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jeudi 5 juillet 2018

Compte rendu du livre « L’énigme du zodiaque » de Jacques Sadoul (première partie, calcul d’un thème astral).

Certaines personnes ont trouvé très complexes les calculs pour la détermination de l’Ascendant d’une personne en astrologie védique que j’ai détaillés dans un article de ce blog à partir du livre « Jyotish, astrologie de l’Inde, volume 1, fondements philosophiques et techniques » du Pandit Vishwanath Shastri. 

Je vous propose aujourd’hui la confection d’un thème astral selon la méthode occidentale en m’inspirant du livre de Jacques Sadoul, « L’énigme du zodiaque ».  

Voici en pratique comment l'on opère. Il faut posséder des éphémérides de l'année de naissance de la personne dont on veut calculer le thème astral. Au jour de naissance, mettons par exemple le 14 décembre 1970, on trouve l'indication : Temps sidéral à minuit = 5 h 29. Cela signifie que lorsqu'il est minuit au Soleil, à l'Observatoire de Greenwich pris pour référence, il est 5 h 29 exprimé en temps sidéral. Il suffira donc pour obtenir l'heure sidérale de naissance d'additionner à ce temps l'heure réelle de naissance, mais exprimée en temps moyen de Greenwich, ceci à cause des différences d'heures légales et des fuseaux horaires. Par exemple, cette naissance a lieu à Paris à 15 h 30, il faudra ajouter 9 mn 20 s, qui est la différence horaire qui nous sépare de Greenwich, et il ne faudra pas oublier que l'heure légale en France avance d'une heure par rapport au Soleil, nous aurons donc le petit calcul suivant, qui est assez compliqué à expliquer, mais très facile à faire :

Enfant né à 15 h 30 à Paris. Soit à 14 h 30 au Soleil. Soit à 14 h 39 mn 20 s en heure de Greenwich. Donc cet enfant est né 14 h 39 mn 20 s après minuit ; or, en temps sidéral, à minuit il était 5 h 29 mn, donc le temps sidéral de naissance sera : 5 h 29 mn + 14 h 39 mn 20 s = 20 h 8 mn 20 s.

Il nous suffira alors de prendre une table des Maisons pour la latitude de Paris, soit 49° environ, et en face du temps sidéral 20 h 8 mn 44 s, qui est le plus proche de celui que nous ayons calculé, nous trouverons : Milieu du Ciel à 0° Verseau, Ascendant à 29° 7' Taureau, ainsi que les pointes des Maisons XI, XII, II et III. Les points diamétralement opposés dans le zodiaque nous donneront les six autres pointes de Maisons. On voit donc en pratique que, une fois faite la petite addition aboutissant à l'expression en temps sidéral de l'heure de naissance, domifier un thème est une opération qui demande seulement une ou deux minutes.


Un extrait de la "Table des maisons".




Un extrait des "Ephémérides" du mois de décembre 1970.




La suite des "Ephémérides" du mois de décembre 1970.




Carte du ciel complète





Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.

mercredi 4 juillet 2018

Remèdes astrologiques (traduction du blog de Vrajabasi Das, astrologue védique, cinquième partie).




Les grahas.



Ce texte est la traduction d’un article du blog de Vrajabasi Das, astrologue védique par le mentaliste Jean-François Gérault.

Il est la suite de celui-ci.

Remèdes astrologiques

L'astrologie védique est une science millénaire qui fait partie de la tradition culturelle et religieuse de l'Inde. C'est l'étude de la Lumière Divine à travers les luminaires mineurs (les étoiles). Il serait nécessaire d’écrire longuement sur le Jyotish (astrologie védique) pour comprendre adéquatement, ce qui n'est pas envisagé dans ce blog. Une étude consciencieuse de cette science et de sa pratique seront par la suite nécessaires au lecteur.

Mais pour le bénéfice du grand public, j'ai décidé de publier cet article du blog dans lequel nous aborderons la question des remèdes en astrologie védique.

Dans un langage simple et sans complications, je présenterai différentes alternatives pour « apaiser » les planètes.

Les planètes (grahas) sont considérées comme des êtres ayant une vie et une intelligence qui leur sont propres et à travers lesquelles la divinité manifeste le destin humain ou karma.
Nous lisons dans la Bhagavad Gita, un des grands textes sacrés de l'Inde, dans la bouche du dieu Krishna :
«  J'entre dans chaque planète, et grâce à Mon énergie elles restent en orbite, je deviens la Lune, et avec eux je fournis le jus vital à tous les légumes. »
BG chapitre 15 verset 13

Plus encore, dans un antique traité sur l'astrologie védique, le sage Parashara mentionne ce qui suit :

« Le Suprême Esprit Non Né a eu beaucoup de descendants. Janardana, sous la forme de grahas, accorde les fruits du karma aux êtres vivants. »

Brihad Parashara Hora Shastra

Nous voyons donc comment Dieu gère nos destins et nos karmas à travers les énergies planétaires qui sont calculées à la naissance. Cette carte natale est la position des étoiles et leur volonté de nous donner nos fruits de karma. Karma signifie littéralement action, positive ou négative, qui fonctionne pour nous ou non. En fait, une carte de naissance est une image de notre karma à la naissance, la manière dont Dieu la façonne par la position astrale.
À la naissance, nous sommes confrontés aux fruits de nos actions passées (karmas). Ce fruit est prêt à être ingéré et à nous goûtons à notre propre récolte. C'est un peu complexe, mais en résumé nous récoltons ce que nous semons, que nous en soyons conscients ou non.

Les planètes sont des forces puissantes habilitées par Dieu pour nous donner les fruits de nos actions. C'est pourquoi l'ancien texte du Jyotish déclare :

«  Soumises à l'influence des Grahas est l'obtention de la richesse et la chute de l'homme, et la création et la destruction du monde, par conséquent, ils sont dignes d’adoration. »

Brihad Parashara Hora Shastra

Il est ici déclaré que le processus d'adoration des planètes est une manière de faire la paix avec le destin et d'apaiser en quelque sorte les énergies qui pourraient nous être défavorables. Dans ce processus, la chose la plus importante est la réalisation de notre âme selon laquelle nous sommes confrontés à une réalité créée par nous. Une fois que nous obtenons cette réalisation, les planètes sont « satisfaites » parce que la leçon a été apprise.

  
Voilà. C’est tout pour aujourd’hui. Amitiés à tous.


lundi 2 juillet 2018

Compte rendu du livre « Jyotish, astrologie de l’Inde, volume 1, fondements philosophiques et techniques » du Pandit Vishwanath Shastri (deuxième partie, détermination de l'Ascendant d'une personne).





Le thème en astrologie indienne de George Bush.


Des amis m’ont demandé d’apporter des approfondissements sur l’astrologie hindoue à la suite des traductions que j’ai effectuées du blog de l’astrologue védique Vrajabasi Das. Il y a sur le sujet un livre que j’ai trouvé à la fois formidablement bien écrit, clair et passionnant : « Jyotish, astrologie de l’Inde, volume 1, fondements philosophiques et techniques » du Pandit Vishwanath Shastri. Je voudrais vous en faire part à travers quelques articles de ce blog.

Aujourd’hui, je vais vous expliquer comment on détermine l’Ascendant d’une personne.

Détermination de l’Ascendant d’une personne.

La détermination de l'Ascendant et de la position des planètes nécessite de connaître diverses données relatives à la personne concernée, puis de relever différents éléments dans les livres suivants : Ephémérides, Traité de l'heure dans le Monde, Table des Maisons. Après avoir pris connaissance de renseignements dans ces ouvrages, nous découvrirons les méthodes de calcul.

Données et éléments

Pour obtenir l'Ascendant d'une personne, il est indispensable d'être en possession de la date, de l'heure et du lieu de sa naissance.

Ces informations servent soit à connaître, soit à déterminer ou à calculer les 7 points suivants :

1° - La Latitude (Lat.) du lieu de naissance, indiquée en degrés par le Traité de l'heure. Elle est en rapport avec l'hémisphère Nord ou Sud.

2° - La Longitude (Long.] du lieu de naissance, indiquée en heures et minutes par le Traité de l'heure. Elle est en rapport avec le Méridien de Greenwich.

3° - L'heure de Greenwich (HG) au moment de la naissance ou Temps Universel (TU) de naissance, déterminée en fonction de l'Heure Légale (HL) du pays de naissance et à l'aide du Traité de l'heure.

4° - L'Heure Locale (HLO) calculée en fonction de l'heure de Greenwich ou temps universel de naissance et de la longitude.

5° - Le Temps Sidéral (TS) du jour de naissance, indiqué dans les Ephémérides et correspondant à la date de naissance. Il sert à calculer le Temps Sidéral de Naissance (TSN).

6° - L'Ascendant Tropical, relevé dans les Tables des Maisons à la jonction du Temps Sidéral de naissance et de la Latitude correspondant au lieu de naissance.

7° - L'Ascendant Sidéral, obtenu à partir de l'Ascendant Tropical, auquel il y a lieu de retrancher l'ayanâmsha exprimé en degrés, minutes et secondes et indiqué dans les Ephémérides.

Méthode de calcul

Le calcul de l'Ascendant consiste en quelques opérations selon un processus qui, une fois acquis, peut devenir fort simple.

Pour être le plus clair possible, nous allons prendre tout simplement un exemple en recherchant l'Ascendant Sidéral d'une personne née à Paris le 01 03 1965 à 8 h 30'.

Nous avons là trois données:
-              la date : 01 03 1965
-              l'heure : 8 h 30'
-              le lieu : Paris.

Le lieu de naissance et la Table des Maisons nous aident à trouver pour Paris les renseignements suivants:
-              latitude : 48°N52 (le N correspond à l'hémisphère Nord)
-        longitude: 0h 09'E (E indique que la ville considérée est située à l'Est du Méridien de Greenwich).

L'heure de naissance, 8 h 30', correspond à l'heure légale de la France. C'est à partir de cette heure que nous allons rechercher l’heure de Greenwich ou temps universel. Pour ce faire, nous prenons le Traité de l’heure où nous voyons à la rubrique : France que depuis le 16 09 1945 : TU = HL -1 h.

Nous remarquons aussi que pour la date qui nous intéresse, il n’y a pas d’heure d’été.

1) Pour notre exemple, le temps universel est donc égal à :

TU = 08h 30' - 1h
TU = 07h 30'

2) Au moyen du temps universel, nous pouvons déterminer l'heure locale de naissance en lui additionnant ou soustrayant la longitude, soit :

HLO = TU + ou - Long.

Lorsque le lieu de naissance est situé à l'Est du Méridien de Greenwich, la longitude doit être additionnée. Mais, s'il est situé à l'Ouest de ce même méridien, elle est à soustraire.

Pour notre exemple, la longitude qui est de 0h 09' E, indique un lieu de naissance à l'Est du Méridien. Elle doit donc être additionnée au temps universel.

L'heure locale pour notre exemple correspond à :

HLO = TU + long. E
HLO = 07 h 30’+ 0h 09’
HLO = 07 h 39 ‘

3) A son tour, l'heure locale est utilisée pour trouver le temps Sidéral de Naissance. Il faut l'additionner au Temps sidéral indiqué dans les éphémérides au jour de la naissance.

Par ailleurs, il y a lieu d'apporter un correctif d'une minute pour six heures ou dix secondes par heure.

Le Temps Sidéral de Naissance est égal à:
TSN = TS + HLO + 10" / h.

Pour notre exemple, le temps sidéral à la date de naissance du 01.03.1965, est égal à 10h 34' 21". L'heure locale étant de 7h 39', le Temps Sidéral de Naissance est donc de:

TSN  = 10h 34’ 21’’+ 7h 39' + correctif de 10"/h
TSN =    18 h 13’ 21 ‘’+ 01' 10"
TSN = 18h 14' 31

4) Munis du Temps Sidéral de Naissance et de la latitude, du lieu de naissance, nous trouvons, par simple lecture, à leur jonction et sur les Tables des Maisons, l'Ascendant Tropical.

Pour notre exemple, nous lisons dans la colonne Asc., à l'interception de la latitude 49 N et du Temps Sidéral de naissance : 18 h 13 ' 05" (temps le plus proche de 18h14'31") : Bélier à 7° 05'.

L'Ascendant Tropical est situé à 7° 05' du signe du Bélier.

5) Il ne nous reste plus alors qu'une seule opération à effectuer pour découvrir l'Ascendant Sidéral. Nous devons pour cela relever dans les Ephémérides l'ayanâmsha correspondant au mois et à l'année de naissance et soustraire sa valeur à celle correspondant à la position de l'Ascendant Tropical.

Pour notre exemple, nous trouvons dans les Ephémérides pour Mars 1965 et dans le tableau « Data for 0h 1 MARCH 1965 » que l'ayanâmsha est de 23°21'57".

L'Ascendant Sidéral est égal à:

Asc. Tropical = 7°05' du Bélier
- ayanâmsha =  - 23°21'57"
Asc. Sidéral =   13°43'03" des Poissons

L'Ascendant Sidéral de la personne née à Paris le 01 03 1965 à 8h 30' est situé à : 13°43'03" des Poissons.

Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.

samedi 30 juin 2018

Compte rendu du livre « Jyotish, astrologie de l’Inde, volume 1, fondements philosophiques et techniques » du Pandit Vishwanath Shastri (première partie).




Les Védas, premiers textes sacrés de l'Inde.


Des amis m’ont demandé d’apporter des approfondissements sur l’astrologie hindoue à la suite des traductions que j’ai effectuées du blog de l’astrologue védique Vrajabasi Das. Il y a sur le sujet un livre que j’ai trouvé à la fois formidablement bien écrit, clair et passionnant : « Jyotish, astrologie de l’Inde, volume 1, fondements philosophiques et techniques » du Pandit Vishwanath Shastri. Je voudrais vous en faire part à travers quelques articles de ce blog.

Jyotish, l'astrologie hindoue, est aussi ancienne que la civilisation indienne. Dans les Védas, les textes fondateurs de la tradition, 400 000 vers lui sont consacrés.

L'astrologie présente dans les Védas diffère presque totalement de celle de l'Occident contemporain. Elle concerne principalement les périodes de bon augure pour l'accomplissement des rites et sacrements. Toute cérémonie, en effet, doit être accomplie à un moment particulier, en harmonie avec l’ordre cosmique, pour accorder à celui qui la pratique des résultats bénéfiques. Cette astrologie fait allusion à des notions astronomiques fort avancées, mais cela dans la langue poétique et ésotérique propre aux Védas.

Depuis quelques années, des chercheurs indiens et occidentaux s'appliquent à décrypter les versets védiques concernant l'astronomie d'un point de vue scientifique. Ce qu'ils sont en train de découvrir pourra peut-être réconcilier les deux attitudes ennemies : les anciens Indiens possédaient bien réellement des connaissances astronomiques forçant l'admiration (de même qu'ils avaient connaissance de l'atome), et l'antiquité de leur culture dépasse les limites qui lui avaient été assignées. De même l'Occident vient-il de découvrir le génie indien en matière de mathématiques, en reconnaissant, entre autres, l'origine sanskrite des chiffres dits arabes. Or, l'on dit en Inde que les mathématiques sont le prâna (souffle vital) de l'astrologie. Il n'est donc pas étonnant que les compétences en ce domaine aient été de pair avec les connaissances astronomiques proprement dites.

Il est fréquemment reproché à l'astrologie hindoue d'avoir développé les calculs basés sur la Lune par incapacité à étudier le mouvement apparent du soleil. Critique mal fondée, si l'on sait que les calculs basés sur la Lune sont beaucoup plus complexes que ceux qui étudient le Soleil.

Ce n’est qu’après l'époque védique que l'astrologie interprétative commence à se développer en Inde. La majorité des grands textes sacrés : Purânas, Mahâbhârata font référence à l'astrologie. Parmi les principaux traités relevant purement du domaine de l'interprétation, on peut citer:

Brihat Parashara Hora Shastra de Pârâshara

Jaimini Sutram de Jaimini

Brihad Jâtakam de Varaha Mihira

Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.

samedi 28 janvier 2017

Extrait de mon livre "Jorge Luis Borges, une autre littérature" (cinquième partie).





Une autobiographie très lacunaire


Aujourd’hui, comme je suis très fatigué et que j’ai en plus plein de choses à faire, je vais me contenter de vous proposer un extrait (le cinquième) de mon livre Jorge Luis Borges, une autre littérature. Cet article fait suite à celui-ci.


Du poète d’avant-garde
à l’écrivain international



JEUNESSE DANS LE QUARTIER DÉFAVORISÉ DE PALERMO


Jorge Luis Borges naît le 24 août 1899, au 840 rue Tucumán, en plein cœur de l’actuel Buenos Aires. Il est le fils de Jorge Guillermo Borges et de Leonor Acevedo Haedo. Du côté de ses deux parents, il a des aïeux célèbres, en particulier des militaires qui se sont illustrés dans les luttes pour l’indépendance de l’Argentine. Son père est avocat, mais donne aussi des cours de psychologie en anglais à l’Ecole normale des langues modernes. En effet, la grand-mère paternelle, Fanny Haslam, est née dans le Staffordshire et s’exprime presque exclusivement dans cette langue, ce qui influencera très fortement son fils ainsi que son petit-fils. Le père de Borges sera, en 1924, le premier à adapter en espagnol, pour la revue Proa, les Rubaiyat d’Omar Khayyâm, un poète mystique persan, à partir du texte d’un érudit anglais, Edward Fitzgerald. Il sera aussi l’auteur d’un roman, El caudillo, de nouvelles et de poèmes. En 1901, deux événements importants surviennent dans la vie de Jorge : sa famille déménage vers le quartier de Palermo, alors considéré comme faisant partie de la banlieue pauvre de Buenos Aires, dans une grande maison située au 2135 de la rue Serrano, et il lui naît le 4 mars une petite sœur, Leonor Fanny, que tout le monde appellera Norah. Ce quartier sera très présent dans l’œuvre de Borges, notamment dans son essai sur l’écrivain Evaristo Carriego et dans deux poèmes, Le Retour (Ferveur de Buenos Aires) et Elégie des portails (Cuaderno San Martin).

Borges apprend naturellement à lire en anglais : il raconte, dans son Essai d’autobiographie, que le premier roman qu’il eut entre les mains fut Huckleberry Finn. Puis il découvre des auteurs comme le capitaine Marryat, Wells, Poe, Stevenson, Dickens, Carroll, Cervantes. Il se passionne pour Les Mille et Une nuits dans la traduction de Burton, mais doit les dévorer en cachette car ce livre est considéré comme obscène. Il lit en espagnol les romans d’Eduardo Guttiérez, qui mettent en scène des mauvais garçons (les desperados), comme Juan Moreira, mais aussi son livre Siluetas militares, où est décrite la mort glorieuse du colonel Borges, un de ses ancêtres. Il déclare à son père sa vocation d’écrivain dès l’âge de six ans et, en 1906, rédige son premier texte recensé, La visera fatal (La Visière fatale), en espagnol archaïque à la manière de Cervantès ! Il compose en anglais un petit traité sur la mythologie grecque, plagié d’après l’auteur lui-même sur le Dictionnaire classique de John Lemprière. Puis en 1908, il traduit de l’anglais à l’espagnol la nouvelle d’Oscar Wilde Le Prince heureux. Elle est publiée dans un journal de Buenos Aires, El Pais. Leur premier prénom étant identique, tout le monde croit qu’il s’agit d’une traduction réalisée par son père. A treize ans, Borges écrit également un petit récit, El rey de la selva (Le Roi de la forêt).

Il lui faut aussi la même année rentrer contre son gré à l’école primaire. Il en gardera un souvenir amer toute sa vie, du fait des mauvais traitements infligés par ses camarades, qui le considéraient comme un «intellectuel» et qu’il percevait comme des «voyous ». Les vacances se passent en revanche dans le bonheur et les jeux enfantins avec sa sœur Norah, chaque mois de février à Adrogué, à vingt kilomètres au sud de Buenos Aires. Le nom de cette petite cité reviendra souvent par la suite dans l’œuvre de l’écrivain.

Après avoir terminé son école primaire, Borges intègre le collège Manuel Belgrano. Ces désagréables années d’études s’interrompent lorsque la famille doit partir le plus rapidement possible pour la Suisse. En effet, le père de Borges, pourtant encore jeune (quarante et un ans),connaît d’énormes problèmes de vue du fait d’une maladie héréditaire, au point de ne plus pouvoir lire les documents qu’il doit signer. Il préfère prendre sa retraite et se rendre dans ce pays pour consulter un ophtalmologue de renommée internationale.

Voilà. C'est tout pour le moment. Amitiés à tous.

vendredi 28 octobre 2016

Traduction d’un article du blog bouddhiste tibétain : «Rincon del Tibet» : « Ne te contente jamais de moins que ce que tu mérites ».






 Le blog bouddhiste Rincon del Tibet


J'ai trouvé ce texte tellement beau et vrai que je l'ai traduit.

"Il y a un dilemme dans ce que nous pensons ou pensons que nous méritons : souvent, consciemment ou inconsciemment, nous limitons notre mérite à des choses qui finalement sont en dessous de ce que nous devrions recevoir, je veux dire ce que nous devrions recevoir de la loi cosmique, du fait de notre condition intrinsèque d’être capable d'avoir tout, de créer tout. Nous sommes nés pour être heureux et ce bonheur n'a rien à voir avec des réalisations matérielles ou des choses spécifiques qui sont obtenues éventuellement dans nos vies ; je parle du bonheur qui va au-delà des circonstances, d'un état permanent de calme et de tranquillité que nous donne notre connexion consciente avec notre Soi supérieur. 

Quand les choses ne vont pas bien, quand nous sommes en dehors de l'alignement avec notre but dans la vie, quand nous sentons un malaise dans notre corps, quand nous nous inquiétons, quand nous désespérons, quand nous nous sentons anxieux ou craintifs, c’est que nous tenons invariablement notre esprit dans un autre temps que le présent. Nous pouvons facilement le sentir, mais souvent nous ne donnons pas l'importance qu'elle mérite à l’idée que nous nous éloignons de tout ce que nous avons, qui est notre présent, et que nous laissons notre esprit s’emparer de nous-mêmes.
 
Nous pouvons faire que notre esprit devienne notre principal outil, nous pouvons créer des choses merveilleuses dans nos vies, mais si nous cessons de l'observer, si nous cessons de surveiller comment il fonctionne, nous pouvons perdre notre présent et avec lui toutes les possibilités que nous avons. 

Lorsque nous avons la plus grande identification avec notre esprit, nous ne nous sentons plus alignés avec notre condition naturelle d’ouverture à la vie,  sans attachement, sans soucis, sans dépendance et surtout sans crainte. 

Notre esprit est plein d'ego, et nous dit constamment qu'il n'y a rien au-delà  de lui... Il est très souvent difficile d’ouvrir notre conscience au fait que nous ne sommes ni notre ego ni notre esprit. Plus nous nous libérons d’eux, plus notre vie commence à être conviviale et la perspective avec  laquelle nous observons la journée et notre situation sera empreinte de sagesse. 

Regardez vos pensées et prenez conscience que vous n'êtes pas ces pensées, prenez conscience que vous pouvez créer la réalité que vous voulez, prenez conscience que plus vous aurez de pensées libres, plus vous vous connectez avec votre essence. Vivez dans l’intemporel, il suffit d'utiliser votre passé et votre futur à des fins pratiques, mais ne laissez pas la machine du temps de votre esprit créer de la souffrance dans votre vie. 

Regardez votre vie comme elle est, ne créez pas des étiquettes, si vous traversez un mauvais moment, n’en faites pas une étiquette, juste regardez ce mauvais moment et acceptez-le : les problèmes, les circonstances négatives, les défauts, les limites, ne prennent vigueur que dans notre esprit imaginatif et catastrophique, laissant derrière eux la culpabilité, le ressentiment, la colère. De tout cela, vous devez vous libérer profondément parce que sinon votre esprit va essayer de le ressortir encore et toujours dans votre vie. Ne retenez pas quoi que ce soit, ne résistez à rien, juste contentez-vous d’observer et de laisser passer.

Il n’a que vous qui pouvez changer votre vie, vous vous ouvrez le chemin par lequel vous voyagerez. Si vous faites de l’observation de votre pensée une habitude, vous verrez un changement positif dans votre vie, vous allez voir comment les choses vous affectent différemment, comment tout coule avec une plus grande légèreté, comment vous sentez moins de souffrance et comment vous commencez à changer votre point de vue sur ce que vous méritez ... ne pas se contenter de peu."
 
Voilà c’est tout pour aujourd’hui. La suite au prochain numéro. Amitiés à tous.