mardi 25 octobre 2016

Compte rendu de la conférence de Philippe Marlin du 22 octobre 2016 pour l’association « L’œil du sphinx » : «Retour sur l’exposition sur la bibliothèque perdue de John Dee» (troisième partie)



 L'abbé Trithème

Samedi L’œil du sphinx fêtait ses 27 ans (et moi mes 16 ans d’adhésion). Cette association s’est d’abord dédiée à l’écrivain de littérature fantastique Howard Phillips Lovecraft, puis au fantastique en général et enfin à l’ésotérisme. L’évocation par Philippe Marlin dans sa conférence « Retour sur l’exposition sur la bibliothèque perdue de John Dee » des dialogues de John Dee, le mage du seizième siècle, avec les anges m’a beaucoup intéressé. J’en étais resté à mes références borgésiennes à Emmanuel Swedenborg, l’illuminé du dix-huitième siècle qui conversait avec les anges. Voici la suite de la biographie de John Dee mais aussi ce que contenait sa bibliothèque.

En 1589, le médium Edward Kelley, qui était le locuteur de John Dee dans ses dialogues avec les anges, apprend à celui-ci que l’ange Uriel a ordonné qu’ils partagent leurs femmes. Le magicien, fortement troublé, met un terme à ses expérimentations et revient en Angleterre où il ne reverra plus jamais Kelley. En disgrâce, il meurt dans la misère en 1608 à 80 ans.

La bibliothèque de John Dee :

En 1842, un catalogue est réalisé de cette bibliothèque : elle comprend 3000 livres et 100 manuscrits, ce qui, pour l’époque, est énorme. Mais que contient-elle ? Beaucoup d’œuvres de magie et d’occultisme dont je vais vous donner un échantillon.

1) Les écrits de l’abbé Trithème (1462-1516).

J’ai entendu parler de lui, bien sûr pour la première fois, dans Les livres maudits de Jacques Bergier (chapitre 4 : « Le secret de l’abbé Trithème »). 

Dee possède de cet auteur La stéganographie en 3 tomes (procédé permettant d’hypnotiser les gens à distance, magie angélique dans le tome 3, etc.), La polygraphie (traité sur les écritures secrètes), mais apparemment, il n’a pas un ouvrage capital  de Trithème Des causes secondes de 1508 où est présenté un schéma mystique de l’histoire du monde.

2) L’ouvrage La Philosophie occulte d’Henri-Corneille Agrippa de Nettesheim (1486-1535) paru en 1510, qui porte sur la magie.
 
3) Les écrits de Guillaume Postel (1510-1581).

a) De originibus seu de hebraicae lingua, 1538 (Dans cet essai de philologie comparée, il fait descendre toutes les langues de l’hébreu.) 
b)  De orbis terrae concordia, 1544 (Tentative d’unification politique et religieuse du monde)
c) Le livre de la concorde entre le Coran et les Evangiles, 1553

4) La Voarchadumia contra alchemiam ars distincta ab Archemia et Sophia du prêtre vénitien Giovanni Agostino Panteo  (un ouvrage publié en 1519 qui fait la relation entre l’alchimie et la kabbale).

Voilà. C’est tout pour le moment.  La suite avec les objets magiques de John Dee au prochain numéro. Amitiés à tous.

Compte rendu de la conférence de Philippe Marlin du 22 octobre 2016 pour l’association « L’œil du sphinx » : «Retour sur l’exposition sur la bibliothèque perdue de John Dee» (deuxième partie)




John Dee

Samedi L’œil du sphinx fêtait ses 27 ans (et moi mes 16 ans d’adhésion). Cette association s’est d’abord dédiée à l’écrivain de littérature fantastique Howard Phillips Lovecraft, puis au fantastique en général et enfin à l’ésotérisme. L’évocation par Philippe Marlin dans sa conférence « Retour sur l’exposition sur la bibliothèque perdue de John Dee » des dialogues de John Dee, le mage du seizième siècle,  avec les anges m’a beaucoup intéressé. J’en étais resté à mes références borgésiennes à Emmanuel Swedenborg, l’illuminé du dix-huitième siècle qui conversait avec les anges. 

Philippe Marlin nous parle de la vie de John Dee. Il est né en 1527 à Londres. A la fin des années 1540, il a voyagé en Europe, donné des cours sur le mathématicien Euclide à Paris (à une époque où l’on pensait que les mathématiques étaient une science occulte ! ). Il est devenu un ami intime du cartographe Gerardus Mercator et a rapporté  en Angleterre une importante quantité d’instruments mathématiques et astronomiques.

En 1558, il devient le conseiller personnel de la reine Elisabeth en science et astrologie. Il écrit en 1564 une œuvre hermétique le Monas Hieroglyphica (La Monade hiéroglyphique), une interprétation du monde selon la kabbale.

Insatisfait de ce qu’il a appris dans les livres, Dee essaye de 1581 à 1589 d’entrer en contact avec les anges (dont Michaël, Gabriel, Raphaël, Uriel), grâce à des invocations, pour obtenir des connaissances sur l’avenir, la fin des temps, le nom et les fonctions des anges. Les premières tentatives sont des échecs mais en 1582, il est très impressionné par le médium Edward Kelley qui était en réalité un faussaire mais qui devint un locuteur dans ses relations avec les anges (Dee se contentait de transcrire les séances).

Des conversations avec les anges avec ce médium sortirent un alphabet, l’alphabet « énochien » et une langue et une écriture occultes. A l’époque Dee appelle ce système la « magie angélique ». Les manuscrits où ont été retranscrites les séances ont été conservés. Le début forme le Mysteriosum Libri Quinque (Five Books of Mystical Exercises of Dr John Dee. An Angelic Revelation of Kabbalistic Magic and other Mysteries Occult and Divine revealed to Dr John Dee and Edward Kelley A.D. 1581-1583, Cinq livres des mystères collectés par Elias Ashmole). Le restant des séances à partir de 1583 a été publié par Méric Casaubon en 1659 A True and Faithful Relation or What Passed for many Yeers Between Dr John Dee … and Some Spirits

Voilà. C’est tout pour le moment.  La suite de la vie de John Dee au prochain numéro. Amitiés à tous.

lundi 24 octobre 2016

Compte rendu de la conférence de Philippe Marlin du 22 octobre 2016 pour l’association « L’œil du sphinx » : «Retour sur l’exposition sur la bibliothèque perdue de John Dee» (première partie)





John Dee, un magicien à la cour d'Elisabeth

 
Samedi L’œil du sphinx fêtait ses 27 ans (et moi mes 16 ans d’adhésion). Cette association s’est d’abord dédiée à l’écrivain de littérature fantastique Howard Phillips Lovecraft, puis au fantastique en général et enfin à l’ésotérisme. Elle a créé sa propre maison d’édition, les éditions de L’œil du sphinx avec de nombreux titres, bien sûr sur le fantastique et l’ésotérisme mais aussi sur Sherlock Holmes, la science-fiction, etc. Philippe Marlin est un des créateurs de cette association et il est toujours là 27 ans après, s’occupant de la gestion de l’association, de la maison d’édition et de ses propres ouvrages et conférences.

Il y avait ce samedi deux conférences : « Retour sur l’exposition sur la bibliothèque perdue de John Dee » par Philippe Marlin et « Principe de l’ouverture alchimique appliquée au corps » par Emmanuel Thibault. Comme je ne connais rien à l’alchimie, je ne vous parlerai pas de la deuxième conférence. En revanche, l’évocation par Philippe Marlin des dialogues de John Dee, le mage du seizième siècle, avec les anges m’a beaucoup intéressé. J’en étais resté aux références borgésiennes à Emmanuel Swedenborg, l’illuminé du dix-huitième siècle qui conversait avec les anges. 

Philippe Marlin a visité à Londres au Royal College of Physicians l’exposition « Scholar, courtier, magician : the lost library of John Dee » (« Erudit, courtisan, magicien : la bibliothèque perdue de John Dee »). En fait, John Dee était plus que cela : il était aussi mathématicien, astrologue, astronome, alchimiste et espion !

Beaucoup de gens ont connu John Dee par deux volumes célèbres de l’ancienne collection des éditions J’ai lu « L’aventure mystérieuse », Les livres maudits de Jacques Bergier (chapitre 5 : « Ce que John Dee a vu dans le miroir noir ») et Le trésor des alchimistes de Jacques Sadoul (chapitre 5 : « Le roman d’un souffleur »). Les deux se sont manifestement inspirés du roman ésotérique de Gustav Meyrink L’ange à la fenêtre d’Occident (basé sur la vie de John Dee) et sur le livre de Louis Figuier de 1854 L’alchimie et les alchimistes (chapitre 2 : « Edouard Kelley »). Meyrink s’est lui-même appuyé sur la biographie allemande de Carl Kiesewetter, John Dee, ein Spiritist des 16. Jahrhunderts, parue en 1893. Philippe Marlin cite aussi Lumières de l’alchimie d’Arnold Waldstein mais il y a encore le roman de celui-ci John Dee, le sorcier de la reine Elisabeth dans la collection « Les maîtres du secret » en 1974 et le livre de Jacques Finné « Les maudits » chez Marabout.

Un autre ouvrage évoque John Dee, c'est  La philosophie occulte à l’époque élisabéthaine de Frances Yates. Mentionnons également une étude en anglais de Peter French, John Dee, The World of an Elizabethan Magus.

J’aborderai le détail de la vie de John Dee et de que proposait l’exposition « Scholar, courtier, magician : the lost library of John Dee » dans un prochain article.

Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.