dimanche 15 novembre 2015

25 phrases-clés de l’œuvre de Wayne Dyer, un grand psychologue américain du développement personnel (deuxième partie)



 

 La première des 25 phrases-clés de l’œuvre de Wayne Dyer selon le site Rincon del Tibet

              


Je réaffirme ce que j’ai déclaré dans la première partie de cet article. Je ne veux pas évoquer dès maintenant, dans ce texte, les événements tragiques qui viennent d’avoir lieu à Paris. Cependant, aujourd’hui même, je m’engage à y réagir avec force dans l’avenir à la fois par ma personne, ma parole et mes écrits. J’ai donc choisi exprès dans cet article de rappeler les théories et la pratique du docteur en psychologie américain, Wayne Dyer, parce que c’était quelqu’un qui, d’abord, était ferme sur ses idées, mais qui ensuite prêchait la tolérance. Dans ses conférences que vous pourrez aller voir sur YouTube, il cite couramment Rumi, un poète soufi, (« La bise du matin a des secrets à te conter, ne retourne pas te coucher ») le Mahabharata, la bible de l’hindouisme, son maître spirituel hindouiste, Swami Muktananda, son ami Ram Dass, hindouiste lui aussi, Patanjali, le créateur du yoga, le Tao Te King et les Évangiles !

La semaine dernière, le site bouddhiste tibétain Rincon del Tibet a décidé de sélectionner 25 phrases-clés de l’œuvre de Wayne Dyer, qui, malheureusement, vient juste de nous quitter au mois de septembre. Ces citations sont une excellente initiation à la lecture de son œuvre et je les ai traduites de l’espagnol pour vous permettre d’aborder sa pensée par l’intermédiaire de cet article.

Wayne Dyer, en fait, était très proche intellectuellement des bouddhistes, quand il affirmait que, certes, c’est une très bonne chose de réformer la société et de l’améliorer, mais qu’il fallait aussi impérativement changer l’être humain, le transformer. Grâce à la lecture et au commentaire patient de textes spirituels, à la méditation, au débat et à la discussion, il est possible de clarifier l’esprit de l’homme parfois malsain (souvenez-vous du titre du premier livre de Wayne Dyer : Vos zones erronées, techniques audacieuses mais simples pour prendre en main les schémas malsains de votre comportement), son comportement souvent hyper-violent et destructeur. 

Voici donc les 15 dernières phrases-clés de l’œuvre de notre écrivain de développement personnel. Pour des raisons de lisibilité sur Internet, j’ai publié cet article en deux parties (vous pouvez donc retrouver les 10 premières citations dans l’article précédent) :

11) Les personnes qui réussissent gagnent de l’argent. Ce n’est pas parce que, en général, les personnes qui gagnent de l’argent réussissent. C’est plutôt que les personnes qui réussissent attirent l’argent. Ils attirent  le succès dans tout ce qu’ils font.

12) L’état de ta vie n’est pas plus qu’un reflet de ta conscience.

13) Ne meurs pas sans avoir joué ta petite musique personnelle.

14) La plus grande forme d’ignorance, c’est de rejeter quelque chose dont tu ne connais rien.

15) La façon dont les gens te traitent, c’est leur karma à eux. La façon dont tu réagis, toi, c’est le tien.

16) Il n’y a que deux émotions de base : la peur et l’amour.

17) Tes enfants te connaissent mieux par la façon dont tu vis que par ce que tu dis.

18) Nous ne sommes pas des êtres humains en quête d’expérience spirituelle. Nous sommes des êtres spirituels immergés dans l’expérience humaine.

19) Tu es celui qui décide ce qui en vaut la peine et tu n’as pas besoin, pour cela, de donner des explications à quiconque.

20) Mon but n’est pas d’être meilleur que quelqu’un mais d’être meilleur que ce que j’ai l’habitude d’être.

21) Quand tu es inspiré, ne te pose jamais de question au sujet de ton but. Tu es en train de le vivre.

22) Quand tu es toujours en quête d’argent, tu n’en as jamais assez. Lorsque tu as un but dans la vie et que tu te centres sur celui-ci, que tu y donnes une part de toi-même et de ce qui t’arrive, alors tu es riche.

23) La liberté signifie que tu n’as pas d’obstacles qui te bloquent pour vivre la vie que tu t’es choisie. N’importe quelle autre situation est une forme d’esclavage.

24) L’abondance n’est pas quelque chose  que nous acquerrons. C’est quelque chose avec lequel  nous rentrons en syntonisation.

25) Sois sûr que tu ne peux pas te tromper si tu es toi-même.

Voilà. C’est tout pour aujourd’hui. La prochaine fois, je parlerai des dix secrets pour atteindre, selon Wayne Dyer, le succès et la paix intérieure. La suite  donc au prochain numéro comme dans les romans-feuilletons du dix-neuvième siècle ou dans les séries télévisées américaines contemporaines.

25 phrases-clés de l’œuvre de Wayne Dyer, un grand psychologue américain du développement personnel (première partie)




 Le psychologue américain Wayne Dyer


Je ne vais pas évoquer dans cet article les événements tragiques qui viennent d’avoir lieu à Paris. Mais, aujourd’hui même, je m’engage à y réagir plus tard à la fois par ma personne, ma parole et mes écrits. J’ai choisi exprès dans cet article de rappeler les théories et la pratique du docteur en psychologie américain, Wayne Dyer, parce que c’était quelqu’un qui, d’abord, était ferme sur ses idées, mais qui ensuite prêchait la tolérance. Dans ses conférences que vous pourrez voir sur YouTube, il cite couramment Rumi, un poète soufi, (« La bise du matin a des secrets à te conter, ne retourne pas te coucher. ») le Mahabharata, la bible de l’hindouisme, son maître spirituel hindouiste, Swami Muktananda, son ami Ram Dass, hindouiste lui aussi, Patanjali, le créateur du yoga, le Tao Te King et les Evangiles !

Voici plusieurs conférences de notre psychologue que vous pourrez visionner sur YouTube, où  il vous expose ses principes de vie et de réussite :

1) Inspiration en espagnol :
http://seresdeluz-2012.blogspot.fr/2013/07/conferencia-dei-dr-wayne-dyer.html
2) Inspiration en français :
 https://www.youtube.com/watch?v=zJfjdQJ8HJY
3) Le pouvoir de l’intention en anglais sous-titré en espagnol : https://www.youtube.com/watch?v=leqEVzdnsUQ
4) Changez votre pensée, changez votre vie, Tao Te King, en anglais sous-titré en français :
 https://www.youtube.com/watch?v=KugMXXPlz-0

La semaine dernière, le site bouddhiste tibétain Rincon del Tibet a décidé de sélectionner certaines phrases-clés dans les différents ouvrages de Wayne Dyer, qui, malheureusement, vient juste de nous quitter au mois de septembre. Ces citations sont une excellente initiation à la lecture de son œuvre et je les ai traduites de l’espagnol pour vous permettre d’aborder sa pensée par l’intermédiaire de cet article. Pour ceux qui voudraient mieux connaître cet écrivain-psychologue, je leur conseille son premier livre : Vos zones erronées, Techniques audacieuses mais simples pour prendre en main les schémas malsains de votre comportement.

Voici donc 25 phrases extraites de l’œuvre de Wayne Dyer. Toujours pour des raisons de lisibilité sur Internet, je publierai cet article en deux parties (la présente liste comportera donc seulement les dix premières phrases-clés).

1) Si tu changes la façon dont tu regardes les choses, les choses que tu regardes se mettent à changer.

2) Quand tu juges les autres, tu ne les décris pas, tu te décris toi-même.

3) Nos vies sont une somme globale des options que nous avons choisies.

4) Essaye d’être le type de personne que tu voudrais attirer.

5) Nos intentions créent notre réalité.

6) Tu ne peux pas toujours contrôler ce qui t’arrive à l’extérieur mais tu peux toujours contrôler ce qui t’arrive à l’intérieur.

7) Je suis réaliste, j’attends des miracles.

8) Tu peux obtenir ce que tu veux réellement si tu persévères réellement.

9) Tu le verras quand tu le croiras.

10) Il n’y a pas un manque d’opportunités pour gagner ta vie en faisant ce que tu aimes. Il y a seulement un manque de volonté.


Voilà. C’est tout pour aujourd’hui. La prochaine fois, je continuerai ma liste des phrases-clés de l’œuvre de Wayne Dyer en donnant les quinze dernières. La suite au prochain numéro comme dans les romans-feuilletons du dix-neuvième siècle ou dans les séries télévisées américaines contemporaines.

lundi 2 novembre 2015

24 heures de Méditation pour la Terre


Notre Terre est un être vivant que nous pouvons tuer.


Le centre bouddhiste dont je suis l'élève, le Centre Triratna de Paris, a participé du dimanche 1 novembre à 8 heures au lundi 2 novembre à 8 heures aux 24 H de Méditation pour la Terre, manifestation relayée par de nombreuses associations spirituelles.  Le but était de méditer et de réfléchir pendant une journée afin de sauver notre planète et aussi d’opérer une pression morale sur les futures négociations des Nations Unies sur le climat qui débuteront à Paris le 30 novembre. En effet, nous croyons que, si rien n’est accompli rapidement par les grandes nations, la planète court à terme un danger de mort. Nous avons pensé aussi que c’est à chacun de nous de prendre conscience chaque jour de ce problème qui touche à notre survie à tous, en effectuant des gestes écologiques : économiser l’électricité, faire du tri sélectif, manger végétarien, ne pas prendre sa voiture, éviter de voyager en avion, etc., et nous nous sommes engagés à effectuer chaque jour au moins un de ses gestes.

Dans le même temps, quinze des plus importants chefs spirituels bouddhistes ont publié un appel historique lancé aux dirigeants politiques pour conclure un accord efficace face aux changements climatiques lors de ces négociations.

Voici des extraits parmi les plus importants de leur déclaration :

Le 29 octobre 2015
1) Nous soussignés, chefs spirituels bouddhistes, nous sommes rassemblés préalablement à la 21ème séance de la Conférence des parties (COP21) de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) qui aura lieu à Paris, pour unir nos voix aux appels croissants à ce que les dirigeants mondiaux coopèrent avec compassion et sagesse et parviennent à un accord ambitieux et efficace sur le climat.

2) Nous sommes à un moment-charnière, où notre survie et celle des autres espèces sont en jeu en raison de nos actes. Il est encore temps de ralentir les changements climatiques et de limiter leurs impacts, mais pour ce faire, le sommet de Paris devra nous mettre sur la voie de l’abandon des énergies fossiles. Nous devons garantir la protection des plus vulnérables, par des mesures visionnaires et globales d’atténuation et d’adaptation.
3) Notre préoccupation est fondée sur la prise de conscience du Bouddha de la coproduction interdépendante, qui relie tout ce qui est dans l’univers. Comprendre cette causalité interdépendante ainsi que les conséquences de nos actes représente une étape clé pour réduire notre impact environnemental. En cultivant la vision profonde de l’inter-être et de la compassion, nous serons capables d’agir par amour, et non par peur, pour protéger notre planète.
4) C’est un thème dont les chefs spirituels bouddhistes parlent depuis des décennies. Cependant, le quotidien peut facilement nous faire oublier que notre vie est inextricablement liée au milieu naturel par chaque respiration que nous prenons, par l’eau que nous buvons et par la nourriture que nous mangeons. Par manque de vision profonde, nous sommes en train de détruire les écosystèmes-mêmes dont nous, et tous les autres êtres vivants, dépendons pour notre survie. Nous jugeons impératif la reconnaissance par la communauté bouddhiste mondiale que nous dépendons à la fois les uns des autres et du milieu naturel. Ensemble, l’humanité doit agir sur les causes premières de cette crise environnementale, qui est engendrée par notre utilisation des énergies fossiles, par des modèles de consommation non viables, par notre manque de conscience, et par le peu de préoccupations des conséquences de nos actes. Nous soutenons vivement « C’est maintenant qu’il faut agir : une déclaration bouddhiste sur les changements climatiques », qui est approuvée par des chefs spirituels et des représentants de sanghas bouddhistes du monde entier.
5) Nous nous réjouissons et nous soutenons également des déclarations sur les changements climatiques d’autres traditions religieuses. Celles-ci incluent l’encyclique du Pape François publiée cette année, Laudato si' : Sur la sauvegarde de la maison commune, la Déclaration islamique sur les changements climatiques, ainsi que l’imminente Déclaration hindouiste sur les changements climatiques. Nous sommes unis dans notre volonté de sortir des énergies fossiles, de réduire notre consommation, et dans l’impératif éthique d’agir à la fois contre les causes et contre les impacts des changements climatiques, surtout chez les plus pauvres.
6) À cette fin, nous exhortons les dirigeants mondiaux à faire preuve d’une volonté politique de combler l’écart entre les besoins et les promesses des pays-parties en matière de réduction des émissions et à garantir une augmentation de la température moyenne mondiale inférieure à 1,5 degré Celsius par rapport à l’ère pré-industrielle. Nous demandons également qu’ils augmentent d’un commun accord les financements climatiques, de façon à aider les pays en voie de développement à se préparer aux impacts climatiques et à nous aider tous à effectuer une transition vers un avenir bas carbone sans danger.
7) La bonne nouvelle est qu’une occasion unique d’opérer un tournant décisif se présentera avec les négociations pour le climat à Paris. Les scientifiques nous assurent qu’il est possible, sur le plan technologique comme sur le plan économique, de limiter l’augmentation de la température moyenne mondiale à moins d’1,5 degré Celsius. La sortie progressive des énergies fossiles et la transition vers une utilisation exclusive d’énergies propres et renouvelables engendreront non seulement le passage à une économie bas carbone dans le monde, mais nous aideront également à nous engager sur un chemin de renouveau spirituel dont nous avons le plus grand besoin. Outre notre progression spirituelle, et conformément aux recommandations des Nations unies, protéger nos forêts, tendre vers une alimentation basée sur des aliments d’origine végétale, réduire notre consommation, recycler, adopter les énergies renouvelables, prendre l’avion moins souvent et préférer les transports en commun comptent parmi les actions les plus efficaces que nous pouvons accomplir en tant qu’individus. Nous pouvons tous changer les choses.
C’est maintenant qu’il faut agir.
Cordialement,
Les signataires :
Sa Sainteté le Dalaï Lama Tenzing Gyatso, 14ème Dalaï Lama
Maître zen Thich Nhat Hanh, Patriarche de la communauté internationale des bouddhistes engagés du Village des Pruniers
Sa Sainteté le 17ème Gyalwang Karmapa, Chef de la lignée Karma Kagyu
Sa Sainteté le Dr Dharmasen Mahathero, Patriarche suprême (Sangharaja) du Sangha du Bangladesh
Rév. Hakuga Murayama, Président de l’Association nationale japonaise des jeunes bouddhistes (Japan Young Buddhist Association, JYBA)
Son Éminence Jaesung Sunim, Président de l’Ordre Jogye du bouddhisme coréen
Bhante B. Sri Saranankara Nayaka Maha Thera, Chef de l’Adhikarana Sangha Nayaka de Malaisie, Kuala Lumpur
Son Éminence le révérend Khamba Lama Gabju Demberel, Chef suprême des bouddhistes mongols
Sa Sainteté le Dr Bhaddanta Kumarabhivamsa, Sangharaja et président du comité d’État Sangha Maha Nāyaka en Birmanie
Son Éminence Agga Maha Panditha Dawuldena Gnanissara Maha Nayaka Thera, Mahanayaka Thero, prélat suprême d’Amarapura Maha Nikaya au Sri Lanka
Sa Sainteté Thich Phô Tuê, Patriarche suprême de tout le Sangha bouddhiste du Vietnam
Vénérable Lama Lobzang, Secrétaire général de la Confédération bouddhiste internationale (IBC)
Révérend Olivier Reigen WANG-GENH, Président de l’Union Bouddhiste de France (UBF)
Vénérable Bhikku Bodhi, Président de l’association bouddhiste des États-Unis
Sa Majesté Ashi Kesang Wangmo Wangchuk, Bhoutan

Voilà. C’est tout pour aujourd’hui. La prochaine fois, je développerai un peu plus les différentes thématiques abordées dans ces 24 H de Méditation pour la Terre. La suite au prochain numéro comme dans les romans-feuilletons du dix-neuvième siècle ou dans les séries télévisées américaines contemporaines.


jeudi 29 octobre 2015

Les trente-sept conditions nécessaires à l’illumination


L'illumination du bouddha Shakyamuni, qui a réalisé les trente-sept conditions



Je sais que ce blog peut vous paraître diverger, abandonner aléatoirement des sujets. Pourquoi avoir abordé « gyulu » dans la méditation du bouddhisme tibétain et traiter à présent des Trente-sept conditions nécessaires à l’illumination ? Parce que, justement, il me semble que le bouddhisme, mon bouddhisme, c’est cela : un continuel aller-retour entre méditation et éthique, entre pratique et théorie. Selon moi, un bouddhiste est une personne « équilibrée » : il pense autant à contrôler son esprit, à le maîtriser, pour voir ce qu’il y a derrière sa réalité, qu’à mener une vie de compassion et  à lutter pour la préservation de notre humanité et de notre planète (voir dimanche 1 novembre, 24 heures de méditation pour la Terre, une activité à laquelle participe le Centre bouddhiste Triratna de Paris). Mais ne vous inquiétez pas, je reviendrai bientôt à l’étude de « gyulu » et des six yogas de Naropa dans le bouddhisme tibétain.

Pour le débutant, cela peut paraître sans doute monstrueux qu’il faille trente-sept conditions pour accéder à l’illumination et il pense ainsi : « Mais je n’y arriverai jamais ! » En fait, peut-être faut-il voir les choses de manière différente. Vous pouvez vous raisonner et vous dire : « Il n’y a donc que trente-sept étapes à franchir pour devenir un Bouddha ». Outre cela, elles vous paraîtront plus faciles parce que le bouddhisme nous les décrit clairement. Et, au pire, n’en réaliseriez-vous que dix que cette pratique vous donnera une grande joie. Tout le monde n’atteindra sans doute pas dans cette vie l’état de Bouddha (qui est justement la réunion de ces trente-sept aspects) mais le monde et les relations entre les hommes en seront grandement améliorés.

Les trente-sept conditions de l’illumination

A) Les 7 Facteurs d’illumination (Bodhyangas)
B) Les 8 Étapes du noble sentier octuple
C) Les 4 Attentions (Satipatthanas)
D) Les 4 Efforts (Samma-padhanas)
E) Les 4 Vecteurs des pouvoirs surnaturels (Riddhipaddas)
F) Les 5 Racines (Indriyas)
G) Les 5 Forces (Balas)



A) Les 7 Facteurs d’illumination (bodhyangas)
1) L’attention
2) La discrimination bouddhiste du vrai et du faux
3) L’énergie dans la pratique
4) Le bonheur de la compréhension de la doctrine
5) La satisfaction générée par la maîtrise de ses passions
6) L’équanimité
7) Le recueillement

B) Les 8 éléments du Noble sentier octuple
L’éthique
8) La parole juste
9) L’action juste
10) Les moyens d’existence justes
La discipline mentale
11) L’effort juste
12) La prise de conscience juste
13) La concentration juste
La Sagesse
14) Vision juste des 4 nobles vérités
15) La pensée juste (dénuée de haine, d’avidité et d’ignorance)

C) Les 4 Attentions (Satipatthanas)
16) L’attention au corps
17) L’attention aux sensations
18) L’attention à l’esprit
19) L’attention aux objets mentaux

D) Les 4 Efforts (Samma-padhanas)
20) L’effort de conservation des choses saines
21) L’effort d’élimination des choses malsaines
22) L’effort de développement des choses saines
23) L’effort de dépassement des choses malsaines

E) Les 4 Vecteurs des pouvoirs surnaturels (Riddhipadas)
24) La volonté de fixer l’esprit en un seul point
25) L’énergie à fixer l’esprit en un seul point
26) La pensée de fixer l’esprit en un seul point
27) L’analyse de la fixation en fonction des enseignements reçus

F) Les 5 Racines (Indriyas)
28) La foi, conviction ferme au sujet des quatre nobles vérités
29) L'attention qui permet de ne pas relâcher sa vision sur les quatre nobles vérités
30) L’énergie dirigée vers l’atteinte de la conviction envers les nobles vérités
31) La mémoire qui empêche l’oubli des quatre nobles vérités
32) La Sagesse, qui permet une analyse claire des vérités

G) Les 5 Forces (Balas), (développées par le raffermissement des 5 racines (Indriyas))
33) La force de la foi qui vainc les vues erronées
34) La force de l’attention maîtrisée, à laquelle on parvient par l’exercice des 4 Attentions
35) La force de l’énergie qui vainc la paresse et permet de triompher de ce qui est malsain par l’exercice des 4 Efforts.
36) La force du Samadhi, c’est-à-dire l’exercice de la méditation (Dhyana), qui vise à l’extinction des passions
37) La force de la Sagesse qui mène de la compréhension des 4 nobles vérités, jusqu’à la Connaissance de la véritable réalité, puis au Nirvana


Voilà. C’est tout pour aujourd’hui. La prochaine fois, je développerai ces trente-sept conditions de l’illumination, en détaillant les sept pratiques qui la composent, et en vous donnant mes procédés mnémotechniques personnels pour retenir ces trente-sept éléments. La suite au prochain numéro comme dans les romans-feuilletons du dix-neuvième siècle ou dans les séries télévisées américaines contemporaines.


Amitiés à tous.

mardi 27 octobre 2015

Le bouddhisme tibétain, le second des six exercices secrets du yoga de Naropa : Gyulu ou la doctrine du corps illusoire (première partie)





Gyulu ou la doctrine du corps illusoire montre grâce aux miroirs que le corps est une apparence



La seconde étape des six yogas de Naropa se nomme donc « gyulu » ou doctrine du corps illusoire. J’utiliserai, entre autres documentations, pour décrire cet état de gyulu, un excellent petit livre, à la fois clair, précis et détaillé, Les six yogas de Naropa, les pratiques secrètes du bouddhisme tibétain d’un lama du seizième siècle Takpo Tashi Namgyal traduit par l’érudit Erik Sablé.

Le bouddhisme considère l’univers comme une illusion dénuée de consistance, de substance. Quand il évoque le caractère illusoire du monde sensible, il ne s’agit pas seulement d’une théorie mais d’une réalité qu’il faut vivre et réaliser au plus profond de soi, à chaque instant. La pratique de « gyulu », du « corps illusoire » a précisément pour but de nous amener à cette prise de conscience avec des exercices précis.

Comme notre sentiment de réalité passe essentiellement par l’identification à notre corps physique, ce yoga propose un travail destiné à lui faire perdre cette « pesanteur », à effacer notre croyance en sa réalité. Car c’est bien d’une croyance qu’il s’agit. Nous devons donc mettre en doute ce qui nous semble une évidence et ne l’est pas. De plus, le corps est la source principale de notre sentiment d’être un « moi » indépendant. Le corps et le « moi » sont intrinsèquement liés et, en réalisant le caractère illusoire de l’un, on réalise aussi le caractère illusoire de l’autre.

Cependant, illusoire ne veut pas dire inexistant. L’illusion du monde est celle du reflet dans un miroir. L’image reflétée est illusoire dans la mesure où elle n’a pas d’existence en soi. Elle n’existe qu’en fonction de l’objet, du corps qui lui sert de support. C’est dans ce sens que les textes bouddhistes disent que l’univers est dénué de substance. Il ne trouve pas en lui-même son fondement. Il est la manifestation temporaire de la Vacuité. Il surgit aussi brièvement que l’arc-en-ciel, autre symbole bouddhiste, qui apparaît brusquement pour s’effacer ensuite.

La pratique du gyulu, corps illusoire, peut se diviser en trois étapes principales (pour des raisons de lisibilité sur Internet, cet article est divisé en deux parties) :

1) Comme avant toutes les pratiques des six yogas de Naropa, il est d’abord nécessaire de méditer sur l’impermanence de toutes choses, la souffrance inhérente au cycle des renaissances, de cultiver la compassion et l’esprit d’Eveil (aspiration à l’Illumination). A présent, le pratiquant devra consacrer un tiers du temps à la pratique de tumo, le premier exercice, et deux tiers à celle du corps illusoire car tumo est le fondement des autres pratiques. Il lui faudra imaginer que la totalité des objets de l’univers sensible, les villes, les maisons, les montagnes, les rivières, les hommes, les animaux, notre propre corps, tout ce qui nous semble le plus évident, le plus réel, le plus palpable, sont des créations de notre esprit, dénuées de réalité, semblables à des mirages, des rêves, des bulles dans l’eau, des ombres, la rosée du matin, ou encore des reflets dénués de substance.

En fait, il est nécessaire de comprendre que tous les phénomènes de notre pseudo-réalité sont transitoires et n’ont pas de consistance. Leur caractère irréel vient du fait qu’ils ne durent pas. Ils s’effacent comme la rosée se volatilise avec la chaleur du soleil ou comme les bulles disparaissent dans l’eau. Le pratiquant méditera sur la vacuité et l’illusion. Et c’est grâce à cette méditation qu’il parviendra à se défaire de toute forme d’attachement. Cependant, encore une fois, il ne s’agit pas de méditations superficielles, mais de pensées qui pénètrent dans les couches les plus profondes de la psyché, jusqu’à provoquer un choc libérateur, une prise de conscience de la réalité du devenir.

2) La doctrine du corps illusoire impur.

Pour cette pratique, il est nécessaire de se placer face à un miroir afin d’observer le reflet de son propre corps. L’exercice consiste d’abord à réaliser que l’image dans le miroir est dépendante du corps et qu’elle n’a aucune substance propre. Elle n’est qu’une apparence vide.

Maintenant, il s’agit de se mettre en colère contre soi-même, d’insulter sa propre image dans le miroir et d’observer dans quelle mesure nous en sommes affectés. En fait, il nous faut comprendre que nous ne sommes en rien différents de ce reflet de nous-mêmes. Cet exercice nous permet de réaliser que toute colère, tout sentiment de vanité, sont illusoires, le produit de notre propre esprit et, finalement, un peu ridicules, comme il est ridicule de croire en la réalité de l’image dans le miroir.

Cette façon de procéder peut sembler simpliste, primaire, mais ceux qui ont pratiqué cet exercice savent qu’il est très efficace. Le méditant finit par comprendre le caractère parfaitement illusoire de notre éternelle quête de reconnaissance, de notre volonté infantile d’être au centre de l’univers.

Voilà. C’est tout pour aujourd’hui. La prochaine fois, j’aborderai la fin de la pratique de Gyulu, le corps illusoire, à la fois corps impur et pur (la troisième étape avec le yidam ou Ishta-deva, notre divinité personnelle). La suite au prochain numéro comme dans les romans-feuilletons du dix-neuvième siècle ou dans les séries télévisées américaines contemporaines.


Amitiés à tous.