jeudi 13 juillet 2017

Le chapelet, compte rendu du livre « Chaos, l’apparence du hasard » de Martin Joyal, La création du chapelet, Annexe A, suite (vingt-huitième partie).

Le chapelet Joyal.


Pour moi, un des livres qui décrit au mieux les possibilités des chapelets d’une façon analytique est l’ouvrage d’un prestidigitateur de langue anglaise Martin Joyal, Chaos, l’apparence du hasard paru en France en 2010 (il est sorti en anglais sous le titre The Six-Hour Memorized Deck en 1997).



 «  La création du chapelet Joyal (version picoeur-trécar).
Il y a deux versions du chapelet Joyal, la version européenne (picoeur-trécar, pique, cœur, trèfle, carreau) et la version américaine (trécoeur-picar). Nous étudierons la version européenne.

LA GRILLE

Une fois posées les fondations avec trois suites mathématiques simples, les nombres premiers et l'ordre des familles, je me sens prêt à attaquer le problème principal. Je dois associer chacune des cinquante-deux cartes à un numéro de 1 à 52.

J'ai tracé sur ma table une grille constituée de cinq rangées de dix cases et, au-dessous, une rangée supplémentaire de deux cases. J'ai appelé rangée 1 la rangée du haut. Celle du bas devient  la rangée 6. J'ai numéroté de 1 à 10 les dix colonnes de gauche à droite. Chaque case porte un numéro de 1 à 52, la case 1 est dans l'angle supérieur gauche. Ces cases correspondent aux cinquante-deux rangs. J'ai fait les cases de ma grille de la taille des cartes à jouer réelles, ainsi je peux étaler les cartes en développant l'ordre du chapelet.

LE MILIEU ET LA FIN

Je dois commencer quelque part. Il me semble qu'il serait utile d'avoir un « break » reconnaissable à la moitié du jeu. La carte associée au rang 26 doit être une carte que je n'oublierai pas. Ainsi, si j'ai besoin de couper le jeu en deux paquets égaux, je n'aurais qu'à couper à cette carte.

Mon choix de cette carte est plutôt subjectif (Pour des raisons très subjectives propres à Martin Joyal, la carte à la position 26 est le 6 de trèfle).

Puisque la carte de rang 26 est une carte remarquable, pourquoi ne pas en avoir une autre au rang 52 ? Un second six serait une bonne idée. Le six de carreau est choisi. Je place cette carte dans la case 52 de ma grille.

LES DIX PRENNENT LES CINQ

Pour garder les choses simples, j'utilise le premier type de suite pour placer les quatre dix dans les cases 5, 15, 25, et 35, et les cinq dans les cases 10, 20, 30, et 40. J'ai utilisé l'ordre « picoeur-trécar » pour ces cartes, allant du dessus au-dessous dans l'arrangement.

Pourquoi ai-je associé les dix à des multiples de cinq et les cinq à des multiples de dix plutôt que l'inverse, ce qui aurait été plus facile à retenir ? Un effet que je souhaite faire avec cet arrangement est « La Carte au nombre », dans lequel un numéro est librement nommé, puis la carte de ce numéro est forcée. Si le numéro nommé est un dix, il me semble qu'avoir un dix en position 10 semblerait suspect. Donc, j'intervertis les dix et les cinq dans l'arrangement.

Étalant ces huit cartes, j'en ai alors déjà dix en place dans la grille.

LES AS PAR DOUZAINE

Je réfléchis ensuite à la position des as. La suite 1, 2, 3, 4 mettrait les as ensemble au-dessus du jeu. Ceci, bien sûr, est inacceptable. L'utilisation de la suite 1, 2, 4, 8 mettrait encore les as trop proches les uns des autres. L'utilisation de la suite 1, 11, 21, 31 s'ajouterait aux combinaisons déjà adoptées pour les cinq et les dix, ce que je ressens comme une répétition indésirable.

Deux des six sont déjà en place dans la grille, mais le rang 6 est toujours libre. Je constate qu'en utilisant la suite 6 12 24, 48, je peux répartir les as au travers de l'arrangement. C'est une suite facile à retenir, car on peut penser à une demi-douzaine, une douzaine, deux douzaines et quatre douzaines. Par conséquent, je place les quatre as dans ces cases, en utilisant à nouveau l'ordre « picceur-trécar ».

LES SEPT DE CHANCE ET LES NEUF

Si vous multipliez n'importe quel nombre par un nombre pair, le chiffre des unités du résultat sera toujours 0, 2, 4, 6, ou 8. Multiplier par 5 donne toujours un résultat finissant par 0 ou 5. Et multiplier par 1, 3, 7, ou 9 produit des résultats dont le chiffre des unités couvre la gamme de 0 à 9. J'ai un faible pour ces nombres, 1, 3, 7 et 9.

La suite 7, 14, 21, 28, dans laquelle 7 est successivement multiplié par 1, 2, 3 et 4, paraît un bon choix pour les sept. Ils ne seront pas trop proches les uns des autres et ils correspondront à des rangs finissant par des chiffres différents. Penser au 7 comme à un nombre de chance aidera à se rappeler les rangs donnés aux sept. En utilisant encore l'ordre « piceur-trécar », les sept sont étalés sur la table. Puisque les multiples de sept ne sont pas psychologiquement aussi évidents que les multiples de 10, et puisque seul le premier sept sera à une position correspondant à sa valeur, je ne ressens pas le même risque de suspicion qui se présentait quand j’étudiais le positionnement des dix.

Après les sept, j’attaque le problème des neuf, en utilisant la même stratégie. La suite 9,18, 27, 36 est choisie et les cartes sont placées dans leurs cases correspondantes. »


Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.

Le chapelet, compte rendu du livre « Chaos, l’apparence du hasard » de Martin Joyal, La création du chapelet, Annexe A, (vingt-septième partie).


Martin Joyal et son livre sur les chapelets.

Pour moi, un des livres qui décrit au mieux les possibilités des chapelets d’une façon analytique est l’ouvrage d’un prestidigitateur de langue anglaise Martin Joyal, Chaos, l’apparence du hasard paru en France en 2010 (il est sorti en anglais sous le titre The Six-Hour Memorized Deck en 1997).



«  La création du chapelet Joyal (version picoeur-trécar).

Il y a deux versions du chapelet Joyal, la version européenne (picoeur-trécar, pique, cœur, trèfle, carreau) et la version américaine (trécoeur-picar). Nous étudierons la version européenne.

LE BUT

Lors de mes premières réflexions sur la création d'un jeu arrangé mémorisé, mon principal désir fut de trouver une manière facile d'apprendre l'ordre des cinquante-deux cartes, en utilisant des suites mathématiques simples et courtes. Par exemple, dans la suite 1, 2, 3, 4, chaque nombre est supérieur de un par rapport à celui qui le précède. Un autre exemple est 1, 4, 7, 10, dans lequel chaque nombre augmente de trois par rapport au précédent, comme dans le chapelet Si Stebbins.

Mon objectif est donc de trouver une suite appropriée pour chaque valeur du jeu. Le premier inconvénient à surmonter est le fait que le système numérique que nous utilisons quotidiennement est un système décimal, utilisant les chiffres de 0 à 9, alors qu'un jeu de cartes utilise un système numérique de base treize, contenant quatre familles, ayant chacune treize valeurs. Les figures présentent donc un problème pour les utilisateurs du système décimal. Si un jeu n'était fait que des cartes à points, les choses auraient été plus simples !

TROIS SUITES SIMPLES

Quand j'ai commencé à développer le chapelet, j'ai essayé plusieurs sortes de suites. Après réflexion, j'en ai gardé trois, toutes constituées de quatre nombres faciles à retenir.

Dans l'idéal, le premier nombre de la suite doit correspondre à la valeur d'une des cartes. Le premier type de suite utilise une progression arithmétique de raison dix, c'est-à-dire que chaque nombre est augmenté de dix par rapport à celui qui le précède. Un exemple d'une telle suite est 5, 15, 25, 35. Ce type de suite convient à toutes les valeurs de l'as au roi.

Le second type de suite utilise une progression géométrique et peut être représentée ainsi : 1n, 2n, 3n, 4n. En d'autres termes, un nombre est multiplié successivement par 1, 2, 3 et 4. La suite 7, 14, 21, 28 en est un exemple ( ainsi dans le chapelet Joyal, le 7 de cœur est à la septième position, le sept de pique à la 14 ème, le 7 de trèfle à la 21 ème position, le 7 de carreau à la 28 ème position) . Ce type de suite convient également à toutes les valeurs de l'as au roi.

Le troisième type de suite utilise une progression exponentielle et peut être représentée ainsi : 1n, 2n, 4n, 8n, dans laquelle un nombre est multiplié successivement par 1, 2, 4 et 8. La suite 4, 8, 16, 32 en est un exemple. Ce type de suite ne convient qu'aux valeurs de l'as au six, car une valeur supérieure à six donnerait un résultat supérieur à cinquante-deux ce qui, bien sûr, n'existe pas dans un jeu de cartes.

LES NOMBRES PREMIERS

Les trois suites expliquées ci-dessus ont un inconvénient. Quelques nombres n'apparaîtront jamais car ils ne sont pas multiples d'autres nombres. Ces nombres sont les nombres premiers. Enfant, j'ai appris qu'entre 1 et 52, les nombres 1, 2, 3, 5, 7, 11, 13, 17, 19, 23, 29, 31, 37, 41, 43 et 47 sont tous des nombres premiers. De nos jours, 1 n'est pas considéré comme nombre premier, mais je me suis tenu à ma formation de jeunesse.

Curieusement, ce qui semble un inconvénient contient la solution au problème posé par les figures. Il y a douze figures et seize nombres premiers. Pourquoi ne pas, alors, garder les nombres premiers pour les figures ?

L'ORDRE DES FAMILLES

J'ai vu que l'utilisation d'un ordre spécifique des familles aiderait à la mémorisation d'un arrangement de jeu complet. Peut-être parce que je suis canadien français, j'ai toujours préféré l'ordre « picoeur-trécar » des familles. Par conséquent, j'ai choisi cet ordre quand j'ai développé le chapelet. Toutefois, reconnaissant que l'ordre « trécœur-picar » est prévalant dans les pays anglophones, j'ai adapté plus tard le montage pour suivre cet ordre des familles, pour ceux qui le préfèrent. »


Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.

lundi 10 juillet 2017

Compte rendu de « Gestalt thérapie » de Frederick Perls, Paul Goodman et Ralph Hefferline, dixième partie, « Le contact est découverte et construction de la solution à venir » et « Le self et ses identifications » dans « La structure du développement ».


Le self.

Osho nous dit : "Je peux parler indéfiniment car je n'ai pas d'enseignement."

Je vais aborder à présent une des méthodes les plus actuelles de psychothérapie, la Gestalt thérapie, à travers le livre de Frederick Perls, Paul Goodman et Ralph Hefferline, Gestalt thérapie. Je continuerai par « Le contact est « découverte et construction » de la solution à venir » et «Le self et ses identifications » dans « La structure du développement ».

Cet article fait suite à celui-ci.

Première partie : LE CONTACT, PREMIÈRE RÉALITÉ

Dixième partie. Le contact est « découverte et construction » de la solution à venir.

« L'intérêt est ressenti pour un problème présent et l'excitation monte en direction de la future solution, encore inconnue. L'assimilation de la nouveauté apparaît dans le moment présent à mesure du passage dans le futur. Le résultat de cette assimilation n'est jamais un simple réaménagement des situations inachevées de l'organisme, mais une configuration qui contient du nouveau matériel tiré de l'environnement et qui est donc différente de ce dont on pourrait se souvenir ou de ce que l'on pourrait deviner, comme l'œuvre d'un artiste est toujours, pour lui, nouvelle et imprévisible lorsqu'il a son matériel en mains.

Ainsi, en psychothérapie, recherchons-nous comment des situations inachevées peuvent faire pression dans la situation présente. Par l'expérimentation au présent de nouvelles attitudes et d'un nouveau matériel tiré de l'expérience de la réalité du quotidien, nous tendons en conséquence vers une meilleure intégration. Le patient ne fait pas appel à ses anciens souvenirs, ce qui reviendrait à battre indéfiniment les mêmes cartes, mais « se découvre » et « se construit ». (Freud a parfaitement compris l'importance des nouvelles conditions dans la situation présente quand il parle de l'inévitable transfert de la fixation enfantine sur la personne de l'analyste. Le sens thérapeutique du transfert ne réside toutefois pas dans le fait qu'il s'agit de la même vieille histoire, mais qu'il est désormais élaboré de manière différente en tant qu'aventure présente : l'analyste est un autre genre de parent. Il est clair que, malheureusement, certains blocages et tensions ne peuvent être libérés s'il n'y a pas un véritable changement de l'environnement, offrant de nouvelles possibilités. Si l'on modifiait les institutions et les mœurs, on verrait nombre de symptômes récalcitrants s'évanouir immédiatement.)

Onzième partie.              Le self et ses identifications

Appelons « self » le système de contacts à tous les instants. En tant que tel, le self varie avec souplesse : ses variations suivent les besoins organiques dominants et la pression des stimuli de l'environnement. C'est le système de réponses ; il diminue pendant le sommeil, lorsque le besoin de réponses se fait moins sentir. Le self est la frontière-contact à l'œuvre ; son activité consiste à former figures et fonds.

Il nous faut opposer cette conception du self à la « conscience » (consciousness) oisive de la psychanalyse orthodoxe, dont la fonction consiste simplement à observer et à rapporter ses observations à l'analyste, à coopérer sans interférer. Les écoles parafreudiennes révisionnistes, les reichiens ou l'Ecole de Washington par exemple, tendent à réduire le self dans toutes ses dimensions en un système limité à l'organisme ou à la société interpersonnelle. Dans le sens strict du terme, il ne s'agit pas alors de psychologie mais de biologie, de sociologie, etc. Mais le self est précisément l'intégrateur ; il est l'unité de synthèse, comme dit Kant. C'est l'artiste de la vie. Ce n'est qu'un petit facteur dans l'interaction totale organisme/ environnement mais c'est à lui que revient le rôle crucial de découvrir et de construire les significations par lesquelles nous nous développons.

La description de la santé et de la maladie psychologiques est simple. C'est une question d'identifications et d'aliénations  du self. Si un individu s'identifie à son self en formation, n'essaie pas d'inhiber l'excitation créative qui le pousse à découvrir la solution à venir, et, réciproquement, s'il aliène ce qui, organiquement, ne lui est pas propre et ne peut donc être vitalement intéressant mais s'avère être plutôt un facteur perturbateur de la figure/fond, alors il est psychologiquement sain car il n'hésitera pas à employer tous ses pouvoirs pour résoudre les difficultés qui se présenteront à lui. Mais si, au contraire, il s'aliène et, à cause de fausses identifications, essaie de conquérir sa propre spontanéité, il fera de sa vie une chose fade, confuse et douloureuse. Nous appellerons moi (ou ego)  le système d'identifications et d'aliénations.

Dans cette optique, notre méthode thérapeutique sera la suivante : au moyen d’expérimentations de la conscience immédiate délibérée de nos différentes fonctions, exercer le moi, c’est-à-dire les différentes identifications et aliénations, jusqu’à faire revivre spontanément le sentiment que « c’est moi qui suis en train de penser, de percevoir, de sentir, de faire ». Arrivé à ce stade, le patient est capable de se prendre en main. »


Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.

dimanche 9 juillet 2017

Compte rendu de « Comment développer une mémoire extraordinaire » de Dominic O’Brien (dixième partie), « La méthode du parcours ».


Un kit avec des cartes de mémoire.

Pour faire suite à mes trois articles sur la mnémotechnie sur le site Virtual Magie et à mon étude Introduction au mentalisme,à l'hypnose et à la mnémotechnie, je vais écrire un compte rendu détaillé du livre qui est pour moi le meilleur des ouvrages actuels sur le sujet, Comment développer une mémoire extraordinaire de Dominic O’Brien, huit fois champion du monde de mémoire et qui était un élève à la fois lent et inattentif.

Dans le chapitre 7, « La méthode du parcours  », Dominic O‘Brien nous montre comment il a exploité et développé une vieille technique, celle des « lieux ».

La méthode du parcours.

« Cette technique a révolutionné ma vie mais, dans sa forme initiale, elle était loin d’être parfaite. Après un éclair de génie, j’ai mis ma théorie du positionnement à l’épreuve : j’ai créé un parcours jalonné de vingt arrêts distincts. Je savais que ce trajet devait m’être familier (je n’avais pas envie de réfléchir à la séquence des étapes), et que les liens entre les codes de carte et les étapes devaient être très solides. Il m’a donc semblé naturel d’axer mon premier parcours sur une balade dans mon village.

En voici les 5 premières étapes.
1.            Porte de ma maison
2.            Maison du voisin
3.            Arrêt d’autobus
4.            Boutique
5.            Parking

Ensuite, j’ai codé de nouveau les cartes que je considérais auparavant comme des endroits ; j’en ai fait des objets. À défaut de procéder ainsi, il m’aurait fallu coupler deux lieux, et cela aurait pu engendrer de la confusion. Par exemple, le 3 de pique, qui représentait une forêt, est devenu une bûche ; le 8 de cœur, qui était un nuage, est devenu moi-même (j’ai toujours trouvé cette carte difficile à mémoriser ; en l’associant à moi-même, je créais un lien très fort). Maintenant que je disposais d’un parcours déterminé et de codes précis pour chaque carte, il ne me restait plus qu’à visualiser chaque objet au bon endroit le long du circuit.

Supposons que les cinq premières cartes soient le 6 de carreau, le 3 de pique, le 5 de trèfle, le 8 de cœur et le 4 de carreau. En m’aidant des cinq étapes initiales de mon parcours, je peux les mémoriser comme suit.

. Un avion (le 6 de carreau) est garé devant ma porte.
. Devant la maison de mon voisin, une bûche (le 3 de pique) est appuyée contre la clôture.
. À l’arrêt d’autobus, mon chien (le 5 de trèfle) bondit en jappant après les voitures qui passent.
. Dans la boutique, je me vois (le 8 de cœur) en train d’acheter un journal.
. Dans le parking, il y a de l’argent (le 4 de carreau) sur l’asphalte.

Cette fois, je ne pouvais plus me tromper : le parcours m’indiquait l’ordre de la séquence. Avec vingt cartes, j’ai fait un premier essai, qui a été couronné de succès. J’ai ensuite prolongé mon circuit : il partait de ma porte, traversait le village, passait devant le pub, croisait le terrain de cricket et suivait un sentier avec vue sur le terrain de pétanque. Il comptait 52 étapes, soit le nombre de cartes d’un jeu complet.

Après quelques balades mentales le long de ce nouveau circuit, j’ai pris mon paquet de cartes. Cette stratégie prometteuse s’avérerait-elle efficace ? Oui ! J’ai réussi à me souvenir des 52 cartes, sans erreur et en moins de 10 minutes. J’ai alors su qu’il me serait possible de répéter l’exploit de Carvello. Ce n’était qu’une question de temps.

L’inconvénient des « fantômes ».

Ma méthode était parfaite pour un jeu de cartes, mais certaines associations étaient si solides que, quand je tentais de répéter l’exploit, les « fantômes » des images précédentes polluaient mon esprit, si bien que celui-ci n’était plus capable d’associer les images au nouveau parcours. J’ai résolu ce problème en me servant de six parcours plutôt qu’un seul. Je les utilisais à tour de rôle et, quand je revenais à l’un d’eux, le souvenir des cartes que j’y avais mémorisées s’était effacé.

Le décor de mes parcours devait être assez familier et stimulant pour que je puisse me souvenir sans problème des étapes choisies. Je suis un passionné de golf ; il était donc naturel pour moi de choisir mes terrains préférés. J’ai aussi opté pour les maisons, les villes et les villages où j’avais habité.

Par tâtonnements, j’ai éliminé les parcours qui ne fonctionnaient pas. J’ai rejeté ceux dont les étapes étaient trop similaires, car il m’était difficile de les mémoriser. Par exemple, j’avais imaginé un circuit composé de 52 boutiques ; mais je devais faire un effort énorme pour me souvenir de l’ordre de ces magasins et les distinguer les uns des autres.

Pour qu’un parcours me convienne, il faut que ses étapes soient variées et contrastées. Par exemple, je saute un mur, je traverse un ruisseau, j’entre dans une cabine téléphonique, je consulte le menu d’un restaurant, je vais voir une statue, etc. Quand le parcours est intéressant, il s’ancre sans problème dans ma mémoire. Lorsque je l’ai suivi à plusieurs reprises, je l’évoque sans effort : je le parcours mentalement et j’en extrais les données.

L’inutilité des mises à jour.

Les gens me demandent souvent si je mets mes parcours à jour afin de tenir compte des changements réels. La réponse est non. Une fois qu’un circuit est bien ancré, il m’offre une piste qui me guide automatiquement d’une étape à l’autre. J’évite autant que possible de suivre mes parcours dans le monde réel. Je ne veux pas savoir si une boutique a modifié son enseigne, si des maisons ont été démolies ou si une cabine téléphonique a disparu. Je préfère utiliser mes parcours tels qu’ils existent dans mes souvenirs.

L’avantage des représentations humaines.

J’avais un autre problème : certains de mes codes étaient un peu flous, et j’avais tendance à les oublier. Je me suis rendu compte que les cartes codées sous forme de personnages étaient plus faciles à mémoriser que celles codées sous forme d’objets. En effet, les gens interagissaient le long de mes parcours, et leurs sentiments pouvaient transformer une scène abstraite en un tableau dramatique ou hilarant. Bref, l’intégration des émotions facilitait le processus de mémorisation. J’ai donc décidé de faire correspondre toutes les cartes à des personnages (ou, dans certains cas, à mes animaux préférés).
Souvenez-vous du 3 de pique. D’abord, il a correspondu à une forêt, puis à une bûche ; finalement, je l’ai associé à Malcolm, l’homme qui me livrait mon bois de chauffage. Le 6 de carreau, initialement lié à un avion, est devenu Tim, un ami travaillant pour une compagnie aérienne. Je me suis mis à l’ouvrage pour préciser mes codes, jusqu’à ce que j’aie obtenu une distribution qui s’ancrait bien dans mon esprit. Il ne s’agit pas seulement de gens que je connais ; mes codes comprennent aussi beaucoup de personnalités. Le 3 de cœur, par exemple, est symbolisé par les Beverley Sisters (un trio de chanteuses des années 1950 et 1960).

Quant au roi de trèfle, ce n’est plus Jack Nicklaus, mais Adolf Hitler (le trèfle, club en anglais, signifie aussi « massue », ce qui me fait penser à un agresseur). Aujourd’hui, trente ans plus tard, ma liste est en place, et j’en modifie rarement les termes. Une des cartes revêt un sens particulier pour moi, car son code n’a jamais changé : je suis fier de dire que le 5 de trèfle symbolise encore et toujours mon vieux chien. »


Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.

Compte rendu de « Gestalt thérapie » de Frederick Perls, Paul Goodman et Ralph Hefferline, neuvième partie, «Quel est le sujet-objet de la psychologie ? » et « Contact et nouveauté » dans « La structure du développement ».


Sans commentaire.


Osho nous dit : "Je peux parler indéfiniment car je n'ai pas d'enseignement."

Je vais aborder à présent une des méthodes les plus actuelles de psychothérapie, la Gestalt thérapie, à travers le livre de Frederick Perls, Paul Goodman et Ralph Hefferline, Gestalt thérapie. Je commencerai par « Quel est le sujet-objet de la psychologie ? » et « Contact et nouveauté » dans « La structure du développement ».

Cet article fait suite à celui-ci.

Première partie : LE CONTACT, PREMIÈRE RÉALITÉ

1.            LA STRUCTURE DU DÉVELOPPEMENT

Troisième partie.             Quel est le sujet-objet de la psychologie ?

« L'expérience est, en dernière analyse, contact, fonctionnement de la frontière entre l'organisme et son environnement et toute fonction humaine est une interaction dans un champ organisme/ environnement, socioculturel, animal et physique.

Parmi les sciences sociales et biologiques qui, toutes, traitent des différentes interactions dans le champ organisme/environnement, la psychologie étudie l'opération de la frontière-contact dans le champ organisme/environnement. C'est un sujet-objet spécifique et on peut comprendre aisément pourquoi les psychologues ont toujours eu du mal à délimiter leur sujet. Lorsqu'on dit « frontière », on pense aussitôt à une « frontière entre » ; mais la frontière-contact où se situe l'expérience ne sépare pas l'organisme de son environnement ; au contraire, elle limite l'organisme, le contient et le protège, et en même temps touche l'environnement. En d'autres termes, qui pourront sembler étranges, la frontière-contact — la peau sensible, par exemple — n'est pas tant une partie de « l'organisme » qu'essentiellement l'organe d'une relation particulière de l'organisme et de l'environnement.

Fondamentalement, cette relation particulière, comme nous tenterons bientôt de le montrer, c'est le développement. Ce à quoi on est sensible, ce n'est pas à la condition de l'organe (ce serait alors la douleur), mais à l'interaction du champ. Le contact, c'est la conscience immédiate du champ ou la réponse motrice dans le champ. C'est pour cette raison que le contact en action, le fonctionnement de la simple frontière de l'organisme, peut néanmoins prétendre dire la réalité, quelque chose de plus que la pulsion ou la passivité de l'organisme. 

Comprenons bien que le contact en action, la conscience immédiate et la réponse motrice sont pris ici dans le sens le plus large, pour inclure l'appétit et le dégoût, l'approche et l'évitement, la sensation, le ressenti, la manipulation, le jugement, la communication, la lutte, etc., toutes sortes de relations vivantes qui se situent au niveau de la frontière dans l'interaction de l'organisme et de l'environnement. Tous ces contacts en action sont le sujet de la psychologie. (Ce qu’on appelle « conscience » (consciousness) semble être un certain type d’awareness, une fonction de contact lorsqu'il se produit des difficultés et des retards dans l'ajustement).

Quatrième partie.           Contact et nouveauté.

Si l'on considère un animal errant librement dans un environnement spacieux et varié, nous voyons que ses fonctions de contact doivent être nombreuses et diversifiées car, fondamentalement, un organisme vit dans son environnement en maintenant sa différence et, plus important encore, en assimilant l'environnement pour nourrir sa différence. C'est à la frontière que les dangers sont repoussés, les obstacles surmontés et que l'assimilable est choisi et approprié. Ce qui est sélectionné et assimilé est toujours nouveau ; l'organisme survit grâce à l’assimilation de la nouveauté, au changement et au développement. Les aliments par exemple, comme le disait Aristote, sont bien un élément « dissemblable » qui peut devenir « semblable ». Et, dans le processus d'assimilation, l'organisme est à son tour transformé. 

Fondamentalement, le contact, c'est la conscience (awareness) de la nouveauté assimilable et le comportement dirigé vers elle ; c'est aussi le rejet de la nouveauté inassimilable. Ce qui est envahissant, toujours semblable ou indifférent, n’est pas un objet de contact. (Ainsi, les organes eux-mêmes, quand ils sont sains, ne sont pas contactés, car ils sont de nature conservatrice.)»


Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.

samedi 8 juillet 2017

Compte rendu de « Gestalt thérapie » de Frederick Perls, Paul Goodman et Ralph Hefferline, huitième partie, « La frontière-contact » et « Interaction de l'organisme et de l'environnement » dans «La structure du développement».




Osho nous dit : "Je peux parler indéfiniment car je n'ai pas d'enseignement."

Je vais aborder à présent une des méthodes les plus actuelles de psychothérapie, la Gestalt thérapie, à travers le livre de Frederick Perls, Paul Goodman et Ralph Hefferline, Gestalt thérapie. Je commencerai par « La frontière-contact » et «Interaction de l'organisme et de l'environnement » dans « La structure du développement ».

Cet article fait suite à celui-ci.

Première partie : LE CONTACT, PREMIÈRE RÉALITÉ

1.            LA STRUCTURE DU DÉVELOPPEMENT

1.            La frontière-contact

« Le propos de toutes les expériences pratiques et des discussions théoriques de ce livre est d’analyser la fonction de contact en action et d’accroître la conscience immédiate de la réalité. Quand nous utilisons le terme de « contact » ou de « prise de conscience » avec les objets, nous évoquons à la fois la conscience sensorielle et le comportement moteur. »

2. Interaction de l'organisme et de l'environnement

«  Dans toute recherche biologique, psychologique ou sociologique, il nous faut partir de l'interaction de l'organisme et de son environnement. Cela n'aurait pas de sens, en effet, de parler d'un animal doté d'un système respiratoire sans prendre en considération, dans sa définition, l'air et l'oxygène qui l'entourent. Ou de parler d'alimentation sans mentionner les aliments ; ou de la vue sans évoquer la lumière ; ou de locomotion sans la gravitation et le sol où l'on pose ses pieds ; ou de parole sans qu'il y ait d'interlocuteurs. Il n'existe pas une seule fonction chez l'animal qui se suffise à elle-même, sans objets ni environnement, qu'il s'agisse de fonctions végétatives, comme l'alimentation ou la sexualité, de fonctions perceptuelles ou motrices, de sentiments, de raisonnement. La signification de la colère implique un obstacle frustrant, celle du raisonnement un problème à résoudre. Appelons cette interaction de l'organisme et de l'environnement à l'œuvre dans toute fonction, le « champ organisme/environnement ». Et n'oublions pas que, lorsque nous théorisons l'impulsion, la pulsion, etc., c'est toujours à ce champ en interaction que nous nous référons et non pas à un animal isolé. Quand l'organisme est mobile dans un large champ et qu'il possède une structure interne complexe, comme c'est le cas de l'animal, il semble plausible d'en parler en soi — comme par exemple de la peau et de ce qu'elle contient — mais ce n'est qu'une illusion due au fait que le mouvement dans l'espace ainsi que le détail intérieur attirent plus volontiers l'attention sur eux que la stabilité et la simplicité relatives de l'arrière-plan.

Le rapport entre organisme humain et environnement n'est, bien entendu, pas seulement physique mais aussi social. Aussi, dans toute étude de l'homme comme la physiologie, la psychologie ou la psychothérapie, devons-nous parler d'un champ dans lequel interagissent au moins les facteurs socioculturels, animaux et physiques. Notre approche dans ce livre est « unitaire », dans ce sens que nous essayons, de manière détaillée, de considérer tout problème comme survenant dans un champ social, animal et physique. De ce point de vue, par exemple, on ne peut pas regarder les facteurs historiques et culturels comme des éléments qui compliquent ou modifient les conditions d'une situation biophysique qui serait plus simple, mais comme des éléments intrinsèques à la manière dont tout problème se présente à nous. »


Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.

Compte rendu de « Gestalt thérapie » de Frederick Perls, Paul Goodman et Ralph Hefferline, septième partie, plan de la première partie du livre.


Le livre en question.


Osho nous dit : "Je peux parler indéfiniment car je n'ai pas d'enseignement."

Je vais aborder à présent une des méthodes les plus actuelles de psychothérapie, la Gestalt thérapie, à travers le livre de Frederick Perls, Paul Goodman et Ralph Hefferline, Gestalt thérapie. Pour bien préciser mon propos, je vais d’abord vous donner le plan de la première partie du livre, « Le contact, première réalité ».


Voici le plan de la première partie du livre, Gestalt thérapie de Frederic Perls, Ralph Hefferline et Paul Goodman, « Le contact, première réalité ».

Première partie : LE CONTACT, PREMIÈRE RÉALITÉ

1.            LA STRUCTURE DU DÉVELOPPEMENT                   49
1.            La frontière-contact       49
2.            Interaction de l'organisme et le l'environnement            50
3.            Quel est le sujet-objet de la psychologie ?         51
4.            Contact et nouveauté   52
5.            Définition de la psychologie et de la psychologie de l'anormal   53
6.            Le contact comme figure et le champ organisme/environnement comme fond              54
7.            La thérapie en tant qu'analyse de la gestalt        55
8.            La destruction comme partie intégrante de la formation figure-fond    55
9.            L'excitation est l'évidence de la réalité  56
10.          Le contact est «découverte et réalisation » de la solution à venir            57
11.          Le self et ses identifications       58


2.            DIFFÉRENCES DE CONCEPTION, DIFFÉRENCES DE THÉRAPIE       60

1.            La Gestalt-thérapie et les tendances de la psychanalyse             60
2.            La Gestalt-thérapie et la Gestalt-psychologie    63
3.            Psychologie du «conscient» et de l'« inconscient »         64
4.            Réintégration des psychologies du « conscient » et de l'« inconscient »               65
5.            Plan de ce livre 66
6.            La méthode contextuelle d'argumentation        69
7.            La méthode contextuelle appliquée aux théories de la psychothérapie               70
8.            L'ajustement créateur : la structure de la création artistique et du jeu de l'enfant          71
9.            L'ajustement créateur en général           72
10.          L'ajustement créateur : « l'autorégulation »      73
11.          L'ajustement créateur : la fonction du self          74
12.          Quelques différences dans l'attitude thérapeutique générale  74


Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.