mardi 7 février 2017

Compte rendu de « Les secrets d’un mentaliste, séduction, attraction : manipulations » de John Bastardi Daumont, « Le recall » (quatrième partie).




Le recall n'est, bien sûr, pas cela

Outre l’ouvrage de Philippe Peytroux Mentalisme en action, il existe un autre très bon livre sur le mentalisme et la séduction, Les secrets d’un mentaliste, séduction, attraction : manipulations de John Bastardi Daumont. Cet article est la suite de celui-ci.

Une programmation d’attitude positive et attractive, car chaleureuse, est réalisable par un autoconditionnement. J’appellerai ce processus le recall. Dans ce théâtre humain dont nous faisons partie, nous jouons tous, à un moment ou à un autre, un rôle. Celui de séducteur en est un. Celui de communicant positif également. Ce rôle, on ne peut le remplir que si on le joue volontairement. On le remplit encore mieux si on crée des moyens d’émotions. 

« Toute habitude, tout talent se forment et se fortifient par les actions qui leur sont analogues. Marchez pour être marcheur, courez pour être coureur. Voulez-vous savoir lire ? Lisez. Savoir écrire ? Ecrivez. Restez couché dix jours, puis essayez de faire une longue route, et vous verrez comme vos jambes seront fortes ! Une fois pour toutes, si vous voulez prendre l’habitude d’une chose, faites cette chose. » (Epictète, Entretiens, II, 13)

Certaines sensations peuvent subitement entraîner un état général. Par processus de remémoration. Le processus de recall permet d’obtenir la même impression que l’on ressent lors d’une expérience de déjà vu, mais à deux différences près :

1) Il est activable n’importe quand, selon votre bon vouloir.

2) Son but n’est pas un choc émotionnel interne mais un calibrage de soi pour émettre une attitude positive face à son interlocuteur.

Deux différences importantes, car le recall vous calibre automatiquement sur une attitude positive lorsque vous devez communiquer, rentrer dans un processus de séduction ou de conviction, sans avoir à faire d’effort de synchronisation avec votre sujet ou d’observation de celui-ci. Immédiatement, vous vous placez dans une attitude agréable pour lui. Vous peaufinez votre synchronisation ensuite.

Comment s’effectue le recall ? Il s’agit d’une programmation mentale. Tout comme l’état de sérénité résulte d’un entraînement sophrologique ou méditatif, le recall procède du même mode d’emploi : l’autosuggestion. Une image mentale vaut mille mots. 

Je vous dirais comment procéder pour effectuer un recall dans un prochain article.  Il faudra attendre !

Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.

Compte rendu de « Les secrets d’un mentaliste, séduction, attraction : manipulations » de John Bastardi Daumont, «L'hypnose black ops et la rupture de pattern» (troisième partie).




Le livre d'Anthony Jacquin


Outre l’ouvrage de Philippe Peytroux Mentalisme en action, il existe un autre très bon livre sur le mentalisme et la séduction, Les secrets d’un mentaliste, séduction, attraction : manipulations de John Bastardi Daumont.

J’ai parlé la dernière fois de l’hypnose black ops. En fait, elle est très peu connue en France.

Il y a, selon moi, trois sortes d’hypnose : 

1) L’hypnose de spectacle, directive, dite classique
2) L’hypnose ericksonienne. Elle est indirecte, non contraignante. Elle demande une préparation lente avant de plonger le sujet, avec son accord, dans un état modifié de conscience. Elle se pratique dans le cadre d’une thérapie.
3) La black ops hypnosis ou hypnose indirecte camouflée. Les américains lui ont donné une quantité de noms : covert hypnosis, underground hypnosis, mental hacking. Ce qui s’en rapproche le plus en langue française est l’hypnose conversationnelle.

La black ops hypnosis est un mélange de différentes techniques permettant de manipuler un individu et de le faire rentrer dans un état de réceptivité maximale sans même que celui-ci s’en rende compte. Les scénaristes de la série Le mentaliste l’utilisent régulièrement. Patrick Jane emploie quasiment à chaque épisode ce type de technique. Celui qui manie le mieux, à mon avis, ce type d’hypnose est le mentaliste Derren Brown.

Je vais décrire certaines techniques utilisées par la black ops hypnosis.

1) La rupture de pattern avec la poignée de main.
J’ai déjà parlé de la rupture de pattern dans l’article précédent. Elle est vraiment l’arme extrême des hypnotiseurs, surtout ceux qui pratiquent la black ops hypnosis.

On peut effectuer une rupture de pattern avec une poignée de main comme le pratiquait Milton Erickson. Cette technique est appelée « handshake induction » (induction par poignée de main). Par le placement particulier de sa main,  le praticien va créer une rupture de pattern, un « blanc cérébral » de quelques secondes qui crée une sorte de faille psychique, augmentant ainsi les chances que votre sujet accepte votre prochaine suggestion.

Plusieurs handshake inductions existent, les plus connues étant celle de Richard Bandler et celle de Milton Erickson. (voir cette vidéo YouTube : Handshake Inductions,  Bandler, Erickson and Elman par James Tripp)

Dans La voix de l’inconscient Jean-Emmanuel Combe, le créateur de l’hypnose de rue en France décrit à la fois le mécanisme de la rupture de pattern (p. 86) et la handshake induction (p.88).

Voici comment vous pouvez procéder. Vous offrez simplement votre main droite au sujet comme pour une poignée de main tout à fait banale. Lorsque la personne fait de même, vous écartez votre main droite et utilisez votre main gauche pour délicatement attraper le poignet droit de la personne (idéalement avec le majeur et le pouce) et placez la paume de cette main à environ 20-30 centimètres de son visage. Puis rapprochez sa main pour qu’elle touche son front et dites-lui « Dormez ». Vous avez effectué une rupture de pattern, la première des techniques de l’hypnose black ops.

Pour une description très complète de l’induction à la poignée de main, vous pouvez aussi vous référer à ce qu’écrit Anthony Jacquin dans L’art de l’hypnose impromptue (quatrième chapitre sur les inductions p.120, « La poignée de main »).

Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.

lundi 6 février 2017

Compte rendu de « Les secrets d’un mentaliste, séduction, attraction : manipulations » de John Bastardi Daumont, « De l’hypnose thérapeutique à la modification du comportement d’un individu sans son consentement » (deuxième partie).





 Une rupture de pattern

Outre l’ouvrage de Philippe Peytroux Mentalisme en action, Il existe un autre très bon livre sur le mentalisme et la séduction, Les secrets d’un mentaliste, séduction, attraction : manipulations de John Bastardi Daumont. Cet article est la suite de celui-ci.

L’auteur montre qu’il est malheureusement possible d’orienter et de modifier le comportement d’un être humain sans que celui-ci soit au préalable conscient de vouloir participer à une expérience. De diriger et d’orienter son attention là où l’on souhaite qu’elle aille. En combinant la suggestion hypnotique aux automatismes que nous sommes tous contraints de créer pour vivre sans que notre cerveau n’implose à force de réflexion sur le moindre de nos actes.

Prenons un exemple simple : la conduite. Au départ délicate, la conduite nécessite un apprentissage complet. Code de la route, fonctionnement du véhicule, gestion de l’espace. Qui n’a jamais pris pour la première fois les commandes d’un véhicule en se disant : ah oui, quand même, ce n’est pas si évident ? Mais une fois l’apprentissage effectué, les automatismes permettent de libérer une partie de l’attention en établissant mécaniquement cette série d’actions complexes. Conduire devient alors une action automatique. L’acte ne nécessite quasiment plus d’effort de concentration. Du moins, c’est ce que l’on croit. Alors on utilise un téléphone portable, on discute avec son voisin, on écoute de la musique, tout en conduisant tranquillement, comme si cette action était aussi facile que la respiration. Décontracté.

Puis une voiture frôle la vôtre, un feu rouge est grillé et une rupture brutale de cet automatisme intervient, l’imminence d’un accident. Beaucoup de conducteurs ont déjà vécu cette sensation, certains ont déjà eu un ou plusieurs accidents et pourront facilement faire un feedback de ce que l’on éprouve dans ce type d’instants : une remobilisation subite de son attention, extrêmement brutale, générée par la décharge d’adrénaline provoquée par la peur de l’accident lui-même. Certains disent même cette phrase aujourd’hui commune : « En quelques secondes, j’ai vu ma vie défiler devant mes yeux. »

Gros effort mental. Essayez de le faire, là, maintenant. Tentez de faire défiler en quatre secondes votre vie entière, l’ensemble de vos souvenirs, avec son et image, s’il vous plaît. C’est impossible. Lorsque l’on est confronté à un péril de mort imminente, la sécrétion d’adrénaline rend les choses différentes.

Ce passage d’une situation automatisée à une autre, brutale, est appelé en hypnose black ops (hypnose conversationnelle, covert hypnosis) une rupture de pattern. Le pattern étant le programme que l’individu a conçu pour rentrer dans une forme de pilotage automatique, à son travail, en société, en conduisant.

Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.