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mercredi 6 décembre 2017

Introduction à la Qabalah Denudata de Knorr von Rosenroth par Samuel Liddell MacGregor Mathers, fondateur de la Golden Dawn.




Sans commentaire.


Ce texte est l'introduction de Mathers  à sa traduction anglaise de la Qabalah Denudata de Knorr von Rosenroth, traduction latine, publiée en 1684, d'un ouvrage original hébreu, le Sefer Ha Zohar. L'ouvrage de Mathers est paru à Londres en 1888.

Mathers fut un des fondateurs de l'Ordre hermétique de la Golden Dawn  en 1888.

Introduction

Les premières questions que le lecteur non initié à la Qabalah va certainement poser sont : Qu'est la Qabalah ? Qui en est l'auteur ? Quelles en sont les diverses branches ? Quels en sont les enseignements ? Et pourquoi une traduction est-elle nécessaire à l'époque actuelle ?

Je répondrai tout d'abord à la dernière question. A notre époque, se répand au sein de la société le puissant courant de la philosophie occulte ; Les hommes qui réfléchissent commencent à s'éveiller au fait qu’« il y a plus de choses dans les cieux et sur la terre que ce qui peut en être rêvé par leur philosophie » ; Et, surtout, on pressent que la Bible, qui fut sans aucun doute plus mal comprise que n'importe quel autre livre jamais écrit, contient de nombreux passages obscurs et mystérieux qui sont inintelligibles sans quelque clé pour en dévoiler le sens. Cette clé est donnée par la qabalah.

Ainsi, ce travail devrait être d'un certain intérêt à tous les étudiants en bibliologie ou en théologie. Chaque chrétien doit se poser la question : « Comment puis-je prétendre comprendre l'Ancien Testament si je suis ignorant de la méthode de construction appliquée par ce nation dont les livres sacrés en constituent le fondement ; et si je ne connais pas la signification de l'Ancien Testament, comment puis-je m'attendre à comprendre le Nouveau ? ».

Si la véritable et sublime philosophie de la Bible pouvait être mieux appréhendée, il y aurait sans doute moins de fanatiques et de sectaires. Et qui peut calculer l'étendue des dégâts occasionnés aux personnes impressionnables et excitables par les bigots qui se présentent toujours en tant qu'éducateurs du peuple ? Combien de suicides ne sont pas le résultat de manies et de dépressions religieuses ? Quelle quantité de non-sens sacrilèges n'a pas été promulguée comme véritable sens aux livres des Prophètes et de l'Apocalypse ? Si l'on prend la traduction des textes sacrés hébreux - qui est incorrecte sous bien des aspects - comme fondement, et un esprit déséquilibré et enflammé comme maître d'œuvre, à quelle sorte d'édifice peut-on s'attendre comme résultat? Je le dis sans crainte aux fanatiques et aux bigots de notre époque : vous avez fait choir le Sublime et l'Infini de son trône, et à Sa place vous avez placé des forces maléfiques infinies ; vous avez substitué un dieu de désordre et de jalousie à un  Dieu d'ordre et d'amour ; vous avez perverti les enseignements du Crucifié. De sorte qu'à l'époque actuelle, une traduction en anglais de la Qabalah est absolument nécessaire, car le Zohar n'a jamais été traduit dans la langue de ce pays, ni, pour autant que j'en sois conscient, dans tout autre langage vernaculaire d'Europe.

La Qabalah peut être définie comme étant une doctrine ésotérique juive. On la nomme en hébreu Qabalah, qui est dérivé de la racine Qibel, signifiant « recevoir ». Cette appellation se réfère à la coutume de transmettre la tradition ésotérique oralement, et est très proche de "tradition".

Etant donné que, dans ce présent travail un grand nombre de mots en hébreu ou en chaldéen doit être utilisé dans les textes, et que le nombre de personnes ayant une culture du langage sémitique est réduit, j'ai pensé qu'il serait préférable d'en donner une version en caractères romains, en respectant scrupuleusement l'orthographe. Je joins donc une table montrant de manière synoptique les alphabets usuels hébreu et chaldéen (commun aux deux langues) avec les caractères romains par lesquels j'ai exprimé ces lettres dans ce travail ; ainsi que leurs noms, leurs pouvoirs et leurs valeurs numériques.

Il n'y a pas de caractère numérique distinct en hébreu et en chaldéen ; par conséquent, comme c'est également le cas en grec, chaque lettre à une valeur numérique propre et il en résulte le fait important que chaque mot est un nombre, et chaque nombre est un mot. Il y est fait allusion dans l'Apocalypse où le nombre de la bête est mentionné et c'est sur cette correspondance entre les mots et les nombres qu'est basée la science de la Guematria (la première branche de la Qabalah littérale). Je reviendrai sur ce sujet ensuite. J'ai choisi la lettre romaine Q pour représenter la lettre hébraïque Qoph ou Koph, dont on peut trouver le précédent pour l'utilisation dans le « Livres Sacrés de l'Orient » de Max Müller. Le lecteur doit se rappeler que l'hébreu est presque entièrement un alphabet à consonnes, les voyelles étant pour la majeure partie fournies par des points et des marques placées habituellement sous certaines lettres.

En ce qui concerne l'auteur et l'origine de la Qabalah, je ne puis faire mieux que de fournir le passage suivant tiré de « Essai sur la Qabalah » du Docteur Christian Ginsburg, en mentionnant que ce mot a été écrit de diverses manières :  Cabala, Kabalah, Kabbala, etc. J'ai adopté Qabalah, car c'est plus en consonance avec l'écriture hébraïque du mot.

« Un système de philosophie religieuse, ou, plus proprement, de théosophie, qui a non seulement exercé pendant des milliers d'années une extraordinaire influence sur le développement mental d'un peuple tel que les Juifs, mais qui a captivé l'esprit des plus grands penseurs de la Chrétienté des XVI ème et XVII ème siècles, doit attirer la plus grande attention des théologiens et des philosophes. Quand on ajoute que parmi ses adeptes, il y eut Raymond Lulle, le célèbre métaphysicien scolastique et chimiste (mort en 1315) ; Jean Reuchlin, le scolastique renommé et résurrecteur de la littérature orientale en Europe (1455-1522) ; Jean Pic de la Mirandole, le fameux philosophe et scolastique classique (1463-1494) ; Henri Corneille Agrippa, le distingué philosophe et physicien (1486-1535) ; Jean Baptiste von Helmont, un remarquable physicien et philosophe (1574-1637) ; le Docteur Henry More (1614-1687) ; et tous ces hommes, qui après des recherches sans aucun répit quant à un système scientifique qui leur dévoilerait les plus profonds des insondables secrets de la nature, et leur montrerait les liens réels qui unissent toutes choses entre elles, ont été satisfaits par cette théosophie, l'attraction par la Qabalah de l'attention des étudiants en littérature et en philosophie sera facilement admise.

Cette attraction de la Qabalah n'est cependant pas limitée à ces hommes de littérature et à ces philosophes ; le poète également trouvera en elle le matériel suffisant pour l'exercice de son génie. Comment pourrait-il en être autrement d'une théosophie qui, nous en sommes sûr, est née de Dieu au sein du Paradis, fut élevée et protégée par les hôtes les plus choisis des cieux, et seulement entretenue avec les plus saints des enfants des hommes sur la terre. Ecoutez l'histoire de sa naissance, de son développement et de sa maturité selon ses adeptes.

La Qabalah fut enseignée par Dieu Lui-même à une compagnie choisie d'anges, qui formait une école théosophique au Paradis. Après la Chute, des anges communiquèrent très gracieusement cette doctrine céleste aux enfants obéissants de la terre afin de fournir aux protoplasmes les moyens de retourner à leur noblesse et félicité pristine. D'Adam elle passa à Noé et puis à Abraham, l'ami de Dieu, qui émigra avec elle en Egypte où les patriarches autorisèrent qu'une parcelle de cette doctrine mystérieuse soit communiquée à l'extérieur. C'est de cette manière que les Egyptiens obtinrent une connaissance de la Qabalah et que les autres nations orientales purent l'introduire dans leurs propres systèmes philosophiques.

Moïse, à qui fut enseigné toute la sagesse de l'Egypte, fut d'abord initié à la Qabalah dans le pays de sa naissance, mais il devint encore plus efficace lors de la marche dans le désert, quand non seulement il se voua à la Qabalah pendant ses heures de loisirs durant 40 années, mais encore reçu des leçons d'un des anges. Par l'aide de cette science mystérieuse, celui qui donna la Loi au peuple Hébreu, fut capable de résoudre les difficultés qui surgirent lors de la conduite des Israélites, et ce en dépit des guerres et de la misère de la nation. Il cacha les principes de cette doctrine secrète dans les quatre premiers livres du Pentateuque. Moïse initia également les 70 Anciens aux secrets de cette doctrine et ils la transmirent à leur tour de mains en mains. De tous ceux qui formèrent la chaîne continue de la tradition, David et Salomon furent les plus profondément initiés à la Qabalah. Aucun, cependant, n'osa la coucher sur le papier, jusqu'à Siméon Bar Yochaï, qui vivait aux temps de la destruction du second Temple... Après sa mort, son fils, Rabbi Eléazar et son secrétaire, Rabbi Abba, ainsi que ses disciples, collectèrent les traités de Siméon Bar Yochaï et composèrent le célèbre ouvrage, Zohar, la Splendeur, qui est le grand recueil du Kabbalisme. »

La Qabalah est habituellement classée en 4 branches :

(a)          La Qabalah pratique;

(b)          La Qabalah littérale;

(c)          La Qabalah non-écrite;

(d)          La Qabalah dogmatique.


Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.

mardi 5 décembre 2017

L’Echelle de la Reine dans la qabale.



Sans commentaire.






Il est la suite de celui-ci. 

L'échelle de la Reine.

Dans le monde de Briah, se retrouvent les couleurs telles que nous pouvons les voir dans la nature.

- Kether (1) est le blanc brillant, reflet visible de la Lumière-Sans-LimIte. Comme sa contre-couleur, le noir (présent en Malkuth dans les échelles de la reine, de l'empereur et de l'impératrice), le blanc peut se situer aux deux extrémités de la gamme chromatique. Absolu et n'ayant d'autres variations que celles qui vont de la matité à la brillance, Il signifie tantôt l'absence, tantôt la somme des couleurs.

- Le gris nuageux de Chokmah (2) ressemble à une brume transparente de teinte perle qui irradierait, comme si une source de lumière éclatante se trouvait au-delà. Le nouveau-né vit dans le gris. Puis, au cours des trois premières années, Il prend conscience de la couleur. Le gris de Chokmah est la première couleur proprement dite que l'homme puisse distinguer.

L'être humain est gris au milieu du monde chromatique. Il est le produit des sexes opposés et Il se trouve au gris central, entre les couleurs opposées. Fixez un objet brillant de couleur rouge. Tournez immédiatement votre regard sur un mur blanc. Vous distinguerez la même forme, mais verte, car les cellules de la rétine cherchent à recomposer le gris central par la couleur complémentaire.

-Binah (3) est noire, pour représenter les ténèbres épaisses qui voilent la Gloire divine. Le noir a la propriété d'absorber toutes les couleurs. Le noir est la couleur de la substance universelle, de la materla prima, de l'indifférenciation primordiale, du chaos originel, des eaux Inférieures, du nord, de la mort.

Dans les trois sephiroth supérieures, nous trouvons les trois modifications possibles de la lumière. Au-delà de l'abîme, il n'y a pas de différenciation de la couleur.

Les trois sephiroth suivantes sont les trois couleurs primaires de la lumière reflétée telle qu'elle s'oppose au violet, à l'orange et au rose de la lumière transparente dans l'échelle du roi.

- Chesed (4) est maintenant le bleu de l'eau.

- Geburah (5) est le rouge écarlate du feu.

Tlphereth (6) est le jaune de l'air (attribution GD). Le jaune est la plus chaude, la plus expansive, la plus ardente des couleurs, difficile à éteindre, et qui déborde toujours les cadres où l'on voudrait l'enserrer. Les rayons du soleil, traversant l'azur des deux, manifestent la puissance des divinités de l'au-delà. Il suffit d'étudier le schéma de l'Arbre de Vie pour constater que Tiphereth est la sephirah autour de laquelle rayonnent le plus grand nombre de sentiers.

Les couleurs de la troisième triade dérivent de celles de la seconde par simple mélange.

- Netzach (7) est le mélange du bleu de Chesed et du jaune de Tiphereth produisant la couleur émeraude de Vénus.
Les alchimistes définissent leur feu secret comme un cristal translucide, vert, fusible comme la cire ; « c'est de lui, écrivait Claude d'Ygé, que la nature se sert souterrainement pour toutes choses que l'Art travaille, car l'Art doit se borner à imiter la nature. Dans toutes les traditions, le principe vital apparaît comme un sang profond que contient un récipient vert. C'est, pour les alchimistes occidentaux, le «sang du Lion Vert qui est l'or, non du vulgaire, mais des philosophes».). C'est aussi le Graal, vase d'émeraude ou de cristal vert et donc du vert le plus pur, qui contient le sang du Dieu incarné, dans lequel se fondent les notions d'amour et de sacrifice qui sont les conditions de la régénération exprimée par la lumineuse verdeur du vase.

- Hod (8) est le mélange du rouge de Geburah et du jaune de Tiphereth donnant l'orange fauve.

- Yesod (9) est le mélange du bleu Chesed et du rouge de Geburah, dont résulte le pourpre foncé.

Malkuth combine les couleurs de la seconde triade avec une quatrième qui est leur synthèse ; le noir, qui marque la frontière avec le monde des Qlippoth.

- Citrine combine l'orange fauve de Hod et le vert-émeraude de Netzach, d'où une couleur citrine tirant sur le vert. Une couleur pure, transparente et lumineuse.

- Vert-olive montre un mélange du vert de Netzach et du violet pourpre de Yesod, riche, lumineux tout en étant foncé.

- Roux mêle l'orange fauve de Hod avec le violet-pourpre de Yeuxl, d'où un marron-roux laissant deviner le feu caché. Le roux est une couleur qui se situe entre le rouge et l'ocre : un rouge terreux. Il rappelle le feu, la flamme, d'où l'expression de roux ardent. Mais au lieu de représenter le feu limpide de l'amour céleste (le rouge), il caractérise le feu impur, qui brûle sous la terre, le feu de l'enfer. Le roux évoque le feu infernal dévorant, la chaleur d'en-bas.

- Le noir est la partie terre de l'Élément Terre. Le climat de la dégénérescence des couleurs primaires dans la complète absorption de toutes les couleurs qu'est le noir. Par là, nous rejoignons la couleur de Binah. Au sein des ténèbres, la couleur la plus basse de la fille rejoint la couleur de la Mère Universelle.

Les couleurs planétaires ont fréquemment des connotations alchimiques :

- Mercure (12) est pourpre, combinant l'iridescence du vif-argent (Mercure) et le bleu de la vapeur du Mercure.

- La Lune (13) est argent métallique, couleur de la planète dans le ciel et du métal qui lui est attribué.

- Vénus (14) est bleu-ciel, couleur du sulfate de cuivre, sel important en alchimie.

- Le bleu de Jupiter (21) est le bleu foncé brillant du ciel, indicateur de l'aspiration religieuse.

- Le rouge de Mars (27) est celui de la rouille : celle de l'arme ou de la machine.

- Le jaune du Soleil (30) est celui de l'or pur.

-Saturne (32) est l'obscurité de la nuit et de l'oubli. Couleur du plomb corrompu.

Les couleurs du zodiaque ne sont souvent qu'une dégénérescence ou un assombrissement des couleurs de l'échelle du Roi. Ainsi, le rouge lu Bélier est un simple assombrissement de l'écarlate précédent. Toutefois, certaines attributions ne sont nullement évidentes et il apparaît sage de les considérer comme un essai plus que comme un enseignement achevé. Cela n'a rien d'étonnant pour qui connaît la Véritable astrologie Hermétique, qui a toujours donné l'absolue priorité aux planètes, dont l'influence des constellations n'est que le reflet.


Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.

dimanche 3 décembre 2017

La Kabbale par Aleister Crowley.




L'arbre de vie.


Cet article est une traduction du chapitre IV du livre Magick Without Tears d’ Aleister Crowley consacré à la kabbale (traduction effectuée par Spartakus FreeMann, dans son livre Kabbalah pour un Goy « avancé »). Il est la suite de celui-ci.

L’intérêt de Crowley pour la kabbale a toujours été immense. En effet, son premier livre recensé est une étude sur celle-ci : Liber 777 vel prolegomena symbolica ad systema sceptico-mysticae viae explicandae fundamentum hieroglyphum sanctissimorum scientae summae. Le ton du texte de Magick Without Tears peut surprendre mais il faut se rappeler que l'ouvrage en question est un recueil de lettres échangées entre Crowley et une aspirante à l'A.•.A.•. Crowley aime à y prendre le ton paternaliste mais frondeur et acide qu'on lui connaît afin d'obliger son « élève » à se débarrasser de ses préjugés et de la vision dominante de sa propre personnalité. Crowley privilégiant l'auto-initiation, donne ici une méthode personnelle pour apprendre la Kabbale.

Les puristes de la Kabbale seront sans doute choqués de lire la manière dont Crowley décrit la Kabbale et le moyen de s'y exercer. Mais, bah, un peu de dépoussiérage ne fait pas trop de mal...

« Cara Soror,

Fais ce que tu veux sera le tout de la Loi.

A présent il vous faut apprendre la Kabbale. Apprenez cet alphabet Magicke. Vous devez croire la Kabbale sur parole, comme un enfant le fait avec son propre alphabet. Personne n'a jamais pu découvrir pourquoi l'ordre des lettres est comme il est. Probablement parce qu'il n'y a aucune réponse.
Si vous saviez ce que j'endure avec l'ordre des 64 hexagrammes du Yi-King ! Mais je suis convaincu qu'il est très significatif et qu'il implique un système philosophique sublime. Je suis trop avancé pour être absolument sûr qu'il y ait un rythme nécessaire; et cela me tue à petit feu de découvrir pourquoi chaque paire succède à la précédente. Mais pardonnez ces larmes !

Mais notre Alphabet Magicke n'est pas constitué primitivement de lettres, ou de sons mais d'idées mathématiques. Sir Humphrey Davy (un physicien et chimiste britannique) a exposé sa fameuse illumination (aidé en cela par l'oxyde nitrique) en ces mots : « L'Univers est uniquement composé d'idées. » En l'analysant quelque peu, nous disons : « L'Univers est une expression mathématique. »

Chacune de nos idées peut être expliquée, investiguée et comprise par divers moyens. Premièrement, les nombres hébreux, grecs et arabes sont aussi des lettres. Ensuite, chacune de ces lettre est décrite plus avant par un des « éléments de la Nature »; les Quatre (ou Cinq) Eléments, les Sept (ou Dix) Planètes et les Douze Signes du Zodiaque.

Tout ceci est arrangé sous la forme d'un dessin géométrique composé des Dix Sephiroth (ou nombres) et des vingt-deux « sentiers » les joignant, en ce que l'on appelle l'Arbre de Vie.

Toute idée quelle qu'elle soit peut être, et devrait être, attribuée à une ou plusieurs de ces symboles primaires ; ainsi le vert, sous différents tons, est une qualité ou une fonction de Vénus, de la Terre, de la Mer, du Verseau, etc. Il en va de même avec les idées abstraites; la malhonnêteté signifie "un Mercure affligé", la générosité Jupiter, et ainsi de suite.

L'Arbre de Vie doit être appris par cœur ; vous devez le connaître à l'envers, à l'endroit, de gauche à droite et de haut en bas; cela doit devenir le réflexe automatique de toutes vos pensées. Vous devez y raccrocher tout ce qui croise votre chemin.

Au départ, bien sûr, tout ceci est horriblement confus; mais persistez et un jour viendra où tous ces étranges morceaux prendront leur place dans le schéma et vous verrez — avec quelle admiration ! — la merveilleuse beauté et la symétrie du système kabbalistique.

Et alors, quelle arme aurez-vous forgée !

Quel pouvoir pour analyser, ordonner et manipuler vos pensées !

Et alors, rappelez-vous, s'il vous plaît, que lorsque les gens vous complimenteront pour votre mémoire et la clarté de votre pensée d'en donner le crédit à la Kabbale ! »


Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.

samedi 2 décembre 2017

Vertige de la Kabbale.



Les quatre rabbins.


Cet article est la suite de celui-ci .

Un passage de la Kabbale met en garde contre le danger qu'il y a à se perdre dans ce vertige. Il dit « Tu expliqueras depuis le jour où Dieu a créé Adam sur la terre, mais tu n'expliqueras pas ce qui est en haut, ce qui est en bas, ce qui fut et ce qui sera. » Ce texte a l'air d'être énigmatique, il est pourtant très simple. Ce qui est en haut, ce qui est en bas concerne le mystère des origines du monde. Or ce mystère des origines du monde est celui-là même de la Kabbale, puisque celle-ci contient le Verbe de Dieu, le Verbe avec lequel Dieu a créé l'univers.

Les lettres avec lesquelles est écrite la Kabbale sont les mêmes que celles avec lesquelles Dieu créa le monde. C'est ce qu'enseigna Abraham Abulafia. La Kabbale, la Parole de Dieu, la tradition primordiale, se trouvait dès l'origine à côté de l'Architecte et celui-ci la fit descendre en bas pour faire naître toute chose. Les cathares disaient que Dieu avait envoyé son Fils pour restaurer la création qui était en train de périr sous l'assaut des forces du mal. Ils affirmaient également que Jésus était symbolisé par une lettre très secrète de l'alphabet sacré.

Le mystère des origines, celles de la Kabbale comme celles du monde, nous dépasse donc et il n'est pas facile de l'approcher. Avant de commencer, la Kabbale met en garde le chercheur. La Kabbale raconte deux histoires symboliques qui illustrent cette mise en garde.

L'expérience initiatique peut conduire à la mort ou à la folie.

Deux pages sont des plus frappantes.

1) «  Déjà, raconte la Kabbale, Simon Ben Zoma était en train d'errer. Rabbi Josué passa et le salua à deux reprises, mais il ne répondit pas. Alors Rabbi Josué lui dit : « Qu'y a-t-il donc Ben Zoma, d'où tes pieds t'ont-ils porté? » Et il lui fit cette réponse: « Je méditais. » Rabbi Josué s'écria : « Je prends les cieux et la terre à témoin que je ne bougerai pas d'ici avant que tu m'aies dit d'où tu viens. » L'autre répondit : « Je contemplai l'origine. Et j'ai compris que l'Esprit de Dieu ne soufflait pas sur les eaux primordiales comme on le raconte mais qu'il planait comme un oiseau. » Rabbi Josué se tourna alors vers ses disciples et il leur dit : « Ben Zoma s'en est allé ». 

Peu de temps après, comme il l'avait annoncé, Ben Zoma mourut. L'intrusion dans des domaines interdits est souvent, comme dans cet exemple, un présage de mort. Lorsque l'on rêve que l'on pénètre dans un monde inconnu et inaccessible, ou lorsque l'on contemple le mystère des origines, on est appelé par l'Au-Delà.

2) Quatre rabbins, quatre sages, entrèrent dans le Pardes. (Le Pardes, c'est le Paradis, c'est l'origine de lumière et de béatitude.) Ce furent Ben Azzaï, Ben Zomah, Aher et rabbi Aqiba. L'un contempla et mourut. L'autre vit et s'égara, on ne le retrouva plus. Le troisième contempla et il ravagea les plantations (il devint fou, détruisant tout sur son passage). 

Il n'y en eut qu'un qui s'éleva en paix et descendit en paix (qui reçut l'illumination et qui put pénétrer dans le Pardes). Sur quatre sages, un seul put réussir. L'expérience initiatique peut conduire à la mort ou à la folie, si elle n'est pas bien conduite, si elle ne se conforme pas au Verbe et au rituel, si elle néglige les avertissements que donne le Livre. Il s'agit bien plus que d'une mise en garde symbolique: les maux décrits dans ce texte sont bien réels, comme le montre la médecine psychosomatique qui soigne le physique, le corporel, à partir du psychique. Un choc psychologique auquel l'on n'est pas préparé peut conduire à la folie, tous les psychiatres le savent.

Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.


Antiquité de la Kabbale.



Les manuscrits de la Mer morte.



Cet article est la suite de celui-ci.

Les manuscrits de la Mer morte

La découverte des manuscrits de la Mer morte, ces fameux manuscrits qui furent trouvés il y a quelques dizaines d'années dans les grottes de Qumran, en Israël près de la Mer morte et de la forteresse de Massada, bouleversa plus d'un sceptique.

La secte des Esséniens qui s'était réfugiée dans le désert, dans ces grottes, constituait un ordre initiatique dont la tradition affirme que Jésus était membre, voire le chef occulte. Cette secte initiatique rappelle étrangement les cathares : même mise en commun des biens, même refus du monde, même charité et ressemblances étonnantes des rituels.

Il faut noter la surprise des archéologues et des historiens, lorsque de tels textes parvinrent entre leurs mains. Ce furent :

— des textes dits apocalyptiques, tels le Testament de Lévi. Apocalyptiques, c'est-à-dire évoquant à l'instar de l'Apocalypse de saint Jean la fin du monde et la résurrection;

— des textes ésotériques comme un Livre des Mystères qui nous reste énigmatique par bien des aspects;

— des textes que personne n'ose séparer de la Kabbale.

Les historiens les plus sceptiques ne peuvent que reconnaître qu'ils témoignent de l'existence de la tradition de la Kabbale à cette époque. On retrouve la même hiérarchie céleste, les mêmes anges, les mêmes noms secrets de Dieu, que dans le Zohar. Le fragment le plus impressionnant de ce texte met en scène des « chérubins » en train de bénir le « trône de Dieu ».

Gershom G. Scholem, le meilleur spécialiste actuel de la mystique juive, avoue qu'il est obligé d'écrire « Ces fragments suppriment tout doute au sujet d'une relation entre les plus anciens textes de la Merkabah (ou Merkavah) préservés à Qumran et le développement ultérieur du mysticisme. » La Merkabah, c'est le cœur mystique de la spéculation kabbalistique. C'est le char divin, ou le trône céleste, que la méditation des lettres de l'alphabet sacré finit par faire entrevoir à l'initié et qui lui révèle d'admirables secrets.

« Il les a suspendus au Dragon. »

Deuxième démonstration qui témoigne de l'antiquité de la Kabbale: elle s'appuie sur l'astronomie. Au chapitre VI d'un des livres kabbalistiques, le Sépher Yetsirah (le Livre de la création), on lit: « Les témoins fidèles sont: le monde, l'année, la personne et la loi est : 12, 7, 3. Il les a suspendus au Dragon, à la sphère et au cœur. » Le pronom « Il » désigne évidemment le Grand Architecte de l'Univers, le créateur de tous les mondes, la force qui nous dépasse. « Il les a suspendus au Dragon ». L'auteur entend évidemment que le Dragon est à l'univers ce que la sphère est à l'année, ce que le cœur est à la personne, c'est-à-dire la puissance impulsive de tout, le centre cosmique.

Il ne peut y avoir de doute, écrit l'occultiste Papus : le roi sur son trône, l'Architecte, le centre autour duquel gravite toute la cour des étoiles est l'étoile polaire. De nos jours encore, bien que nous sachions scientifiquement que cela n'est nullement exact, nous continuons de prendre l'étoile polaire pour centre de l'univers sidéral. L'étoile polaire est devenue un symbole mystique alors qu'elle représenta jadis une réalité remarquable du système sidéral. Cependant, si l'auteur du Sépher Yetsirah indique le Dragon comme centre, c'est, qu'à son époque, l'étoile polaire faisait partie de cette constellation. En effet, si nous suivons sur une carte céleste le cercle décrit par le pôle dans une période de 25000 ans, nous voyons que ce pôle, actuellement à proximité de l'étoile Alpha de la Petite Ourse, a gravité pendant toute l'époque s'étendant de l'an 2000 av. J.-C. jusque vers l'an 1000 de notre ère, dans un espace à peu près privé d'étoiles brillantes. Mille ans environ avant l'ère chrétienne, cette étoile marqua approximativement le pôle qui s'en éloignait progressivement pour arriver vers l'an 850 dans le voisinage qui a cours de nos jours.

Mais cela ne reste que d'un intérêt tout relatif si l'on poursuit le raisonnement. En remontant beaucoup plus loin, de 3500 à 2000 av. J.-C., nous constatons que le pôle ne coïncidant pas alors avec la constellation de la Petite Ourse dans laquelle il se trouve aujourd'hui occupait obliquement celle du Dragon. C'est vers l'an 2800 que le pôle fut le plus rapproché de la brillante Alpha du Dragon. Pendant toute la durée des quinze siècles qui séparent l'an 3500 de l'an 2000 ce fut cette étoile qui indiqua le pôle. Et à ce moment-là, le Dragon était le centre de tout l'univers. Le Sépher Yetsirah date donc nécessairement de cette époque.

Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.


vendredi 1 décembre 2017

Origine de la Kabbale.



Abraham Abulafia.


Cet article est la suite de celui-ci : http://jeanfrancoisgerault.blogspot.fr/2017/11/synthese-sur-la-kabbale.html

C'est un initié du 18 ème siècle, Fabre d'Olivet, auteur de La langue hébraïque restituée , qui nous donne la meilleure définition de la Kabbale. Cette définition est, aujourd'hui, admise par tous les ésotéristes.

« Il paraît, au dire des plus fameux rabbins, écrivit Fabre d'Olivet, que Moïse lui-même, prévoyant le sort que son livre devait subir et les fausses interprétations qu'on devait lui donner par la suite des temps, eut recours à une loi orale, qu'il donna de vive voix à des hommes sûrs dont il avait éprouvé la fidélité, et qu'il chargea de transmettre dans le secret du sanctuaire à d'autres hommes qui, la transmettant à leur tour, d'âge en âge, la firent ainsi parvenir à la postérité la plus reculée. Cette loi orale que les Juifs modernes se flattent encore de posséder se nomme Kabbale, d'un mot hébreu qui signifie ce qui est reçu, ce qui vient d'ailleurs, ce qui se passe de main en main. » Kabbale = ce qui est reçu, cela identifie la Kabbale, la tradition, au Graal celtique. Le Graal est, lui aussi, la coupe qui reçoit. Mais qu'est-ce qui est reçu? La rosée céleste, disent les alchimistes dans leur langage très imagé. La rosée céleste, ou le Verbe de Dieu, ou encore le secret de l'Univers. »

L'homme qui se prit pour le Messie

Abraham Abulafia, l'un des plus célèbres kabbalistes connus, qui vivait en Espagne du temps où l'Ordre cathare prospérait dans le Midi de la France, donna à ce propos des explications très intéressantes. Dieu, disait-il, a créé le monde avec les lettres de l'alphabet hébraïque. Cet alphabet, comme l'alphabet sanskrit, est sacré, chacune de ses lettres recèle un mystère. Ce n'est pas un son vide ! Et plus précisément, Dieu a créé le monde en l'écrivant. L'Architecte est un artiste, un sage et un poète. Abulafia disait que la matérialité des lettres, leur inscription physique, constitue la substance de l'univers tandis que l'inspiration qui habite les mots divins traverse les hommes pendant qu'ils font des rêves. Savoir déchiffrer ses songes, c'est donc se rendre maître d'une puissance extraordinaire. Le messie est le maître de la puissance des rêves de l'humanité. Il viendra à la fin des temps, mais les hommes doivent lui préparer le chemin en répandant les lumières qu'ils ont reçues en étudiant la Kabbale.

Abraham Abulafia qui donna à la Kabbale son visage prophétique, pensait — et il prouva — que chaque lettre de l'alphabet hébraïque, langue sacrée par excellence, constituait une puissance, était la demeure d'un ange particulier (nous dirions aujourd'hui d'une force, ou d'une énergie). Mais attention, précisa-t-il, l'inspiration divine traverse toute chose y imprimant sa marque.

Cela veut dire deux choses.

1) L'individu qui déchiffre ses rêves, celui qui sait lire les textes sacrés, celui qui comprend les messages divins, celui-là est doué du don de prophétie. Il devient son propre messie, ou plutôt un adepte du Messie qui, à la fin des temps, doit venir réconcilier tous les hommes, établir la paix sur la terre et révéler les secrets les plus cachés. Bref, celui qui apparaîtra quand l'humanité atteindra son âge adulte. Pour la tradition, en effet, les hommes et les femmes n'ont pas encore accédé à la maturité. Et il suffit d'ouvrir les yeux, de constater les guerres et la misère qui nous assaillent pour lui donner raison.

2) Lorsque l'inspiration traverse les choses et les êtres pour les amener à la vie et qu'elle les déserte dans un deuxième temps pour remonter auprès du Père, elle laisse malgré tout une trace, ou plutôt des traces. Ces traces sont véritablement des « signatures » permettant de connaître l'intimité de l'être ou de la chose. Et la connaissance de ces signatures se trouve à l'origine de sciences très intéressantes comme la physiognomonie (l'art de lire le caractère sur les traits du visage), ou la chiromancie (l'art de lire la destinée d'une personne dans ses lignes de la main) et bien d'autres disciplines ésotériques.

Abraham Abulafia fut donc un kabbaliste très important. Il fut très doué ; malheureusement il n'échappa pas au défaut qui fit chuter l'ange de lumière (Lucifer) : la présomption. Il était convaincu — ce qui était tout à son honneur —de l'unité occulte de toutes les religions et de la vanité des rivalités : il pensa qu'il était missionné pour dévoiler cette vérité au monde. Il fit donc le voyage à Rome dans l'intention d'y rencontrer le pape et de l'inciter à répandre cette bonne nouvelle. Que se passa-t-il alors? Le pape était-il lui-même ignorant de ces vérités ésotériques dont le christianisme, comme toute autre religion, est secrètement imprégné ? Fut-il simplement antisémite? Ou bien pensait-il que le moment n'était pas encore venu de dire de telles choses? Quoi qu'il en soit, il jeta Abulafia en prison et celui-ci, qui devait être condamné à mort, n'eut la vie sauve qu'à la mort du pape.

A noter que l'auteur de science-fiction mystique, Philip K. Dick a prétendu que pour écrire son roman visionnaire Siva,il avait été possédé par moment par l'esprit d'Abraham Abulafia. (voir le site Philip K. Dick and Religion).

Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.


jeudi 30 novembre 2017

Synthèse sur la Kabbale.


Un livre sur la kabbale par un de ses plus grands spécialistes.



Cet article est inspiré par le livre de Mircea Eliade et Ioan Peter Couliano, Dictionnaire des religions.


J’ai conscience que certains lecteurs, après plusieurs articles très détaillés sur la kabbale peuvent avoir besoin d’une synthèse, d’une vue d’ensemble sur ce phénomène mystique. La voici.

La kabbale est une forme du mysticisme juif dont les racines plongent, d'une part, dans ces anciennes spéculations grammatologiques et numérologiques dont le produit fut le Sefer Yetsirah ou Livre de la Création (4 ème siècle), et de l'autre dans la littérature des hekhalot (mystiques juifs). Moshe Idel distingue dans la kabbale une formule « théosophico-théurgique » d'une formule « extatique ».

Le Sefer Yetsirah élabore déjà ce schéma cosmologique qui sera caractéristique de la kabbale : les 10 sephirot, correspondant probablement aux dix commandements, et les 22 voies qui les réunissent, correspondant aux 22 lettres de l'alphabet hébreu. C'est ainsi que la création a lieu à partir de ces 32 éléments primordiaux. Le Sefer Yetsirah et la littérature hekhalotique (mystique juive) sont au centre de la pensée du « piétisme des Juifs allemands » (Hasidei Ashkenaz).

Toutefois, la kabbale ne surgit pas parmi les ashkénazes, mais parmi les séfarades de Provence, auteurs du Sefer ha-Bahir (Livre de la Clarté, 12 ème siècle), dans lequel les sefirot assument pour la première fois l'aspect d'attributs divins. Le premier mystique juif provençal à avoir développé la notion de Bahir fût Isaac l'Aveugle (1160-1235), fils du rabbin Abraham ben David de Posquières (1120-1198). De Provence, la kabbale se propagea en Catalogne, où elle fleurit dans le cercle de Gérone, dont les représentants furent les rabbins Ezra ben Solomon, Azriel et — le plus fameux — Moïse ben Nahman (ou Nahmanides, 1195-1270). En Castille, les précurseurs immédiats de l'auteur du Zohar furent les frères Jacob et Isaac Cohen. Les kabbalistes de cette période mettent au point les techniques de permutation et combinaison des lettres de l'alphabet et de numérologie mystique (temurah, gematria et notarikon), dont les prototypes semblent hellénistiques.

Abraham ben Samuel Abulafia, le grand mystique séfarade du 13 ème siècle, est le représentant le plus marquant de la kabbale extatique, dont le but est le dveqouth, l'union mystique avec Dieu. Sa génération compte deux autres figures majeures de la kabbale classique : Joseph ben Abraham Gikatilla (I 248-1305) et Moïse de Léon (1250-1305), l'auteur du Sefer ha-Zohar (Livre de la Splendeur), attribué au maitre Siméon bar Yochai (II siècle).

La kabbale classique intègre la cosmologie mystique dans l'un des quatre univers spirituels qui se prolongent l'un l'autre du haut en bas : atsilut, beriyah, yetzirah et asiyah. L'univers atsilut (émanation) comprend les dix sefirot (Keter, Hokhmah, Binah, Gedullah, Hesed, Geburah, Tiferet, Netsah, Hod, Yesod, Malkhut) qui forment Adam Kadmon, l'homme primordial. L'univers beriyah (création) comprend les sept hekhalot (palais célestes) et la merkabah (char céleste). L'univers yetzirah (formation) comprend les armées angéliques. L'univers asiyah (fabrication) est l'archétype du monde visible. Dans celui-ci, la présence des dix sefirot se manifeste dans l'arc-en-ciel, les vagues de la mer, l'aurore, l'herbe et les arbres. Mais le kabbaliste développe de nombreux autres procédés mystiques (par exemple, la visualisation de couleurs, etc.) pour parvenir au monde atsilut. 

L'accès est difficile à cause de la présence du mal — dit « sitra ahara », « l'autre côté » — dans asiyah. Il est cependant très important de comprendre que la kabbale ne partage pas systématiquement le dualisme platonicien âme/corps et le mépris du monde physique. Toutes les actions du kabbaliste relèvent d'un de ces trois buts : tiqoun ou restauration d'une harmonie et d’une unité primordiales dans la personne du pratiquant et dans le monde ; kavanah ou méditation contemplative ; enfin, dveqouth ou union mystique avec Dieu.

Des savants comme Moshe Idel croient au caractère constant, inamovible, des doctrines centrales de la kabbale. Cependant, la synthèse d'Isaac Luria, Ari ha-Kadosh, le Saint Lion de Safed (Ari, Lion, est l'acronyme de « Ashkenazi Rabbi Ishaq ») et de ses disciples, parmi lesquels le plus important fut Hayyim Vital (1543-1620), est révolutionnaire en ce qu'elle envisage la création par un processus de contraction (tsimtsum) de Dieu en lui-même et le mal comme une présence active de résidus (« coquilles » ou qelippot) spirituels déchus à cause de la « rupture des vases » (ckhevirat hakelim) censés les contenir. Ce drame cosmique ressemble à l'événement connu comme la « chute de Sophia » dans le gnosticisme des premiers siècles chrétiens, preuve que Luria avait parcouru le même itinéraire intellectuel que les gnostiques. Comme certains groupes gnostiques, il donna une valorisation positive de la métensomatose (réincarnation de l'âme).

Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.





mardi 28 novembre 2017

L’Echelle du Roi dans la qabale.



Les couleurs des sephiroth.



Il est la suite de celui-ci.

L'échelle du Roi représente la racine de la couleur dans le monde d'Atziluth. Cette échelle doit être aussi transparente que possible.

(1) Kether, Couronne    Pour la Torah, Dieu n'est nullement lumière ; celle-ci est au contraire sa première création. Dans le commentaire d'Azriel de Gérone sur les dix sephiroth (Le portique du questionneur13 ème siècle), la première sephirah est désignée comme « la lumière occulte », c'est-à-dire comme une lumière incolore. Moïse Cordovéro (au 16 ème siècle) envisage, dans son ouvrage le Pardes Rimonin, la sephirah suprême sous trois aspects. Par rapport à sa source au sein même de la divinité, on peut la qualifier de noire ; par rapport à elle-même, c'est-à-dire en soi, elle est incolore (échelle du roi) ; mais du point de vue de sa manifestation dans les sephiroth inférieures, elle représente le plus haut degré de la blancheur que l'on puisse imaginer (échelles de la reine et de l'empereur). Un peintre comme W. Kandinsky s'est exprimé sur la valeur du blanc, comme antériorité à toute manifestation :

« Le blanc, que l'on considère souvent comme une non-couleur... est comme le symbole d'un monde où toutes les couleurs, en tant que propriétés de substances matérielles, se sont évanouies... Le blanc, sur notre âme, agit comme le silence absolu... Ce silence n'est pas mort, Il regorge de possibilités vivantes... C'est un rien plein de joie juvénile ou, pour mieux dire, un rien avant toute naissance, avant tout commencements. Ainsi peut-être a résonné la terre, blanche et froide, aux jours de l'époque glaciaire.»

(2) Chokmah, Sagesse  Le bleu clair est celui du ciel brillant. Le bleu est la plus immatérielle des couleurs : la nature ne le présente généralement que fait de transparence, c'est-à-dire de vide accumulé, vide de l'air, vide de l'eau, vide du cristal ou du diamant. Le bleu est la plus froide des couleurs, et dans sa valeur absolue la plus pure, hors le vide total du blanc neutre.

(3) Binah, Intelligence   Pourpre représente le sang.

(4) Chesed, Miséricorde              Le violet est épiscopal et combine l'existence céleste avec le principe du sang ou de la vie animale.

(5) Geburah, Force         La sphère de la rigueur du jugement peut être considérée sous diverses variantes de la couleur rouge. Le rouge foncé qui vire presque au bleuâtre et au noirâtre (échelle de l'impératrice) fait allusion à l'intensité de la puissance du jugement, voire de la vengeance ; toutefois, lorsque ses conséquences sont atténuées, elle est représentée par un rouge jaune (échelle du roi) ou un rouge clair.

(6) Tiphereth, Beauté   Le rose est celui de l'aube, du Soleil levant.

(7) Netzach, Victoire      Ambre suggère la volupté électrique d'Aphrodite, et la peau des femmes dédiées à Vénus.

(8) Hod, Gloire                 Violet-pourpre. Aleister Crowley suggère que « lavande » serait plus précis.

(9) Yesod, Fondation     L'indigo est celui de l'Éther (quintessence), le bleu du ciel nocturne.

(10) Malkuth, Royaume                               Le jaune indique comment, de Malkuth, nous percevons la couleur du rayonnement solaire.

Dans cette échelle, les Éléments ont pour couleur :

- orange flamboyant pour l'activité du Feu (31)

- bleu foncé pour la passivité de l'Eau (23)

- jaune pâle brillant est l'équilibre entre eux (11) pour l'Air.

Notons que la combinaison deux à deux des couleurs complémentaires de chaque Élément actif génère celle du troisième Élément. Ainsi, rouge et bleu forment le violet. La couleur complémentaire du violet est le jaune. Vert est au milieu du spectre des couleurs et symbolise le réceptacle équilibré de toutes les vibrations.

Les attributions des planètes suivent les couleurs du spectre :

- le jaune de Mercure (12) suggère le mouvement équilibré du mental.

- le bleu de la Lune (13) représente la pureté, l'aspiration et l'amour platonique.

-le vert-émeraude de Vénus (14) illustre la vibration de la croissance végétale, intermédiaire entre les types de vibrations spirituel, émotif et intellectuel. Le vert est la couleur centrale absorbant tout et combinant toutes les sephiroth en un symbole, l'Ether.

- le violet de Jupiter (21) est religieux et créatif.

- le rouge (27) écarlate de Mars est physique, violent et grossier.

- l'orange du Soleil (30) est la vibration physique grossière mais intense de la vie animale.

- l'indigo de Saturne (32), l'aîné des dieux, représente la sobriété, le calme océanique de la méditation.

Les couleurs du zodiaque forment un spectre détaillé allant du rouge écarlate (Bélier, domicile de Mars, planète de Feu) pour s'achever sur le violet du Verseau (domicile diurne de Saturne) et le roux des Poissons (domicile nocturne de Jupiter).

Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.


dimanche 26 novembre 2017

Les échelles de couleurs dans la qabale.





Sans commentaire.



« La condition de toute couleur est la lumière ; la négation de cette dernière, c'est-à-dire l'obscurité, est aussi la négation et la mort de toute couleur ; celle-ci est, par essence, la lumière qui apparaît et se manifeste... Les différentes couleurs ne sont par conséquent que des modifications diverses de la lumière, et sont à cette dernière ce que les bruits sont au son pur. A l'origine de toute symbolique des couleurs se trouve le concept de la lumière. Vu que... toutes les religions s'accordent pour transférer le concept de la lumière à l'essence divine, la couleur, considérée à l'origine comme la manifestation de la lumière, ne peut dès lors avoir d'autre but que celui de désigner la divinité lors de sa manifestation ou de son apparition. Les différentes couleurs symbolisent donc nécessairement les divers modes de manifestation de l'être divin et le représentent sous différents aspects ainsi que dans ses rapports avec ce qui lui est extérieur. La symbolique des couleurs varie donc en fonction du concept de l'essence divine et de son rapport au monde».

Karl Christian Bähr, Symbolic des Mosaïschen Cultus, Heidelberg, 1837.

Précisons de suite qu'aucun accord n'existe entre les textes anciens de Qabale juive sur les attributions des couleurs aux sephiroth. En outre, ces textes présentent de fréquentes difficultés de traduction, les interprétations possibles étant multiples. Là encore, nous nous référerons  aux enseignements de la Golden Dawn.

De même qu'Il existe quatre Mondes ou émanations successives, il existe quatre échelles de couleurs attribuées aux sephiroth.

Par exemple, les couleurs du sephiroth Tiphereth (la Beauté) sont les suivantes :

1) Atziluth                                Echelle du Roi   Rose clair
2) Briah     Échelle de la Reine         Jaune d'or
3) Yetzirah               Echelle de l'Empereur   Rose saumon
4) Assiah                   Echelle de l'Impératrice               Ambre jaune

La liste qui va suivre indique les couleurs des sephiroth dans les quatre mondes. Il est ainsi possible de peindre quatre arbres dont les couleurs exprimeront les différents états de la manifestation.

Les commentaires n'ont pas l'ambition de donner la raison de ces attributions. Ce sont des associations d'idées issues des textes de la Golden Dawn, très largement complétés par les méditations d'Aleister Crowley (Liber 777). Quelques commentaires personnels et des extraits de textes juifs anciens sont parfois insérés. Puisqu'ils ont été choisis en raison de leur concordance avec les attributions de la Golden Dawn, ils doivent are considérés comme de simples pistes de recherche et non comme des « preuves » de l'antiquité de ces attributions. En effet, ces emprunts ne signifient pas que d'autres parties de ces textes s'accordent avec les enseignements présents.

Echelles des couleurs des 10 sephiroth

Atziltuth              Briah     Yetzirah               Asslah

(Roi)      (Reine)                 (Empereur)        (Impératrice)

1) Kether  Brillance              Blanc brillant      Blanc brillant      Blanc pailleté d'or

2) Chokmah Bleu clair         Gris        Gris irisé              Blanc pailleté de rouge, bleu et jaune

3) Binah    Pourpre               Noir       Marron foncé Gris pailleté de rose

4) Chesed                                Violet    Bleu       Pourpre               Bleu azur pailleté de jaune

5) Geburah             Orange                 Rouge écarlate Rouge écarlate Rouge pailleté de noir

6) Tiphereth           Rose clair Jaune d'or      Rose saumon Ambre jaune

7) Netzach               Ambre                  Vert émeraude Vert jaune         Olive pailleté d'or

8) Hod       Violet    Orange Rouge brique    Marron jaunâtre pailleté de blanc

9) Yesod   Indigo   Violet    Pourpre foncé Jaune citron pailleté de bleu azur

10) Malkuth              Jaune   Jaune citron.     Jaune citron, olive, brun et noir olive, brun et noir légèrement pailleté d'or                Noir rayé de jaune


Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.

L’exil de l’âme selon la kabbale.





Sans commentaire.


Cet article est la suite de celui-ci

Il n'est pas vain de rappeler que parmi toutes les questions que se pose la pensée humaine, celle de notre propre essence, de l'immortalité et de la spiritualité de notre Moi n'a cessé de préoccuper l'humanité, et parfois jusqu'à l'angoisse. Partout les doctrines se sont succédées à ce sujet ; mais une des plus anciennes est, incontestablement, la Kabbale. Et sur ces questions que tout le monde comprend, bien rares sont ceux qui peuvent les résoudre, il apparaît avec éclat que la Kabbale est l'un des rameaux de cet esprit pénétrant que l'homme possédait dans son état originel. La Kabbale considère l'homme comme un tout complexe différencié en trois parties: le corps, l'âme et l'esprit.

Le corps, siège du principe vital, porte le nom de Nefesh ; l'âme, siège de la volonté, s'appelle Ruah et l'esprit Neshamah. Ces trois parties ne sont pas complètement séparées; il faut se les représenter comme les couleurs du spectre qui, bien que différenciées les unes des autres, se fondent l'une dans l'autre. Le corps est sensible aux influences extérieures, celles du monde, et dans l'âme la passivité et l'activité se trouvent à proportions égales. L'âme est le lien entre le spirituel et le matériel; c'est à la fois le support et le siège de la personnalité humaine. L'âme se trouve en double rapport avec ce qui est au-dessus d'elle (l'esprit) et ce qui est au-dessous d'elle (le corps).

Dans l'esprit, on ne retrouve pas, en revanche, une once de passivité; c'est l'activité qui domine. L'élément le plus élevé dans l'être humain, le Yehidad, l'unité en elle-même, se trouve dans l'esprit en son recoin le plus riche.

C'est l'esprit qui est en relation avec la divinité, et c'est en lui que l'être humain va pouvoir puiser sa puissance spirituelle.

Un individu qui ne ferait que le mal, dit la Kabbale, un individu qui serait capable de refuser les influences spirituelles et qui croirait ainsi vivre par ses propres forces, cet individu serait tout simplement un Démon, celui que les chrétiens nomment l'Antéchrist.

Quoi qu'il en soit et cela concerne la majorité des humains, l'immense majorité, l'homme, dit la Kabbale, au lieu de vivre dans la divinité comme cela se passait au Paradis, s'est enfoncé de plus en plus dans l'amour de lui-même. Il s'est enfoncé dans le péché; il a quitté son centre spirituel pour s'excentrer. L'âme s'est exilée comme le peuple juif était en exil en Egypte et elle attend son Moïse. Cependant, l'étude de la Kabbale peut hâter la venue de ce nouveau Moïse.

La chute et l'éloignement toujours plus grand de la divinité qui en est résulté ont eu pour conséquence immédiate une déchéance des pouvoirs mystiques et magiques de la nature humaine. L'étincelle divine s'est de plus en plus retirée de la créature qui a perdu son union intime avec son créateur.


Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.

Les grands philosophes connaissaient la Kabbale.



Platon.


Cet article est la suite de celui-ci

On a comparé la Kabbale à un joyau brûlant de mille feux et, en effet, la tradition kabbalistique recèle des merveilles qui coordonnent tout un savoir épars en une sagesse cohérente. L'étudiant en Kabbale découvre des vérités qui, expliquant différentes énigmes de l'univers, de l'homme, de Dieu même, calment son angoisse légitime sur le destin de l'univers, lui apportent une paix intérieure. Et il a besoin d'une telle paix pour poursuivre sa quête, car sa voie est celle de l'initiation, c'est-à-dire la voie où l'on acquiert des pouvoirs occultes susceptibles de changer le cours des choses, d'agir sur sa propre personne, sur ses proches et sur son monde proche.

Il tombe sous le sens, après ce que nous venons de dire, que la Kabbale a influencé la philosophie. L'histoire de cette matière est remplie de ces interventions.

Platon, c'est incontestable, a connu la Kabbale, on retrouve dans sa pensée des spéculations mystiques et surtout numérologiques sur la création du monde et l'Architecte de tous les mondes. Certains universitaires se sont demandés comment Platon aurait pu avoir des contacts avec la philosophie occulte de l'hébraïsme, mais l'objection tombe dès que l'on admet, ce que Platon dit lui-même, qu'il connaissait certains des enseignements des temples de la haute Egypte. Or ces temples conservaient, eux aussi, la tradition primordiale. D'autre part, tous les grands philosophes grecs, dont Platon, avaient été initiés en Egypte aux « mystères d'Isis ».

On peut sans forcer la note relever l'influence de la Kabbale sur Pythagore, l'inventeur du « nombre d'Or » avec lequel sont harmonieusement bâtis temples et cathédrales de l'Antiquité et du Moyen Age, et dont le modèle mystique reste évidemment le temple de Salomon. On peut encore souligner cette influence sur Orphée, le plus grand initié de la Grèce antique. On peut noter la permanence de la tradition kabbalistique en Moïse, Ezéchiel, les prophètes et cela jusqu'à saint Jean dont l'Evangile reste le livre  que vénèrent les initiés de toutes les sociétés secrètes d'Europe, et dont l'Apocalypse est truffée d'allusions kabbalistiques.

Il est fort possible, voire certain, que la Kabbale influença les alchimistes, les rose-croix (les initiés les plus mystérieux d'Occident), les templiers ces moines guerriers brûlés par le roi de France qui craignait leur pouvoir. Signalons enfin que la franc-maçonnerie connaît et utilise les symboles de la Kabbale dans certains de ses hauts grades comme le 13 ème degré.


Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.

dimanche 19 novembre 2017

Retrouver l’immortalité perdue grâce à la kabbale.





L'Ain Soph Aur


Cet article est la suite de celui-ci.

Revêtu d'un corps, d'une « tunique de chair » disent les cathares, l'homme est soumis aux passions et il doit — c'est même le sens de son passage sur terre — y retrouver son état primordial édénique. Il doit recréer son immortalité perdue. C'est ce qui explique qu'il se réincarnera autant de fois qu'il le faudra. La Kabbale enseigne, en effet, la réincarnation.

Il existe pourtant des différences entre la Kabbale et l'hindouisme, et voici ce qu'en dit un grand occultiste F. Ch. Barlet dans The Doctrine and Literature of the Kabalah: « Je dirai que les doctrines hindoues me semblent plus vraies au point de vue métaphysique, abstrait ; les doctrines judéo-chrétiennes au point de vue moral, sentimental, concret : le christianisme et la Kabbale laissent plus d'incertitude [...] L'un parle à l'intelligence, l'autre à l'âme. On ne peut donc posséder la doctrine complète de la Tradition qu'en interprétant le symbolisme de l'un par la métaphysique du second. Alors, et alors seulement, les deux pôles ainsi animés l'un par l'autre font resplendir, par les splendeurs du monde divin, l'incroyable richesse du langage symbolique. « Chaque peuple, en effet, ne recueille qu'une bribe, qu'une parcelle, de la tradition primordiale. Et il faut tout rassembler, « rassembler ce qui est épars », disent les initiés, pour commencer à comprendre quelque chose. L'étude de la Kabbale n'infirme pas l'étude des philosophies d'Orient. Au contraire ! Bien que venues d'horizons différents, ces conceptions se complètent. Tout individu qui fera des progrès dans la compréhension d'une tradition fera des progrès dans toutes les autres.

L'homme doit donc reconstituer d'abord son androgynie primitive — comment? la Kabbale l'enseigne — pour retrouver l'état d'avant la division en Adam et Eve. La reconstitution de cette androgynie conduit au « saint des saints », c'est-à-dire au cœur du mystère que la chambre la plus reculée du temple de Salomon symbolise sur la terre. Il y a sept tabernacles, et dans le plus parfait qui est le « saint des saints », les âmes vont s'unir à l'âme suprême. Là, tout rentre dans l'unité et dans la perfection. Tout se confond dans une seule pensée qui s'étend comme une bénédiction sur l'univers entier. Au fond de cette pensée se cache une lumière intense que personne ne peut saisir. Dans cet état, l'individu ne se distingue plus de son créateur. L'homme fait partie de Dieu.

Enseignement de la Kabbale sur la nature (l'univers se réincarne)

Pour la Kabbale, les planètes forment les organes de l’univers, comme le foie, les poumons, le cœur, etc., forment les organes de l'homme. Chez l'être humain, la vie résulte du courant sanguin qui baigne tous les organes, élimine les déchets, restaure ce qui nécessite de l'être. Dans l'univers, de la même manière, la vie résulte des vagues de lumière qui baignent toutes les planètes. Bien plus, c'est la lumière qui expulse les déchets planétaires : les trous noirs récemment découverts par les astronomes sont peut-être les poubelles du cosmos. Einstein a montré que la matière, les étoiles, l'univers sont composés de lumière et il rejoint ainsi l'enseignement le plus constant de la Kabbale et de la Tradition.

Dans l'homme, chaque globule sanguin est un « être » véritable qui est constitué à l'image de l'homme lui-même. La biologie montre que tout est dans tout et la conclusion s'impose d'elle-même : le fluide vital contient une infinité d’« êtres ». Il en va ainsi de la lumière qui contient une infinité de photons qui sont des « granules » de lumière comme dit Einstein. Ce sont ces photons qui, amalgamés et mis à l'abri de toute influence matérielle, donnent les anges. La Kabbale pratique étudie ces êtres invisibles, ces récepteurs-transmetteurs de la lumière contenue dans l'univers. Elle agit sur eux et connaît tous leurs pouvoirs. D'où l'astrologie, la démonologie et toutes les autres techniques de la Kabbale.

La force vitale transmise par le sang n'est pas la seule chez l'homme. Au-dessus d'elle, il existe la force nerveuse. Le fluide nerveux domine les phénomènes vitaux. Il peut agir par la volonté, au travers du cerveau et des nerfs rachidiens, ou organiquement, au travers du grand sympathique. Ce dernier, le grand sympathique, est le corps astral des occultistes. Pour les occultistes, en effet, l'homme est triple: corps de matière (physique), corps astral et corps de lumière. A la mort, l'individu se dépouille des deux premiers comme d'enveloppes grossières et successives.

Le fluide nerveux, en tout cas, n'est pas porté comme l'est la vie par des « êtres » (les globules sanguins). Il part de quelque chose qui est la cellule nerveuse, que nous connaissons bien depuis quelques dizaines d'années, et il aboutit à un centre de réception (un centre nerveux). La Kabbale dit qu'il en est de même pour ce qui concerne l'univers : au-dedans des courants de lumière, on trouve un fluide mystérieux indépendant de la nature comme la force nerveuse est indépendante des globules sanguins. Directement émané de Dieu, ce fluide est le corps de Dieu. Et ce corps de Dieu, c'est l'Esprit de l'univers.

L'univers ressemble encore sur d'autres points à l'homme : il est soumis lui aussi à une évolution et une involution périodiques et il doit finalement être réintégré dans son origine. Pour le dire plus simplement, mais de manière plus stupéfiante: l'univers se réincarne. La physique nucléaire et l'astronomie montrent que l'univers, si l'on compte en milliards d'années, passe par des évolutions comparables à celles de l'humanité. L'univers, en effet, vieillit, meurt et renaît. C'est ce qui se passe lors de l'épuisement des ressources de la planète dont nous sommes peut-être en train de nous rapprocher comme le pense la théorie écologique. Et après l'épuisement des ressources, c'est l'explosion cosmique. Mais dans tous ces cycles, l'univers, qui passe par de « mauvais moments » (les crises), s'améliore.

L'univers est donc mû par une volonté directrice qui se transmet de proche en proche et de loin en loin au moyen  du magnétisme universel dont Einstein lui-même parle avec sa théorie de la relativité généralisée.

Ce magnétisme est appelé:

—          Ain Soph Aur par les kabbalistes;  La lumière Aur est en trois parties, suivant la loi de la trinité : aod est son principe positif, le soufre ; aob est son principe négatif, le mercure, et lorsque les deux principes sont équilibrés, ils forment le sel, ou l'aur.
—           or par les alchimistes;
—           musique des sphères par Pythagore. Cependant et il faut le reconnaître, la Kabbale en donne la description la plus précise, la plus cohérente, la plus belle qui soit.

Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.