dimanche 28 février 2016

Comptage et mnémotechnie dans le bouddhisme (première partie)






Ananda, le cousin du Bouddha, lettré et mnémotechnicien


Ce qui m’a fasciné quand j’ai commencé à étudier le bouddhisme au centre bouddhiste Triratna de Paris, c’est de voir que, dans cette spiritualité, à peu près toutes les notions sont comptées, énumérées au moyen de chiffres. Et un jour, j’ai compris ce qui aurait dû être évident pour moi qui pratique la mnémotechnie que les comptages y servaient à la mémorisation.

Ananda, le cousin et intendant du Bouddha Sakyamuni, se servait de cette science . Il put, après le décès du Bouddha, réciter à peu près tous les discours qu’il avait entendu celui-ci prononcer lorsqu’eut lieu le premier concile bouddhiste. D’après l’imaginaire indien qui est toujours fertile et un peu exagéré, il aurait mémorisé ainsi 82 000 sujets d’enseignement.

Psychologiquement, le comptage peut être perçu aussi comme rassurant. Il donne un terme et est par exemple utilisé en hypnose ericksonienne pour induire la transe.

Le fait qu’il y ait 37 éléments en bouddhisme pour atteindre L’Éveil nous montre que la voie n’est pas infinie mais seulement longue.

Voici certaines notions capitales du bouddhisme avec leur comptage :

A) Les 3 joyaux (ou 3 confiances)
1) Le Bouddha
2) Le Dharma (enseignement du Bouddha)
3) La Sangha (communauté bouddhiste)

B) Les 3 caractéristiques des phénomènes de l'existence
1) L’impermanence
2) La douleur
3) L’absence d’être

C) Les 3 poisons
1) La colère
2) L’avidité
3) L'ignorance

D) Les 4 nobles vérités du Bouddha
1) Tout est dukkha (souffrance) dans ce monde.
2) Dukkha vient du désir pour ce monde.
3) Pour faire cesser dukkha, il faut faire cesser le désir.
4) Le moyen de faire cesser le désir est le noble sentier octuple du Bouddha.

E) Les 4 efforts justes
1) Éviter les mauvaises dispositions n’ayant pas encore pris racine en nous.
2) Surmonter celles qui sont déjà installées.
3) Développer les bonnes dispositions qui n’ont pas encore pris racine en nous.
4) Maintenir celles qui sont déjà installées.

F) Les 5 agrégats (constituants de notre personne)
1) Le physique
2) Les sensations (douloureuses, agréables ou neutres)
3) Les perceptions (son, odeur, goût, perceptions mentales)
4) Les formations psychiques (volonté, attention, jugement, etc.)
5) La conscience


La suite au prochain numéro comme dans les romans-feuilletons du dix-neuvième siècle ou dans les séries télévisées américaines actuelles.

Amitiés à tous.





vendredi 26 février 2016

Le bouddhisme comme voie laïque



Le boudha Sakkyamuni a découvert ses théories spirituelles en méditant.



Le bouddhisme peut s’avérer très intéressant comme voie laïque dans un monde tel le nôtre trop dominé par les religions. Qu’est-ce qui le distingue ?

1) Il n’est pas constitué autour d’un dieu (absence de perspective théiste) et d’autre part, il n’a pas comme vocation de structurer toute notre vie sociale.

2) Il n’offre pas de solution miracle, pas de salut, pas de promesse, pas de certitude. Or, dans la perspective théiste, c’est le plus souvent l’espoir de lendemains meilleurs qui fait avancer le croyant dans son existence. Tout son rapport au monde est organisé par cet horizon. La perte du lien avec le présent vivant est souvent une des conséquences directes de cet état d’esprit.

3) Le bouddhisme montre la vérité de notre expérience dans sa plus grande nudité (voir Le discours du bouddha aux kalamas (texte original et mon blog). Les enseignements invitent à entrer dans le cœur de la réalité et à en apprécier toute la saveur. Que le goût en soit amer ou sucré ne fait aucune différence.

4) La base du bouddhisme est la pratique de la méditation. C’est en méditant que le bouddha Sakyamuni a découvert ses théories spirituelles. Cette pratique est une voie de transformation de l’être même du pratiquant, de son rapport à son existence et au monde dans lequel il vit (voir à ce sujet l'excellent et très détaillé site, L'Esprit indompté). Par la pratique, il est possible d’apprendre à habiter l’incertitude fondamentale de l’existence sans en être déprimé ou découragé.

5) Personnellement, je médite au centre bouddhiste Triratna de Paris (voir son site très détaillé pour la présentation de la pensée du bouddha Sakyamuni) qui dépend de la communauté bouddhiste Triratna. Cette communauté a été créée par un moine bouddhiste anglais, Sangharakshita, en 1967.

6) Les centres bouddhistes en France, où il est possible de pratiquer, sont nombreux. Philippe Cornu, l’auteur du magnifique Dictionnaire encyclopédique du bouddhisme (949 pages !), recense en France, pour seulement une des branches du bouddhisme, dans son Guide du bouddhisme tibétain, des dizaines de lieux (p. 18 à 98) où il est possible de s’initier.

La suite au prochain numéro comme dans les romans-feuilletons du dix-neuvième siècle ou dans les séries télévisées américaines actuelles.

Amitiés à tous.