dimanche 8 avril 2018

Compte rendu du livre « Pourquoi trop penser rend manipulable, Protégez votre mental de l’emprise » de Christel Petitcollin (dixième partie) (troisième chapitre, «Qui sont les manipulateurs ?», « Tout dépend de l’âge mental. »).






Un autre livre de Christel Petitcollin


Je viens de lire un livre que j’ai trouvé à la fois formidablement bien écrit, original et passionnant. Je voudrais vous en faire part à travers quelques articles de ce blog. Il s’agit de « Pourquoi trop penser rend manipulable, Protégez votre mental de l’emprise »  de Christel Petitcollin. L’auteur y prend le contrepied des thèses habituelles selon lesquelles on ne manipule que les naïfs et les imbéciles. En fait, elle pense que, plus on est intelligent, plus on est manipulable.

Cet article est la suite de celui-ci.

Le troisième chapitre s’intitule  « Qui sont les manipulateurs ? ». En voici le résumé.

Vous avez lu ou entendu diverses appellations du phénomène de l’adulte manipulateur : manipulateur destructeur, pervers narcissique, sociopathe, psychopathe. Comment faire la différence entre les uns et les autres ? Christel Petitcollin développe une théorie de l’immaturité selon l’âge mental du manipulateur. À quel âge a-t-il bloqué sa croissance psychologique ?

S'il est assez « vieux », il sera relativement vivable, s'il est très jeune, il sera très dangereux. Les manipulateurs les plus âgés ont 12 ans d'âge mental. Au-delà de 12 ans, l'enfant a passé le cap critique et finit de grandir. Les manipulateurs de 12 ans sont les moins pénibles, parce qu'ils ont un début de conscience et de responsabilisation et que l'on peut encore les raisonner un petit peu. Leurs victimes les prennent souvent pour des ados attardés. Pourtant, ils n'en ont même pas l'âge ! Mais un gamin mal cadré qui revendique de ne faire que ce qu'il veut peut facilement passer pour un ado en crise.

Les manipulateurs de 7-8 ans sont déjà des gens très difficiles à vivre. Vous pouvez en croire le témoignage de leurs victimes, que ce soit en famille ou en entreprise. Que penser d'une chef comptable qui vous pique vos lunettes pendant que vous êtes aux toilettes ? Ou d'un mari qui enduit la semelle du fer à repasser d'encre rouge ? Ces représailles signent leur âge mental!

Les parents manipulateurs sont jaloux de leurs propres enfants et se placent en compétition avec eux. Ils ne supportent pas d'être dépassés par leurs enfants. On ne double pas ! C'est moi devant! Quand l'un des enfants (en général l'aîné ou le petit dernier) atteint l'âge mental de son parent manipulateur, cela le rend infernal. Un déluge de hurlements, de coups et de vexations s'abat sur l'enfant. À ce moment-là, et à cause de cela, le conjoint victime enclenche le divorce.

Les cas les plus graves sont ceux où les manipulateurs ont été bloqués très tôt dans leur croissance mentale (4-5 ans). Ils sont à l'âge du «caca-prout». Quand la libido s'organise autour de la zone érogène anale, on parle de stade « anal-sadique ». C'est le point d'ancrage du sadomasochisme. Les bagues scatologiques les font s'étouffer de rire. Ils ont un vif intérêt pour l'anus et ses fonctions. L'hygiène et la propreté ne sont pas acquises. Ils sont sales et salissent par plaisir. C'est aussi l'âge où les enfants adorent faire bouffer des crottes de lapin à leur petit frère (cf. La Gloire de mon père de Marcel Pagnol). C'est donc l'âge où ils risquent aussi d'être des empoisonneurs. Lorsqu'ils sont restés bloqués à cet âge-là, leur cruauté est du sadisme pur et se combine au niveau d'inconscience et d'irresponsabilité d'un enfant de 4 ans. C'est ce qui les rend extrêmement dangereux. Leur victime peut réellement être en danger de mort.


Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.


samedi 7 avril 2018

Compte rendu du livre « Pourquoi trop penser rend manipulable, Protégez votre mental de l’emprise » de Christel Petitcollin (neuvième partie) (troisième chapitre, «Qui sont les manipulateurs ?», « Une pensée résumable en trois phrases »).






  
Un autre livre de Christel Petitcollin



Je viens de lire un livre que j’ai trouvé à la fois formidablement bien écrit, original et passionnant. Je voudrais vous en faire part à travers quelques articles de ce blog. Il s’agit de « Pourquoi trop penser rend manipulable, Protégez votre mental de l’emprise »  de Christel Petitcollin. L’auteur y prend le contrepied des thèses habituelles selon lesquelles on ne manipule que les naïfs et les imbéciles. En fait, elle pense que, plus on est intelligent, plus on est manipulable.

Cet article est la suite de celui-ci.

Le troisième chapitre s’intitule  « Qui sont les manipulateurs ? »). En voici le résumé.

L' argumentaire des manipulateurs peut être classé dans trois dossiers : « Cause toujours ! », « Ça te fera les pieds ! » et « Rendors-toi ! ».

1) « Cause toujours ! »

Les victimes de manipulateurs passent des heures et des heures à discuter, expliquer, justifier, analyser, questionner… pour rien. Ce sont « des hectolitres de salive utilisés en vain dans l'espoir de se faire comprendre ». Le manipulateur n’écoute pas. Pourtant, il n'est ni sourd, ni idiot. Alors, quelle est l'explication ? Il s'en fout. « Blablabla... » pense votre manipulateur, prenant votre baratin pour un sermon. Tout en faisant mine de vous écouter avec un air  contrit, il pense « Cause toujours » et n’en fera qu'à sa tête. Alors, comme le dit ce proverbe africain : «Si la personne à qui tu parles  ne t'écoute pas, tais-toi ! » Vous gagnerez du temps et de l'énergie.

2) « Ça te fera les pieds ! »

La preuve que votre manipulateur n'est ni sourd, ni idiot, c'est qu'il saura parfaitement utiliser tout ce que vous lui avez dit pour vous faire enrager. Encore faut-il que vous acceptiez de vous en rendre compte. Le manipulateur est un garnement qui adore vous faire perdre patience. Il casse, salit, abîme, perd... parce qu'il adore casser, salir, abîmer et, surtout, vous provoquer. Les représailles peuvent intervenir parce que vous l'avez contrarié. Dans ce cas, c'est de la vengeance pure ou du dressage. Un manipulateur trouvera toujours légitime de vous punir. Mais, ne supportant pas la joie de vivre et la décontraction, votre manipulateur peut aussi vouloir saccager votre  bonne humeur et votre insouciance. Il faut vous écrabouiller ce sourire imbécile sur le visage ! Faites le test : soyez simplement de bonne humeur et chantonnez. Les représailles ne tarderont pas. Enfin, comme dans la cour de récré, le manipulateur peut vous tarabuster par désœuvrement, tout comme il asticotait le chat du concierge de l'école quand il s'ennuyait.

3) « Rendors-toi ! »

Quand il est vraiment allé trop loin, quand il sent que ça va barder, quand vous risquez de voir qui il est derrière son masque et surtout quand vous êtes sur le point de rompre la relation, le manipulateur redevient subitement adorable. Ne vous y trompez pas, il se contente de dire : « Pouce, je ne joue plus ! » Si vous aviez assez de recul, vous vous rendriez compte qu'il vous a parfaitement entendu et compris lors de ces longues heures de palabre, puisqu'il se comporte enfin comme vous le lui demandez vainement depuis des mois, voire depuis des années. Mais vous préférez croire qu'il a enfin compris et qu'il va enfin changer. Ce ne sera pourtant que temporaire : dès que vous vous serez rendormi, il repassera en mode « Cause toujours! »

C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.


vendredi 6 avril 2018

Compte rendu du livre « Pourquoi trop penser rend manipulable, Protégez votre mental de l’emprise » de Christel Petitcollin (huitième partie) (troisième chapitre, «Qui sont les manipulateurs ?»).



  

Un autre livre de Christel Petitcollin


Je viens de lire un livre que j’ai trouvé à la fois formidablement bien écrit, original et passionnant. Je voudrais vous en faire part à travers quelques articles de ce blog. Il s’agit de « Pourquoi trop penser rend manipulable, Protégez votre mental de l’emprise »  de Christel Petitcollin. L’auteur y prend le contrepied des thèses habituelles selon lesquelles on ne manipule que les naïfs et les imbéciles. En fait, elle pense que, plus on est intelligent, plus on est manipulable.

Cet article est la suite de celui-ci.

  Le troisième chapitre s’intitule  « Qui sont les manipulateurs ? ». En voici le résumé.


Le manipulateur a le comportement d’un enfant, d’un morveux. Il est simplement resté le même depuis l’école primaire. Ses trois attitudes sont :

1) « Même pas vrai ! »

Il ment, il se contredit et est d'une mauvaise foi hallucinante pour qui ne connaît pas les mécanismes de la pensée magique infantile où il suffit d'affirmer les choses avec force pour que ce soit vrai.

2) « C'est celui qui l'dit qui l'est! »

Ses mécanismes de projection ne sont pas plus sophistiqués que ça. La meilleure défense, c'est l'attaque. Accuser l'autre de ce qu'on lui fait permet de lui couper l'herbe sous le pied. Tout chenapan qui se respecte sait cela depuis la grande section de maternelle.

3) « Tu vas voir ta gueule à la récré ! »

Voilà la substance de ses intimidations et de ses représailles. Quand il devient violent, c'est parce qu'il règle encore ses comptes comme dans la cour de récré, où presque tous les adultes trouvent normal que les enfants se battent.

Vous l'avez souvent trouvé immature et irresponsable, mais vous n'avez pas réalisé qu'il l'était vraiment. C'est pourtant ce qui le rend dangereux. C'est juste un garnement sans surveillance et sans limites. Il est capable de toutes les représailles minables et dangereuses et il fait froid dans le dos.

  
C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.


Compte rendu du livre « Pourquoi trop penser rend manipulable, Protégez votre mental de l’emprise » de Christel Petitcollin (septième partie) (troisième chapitre, «Qui sont les manipulateurs?»).




Un autre livre de Christel Petitcollin


Je viens de lire un livre que j’ai trouvé à la fois formidablement bien écrit, original et passionnant. Je voudrais vous en faire part à travers quelques articles de ce blog. Il s’agit de « Pourquoi trop penser rend manipulable, Protégez votre mental de l’emprise »  de Christel Petitcollin. L’auteur y prend le contrepied des thèses habituelles selon lesquelles on ne manipule que les naïfs et les imbéciles. En fait, elle pense que, plus on est intelligent, plus on est manipulable.

Cet article est la suite de celui-ci
  
Le troisième chapitre s’intitule  « Qui sont les manipulateurs ? ». En voici le résumé.
  
Un manipulateur est une personne qui a l’apparence d’un adulte, les responsabilités d’un adulte, la vie d'un adulte, le permis de conduire d'un adulte - hélas! -, mais qui, à un moment de son développement mental, s'est figée dans une immaturité qui s'est ensuite fossilisée.

Mystifié par son apparence, vous croyez vous adresser à une personne adulte, mais, en fait, vous avez en face de vous un vieil enfant, bête, méchant, buté et mal élevé de 7 ou 8 ans, parfois plus, parfois moins. Je pense que, placé dans des situations ingérables pour un enfant, le manipulateur a dû, à un moment de son enfance, bloquer sa pensée et passer en mode survie. Il a fait en sorte de ne plus ressentir ses émotions pour ne plus souffrir : plus de culpabilité, plus de chagrin. Mais, de ce fait, plus d'empathie, ni de joie de vivre. 

Il a appris à ses dépens qu'être méchant, c'est être puissant, et que la gentillesse n'est que de la faiblesse. La loi du plus fort telle qu'elle existe encore dans la cour de récréation est devenue sa seule doctrine. Écraser ou être écrasé. Le manipulateur est un enfant effrayé et haineux, en guerre contre le monde entier. Figé dans sa toute-puissance infantile, il combat la toute-puissance parentale supposée de son environnement. C'est-à-dire qu'il règle avec vous les problèmes qu'il n'a pas réglés avec ses parents.

On est très éloigné de la théorie d'une personnalité supérieurement intelligente, diabolique et calculatrice! Oui, le manipulateur est narcissique, paranoïaque, haineux, sournois et malveillant. Mais il a aussi l'intelligence et la naïveté d'un gamin. Un manipulateur n'est pas intelligent. Au contraire, il est très bête.

De plus, le manipulateur n’est qu’un morveux. Il est simplement resté le même depuis l’école primaire.

  
C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.


Compte rendu du livre « Pourquoi trop penser rend manipulable, Protégez votre mental de l’emprise » de Christel Petitcollin (sixième partie) (deuxième chapitre, «Un mode opératoire à trois clés et en trois temps», «acte III : Le moment de la destruction»).






  
Un autre livre de Christel Petitcollin


Je viens de lire un livre que j’ai trouvé à la fois formidablement bien écrit, original et passionnant. Je voudrais vous en faire part à travers quelques articles de ce blog. Il s’agit de « Pourquoi trop penser rend manipulable, Protégez votre mental de l’emprise » de Christel Petitcollin. L’auteur y prend le contrepied des thèses habituelles selon lesquelles on ne manipule que les naïfs et les imbéciles. En fait, elle pense que, plus on est intelligent, plus on est manipulable.

Cet article est la suite de celui-ci.
  
Le deuxième chapitre de « Pourquoi trop penser rend manipulable, Protégez votre mental de l’emprise » s’intitule « Un mode opératoire à trois clés et en trois temps ». En voici le résumé.

Une mise sous emprise par un manipulateur est un drame en trois actes : séduction, harcèlement, destruction.

Acte III : le moment de la destruction

Quand vous aurez largement transgressé vos propres limites pour plaire au manipulateur, quand vous vous serez tellement éloigné de vous-même que vous ne saurez plus qui vous êtes, quand vous serez épuisé et que vous aurez renoncé à comprendre quelque chose à ce qui vous arrive, alors commencera la phase de destruction.

Vous vivez en état second, au milieu des cris, dans un monde absurde. Comme il vous empêche délibérément de dormir, vous n'avez plus aucun refuge. Les scènes éprouvantes que vous subissez vous laissent exsangue et hébété. Votre manipulateur s'enivre de sa toute-puissance et devient un véritable drogué de ses propres abus. Vous devenez sa drogue. Comme tous les camés, il lui faut une dose de plus en plus forte. Les choses iront donc forcément en empirant. Un harcèlement ne s'arrête jamais tout seul. Comment un toxicomane renoncerait-il à sa came sans un sevrage imposé ?

Toutes les victimes ont prononcé en consultation cette phrase édifiante : « J’allais y laisser ma peau.» Car l'entreprise de destruction ira jusque-là si vous n'y mettez pas vigoureusement un terme. En France, il y a onze mille suicides par an. Bien qu'il soit évident que la majorité des suicides de collégiens sont la conséquence directe d'un harcèlement, la société n'a pas encore pris la mesure de ce fléau chez les adultes. À France Télécom, où trente-cinq salariés se sont suicidés en deux ans, la responsabilité d'un dirigeant harceleur a enfin été établie.

Une grande part des onze mille suicides annuels sont probablement la conséquence d'un harcèlement. Beaucoup aussi des personnes harcelées ont eu une maladie grave ou un cancer, qu'elles ont elles-mêmes directement relié au climat de stress dans lequel elles vivaient. Le terme de «destruction» est donc tout à fait approprié : fréquenter un manipulateur vous met objectivement en danger de mort. C'est pourquoi, si vous rencontrez un manipulateur, le plus rapidement possible, barrez-vous !


C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.


jeudi 5 avril 2018

Compte rendu du livre « Pourquoi trop penser rend manipulable, Protégez votre mental de l’emprise » de Christel Petitcollin (cinquième partie) (deuxième chapitre, « Un mode opératoire à trois clés et en trois temps », « acte I : La période de séduction », « acte II : le temps du harcèlement »).





  
Un autre livre de Christel Petitcollin


Je viens de lire un livre que j’ai trouvé à la fois formidablement bien écrit, original et passionnant. Je voudrais vous en faire part à travers quelques articles de ce blog. Il s’agit de « Pourquoi trop penser rend manipulable, Protégez votre mental de l’emprise » de Christel Petitcollin. L’auteur y prend le contrepied des thèses habituelles selon lesquelles on ne manipule que les naïfs et les imbéciles. En fait, elle pense que, plus on est intelligent, plus on est manipulable.

Cet article est la suite de celui-ci

Le deuxième chapitre de « Pourquoi trop penser rend manipulable, Protégez votre mental de l’emprise » s’intitule « Un mode opératoire à trois clés et en trois temps ». En voici le résumé.

Une mise sous emprise par un manipulateur est un drame en trois actes : séduction, harcèlement, destruction.

Acte I : la période de séduction.

La période de séduction est celle où le manipulateur vous charme au sens le plus littéral et le plus hypnotique du terme, tel le boa fascinant l'oisillon. L'objectif est d'endormir votre méfiance et d'anesthésier vos capacités de réflexion le plus rapidement possible. Il sait que son personnage sympathique ne tient pas la distance. Il faut vous faire poser des actes engageants le plus vite possible. Il vous fait miroiter mille avantages, vous fait croire que c'est vous qui avez tout à gagner, à céder. Il essaie d'activer en vous la peur de passer à côté d'une aubaine et gère vos objectifs mieux qu'un commercial aguerri. Il utilise la pression de l'urgence, toujours manipulatoire : on ne réfléchit pas quand on se dépêche. Mais un jour, le masque tombe. À la fin de la période d'essai, à la signature d'un contrat, le jour où on emménage avec le manipulateur ou, pire, le jour du mariage.

À ce moment-là apparaît un personnage cynique, froid, indifférent, qui va devenir progressivement votre principal interlocuteur. Le visage sympathique n'a été qu'un masque pour vous engager le plus vite possible. La période de séduction prendra fin quand le manipulateur sera dans la place et qu'il vous estimera suffisamment piégé par les engagements qu'il vous aura fait prendre.

Acte II  Le temps du harcèlement

Progressivement, méthodiquement, le manipulateur remplace les compliments par des critiques, les promesses par des menaces, la jovialité par de la mauvaise humeur. Puis arrivent les bouderies, les mouvements d'humeur, les scènes, de plus en plus éprouvantes. C'est un véritable dressage qui s'opère : vous finirez par lui obéir sans chercher à comprendre. Vous croyez avoir affaire à quelqu'un d'adorable et qui vous apprécie. C'était le postulat de départ. Alors, avec son aide subliminale, vous attribuez ses sautes d'humeur à vos maladresses et vous pensez que ses critiques et ses remarques acerbes sont constructives. Vous allez vous appliquer, puis vous épuiser à essayer de deviner ses attentes et à y répondre. Avec beaucoup de bonne volonté, passant outre sa méchanceté et ses contradictions, vous essayerez de ressembler à ce qu'il attend de vous dans l'espoir de revoir le beau masque. En vain, mais vous vous en rendrez compte beaucoup trop tard.

Pendant ce temps, votre manipulateur vous isole sournoisement et vous coupe de tout ce qui pourrait être une ressource pour vous : vos proches, votre région, vos activités sportives ou culturelles, vos centres d'intérêt, votre travail... Rappelez-vous : il le faisait déjà dans la cour de récré : vous n'aviez plus de copains, pas le droit de participer aux jeux collectifs. Il vous rançonnait et vous piquait votre goûter. Il ne vous restait que vos yeux pour pleurer et une angoisse sourde et diffuse qui vous accompagnait du matin au soir. C'est la même boule au ventre que vous retrouverez dans cette relation.

Dans un prochain article, je parlerai de l’acte III du processus de manipulation, le moment de la destruction.


C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.


Compte rendu du livre « Pourquoi trop penser rend manipulable, Protégez votre mental de l’emprise » de Christel Petitcollin (quatrième partie) (deuxième chapitre, « Un mode opératoire à trois clés et en trois temps », « La culpabilité »).






  
Christel Petitcollin.


Je viens de lire un livre que j’ai trouvé à la fois formidablement bien écrit, original et passionnant. Je voudrais vous en faire part à travers quelques articles de ce blog. Il s’agit de « Pourquoi trop penser rend manipulable, Protégez votre mental de l’emprise »  de Christel Petitcollin. L’auteur y prend le contrepied des thèses habituelles selon lesquelles on ne manipule que les naïfs et les imbéciles. En fait, elle pense que, plus on est intelligent, plus on est manipulable. Le paradoxe n’est qu’apparent : une personne intelligente cherche à comprendre, essaie d’intégrer le point de vue de l’autre, veut trouver un terrain d’entente et refuse de se décourager. Or un manipulateur ment, nie la réalité et crée délibérément les conflits dont il se nourrit. Pire le manipulateur vous ligote dans vos valeurs humanistes et les détourne à son profit.

Cet article est la suite de celui-ci .

Le deuxième chapitre de « Pourquoi trop penser rend manipulable, Protégez votre mental de l’emprise » s’intitule « Un mode opératoire à trois clés et en trois temps ». En voici le résumé.

Les trois clés de la manipulation mentale sont le doute, la peur et la culpabilité.

Troisième clé : la culpabilité

Cette clé s'active avec la ficelle culpabilisation, mais aussi avec celle de la victimisation. Vous n'oseriez tout de même pas attaquer une personne si fragile et déjà tellement blessée par la vie, n'est-ce pas ? Vous n'oseriez pas la laisser tomber non plus ?

Nous l'avons vu, les manipulateurs se déresponsabilisent complètement de tout : rien n'est jamais de leur faute. Quoi qu'il arrive, c'est toujours de la faute de quelqu'un d'autre et surtout de la vôtre. C'est vous qui êtes fou, qui avez un problème, qui ne savez pas communiquer, qui ne faites pas ce qu'il faut, qui n'êtes jamais content, etc. À l'opposé de cette mentalité, les gens qui pensent trop se sentent impliqués et concernés par tout ce qui les entoure, même quand ça ne les regarde pas. Ils passent leur temps à se demander ce qu'ils pourraient faire de plus pour améliorer le monde.

Donc, d'un côté, vous avez le manipulateur qui, lui, est complètement irresponsable, qui n'assume aucun de ses actes, qui ne se remet jamais en question et nie les conséquences de ce qu'il fait. Et, en face de lui, vous avez l'hyperresponsable qui va récupérer toute la responsabilité que ne prend pas le manipulateur. C'est ce qui permet à cette relation inégalitaire de s'installer. Vous acceptez d'être seul responsable de la qualité de la relation que vous avez avec votre manipulateur, sans réaliser que, de son côté, il fait tout pour la dégrader.

La culpabilité est un transfert de responsabilité : je me rends responsable de ce que vit l'autre, ou je rends l'autre responsable de ce que je vis. Pour Jacques Salomé, la culpabilité est le cancer de la communication. Car la responsabilité ne peut s'exercer qu'en ayant le pouvoir d'agir. Je ne peux être responsable que de ce sur quoi j'ai du pouvoir. Imaginez que je vous rende responsable de la sécurité d'un piéton qui veut traverser une nationale dans une ville à cinq cents kilomètres de chez vous. Qu'allez-vous pouvoir faire pour lui? Pensez-vous que vous avez le pouvoir de rendre quelqu'un heureux ? En général, la réponse est majoritairement « oui ». Mais alors : « Comment allez-vous rendre heureux quelqu'un qui n'a pas envie de l'être ? Et de quel droit, en plus, allez-vous l'obliger à être heureux ? Il faut qu'il en ait envie ! Sinon, rien n’est possible !

Mais comment on pourrait ne pas avoir envie d'être heureux. Jacques Salomé écrit : « Le bonheur, c'est peut-être de renoncer au plaisir d'être malheureux.» Quoi que vous en pensiez, beaucoup de gens n'ont pas envie d’être heureux, bien qu'ils s’en défendent. Être malheureux les met à l'abri de la jalousie des autres, leur apporte de l'attention et leur donne de quoi s'occuper.

La suite sur la culpabilité dans un prochain article.

C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.