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mardi 15 décembre 2020

Compte rendu du livre « La thérapie adaptative » de Michel Lamy (dix-huitième partie) (Etre en colère, c’est comme prendre un charbon ardent avec le projet de le jeter sur quelqu’un. C’est soi-même que l’on brûle).


 


La colère.

 

Cet article est inspiré du livre « La thérapie adaptative » de Michel Lamy. Il est la suite de celui-ci.


« Je ne veux pas exprimer ma colère contre mes parents. Je ne veux pas qu'ils s'en tirent à si bon compte. Ils m'ont fait trop de mal, ils doivent payer ». Comment ? Sophie, depuis des années, entretient sa souffrance, s'enferme dans la solitude, se maintient en dépression, dans l'espoir inconscient «qu'ils voient combien ils m'ont blessée.»

N'avez-vous jamais été tenté par cet esprit  de vengeance? Il est aussi fréquemment projeté sur un(e) ex. Faire suivre une séparation d'une belle dépression vous assure la compassion de votre entourage. Le méchant, c'est l'autre. Vous êtes la victime. Se maintenir en souffrance... Pour culpabiliser l'autre. Pas question de se réparer trop vite, vous devez conserver vos blessures pour alimenter votre colère !

Sans compter les dégâts sur votre organisme. On oublie trop souvent que la colère est un processus physiologique avant d'être «psychologique ». La colère est une émotion. Considérons l'étymologie du mot : E- = vers l'extérieur / Motion = mouvement. L'émotion est un mouvement vers l'extérieur. Il se déroule en trois phases, la charge (adrénaline, accélération cardiaque, afflux de sang dans le haut du corps... Je deviens rouge), la tension (pression sanguine, tensions musculaires, stases sanguines dans le cerveau...), puis la décharge (par la parole ou par des coups sur un coussin quand la colère est très forte). La colère sortie, l'organisme revient à un état de tranquillité intérieure. Mais si vous restez en tension ! Retenir une émotion en soi consomme énormément d'énergie. Toute colère non exprimée nous détruit de l'intérieur. Rester en pression, c'est usant ! Choisissez plutôt l'ex-pression.

Vous êtes tenté par la violence ? C'est une autre façon de ne pas montrer votre colère, de ne pas parler de vous, de ne pas vous réparer. La violence est destructrice, la saine colère construit. Dans la violence, je parle de l'autre. Dans la colère, je parle de moi. Nous devons certes rester en colère et mobilisés contre la misère, contre la violence, contre la pollution de la planète... La saine colère consiste à assumer notre part de responsabilité et non pas à projeter notre colère contre des personnes.

La colère est une émotion de réparation, mais conservée en soi, elle se comporte comme un poison.

 

Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.





Compte rendu du livre « La thérapie adaptative » de Michel Lamy (dix-septième partie) (18 idées pour vous aider à l’emporter sur les épreuves de la vie).

 


Vous n’avez rien à prouver à personne.


Cet article est inspiré du livre « La thérapie adaptative » de Michel Lamy. Il est la suite de celui-ci.


1. Les humains ne rejettent pas les humains, certains d’entre nous avancent simplement, et d’autres prennent du retard. Ceux qui sont en retard se sentent rejetés.

2. Si vous vous sentez bien dans votre peau, où est la nécessité pour les autres de ressentir la même chose pour vous ?

3. Si une personne n’a rien de bien à dire sur elle-même, mais qu’elle veut tout de même dire quelque chose, elle commencera à parler mal des autres.

4. Si vous voulez plonger dans quelque chose, plongez dans la science, ne plantez pas un couteau dans le dos d’un ami.

5. La dépression a été donnée aux gens afin qu’ils fassent une introspection et qu’ils réévaluent leur comportement.

6. Si vous voulez rencontrer votre pire ennemi, regardez dans le miroir. Lorsque vous serez prêt à l’affronter, vous n’aurez aucun problème à faire face à quelqu’un d’autre.

7. Réussissez et toutes les insultes disparaîtront comme par magie.

8. C’est vraiment agréable de parler avec un ami, mais c’est très utile de parler avec un ennemi.

9. Il n’y a qu’une seule raison valable pour mettre fin à une relation amoureuse ou commerciale, l’incapacité de maintenir une croissance personnelle et un développement continu dans la relation.

10. Ne poursuivez pas le bonheur, c’est lui qui vous trouvera. Je peux vous dire un endroit où vous pouvez toujours trouver le bonheur : en vous. Le chemin le plus court mène à votre développement personnel.

11. Le bonheur est un sous-produit d’une action bien organisée.

12. Si vous voulez prouver quelque chose à quelqu’un, cela signifie que vous vivez pour cette personne. Mais, si vous vivez pour vous-même, alors vous n’avez rien à prouver à personne.

13. Fantasmer est la voix de notre capacité. Par exemple si je fantasme de chanter dans un opéra, mais que je n’ai ni la voix, ni l’ouïe, je ne serai probablement jamais sur scène. Cependant, si je fantasme sur quelque chose qui est plus en phase avec mes capacités, je réaliserai mes rêves assez rapidement.

14. Il vaut mieux communiquer avec un bon livre qu’avec une personne vide.

15. Si vous voulez quelque chose, ne demandez pas la permission. Vous ne l’aurez pas !

16. La capacité d’aimer et de faire face à la solitude est un signe de maturité spirituelle. 

17. Une personne immature possède souvent des connaissances, mais elle ne sait pas comment s’en servir, alors qu’une personne mature a les connaissances et sait les appliquer. C’est pourquoi les gens immatures critiquent, tandis que ceux qui sont matures agissent.

18. Je ne connais pas le chemin du succès, mais je connais certainement le chemin le plus court vers l’échec : vouloir plaire à tout le monde.


Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.

dimanche 13 décembre 2020

Compte rendu du livre « La thérapie adaptative » de Michel Lamy (seizième partie) (Tout conflit extérieur reflète une difficulté qui s’exprime au-dedans de nous).

 



  La projection en psychologie.

 

Cet article est inspiré du livre « La thérapie adaptative » de Michel Lamy. Il est la suite de celui-ci.

De toutes les connaissances, celle que nous craignons le plus c'est celle de nous-mêmes. L'enfer, ce ne sont pas les autres. Tout conflit extérieur reflète une difficulté qui s’exprime au-dedans de nous. C'est un rendez-vous d'amour avec nous-mêmes qui nous est proposé, l'occasion d'ajuster un désordre intérieur. Les ressources de l'être se trouvent dans ce qu'il souhaite cacher de lui-même et non pas dans ce qu'il cherche à faire paraître. Refuser d'intégrer notre totalité pourrait bien nous faire basculer dans le totalitaire et exclure l'ombre, le refoulé qui nous laisse piétiner dans le marasme de nos opacités (voir à ce sujet le très beau livre de Debbie Ford « La part d’ombre du chercheur de lumière » dont j’ai rendu compte à plusieurs reprises dans ce blog .

Si vous ne voulez pas rentrer dans votre peau, vous en voudrez à la peau de l'autre. À l'extrême on pourrait aller jusqu'à « vouloir la peau de l'autre ». Tout ce que vous ne voulez pas voir de vous-même vous le projetez sur l'autre, toute l'énergie réprimée contre vous se trouve dans le visage qui vous fait face (J’ai étudié le concept de « projection » dans un article de ce blog ).  Ce n'est pas l'autre que vous n'aimez pas, c'est l'image qu'il vous renvoie de vous-même. En refusant l'invitation à « voir », vous augmentez votre angoisse et renforcez la négation de votre être profond.

Dans le Talmud, il est dit que nous avons deux yeux, un pour discerner, l'autre pour aimer. Si l'on acceptait d'ouvrir l'œil du discernement, alors peut être la lanterne magique de l'amour pourrait commencer d'opérer ses miracles. Si l'on tentait de voir chez l'autre un autre soi-même, alors seulement nous pourrions nous rencontrer vraiment. En hébreu le mot « réparer » au sens de « repriser » et le mot « frère » ont la même racine.

Autrement dit, à chaque fois que vous réparez une partie blessée de votre histoire, vous vous rapprochez de vos frères.  De même que chaque projectile lancé au visage de l'autre a un impact sur la planète entière, chaque acte de guérison a une incidence sur le reste du monde.

 

Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.



Compte rendu du livre « La thérapie adaptative » de Michel Lamy (quinzième partie) (Les passerelles pour dénouer les blocages psychologiques).

 


 

Le roman « Un pont de cendres » de l’écrivain américain Roger Zelazny.

 

Cet article est inspiré du livre « La thérapie adaptative » de Michel Lamy. Il est la suite de celui-ci

Qui ne s'est un jour senti accablé par la terrible sensation de tourner en rond, de recommencer encore et encore la même histoire. « Plus ça change, plus c'est la même chose» : comment donner tort à ce vieil adage qui n'en finit pas de se vérifier

Souviens-toi alors d'où tu viens ! Reviens sur tes pas.

Le retour sur soi met la conscience au travail. Impossible de nier qu'en observant le chemin parcouru, on repère mieux la manière de fonctionner qui en a conduit le dessin.

Mêmes causes, mêmes effets ! L'analyse sous toutes ses formes, de Freud aux thérapeutiques transgénérationnelles, est l'occasion de se réapproprier ses mouvements répétitifs, d'en prendre la responsabilité au lieu d'accuser le monde entier pour mieux éviter la culpabilité ou le changement.

Responsable et non coupable est la substance de la conscience, l'esprit de la thérapie comme de la techouva, mot hébreu qui signifie retour et repentir. Double sens qui souligne que l'acte de revenir sur ses pas tient lieu de repentir. Inutile de se fustiger de surcroît : c'est la bonne nouvelle. La mauvaise est que ce travail de conscience n'est que la moitié du remède, l'étape de clarification qui permet de donner du sens à ses façons de faire en vue de poser de nouvelles intentions. Mais ne sait-on pas assez que l'enfer est pavé de bonnes intentions ? L'enfer, c'est la répétition. Vous l'avez sûrement constaté comme moi. Il ne suffit pas de se souvenir d'où l'on vient pour se renouveler. Encore faut-il créer un nouveau commencement si l'on veut ne pas repartir dans la même direction.

Poser un acte, imprimer un nouveau mouvement au corps. Faire... Initier un changement de comportement dans le sens de son désir... pas seulement comprendre ! C'est alors que notre marche arrière nous permet de repartir de l'avant sur une nouvelle route.

D’une manière générale, l’idée essentielle est de créer des passerelles, tout d’abord vers le passé : il faut retrouver des situations où nous avons réussi : remise d’un prix, félicitation par quelqu’un de connu ou d’inconnu, découverte personnelle, etc. Si l’on creuse en soi véritablement, on s’apercevra rapidement que l’on peut retrouver beaucoup de souvenirs même très lointains dans son enfance. Cette attitude correspond au concept nouveau du psychiatre et hypnothérapeute américain, Milton Erickson, au sujet de l’inconscient, qui, selon lui, est un immense réservoir contenant toutes nos expériences, les mauvaises comme l’ a mis en évidence Freud, mais aussi les très valorisantes (voir dans ce blog l’ histoire motivante racontée par Erickson « J’avais tant appris »). Il paraît évident que, si nous avons réussi dans le passé, nous pouvons, selon la loi des probabilités, réussir aussi dans le présent. Dans le roman de l’écrivain américain  Roger Zelazny « Un pont de cendres », le héros, un jeune autiste, parvient même à créer des passerelles, des ponts, avec des vies antérieures dont le contact le rend génial (à vous de voir si vous croyez à ce concept !).

Des passerelles peuvent évidemment aussi être créées dans le présent. Si nous avons un domaine d’élection où nous réussissons à merveille, nous pouvons transporter les comportements que nous développons dans ce domaine dans une autre sphère où nous avons l’impression de ne pas réussir.

La dernière passerelle est évidemment celle de la réussite des autres. Il faut que vous essayez de transposer dans votre vie ce qui est réussi dans la vie de gens que vous connaissez ou que vous admirez (voir à ce sujet le livre de l’écrivain Napoleon Hill, « Réfléchissez et devenez riche », que je détaille dans ce blog, qui a passé plus de 20 ans seulement à observer et interviewer des gens ayant réussi selon ses critères).

  

Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.

vendredi 15 novembre 2019

Les quatre accords toltèques. Premier accord : Que votre parole soit impeccable (quatrième partie). La notion d’impeccabilité.




  
Résumé des quatre accords toltèques.



Ce livre est le meilleur ouvrage de spiritualité que j’ai lu depuis 10 ans.

Le premier accord toltèque est le plus important et aussi le plus difficile à honorer. Il est si important qu'à lui seul il vous permettra de transcender votre vie actuelle pour parvenir à ce que j’appelle le paradis sur terre.

Le premier accord est : que votre parole soit impeccable.

Cet article est la suite de celui-ci.

La notion d’impeccabilité

Voyons maintenant ce que l'on entend par impeccabilité. Le mot impeccable vient du latin pecatus, qui signifie péché et du radical im- qui signifie sans ; impeccable signifie donc sans péché. Les religions parlent de péchés et de pécheurs, mais voyons de plus près ce que signifie vraiment pécher.

Un péché est quelque chose que vous commettez contre vous-même. Toute chose que vous sentez, croyez ou faites à l'encontre de vous-même est un péché. Vous agissez contre vous-même lorsque vous vous jugez ou critiquez pour n'importe quoi. Être sans péché, c'est donc faire exactement l'inverse. Être impeccable, c'est ne rien faire contre soi-même. Lorsque vous êtes impeccable, vous assumez la responsabilité de vos actions, mais vous ne vous jugez pas, vous ne vous critiquez pas.

Vu sous cet angle, tout le concept du péché est transformé : ce n'est plus quelque chose de moral ou de religieux, c'est une affaire de bon sens. Le péché commence avec le rejet de soi. Se rejeter soi-même est le plus grand péché que vous puissiez commettre. En termes religieux, le rejet de soi est un péché mortel, puisqu'il conduit à la mort. Être impeccable, en revanche, mène à la vie.

Pour que notre parole soit impeccable, il ne faut donc pas l'utiliser contre soi. Si je vous aperçois dans la rue et que je vous traite d'imbécile, il semble que je me serve de la parole contre vous. Mais en réalité je l'utilise contre moi, car vous allez me détester et votre haine ne me fera aucun bien. Donc, si je me mets en colère et que je vous envoie mon poison émotionnel par la parole, je l'utilise contre moi-même.

Si je m'aime, j'exprimerai cet amour dans mes interactions avec vous et ma parole sera impeccable, car cette manière d'agir produira une réaction similaire. Si je vous aime, vous m'aimerez. Si je vous insulte, vous m'insulterez. Si j'ai de la gratitude envers vous, vous en aurez envers moi. Si je suis égoïste avec vous, vous le serez avec moi. Si j'utilise ma parole pour vous jeter un sort, vous m'en jetterez aussi un.

Avoir une parole impeccable, c'est faire bon usage de votre énergie ; cela signifie que vous l'utilisez dans le sens de la vérité et de l'amour de vous-même. Si vous concluez cet accord avec vous-même, que votre parole soit impeccable, cette seule intention manifestera la vérité en vous et nettoiera tout le poison émotionnel qui subsiste en vous. Mais il est difficile de conclure cet accord parce que nous avons appris exactement l'inverse. Nous avons appris le mensonge comme mode de communication avec les autres et surtout avec nous-mêmes. Notre parole n'est pas impeccable.

Le mauvais usage de la puissance de la parole crée l'enfer. On l'utilise pour médire, pour critiquer, pour culpabiliser, pour détruire. Bien sûr, on s'en sert aussi de la bonne manière, mais pas très souvent. On l'utilise surtout pour répandre du poison personnel, pour exprimer la colère, la jalousie, l'envie et la haine. La parole est pure magie — c'est le plus puissant cadeau donné aux humains — et on l'utilise contre soi-même. On planifie sa revanche. On crée le chaos par la parole. On se sert des mots pour attiser la haine entre races, personnes, familles, nations différentes. Nous faisons un mauvais usage de la parole si fréquent que nous créons et perpétuons un cauchemar d'enfer. L'utilisation négative de la parole nous maintient les uns les autres au fond du gouffre, dans un état de peur et de doute. La parole étant de la magie et son mauvais usage de la magie noire, nous pratiquons la magie noire en permanence, sans réaliser le moins du monde que notre parole est magique.

Prenons l'exemple de cette femme intelligente et dotée d'un bon cœur. Elle avait une fille qu'elle adorait. Un soir, elle est rentrée chez elle après une très mauvaise journée de travail, fatiguée, remplie de tensions émotionnelles, avec un mal de tête abominable. Elle souhaitait un peu de paix et de calme, mais sa fille chantait et sautait joyeusement. Celle-ci ne se rendait pas compte de l'état dans lequel était sa mère ; elle jouait dans son propre monde, son propre rêve. Elle se sentait bien, elle sautait et chantait de plus en plus fort, exprimant toute sa joie et tout son amour. Elle chantait si fort qu'elle aggrava le mal de tête de sa mère qui, au bout d'un moment, perdit contrôle. En colère, elle regarda son adorable fille et lui dit : Tais-toi ! Tu as une voix horrible. Peux-tu simplement te taire ?

En réalité, c'est la tolérance de cette femme envers le moindre bruit qui était réduite à néant et non la voix de sa petite fille qui était horrible. Mais cette dernière a cru ce que sa mère lui avait dit, et, à cet instant, elle a conclu un accord avec elle-même. Après cet incident, elle n'a plus jamais chanté, car elle croyait que sa voix était horrible et qu'elle dérangerait quiconque l'entendrait. Elle devint timide à l'école et, si on lui demandait de chanter, elle refusait. Même parler aux autres devint difficile pour elle. Tout changea dans la vie de cette petite fille à cause de ce nouvel accord : elle crut qu'elle devait réprimer ses émotions afin d'être acceptée et aimée.

Chaque fois que l'on écoute une opinion et qu'on la croit, on conclut un accord qui s'intègre à notre système de croyances. Cette petite fille grandit et, bien qu'elle eût une belle voix, elle ne chanta plus. Elle développa tout un complexe à cause d'un seul sort qui lui avait été jeté par celle qui l'aimait le plus : sa propre mère.

Voilà. C’est tout pour aujourd’hui. Amitiés à tous.

mardi 10 septembre 2019

Les blessures personnelles sont souvent dues à des blessures collectives.



La guerre, une blessure collective.



Cet article est inspiré du livre « Savoir aimer en destemps difficiles, les trois combats » de Charles Rojzman et Nicole Rothenbühler. 
Il est la suite de celui-ci. 

Nos blessures personnelles sont consécutives à la violence qui nous a été infligée et qui a endommagé plus ou moins gravement notre puissance, notre autonomie, notre confiance en nous-mêmes et dans les autres. 

Ces blessures personnelles ont des répercussions dans la vie collective. En fonction de ce que nous avons vécu, nous avons développé des comportements destructifs qui nuisent à la fois à notre équilibre et à la vie de relation. C'est dans notre vie de couple, dans nos amitiés et nos inimitiés, dans la vie professionnelle, que notre violence va s'exprimer sous forme de maladies sociales — sociales parce qu'elles s'expriment en société, parce qu'elles sont collectives.

Entre l'individu et la société, il existe une interaction permanente. Ce sont nos blessures et nos stratégies de survie qui justifient notre violence, et cette violence contribue à créer un climat d'inimitié et de méfiance qui nous sépare trop souvent les uns des autres. Mais nous sommes également soumis aux grandes évolutions de la société telles qu'elles se manifestent dans notre vie quotidienne. 

Le monde change, et nous devons en permanence nous adapter à son évolution. Parfois, c'est facile, et nous y parvenons. Mais à d'autres moments, le changement que nous ne parvenons pas à maîtriser génère de nouvelles peurs et de nouvelles angoisses. « La crise » n'est pas toujours positive, même si elle recèle comme tout bouleversement ou toute situation difficile des possibilités d'évolution. On parle souvent de crise économique, mais on néglige de considérer d'autres fractures plus profondes, qui sont d'ailleurs à l'origine de la crise économique.

Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.

lundi 9 septembre 2019

Compte rendu du livre « La thérapie adaptative » de Michel Lamy (quatorzième partie) (Comment réussir à poser des limites ?)



Poser ses limites.


Cet article est inspiré du livre « La thérapie adaptative » de Michel Lamy. Il est la suite de celui-ci.


Poser ses limites n’est pas forcément évident, surtout lorsque l’on manque d’estime de soi, mais c’est indispensable pour être heureux. Tout le monde doit savoir un minimum poser ses limites, parce que sinon on prend le risque de laisser les autres nous dicter notre vie. Surtout, ne pas poser ses limites implique que l’on ne se respecte pas. Or se respecter est très important : c’est une composante essentielle de l’estime de soi, socle de votre bien-être et de votre bonheur.

Poser vos limites, c’est vous respecter, mais aussi vous donner plus de chance d’être respecté par les autres. Ce n’est pas pour autant que c’est facile et qu’on veuille le faire, car poser ses limites, lorsque l’on n’en n’a pas l’habitude, représente un sacré challenge : on se demande comment les autres vont réagir et on peut avoir peur de leur réaction, se faire beaucoup de films dans la tête, surtout négatifs, alors que dans la grande majorité des cas, les pensées négatives dues à l’anticipation ne se transforment pas en réalité.

On peut aussi ne pas savoir comment dire non aux autres. Mais c’est une compétence, cela s’apprend. Poser vos limites fait partie des choses que vous devez effectuer pour entretenir et améliorer votre estime. Sans cela, vous allez continuer à vous faire marcher sur les pieds. Si vous ne savez pas poser vos limites, alors vous n’employez certainement pas vos précieuses ressources limitées de façon volontaire pour les autres mais de façon contrainte, comme si vous n’aviez pas le choix.

Alors qu’en réalité, on a souvent bien plus de choix qu’on ne le pense. Poser ses limites est vraiment important, pour soi et pour les autres. Pour vous-même parce que lorsque vous posez vos limites, vous vous donner l’opportunité de prendre soin de vous, de vous respecter et d’avoir une bonne estime de vous.

Poser vos limites équivaut à accorder de l’importance à votre bien-être et à votre bonheur. Or est-ce que vous êtes plus apte à être là pour les autres, à les aider, lorsque vous êtes heureux et au mieux de vos capacités ou lorsque vous êtes malheureux et complètement épuisé ?

C’est paradoxal, mais poser vos limites est important pour vous mais aussi pour votre entourage, même si au premier abord votre entourage vous fait part de son mécontentement envers le fait que vous ne lui dites pas « oui » à tout. Parce que lorsque vous posez vos limites, vous vous laissez de la capacité à être là pour vos proches, pour les personnes qui comptent pour vous, et cela aux moments où ils en ont le plus besoin.

Quand vous posez vos limites en disant « non » aux autres, en réalité vous vous dites « oui » à vous et vous dites « oui » au fait de vous donner un maximum de chance pour être apte à être là pour les autres aux moments cruciaux.

Oui, poser vos limites n’est pas facile. Oui, cela peut créer des tensions avec les autres. Ils peuvent être déçus et éprouver des émotions et pensées négatives parce que vous avez posé vos limites face à eux. Mais ils ont tout comme vous le choix de leur réaction.

De toute façon, vous ne pouvez pas plaire à tout le monde, satisfaire tout le monde, même si vous le souhaitez. Personne ne fait l’unanimité, même des figures comme Nelson Mandela, Martin Luther King ou mère Theresa. Rechercher à tout prix à plaire aux autres est une impasse qui vous éloigne de vous-même, alors que ce que vous devez faire dans la vie pour être heureux, c’est vous rapprocher de vous, vous atteindre.

Vouloir plaire à tout le monde, quitte à vous dénaturer, est un signe clair d’une trop faible estime de soi. Vous n’avez pas assez de vos précieuses ressources limitées pour ça : vos ressources limitées comme votre temps, vos capacités physiques et intellectuelles, votre attention, votre argent.

Poser vos limites implique que vous devez accepter le fait que les autres peuvent avoir des réactions négatives face à vos non, à vos refus. Ce n’est pas agréable de prendre en pleine figure les réactions négatives des autres. Et ils ont le droit d’être déçus : vous pouvez le comprendre, mais ce n’est pas pour autant que vous devez en être content ou céder.

Moi-même, quand quelqu’un pose ses limites face à moi, me dit non. Je ne suis pas forcément ravi parce que ça ne correspond pas aux plans que j’avais dans la tête. Mais ce n’est pas pour autant que je vais en vouloir à la personne parce que je sais que poser ses limites est important. Et si je m’autorise à poser mes limites, je dois autoriser les autres à poser les leurs et même souhaiter qu’ils le fassent pour leur propre bien.

Cela me donne aussi une occasion de comprendre comment se manifeste pour eux le respect parce que les signes de respects ne sont pas les mêmes pour tout le monde.

Mais ce n’est pas parce que vous posez vos limites et que vous acceptez que les autres le fassent que forcément les autres auront la même approche. Ils peuvent notamment souffrir d’une mauvaise estime, avoir un gros ego démesuré, être narcissique, ne pas supporter les limites, les contraintes.

Lorsque vous décidez de poser vos limites, gardez à l’esprit que les autres peuvent avoir des réactions négatives. Faites de votre mieux pour ne pas spéculer et ne pas tomber dans une spirale de négativité, mais gardez en tête que les autres peuvent mal prendre le fait que vous posiez vos limites.

Encore une fois : c’est leur problème s’ils ne le prennent pas bien. Lorsque vous posez vos limites, les autres peuvent employer les techniques des briseurs d’estime contre vous. Ils peuvent se mettre à vous critiquer, à vous juger, à vous dire des méchancetés peut-être. Ce n’est pas agréable mais ce n’est pas pour autant que vous devez céder face aux personnes difficiles.

Les autres peuvent aussi chercher à vous culpabiliser pour obtenir un « oui » de votre part à ce qu’ils attendent. Ils peuvent également vous comparer à quelqu’un d’autre qui cède à leurs demandes, soit parce que ses limites sont différentes des vôtres, soit parce qu’il ne sait pas les poser.

Le meilleur moyen de vous protéger face aux techniques des briseurs d’estime est évidemment de vous forger une bonne estime personnelle et de vous armer d’outils pour gérer les émotions et pensées négatives qui pourraient monter en vous dans ce type de situation. (Si votre estime est trop basse, vous pouvez employer les techniques des briseurs d’estime contre vous, attention !)

Poser vos limites est important parce que sinon, vous ne vivez pas, vous ne faites que survivre, vous ne faites que réagir aux autres, aux évènements et vous ne prenez pas la responsabilité de votre vie. Si vous ne posez pas vos limites, vous vous exposez au stress, à la dépression, au burn out, vous vous mettez en danger.

Et vous pouvez mettre en danger vos proches qui pâtiront du fait que vous ne savez pas dire « non » quand il le faut. Vous n’êtes pas Superman ou Wonder Woman, vous êtes humain, vos ressources sont limitées. Ce n’est pas parce qu’on vous dit qu’il faut faire ceci, dire oui ça, avoir cela que c’est forcément le cas. Tout le monde n’a pas les mêmes limites. Vous devez connaître les vôtres pour les appliquer. Vous devez apprendre à vous connaître, savoir ce qui est important pour vous, la direction que vous souhaitez donner à votre vie, ce qui est essentiel pour vous.

Pour poser vos limites, faites de votre mieux avec patience et persévérance.  Lorsque vous réalisez que vous n’avez pas su ou osé poser vos limites dans une situation ou avec certaines personnes, demandez-vous pourquoi. Voyez comment vous pourriez agir mieux la prochaine fois.

Ce n’est pas parce que vous allez vous mettre à poser vos limites que les autres ne vont plus vous accepter, plus vous aimer. Votre réaction différente les étonnera sans doute et il y a des chances qu’ils soient déçus. Mais s’ils tiennent à vous, si vous comptez pour eux, ils comprendront.

Et vous, parvenez-vous à poser vos limites ? Dans quelle situation (ou avec quelle personne) est-ce le plus difficile de poser vos limites ? Partagez votre expérience avec des proches.

Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.

Les dégâts psychologiques de l’autonomie blessée.



Un autre livre coécrit par Charles Rojzman.


Cet article est inspiré du livre « Savoir aimer en des temps difficiles, les trois combats » de Charles Rojzman et Nicole Rothenbühler. Il est la suite de celui-ci.  

L'autonomie et une relation apaisée avec toutes les figures d'autorité restent pour bon nombre d'entre nous un objectif lointain et difficilement accessible.

Au moment où l'enfant dans son développement commence à penser par lui-même, il commence à voir le monde à travers ses yeux à lui ; il commence à exprimer le monde avec ses mots, à travers sa perception. Il est en train d'explorer sa pensée propre. Il est un enfant. Sa pensée n'est pas parfaite, mais elle se cherche. Elle est un mélange d'intuition, de manque de connaissance, de tâtonnement, de paranoïa et de raisonnement logique. En plus de cela, il a des illusions. Il ne voit pas le monde à travers sa raison critique. Il expérimente sa vision du monde et de la réalité.

La manière dont on va réagir à ses peurs et à ses fantasmes d'enfant, à ses réflexions logiques, va être décisive.

Tout en respectant sa poésie, sa manière de voir le monde avec des illusions, ses parents et son entourage vont petit à petit l'aider à avoir une meilleure perception de la réalité, lui apprendre à accepter les limites du réel (par exemple, le fait que le père Noël n'existe pas). Le rôle de la frustration est fondamental pour l'autonomie et la découverte de la réalité.

Quand l'enfant essaie d'échafauder sa connaissance, il tente de raisonner. S'il ne peut le faire en ayant droit à l'erreur, si on ne l'aide pas à trier le juste du faux, si on ne l'aide pas à faire la part des choses entre l'approximatif et le correct, c'est-à-dire à se diriger à l'intérieur de lui et dans toute la complexité que constitue une pensée, il va développer des peurs : peur d'être humilié, abandonné, culpabilisé. Il va ensuite, soit être soumis à la pensée des autres sans la remettre en question avec sa pensée propre, soit être constamment en rébellion avec la pensée des autres, en réaction au fait que sa pensée n'a pas été entendue.

L'autonomie est un état qui vient à la suite d'un processus où l'enfant construit au fur et à mesure sa pensée propre.

Qu'est-ce qui l'empêche de réaliser ce processus favorable ? Qu'est-ce qui l'amène à ne pas être conscient du filtre qui trouble sa vision de la réalité ?

Qu'est-ce qui crée en lui une insécurité si profonde qu'elle l'empêche d'accepter la complexité, qu'elle suscite en lui un désir de contrôle ou le fait qu'il ne peut plus remettre en question ses certitudes ?

Lorsque l'enfant veut se distancier, se détacher des certitudes et des croyances de sa famille, de son milieu, et qu'il veut construire sa propre vision de la réalité, on lui fait sentir que sa recherche de la vérité représente une trahison des siens. Ainsi, il se trouve devant ce choix douloureux d'appartenir et de se soumettre, donc de renoncer à sa propre vision du monde ou de se rebeller et d'adopter les positions contraires à sa famille.

Ainsi, il ne saura plus quoi penser de la réalité, perdu entre la rébellion et la soumission. Dorénavant, c'est surtout avec ses émotions qu'il verra le monde.

C'est l'amour qu'il voudra conserver, ou au contraire rejeter, qui dictera ses prises de position, qu'il cherchera ensuite à rationaliser pour qu'elles aient un semblant de cohérence et d'objectivité.

Qu'engendre l'autonomie blessée ? Le doute permanent qu'on ne peut pas survivre sans l'assistance de quelqu'un de plus fort que soi. Dans un groupe, ils espèrent recevoir de nous l'assurance que tout se passera bien, sans heurts et sans anicroches. Leur manque d'autonomie se traduit par une soumission à l'autorité. Tant que tout se passe bien.

À condition que tout se passe bien. En fait, ils ne s'intéressent pas vraiment aux autres. Seul compte le cadre sécurisant, et ce cadre doit être donné par l'autorité : l'heure de début et de fin du travail en groupe, le respect des règles, la place exacte et équivalente donnée au temps de parole de chacun, l'assurance qu'il n'y aura pas de violence, que des règles permettront d'assurer la vie harmonieuse du groupe, qu'il n'y aura pas de dérapages verbaux, pas d'insultes.

Leur objectif, c'est le cadre. Leur rêve, c'est que tous se conforment et restent uniformes.

Nécessairement, ce cadre est détenu et assuré par l'autorité qui en est entièrement responsable. La blessure de l'autonomie ? Oui, ils ne peuvent exister sans ce cadre qui les définit, eux et les autres, et ils pensent d'ailleurs qu'ils n'ont aucun pouvoir pour changer ce cadre.

Mais quand l'autorité est défaillante, montre ses limites, fait des erreurs, alors ils seront en colère, ils vont se rebeller, s'insurger, et déclarer avec force et agressivité que l'autorité n'est pas compétente. Pour eux, c'est comme la sortie brutale du Paradis, de ce rêve où ils sont pris en charge, où ils se sentent bien, même s'il n'y a pas de vie réelle. Ce qu'ils désirent, c'est la sécurité.

Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.

jeudi 5 septembre 2019

La puissance blessée dans un groupe.



Charles Rojzman.



Cet article est inspiré du livre « Savoir aimer en des temps difficiles, les trois combats » de Charles Rojzman et Nicole Rothenbühler. Il est la suite de celui-ci


On confond souvent le pouvoir et la puissance. Le pouvoir sur l'autre, la domination et la puissance... La puissance, c'est ce qui permet mon action en adaptation avec la réalité. Je suis puissant quand je peux agir sur le monde, imposer ma marque, montrer que j’existe et le prouver par mes actions. Sans cette puissance, je ne suis que le jouet des autres, leur victime parfois. Ballotté par la vie, au gré des vents qui me poussent ici ou là, je ne suis qu’une plume dérisoire, et on oublie vite que j'existe. J’oublie que j'existe.

Dans un groupe, cette blessure de la puissance s'exprime par un besoin frénétique de revanche, un manque d'empathie pour des gens qui ont du mal à parler, à communiquer, à se dévoiler. Face à eux et à leur fragilité, il y a un agacement, un rejet même. Le « blessé de la puissance » s'est fixé un objectif dont il ne veut à aucun prix se détourner. Personne ne doit se mettre en travers de son chemin. Ceux qui hésitent, les mous, les velléitaires, l'agacent, le gênent. Il ne composera pas avec eux. En réalité, c'est son propre sentiment d'impuissance qu'il ne veut pas voir et qu'il voit chez eux.

Face à l'autorité que nous représentons, nous les animateurs du groupe, il se mettra en compétition. Il ne voudra pas reconnaître l'autorité, cette autorité qui lui rappelle l'abus de pouvoir qui l'a blessé dans son enfance.

Adulte compétiteur, tout au fond de lui-même, il doute de ses capacités. Il doute de lui-même parce qu'il n'a pas été suffisamment valorisé, pas suffisamment vu. Il sent « qu'il doit en faire des tonnes », il est désormais sans limites, ou plutôt il ne veut pas avoir de limites. Il ignore aussi les limites des autres. Il doit en mettre « plein la vue» pour se donner l'impression qu'il existe et qu'il est important. Il se forgera une personnalité qui sera vue, y compris au détriment des autres. Lui seul doit exister, lui et son objectif. Il doit réparer, soigner cette puissance blessée.

Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.

Le manque d'amour de soi.



Un autre livre de Charles Rojzman.



Cet article est inspiré du livre « Savoir aimer en des temps difficiles, les trois combats » de Charles Rojzman et Nicole Rothenbühler. Il est la suite de celui-ci

Au fil des années, nous avons cherché à comprendre pourquoi les êtres humains n'arrivaient pas à s'entendre, à vivre et à travailler ensemble. En fin de compte, nous en sommes arrivés à la constatation que la cause principale de ces difficultés relationnelles si fréquentes et si pesantes, c'était le manque d'amour de soi.

L'amour de soi, ce n'est pas le contentement de soi. L'amour de soi ne s'exprime pas par l'arrogance, le sentiment de réussite, le succès, mais par une sérénité intérieure, une paix, un bonheur d'être vivant et actif.         

Cet amour de soi doit se conquérir, parce qu'il a été blessé. Blessé par les autres, blessés par la vie, blessé par ceux qui ont pour tâche de nous protéger et de nous éduquer.

Trois besoins fondamentaux vont marquer le développement relationnel de l'enfant : l'amour, la valorisation, la sécurité. La satisfaction de ces besoins représente un cadre général dans lequel l'enfant va grandir et découvrir progressivement le monde autour de lui. La manière dont les parents vont accompagner les premières expériences affectives et relationnelles de l'enfant va créer autant de potentiel que de talons d'Achille. Sans pouvoir en retrouver l'origine, certaines choses seront faciles à réaliser dans la vie d'adulte, comme l'agilité, la créativité, l'aisance générale, la capacité à surmonter les  défis, et d'autres seront moins faciles à mettre en pratique : parler devant un public, être bien dans son corps, surmonter les stress liés à l'inconnu, avoir confiance dans les autres ou en soi.

La puissance blessée

On confond souvent le pouvoir et la puissance. Le pouvoir sur l'autre, la domination et la puissance... La puissance, c'est ce qui permet mon action en adaptation avec la réalité. Je suis puissant quand je peux agir sur le monde, imposer ma marque, montrer que j’existe et le prouver par mes actions. Sans cette puissance, je ne suis que le jouet des autres, leur victime parfois. Ballotté par la vie, au gré des vents qui me poussent ici ou là, je ne suis qu’une plume dérisoire, et on oublie vite que j'existe. J’oublie que j'existe.

La puissance, c'est ce qui permet une action adaptée à la réalité. C'est un mouvement adapté à la réalité. Cette action rend possible le changement, la possibilité d'agir sur les événements, de sortir de situations difficiles, de créer du changement autour de soi, chez soi ou chez les autres, de créer un cadre pour changer.

Mais qu'est-ce qui fait qu'elle est absente ou si peu présente ?

L'environnement offre des possibilités d'action à l'enfant. Au moment où il passe à l'action, la manière dont réagissent l'environnement, ses parents, et l'école plus tard, va conditionner son développement. L'enfant expérimente la force, la voix, les mouvements. Cette expérimentation est nécessaire. Si l'enfant est confronté à des réactions violentes de son entourage, il va de plus en plus confondre la puissance avec le mal. Il va confondre le fait d'exprimer ses besoins, de mettre ses limites, ses préférences comme étant dangereuses pour son entourage. Il peut rendre sa mère triste, gêner son père, déstabiliser ses parents.

L'enfant va alors culpabiliser. Il y aura une confusion entre sa légitimité et le mal qu'il peut faire. Si l'enfant exprime sa puissance, il pourra être considéré comme méchant, inadapté. Il peut donc être humilié ou culpabilisé. C'est ce qui blesse la puissance.

Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.

mercredi 4 septembre 2019

L’amour existe et se manifeste quand il n’y a pas de peurs entre les êtres humains.




Sans commentaire.


Cet article est inspiré du livre « Savoir aimer en des temps difficiles, les trois combats » de Charles Rojzman et Nicole Rothenbühler. Il est la suite de celui-ci.

L'amour existe et se manifeste quand il n'y a pas de peurs entre les êtres humains. Au quotidien, des peurs séparent les parents de leurs enfants. Elles peuvent être très discrètes ou très présentes : peur de ne pas être de bons parents, peur que l'enfant tourne mal et qu'il ne parvienne pas à se réaliser, peur de ses silences et des mystères qui entourent certains de ses comportements, etc. L'amour permet à l'enfant de se sentir accepté tel qu'il est, et c'est cette confiance qui va lui permettre de s'ouvrir à la remise en question, aux critiques, et à exprimer ses désaccords ou ses prises de conscience sans avoir à craindre sans cesse de réveiller les peurs de ses parents. C'est cette acceptation qui va l'aider à s'améliorer, à apprendre et à évoluer. S'il n'en reçoit pas suffisamment, il va développer des peurs et de la haine de soi.

La famille est également inscrite dans une société plus large, prise dans une histoire. Ce contexte plus général influence la conscience des parents dans la relation qu'ils entretiennent avec leurs enfants, mais il détermine également la reconnaissance des violences ou de certaines formes de violences.

Dans le film Le Ruban blanc de Haneke, on voit bien comment l'éducation morale de toute une époque ne tient pas du tout compte de la sensibilité des enfants et comment cela les rend progressivement insensibles aux autres, menés par un besoin de vengeance. Un environnement qui n'assure pas suffisamment la satisfaction des besoins essentiels que sont l'amour, la valorisation narcissique et la sécurité, mais qui transmet au contraire des peurs, des angoisses, de la dépression, de la violence, et parfois même de la haine ne prédispose pas à l'amour de soi et des autres.

Il ne suffit pas de dire que nous avons été blessés et que ces blessures nous ont conduits à choisir des modes d'expression de nous-mêmes plus ou moins destructeurs, plus ou moins violents. Nous devons regarder en détail, et de façon plus concrète, ce qui a été blessé en nous. 

Tout être humain a besoin, pour conduire sa vie, du pouvoir d'agir, autrement dit de puissance et d'autonomie, pour ne pas être entièrement soumis aux désirs d'autres que  lui-même. Tout être humain a besoin de garder intacte sa confiance en soi, son amour de soi et une confiance dans les autres qui lui permettra d'avancer sans trop de peurs dans l'existence.


Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.

Nous sommes tous des êtres blessés.




Un autre livre sur les blessures psychiques.


Cet article est inspiré du livre « Savoir aimer en des temps difficiles, les trois combats » de Charles Rojzman et Nicole Rothenbühler. Il est la suite de celui-ci

Nous sommes tous des êtres blessés, même si nous ne sommes pas toujours conscients de ces blessures qui perturbent trop souvent notre vie relationnelle. De même, nous ne sommes pas conscients de notre violence qui n'est autre que la stratégie de survie que nous avons appris à développer pour panser nos blessures mal cicatrisées. 

Les maladies sociales représentent les différentes formes que prend notre violence lorsqu'elle s'exprime de manière collective : la dépression, l'absence de confiance en soi, la difficulté à réaliser une vie épanouie et créative parce qu'on ne s'aime pas et qu'on se juge en permanence, jusqu'à la dépression, larvée, chronique ou passagère. Égoïsme, égocentrisme, narcissisme nous amènent à manquer d'empathie envers les autres jusqu'à la sociopathie, la manipulation des autres, ou simplement l'indifférence à leurs besoins, et enfin ce sentiment d'être victime et jamais responsable qui nous empêche parfois d'agir et de changer. Allant jusqu'à la paranoïa.

Ces blessures nous ont été infligées, souvent involontairement, dans notre structure familiale, durant l'enfance. Parfois, nous le savons, nous le ressentons, et parfois, nous en avons perdu la mémoire et il nous reste comme un malaise, un sentiment d'inaccompli qui nous torture en secret, malgré nos réussites et nos accomplissements. 

Ces blessures nous sont également infligées dans notre vie d'adulte, au contact des autres, dans nos écoles, nos entreprises, notre vie sociale. De là découlent les insatisfactions dans notre vie quotidienne, nos rencontres, nos actes et nos décisions. Il s'agit de blessures dont nous n'avons pas conscience, qui ont laissé des traces, mais qui ne sont plus accessibles : le sentiment de solitude dans l'enfance, les années de boucs émissaires à l'école, l'humiliation vécue de ne pas être comme les autres.

Dans nos relations sociales, la plupart d'entre nous se retrouvent en contact avec des personnes très diverses, sans avoir vraiment choisi avec qui elles voulaient partager leur espace de vie. C'est précisément ce qui arrive à beaucoup de gens aujourd'hui, qui ne vivent plus dans leur environnement social de naissance et qui se retrouvent dans des quartiers, dans des rues, dans des équipes professionnelles qu'ils n'ont pas choisis.

Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.

mardi 3 septembre 2019

Se libérer progressivement de ses sentiments de culpabilité.





Le livre d'Alexandre Thalmann.


Cet article est inspiré du livre « Responsable Oui ! Coupable Non ! » d’Alexandre Thalmann. Il est la suite de cet celui-ci.

  
Les sentiments de culpabilité contaminent notre esprit et peuvent nous gâcher la vie alors qu’on ne sait pas toujours pourquoi ils sont là. Lorsqu’on est en proie à ces sentiments, il faut s’interroger sur leur nature, et faire le point sur ce qui est ou non de l’ordre de la culpabilité.


I.1. Différencier les émotions des sentiments

On ne traite pas l’émotion de la même manière que le sentiment. Un sentiment ne peut durer que parce que nous l’alimentons, nous avons ainsi le choix de le faire cesser. Le sentiment peut apparaître sans déclencheur précis.
Quant à l’émotion, c’est une réaction passagère qui affecte le corps (rougeur, pâleur, le cœur bat vite, etc.) et l’esprit. L’émotion ne dure qu’une dizaine de minutes et finit par céder le pas au sentiment.

I.2. Distinguer la culpabilité de la honte

Il ne faut pas confondre honte et culpabilité. Certaines situations génèrent de la honte, comme par exemple se faire surprendre dans une situation délicate, perdre son emploi, recevoir des allocations, ou encore avoir honte de ses origines, de sa religion, de sa couleur de peau. La honte a toujours trait aux normes, « ce qui se fait ou ne se fait pas ».
La culpabilité elle, n’est pas liée aux normes, c’est une question de faute ressentie lorsqu’on enfreint une règle, quand on occasionne un tort à autrui.
La culpabilité a donc une utilité sociale très importante car elle permet à chacun de respecter les règles en vigueur dans la société.
La honte, par anticipation, nous invite à nous comporter au mieux.

I.3. Distinguer la culpabilité saine de la culpabilité morbide

Tous les types de culpabilité ne sont pas équivalents. Il y a la culpabilité saine et la seconde morbide.
Elle est dite « saine » lorsqu’elle a une utilité sociale et est le garant de ce bon équilibre social. Elle nous permet de respecter les règles de la société dans laquelle nous vivons.
On peut cependant continuer à ressentir de la culpabilité alors que plus aucune faute n’a été commise. Les fautes ont des natures différentes : religieuses, liées à des us et coutumes, législatives. Parfois, il y a faute avérée mais pas de culpabilité ressentie, comme par exemple « esquiver » un contrôle de sécurité ou entrer dans un concert ou en discothèque sans payer. Il ne suffit donc pas de se convaincre qu’il n’y a pas de faute pour se libérer de la culpabilité.


II. COMPRENDRE LES MECANISMES DE LA CULPABILISATION

II.1.        Déterminer à qui incombe la responsabilité des choix posés

Nous bénéficions tous du libre arbitre. Cette liberté nous permet de faire des choix et cela nous amène à assumer nos responsabilités. Lorsqu’il s’agit de déterminer à qui incombe la responsabilité de nos émotions, un même déclencheur peut entraîner des réactions différentes (toute cause amène la même conséquence, mais la cause n’est pas le déclencheur). Nous sommes responsables de nos réactions émotionnelles, c’est le cœur de l’intelligence émotionnelle.
Par contre, nous ne sommes pas responsables des actes d’autrui, de ce qu’il dit, pense ou ressent. Si on en ressent la moindre part de culpabilité provenant de l’action d’une tierce personne, c’est la porte ouverte à la culpabilité morbide.

II.2. Comprendre l’auto-culpabilisation

Le sentiment de culpabilité est une sorte de punition pour celui qui a nui à autrui. On se punit nous-mêmes, parfois à répétition, et ce, contrairement à la vraie justice « sociale » qui finit par nous acquitter. Ensuite, elle agit comme une sorte de bouclier, elle nous protège de quelque chose de pire que la culpabilité : l’angoisse.
La culpabilité est toujours associée au pouvoir qu’on croit avoir sur les choses. Pire encore, elle traduit un sentiment de toute-puissance par rapport aux autres car elle nie le libre-arbitre de l’autre.


III SE LIBERER DE LA CULPABILITE

III.1. Traverser la culpabilité

Il faut affronter la situation, la formaliser, s’exprimer en toute franchise. Il faut accepter qu’il s’agisse d’un sentiment qu’on doit vivre pour pouvoir s’en sortir. Mieux vaut vivre avec que lutter contre.

III.2. Renoncer au pouvoir

Dès que je renonce, je laisse l’autre prendre ses responsabilités. Exemple : penser que l’on vole du temps aux autres en racontant sa vie et culpabiliser parce que autrui n’a pas osé se dérober. Il est important de renoncer à ce pouvoir, donc de faire confiance aux autres.

III.3.Prendre ses responsabilités et rejeter celles des autres

Dans les situations où je me sens coupable, je vais me poser la question de la liberté que chacun a manifestée lors de sa prise de décision.

III.4. Réparer et tourner la page

Si les sentiments de culpabilité saine existent bien, réparer ou du moins s’excuser est nécessaire. Les survivants de génocide ont besoin que le responsable assume, ils ont besoin d’être reconnus en tant que victimes.
S’excuser est en effet une façon de dire « J’ai pris conscience que ce que j’ai fait était mal, que j’en suis responsable et que je n’aurais pas dû le faire ». S’il est possible de réparer, il faut le faire.
Cette situation nous invite à régler des affaires inachevées. La culpabilité saine, nous l’avons déjà dit, est donc utile. Excusez-vous et réparez.
Les sentiments de culpabilité morbide sont eux destructeurs et inutiles. La clé pour s’en débarrasser est de revoir sa part de responsabilité.



Voilà. C'est tout pour le moment. Amitiés à tous !

Ce qui nous manque, c’est l’amour.



Sans commentaire.



Cet article est inspiré du livre « Savoir aimer en des temps difficiles, les trois combats » de Charles Rojzman et Nicole Rothenbühler.

« Ce qui nous manque dans ce quartier, c'est l'amour! » Cette phrase, entendue dans un quartier de la banlieue parisienne, nous a permis de comprendre que l'amour ne se limitait pas à la sphère privée de nos vies, que le manque d’amour détruit aussi le sentiment de fraternité si cruellement absent de la vie sociale. Mais de quel amour parle-t-on? Que recouvre ce lien?

Il y a bien sûr toutes sortes d'amour. Les Grecs en évoquaient quatre: Agapè, l'amour «divin » et «inconditionnel », Eros, l'amour physique ; Philia, l'amitié, le lien social ; Storgê, l'amour familial. Ce que ces formes d'amour ont en commun, c'est l'affection, le plaisir d'être ensemble, l'absence de peur. C'est être dans un contact réel avec l'autre. Le voir tel qu'il est et non tel que nous aimerions qu'il soit. Ne pas vouloir le changer. Ne pas avoir peur d'entrer en conflit avec lui. Dans cet amour véritable, il n'y a ni ressentiment ni besoin de revanche.

Dans ce livre, nous parlerons à la fois de l'amour tel qu'il devrait se vivre dans les relations de couple et de famille, mais aussi au sein des groupes et des collectivités, sous une autre forme qui serait plutôt celle du lien fraternel qui pourrait et devrait unir les êtres humains entre eux, au cœur des entreprises, des quartiers, des villes et des campagnes. Parce qu'en réalité, malgré les apparences et les différences de situations, il s'agit du même amour. Il s'agit du lien qui donne et reçoit, qui pardonne quand il est nécessaire et qui combat quand il le faut.

« Et jamais le changement ne cesse son perpétuel devenir, soit que l'Attraction amène tout à l'unité, soit que la Répulsion disloque et dissocie ce que l'Attraction a uni.

Ainsi dans la mesure où l'un est toujours né du multiple et où, de l'unité disloquée, le multiple toujours s'est constitué.

Les êtres et les choses naissent et disparaissent car leur temps n'est pas sans limites.

Mais dans la mesure où jamais le changement n'arrête son perpétuel devenir, tout existe perpétuellement immuable dans le cycle du temps. »

Héraclite

Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.

dimanche 1 septembre 2019

L’échec n’est pas un événement qui arrive mais une fiction que je juge d'après mes propres critères qui ne sont pas forcément ceux des autres.




 Cet article est la suite de celui-ci.


L’échec n’est pas un événement qui arrive mais une fiction que je juge d"après mes propres critères qui ne sont pas forcément ceux des autres. Ce sont les désirs en fait d'être tranquille, riche, de réussir pour être approuvé, admiré, aimé.

Paul Scheele


1) Définition

Parler d’échec c’est bien. Savoir de quoi on parle exactement, c’est mieux. Faisons d’abord appel au dictionnaire Larousse pour nous éclairer sur ce que l’on entend par là. Le Larousse donc définit ce terme comme «résultat négatif d’une tentative, d’une entreprise, manque de réussite ; défaite, insuccès, revers ».

L’échec est donc souvent perçu comme quelque chose de négatif. Généralement, subir un échec comme on dit, est source d’émotions négatives.

Pourquoi ? Parce que lorsque l’on fait face à un échec, cela signifie que l’on n’a pas atteint le résultat que l’on souhaitait, que notre projet n’a pas abouti comme on l’envisageait, comme on l’espérait. Du coup on est déçu, triste, déprimé peut-être.

L’échec peut aussi jouer sur notre estime personnelle. Nos actes influencent notre estime de nous-même. Donc si on a manqué un acte, échoué dans notre acte, alors on peut voir notre estime personnelle attaquée, diminuée. Pourtant, cela n’a pas à être le cas. C’est une possibilité mais pas une conséquence 100% sûre et certaine.
2) L’échec est-il forcément négatif ?
L’échec n’entraîne pas systématiquement et automatiquement des émotions négatives de longue durée. Il n’entraîne pas forcément à la baisse de votre estime personnelle.

Oui, c’est possible, mais pas obligatoire. Regardez. On parle de surmonter l’échec comme un obstacle à franchir pour aller de l’avant. A ce propos, il existe une célèbre citation du Président de la République Française François Mitterrand :

« La pire erreur n’est pas dans l’échec mais dans l’incapacité de dominer l’échec. »

Cela veut dire quoi ? Que l’échec en est un, uniquement si on reste focalisé dessus, au point mort, un peu comme un robot aspirateur qui va foncer contre un mur, reculer et foncer à nouveau dans le mur, se cognant inlassablement dessus au lieu de se retourner pour continuer d’aspirer le reste du logement.

OK, c’est bien joli tout ça, mais comment on le domine alors, l’échec ? L’objectif est en fait de changer notre perception de l’échec, de ne plus le voir comme quelque chose de nécessairement négatif. Oui, je sais, c’est super chiant de ne pas atteindre le résultat escompté. C’est d’autant plus frustrant, énervant, déprimant que l’on investit beaucoup de nous-même pour atteindre ce résultat tant désiré, que ce soit en temps, en efforts, en argent.

Cela dit, l’échec, quand il est là, il est là. Si vous estimez y faire face, cela veut dire que vous jugez que votre objectif n’est pas atteint, ou loin de l’être, voire que c’est complètement foutu.

On peut toutefois partir du principe que l’échec n’est pas forcément négatif, mieux qu’il nous aide. Je vous explique. Il est nécessaire au processus d’apprentissage. L’échec fait partie de l’apprentissage. Il peut être nécessaire à l’évolution de l’individu, de vous, des autres, de moi.

Oui on peut apprendre sans échouer mais sérieux, à qui ça arrive ça d’apprendre 100% du temps sans jamais échouer ? Je n’ai pas trouvé d’exemple. Je ne dis pas que ça n’existe pas. Simplement que c’est sans doute assez rare, vous ne croyez pas ?

Toujours est-il que si vous êtes là toujours en train de lire cet article, cela veut dire que : 1) Vous ne baissez pas les bras facilement. C’est un bon point pour affronter l’échec. 2) Vous faites notamment partie des rares personnes à consulter du contenu « long », 3) L’échec pour vous c’est un souci, au moins dans une certaine mesure, 4) Donc j’en déduis que vous êtes persévérant, vous avez envie de progresser et il vous arrive tout comme moi d’échouer dans vos apprentissages.

Bon. Cela posé, réfléchissez-y. N’est-ce pas en échouant que l’on évolue, que l’on apprend ? Souvent, échouer, cela permet de mieux comprendre comment les choses fonctionnent. Des fois on arrive à faire des trucs sans savoir comment on a fait. Cela m’est déjà arrivé en mathématiques. Un devoir à faire à la maison, à rendre au prof. J’avais rien compris au truc, j’ai rédigé mon devoir, fais mes calculs, tout ça. Je m’attendais à avoir une mauvaise note, vu que je n’avais pas compris grand-chose à ce que je faisais. A ma grande surprise, le prof m’a remis mon devoir en lui accordant une bonne note (je ne sais plus si c’était 14/20 ou 17/20). Ce que je veux dire par là, c’est que cette expérience a été réussie, je n’ai pas échoué à mon devoir. 

Pourtant, est-ce que cela m’a vraiment aidé ? Pas vraiment vu que je n’ai toujours pas compris comment j’ai fait, pas saisi les principes sous-jacents (donc si j’avais dû expliquer ou refaire, j’aurais été sans doute marron comme on dit). C’est ennuyeux… L’échec peut donc être nécessaire au processus d’apprentissage car alors, on va beaucoup plus chercher à savoir qu’est-ce qu’on a pu faire qui n’allait pas. On se dira : comment faire mieux la prochaine fois ? (si on a cette opportunité).

L’échec peut également nous apprendre ce qui nous convient ou pas. Peut-être qu’on a échoué dans un cursus, qu’on était super déçu. Surtout notre ego car on prend souvent ça comme une défaite, et ce de façon personnelle, comme une attaque personnelle invisible de l’extérieur contre nous qui s’échine à nous empêcher de réussir. On a alors peut-être bifurqué vers une autre voie qui nous convient mieux finalement.

L’échec d’un côté nous aura alors servi de l’autre. Il peut donc être vu comme quelque chose de positif. Et si on le mettait à notre profit ? Et donc, si on mettait l’échec à notre profit puisqu’il peut être vu comme positif ? De nombreuses personnalités ont d’ailleurs exprimé leur sentiment face à ce « problème » qui, selon elles, n’est pas si dramatique et même salutaire parfois.

Voici quelques citations inspirantes à ce sujet :

« Le succès, c’est aller d’échec en échec sans perdre son enthousiasme. »

Selon Winston Churchill (Premier Ministre du Royaume-Uni de 1940 à 1945), le principal, c’est d’aller au-delà de l’échec, de ne pas le laisser nous pourrir la vie. Pour lui, l’échec fait partie du succès. Seuls ceux qui prennent le risque d’échouer spectaculairement réussiront brillamment.

Dans le même ordre d’idée, Robert F. Kennedy (surnommé Bobby, politique américain assassiné en juin 1968) met en évidence le fait que si l’on ne tente rien, on n’a rien. Faire quelque chose, prendre des risques et donc se confronter à la possibilité de l’échec est inévitable pour réussir dans la vie.

« Je préfère échouer sur quelque chose que j’apprécie qu’un succès sur quelque chose que je déteste. »

Ici George F. Burns (acteur, chanteur, écrivain américain) expose un constat : le chemin est beaucoup plus agréable si l’on agit sur quelque chose que l’on aime, même si on échoue au final, que sur quelque chose que l’on n’aime pas et que l’on réussit. Je ne sais pas pour vous mais il m’est déjà arrivé à l’école d’avoir des notes inférieures dans les matières que je préférais, et des notes supérieures dans les matières que j’aimais moins. Ce qui ne modifiait en rien mes préférences.

« J’ai raté 9000 tirs dans ma carrière. J’ai perdu presque 300 matchs. 26 fois, on m’a fait confiance pour tenter le tir de la victoire et j’ai raté. J’ai échoué encore et encore et encore dans ma vie. Et c’est pourquoi je réussis. »

Voilà un exemple très inspirant livré par Michael Jordan (basketteur américain). Certes il a connu le succès, mais c’est au prix de (très) nombreux revers et déceptions. Sa persévérance et son attitude face à l’échec : ne pas abandonner, continuer dans cette voie, lui a ouvert les portes du succès. En clair, ce n’est pas parce que vous échouez une fois que vous échouerez tout le temps dans un domaine.

Ces personnalités ont clairement pris le parti de faire fi de l’échec, de le mettre à leur profit pour progresser et de le voir comme une opportunité pour atteindre le succès. Inspirant vous ne trouvez pas ? Et si vous aussi vous adoptiez cette démarche, cette manière de voir l’échec, une façon pour vous de vous motiver à tendre vers le succès ?
3) Et si l’échec était une illusion ?
On évoque l’échec depuis le début et si vous avez lu le titre de cet article, vous avez, à n’en pas douter remarqué, que je dis clairement qu’il est une illusion et qu’il n’existe pas. Pourquoi je dis cela alors que je ne fais que parler d’échec depuis le début ? Parce que je le pense, du moins, j’essaye de voir les choses comme ça, car ça permet d’avancer dans la vie. 

L’échec est une illusion. Oui, l’échec n’est pas un échec. Pensez à ça : l’échec, on le connaît potentiellement uniquement si l’on entreprend une action ou que l’on a entrepris une action précédemment ou que l’on a décidé un truc.

Par exemple :

– j’ai échoué à mon examen
– j’ai échoué à réaliser un soufflé au fromage
– j’ai échoué à monter ce meuble correctement
– j’ai échoué à dire ce que je pensais vraiment à trucmuche
– j’ai échoué à arrêter de m’enfiler une plaque de chocolat par jour

Donc, si on ne prend pas de décision (arrêter de manger autant de chocolat) ou si on n’agit pas (passer un examen), eh bien, on ne risque pas d’échouer.

En fait, l’échec n’est pas l’échec. Quand vous échouez, vous n’échouez pas vraiment puisque vous avez agi, décidé, penser. Vous réussissez bien plus que le type qui n’a pas agi, pas décidé, pas pensé. Donc rencontrer l’échec, c’est gagner quand même en fait. C’est avoir réussi au moins dans votre volonté d’aller de l’avant. L’échec est une illusion.
4) Et si on modifiait notre vocabulaire.
Et si maintenant on arrêtait de parler d’échec ?

Modifier notre vocabulaire peut nous aider à nous défaire de l’impression négative véhiculée par l’échec, et donc nous permettre d’aller de l’avant et d’aller mieux, de moins rester bloqué sur notre déception, moins fort, moins longtemps, pour rebondir plus vite, plus fort.

On pourrait donc arrêter de parler d’échec, d’utiliser ce mot, ou au minimum, de moins l’employer dans notre tête et dans nos paroles prononcées. Car, comme on l’a vu plus tôt,  l’échec existe seulement si on a agi, décidé, pensé et implique donc une réussite dans le fait d’avancer.

En fait, vous n’échouez pas. Vous ne faites que tenter, essayer, expérimenter, entreprendre. On n’échoue pas quand on tente, quand on essaye, quand on expérimente, quand on entreprend. On gagne dans le fait d’aller de l’avant. C’est cela qu’il faut retenir, cette réussite.

C’est-à-dire que l’on a tenté, essayé, expérimenté, entrepris d’aller de l’avant, que certes ça ne s’est peut-être pas passé comme on le souhaitait, mais qu’on a réussi tout de même cela. Donc, modifier votre vocabulaire et remplacer « échec » par d’autres mots est une clé pour vous sortir de là, pour vous aider à aller de l’avant et ne pas rester bloqué comme le robot aspirateur ou sombrer dans les abysses de la dévalorisation.

Voilà C'est tout pour le moment. Amitiés à tous.