vendredi 10 mars 2017

Compte rendu de « Les secrets d’un mentaliste, tome 2 » de John Bastardi Daumont, La technique des pickpockets et son utilisation en mentalisme (neuvième partie).



 

 Un des classiques sur l'art du pickpocket


Dans mon dernier article sur Magie absolue de Derren Brown, j’avais évoqué le fait que celui-ci utilisait ses talents de pickpocket pour réaliser des exploits incroyables et notamment une séance d’hypnose hallucinante.

Le mentaliste qui a le mieux expliqué les techniques des pickpockets, c’est John Bastardi Daumont dans le tome 2 de Les secrets d’un mentaliste (cet article est la suite de celui-ci).

L’auteur propose pour illustrer son propos une vidéo d’un pickpocket mondialement connu, Bob Arno.

Chacun des gestes d’un pickpocket, sans aucune exception, est basé sur la loi de l’intérêt, un des principes de ce que les prestidigitateurs appellent la misdirection. Bob Arno attire l’attention de la cible sur un mouvement précis et exécute son action secrète dans un deuxième temps. La loi de l’intérêt est basée sur le fait que nos sens sont tout le temps en train de recevoir des stimuli et qu’ils doivent effectuer une sélection entre eux. L’œil par exemple est naturellement attiré par le mouvement au détriment de ce qui est fixe. 

Bob Arno utilise plusieurs techniques pour parvenir à ces résultats : maîtrise de l’espace, nonchalance, fluidité, expression faciale, pour effectuer une misdirection lui permettant d’entraîner l’attention de son sujet où il le désire.

L’objectif de la misdirection est de détourner l’attention de la cible d’un point dangereux (un authentique risque de vol) à un point innocent (un panneau accroché sur le mur du métro avec écrit dessus « Attention aux pickpockets ») pour se prémunir de sa concentration sur le point que l’on désire masquer. On offre alors au sujet un point d’attention innocent qui présente un intérêt. Le but final est de faire focaliser l’attention de la cible sur le point innocent.

Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.

jeudi 9 mars 2017

Les biais cognitifs, le cœur du cold reading et de l’hypnose (cinquième partie).





Un autre biais cognitif : l'effet d'ancrage.



Pour apprendre le cold reading et l’hypnose, il est utile de comprendre ce qu'on entend par biais cognitif. C'est un terme utilisé en psychologie pour décrire des défauts communs dans la perception humaine, la mémoire et la prise de décision. Il existe des dizaines de types bien documentés de biais cognitifs, et la plupart des gens sont sensibles à la plupart de ces types (bien qu'ils puissent le nier, ce qui est en soi-même une forme de biais cognitif). En utilisant ces biais cognitifs, les mentalistes ou les médiums peuvent effectuer du cold reading afin que le sujet perçoive des événements inexacts, c'est-à-dire de la manière que le mentaliste ou le médium leur dicte.

Ces biais nous aident à résoudre 4 types de problèmes :

1) Quand nous avons trop d’informations qui nous arrivent en même temps.

2) Quand l’information que nous percevons n’a pas assez de sens pour nous.

3) Quand nous avons besoin d’agir vite.

4) Quand nous ne savons pas de quoi nous devons nous rappeler.

Type de biais 4 (quand nous ne savons pas de quoi nous devons nous rappeler).

Il y a trop d’informations dans l’Univers. Nous ne pouvons nous permettre que de nous occuper des morceaux qui sont les susceptibles de nous être utiles dans le futur et nous devons constamment faire des compromis et des paris en ce qui concerne ce dont nous allons nous rappeler ou oublier.
 Par exemple, nous préférons généraliser plutôt que de s’occuper de cas spécifiques car cela prend moins d’espace de stockage et lorsqu’il y a vraiment trop de détails, nous en piochons quelques-uns et ignorons le reste. 

a) Nous modifions et renforçons certains souvenirs après les faits. Durant ce processus, la mémoire peut être consolidée, cependant, divers détails peuvent être passés à la trappe. Nous injectons aussi parfois accidentellement un détail dans un souvenir.

b) Nous écartons les spécificités pour préférer les généralités. Nous faisons cela par nécessité, mais l’impact des associations implicites, des stéréotypes et des préjudices finit par donner l’un des pires ensembles de conséquences au sein des divers biais cognitifs.

c) Nous stockons les souvenirs différemment selon la façon dont nous avons vécu l’expérience. Nos cerveaux ne vont encoder une information que si elle paraît importante à ce moment-là, mais cette décision peut être affectée par d’autres circonstances (ce qui arrive en même temps, comment l’information se présente, s’il est possible de retrouver facilement l’information quand nous en avons besoin, etc.) qui ont peu de rapport avec la valeur réelle de l’information.

Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.

Deux comptes rendus de spectacles rédigés par votre serviteur publiés sur le site Virtual Magie.




Sans commentaire.

Cette semaine, j’ai eu le très grand bonheur de publier deux comptes rendus de spectacles sur le site Virtual Magie, qui est pour moi le site de référence français en prestidigitation.

J’ai parlé de deux artistes pour lesquels j’ai énormément d'admiration :

1) L’hypnotiseur Hervé Barbereau, qui est de loin, selon moi, actuellement le meilleur hypnotiseur de langue française (j’ai vu ses concurrents !). Son spectacle se nomme simplement « Hypnosis ».

2) Le mentaliste Giorgio, drôle, irrévérencieux mais très subtil techniquement et doté d’une énergie incroyable. Son show s’appelle de façon parodique « Adopte un mentaliste ».

Mais tout cela n’est possible que grâce à Thomas Thiébaut, qui gère le site Virtual Magie  d’une main de maître. Bravo à lui !

J’allais oublier mon livre Initiation au mentalisme, à l’hypnose et à la mnémotechnie que vous pouvez bien sûr acheter sur le site.

Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.

Les biais cognitifs, le cœur du cold reading et de l’hypnose (quatrième partie).




Un gros biais de croyance : le Titanic est insubmersible

Pour apprendre le cold reading et l’hypnose, il est utile de comprendre ce qu'on entend par biais cognitif. C'est un terme utilisé en psychologie pour décrire des défauts communs dans la perception humaine, la mémoire et la prise de décision. Il existe des dizaines de types bien documentés de biais cognitifs, et la plupart des gens sont sensibles à la plupart de ces types (bien qu'ils puissent le nier, ce qui est en soi-même une forme de biais cognitif). En utilisant ces biais cognitifs, les mentalistes ou les médiums peuvent effectuer du cold reading afin que le sujet perçoive des événements inexacts, c'est-à-dire de la manière que le mentaliste ou le médium leur dicte.

Ces biais nous aident à résoudre 4 types de problèmes :

1) Quand nous avons trop d’informations qui nous arrivent en même temps.

2) Quand l’information que nous percevons n’a pas assez de sens pour nous.

3) Quand nous avons besoin d’agir vite.

4) Quand nous ne savons pas de quoi nous devons nous rappeler.

Type de biais 3 (quand nous avons besoin d’agir vite).

Nous sommes contraints par le temps et l’information, et nous ne pouvons pas nous permettre de les laisser nous paralyser. Sans la capacité à agir vite face à l’incertitude, notre espèce aurait certainement disparu il y a bien longtemps. Chaque fois que survient un nouveau bout d’information, nous devons faire de notre mieux pour évaluer notre capacité à agir sur la situation, l’utiliser pour modifier nos décisions, s’en servir pour simuler ce qui pourra advenir dans le futur.

a) Afin d’agir, nous devons avoir confiance dans notre capacité à avoir un impact et sentir que ce que nous faisons est important. Dans la réalité, la plupart de cette confiance est exagérée, mais sans elle nous pourrions bien ne jamais rien faire.

Biais d’excès de confiance : L'excès de confiance est la tendance à surestimer ses capacités. Ce biais a été mis en évidence par des expériences en psychologie qui ont montré que, dans divers domaines, beaucoup plus que la moitié des participants estiment avoir de meilleures capacités que la moyenne.

b) Afin de rester concentré, nous favorisons ce qui nous est immédiat, ce qui nous fait face au détriment de ce qui est plus loin, moins flagrant. Nous accordons plus de valeur aux choses du présent qu’à celles du futur et nous sentons plus concernés par les histoires impliquant un individu en particulier qu’à celles de groupes ou d’anonymes. 

c) Pour obtenir des résultats, nous sommes plus motivés pour finir les choses dans lesquelles nous avons déjà investi du temps et de l’énergie. Cela nous aide à finir ce que nous avons commencé.

d) Nous favorisons les options qui nous paraissent simples ou qui ont des informations plus complètes par rapport aux options plus complexes ou ambiguës. On préfère réaliser une tâche simple et rapide même si le choix de la tâche longue et complexe serait in fine la meilleure utilisation de temps et d’énergie.

Biais de croyance : Le biais de croyance se produit quand le jugement sur la logique d'un argument est biaisé par la croyance en la vérité ou la fausseté de la conclusion. Ainsi, des erreurs de logique seront ignorées si la conclusion correspond aux croyances.

Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.