jeudi 17 septembre 2015

Hommage à Wayne Dyer, un des maîtres contemporains du développement personnel



Wayne Dyer, une des grandes figures mondiales du développement personnel vient de nous quitter.



Je vais interrompre quelque temps mes articles sur la réincarnation parce qu’une nouvelle attristante m’est parvenue : Wayne Dyer, le docteur en psychologie, le mentor en développement personnel de sans doute plusieurs millions d’individus, n’est plus de ce monde depuis le 29 août. Comme le diraient son maître hindouiste, Swami Muktannada, et son ami Ram Dass (Richard Alpert) qui partageait aussi cette religion, son atman (âme) a quitté son corps physiologique pour une nouvelle réincarnation. 

C’est ma femme Wanda qui, il y a quelques années, m’avait conseillé de lire Vos zones erronées, son premier livre écrit en 1976, vendu à des millions d’exemplaires dans un nombre incalculable de pays, classé pendant des mois dans la liste des cinq best-sellers de développement personnel du New-York Times (deux de ses œuvres sont encore dans le classement actuellement !). Eh bien, j’ai fait comme tout le monde, j’ai adoré cette étude. Wayne Dyer y développe des idées fondamentales et nouvelles en développement personnel. Pour des raisons de confort de lecture sur Internet, je vais présenter sur plusieurs articles la pensée de ce psychologue hors normes.

Voici d'abord les cinq points principaux de son étude psychologique Vos zones erronées mais il y en a encore beaucoup d’autres dans ce livre qui est un véritable petit manuel. Je reprendrai par la suite toutes ces thématiques une par une pour les développer dans ce blog.

1) Quand on est malheureux ou déprimé, il faut un jour décider de se prendre en charge soi-même et de travailler avec force, dès que l’on en a le temps dans la journée, à changer nos pensées malheureuses, négatives, pour des pensées positives, heureuses (oui, c’est possible : si quelqu’un vous demande de penser à une vache verte, vous pouvez très librement ne pas suivre sa suggestion et changer dans votre esprit la vache verte en une vache bleue).

2) Nous n’avons pas besoin de l’approbation des autres, nous ne devons pas être prisonniers de celle-ci : très souvent, nous n’osons pas débuter nos projets parce nous avons peur de ce que les autres diront de nous et si, quand même, nous arrivons à réaliser notre but, il nous faut lutter constamment parce que nous sommes forcément critiqués, que nous pouvons très vite éprouver un sentiment de honte (là aussi, comme dans le premier point développé, Wayne Dyer nous montre que nous pouvons transformer un sentiment négatif, la honte, et le chasser de notre esprit. Et il rajoute également, pour que nous puissions lutter contre ce sentiment nocif, que notre jugement est certainement aussi valable, pour toutes sortes de raisons, que celui de ceux qui nous critiquent et parfois même meilleur.)

3) Il est nécessaire et même impératif, pour être mieux psychologiquement, d’effectuer une chose qui semble très difficile et qui va à contre-courant de beaucoup de courants spirituels ou religieux : renoncer définitivement à se reprocher les fautes que l’on a commises dans sa vie. Le passé est le passé ; à présent, il n’existe plus. On peut donc faire en sorte de rompre avec son influence qui est parfois délétère.

4) Il faut effectuer le même type de démarche pour votre futur, s’entraîner psychologiquement pour devenir capable de ne pas se préoccuper de l’avenir.

 5) En dernier lieu, vous devez éliminer de votre existence toute tendance à biaiser ou à tergiverser : si vous avez quelque chose d’un peu ennuyeux à effectuer, secouez-vous (physiquement parlant !), aspergez votre visage avec de l’eau froide et allez-y. Ne faites pas la grosse erreur de toujours reporter à demain en développant ces deux arguments erronés : a) On verra bien ce qui arrivera si je ne le fais pas, b) Cela n’aura pas de conséquences graves si je le fais plus tard. Votre vie peut être complètement détruite par cette tendance un peu lâche, un peu délirante mais qui affecte beaucoup de personnes dans le monde et que les psychologues appellent la procrastination.

Wayne Dyer a été l’élève de deux grands psychologues, Abraham Maslow et Carl Gustav Jung. Parmi les différentes théories d’Abraham Maslow, qui fut l'un des pères des thérapies cognitives et comportementales, il a choisi de développer le concept de l’actualisation de soi. Abraham Maslow parvenait à ce que les gens qui le consultaient passent d’un état intermédiaire qu'il appelait « Cela va » (sans plus) à une vie où ils devenaient la meilleure version d’eux-mêmes. C’était un psychologue qui insistait sur le bon côté de la nature humaine, à l’inverse des psychologies traditionnelles, que l’on peut qualifier de réparatrices. Grâce au processus de l’actualisation de soi, ceux qui le consultaient constataient souvent de très grands changements dans la programmation qu’ils avaient à présent de leur vie et dans leur vie de tous les jours : 1) ils actualisaient ce qui était avant potentiel en eux (en revivant leur passé), 2) ils arrivaient enfin à devenir ce qu’ils voulaient être depuis toujours (cela ressemble au concept de « La légende personnelle » de Paulo Coelho), 3) ils devenaient pleinement fonctionnels dans la vie quotidienne et au travail, 4) ils parvenaient à vivre dans le quotidien selon leurs principes, leur vérité et d’une manière authentique, etc.

Mais Wayne Dyer a été aussi le disciple de Jung (et cela se sent) ; comme le psychologue suisse, il est passionné par l’étude des grands textes religieux de l’histoire de l’humanité, La Bhagavad-Gitta, l’Evangile des hindouistes, le Tao te King en Chine, la Bible des taoïstes, mais aussi les écrits chrétiens et les poèmes des mystiques de toutes confessions, etc. De même, comme ce psychologue, qui a été l’inventeur de la théorie des synchronicités, il est très attentif à ce concept qu’il vit au quotidien. Il affirme que la rencontre d’une personne perdue de vue depuis très longtemps à un moment opportun ou difficile de notre vie n’est pas le fait du hasard, que les coïncidences (ou synchronicités), si l’on arrive à les voir et à les comprendre, sont magiques. Elles deviennent alors une véritable révélation : elles nous aident et nous aiguillent dans nos choix, nous permettent de percevoir quels chemins prendre dans notre vie (voir la célèbre synchronicité de Jung dans ses Mémoires avec une patiente et un scarabée.)

Wayne Dyer raconte dans une de ses conférences qu’il a vécu une incroyable synchronicité dans sa vie. Alors qu’il avait écrit dans l’ouvrage auquel il travaillait sur Le pouvoir de l’intention un chapitre entier sur une sorte de papillons au comportement bizarre, les papillons monarques, un de ces animaux est venu se poser à la plage sur son doigt (ce qui a priori peut paraître banal mais l’insecte y est resté pendant une heure entière). Wayne Dyer a même pu prendre une photographie de son papillon monarque.

Les conférences de Wayne Dyer sont à la fois un plaisir, une fête pour le côté artiste des spectateurs et un formidable brainstorming pour leur intellect. Ce sont en outre de vrais shows à l’américaine : sa fille y chante ; un enfant de dix ans vient raconter sur scène comment il a eu l’idée de faire construire des puits en Afrique et comment il a réalisé cette idée alors que personne n’y croyait ; sa mère, son éditrice Louise Hay, qui est aussi auteur en développement personnel, sont dans la salle ; lui-même, très bon acteur, mime toutes les anecdotes qu’il raconte et ne manque pas une occasion de dispenser un trait d’humour.

L’intelligence des spectateurs est fortement stimulée lors de la conférence par une argumentation basée sur des sources très différentes, qu’on pense parfois contradictoires mais qui sont complémentaires : 1) Les grands textes sacrés ou religieux : La Baghava-Gitta indienne, Le tao te King chinois, les Evangiles, 2) Les poètes : T.S. Elliot, Roumi, un poète mystique persan, 3) Ses deux  psychologues préférés : Abraham Maslow et Carl Gustav Jung, 4) Des scientifiques reconnus : Max Planck, Albert Einstein 5) Des livres de témoignages contemporains de personnes qui ont su faire face à une situation très difficile, voire complètement extrême, ou alors à l’inverse d’individus qui ont réussi à réaliser leur rêve, leur but dans cette vie (sans se préoccuper de l’opinion des autres, alors même que personne n’y croyait).

Mais ce qui me passionne chez Wayne Dyer, outre ses livres que je trouve géniaux, ses conférences que je pense très attractives, c’est sa vie. Il n’a pas eu du tout l’existence que l’on attend d’un maître spirituel. Il a eu une vie active, passionnante ; il a été un grand sportif et a fait des marathons. Parti de rien, sa mère s’étant fait abandonner par son père, il s’est construit un univers personnel formidablement plein au cours des années : par exemple, il s’est marié trois fois et a eu six enfants dont il s’occupe avec passion de deux épouses différentes.

Sa carrière professionnelle aussi est très intéressante : il a passé un doctorat de psychologie et a d’abord travaillé comme conseiller d’orientation avant d’ouvrir un cabinet de psychologie privé. Dans le même temps, il donnait des conférences de développement personnel à des étudiants avec comme thèmes principaux la pensée positive et la motivation. Un éditeur l’a alors repéré et lui a proposé d’écrire un livre qui synthétiserait ces interventions publiques : c’est ainsi qu’est né Vos zones erronées en 1976.

Le jour du décès de Wayne Dyer, pour lui rendre hommage, j’ai regardé avec ma femme une de ses conférences sur YouTube, intitulée Inspiration. C’était la première d’une série de trois conférences que j’ai visionnées par la suite, la deuxième étant Le Pouvoir de l’intention et la troisième  Changez vos pensées, changez votre vie, le Tao Te King (qu’il avait présentée en même temps qu’un livre du même nom où il détaille l’ouvrage taoïste verset par verset). La prochaine fois, je parlerai en détail de cette troisième conférence.

Voilà. C’est tout pour aujourd’hui. La suite au prochain numéro comme dans les romans-feuilletons d’autrefois ou comme dans les séries télévisées américaines actuelles.


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