dimanche 22 janvier 2017

Remerciements à l'équipe de BTLV, Bob vous dit toute la vérité, la seule TV/Radio sur Internet consacrée aux plus grandes énigmes et à l'inexpliqué, de leur accueil pour mon émission "Initiation au mentalisme, à l'hypnose et à la mnémotechnie".



 Bob Bellanca, qui a eu l'idée de BTLV, bravo et merci pour son professionnalisme.



Chers amis,

Je voulais remercier toute l'équipe de  BTLV, "Bob vous dit toute la vérité", la seule TV/Radio consacrée aux plus grandes énigmes et à l'inexpliqué, de leur accueil. J'ai été leur invité pour l'émission du 17 janvier 2017 à 21 h  "Initiation au mentalisme, à l'hypnose et à la mnémotechnie" :


Vous pouvez toujours actuellement écouter cette émission en podcast.

Voilà. C'est tout. La suite au prochain numéro.

jeudi 19 janvier 2017

Quelques notions de Gestalt thérapie : la théorie du «self» (quatrième partie).




Sans commentaire


Cet article est la suite de celui sur l’«awareness (Je sais, cela fait un peu penser à Jean-Claude Van Damme mais c'est très sérieux.)

Un « self » ouvert 24 heures/24

Tout organisme vivant dépend de son environnement et se développe en interaction avec lui. Une plante a besoin d’air, d’eau, d’espace pour s’épanouir. Dans sa croissance, elle est en contact permanent avec les différents éléments qui l’entourent. Elle réagit au sol dans lequel elle pousse, à la lumière, aux saisons ; elle s’épanouit, s’adapte, s’étiole, au gré des échanges avec d’autres éléments. De la même façon, chaque individu s’ajuste en permanence avec son environnement. Il le fait pour satisfaire ses besoins vitaux, mais aussi pour répondre à ses aspirations et à ses désirs. Il s’épanouit, freine son élan, fuit, agresse ou s’ouvre selon les circonstances. Ce processus d’ajustement aux autres et à notre milieu est nommé le « self ». C’est notre manière personnelle de réagir aux circonstances de la vie.

Le self en fonction
Pour appréhender notre capacité à vivre et à gérer notre énergie, la Gestalt envisage le fonctionnement du self selon quatre modes: le ça, le moi, la personnalité, le mode moyen (ces notions étant propres à la Gestalt). Ces modalités de contact décrivent le système d’ajustement créatif dans ses différents registres.

1) Le ça
C’est le mode des pulsions, des besoins et des désirs. Dans ce registre, le corps occupe le premier plan, il est en figure sur le fond de notre expérience. « J’ai faim ; j’ai envie de bouger; je ressens du désir pour cette personne... » Ces ressentis émergent malgré nous, nous les vivons dans un premier temps sur un mode passif : « ça » parle en nous, « ça vibre et ça frémit », « ça » se manifeste en nous.

2) Le moi
C’est le registre du choix et de la responsabilité. Il a pour qualité d’identifier les besoins, les désirs et les pulsions liés au ça. « Je veux, je ne veux pas, je décide, j’entreprends... » Le moi agit sur un mode conscient, actif et affirmatif.

3) La personnalité
C’est l’idée que chacun se fait de lui-même. Cette idée peut évoluer au fil de la vie mais elle se construit néanmoins d’une manière assez stable. « Je suis très à l’aise en société... Je suis une personne secrète... Trouver un sens à sa vie est important pour moi... » C’est la somme des expériences passées, la mémoire de notre continuité en tant que personne, le continuum évolutif et relativement stable de notre expérience de vie.

4) Le mode moyen
Dans ce mode, l’énergie s’écoule librement, tout circule, ça se fait tout seul, nous sommes dans le lâcher­prise du vécu. « Je me laisse aller, je me relâche. » Je suis en train de nager dans l’océan, je suis au cœur de mes sensations, en plein contact avec l’environnement.

Ces différents aspects du « self » permettent au thérapeute de repérer la libre circulation de l’énergie et de ses éventuelles ruptures. Cette approche est un outil précieux: une grille de lecture et un instrument de repérage dans l’univers du fonctionnement humain. Elle éclaire la manière dont chaque personne investit ou non le contact. Précisons que cette lecture synthétique ne reflète pas la qualité d’être et d’échange qui peut advenir lors d’une séance thérapeutique. Si vous utilisez une boussole pour vous repérer lors d’une randonnée, elle vous donne des indications sur votre situation géographique. Mais ces repères ne parlent ni de votre relation avec votre environnement, ni des subtilités du parcours que vous allez accomplir, pas plus que de la richesse de votre vécu. Or c’est sur tous ces éléments que repose la dynamique thérapeutique de la Gestalt: créer une qualité d’être et de présence à soi-même et avec l’autre.

Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.

Compte rendu de « Une mémoire infaillible, briller en société sans sortir son smartphone » de Sébastien Martinez, un excellent livre actuel sur la mnémotechnie (première partie)





Une nouvelle référence sur la mnémotechnie


Je suis toujours très heureux quand paraît, dans un paysage éditorial qui n’est pas toujours génial, un très bon livre sur la mémoire et la mnémotechnie (un de mes domaines de prédilection). Actuellement, depuis la fin de l’année 2016, Sébastien Martinez, champion de France de mémorisation 2015, nous propose un ouvrage remarquablement bien fait et plein d’idées sur le sujet, Une mémoire infaillible, briller en société sans sortir son smartphone. Je n’avais rien lu de cette qualité sur cette thématique depuis Mémento de la mémoire, améliorez votre mémoire au quotidien de Benoît Rosemont et Comment développer une mémoire extraordinaire de Dominic O’Brien.

Pour pousser plus loin la comparaison, Sébastien Martinez a comme Dominic O’Brien la générosité de nous révéler presque tous les secrets les mieux gardés de la mnémotechnie (notamment ceux des champions du monde de mémoire comme le système PAO).

Le chapitre que je préfère est le chapitre 4 « Créer son propre langage » car c’est bien de cela qu’il s’agit en mnémotechnie. Au début, vous apprenez ce qu’on pourrait appeler un langage codé pour retenir mieux (table de rappel, palais de mémoire, code chiffre-lettre, etc.). Mais après, quand vous possédez beaucoup de maîtrise de ces codes, vous pouvez vous créer les vôtres, vos langages.

Je vais vous donner un exemple : personnellement, j’ai appris, dans le livre de Tréborix Souvenirs et mémoire en 1983, comment associer les 52 cartes d’un jeu à 52 images différentes, ce qui permet de mémoriser l’ordre d’un jeu grâce à votre « palais de mémoire ». Mais, depuis, je me suis créé ma propre méthode : j’ai associé la couleur cœur aux gens que j’aime, la couleur pique aux gens que je déteste, la couleur trèfle à mes collègues de travail, la couleur carreau aux mentalistes que je connais. Dans chaque couleur, il y a naturellement treize cartes-personnages, roi, dame, valet, dix, etc., personnages qui correspondent tous à une caractéristique que je leur ai assignée : ainsi, j’ai décidé que le neuf serait toujours une personne Nouvelle (jeune) : le neuf de carreau est le mentaliste Luca Volpe qui est le plus jeune mentaliste que je connaisse, le neuf de trèfle est un de mes collègues de travail très jeune, etc. Cela m’a donné 52 personnes, correspondant chacune à une carte de mon jeu. Je ne vous dis pas bien sûr quelles sont ces 52 personnes parce que je ne veux pas que tout le monde connaisse mon truc ! Rassurez-vous, je déconne, vous trouverez ce type de classification thématique dans le livre de Sébastien Martinez (p.97) : en effet, le britannique Ed Cooke, ancien champion du monde de mémoire, a eu exactement la même idée que moi  ou peut-être, plus modestement, j’ai eu la même intuition que lui !

Le plus beau passage du livre se trouve dans la conclusion : « Un art de l’attention ». « L’art de la mémoire est un art de l’attention. C’est en cela aussi qu’il est urgent de l’enseigner. En nous permettant de focaliser notre attention sur un objectif de plus en plus précis, il nous aide à la développer dans mille autres circonstances. Il nous permet de gagner en concentration et donc en sérénité. Il nous aide à ne plus nous disperser. A retrouver notre autonomie. Et donc notre confiance en nos propres capacités.

Avoir une bonne mémoire n’est pas une finalité en soi. Il ne s’agit que d’un moyen vers une existence plus sereine. L’art de la mémoire, à l’instar de l’hypnose, du yoga, de la sophrologie ou de la méditation, aide à se recentrer, à être présent à l’instant. Il nous invite à chercher en nous-mêmes ce après quoi nous courons en vain. »

Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.

mercredi 18 janvier 2017

Extrait de mon livre "Jorge Luis Borges, une autre littérature" (troisième partie).





 Borges dans la bibliothèque dont il n'est jamais véritablement sorti


Je viens de recevoir une lettre de mon éditeur Les Belles Lettres qui me détaille le montant de mes droits d'auteur pour mon livre Jorge Luis Borges, une autre littérature. Je trouve la somme qu'il me verse minable et scandaleuse. J'ai donc décidé de publier ce livre gratuitement sur Internet. Pour les magiciens, il faut savoir que Jorge Luis Borges, auteur argentin qui a quand même failli avoir le prix Nobel, était passionné par la prestidigitation. Une nouvelle de lui dans son livre Six problèmes pour Don Isidro Parodi "Les douze signes du Zodiaque" est entièrement basée sur un principe bien connu de mentalisme (c'est à vous de trouver ! ).

UN AUTEUR MAL CONNU ?
Certes, pour la connaissance de Borges, il y a ses œuvres complètes dans la Pléiade, comme d’habitude véritable somme, avec des notes d’une érudition étonnante et une biographie pour soutenir l’analyse. Mais comme d’habitude aussi, étonnamment consensuelles, étonnamment complaisantes envers l’écrivain. Borges refuse que ses trois premiers recueils d’essais soient traduits et aussitôt, on les publie de façon lacunaire en fin de volume en les rattachant aux différentes revues dans lesquelles ils étaient initialement parus. Aucune mention non plus dans la biographie de certaines révélations scandaleuses sur la fin de la vie de l’auteur alors qu’elles ont fait l’objet d’une polémique publique entre sa sœur et María Kodama et qu’elles ont été relatées dans plusieurs biographies et largement commentées dans maints journaux.
La dimension véritable de l’œuvre de l’écrivain argentin n’est pas totalement restituée malgré ces deux volumes de 1500 pages comportant plus de mille deux cents textes. Ainsi Borges collabora à la revue Sur de 1931 à 1980, ce qui fait au total cent quatre-vingt-neuf contributions. La plupart ont été réunies dans différents recueils mais certains textes capitaux pour la compréhension de l’auteur ont été laissés de côté ! Il faudrait encore y ajouter toutes les œuvres écrites en collaboration, exclues de l’ouvrage et souvent jamais traduites. On pourrait à la rigueur comprendre que l’édition française ait laissé passer les anthologies de nouvelles policières réalisées avec Bioy Casares mais quel dommage que le superbe recueil qu’ils avaient compilé avec Silvina Ocampo sur la littérature fantastique n’ait pas été publié dans notre pays ! Et que penser de l’absence de traduction de l’unique roman de Borges écrit en collaboration avec Bioy Casares, Un modelo para la muerte (si ce n’est un chapitre publié confidentiellement en revue) ?
D’autres questions se posent. Pourquoi ne pas traduire en français les biographies récemment parues sur Borges ? Les deux derniers ouvrages dont nous disposons sont Jorge Luis Borges, biographie littéraire d’Emir Rodriguez Monegal datant de 1983 et l’album Borges de la Pléiade, travail intéressant mais qui s’avère plutôt une conventionnelle galerie de photographies autorisées. Les livres sont pléthore en espagnol et bien plus originaux que nos biographies aseptisées. D’abord en 1964 Genio y figura de Jorge Luis Borges par Alicia Jurado, une amie de longue date de l’auteur ; Borges a contraluz en 1990 par Estela Canto, un livre plus que contesté par une femme dont Jorge était très amoureux ; et enfin en 1996 Borges, esplendor y derrota de María Esther Vázquez, une biographie définitive par un écrivain qui a réalisé deux ouvrages en collaboration avec l’auteur argentin, a sans doute été son amante et a même failli se marier avec lui !
Peut-être l’édition et l’intelligentsia de notre pays ont-elles eu peur de découvrir un Borges différent de celui qu’elles avaient décrit, non pas un vieil aveugle respectueux et solitaire, mais un homme libre, à la fois plein de vie, désireux d’une connaissance et d’une littérature universelles, ouvert à toutes les influences, même les plus contestées, en contradiction totale avec les principes rationnels qui régissent un certain type de littérature et de critique françaises.
LE CRITIQUE QUI N’AIMAIT PAS LES CRITIQUES
Borges a toute sa vie fait montre d’une certaine méfiance envers la critique littéraire, et particulièrement celle de notre pays. On peut lire dans sa préface au livre de Gloria Alcorta La Prison de l’enfant ces étonnants propos qui se moquent de notre tendance à vouloir faire entrer chaque auteur dans une catégorie : « Le défaut le plus constant des lettres françaises, ou, si l’on veut, le caractère de cette littérature auquel un étranger peut le plus facilement se méprendre, est l’anxiété chronologique et historique de ses écrivains. Trop modestes pour se considérer autre chose que des moments possibles ou nécessaires d’une évolution, trop lucides pour ne pas savoir exactement ce qu’ils entreprennent, ils ne se voient jamais sub specie aeternitatis, toujours sub specie temporis vel historiae. Ils tâchent soit de continuer une tradition, soit de la contredire sciemment. La France propose ainsi l’étrange et méthodique spectacle d’une littérature faite en vue des historiens. »
Il est curieux également de constater qu’une des nouvelles les plus satiriques, les plus à charge de Borges, « Pierre Ménard, auteur du Quichotte », expose la tâche absurde que s’est fixé un poète français, décrite par un narrateur admiratif et à moitié imbécile, lui aussi sans doute français, puisque l’histoire est censée avoir été écrite à Nîmes. Borges reprendra d’ailleurs cette thématique des années plus tard dans les Chroniques de Bustos Domecq avec « Hommage à César Paladion ». Les deux récits suivent le même schéma : un snob s’obstine à célébrer contre toute évidence, une personnalité littéraire qui n’est rien d’autre qu’un escroc. Pour un lecteur impartial, il est évident que Pierre Ménard est une satire de la critique contemporaine française, qui pourtant s’obstine encore à interpréter cette nouvelle à l’envers de ce que l’auteur voulait démontrer. Elle a son origine dans un texte antérieur, « La Jouissance littéraire », où Borges explique très clairement qu’il ne croit absolument pas à la possibilité d’une critique objective, une métaphore pouvant être jugée différemment suivant qu’on lui attribue tel ou tel auteur.
Borges ne croyait donc pas à la critique française, à son goût pour la classification et l’histoire. Il ne voulait pas être rangé dans une catégorie littéraire spécifique, il se considérait comme un poète, un nouvelliste, un critique, mais aussi comme un amoureux de la littérature infinie. C’est pourquoi son œuvre est éternelle et n’est réductible à aucune explication rationnelle. Cependant, par ignorance, par excès de systématisme, on a voulu le cataloguer dans la catégorie des écrivains non réalistes, difficiles à lire, voire élitistes ou encore réactionnaires. La réalité du personnage et de son œuvre est toute différente.
Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous !