vendredi 6 avril 2018

Compte rendu du livre « Pourquoi trop penser rend manipulable, Protégez votre mental de l’emprise » de Christel Petitcollin (huitième partie) (troisième chapitre, «Qui sont les manipulateurs ?»).



  

Un autre livre de Christel Petitcollin


Je viens de lire un livre que j’ai trouvé à la fois formidablement bien écrit, original et passionnant. Je voudrais vous en faire part à travers quelques articles de ce blog. Il s’agit de « Pourquoi trop penser rend manipulable, Protégez votre mental de l’emprise »  de Christel Petitcollin. L’auteur y prend le contrepied des thèses habituelles selon lesquelles on ne manipule que les naïfs et les imbéciles. En fait, elle pense que, plus on est intelligent, plus on est manipulable.

Cet article est la suite de celui-ci.

  Le troisième chapitre s’intitule  « Qui sont les manipulateurs ? ». En voici le résumé.


Le manipulateur a le comportement d’un enfant, d’un morveux. Il est simplement resté le même depuis l’école primaire. Ses trois attitudes sont :

1) « Même pas vrai ! »

Il ment, il se contredit et est d'une mauvaise foi hallucinante pour qui ne connaît pas les mécanismes de la pensée magique infantile où il suffit d'affirmer les choses avec force pour que ce soit vrai.

2) « C'est celui qui l'dit qui l'est! »

Ses mécanismes de projection ne sont pas plus sophistiqués que ça. La meilleure défense, c'est l'attaque. Accuser l'autre de ce qu'on lui fait permet de lui couper l'herbe sous le pied. Tout chenapan qui se respecte sait cela depuis la grande section de maternelle.

3) « Tu vas voir ta gueule à la récré ! »

Voilà la substance de ses intimidations et de ses représailles. Quand il devient violent, c'est parce qu'il règle encore ses comptes comme dans la cour de récré, où presque tous les adultes trouvent normal que les enfants se battent.

Vous l'avez souvent trouvé immature et irresponsable, mais vous n'avez pas réalisé qu'il l'était vraiment. C'est pourtant ce qui le rend dangereux. C'est juste un garnement sans surveillance et sans limites. Il est capable de toutes les représailles minables et dangereuses et il fait froid dans le dos.

  
C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.


Compte rendu du livre « Pourquoi trop penser rend manipulable, Protégez votre mental de l’emprise » de Christel Petitcollin (septième partie) (troisième chapitre, «Qui sont les manipulateurs?»).




Un autre livre de Christel Petitcollin


Je viens de lire un livre que j’ai trouvé à la fois formidablement bien écrit, original et passionnant. Je voudrais vous en faire part à travers quelques articles de ce blog. Il s’agit de « Pourquoi trop penser rend manipulable, Protégez votre mental de l’emprise »  de Christel Petitcollin. L’auteur y prend le contrepied des thèses habituelles selon lesquelles on ne manipule que les naïfs et les imbéciles. En fait, elle pense que, plus on est intelligent, plus on est manipulable.

Cet article est la suite de celui-ci
  
Le troisième chapitre s’intitule  « Qui sont les manipulateurs ? ». En voici le résumé.
  
Un manipulateur est une personne qui a l’apparence d’un adulte, les responsabilités d’un adulte, la vie d'un adulte, le permis de conduire d'un adulte - hélas! -, mais qui, à un moment de son développement mental, s'est figée dans une immaturité qui s'est ensuite fossilisée.

Mystifié par son apparence, vous croyez vous adresser à une personne adulte, mais, en fait, vous avez en face de vous un vieil enfant, bête, méchant, buté et mal élevé de 7 ou 8 ans, parfois plus, parfois moins. Je pense que, placé dans des situations ingérables pour un enfant, le manipulateur a dû, à un moment de son enfance, bloquer sa pensée et passer en mode survie. Il a fait en sorte de ne plus ressentir ses émotions pour ne plus souffrir : plus de culpabilité, plus de chagrin. Mais, de ce fait, plus d'empathie, ni de joie de vivre. 

Il a appris à ses dépens qu'être méchant, c'est être puissant, et que la gentillesse n'est que de la faiblesse. La loi du plus fort telle qu'elle existe encore dans la cour de récréation est devenue sa seule doctrine. Écraser ou être écrasé. Le manipulateur est un enfant effrayé et haineux, en guerre contre le monde entier. Figé dans sa toute-puissance infantile, il combat la toute-puissance parentale supposée de son environnement. C'est-à-dire qu'il règle avec vous les problèmes qu'il n'a pas réglés avec ses parents.

On est très éloigné de la théorie d'une personnalité supérieurement intelligente, diabolique et calculatrice! Oui, le manipulateur est narcissique, paranoïaque, haineux, sournois et malveillant. Mais il a aussi l'intelligence et la naïveté d'un gamin. Un manipulateur n'est pas intelligent. Au contraire, il est très bête.

De plus, le manipulateur n’est qu’un morveux. Il est simplement resté le même depuis l’école primaire.

  
C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.


Compte rendu du livre « Pourquoi trop penser rend manipulable, Protégez votre mental de l’emprise » de Christel Petitcollin (sixième partie) (deuxième chapitre, «Un mode opératoire à trois clés et en trois temps», «acte III : Le moment de la destruction»).






  
Un autre livre de Christel Petitcollin


Je viens de lire un livre que j’ai trouvé à la fois formidablement bien écrit, original et passionnant. Je voudrais vous en faire part à travers quelques articles de ce blog. Il s’agit de « Pourquoi trop penser rend manipulable, Protégez votre mental de l’emprise » de Christel Petitcollin. L’auteur y prend le contrepied des thèses habituelles selon lesquelles on ne manipule que les naïfs et les imbéciles. En fait, elle pense que, plus on est intelligent, plus on est manipulable.

Cet article est la suite de celui-ci.
  
Le deuxième chapitre de « Pourquoi trop penser rend manipulable, Protégez votre mental de l’emprise » s’intitule « Un mode opératoire à trois clés et en trois temps ». En voici le résumé.

Une mise sous emprise par un manipulateur est un drame en trois actes : séduction, harcèlement, destruction.

Acte III : le moment de la destruction

Quand vous aurez largement transgressé vos propres limites pour plaire au manipulateur, quand vous vous serez tellement éloigné de vous-même que vous ne saurez plus qui vous êtes, quand vous serez épuisé et que vous aurez renoncé à comprendre quelque chose à ce qui vous arrive, alors commencera la phase de destruction.

Vous vivez en état second, au milieu des cris, dans un monde absurde. Comme il vous empêche délibérément de dormir, vous n'avez plus aucun refuge. Les scènes éprouvantes que vous subissez vous laissent exsangue et hébété. Votre manipulateur s'enivre de sa toute-puissance et devient un véritable drogué de ses propres abus. Vous devenez sa drogue. Comme tous les camés, il lui faut une dose de plus en plus forte. Les choses iront donc forcément en empirant. Un harcèlement ne s'arrête jamais tout seul. Comment un toxicomane renoncerait-il à sa came sans un sevrage imposé ?

Toutes les victimes ont prononcé en consultation cette phrase édifiante : « J’allais y laisser ma peau.» Car l'entreprise de destruction ira jusque-là si vous n'y mettez pas vigoureusement un terme. En France, il y a onze mille suicides par an. Bien qu'il soit évident que la majorité des suicides de collégiens sont la conséquence directe d'un harcèlement, la société n'a pas encore pris la mesure de ce fléau chez les adultes. À France Télécom, où trente-cinq salariés se sont suicidés en deux ans, la responsabilité d'un dirigeant harceleur a enfin été établie.

Une grande part des onze mille suicides annuels sont probablement la conséquence d'un harcèlement. Beaucoup aussi des personnes harcelées ont eu une maladie grave ou un cancer, qu'elles ont elles-mêmes directement relié au climat de stress dans lequel elles vivaient. Le terme de «destruction» est donc tout à fait approprié : fréquenter un manipulateur vous met objectivement en danger de mort. C'est pourquoi, si vous rencontrez un manipulateur, le plus rapidement possible, barrez-vous !


C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.


jeudi 5 avril 2018

Compte rendu du livre « Pourquoi trop penser rend manipulable, Protégez votre mental de l’emprise » de Christel Petitcollin (cinquième partie) (deuxième chapitre, « Un mode opératoire à trois clés et en trois temps », « acte I : La période de séduction », « acte II : le temps du harcèlement »).





  
Un autre livre de Christel Petitcollin


Je viens de lire un livre que j’ai trouvé à la fois formidablement bien écrit, original et passionnant. Je voudrais vous en faire part à travers quelques articles de ce blog. Il s’agit de « Pourquoi trop penser rend manipulable, Protégez votre mental de l’emprise » de Christel Petitcollin. L’auteur y prend le contrepied des thèses habituelles selon lesquelles on ne manipule que les naïfs et les imbéciles. En fait, elle pense que, plus on est intelligent, plus on est manipulable.

Cet article est la suite de celui-ci

Le deuxième chapitre de « Pourquoi trop penser rend manipulable, Protégez votre mental de l’emprise » s’intitule « Un mode opératoire à trois clés et en trois temps ». En voici le résumé.

Une mise sous emprise par un manipulateur est un drame en trois actes : séduction, harcèlement, destruction.

Acte I : la période de séduction.

La période de séduction est celle où le manipulateur vous charme au sens le plus littéral et le plus hypnotique du terme, tel le boa fascinant l'oisillon. L'objectif est d'endormir votre méfiance et d'anesthésier vos capacités de réflexion le plus rapidement possible. Il sait que son personnage sympathique ne tient pas la distance. Il faut vous faire poser des actes engageants le plus vite possible. Il vous fait miroiter mille avantages, vous fait croire que c'est vous qui avez tout à gagner, à céder. Il essaie d'activer en vous la peur de passer à côté d'une aubaine et gère vos objectifs mieux qu'un commercial aguerri. Il utilise la pression de l'urgence, toujours manipulatoire : on ne réfléchit pas quand on se dépêche. Mais un jour, le masque tombe. À la fin de la période d'essai, à la signature d'un contrat, le jour où on emménage avec le manipulateur ou, pire, le jour du mariage.

À ce moment-là apparaît un personnage cynique, froid, indifférent, qui va devenir progressivement votre principal interlocuteur. Le visage sympathique n'a été qu'un masque pour vous engager le plus vite possible. La période de séduction prendra fin quand le manipulateur sera dans la place et qu'il vous estimera suffisamment piégé par les engagements qu'il vous aura fait prendre.

Acte II  Le temps du harcèlement

Progressivement, méthodiquement, le manipulateur remplace les compliments par des critiques, les promesses par des menaces, la jovialité par de la mauvaise humeur. Puis arrivent les bouderies, les mouvements d'humeur, les scènes, de plus en plus éprouvantes. C'est un véritable dressage qui s'opère : vous finirez par lui obéir sans chercher à comprendre. Vous croyez avoir affaire à quelqu'un d'adorable et qui vous apprécie. C'était le postulat de départ. Alors, avec son aide subliminale, vous attribuez ses sautes d'humeur à vos maladresses et vous pensez que ses critiques et ses remarques acerbes sont constructives. Vous allez vous appliquer, puis vous épuiser à essayer de deviner ses attentes et à y répondre. Avec beaucoup de bonne volonté, passant outre sa méchanceté et ses contradictions, vous essayerez de ressembler à ce qu'il attend de vous dans l'espoir de revoir le beau masque. En vain, mais vous vous en rendrez compte beaucoup trop tard.

Pendant ce temps, votre manipulateur vous isole sournoisement et vous coupe de tout ce qui pourrait être une ressource pour vous : vos proches, votre région, vos activités sportives ou culturelles, vos centres d'intérêt, votre travail... Rappelez-vous : il le faisait déjà dans la cour de récré : vous n'aviez plus de copains, pas le droit de participer aux jeux collectifs. Il vous rançonnait et vous piquait votre goûter. Il ne vous restait que vos yeux pour pleurer et une angoisse sourde et diffuse qui vous accompagnait du matin au soir. C'est la même boule au ventre que vous retrouverez dans cette relation.

Dans un prochain article, je parlerai de l’acte III du processus de manipulation, le moment de la destruction.


C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.


Compte rendu du livre « Pourquoi trop penser rend manipulable, Protégez votre mental de l’emprise » de Christel Petitcollin (quatrième partie) (deuxième chapitre, « Un mode opératoire à trois clés et en trois temps », « La culpabilité »).






  
Christel Petitcollin.


Je viens de lire un livre que j’ai trouvé à la fois formidablement bien écrit, original et passionnant. Je voudrais vous en faire part à travers quelques articles de ce blog. Il s’agit de « Pourquoi trop penser rend manipulable, Protégez votre mental de l’emprise »  de Christel Petitcollin. L’auteur y prend le contrepied des thèses habituelles selon lesquelles on ne manipule que les naïfs et les imbéciles. En fait, elle pense que, plus on est intelligent, plus on est manipulable. Le paradoxe n’est qu’apparent : une personne intelligente cherche à comprendre, essaie d’intégrer le point de vue de l’autre, veut trouver un terrain d’entente et refuse de se décourager. Or un manipulateur ment, nie la réalité et crée délibérément les conflits dont il se nourrit. Pire le manipulateur vous ligote dans vos valeurs humanistes et les détourne à son profit.

Cet article est la suite de celui-ci .

Le deuxième chapitre de « Pourquoi trop penser rend manipulable, Protégez votre mental de l’emprise » s’intitule « Un mode opératoire à trois clés et en trois temps ». En voici le résumé.

Les trois clés de la manipulation mentale sont le doute, la peur et la culpabilité.

Troisième clé : la culpabilité

Cette clé s'active avec la ficelle culpabilisation, mais aussi avec celle de la victimisation. Vous n'oseriez tout de même pas attaquer une personne si fragile et déjà tellement blessée par la vie, n'est-ce pas ? Vous n'oseriez pas la laisser tomber non plus ?

Nous l'avons vu, les manipulateurs se déresponsabilisent complètement de tout : rien n'est jamais de leur faute. Quoi qu'il arrive, c'est toujours de la faute de quelqu'un d'autre et surtout de la vôtre. C'est vous qui êtes fou, qui avez un problème, qui ne savez pas communiquer, qui ne faites pas ce qu'il faut, qui n'êtes jamais content, etc. À l'opposé de cette mentalité, les gens qui pensent trop se sentent impliqués et concernés par tout ce qui les entoure, même quand ça ne les regarde pas. Ils passent leur temps à se demander ce qu'ils pourraient faire de plus pour améliorer le monde.

Donc, d'un côté, vous avez le manipulateur qui, lui, est complètement irresponsable, qui n'assume aucun de ses actes, qui ne se remet jamais en question et nie les conséquences de ce qu'il fait. Et, en face de lui, vous avez l'hyperresponsable qui va récupérer toute la responsabilité que ne prend pas le manipulateur. C'est ce qui permet à cette relation inégalitaire de s'installer. Vous acceptez d'être seul responsable de la qualité de la relation que vous avez avec votre manipulateur, sans réaliser que, de son côté, il fait tout pour la dégrader.

La culpabilité est un transfert de responsabilité : je me rends responsable de ce que vit l'autre, ou je rends l'autre responsable de ce que je vis. Pour Jacques Salomé, la culpabilité est le cancer de la communication. Car la responsabilité ne peut s'exercer qu'en ayant le pouvoir d'agir. Je ne peux être responsable que de ce sur quoi j'ai du pouvoir. Imaginez que je vous rende responsable de la sécurité d'un piéton qui veut traverser une nationale dans une ville à cinq cents kilomètres de chez vous. Qu'allez-vous pouvoir faire pour lui? Pensez-vous que vous avez le pouvoir de rendre quelqu'un heureux ? En général, la réponse est majoritairement « oui ». Mais alors : « Comment allez-vous rendre heureux quelqu'un qui n'a pas envie de l'être ? Et de quel droit, en plus, allez-vous l'obliger à être heureux ? Il faut qu'il en ait envie ! Sinon, rien n’est possible !

Mais comment on pourrait ne pas avoir envie d'être heureux. Jacques Salomé écrit : « Le bonheur, c'est peut-être de renoncer au plaisir d'être malheureux.» Quoi que vous en pensiez, beaucoup de gens n'ont pas envie d’être heureux, bien qu'ils s’en défendent. Être malheureux les met à l'abri de la jalousie des autres, leur apporte de l'attention et leur donne de quoi s'occuper.

La suite sur la culpabilité dans un prochain article.

C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.


mercredi 4 avril 2018

Compte rendu du livre « Pourquoi trop penser rend manipulable, Protégez votre mental de l’emprise » de Christel Petitcollin (troisième partie) (deuxième chapitre, «Un mode opératoire à trois clés et en trois temps», « La peur »).






  

Un autre livre de l’auteur


Je viens de lire un livre que j’ai trouvé à la fois formidablement bien écrit, original et passionnant. Je voudrais vous en faire part à travers quelques articles de ce blog. Il s’agit de « Pourquoi trop penser rend manipulable, Protégez votre mental de l’emprise »  de Christel Petitcollin. L’auteur y prend le contrepied des thèses habituelles selon lesquelles on ne manipule que les naïfs et les imbéciles. En fait, elle pense que, plus on est intelligent, plus on est manipulable. Le paradoxe n’est qu’apparent : une personne intelligente cherche à comprendre, essaie d’intégrer le point de vue de l’autre, veut trouver un terrain d’entente et refuse de se décourager. Or un manipulateur ment, nie la réalité et crée délibérément les conflits dont il se nourrit. Pire le manipulateur vous ligote dans vos valeurs humanistes et les détourne à son profit.

Cet article est la suite de celui-ci

Le deuxième chapitre de « Pourquoi trop penser rend manipulable, Protégez votre mental de l’emprise » s’intitule « Un mode opératoire à trois clés et en trois temps ». En voici le résumé.

Les trois clés de la manipulation mentale sont le doute, la peur et la culpabilité.

Deuxième clé : la peur

La peur est activée par l’intimidation. Plus vous aurez peur de votre manipulateur, plus il aura de pouvoir sur vous, et il le sait.

Activer vos peurs est  facilité par votre manque de protection : trop ouvert, trop transparent, trop intègre, trop désintéressé et refusant de vous méfier des gens, vous signez des chèques en blanc relationnels à tout le monde. S'il faut se méfier des gens, alors il n'y a plus de relations possibles ! dites-vous. La question est alors : «Voudriez-vous apprendre à vos enfants à faire confiance à tout le monde et au premier venu sans jamais vérifier si cette personne est digne de confiance ?» Non, heureusement, quand même pas.

Mais devoir apprendre à vous méfier et à vous protéger pour vous-même ne convient pas à votre idéalisme. De même, la loi sert à protéger le citoyen. Les contrats signés par les deux parties ne servent qu'à cela. Votre manipulateur pense que «ce n'est pas du jeu de faire intervenir la maîtresse (la justice)». Néanmoins, il n'y a rien de «procédurier», mais, au contraire, une attitude adulte et responsable à faire fonctionner la loi. En cas de problème, seul un contrat vous protégera. Alors, ne restez pas sans protection légale.

Enfin, les gens qui pensent trop ont aussi beaucoup de peurs, irrationnelles au premier abord. Peur de blesser, de vexer, peur des conflits, peur de perdre le lien, peur d'être rejeté, peur d'être mal compris, peur de la moquerie, des critiques... C'est dès la grande section de maternelle que les gens qui pensent trop se sentent différents. Les autres enfants se font des copains. Eux sont souvent seuls, et ça devient flagrant et humiliant quand il faut former des équipes sportives et que personne n'en veut. Les jeux-stupides et inintéressants de la cour de récréation semblent beaucoup amuser leurs petits camarades.

Mais ce qui les intéresse vraiment ennuie les autres. Leurs blagues tombent à plat. Les autres enfants se moquent, les adultes critiquent, personne ne semble les comprendre. Pire que tout : par méconnaissance des implicites sociaux, les surefficients font régulièrement des gaffes. L'entourage semble gêné. Il s'est passé quelque chose..., mais quoi ? Quand on sait cela, ces peurs ne sont plus irrationnelles du tout. C'est du vécu, et autant de micro - ou gros - traumatismes qui peuvent se reproduire. De toutes ces mésaventures relationnelles, les surefficients ont tiré la conclusion que ce sont eux qui ont un problème.

Il devient alors extrêmement facile d'activer la troisième clé, celle de la culpabilité que je traiterai dans un prochain article.


Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.


Compte rendu du livre « Pourquoi trop penser rend manipulable, Protégez votre mental de l’emprise » de Christel Petitcollin (deuxième partie) (deuxième chapitre, «Un mode opératoire à trois clés et en trois temps»).





Un autre livre de l’auteur


Je viens de lire un livre que j’ai trouvé à la fois formidablement bien écrit, original et passionnant. Je voudrais vous en faire part à travers quelques articles de ce blog. Il s’agit de « Pourquoi trop penser rend manipulable, Protégez votre mental de l’emprise »  de Christel Petitcollin. L’auteur y prend le contre-pied des thèses habituelles selon lesquelles on ne manipule que les naïfs et les imbéciles. En fait, elle pense que, plus on est intelligent, plus on est manipulable. Le paradoxe n’est qu’apparent : une personne intelligente cherche à comprendre, essaie d’intégrer le point de vue de l’autre, veut trouver un terrain d’entente et refuse de se décourager. Or un manipulateur ment, nie la réalité et crée délibérément les conflits dont il se nourrit. Pire le manipulateur vous ligote dans vos valeurs humanistes et les détourne à son profit.

Le deuxième chapitre s’intitule « Un mode opératoire à trois clés et en trois temps ». En voici le résumé.

Les trois clés de la manipulation mentale sont le doute, la peur et la culpabilité. Elles fonctionnent en cercle auto-renforçant. La première clé enclenche la suivante, qui active à son tour la troisième, qui renvoie à la première.

Première clé : le doute

Le doute est indissociable de l’intelligence : une personne intelligente accepte de se remettre en question et s’efforce de comprendre d’autres ponts de vue.

Donc introduire un doute dans son esprit est relativement facile à réaliser. C’est donc la première chose que fera un manipulateur pour le déstabiliser, pour qu’elle n’ait plus accès à ses convictions personnelles et elle aura du mal à prendre une décision pertinente. Il y a trois moyens d’insuffler le doute : jouer l’étonnement : « Vraiment ? En êtes-vous certain ? », pratiquer le déni : « Je n’ai jamais entendu parler de cela. », utiliser des affirmations contraires : « Contrairement à ce que vous dites, je n’ai eu que des échos négatifs. ».

Une personne intelligente, un surefficient mental, de prime abord ne conçoit pas que l’on puisse être de mauvaise foi. Il suffira au manipulateur d’affirmer avec force : « Mais non, je n’ai jamais dit ça ! C’est toi qui as mal compris ! Ce n’est pas ça que je voulais dire ! Je ne l’ai pas fait !

Pour embrouiller l’autre, le manipulateur utilise un langage obscur, truffé de sous-entendus. Il ne finit pas ses phrases, glisse une erreur par-ci par-là, tricote d’énormes mensonges d’un peu de vérité, dit une chose et son contraire, parfois dans la même phrase, et hop ! le tour est joué.

Cela fonctionne d’autant mieux que les surefficients mentaux ont un énorme besoin de précision, rarement satisfait. Avoir « mal compris » est leur spécialité. C’est pour cela qu’ils ne remettront pas en question le manipulateur et ses incohérences.

Pour désamorcer le doute, il faut prendre du recul, repérer les contradictions, les déclarations stupides et les phrases creuses. Il faut aussi accepter de voir la mauvaise foi et le mensonge, surtout quand ils sont flagrants. Il faut ensuite arriver à admettre qu’il existe des gens malveillants, haineux et gratuitement malveillants ! Il faut enfin apprendre à gérer ses propres doutes, cesser de chercher les confirmations à l’extérieur et se fier à ses perceptions, ressentis et intuitions, à ses certitudes personnelles.

Une question ingénieuse pour se recentrer et ne pas tomber dans le doute : « Que penserais-je de la situation si c’était mon meilleur ami qui vivait cela ? »

Dans un prochain article, je traiterai de la deuxième clé de la manipulation mentale : la peur.

Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.