d’individus (un cercle informel d’écrivains). Donc trouvez-vous une chaîne, quelle qu’elle soit, autrement vous risquez d’être guetté par les sirènes de l’abandon.

Il faut aussi dans cette pensée scientifique tenir compte tout simplement de la perturbation engendrée par les autres. Quand vous travaillez sur un livre, vos proches peuvent vous réclamer. Votre femme peut trouver que vous lui faites la gueule. Vous vous sentez coupable et vous êtes forcé d’abandonner votre travail. Cela peut vous faire perdre vos idées. Personnellement, perdre mes idées me donne l’angoisse de tout interrompre par faute d’inspiration. Il faut doser vos concessions au monde environnant de matière mathématique (comme cette méthode !), donner un petit peu aux autres, assumer des concessions. Un jour, vous aurez beaucoup de sollicitations, le lendemain, vous n’aurez presque  rien. On retrouve ici aussi le concept d’adaptation, du premier article de ce blog sur le sujet, élaborer un projet tout d’abord et ensuite le modeler par petites touches.
  

Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.


dimanche 1 juillet 2018

Compte rendu du livre « Ma Gestalt-thérapie, une poubelle-vue-du-dehors-et-du-dedans » de Fritz Perls (vingt-huitième partie).




  
Le Zen.


Je viens de lire un livre que j’ai trouvé à la fois passionnant, précis et instructif sur la création de la Gestalt-thérapie. Je voudrais vous en faire part à travers quelques articles de ce blog. Il s’agit de « Ma Gestalt-thérapie, une poubelle-vue-du-dehors-et-du-dedans »  de Fritz Perls.

Cet article est la suite de celui-ci.

Voici le résumé de ce livre.

L'une de mes expériences les plus frappantes et spontanées de satori se produisit il y a environ douze ans à Miami Beach.

Je descendais Afton Road lorsque je sentis une transformation qui s'emparait de moi. A cette époque, je ne savais rien des drogues psychédéliques, à plus forte raison n'en avais-je jamais pris. Je sentis mon côté droit presque paralysé par une crampe. Je me mis à boiter, les traits de mon visage se relâchèrent, je me trouvai comme l'idiot du village, mon cerveau s'engourdit et s'arrêta complètement de fonctionner. Comme en un coup de foudre, le monde se mit à exister en trois dimensions, plein de couleur et de vie — certainement pas dans un climat de dépersonnalisation, de clarté inanimée — mais avec le sentiment de : « C'est cela, c'est bien réel. » C'était un réveil complet, je revenais à mes sens, ou mes sens venaient à moi, mes sens avaient un sens.

J'avais, bien entendu, connaissance (surtout par mes rêves et par la lecture de Korzybski) d'un niveau d'existence non verbal, mais je l'avais considéré comme un substratum plutôt que comme une forme réelle, la plus réelle de l'être.

Je tombai amoureux de Kyoto, au contraire de Tokyo, au point de songer sérieusement à m'y installer. Des gens doux, pleins d'égards les uns pour les autres, aux regards ouverts et respectueux. Une fois, j'avais laissé dans un café un journal que je venais de lire et la patronne m'avait couru après dans la rue pour me le rendre. Même les chauffeurs de taxi étaient honnêtes.

Je restais assis des heures dans le jardin de mon hôtel, à regarder les canards rappeler à l'ordre les vieilles carpes imprudentes, et les cygnes arrogants qui dédaignaient de tourner le cou du côté de pareils manèges.

Harmonie et sérénité à profusion, et pas seulement dans le palais et le temple doré. Je les ai même trouvées quelquefois dans une boîte à strip-tease des bas quartiers. Un numéro qui aurait été obscène dans n'importe quel spectacle occidental devenait ici une manifestation artistique. L'actrice jouait le rôle d'une veuve qui se masturbait devant la tombe de son mari. Elle le faisait avec tant de dévotion et de grâce que le message d'amour qui en émanait toucha le public, qui garda le silence au lieu d'applaudir.

Parlons à présent du Zen. L'endroit s'appelait, je crois, le temple de Daitokuji, comme il y en a des centaines au nord de Kyoto. La propriétaire, une Américaine, présidait et gérait le sanctuaire de son mari, une bibliothèque, ainsi que ses nombreux manuscrits. Un jour, pour recevoir une foule de visiteurs, elle mit un costume impressionnant. Une vraie grande-prêtresse Zen.

Les étudiants formaient un groupe international hétérogène. Certains d'entre eux menaient une vie simple et faisaient semblant d'être des moines Zen. Je les aimais vraiment beaucoup pour leur tentative sincère de rédemption. Nous nous rencontrions souvent le soir avant la « séance ». Au début, Mme Sasaki nous parlait de respiration et d'autres sujets Zen, mais, au bout d'un mois, elle et ses élèves s'intéressèrent de plus en plus à la Gestalt-thérapie. Je livrais aussi peu de choses que je pouvais. Je voulais étudier leur position et les résultats de leur travail.

Roshi était un jeune moine Zen qui s'attacha beaucoup à moi. Avant de quitter Kyoto, je l'invitai avec les autres à un dîner chinois sophistiqué (et, je dois l'admettre, délicieux) qui avait douze plats. J'avais appris qu'il désirait vraiment une montre-bracelet. Deux jours plus tard, je m'aperçus qu'il ne portait pas la montre que je lui avais offerte. Je ne pouvais comprendre cela, car c'était une montre de bonne qualité. Puis je découvris qu'il avait mis la montre, avec ses biens les plus précieux, d'ans son sanctuaire, là où il faisait ses dévotions.

Le Zen m'avait attiré .en tant que possibilité de religion sans dieu. Je fus donc surpris de voir qu'avant chaque séance il fallait invoquer une statue du Bouddha et s'incliner devant. Symbolisme ou pas, pour moi c'était encore une réification conduisant à une déification.

Rester « assis » ne demandait pas un grand effort, étant donné que nous interrompions la séance de deux ou trois heures pour faire quelques pas. Il fallait respirer d'une certaine façon et concentrer notre attention sur cette respiration afin de minimiser l'intrusion des pensées dans notre esprit, pendant que le maître allait et venait en se pavanant, corrigeant le cas échéant notre posture. Chaque fois qu'il s'approchait de moi, je me sentais pris d'anxiété. Naturellement, cela faussait le rythme de ma respiration. Il ne me frappa que rarement. Il avait de puissants muscles abdominaux, qu'il aimait à montrer. J'eus l'impression que ses muscles lui importaient plus que l'illumination. Je n'eus pas le temps, en deux mois, d'aborder vraiment le jeu du koan. Je n'eus droit qu'à un koan enfantin et simplet : « De quelle couleur est le vent », et il me parut satisfait lorsque, en guise de réponse, je lui soufflai au visage.

Me voici de nouveau bloqué. J'ai relu les deux derniers paragraphes et leur trouve quelque chose d'agité et de mensonger Que va faire le directeur littéraire ? Je me rends bien compte à présent que ce scribouillage entend devenir un livre. Cela fausse mes intentions premières qui étaient d'écrire pour moi seul, pour essayer de me définir, de m'étudier, d'essayer de comprendre pourquoi je fais telle ou telle chose, pourquoi je fume, ainsi que mes autres symptômes. Cela fausse également mon honnêteté. Non seulement je me suis surpris par deux fois à pécher par omission, mais, qui plus est, j'ai commencé à hésiter à parler de personnes vivantes. Crainte d'être poursuivi, etc. Eh bien, que será será, « ce qui sera, sera », comme chantait Edith Piaf!

Jusqu'ici, ce que j'ai écrit m'a beaucoup aidé. Mon ennui du début a fait place à la passion. J'écris de trois à six pages par jour, la nuit ou entre les séminaires. Je deviens avare de mon temps, et je préfère écrire plutôt que descendre dans la salle commune. J'aime faire lire quelques pages de mon manuscrit à mes amis et je suis chaque fois ravi de leurs réactions. Quand Teddy, ma secrétaire, vient faire mon courrier ou mettre de l'ordre, elle doit d'abord lire ce que j'ai écrit et me donner son avis.

Grâce à cette mobilisation provoquée par l'excitation de l'écriture, je me sens mieux de fond en comble. Je reçois et donne de plus en plus d'amour. Le vieux cochon devient un tantinet plus propre. Mais que puis-je faire si de plus en plus de jolies jeunes femmes et de moins jeunes, et souvent des hommes, se serrent contre moi et m'embrassent ?

Ma sérénité, mon humour et mes capacités thérapeutiques augmentent au rythme de mon bonheur. Il est intéressant de constater que, ces dernières années, je me sens non plus condamné à vivre, mais béni par la vie.


Voilà. C’est tout pour le moment comme dans les séries télé américaines ou les romans-feuilletons du dix-neuvième siècle. Amitiés à tous.


vendredi 7 juillet 2017

Compte rendu de « Comment développer une mémoire extraordinaire » de Dominic O’Brien (neuvième partie), «Eurêka ! Ma première réussite».



Jean-Yves Ponce, un des grands mnémotechniciens français.


Pour faire suite à mes trois articles sur la mnémotechnie sur le site Virtual Magie et à mon étude Initiation au mentalisme, à l'hypnose et à la mnémotechnie, je vais écrire un compte rendu détaillé du livre qui est pour moi le meilleur des ouvrages actuels sur le sujet, Comment développer une mémoire extraordinaire de Dominic O’Brien, huit fois champion du monde de mémoire et qui était un élève à la fois lent et inattentif.

Dans le chapitre 6 « Eurêka ! Ma première réussite », il montre comment il a mémorisé un jeu de cartes entier pour la première fois.

"Comme vous connaissez maintenant l’importance des associations, je peux donc vous raconter comment j’ai finalement saisi la méthode de Creighton Carvello. J’ai compris que je devais cesser d’établir des listes et de chercher des réponses ailleurs ; il me fallait plutôt tirer profit de la formidable créativité qui bouillonnait en moi. Vous possédez également cette créativité. Voilà pourquoi mes techniques peuvent transformer votre mémoire, comme elles ont transformé la mienne.

Comment ai-je mémorisé mon premier jeu de cartes ? J’ai commencé par regarder attentivement chaque carte, afin de découvrir si elle m’évoquait une personne ou un objet familier. J’ai observé le valet de cœur, et son visage m’a rappelé mon oncle ; le 5 de pique, quant à lui, m’a paru ressembler à une main tendue, et le 10 de carreau m’a rappelé la porte du 10 Downing Street (le carreau, qui ressemble à un diamant, évoque pour moi la richesse, et le 10 Downing Street est l’endroit où le Premier ministre s’occupe des finances de la Grande-Bretagne). Pour mémoriser ces trois cartes dans l’ordre, j’ai utilisé la méthode que vous avez employée pour l’exercice précédent. J’ai imaginé mon oncle (le valet de cœur) utilisant son poing (le 5 de pique) pour frapper à la porte du 10 Downing Street (le 10 de carreau).

Lentement mais sûrement, j’ai donné une identité à chaque carte, jusqu’à ce que je les aie toutes codées. Ensuite, je me suis mis à l’ouvrage. La première fois, il m’a fallu un peu moins d’une demi-heure pour intégrer toutes les cartes du jeu à une histoire. Mon oncle volait dans les nuages en lançant des oranges depuis un hamac ruisselant de miel. Jack Nicklaus (un golfeur, mon roi de trèfle) passait l’aspirateur sur un couple de cygnes (le 2 de cœur, parce que le chiffre 2 est représenté par des cygnes dans le système des formes – voir p. 83 – et parce que le cœur me rappelle un bec recourbé) ; et ces cygnes crachaient en direction d’un bonhomme de neige (le 8 de carreau, car le bonhomme a la forme d’un 8, et je l’imaginais avec un collier de glaçons en forme de diamants). À la fin de cette épuisante saga, j’ai retourné les cartes et je me suis préparé à les nommer à tour de rôle. J’ai réussi à me rappeler 41 cartes sur 52, dans l’ordre. Pas si mal pour une première tentative !

C’était un bon départ, mais ce n’était pas parfait. Peu importe l’efficacité de mon système, il me semblait toujours impossible de répéter l’exploit de Carvello. Après tout, il avait mémorisé un jeu complet en seulement 2 minutes et 59 secondes ! Toutefois, je ne me suis pas découragé. Je savais que j’étais à deux doigts de la réussite. En raison de mes progrès évidents et mesurables, j’étais plus déterminé que jamais à améliorer mon système. Je voulais découvrir la stratégie de mémorisation parfaite.

Mon premier codage de cartes.

J’ai continué de m’exercer à la mémorisation des cartes à l’aide de la méthode du scénario. J’ai alors remarqué que j’étais capable de lier de petites séquences de cartes, mais que, lorsque j’arrivais à un maillon faible de la chaîne, une carte m’échappait. Laissez-moi vous expliquer, à l’aide d’exemples concrets, le code que j’ai conçu pour venir à bout de cette difficulté.

Le 6 de carreau est un avion. D’une part, la forme du 6 évoque celle du moteur d’un avion ; d’autre part, l’avion est une façon onéreuse de voyager, ce qui correspond au carreau (ou diamant), qui est associé à la richesse.

Le 4 de carreau représente de l’argent. J’imagine cette carte comme un ensemble de pièces de monnaie bien agencées dans un carré.

Le 5 de trèfle est mon chien. Le chien de ma tante s’appelait Sally, et la première lettre de son nom, S, ressemble à un 5. Ce jack russell m’a poussé à adopter un chien à mon tour. Par ailleurs, le club (trèfle en anglais) est aussi une arme, et le jack russell est un bon chien de chasse.

Le 8 de cœur est un nuage. Selon ma perception, le 8 et le cœur ressemblent à des nuages blancs et duveteux.

Le 4 de pique est ma voiture. Mon automobile est évidemment munie de quatre roues, et le pique me fait penser à un pneu.

Le 3 de pique est une forêt. Le pique a trois côtés et ressemble à un arbre.

Mon système repose sur trois catégories : les gens et les animaux, les moyens de transport, les lieux. J’ai noté le nom de chaque carte, je l’ai mis en relation avec un code que j’ai écrit à côté de ce nom, puis j’ai mémorisé les paires. Cela peut vous paraître laborieux. Pour accélérer le processus, j’ai parfois fait des associations automatiques (le 7 de carreau avec James Bond, l’agent 007 dans le film Les diamants sont éternels, et le 9 de trèfle avec Nick Faldo, le golfeur, parce que son prénom commence par la même lettre que le chiffre 9 et parce que le terme club, en anglais, désigne à la fois le trèfle des jeux de cartes et un bâton de golf). 

J’étais motivé car je savais, qu’une fois les codes appris, je me rapprocherais de mon objectif : répéter l’exploit de Carvello, voire faire mieux que lui.

J’ai ensuite utilisé la méthode des liens : j’ai inventé des histoires en liant mes codes dans le bon ordre. Pour moi, certaines séquences étaient plus faciles à mémoriser que d’autres. Par exemple, si les cinq premières cartes étaient le 3 de pique, le 5 de trèfle, le 4 de carreau, le 6 de carreau et le 8 de cœur, j’imaginais une forêt où mon chien aboyait en poursuivant de l’argent. Un avion atterrissait, le pilote s’emparait de l’argent, puis l’appareil disparaissait dans les nuages. L’histoire était sensée, ordonnée et logique ; je pouvais donc la mémoriser aisément.

Cependant, toute modification de la séquence causait des problèmes. Supposons l’ordre suivant : 6 de carreau, 3 de pique, 5 de trèfle, 8 de cœur et 4 de carreau. J’imaginais un avion volant dans la forêt, où mon chien jappait. Toutefois, celui-ci devait par la suite s’envoler dans les nuages, où il y avait de l’argent. Le lien entre le chien et les nuages était ténu. Le récit n’était pas crédible, car ce maillon était trop faible.

Le respect de la logique n’était pas mon seul problème. En effet, quand les liens associant mes concepts n’étaient pas assez forts, je dépensais beaucoup d’énergie à sauter d’une scène à l’une. C’était épuisant et long. 

Finalement, j’ai eu une révélation : j’ai compris que j’utilisais les bons ingrédients, mais dans le mauvais ordre. Je ne devais plus associer certaines cartes à certains endroits, mais plutôt imaginer un lieu déterminé dans lequel je pourrais positionner les objets, les animaux ou les personnes correspondant aux cartes de façon séquentielle. Tant que les points de repère suivraient un ordre naturel et que les liens entre les cartes et le lieu seraient solides, je pourrais me rappeler parfaitement de la séquence. Et voilà, j’avais trouvé le Saint Graal de mon système de mémorisation : la méthode du parcours.

L’excitation de la réussite.

Lorsque j’ai compris le défaut de ma méthode et que j’ai su comment je réglerais mon problème, j’ai eu un immense accès de confiance en moi, comme l’alchimiste qui transforme le fer en or. C’était tout ce dont j’avais besoin pour m’exercer sans relâche, jusqu’à ce que, grâce à ma mémoire, je puisse répéter l’exploit de Carvello. À mon avis, cette confiance m’a transformé bien plus que le code de cartes. Elle m’a enseigné qu’avec un peu de volonté et de technique tout est possible, ce que mes années d’école n’avaient pas réussi à faire.


Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.

lundi 23 juillet 2018

Compte rendu du livre « Ma Gestalt-thérapie, une poubelle-vue-du-dehors-et-du-dedans » de Fritz Perls (quarantième partie).





Laura Perls.


Je viens de lire un livre que j’ai trouvé à la fois passionnant, précis et instructif sur la création de la Gestalt-thérapie. Je voudrais vous en faire part à travers quelques articles de ce blog. Il s’agit de « Ma Gestalt-thérapie, une poubelle-vue-du-dehors-et-du-dedans »  de Fritz Perls.

Cet article est la suite de celui-ci. 

Voici le résumé de ce livre.

Un neurologue se plaisait à moi de sa mauvaise mémoire. Je découvris qu’il «était incapable de se souvenir des éléments relatifs à une période de trois ans. Cette période correspondait à celle d'un mariage malheureux.

Et voici le point décisif : ce n'était pas le refoulement qui était cause de l'amnésie, mais les moyens par lesquels cet homme concrétisait sa phobie de ce souvenir pénible. Et, pour y parvenir, il lui fallait tout effacer de ces trois années. Or, Freud serait d'accord avec moi qu'il n'est pas suffisant d'être rétabli, bien qu'il ait soutenu aussi que l'intégration prenait soin d'elle-même. Dans le cas présent, il dirait que le patient doit « vivre entièrement » sa situation.

Bien sûr, tant que le patient bloque ses souvenirs, il maintient la Gestalt incomplète. S'il accepte d'aller jusqu'au bout de la souffrance que lui causent son malheur et son désespoir, il parviendra à la clore. Il composera avec ses ressentiments et restaurera sa mémoire, y compris toutes les expériences qui ne sont pas directement en rapport avec son mariage malheureux.

Lore a, comme Goethe, une mémoire visuelle très vive. Les gens de ce type n'ont qu'à fermer les yeux et à regarder leurs images qui racontent l'histoire avec une exactitude photographique. Je peux obtenir cette précision avec la psilocybine, une drogue psychédélique extraite d'un champignon.

La plupart des gens ont cette sorte de mémoire juste avant de s'endormir. Je l'ai seulement après des promenades en voiture ou des expériences du même genre. La plus grande partie de ma mémoire visuelle est dans le brouillard, et mes hallucinations hypnagogiques (les images qui se présentent juste avant le sommeil) sont encore essentiellement de nature schizophrénique. Elles sont en langage codé, comme les rêves, et disparaissent dès que j'essaie de les capter avec mon intellect en éveil. Je soupçonne que ce brouillard et le fait de fumer ne sont pas étrangers l'un à l'autre. Hormis des spéculations oiseuses, je n'ai encore rien fait à ce sujet jusqu'à présent, mais je sais que ce problème, je le résoudrai aussi. Déjà, depuis que j'ai commencé ce livre, il s'est produit trois choses.

Premièrement, l'ennui initial qui a été ma première raison d'écrire s'est transformé en intérêt. Ensuite, je vois plus de choses et mieux. Une bonne part de mon intérêt qui allait au système moteur, comme la masturbation ou l'agression, va maintenant au système sensoriel. Je me contente de plus en plus, à présent, de regarder et d'écouter.

Enfin, j'ai remarqué depuis quelques mois des moments de fatigue accrue. En tant que thérapeute, j'avais l'habitude de me retirer dans un demi-sommeil — rarement dans un sommeil complet — chaque fois qu'un client m'assourdissait de sa voix hypnotique, ou n'était pas en contact avec moi. Depuis peu, je me retire moins, je reste davantage à mi-chemin, et même maintenant je reste en contact avec ma fatigue et avec le monde, les deux intégrés dans une attention bien plus aiguë qu'auparavant.

En ce qui concerne les déficiences de mémoire de ma puberté, en fait, elles n'ont jamais existé. J'ai fait à ce moment-là les mêmes erreurs que je fis si souvent plus tard. Je m'accusais, alors que j'aurais dû m'en prendre à quelqu'un d'autre. J'avais une mauvaise mémoire pour retenir les dates d'histoire et les mots latins. Les deux étaient des choses détachées de leur contexte, étranges, peu familières. Autrement dit, ma mauvaise mémoire était en réalité une bonne chose. Apprendre ces mots, etc., n'aurait été qu'exercice et répétition : quelque chose d'artificiel. J'ai déjà montré que dans un contexte significatif je n'ai pas de difficultés à intégrer quelque chose d'intéressant. J'ai donné comme exemple la façon dont j'ai appris l'anglais. Mon vocabulaire n'est pas énorme, mais il est adéquat et précis.

Ma situation à Los Angeles n'était pas difficile du tout. J'y avais été en 1950. Il y avait déjà un certain intérêt pour mes méthodes dans les milieux professionnels, et Jim Simkin avait été le premier à s'installer comme Gestalt-thérapeute en Californie.

L'intérêt que porte Jim à la Gestalt-thérapie date de ses années d'université. Il avait suivi sa formation à New York avec Laura (Lore a américanisé son nom) et moi. Depuis, sa formation terminée et nos rencontres ayant lieu beaucoup plus dans un contexte social et confraternel, nombre de difficultés avaient surgi. Il était collet monté, constipé, trop précis, avec un fort penchant pour un cercle restreint d'intimes. Jim et sa femme Ann sont très fortement marqués par la tradition juive et n'ont pas rompu avec le judaïsme. Je sais que Jim respectait mon génie naturel et méprisait ma mollesse et mon insouciance. Les années passant, il devint beaucoup plus spontané et ouvert, et mit son exactitude au service de son style spécifique, qui lui réussissait en Gestalt-thérapie. Nous devînmes finalement de bons amis, dans une confiance réciproque.

Je pris plus d'intérêt à mon travail, mais je ne me sentais pas accepté. Même les professionnels qui travaillaient à mes côtés avec succès veillaient à se démarquer de la Gestalt-thérapie et de ce vieux cinglé de Fritz Perls.

Dans un de mes groupes, il y avait un type qui s'intéressait à toutes sortes de choses « loufoques » — le massage, le yoga, la thérapie, la conscience sensorielle de Charlotte Selver. Son nom est Bernie Gunther. C'est un bon entrepreneur d'esprit peu créatif, mais capable de faire une synthèse et de tirer un bon parti de ce qu'il puise à différentes sources. Bernie, comme Bill Schutz, arrive à plaire aux gens. A mon avis, il fera son chemin.

Il organisa pour moi quelques conférences à Los Angeles. Je fus étonné d'y voir accourir une telle foule. Je ne m'étais pas rendu compte que la Gestalt-thérapie avait commencé à prendre racine.

A Noël 1963, il me proposa de participer à un séminaire organisé à Esalen, un endroit situé en Californie centrale.

Et voilà la cible Esalen touchée dans le mille par la flèche Fritz Perls. Un paysage comparable à Eilat ; dans l'équipe, des gens aussi merveilleux que ceux de Kyoto. L'occasion d'enseigner. Le bohémien trouva un havre et bientôt une maison.

Il trouva aussi autre chose : un répit pour son cœur souffrant.

L'homme moderne vit et évolue entre les pôles extrêmes du concret et de l'abstrait.
Nous entendons habituellement par concret ces choses, faits et processus qui sont en principe accessibles à chacun, qui appartiennent à l'Umwelt — à l'environnement de tout un chacun —, monde personnel, zone de ce qui est autre, zone extérieure.

Si nous avons deux ou plusieurs personnes ensemble, alors leurs mondes personnels, pour une large part, coïncideront ; l'Umwelt devient un Mitwelt — un monde commun, un environnement partagé. A l'a surface, ces personnes s'occupent des mêmes faits et des mêmes choses, et les identifient.

Dès que nous regardons plus en profondeur, nous reconnaissons l'erreur de cette grossière simplification, parce que nombre de choses et de faits ont, pour chacun de nous, des significations différentes, significations qui dépendent de nos intérêts spécifiques et de nos besoins, pour compléter la situation inachevée du déséquilibre de chacun.

Prenons comme exemple le cas du journal du dimanche, attendu avec impatience par toute la famille. Sans la diversité des intérêts, ce serait la mêlée générale pour s'emparer du journal. Comme les choses se présentent, le père prendra la première partie, la mère les pages féminines, la fille sophistiquée la section littéraire, le grand frère les pages consacrées aux sports, le pauvre d'esprit les bandes dessinées, et le politicien la section consacrée à la politique internationale.
Ce n'est pas un exemple d'abstraction. Le journal a été concrètement mis en pièces et partagé entre les membres de la famille.

Maintenant, regardons les petites annonces. Est-ce que quelqu’un, à part le correcteur, a jamais lu les petites annonces en entier ? McLuhan dit que toutes les annonces sont de bonnes nouvelles : vous allez avec espoir vers une situation qui vous promet un accomplissement. Cette fois, les membres de la famille laissent intacte cette section et n'en tirent que ce qui a de l'intérêt. Vous avez le choix. Vous pouvez découper l'annonce qui vous intéresse ; en ce cas, vous soustrayez, le journal a diminué. Ou alors, vous pouvez abstraire en recopiant l’annonce et laisser le journal intact.

Si vous copiez l’annonce, cette copie appartient encore à la zone extérieure ; si vous vous la rappelez, cela appartient à la zone intermédiaire, et si vous êtes heureux de ce que vous venez de trouver, elle rejoint même la zone du Moi.


Voilà. C’est tout pour le moment comme dans les séries télé américaines ou les romans-feuilletons du dix-neuvième siècle. Amitiés à tous.


mercredi 30 janvier 2019

Remerciements et gratitude pour tous ceux que j’ai rencontrés dans mon parcours en magie (et mentalisme) et en hypnose, mais aussi compte rendu de certains livres que j’ai lus et étudiés (d’avance pardon à ceux que j’oublie, il y en a tant !). (troisième partie).



Une photographie qui rassemble différents livres importants dans mon parcours de magicien mentaliste.



Je ne sais pas pourquoi j’ai eu beaucoup de mal à me décider à écrire cet article. Je l’ai reporté constamment de lendemain en lendemain dans un typique système de procrastination.

Pourquoi ? Touchait-il à des zones sensibles de mon passé ou alors était-il trop long, trop difficile à écrire. Ou peut-être était-ce un peu des deux !

Un philosophe a eu l’idée de faire une liste de gratitude, la liste de toutes les personnes qui l’avaient aidé, encouragé, supporté dans sa vie.

J’ai tenté de réaliser, plutôt que de dispenser de banals veux de Nouvelle année, une liste de gratitude des personnes qui m’ont aidé, encouragé, supporté dans ma vie en général, en magie et en mentalisme. Mais en relisant mes deux articles, je me suis rendu compte que j'avais oublié énormément de gens, beaucoup trop. J'ai donc décidé de rédiger une troisième partie avec des personnes qui ont été pour moi des rencontres enrichissantes. Je vais sans doute encore oublier des dizaines de gens qu’il me faudrait mentionner et auprès desquelles je m’excuse d’avance. Cette liste de gratitude numéro 3 montre, ce qui est plutôt bon signe, qu’il y a quand même beaucoup de personnes sympas et enrichissantes que l’on rencontre dans notre vie.

Les psychologues, depuis quelques temps, se sont penchés sur les bienfaits que peut avoir un individu à dire merci, à exprimer sa gratitude et je crois qu’ils ont tout à fait raison. Pour le psychiatre et psychothérapeute, spécialiste de la méditation, Christophe André, la gratitude est « bénéfique à l’estime de soi, car elle augmente le sentiment d’appartenance à un groupe, à une lignée, à une collectivité humaine ».

Dans une puja (cérémonie) bouddhiste en sept parties, la première partie est toujours consacrée à la gratitude. 

Selon l’écrivain de développement personnel Wayne Dyer, il y a neuf habitudes du génie créatif que vous pouvez cultiver dans votre vie quotidienne. Les qualités de la créativité et du génie sont déjà en vous, maintenant vous devez vous adonner à 9 habitudes pour les développer.
La cinquième habitude est « Cultivez la Gratitude, Soyez un appréciateur de la vie ».
Refusez d’avoir des pensées de haine, d’anxiété, de colère ou de jugement.
Chaque jour, dites merci à la vie.


Cet article est la suite de celui-ci. 

A) La magie et le mentalisme

1) Rencontre magique et premiers livres de prestidigitation lus et travaillés

a) La première rencontre que j’ai connue avec la magie s’est produite à mon école primaire, l’école Turenne à Angoulême, en 1969, alors que j’avais huit ans. Un prestidigitateur avait été invité pour le spectacle de fin d’année. Je ne me souviens que d’un de ses tours, mais qui m’a scotché pour la vie et qui a engendré chez moi une éternelle passion pour la prestidigitation. Ce magicien a présenté une sorte de grande casserole et y a mis le feu. Puis il l’a recouverte d’un couvercle. Une seconde après, il l’a rouverte et, à la place des flammes, se trouvaient des colombes. Ce fut un miracle pour l’enfant que j’étais mais ce miracle se perpétue en moi encore aujourd’hui.


b) On ne s’en rend pas compte mais quand on se trouve au fin fond de la province et qu’on n’a pas trop d’argent, c’est difficile de pratiquer la magie.
A la bibliothèque de ma ville, il n’y avait qu’un seul livre sur la prestidigitation, c’était le « Manuel pratique d’illusionnisme et de prestidigitation »  de Rémi Ceillier (et encore, ce n’était que le tome 1 sur les généralités et les tours de cartes). Je me souviens de l’avoir emprunté maintes fois. A l’époque, je ne m’en étais pas rendu compte mais j’avais un trésor dans les mains. Rémi Ceillier commençait par une histoire abrégée de l’illusionnisme qui, je m’en aperçois maintenant, était très bien détaillée, à la fois exacte et précise et enchaînait avec une bibliographie par thèmes presque complète.
J’y ai appris à effectuer mon premier saut de coupe, j’ai su pour la première fois ce qu’était un chapelet et surtout je me suis entraîné pendant des heures, des semaines, des mois à un mouvement que je trouvais fascinant, le double empalmage (back and front hand palm).
Vous pouvez voir ce livre en haut à droite de l’assemblage de photos.


Comme vous le voyez, le titre de ce livre était un peu long, un peu confus, mais le corps de l’ouvrage m’a révélé des multitudes de mystères magiques. Je vous en donne quelques détails en suivant l’ordre des parties :

1ère partie : L'ancienne et la nouvelle collection des tours d'escamotage de prestidigitation et d'adresse. 100 p.

a) Onze observations préliminaires (qui étaient très pertinentes)
b) « Amusements et récréations ayant rapport à l’adresse des mains », Tours de gibecière, jeu des gobelets
c) « Tours d’adresse, subtilité, combinaisons récréatives, prestidigitation »

2ème partie : L'ancienne et la nouvelle collection des tours de cartes. 108 p.
« Manières diverses d’opérer les faux mélanges »
« Procédés divers pour faire sauter la coupe »
« Procédés pour glisser la carte, pour filer la carte, pour enlever, et pour poser la carte, pour faire tirer une carte forcée. Usage des cartes longues, des cartes larges, des cartes biseautées »
« Faire paraître fixée sur la muraille la carte qu’un spectateur aura tirée du jeu »
Une forme de de mémorisation de cartes «  mutus nomen dedit cocis » (« Le muet a donné un nom au cuisinier » )
« L’hôtesse et les ivrognes »

3 ème partie : renferme les tours de physique les plus amusants sur la chimie, le magnétisme, l'électricité, la double-vue dévoilée, la fantasmagorie, etc. mis à la portée de tous les amateurs pour être exécutés dans les sociétés et réunions les plus nombreuses.

C’est un ouvrage qui a été déterminant pour moi. Non seulement, j’y ai beaucoup appris sur la magie des cartes mais j’ai aussi travaillé pendant des jours et des jours les passes du jeu des gobelets. Le plus important a été dans mon parcours de magie ma première découverte de tours de mentalisme, particulièrement dans la troisième partie avec « La double vue dévoilée ». De la page 65 à la page 80, les auteurs révèlent une méthode de télépathie truquée (mais je me suis aperçu plus tard qu’elle avait quelques similitudes avec celle d’Antoine François Gandon, « La seconde vue dévoilée » (1849)  qui lui-même avait débiné la méthode de Robert-Houdin.)
Vous pouvez voir cet ouvrage tout en bas à droite de l’assemblage des photos.

d) Une autre manière d’apprendre la magie quand on résidait en province, c’était, quand on se rendait à Paris, de fréquenter assidûment les magasins de prestidigitation. Personnellement, j’allais chez Mayette Magie Moderne au 8 rue des Carmes dans le cinquième arrondissement quand il appartenait encore à Michel Hatte. C’est là que j’ai acheté dans les années 70 le livre de Robert Veno « Cours Magica, la prestidigitation pour tous » , un ouvrage que Michel Hatte avait publié en 1954. Il abordait les différentes parties de la prestidigitation en douze leçons, la première portant sur les cartes et la dernière (qui elle aussi a contribué à ma vocation de mentaliste) traitant des sujets suivants « Magnétisme, spiritisme, divination et transmission de pensée ».
Le « cours Magica » se trouve en bas à gauche de l’assemblage de photos.

e) « Mille et un tours de magie, un grand livre d’or » de Clayton Rawson 

C’est un livre que j’ai acheté quand j’étais enfant. Il ne m’a pas appris grand-chose, à part le concept de carte-clé. Sa partie « Comment lire la pensée d’autrui »  est très faible. J’ai su plus tard qui était l’auteur, Clayton Rawson, à la fois un magicien, un écrivain de romans policiers baignant dans le monde de la prestidigitation, et un grand vulgarisateur de la Reine des arts.
Vous pouvez voir ce livre en haut à gauche de l’assemblage de photos.


2) Reprise de la magie

En arrivant à Paris en 1992, j’ai rencontré différents prestidigitateurs, Ratcekou, Jean-Guy Davril, Cocodenoix du club des Amis de la magie. 
Puis j’ai échangé des idées et des trucs avec le magicien Cédric Milano qui m’a fait connaître le magasin de prestidigitation « Magic Passion » situé à côté de la porte dorée, rue Ernest  Lacoste. J’y ai pris des cours en 2003 avec le magicien propriétaire des lieux, Claude. La boutique a depuis malheureusement fermé.

3) Le Musée de la Magie

J’ai hanté le Musée de la Magie au 11 rue Saint-Paul à partir de l’année 2005, surtout le dimanche, où je pouvais avoir des conversations sans fin sur la prestidigitation avec le vendeur de l’époque de la boutique, Michel Pont. Je me passionnais alors pour les grandes illusions et notamment pour celles de David Copperfield.

Il existait à l’époque deux livres allemands un peu underground (Vous pouvez les voir en bas à droite dans l’assemblage de photos) qui révélaient les secrets de ses tours, « Copperfield & Co - Die besten Tricks der großen Zauberer » ( Copperfield et compagnie, Les meilleurs tours du grand magicien) du prestidigitateur allemand Robert Rau et « David CopperfieldsTricks - Top Secret ! »  (sans nom d’auteur). Un site lui aussi allemand avait rendu compte de la parution du premier livre, celui du prestidigitateur Tilman Hausherr . Un autre était également exceptionnellement bavard sur la magie de ce grand prestidigitateur, n’allez surtout pas le regarder ! 

Pendant l’année scolaire 2011-2012, j’ai pris des cours à l’académie de magie avec le prestidigitateur Jean-Claude Brosset. Il m’a appris énormément de techniques et de tours. C’était un professeur passionnant et très pédagogue.


B) L’hypnose

J’ai débuté l’hypnose en 1983 pendant mon service militaire à partir d’une méthode de Marcel Rouet, « Techniques et pratiques de l'hypnotisme »  mais je n’ai effectué mon stage de technicien en hypnose ericksonienne qu’en juillet 2012 à l’Institut Français d’hypnose ericksonienne.

J’ai enchaîné en 2013 avec un stage d’hypnose de rue à l’ARCHE (Académie pour la Recherche et la Connaissance en Hypnose Ericksonienne) avec Bertrand Millet  qui est vraiment un formateur remarquable.

Je pourrais continuer ainsi pendant des heures. J’ai oublié des dizaines de personnes qui m’ont aidé et éclairé, qui ont été résilients pour moi selon la théorie de Boris Cyrulnik. Je m’en excuse d’avance auprès d’eux. Mais peut-être écrirai-je un prochain jour une liste de gratitude, quatrième partie !

Voilà. C’est tout pour aujourd’hui. La suite donc au prochain numéro comme dans les romans-feuilletons du dix-neuvième siècle ou dans les séries télévisées américaines contemporaines.