mardi 7 novembre 2017

La suite sur la Qabale et la magie.




La lettre Mem.



Cet article est la continuation de celui-ci. Naturellement, vous pouvez aussi lire mon ouvrage sur Jorge Luis Borges qui était un grand admirateur de la Qabale et un véritable spécialiste de cette mystique magique.


Trois lettres mères, sept lettres doubles et douze lettres simples.

Œuvre philosophique, œuvre initiatique, œuvre mystique, la Kabbale est également une œuvre divinatoire et magique. C'est une œuvre à multiples dimensions. Le mieux est de commencer par le commencement et de suivre le cheminement d'un élève en Kabbale.

Le point de départ de la Kabbale, ce sont les lettres de l'alphabet hébraïque, langue sacrée comme l'est, sur un autre continent, le sanskrit. L'alphabet hébraïque comprend vingt-deux lettres qui ne sont pas placées par hasard les unes à la suite des autres. Chacune d'entre elles correspond à un nombre d'après son rang, à un hiéroglyphe d'après sa forme et à un symbole d'après ses rapports avec les autres lettres.

Les kabbalistes classent les lettres de la manière suivante dans les trois groupes des lettres mères, des lettres doubles ou des lettres simples.

1) Les trois lettres mères

a) Le A (Aleph)

b) Le M (Mem)

c) Le SH (Shin ou  Sin ).

2) Les sept lettres doubles
Ces lettres expriment, en effet, deux sons à la fois, l'un positif fort, l'autre doux négatif. Il suffit de la présence ou de l'absence d'un point au-dessus ou dedans pour passer d'un son à l'autre.

d) Le B (Beth ou Bét) (en grec bêta)

e) Le G (Ghimel ou Gimel) (en grec gamma)

f) Le D (Daleth) (en grec delta)

g) Le CH (Caph, Ceaphe ou Kaph) (en grec kappa)

h) Le PH (Phé ou Pé) (en grec pi)

i) Le R (Resch ou Resh) (en grec sigma)

j) Le T (Thau, Taw ou Thot) (en grec upsilon).
·
3) Douze lettres simples

k) Le He (en grec epsilon)

l) Le Waw (pas de correspondance en grec)

m) Le Zayin (en grec zêta)

n) Le Cheyth (en grec êta)

o) Le Teyth (en grec thêta)

p) Le Yod (en grec iota)

q) Le Lamed (en grec lambda)

r) Le Mem (en grec mu)

s) Le Nun (en grec nu)

t) Le Tsadey (ou Samek) (en grec xi)

u) La Ayin (en grec omicron)

v) Le Sin (en grec tau)


Combiner des nombres et des idées

Combiner les lettres de l'alphabet hébraïque, c'est avant tout combiner des nombres et des idées. Cela explique entre parenthèses la correspondance avec les vingt-deux lames majeures du tarot, chacune équivalent à une lettre.

Papus écrit : « Chaque lettre étant une puissance, est liée plus ou moins étroitement avec les forces créatrices de l'univers. Ces forces évoluant dans trois mondes, un physique, un astral et un psychique, chaque lettre est le point de départ et d'arrivée d’une foule de correspondances. Combiner des mots hébraïques, c'est par suite agir sur l'univers lui-même, de là les mots hébreux dans les cérémonies magiques. »

Chaque lettre est donc une puissance énergétique et la combinaison de ces lettres selon certaines règles ésotériques donne naissance à ces « centres actifs de force » qui sont susceptibles d'agir concrètement quand ils sont mis en action. Les sociétés secrètes, telle la franc-maçonnerie, connaissent bien ce qu'elles appellent « l'égrégore », c'est-à-dire l'esprit collectif de la loge ou du groupe humain qui est éveillé par le rituel. Et les méditations des cathares à Montségur avaient pour but de mettre en action un centre spirituel d'une très forte intensité.

Ce même principe se trouve à la base de la formulation de dix noms divins, c'est-à-dire, comme dit Papus, « dix lois actives de la nature et dix centres universels d'action ». Il faut bien comprendre à ce propos que tout dans l'univers est lié, que l'univers forme un seul et même organisme, que tout est traversé de flux et, qu'en conséquence, agir sur un centre spirituel peut mettre en branle un autre centre situé très loin. Cela explique notamment certaines actions des sociétés initiatiques qui, agissant (spirituellement ou magiquement) en un point de la planète, peuvent atteindre un autre point très éloigné.


Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.

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