« Arrêtons-nous, dit-il, car cet asile est sûr.
Restons-y. Nous avons du monde atteint les bornes. »
Et, comme il s’asseyait, il vit dans les cieux mornes
L’oeil à la même place au fond de l’horizon.
Alors il tressaillit en proie au noir frisson.
« Cachez-moi ! » cria-t-il; et, le doigt sur la bouche,
Tous ses fils regardaient trembler l’aïeul farouche.
Caïn dit à Jabel, père de ceux qui vont
Sous des tentes de poil dans le désert profond :
« Etends de ce côté la toile de la tente. »
Et l’on développa la muraille flottante ;
Et, quand on l’eut fixée avec des poids de plomb :
« Vous ne voyez plus rien ? » dit Tsilla, l’enfant blond,
La fille de ses Fils, douce comme l’aurore ;
Et Caïn répondit : « je vois cet oeil encore ! »
Jubal, père de ceux qui passent dans les bourgs
Soufflant dans des clairons et frappant des tambours,
Cria : « je saurai bien construire une barrière. »
Il fit un mur de bronze et mit Caïn derrière.
Et Caïn dit « Cet oeil me regarde toujours ! »
Hénoch dit : « Il faut faire une enceinte de tours
Si terrible, que rien ne puisse approcher d’elle.
Bâtissons une ville avec sa citadelle,
Bâtissons une ville, et nous la fermerons. »
Alors Tubalcaïn, père des forgerons,
Construisit une ville énorme et surhumaine.
Pendant qu’il travaillait, ses frères, dans la plaine,
Chassaient les fils d’Enos et les enfants de Seth ;
Et l’on crevait les yeux à quiconque passait ;
Et, le soir, on lançait des flèches aux étoiles.
Le granit remplaça la tente aux murs de toiles,
On lia chaque bloc avec des noeuds de fer,
Et la ville semblait une ville d’enfer ;
L’ombre des tours faisait la nuit dans les campagnes ;
Ils donnèrent aux murs l’épaisseur des montagnes ;
Sur la porte on grava : « Défense à Dieu d’entrer. »
Quand ils eurent fini de clore et de murer,
On mit l’aïeul au centre en une tour de pierre ;
Et lui restait lugubre et hagard. « Ô mon père !
L’oeil a-t-il disparu ? » dit en tremblant Tsilla.
Et Caïn répondit : » Non, il est toujours là. »
Alors il dit: « je veux habiter sous la terre
Comme dans son sépulcre un homme solitaire ;
Rien ne me verra plus, je ne verrai plus rien. »
On fit donc une fosse, et Caïn dit « C’est bien ! »
Puis il descendit seul sous cette voûte sombre.
Quand il se fut assis sur sa chaise dans l’ombre
Et qu’on eut sur son front fermé le souterrain,
L’oeil était dans la tombe et regardait Caïn.
dimanche 1 mars 2026
La conscience de Victor Hugo (deuxième partie)
mardi 26 août 2025
La conscience de Victor Hugo (première partie),
Lorsque avec ses enfants vêtus de peaux de bêtes,
Echevelé, livide au milieu des tempêtes,
Caïn se fut enfui de devant Jéhovah,
Comme le soir tombait, l’homme sombre arriva
Au bas d’une montagne en une grande plaine ;
Sa femme fatiguée et ses fils hors d’haleine
Lui dirent : « Couchons-nous sur la terre, et dormons. »
Caïn, ne dormant pas, songeait au pied des monts.
Ayant levé la tête, au fond des cieux funèbres,
Il vit un oeil, tout grand ouvert dans les ténèbres,
Et qui le regardait dans l’ombre fixement.
« Je suis trop près », dit-il avec un tremblement.
Il réveilla ses fils dormant, sa femme lasse,
Et se remit à fuir sinistre dans l’espace.
Il marcha trente jours, il marcha trente nuits.
Il allait, muet, pâle et frémissant aux bruits,
Furtif, sans regarder derrière lui, sans trêve,
Sans repos, sans sommeil; il atteignit la grève
Des mers dans le pays qui fut depuis Assur.
mercredi 20 août 2025
De qui sont ces vers libres ? (concours du mercredi 20 aout 2025).
O fortes étoiles sublimes
Et quel fruit entr'aperçu dans le noir abîme !
Je ne mourrai pas,
Je ne mourrai pas mais je suis immortel.
Car tout meurt mais, je crois, comme une lumière plus pure
Et comme ils font mort de la mort,
De son extermination je fais mon immortalité.
Ironie, le même titre de poème pour un grand et un petit poète.
José Maria de Heredia
Soleil couchant par José Maria de Heredia
Les ajoncs éclatants, parure du granit,
Dorent l’âpre sommet que le couchant allume ;
Au loin, brillante encor par sa barre d’écume,
La mer sans fin commence où la terre finit.
A mes pieds c’est la nuit, le silence. Le nid
Se tait, l’homme est rentré sous le chaume qui fume.
Seul, l’Angélus du soir, ébranlé dans la brume,
A la vaste rumeur de l’Océan s’unit.
Alors, comme du fond d’un abîme, des traînes,
Des landes, des ravins, montent des voix lointaines
De pâtres attardés ramenant le bétail.
L’horizon tout entier s’enveloppe dans l’ombre,
Et le soleil mourant, sur un ciel riche et sombre,
Ferme les branches d’or de son rouge éventail.
Soleil couchant par Jean-François Gérault
Le soleil se couche au lointain
Et j'aperçois d'étranges ombres
Ce sont celles des grands sapins
Qui dorment dans la forêt sombre.
Pauvre soleil, tu vas mourir.
Déjà s'éteint ta lumière.
Je te vois déjà t'assoupir,
Ressembler à un pauvre hère.
Et en cette nuit fatidique,
Tu veux mourir, mourir sans peur.
C'est un spectacle magnifique
Que ton agonie en couleurs
La mer immense semble éteindre
Ce grand et beau brasier ardent.
En voyant ta mort, à te craindre
Nous apprendrons, nous tes enfants.
vendredi 11 juillet 2025
dimanche 13 octobre 2024
Extrait de mon livre sur Roger Zelazny, "Roger Zelazny, le mythologue de la science-fiction américaine".
Réception
critique
1) Des débuts prometteurs
Zelazny
publie sa première nouvelle dans Amazing, Le Mystère de la passion,
en août 1962. Deux ans plus tard, une de ses nouvelles Une rose pour
l’ecclésiaste est nominée pour le prix Hugo. L’année 1965 est l’année des
premiers honneurs ; il est nominé au prix Nebula pour sa nouvelle Les
Autos sauvages et gagne le Nebula, catégorie novelette, pour Les Portes
de son visage, les lampes de sa bouche et catégorie novella pour Le
Façonneur. Il lui faut cependant attendre 1966 et la sortie de ses deux
premiers romans Le Maître des rêves et Toi l’immortel pour que
paraisse sur lui un article dans un fanzine, Cosign, écrit par Mike
Ashley. Celui-ci proclame Zelazny « plus grand talent de la
décennie » et résume sa carrière d’écrivain. Huit autres articles
paraissent la même année. Trois sont particulièrement importants : un de
John Bangsund, un autre d’Algis Budrys, le dernier de Ted White. John Bangsound
est le plus enthousiaste des trois et affirme dans l’Australian Science
Fiction Review que Toi l’immortel est une « superbe
création ». Cette année-là, Toi l’immortel gagne le prix Hugo,
catégorie roman, et trois nouvelles de Zelazny sont nominées pour différents
prix.
En
1967, à nouveau un article d’Algis Budrys dans Galaxy encense Zelazny
pour son recueil de nouvelles Une rose pour l’Ecclésiaste. Il affirme
que Zelazny est au début de son apogée et le compare aux plus grands auteurs.
Egalement, l’introduction de Theodore Sturgeon à ce recueil est
particulièrement importante ; Zelazny y est adoubé par un de ses pairs, un
auteur qu’il révère particulièrement et qui a été une de ses sources
d’inspiration. Le préfacier présente avec humour tout le bien qu’il pense de
Zelazny :
« Les
authentiques poètes en prose, ce n’est pas cela qui manque mais, bien souvent,
quand on fait appel pour les jauger aux critères du rythme et de la structure,
que de déboires ! Par ailleurs, nous avons indiscutablement eu de grands
conteurs dont les récits sont solidement architecturés, construits à chaux et à
sable, efficaces de la première à la dernière ligne. Seulement, et plus souvent
qu'a leur tour, leur style est une sorte de magma indigeste péniblement agencé.
Bien rare, hélas, sont ceux que j’appellerai des «experts ès personnages», des
écrivains possédant le don particulier de créer des héros mémorables, plus
réels, en quelque sorte, que des modèles bien photographiés... des êtres vivants qui changent comme change tout ce qui est vivant, pas
simplement pendant qu’on lit le livre, mais qui changent aussi dans le souvenir
du lecteur à mesure que celui-ci vit et change, qu'il devient capable d'ajouter
un peu de lui-même a ce que l'auteur lui a apporté. Mais, là
encore, les « experts ès personnages» ont tendance à
faire du don précieux qui est le leur une obsession (et à susciter de petites
chapelles de fanatiques qui en font autant) et à traiter par-dessus la jambe la
construction de l’œuvre et son contenu. Une comparaison me vient à l'esprit:
une pièce de théâtre bénéficiant d'une distribution admirable, adroitement
montée, mais dont on aurait omis d'écrire le scénario.
Peut-être
pensez-vous que je m'apprête à dire que Zelazny nous prodigue tous ces trésors
et évite toutes ces chausse-trapes, que rien, chez lui, ne manque à I'appel la
substance et la construction, la fin et les moyens, la texture, la cadence et
le rythme — Eh bien, vous avez tout à fait raison. »
C’est
aussi la période où Harlan Ellison publie Dangereuses visions, un
recueil à la gloire de la nouvelle science-fiction. Bien sûr, Zelazny est de la
partie et lui fournit sa nouvelle Auto-da-fe. Dans son introduction,
l’enthousiaste Harlan Ellison affirme que Zelazny est la réincarnation de
Geoffrey Chaucer.
Mais
des critiques se font jour également comme celle de Richard Delap dans le
fanzine Yandro qui considère le roman Seigneur de lumière comme
un « inepte fouillis ». Alexis A. Gilliland, dans The WSFA Journal,
écrit au sujet d’Une rose pour l’Ecclésiaste que Zelazny est devenu plus
compliqué, à la limite d’une écriture compréhensible.
Toutefois,
malgré ces quelques égratignures, l’accueil pour Seigneur de lumière et Une
rose pour l’ecclésiaste est dans l’ensemble très favorable et consacre
Zelazny comme un des nouveaux grands auteurs de science-fiction.
2) Un auteur
majeur
Par
la suite, les articles sur Zelazny sont si nombreux qu’il est impossible de
tous les citer. Mentionnons quand même en 1968 un article de Brian Stableford,
un des grands de la science-fiction dans le fanzine Speculation mais
aussi une étude de 11 pages par une autre vedette du genre, Samuel R. Delany,
« Faust and Archimedes » qui fait le parallèle entre Zelazny et un
autre auteur Thomas. M Disch. Il compare Zelazny aux meilleurs écrivains de
littérature générale et le relie au symbolisme, à ce qu’il appelle le
« symbolisme intensif ». La caractéristique de ce mouvement est
« d’intensifier la perception immédiate de l’existence grâce à une langue
vive et concentrée ». Il considère les premiers romans de Zelazny comme
« les plus élégants exemples de symbolisme intensif dans la prose
américaine ».
De
même, il est impossible à partir de ce moment de citer toutes les nominations
de Zelazny à différents prix puisqu’il sera nominé tous les ans pour le Hugo et
le Nebula jusqu’à sa mort en 1994 (à l’exception de cinq années 1970, 1978,
1989, 1991, 1992), soit presque trente ans de nominations presque constantes.
Citons les prix les plus importants qu’il reçut par la suite : prix Hugo,
catégorie roman pour Seigneur de lumière en 1968, prix Nebula, catégorie
novella, en 1975, et prix Hugo, catégorie novella, en 1976 pour Le Retour du
bourreau, prix Hugo, catégorie novella, en 1982 pour Les licornes sont
contagieuses, prix Hugo, catégorie novella, en 1986 pour Twenty-four views
of Mont Fuji, by Hokusaï, prix Hugo, catégorie novelette en 1987 pour Permafrost.
Si
l’on fait un décompte rapide, on s’aperçoit que Zelazny a gagné six fois un
prix Hugo, trois fois un prix Nebula, qu’il a été nominé treize fois pour un
Hugo et seize fois pour un Nebula.
L’étape
suivante dans la consécration de Zelazny fut le mémoire de maîtrise de Thomas
Frances Monteleone à l’Université de Maryland en 1973 « Science Fiction as
Literature : Selected Stories and Novels of Roger Zelazny » . Le
titre est signifiant : la science-fiction de Zelazny est considérée
comme de la littérature. Elle est consacrée par l’Université.
Thomas
Frances Monteleone a utilisé les commentaires de Zelazny sur son œuvre et sur
ses buts enregistrés au magnétophone. Il rappelle la théorie du critique
Northrup Frye selon laquelle la science-fiction peut former une nouvelle
mythologie parce qu’elle est une littérature qui utilise encore le mythique.
Monteleone
considère que l’immortalité est le thème majeur de Zelazny. Il trouve dans son
œuvre un grand appétit de vie et une confiance totale en l’homme pour venir à
bout des difficultés de l’existence.
Par
la suite paraîtront trois ouvrages sur la vie et l’œuvre de Zelazny : un
livre de son ami Carl Yoke en 1979, Roger Zelazny, un livre de Theodore
Krulik en 1986, Roger Zelazny, une étude réalisée par sa dernière
compagne Jane Lindskold, parue en 1993 deux ans avant sa mort.
L’œuvre
de Zelazny a donné lieu également à quatre ouvrages bibliographiques, un de
Joseph Sanders en 1981, un de Daniel Levack en 1983, un autre de Phil
Stephenson-Payne en 1991, un dernier de Christopher Stephens en 1993.
3) Une réception française enthousiaste
Une rose
pour l'Ecclésiaste paraît en France dans le
mensuel Fiction n° 151 en juin
1966, soit trois ans après sa sortie aux Etats-Unis. Suivent en décembre de la
même année dans la même revue En cet instant de la tempête et en mai
1967, Les Portes de son visage, les
lampes de sa bouche.
Mais la reconnaissance française lui vient véritablement avec
son roman L’Ile des morts publié en 1971 dans Galaxie-bis
et mis en valeur par la remarquable traduction d’Alain Dorémieux. Un article du
Monde de Jacques Goimard résume l’impression générale :
«[…] Zelazny rénove
de façon fort habile le mythe homérique du
héros accompagné et protégé par les dieux,
si habile même que nous ne savons jamais si ces dieux existent
ou non, ce qui suffirait, pour les puristes à faire de L'Ile des morts un roman fantastique. C'est une épopée pourtant,
et de la plus haute volée : l'auteur a beau suggérer que ces dieux sont
fantasmatiques, il ne les en prend pas moins au
sérieux, et son duel final, qui dure trente pages, est digne de Hugo par l'intensité dramatique et
visionnaire.
Un tel mélange de sublime et de subtil
situe Zelazny comme un poète plutôt que comme un romancier. De fait, l'ultime vision de son héros dans le pays des
morts, au terme de sa quête, est typiquement mallarméenne : seules ses œuvres lui apparaissent au fond de la nuit. Et sa
prédilection pour les descriptions insolites et splendides, son style
précieux et flamboyant (admirablement rendu
par un traducteur digne de ce nom - Alain Dorémieux) achève de faire de
lui ce que fut Sturgeon pour la génération précédente : un Pur écrivain n'existant que par les mots. »
L’Ile des morts gagne en 1972 le prix Apollo, l’équivalent français du prix Hugo, qui a été créé cette année-là. Zelazny est interviewé dans les deux grandes revues de science-fiction de l’époque Fiction et Galaxie, par Patrick Duvic dans Fiction n° 227, par P. Noël dans Galaxie, n° 96.
En 1973, après Royaumes d'ombre et de lumière, paraît Toi l'immortel dans la mythique collection
« Présence du futur » qui donne lieu à un autre article enthousiaste
du critique du Monde, Jacques Goimard. Il désigne Zelazny comme «
un maître de la poésie et de l'insolite, le plus important sans doute en science-fiction
depuis Bradbury ».
Une
nouvelle étape de la reconnaissance de Roger Zelazny en France a été la
parution sur son œuvre d’un Livre d’or de la science-fiction en décembre
1983. C’est Marcel Thaon, un psychanalyste spécialiste de science-fiction, qui
préface l’anthologie, remarquable panorama des meilleures nouvelles de Zelazny.
Pour la première fois, une bibliographie exhaustive de l’œuvre de Zelazny y est
réalisée en français.
La
critique et le lectorat français seront toujours fidèles à Zelazny jusqu’à son
décès en 1995. Une nouvelle bibliographie française a été réalisée sur son
œuvre en 2001 à l’occasion de la sortie de Lord Démon, un roman qu’il
avait écrit en collaboration avec Jane Lindskold. Le fanzine Présences
d’esprit a sorti en 2002 un très bon numéro spécial sur sa vie et son
œuvre.
mercredi 4 octobre 2023
"La vraie vie d'un magicien" par Adrien Wild, meilleur spectacle de magie et de mentalisme de l'année 2023.
Il est beau, il est dynamique, il est sympathique. Qui plus est, il est un excellent technicien et praticien de la magie. Que peut-on dire de plus ? Ah si, à son spectacle, ce lundi 2 octobre 2023,il y avait tout le gratin de la prestidigitation et du show-biz, qui a admiré sa superbe performance, comme Claude Gilson de l'Ordre Européen des Mentalistes , Max du magasin de magie Magic Dream, Sophie Darel, etc., etc., etc.
Adrien Wild sait tout effectuer en magie, de grandes illusions comme la lévitation, du mentalisme, en prédisant les pensées des spectateurs, des tours de cordes, d'anneaux (et j'en oublie).
Mon plaisir a été très intense car il m'a semblé, par moment, voir ressuscités les spectacles du grand John Nevil Maskelyne et de l'Egyptian Hall .
Alors, comme l'écrivait Victor Hugo,
"Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,
Je partirai "
pour voir la prochaine représentation de "La vraie vie d'un magicien" d'Adrien Wild.
lundi 2 octobre 2023
Extracts of my book and my blog about mentalism, hypnosis and mnemonics.
Moi en photo avec le grand magicien Gérard Majax.
I will give you extracts from my book Initiation au mentalisme, à l'hypnose et à la mnémotechnie but you can also go to my very comprehensive blog on mentalism where everything is automatically translated into English.
Preface (to be read absolutely!)
Why a new book on mentalism? It seems a lot in France currently and the amateur or the professional no longer need to go to the sources of English.
It seems a lot and, paradoxically, maybe too! I revisit my journey from the moment I discovered for the first time a great book of mentalism: it was Mind, Myth and Magic by T.A. Waters. What mistakes are made in my quest for effective works that would enable me to truly execute mental tricks! I would like to spare the reader of this study all this research, all these disappointments, all these expectations.
That is why my book is deliberately built to be a path whose ramifications I will give you. The ultimate goal is of course to make a show (see examples of shows by great French mentalists, No. 26 of the table of contents). In the first place, you will have to find good books that offer serious and well-explained tours (cf. the three bibliographies, n ° 5, 6, and 7, the article on Vincent Hedan n ° 16, on Max Maven n ° 21, on Douceurs mentales and S & D, simple and direct mentalism n ° 15). You will have to study the great principles of mentalism (like cold reading 11 and 12, double reality 14, folding Acidus Novus 2, etc.).
I advise you to start with the classics of mentalism, the chair tests n ° 10, the Bank Nights n ° 4, the game Al Koran n ° 3, the book tests n ° 8, the newspaper tests n ° 25. I give you all the bibliographic tracks to choose the version of the tour that will suit you best but I do not give you the explanation of the tours that you will be able to know by buying the books that you desire of the authors quoted. Afterwards, it will be up to you to create and innovate when you feel sure of you.
Perhaps some lists will surprise you like that of the French-speaking mentalists n ° 21 but it may be profitable to know the names of the actors when watching a movie! Moreover, for me, it is interesting to see statistically the richness of mentalism in France.
Note also that there are two extras in this book, two parallel domains described in detail, which are very important in mentalism: 3 chapters on hypnosis 17, 18 and 19, which is a formidable weapon and quite Simple to learn and a chapter on mnemonics n ° 24 which will allow you to perform surprising tricks but also to have a better memory on a daily basis.
Good courage, good work and welcome to the wonderful world of mentalism.
I continue my series on electronics in mentalism ! (part 3)
There are many ways to achieve the tour "In Which H and" to know how your hand witness hid a small object. Today, I propose that electronic versions, often more expensive but more reliable.
I-Know is an electronic device that does all the work for you, in fair conditions:
- You allows the use of ordinary objects that can be borrowed from the spectators (coins, rings, keys, etc.).
- You're absolutely never next to the spectator during the performance.
- the effect can be repeated immediately to other borrowed objects.
- with the vibrating housing, you may actually turn with blindfolded.
dimanche 1 octobre 2023
Electronics and mentalism (part 2).
Electronics and mentalism (part 1)
Fabrice Delauré.
Hello,
A friend mentalist said me he did not know what to buy electronic equipment and at what manufacturers. I propose in this article addresses four that I know to be reliable and provide high quality items.
1) There is an excellent French manufacturer, Fabrice Delauré.
He recently created the Micro-reader for Android 2, an accessory that allows you to do incredible feats of telepathy but also markets for many years of psychic clipboards, notepads of psychic, etc. Among its loyal customers, we can still find some relatively famous names: Derren Brown, Banachek, Gerry McCambridge, Gary Kurtz, Colin McLeod, Luke Jermay, etc.
2) The supplier best known for many mentalists Labco is Magic : He particularly markets the UFO4 (the latest version of an old range) and Mindbuster (which allows duplication of drawings).
3) Promystic.We find among them for example the famous tower Color Match.
4) Magic Cesaral. An old site with a catalog supplied: light bulbs, pens, calculators, etc.
Good day.
lundi 21 août 2023
dimanche 16 juillet 2023
dimanche 18 juin 2023
mardi 30 mai 2023
Poème de René-François Sully Prudhomme dans son recueil de poèmes "La vie intérieure" : "Les yeux".
Sans commentaire.
Les yeux
Bleus ou noirs, tous aimés, tous beaux,
Des yeux sans nombre ont vu l’aurore ;
Ils dorment au fond des tombeaux
Et le soleil se lève encore.
Les nuits plus douces que les jours
Ont enchanté des yeux sans nombre ;
Les étoiles brillent toujours
Et les yeux se sont remplis d’ombre.
Oh ! qu’ils aient perdu le regard,
Non, non, cela n’est pas possible !
Ils se sont tournés quelque part
Vers ce qu’on nomme l’invisible ;
Et comme les astres penchants,
Nous quittent, mais au ciel demeurent,
Les prunelles ont leurs couchants,
Mais il n’est pas vrai qu’elles meurent :
Bleus ou noirs, tous aimés, tous beaux,
Ouverts à quelque immense aurore,
De l’autre côté des tombeaux
Les yeux qu’on ferme voient encore.
René-François Sully Prudhomme, La vie intérieure
Extrait de "Bouvard et Pécuchet" de Gustave Flaubert, où il est question de la mnémotechnie, chapitre IV.
L'Histoire ancienne est obscure par le défaut de documents. Ils abondent dans la moderne ; – et Bouvard et Pécuchet revinrent à la France, entamèrent Sismondi.
La succession de tant d'hommes leur donnait envie de les connaître plus profondément, de s’y mêler. Ils voulaient parcourir les originaux. Grégoire de Tours, Monstrelet, Commines, tous ceux dont les noms étaient bizarres ou agréables,
Mais les événements s'embrouillèrent, faute de savoir les dates
Heureusement qu'ils possédaient la mnémotechnie de Dumouchel, un in-12 cartonné, avec cette épigraphe : « Instruire en amusant. »
Elle combinait les trois systèmes d'Allevy, de Pâris et de Fenaigle.
Allevy transforme les chiffres en figures, le nombre 1 s'exprimant par une tour, 2 par un oiseau, 3 par un chameau, ainsi du reste. Pâris frappe l'imagination au moyen de rébus ; un fauteuil garni de clous à vis donnera : Clou, vis – Clovis ; et comme le bruit de la friture fait « rie, ric » des merlans dans une poêle rappelleront Chilpéric. Fenaigle divise l'univers en maisons, qui contiennent des chambres, ayant chacune quatre parois à neuf panneaux, chaque panneau portant un emblème. Donc, le premier roi de la première dynastie occupera dans la première chambre le premier panneau. Un phare sur un mont dira comment il s'appelait « Phar a mond » système Paris, – et d'après le conseil d'Allevy, en plaçant au-dessus un miroir qui signifie 4, un oiseau 2, et un cerceau 0, on obtiendra 420, date de l'avènement de ce prince.
Pour plus de clarté, ils prirent comme base mnémotechnique leur propre maison, leur domicile, attachant à chacune de ses parties un fait distinct, – et la cour, le jardin, les environs, tout le pays, n'avaient plus d'autre sens que de faciliter la mémoire. Les bornages dans la campagne limitaient certaines époques, les pommiers étaient des arbres généalogiques, les buissons des batailles, le monde devenait symbole. Ils cherchaient, sur les murs, des quantités de choses absentes, finissaient par les voir, mais ne savaient plus les dates qu'elles représentaient.
D'ailleurs, les dates ne sont pas toujours authentiques. Ils apprirent, dans un manuel pour les collèges, que la naissance de Jésus doit être reportée cinq ans plus tôt qu'on ne la met ordinairement, qu'il y avait chez les Grecs trois manières de compter les Olympiades, et huit chez les Latins de faire commencer l'année. Autant d'occasions pour les méprises, outre celles qui résultent des zodiaques, des ères et des calendriers différents.
Et de l'insouciance des dates, ils passèrent au dédain des faits.
Voilà ! C'est tout pour le moment. Amitiés à tous.
,
dimanche 28 mai 2023
Extraits des "Misérables" de Victor Hugo/Tome 2/Livre 1/ Chapitre14/ "Le dernier carré".
Sans commentaire.
LE DERNIER CARRÉ
Quelques carrés de la garde, immobiles dans le ruissellement de la déroute comme des rochers dans de l’eau qui coule, tinrent jusqu’à la nuit. La nuit venant, la mort aussi, ils attendirent cette ombre double, et, inébranlables, s’en laissèrent envelopper. Chaque régiment, isolé des autres et n’ayant plus de lien avec l’armée rompue de toutes parts, mourait pour son compte. Ils avaient pris position, pour faire cette dernière action, les uns sur les hauteurs de Rossomme, les autres dans la plaine de Mont-Saint-Jean. Là, abandonnés, vaincus, terribles, ces carrés sombres agonisaient formidablement. Ulm, Wagram, Iéna, Friedland, mouraient en eux.
Au crépuscule, vers neuf heures du soir, au bas du plateau de Mont-Saint-Jean, il en restait un. Dans ce vallon funeste, au pied de cette pente gravie par les cuirassiers, inondée maintenant par les masses anglaises, sous les feux convergents de l’artillerie ennemie victorieuse, sous une effroyable densité de projectiles, ce carré luttait. Il était commandé par un officier obscur nommé Cambronne. À chaque décharge, le carré diminuait, et ripostait. Il répliquait à la mitraille par la fusillade, rétrécissant continuellement ses quatre murs. De loin les fuyards, s’arrêtant par moment, essoufflés, écoutaient dans les ténèbres ce sombre tonnerre décroissant.
Quand cette légion ne fut plus qu’une poignée, quand leur drapeau ne fut plus qu’une loque, quand leurs fusils épuisés de balles ne furent plus que des bâtons, quand le tas de cadavres fut plus grand que le groupe vivant, il y eut parmi les vainqueurs une sorte de terreur sacrée autour de ces mourants sublimes, et l’artillerie anglaise, reprenant haleine, fit silence. Ce fut une espèce de répit. Ces combattants avaient autour d’eux comme un fourmillement de spectres, des silhouettes d’hommes à cheval, le profil noir des canons, le ciel blanc aperçu à travers les roues et les affûts ; la colossale tête de mort que les héros entrevoient toujours dans la fumée au fond de la bataille, s’avançait sur eux et les regardait. Ils purent entendre dans l’ombre crépusculaire qu’on chargeait les pièces, les mèches allumées pareilles à des yeux de tigre dans la nuit firent un cercle autour de leurs têtes, tous les boute-feu des batteries anglaises s’approchèrent des canons, et alors, ému, tenant la minute suprême suspendue au-dessus de ces hommes, un général anglais, Colville selon les uns, Maitland selon les autres, leur cria : Braves français, rendez-vous ! Cambronne répondit : Merde !
jeudi 25 mai 2023
Dernière page du roman "Salammbô" de Gustave Flaubert.
Sans commentaire.
Il appartenait aux prêtres, maintenant ; les esclaves venaient d’écarter la foule ; il y avait plus d’espace. Mâtho regarda autour de lui, et ses yeux rencontrèrent Salammbô.
Dès le premier pas qu’il avait fait, elle s’était levée ; puis, involontairement, à mesure qu’il se rapprochait, elle s’était avancée peu à peu jusqu’au bord de la terrasse ; et bientôt, toutes les choses extérieures s’effaçant, elle n’avait aperçu que Mâtho. Un silence s’était fait dans son âme, un de ces abîmes où le monde entier disparaît sous la pression d’une pensée unique, d’un souvenir, d’un regard. Cet homme qui marchait vers elle l’attirait.
Il n’avait plus, sauf les yeux, d’apparence humaine ; c’était une longue forme complètement rouge ; ses liens rompus pendaient le long de ses cuisses, mais on ne les distinguait pas des tendons de ses poignets tout dénudés ; sa bouche restait grande ouverte ; de ses orbites sortaient deux flammes qui avaient l’air de monter jusqu’à ses cheveux ; et le misérable marchait toujours !
Il arriva juste au pied de la terrasse. Salammbô était penchée sur la balustrade ; ces effroyables prunelles la contemplaient, et la conscience lui surgit de tout ce qu’il avait souffert pour elle. Bien qu’il agonisât, elle le revoyait dans sa tente, à genoux, lui entourant la taille de ses bras, balbutiant des paroles douces ; elle avait soif de les sentir encore, de les entendre ; elle allait crier. Il s’abattit à la renverse et ne bougea plus.
Salammbô, presque évanouie, fut rapportée sur son trône par les prêtres s’empressant autour d’elle. Ils la félicitaient ; c’était son œuvre. Tous battaient des mains et trépignaient, en hurlant son nom.
Un homme s’élança sur le cadavre. Bien qu’il fût sans barbe, il avait à l’épaule le manteau des prêtres de Moloch, et à la ceinture l’espèce de couteau leur servant à dépecer les viandes sacrées et que terminait, au bout du manche, une spatule d’or. D’un seul coup il fendit la poitrine de Mâtho, puis en arracha le cœur, le posa sur la cuiller et Schahabarim, levant son bras, l’offrit au soleil.
Le soleil s’abaissait derrière les flots ; ses rayons arrivaient comme de longues flèches sur le cœur tout rouge. L’astre s’enfonçait dans la mer à mesure que les battements diminuaient ; à la dernière palpitation, il disparut.
Alors, depuis le golfe jusqu’à la lagune et de l’isthme jusqu’au phare, dans toutes les rues, sur toutes les maisons et sur tous les temples, ce fut un seul cri ; quelquefois il s’arrêtait, puis recommençait ; les édifices en tremblaient ; Carthage était comme convulsée dans le spasme d’une joie titanique et d’un espoir sans bornes.
Narr’Havas, enivré d’orgueil, passa son bras gauche sous la taille de Salammbô, en signe de possession ; et, de la droite, prenant une patère d’or, il but au génie de Carthage.
Salammbô se leva comme son époux, avec une coupe à la main, afin de boire aussi. Elle retomba, la tête en arrière, par-dessus le dossier du trône, blême, raidie, les lèvres ouvertes, et ses cheveux dénoués pendaient jusqu’à terre.
Ainsi mourut la fille d’Hamilcar pour avoir touché au manteau de Tanit.
Génial !








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